Thérapies physiques et électrothérapie
20 cardsCe cours explore les différentes techniques de thérapie physique, incluant l'électrothérapie, les ondes mécaniques, les ondes électromagnétiques, la cryothérapie, la thermothérapie, la pressothérapie, le biofeedback, l'isocinétisme et les thérapies désuètes. Il détaille leurs principes, indications, contre-indications et applications cliniques en kinésithérapie, en se basant sur les preuves scientifiques et les pratiques actuelles.
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Thérapie Physique : Approche Multidisciplinaire de l'Appareil Locomoteur
La thérapie physique est une discipline médicale ancrée dans les sciences biomédicales, les sciences de la motricité et de la réadaptation fonctionnelle. Elle vise au maintien, à l'amélioration et au rétablissement fonctionnel des systèmes du corps humain, en se basant sur une approche patient-centrée et l'Evidence Based Practice (EBP).
Objectifs du Cours
- Définir les techniques d'électrophysiothérapie, leurs modalités, indications et contre-indications.
- Choisir les techniques de thérapie physique adaptées à une pathologie spécifique.
- Évaluer l'efficacité des appareils d'électrophysiothérapie selon les principes de l'EBP.
Principes Fondamentaux
La kinésithérapie est la profession de la santé axée sur l'optimisation du mouvement et du fonctionnement du corps humain. Le kinésithérapeute est un expert du mouvement et du fonctionnement de l'homme, agissant avec méthodologie basée sur l'EBP, plaçant le patient au centre de sa santé et utilisant le raisonnement clinique.
L'Evidence Based Practice (EBP) est l'utilisation consciente et judicieuse des meilleures preuves scientifiques récentes pour les soins aux patients. Elle combine :
- L'expertise clinique du thérapeute.
- Les préférences et valeurs du patient.
- Les preuves scientifiques issues de la littérature.
L'EBP est influencée par des facteurs tels que le coût, la durée de l'intervention, les compétences du thérapeute, les ressources régionales, les influences culturelles et religieuses, et l'état clinique du patient. Elle met en garde contre les sophismes (raisonnements trompeurs) et les biais cognitifs (déviations du jugement).
Chapitre 1 : La Douleur
La douleur est un phénomène neurophysiologique complexe, multidimensionnel, subjectif et protecteur, signalant une lésion tissulaire réelle ou potentielle. Sa définition a évolué, et elle est actuellement définie par l'IASP (International Association for the Study of Pain) comme une « expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en ces termes ».
1. Douleur Aiguë / Douleur Chronique
Ces deux concepts requièrent des analyses et traitements différents :
- Douleur aiguë : Durée inférieure à 6 semaines. Symptôme protecteur initial.
- Douleur subaiguë : Durée de 6 à 12 semaines.
- Douleur chronique : Durée supérieure à 12 semaines. La douleur devient une maladie à part entière, indépendante des facteurs étiologiques initiaux, auto-entretenue par des facteurs neurochimiques, pouvant entraîner anxiété, dépression et kinésiophobie.
2. Trois Grands Types de Douleurs
- Douleur nociceptive : Résulte d'un excès de stimulation des nocicepteurs (trauma, brûlure, inflammation). C'est le type de douleur le plus souvent ciblé par la thérapie physique.
- Douleur neuropathique ou neurogène : Causée par une lésion ou irritation des voies nociceptives (centrale ou périphérique), entraînant une sensation anormale douloureuse. Souvent chronique, elle peut être due à une infection, trouble métabolique, toxine ou compression nerveuse. Le questionnaire DN4 est utilisé pour son évaluation.
- Douleurs psychogène ou idiopathique : Douleurs sans substrat anatomique apparent, souvent associées à des névroses ou des problèmes psychologiques. Leur description est variable et imprécise, nécessitant une approche prudente.
3. Notions Autour de la Douleur
- Seuil de sensation : Intensité minimale d'un stimulus pour percevoir une sensation.
- Seuil de perception de la douleur : Intensité minimale d'un stimulus ressentie comme douloureuse.
- Seuil de tolérance à la douleur : Niveau de stimulus au-delà duquel on cherche à l'éviter.
- Antalgie : Qui lutte contre la douleur.
- Analgésie : Suppression de la sensibilité à la douleur.
- Anesthésie : Suppression de la sensibilité générale.
- Allodynie : Douleur provoquée par un stimulus normalement non douloureux.
- Nociception : Capacité à percevoir un stimulus douloureux, assurant des fonctions de défense et d'alerte, sans nécessairement entraîner la douleur.
- Transduction : Transformation d'une énergie en potentiel d'action au niveau d'un récepteur sensoriel (nocicepteur).
4. Modulation de la Douleur
La perception de la douleur est modulée par divers facteurs :
| Augmente le seuil (diminue la douleur) | Diminue le seuil (augmente la douleur) |
|---|---|
| Sport, détournement d'attention | Anxiété, anticipation, vécu, âge (>65 ans) |
| Humeur positive | Humeur négative |
5. Évaluation de la Douleur
La douleur étant subjective, son évaluation nécessite des outils spécifiques :
- Échelle Visuelle Analogique (EVA) : Ligne de 10 cm sans graduation, avec "aucune douleur" et "douleur maximale imaginable" aux extrémités. Permet d'évaluer les états douloureux subjectifs.
- Échelle Verbale Simple (EVS) ou Échelle Numérique (EN).
- Questionnaires : Plus longs et complexes (ex: MPQ - Mc Gill Pain Questionnaire, QDSA - Questionnaire Douleur de Saint-Antoine) pour une évaluation quantitative et qualitative.
6. Physiologie Basique de la Douleur
Pour qu'il y ait douleur, le système nociceptif doit être activé par une énergie de forte intensité (mécanique, électromagnétique, électrique, calorifique, chimique) pouvant menacer ou provoquer une lésion tissulaire. Les stimuli qui déclenchent la douleur sont qualifiés d'algogènes.
Nocicepteurs
Ce sont des terminaisons nerveuses libres transmettant les stimuli douloureux. Ils peuvent être :
- Faiblement myélinisés (fibres Aδ).
- Non myélinisés (fibres C).
Ils sont présents dans tous les organes et tissus, sauf le cerveau. Il existe des nocicepteurs polymodaux (répondent à plusieurs types de stimuli) et des nocicepteurs à spécificité relative (mécano-nocicepteurs, thermo-nocicepteurs, chémo-nocicepteurs).
| Type de fibre nerveuse | Information véhiculée | Myéline ? | Diamètre (m) | Vitesse de conduction (m/s) |
|---|---|---|---|---|
| A-alpha (Aα) | Proprioception | Oui (+++) | 13-20 | 80-120 |
| A-beta (Aβ) | Toucher | Oui (+-) | 6-12 | 35-90 |
| A-delta (Aδ) | Douleur (mécanique et thermique) | Oui (peu) | 1-5 | 5-40 |
| C | Douleur (mécanique, thermique et chimique) | Non | 0,2-1,5 | 0,5-2 |
Grandes Voies de la Douleur
- « Prinching pain » : Rapide, brève, bien localisée, de type piqûre (fibres Aδ).
- « Burning pain » : Retardée, durable, diffuse, désagréable, non précise, de type brûlure (fibres C).
Trois niveaux de douleur sont identifiés :
- Faible : Véhiculée par les fibres A-alpha et A-Beta (sensibilité mécanique cutanée et proprioception).
- Intense : Véhiculée par les fibres A-delta (nociception rapide = prinching pain).
- Très intense : Véhiculée par les fibres C (nociception lente = burning pain).
Étapes de Transmission de la Douleur
- Élaboration de l’influx au niveau des nocicepteurs et passage dans la fibre nerveuse périphérique (voie afférente).
- Relais et modulation au niveau de la corne postérieure de la moelle épinière (relais médullaire).
- Voies ascendantes médullaires.
- Intégration et prise de conscience au niveau cérébral.
L'information sensorielle est conduite de la périphérie via les fibres nociceptives à la corne dorsale de la moelle épinière (CDME), puis aux neurones post-synaptiques et aux voies médullaires ascendantes (faisceau spino-thalamique) jusqu'au cortex somatosensoriel (S1 & S2) via le thalamus.
Systèmes de Contrôle de la Douleur
Le message nerveux des nocicepteurs peut être modulé aux niveaux spinal et central :
- Contrôle segmentaire spinal (régulation afférente) : La théorie du portillon (gate control) se déroule dans la CDME. L'activation des mécanorécepteurs sensoriels de bas seuil (fibres Aβ) peut réduire la perception de la douleur en activant des interneurones inhibiteurs.
- Contrôle inhibiteur descendant (régulation descendante) : Implique le système réticulo-spinal et les centres de la substance grise périaqueducale (SGPA), à commande endorphinique. La libération de sérotonine et de noradrénaline réduit l'activité des neurones nociceptifs en activant les neurones enképhalinergiques qui inhibent la libération de la substance P (neurotransmetteur de la douleur).
- Autres contrôles : Modulation par les centres supérieurs du SNC.
Chapitre 2 : L'Effet Placebo
L'effet placebo est une composante inhérente à toute thérapie, souvent controversé, mais dont la compréhension est essentielle pour l'évolution des pratiques thérapeutiques.
1. Définitions
- Placebo : Préparation sans principe actif spécifique, utilisée pour son effet psychologique. Il prend l'apparence d'un médicament ordinaire (pilule, comprimé, etc.) mais ne contient que des substances sans activité thérapeutique spécifique.
- Effet Placebo : Soulagement de la douleur ou amélioration de l'état du patient par la croyance qu'un traitement (médicament ou procédure) sera efficace. C'est un effet d'ordre psychologique ou physio-psychologique. Le fait de détourner l'attention de la douleur peut réduire l'activité cérébrale liée à celle-ci.
- Effet Nocebo : Aggravation des symptômes ou de la douleur par la conviction que le traitement est inefficace ou néfaste. L'anxiété, les croyances négatives et les attentes peuvent intensifier l'expérience douloureuse.
Une approche alternative propose le concept d'effets contextuels d'un soin (Miller - Kaptchuk, 2008), incluant l'effet spécifique du soin et ses effets contextuels (environnement, communication soignant-patient, rituel d'administration). Le placebo est une composante intégrale de toute thérapie et doit être reconnu comme tel.
2. Ouverture d'Esprit ? Preuve Scientifique ?
La médecine rationnelle peine à reconnaître l'effet placebo. Dans les études, un groupe test reçoit un traitement actif, et un groupe témoin reçoit un placebo. L'objectif est souvent de prouver que le groupe test obtient de meilleurs résultats.
L'exemple du TENS malencontreusement éteint mais que le patient perçoit comme efficace illustre la puissance de la croyance. L'OMS tend vers une médecine intégrée combinant médecine conventionnelle et thérapies alternatives/complémentaires, reconnaissant l'importance du placebo.
Il est crucial d'adopter une analyse critique et une ouverture d'esprit face aux nouvelles techniques, et de se méfier de la publicité excessive pour les outils "innovateurs", qui peuvent n'être que des changements de nom ou des brevets sans fondement scientifique (EBP).
3. Le Cerveau Plus Fort que la Douleur
Le cerveau gère et représente l'expérience de la douleur. Il ne la ressent pas directement car il ne possède pas de nocicepteurs. C'est pourquoi un patient peut être conscient lors d'une chirurgie cérébrale.
Le cerveau peut moduler la perception de la douleur par des facteurs "extérieurs" : détournement d'attention, imagination. Une expérience fortement imaginée peut générer une activité cérébrale quasi similaire à une expérience réelle. Cela explique l'efficacité de l'hypnose ou de la réalité virtuelle (ex: grands brûlés) pour la gestion de la douleur.
L'état émotionnel et l'anticipation du patient influencent également l'interprétation de la douleur. Les recherches en imagerie ont montré que l'administration d'un placebo active des zones cérébrales et des mécanismes similaires à ceux activés par des médicaments, suggérant une similitude entre les effets pharmaceutiques et psycho-sociaux/environnementaux. Les patients "bons répondeurs" au placebo pourraient avoir une meilleure adaptation à la douleur. La recherche explore l'idée de cibler les réseaux neuronaux impliqués dans l'effet placebo pour réduire la douleur.
Les Grands Types de Thérapies Physiques
Les thérapies physiques utilisent diverses formes d'énergie pour améliorer la santé du patient, souvent comme adjuvants aux traitements kinésithérapeutiques.
- Thérapie physique ou physiothérapie : Ensemble des techniques physiques, non médicamenteuses, utilisant des appareillages ou agents physiques (eau, électricité, chaleur, froid, lumière).
- Électrophysiothérapie : Utilisation du courant électrique (transformé ou non, directement ou pour produire d'autres ondes) à des fins thérapeutiques. Ses propriétés générales sont antalgiques, excito-motrices, trophiques, sclérolytiques et anti-stase.
Catégories de Thérapies Physiques
- Courants Électriques : Déplacement de charges électriques. Visées principales : antalgie ou électrostimulation.
- Ondes Mécaniques : Transport d'énergie sans déplacement de matière, modifiant localement les propriétés d'un milieu matériel. Se propagent mieux dans les solides que les liquides, et mieux dans les liquides que les gaz.
- Ondes Électromagnétiques : Vibration d'un champ électrique et magnétique, se propageant dans l'air et le vide, transportant des informations.
- Cryothérapie : Traitement par le froid.
- Thermothérapie : Traitement par le chaud.
- Pressothérapie : Appareillage pneumatique pour le drainage.
- Isocinétisme : Mode de contraction musculaire à vitesse constante avec résistance auto-adaptée.
- Biofeedback : Méthode de rééducation utilisant le retour d'informations physiologiques au patient.
Chapitre 3 : Les Courants Électriques
Les courants électriques en physiothérapie impliquent le déplacement de charges électriques dans un conducteur. Ils sont caractérisés par la différence de potentiel (tension en Volts), l'intensité (Ampères), et la résistance (Ohms).
1.1. Généralités et Rappels
- Différence de potentiel (U) : Tension mesurée en Volts (V).
- Pôles : Anode (positif) et cathode (négatif). Un anion est attiré par l'anode, un cation par la cathode.
- Intensité (I) : Mesurée en Ampères (A), souvent en milliampères (mA) en électrothérapie.
- Résistance (R) : S'oppose au passage du courant, mesurée en Ohms (). Dépend de la nature, longueur et section du conducteur. L'impédance est la mesure de l'opposition à un courant alternatif.
- Puissance électrique (P) : Exprimée en Watts (W). Formule : .
- Loi d'Ohm : , donc . L'intensité est proportionnelle à la tension et inversement proportionnelle à la résistance.
- Effet Joule : Dégagement de chaleur par le courant électrique. Formule : .
- Voltmètre et Ampèremètre : Instruments de mesure.
- Électrode : Partie du conducteur appliquée sur le patient.
Types de Courants en Électrothérapie
Fréquence
- Très basse fréquence (TBF) : < 10 Hz.
- Basse fréquence (BF) : < 100 Hz (parfois 150 Hz).
Options possibles :
- BF – basse intensité (BF BI) : 50-100 Hz, antalgique (gate control) pour douleurs localisées. Durée d'impulsion 0,1 ms.
- TBF – intensité élevée (TBF IE) : 2-8 Hz, antalgique (libération d'endorphines) pour douleurs diffuses (durée d'impulsion 0,2-2 ms) ou excito-moteur (secousses élémentaires) pour éveil musculaire (durée d'impulsion 0,1-0,6 ms).
- BF – intensité tétanisante (BF IT) : 20-80 Hz, excito-moteur tétanisant pour amyotrophies et renforcement musculaire (durée d'impulsion 0,1-0,6 ms).
Constant ou Variable
- Courant constant ou continu (galvanique) : Intensité constante, unidirectionnel.
- Courant variable : Impulsions variables, uni ou bidirectionnelles.
- Courants alternatifs : "En interférence" ou "en fréquence" (burst), appelé aussi courant "russe".
Unidirectionnel ou Bidirectionnel
- Courant unidirectionnel : Polarisé (du pôle négatif vers positif). Risque de brûlures.
- Courant bidirectionnel : Dépolarisé (pôles s'inversent), pas de propriété électrolytique, pas de brûlure chimique.
| ÉTAT | CONSTANT | VARIABLE | DIRECTION | UNIDIRECTIONNEL | BIDIRECTIONNEL |
|---|---|---|---|---|---|
| Courant | Continu ou galvanique | Basse Fréquence (BF) : < 100 Hz, Très Basse Fréquence (TBF) : 1 à 10 Hz | polarisé : et | omnipolaire | |
| Contre-indications spécifiques | Aire cardiaque, région antéro-latérale du cou, pacemaker, grossesse, phlébites... | ||||
| Propriétés | Électrostimulation antalgique, excito-motrice, trophique | Propriétés | Iontophorèse (diélectrolyse ou ionisation) ? Stimulation prédominante : | Pas d'électrolyse, Stimulation prédominante : impulsions asymétriques | |
| Indications | Bain galvanique : traitement de l'hyperhidrose | Électrodiagnostic et stimulation du muscle dénervé | Indications | Douleur, Stimulation du muscle innervé | |
| Danger | Danger | Risque de brûlure chimique | Pas de risque de brûlure chimique | ||
| Précautions | Intensité limitée : 0,01 à 0,05 mA / cm² de surface de la plus petite électrode pour une séance de 30 min | Précautions | Facilité d'application | ||
| Contre-indication spécifique | Contre-indication spécifique | Pièces métalliques incluses | |||
| Avantages Inconvénients | - Risque de brûlure chimique - Effets, résultats, intérêt et indications restreints par le protocole rigoureux : intensité et durée de séance limitées - Désagrément : irritation galvanique | Avantages Inconvénients | - Innocuité - Efficacité - Indications élargies - Confort |
1.2. Les Différents Courants en Physiothérapie
- Courant continu/ionisation : Désuet en thérapie, mais utilisé en diagnostic pour vérifier l'intégrité de la stimulation musculaire par le nerf.
- Courants antalgiques : Variables, bidirectionnels, basse ou très basse fréquence.
- Courants excito-moteurs : Variables, bidirectionnels, basse ou très basse fréquence.
- Courants vasculaires : Basse fréquence à intensité tétanisante.
1.3. Les Courants Antalgiques (TENS)
Les courants antalgiques visent à diminuer la douleur. Le plus utilisé est le TENS (Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation) ou SETA (Stimulation Électrique Transcutanée Antalgique).
Les fréquences de la douleur :
- 2 à 10 Hz : Régulation de la douleur par les opioïdes endogènes (endorphines, enképhalines, dynorphines).
- 60 à 100 Hz : Régulation de la douleur par le système Gate Control.
- 120 à 140 Hz : Régulation de la douleur par action périphérique (peripheral pattern).
1.3.1. Le TENS « Endorphinique »
Vise la libération d'endorphines et d'enképhalines (morphines endogènes) pour une analgésie durable.
- Fréquence : Très basse (2 à 10 Hz).
- Hormone : Endorphine (augmentation jusqu'à 20%).
- Durée : 30-40 min.
- Effet antalgique : Généralisé et retardé (30-60 min).
- Intensité : Supérieure au seuil excito-moteur, déclenchant une secousse musculaire.
- Largeur d'impulsion : 0,5 à 3 ms (ciblant fibres A-delta et C).
- Pathologie : Chronique, douleur diffuse.
- Électrodes : 1 excitatrice et 1 indifférente, de tailles différentes (rapport 1/3-2/3), placées sur la colonne vertébrale (ou point moteur) et la zone douloureuse.
1.3.2. Le TENS « Gate Control »
Vise l'inhibition sensitive segmentaire par stimulation des fibres de gros calibres (A-beta) pour "leurrer" les fibres nociceptives de petit calibre. Effet antalgique rapide mais fugace.
- Fréquence : Basse (30 à 100 Hz, optimale 80 Hz).
- Hormone : Sérotonine.
- Durée : 20-30 min.
- Effet antalgique : Rapide et fugace (0-30 min).
- Intensité : Supérieure au seuil de sensibilité, mais inférieure au seuil excito-moteur, déclenchant des paresthésies.
- Largeur d'impulsion : 100 µs ou 0,1 ms (ciblant fibres A-beta).
- Pathologie : Aiguë, douleur localisée/trajet nerveux spécifique.
- Électrodes : Tailles identiques, autour/sur la zone douloureuse, placement sur le corps musculaire.
1.3.3. Modalités d'Application
- Mode continu : Impulsion continue, risque d'accoutumance (à éviter).
- Mode modulé : Impulsion non continue, moins de risque d'accoutumance (à préférer).
- Mode burst : Impulsions de fréquences variables, mixte, bien toléré, peu d'accoutumance.
1.3.4. Indications Générales du TENS
- Douleur, céphalée, névralgie (endorphinique).
- Contracture musculaire (endorphinique).
- Zona, traumatologie sportive, rhumatologie.
1.3.5. Contre-indications
- Plaie fraîche et non cicatrisée.
- Utérus gravide, épilepsie (endorphinique) et troubles de la sensibilité.
- Stimulation sur la zone antérolatérale du cou.
1.3.6. Principes d'Utilisation
- Hygiène, bonne installation du patient, préparation du matériel.
- Dégraisser la peau, utiliser un gel de contact ou électrodes autocollantes.
- Augmentation progressive de l'intensité, surveillance du patient.
- Ne pas retirer les électrodes pendant le programme (couper/éteindre avant).
- Nettoyage et entretien du matériel.
1.4. Les Courants Excito-Moteurs (Électrostimulation)
Utilisés pour limiter la fonte musculaire (hypotonie) ou stimuler la contraction d'un muscle dont l'innervation est déficiente.
Trois niveaux de seuils d'excitabilité :
- Seuil de sensibilité.
- Seuil excito-moteur.
- Seuil de la douleur (et au-delà, lésion tissulaire).
L'objectif est de travailler au-delà du seuil excito-moteur mais en deçà de la douleur.
1.4.1. Notions Théoriques de Base
- Loi du tout ou rien : Le potentiel d'action apparaît avec une amplitude constante uniquement si le stimulus atteint ou dépasse le seuil critique (supraliminaire).
- Rhéobase : Intensité minimale d'un courant continu, à début brusque, nécessaire pour obtenir la plus petite contraction musculaire. Mesurée en mA, augmente en cas de dénervation.
- Chronaxie : Durée nécessaire pour stimuler une fibre musculaire avec un courant à début brusque d'intensité double de la rhéobase. Varie selon le muscle, augmente en cas de dénervation.
- Axone myélinisé : 30 à 200 µs.
- Dendrites et corps cellulaires : 1 à 10 ms.
- Muscle : 0,08 à 0,72 ms (quadriceps 0,3 à 0,45 ms).
- Accommodation ou Climalyse : Seuil auquel la fibre nerveuse n'est plus stimulée par accoutumance. Permet d'identifier un muscle dénervé.
- Climalyse normale : 1 à 2 µF.
- Ralentissement léger : 4 µF.
- Dégénérescence totale : 60 µF.
1.4.2. Excitabilité
L'électrostimulation déclenche un potentiel d'action avec une impulsion minimale. Une fibre innervée saine répond à une impulsion brève (< 1 ms) par une contraction rapide. Une fibre dénervée (> 20 jours) a une chronaxie augmentée et répond à une impulsion plus longue par une contraction lente et molle.
- Impulsion rectangulaire : Pour muscles sains.
- Impulsion triangulaire : Pour muscles lésés, car elle stimule les fibres dénervées sans sur-stimuler les fibres saines.
Les pentes limites d'innervation (PLI) et de dénervation (PLD) définissent des zones de stimulation :
- Zone 1 (PLI) : Stimulation de tous les types de fibres.
- Zone 2 (entre PLI et PLD) : Stimulation des fibres atteintes.
- Zone 3 (au-delà de PLD) : Plus aucune stimulation.
1.4.3. Évaluation/Diagnostic d'un Muscle
Basé sur l'analyse de la chronaxie pour évaluer la dénervation. Simple, indolore et non invasif, il permet de confirmer et d'évaluer la dénervation, établir un programme de traitement et suivre l'évolution. L'électromyogramme (EMG) est plus souvent pratiqué par des neurologues.
| QUANTITATIF (CHRONAXIE) | QUALITATIF (REACTION) | |
|---|---|---|
| MUSCLE INNERVE | < 1ms | Réponse rapide |
| MUSCLE DENERVE | > 1ms (5 à 100 ms) | Réponse lente |
1.4.4. Modalités d'Application d'une ESM
A) Fréquence en fonction du type de fibre musculaire ciblée :
- Fibres lentes (Type I) : Endurance, faible intensité. Fréquences basses (5-15 Hz).
- Fibres intermédiaires (Type IIa) : Moyenne intensité, durée moyenne. Fréquences moyennes (15-35 Hz).
- Fibres rapides (Type IIb) : Haute intensité, courte durée. Fréquences élevées (35-50 Hz).
- Travail sur muscle dénervé : 1 Hz. Muscle sain : 5 à +50 Hz.
B) Largeur d'impulsion :
- < 300 µs : Rééducation musculaire et récupération post-blessure.
- > 300 µs : Stimulation et renforcement musculaire.
C) Durée d'impulsion et de contraction :
- Durée d'impulsion : Correspond à la chronaxie des muscles innervés.
- Durée de contraction : 2 à 8 secondes. Temps de repos : 1 à 5 fois le temps de contraction.
D) Intensité de l'ESM : Choix selon l'objectif (renforcement), la tolérance individuelle et la sensibilité des fibres.
E) Choix des électrodes : Selon la zone, la taille, la sensibilité cutanée, et le type de stimulation (nerveuse ou musculaire). Une petite électrode excitatrice (+) sur le point moteur et une grande électrode indifférente (-) sur une zone charnue.
Point moteur : Point de la fibre nerveuse motrice le plus proche de la surface cutanée.
F) Durée : Généralement 20 à 45 minutes, incluant échauffement (2-5 min), stimulation (15-30 min) et relaxation (5-10 min). L'échauffement est préférable pour le confort et l'éveil musculaire.
1.4.5. Principes d'Utilisation
Préparation (mains, patient, matériel), localisation des points moteurs, placement des électrodes avec gel, augmentation progressive de l'intensité, surveillance du patient, travail actif si possible, diminution progressive de l'intensité, nettoyage.
1.4.6. Indications & Contre-indications
| Indications | Contre-indications |
|---|---|
| Renforcement musculaire | Grossesse |
| Stimulation neuro-musculaire | Problèmes cardiaques importants |
| Récupération musculaire | Épilepsie et troubles sensibilité |
| Spécifique : rééducation périnéale | Plaies fraîches ou infections cutanées |
| Cancer | |
| Psy : anxiété, dépression, hystérie... |
1.5. Les Courants Vasculaires
Utilisés pour stimuler le système vasculaire, augmentant le débit sanguin. Courant continu, de très basse fréquence (2 à 8 Hz), intensité variable (supra sensoriel, infra moteur), largeur d'impulsion de 30 à 300 µs. Durée : 15 à 20 min. Efficace pour relancer la machine vaso-trophique.
- Principes : Électrodes sur la zone à traiter, augmentation progressive de l'intensité.
- Utilisations : Circulation sanguine déficiente, récupération post-opératoire, rééducation musculaire, amélioration de la performance sportive.
1.6. Le Coût
Très variable, de 100€ pour les modèles simples à 5000€ pour les appareils d'urogynécologie.
1.7. Actualités dans la Littérature Scientifique
- Urogynécologie : L'électrostimulation est efficace pour le renforcement et le proprioception périnéale, particulièrement en per-opératoire pour les dysfonctions urinaires et fécales. Elle doit être adaptée à la physiopathologie (ex: inhiber le détrusor, stimuler les releveurs de l'anus).
- Électrostimulation musculaire : Recommandée en réanimation pour les patients ne pouvant pas participer à un programme de mobilisation actif. Elle augmente la force musculaire, diminue l'atrophie et améliore la distance de marche. Elle doit être combinée à d'autres approches (ex: observation motrice pour l'hémiplégie).
- Antalgie (TENS) : Le TENS appliqué près du site douloureux réduit la douleur pendant ou immédiatement après le traitement, sans effets indésirables graves. Il est considéré comme un complément au traitement de base, mais n'a pas d'effet durable dans le temps.
Chapitre 4 : Les Ondes Mécaniques
Les ondes mécaniques se définissent par un transport d'énergie sans déplacement de matière, modifiant localement et temporairement les propriétés d'un milieu matériel. Elles nécessitent un support (solide, liquide, gaz) pour se propager, leur vitesse dépendant du milieu (solide > liquide > gaz). Elles sont à la base de la vibrothérapie.
11.1. Généralités
- Vibration : Mouvement rapide de va-et-vient autour d'une position d'équilibre.
- Ondes transversales : Points du milieu oscillent perpendiculairement à la direction de propagation (tissus mous). Succession de compressions et décompressions.
- Ondes longitudinales : Points du milieu oscillent dans le sens de la propagation (parallèlement).
11.2. Propriétés Communes aux Ondes Mécaniques et Électromagnétiques
- Absorption : Pénétration et transformation de l'énergie en chaleur, entraînant une atténuation.
- Réflexion : Changement de direction des ondes rencontrant une surface réfléchissante.
- Focalisation : Convergence en un point d'un flux d'énergie.
- Réfraction : Déviation d'une onde franchissant la surface de séparation de deux milieux.
- Diffraction : Déviation d'une onde rencontrant un obstacle.
11.3. Classement des Ondes Mécaniques par Fréquence
- Infrasons : < 20 Hz.
- Vibrations sonores audibles : 17 Hz à 17 000 Hz.
- Ultrasons : > 20 000 Hz.
En thérapie physique, les appareils produisent des fréquences de 1 à 400 Hz (basse fréquence) et de 500 kHz à 3 MHz (haute fréquence).
11.4. Grands Types de Thérapies par Ondes Mécaniques
- Basses fréquences : Ondes de choc (ESWT/RSWT), Theragun™, Infrasons (Percussionnaire® / Simeox®), Vibrations sonores (SVT), Vibrotonie / WBV.
- Hautes fréquences : Ultrasons.
11.5. Vibrations de Basses Fréquences
Indications générales :
- Assouplissement de la fibrose, relâchement des contractures.
- Désencombrement bronchique, amélioration de la ventilation pulmonaire et expectorations.
- Amélioration de la circulation locale et des troubles trophiques, régénération des tissus.
- Éveil sensitif et proprioceptif, amélioration de la mobilité.
- Sédation de la douleur.
Limites :
- Application prolongée : désordres vasculaires, crampes, ischémie.
- Résonnances végétatives : nausées, vomissements, troubles du tonus musculaire, perte d'équilibre.
11.6. Ondes de Choc (ESWT / RSWT)
Définies par une augmentation de pression brutale suivie d'une phase de pression négative. Originaires de l'urologie (lithotripsie), elles ont été adaptées à l'appareil locomoteur. Ce sont des infrasons.
11.6.1. ESWT (Extracorporeal Shock Wave Therapy)
Ondes de choc extracorporelles, focalisées (convergentes), avec une brusque variation de pression (compression puis décompression).
- Fréquence : < 5 Hz.
- Profondeur : Jusqu'à 11 cm.
- Onde : Convergente.
- Énergie : 0,03 à 1 mJ/mm².
- Générateur : Électrohydraulique, piézoélectrique ou électromagnétique.
- Effets secondaires : Lésions tissulaires, vasculaires, nerveuses. Utilisation par personnel formé en centre spécialisé, parfois sous contrôle échographique.
11.6.2. RSWT (Radial Shock Wave Therapy)
Ondes de choc radiales, produites par un compresseur d'air. L'onde est sphérique ou radiale et diverge.
- Fréquence : 1 à 15 Hz.
- Profondeur : Max 3,5 cm.
- Onde : Divergente (radiale).
- Énergie : 0,16 mJ/mm² (résistance osseuse à 0,3 mJ/mm²).
- Générateur : Pneumatique.
Modes d'action des ondes de choc :
- Fragmentation d'amas calciques, cicatrisation des tissus (microlésions).
- Modifications biochimiques et cellulaires, gate-control (effet antalgique/anti-inflammatoire).
- Augmentation du débit circulatoire local.
Bénéfices / Effets délétères :
| Bénéfiques | Délétères | |
|---|---|---|
| Néovascularisation | Stimulation directe et/ou cavitation | Lésions hémorragiques |
| Stimulation ostéogenèse | Libération de radicaux libres | |
| Libération d'endorphines | Lésions cellulaires | |
| Fragmentation calcique | ||
| Effet antinociceptif | Augmentation perméabilité cellulaire | Mort cellulaire |
| Théorie du « Gate Control » | Stimulation neurologique | Arythmies, paresthésies |
Indications : Tendinopathies, enthésopathies, aponévrosites plantaires, calcifications périarticulaires, séquelles fibreuses cicatricielles, contractures/trigger points, rhizarthrose, cellulite.
Contre-indications et précautions :
- Zone : Tête, tronc (rachis), poumons, intestins.
- Personne : Grossesse, enfant (cartilage de croissance), personnes âgées (ostéoporose), hémophiles.
- Médication : Corticothérapie longue durée, anticoagulants.
- Autres zones : Troncs nerveux, gros vaisseaux, pathologies vasculaires/neurologiques, tumeurs, infections, inflammations aiguës (capsulite rétractile), SDRC, lésions tissulaires/cutanées/osseuses, matériel d'ostéosynthèse (MOS).
Effets secondaires : Recrudescence de douleurs temporaire, rougeur/œdème local, ecchymose, rares migraines ou syncopes.
Modalités d'application : Palpation et localisation de la zone, choix du diamètre de la tête, pression maximale tolérable, 1x/jour à 1x/semaine (max 4 séances), 1000 à 2000 chocs/séance, pression 1,8 à 3 bars, fréquence 1 à 15 Hz.
Littérature récente : Efficacité des eRSWT > 80% pour les tendinopathies et pathologies musculosquelettiques (fasciite plantaire, tendinopathie du supra-épineux, tendinite calcifiante). Le protocole optimal : 3 sessions, 1 semaine d'intervalle, 2000 coups, haute fréquence supportée. L'efficacité pour l'épicondylalgie latérale et la tendinopathie patellaire est variable, souvent meilleure avec un travail excentrique associé.
11.7. Le Theragun™ (Pistolet de Massage)
Appareil de percussion moderne, breveté, utilisé en amont d'un traitement par ondes de choc classique. Son efficacité est en cours d'étude.
- Propriétés : Fréquence de percussion max 40 coups/seconde (2400 coups/min), profondeur 16 mm, couple 60 lbs (27 kg), design triangulaire pour une meilleure préhension, diverses têtes.
- Bénéfices avérés : Augmentation de l'amplitude des mouvements, diminution des douleurs musculaires d'apparition retardée (DOMS), libération des fascias tendus, diminution du risque de blessure.
- Littérature récente (à partir de 2023) : Des études préliminaires suggèrent une efficacité sur les trigger points (adducteur du pouce), les cervicalgies non-spécifiques (avec résultats similaires ou légèrement supérieurs à l'activité physique), et les performances/douleurs musculaires. Une étude de 2024 sur les capsulites rétractiles a montré des améliorations avec le pistolet de massage, mais pas de différence significative avec le relâchement myofascial, mais les deux sont supérieurs au traitement conventionnel seul. Ces outils sont portables et démocratiques.
11.8. Infrasons (en Kiné Respiratoire)
Peu d'appareils, deux essentiels : le Percussionnaire® et le Simeox®.
11.8.1. Le Percussionnaire®
Appareil de vibration interne ou endobronchique (VPI ou IPV), utilisé pour le désencombrement bronchique et le recrutement alvéolaire. Particulièrement utile lorsque le patient ne peut mobiliser seul ses sécrétions.
- Population cible : Enfants, adultes (mucoviscidose, BPCO, atélectasies, maladies neuromusculaires avancées).
- Indications thérapeutiques : Mobilisation des sécrétions, expansion pulmonaire, traitement/prévention de l'atélectasie, apport d'oxygène.
- Contre-indications absolues : Pneumothorax sous pression non traité, opérateur non qualifié.
- Contre-indications relatives : Antécédents de pneumothorax, infarctus du myocarde, pneumonectomie récente, vomissements, hémorragie pulmonaire, fuite d'air pulmonaire.
- Effets indésirables possibles : Diminution du débit cardiaque, augmentation de la pression intracrânienne, pneumothorax, hyperoxygénation, distension gastrique.
- Avantages physiologiques : Recrutement de poumons atélectasiés, bronchodilatation mécanique, amélioration de la CRF et du profil respiratoire, diminution du travail respiratoire, augmentation de la mobilisation des sécrétions.
- Fonctionnement : Ventilation mécanique à percussion intrapulmonaire avec impulsions de 100 à 300 cycles/minute. Fournit un brouillard d'aérosol pour liquéfier les sécrétions. Utilisable en voie invasive ou non, avec ou sans participation active du patient.
- Patient obstructif : Fréquence élevée (250/min), pression faible (< 20 cm H₂O).
- Patient restrictif : Fréquence plus lente (80-200/min), pression plus élevée (20-40 cm H₂O).
11.8.2. Le Simeox®
Appareil de basse fréquence vibratoire, générant des dépressions d'air à volume constant et à une fréquence proche de celle des cils bronchiques, lors de l'expiration. Permet de liquéfier le mucus et de le transporter distal-proximal pour faciliter l'expectoration.
- Fréquence : 6 et 12 Hz.
- Intensité : 25% à 100%.
- Population cible : Enfants > 8 ans et adultes atteints de maladies pulmonaires avec difficultés d'évacuation des sécrétions (mucoviscidose, BPCO, bronchiectasie).
- Contre-indications relatives : Pneumothorax, pathologies cardiovasculaires instables, hémoptysie massive.
- Déroulement : Inspiration lente, pause inspiratoire, activation du Simeox pendant l'expiration. Les programmes (PROG 1, 2, 3) définissent le nombre de phases expiratoires par cycle.
11.9. Les Vibrations Sonores (SVT)
Vibrations mécaniques longitudinales de basse fréquence (> 20 Hz), produites par un circuit magnétique. Peu utilisées en cabinet général, mais dans les centres spécialisés en douleur (SDRC) ou rééducation de la main.
- Fréquence : 20 à 100 Hz.
- Amplitude : 0,2 mm à 6 mm.
- Effets induits : Inhibition des réflexes monosynaptiques, contractions lentes réflexes du muscle vibré, inhibition du muscle antagoniste, sensation illusoire de mouvement.
- Actions : Éveil de la sensibilité proprioceptive, lutte contre la douleur (gate-control), facilitation de la rééducation fonctionnelle.
- Indications : Immobilisations thérapeutiques, rééducation sensori-motrice, rachialgies, myalgies, névralgies, névromes d'amputation, douleurs du membre fantôme, troubles de la sensibilité, SDRC, cicatrices.
- Applications combinées :
- SVT et thérapie miroir (leurre cortical).
- SVT et TENS (augmentation des effets antalgiques).
- SVT et posture (gain d'amplitude, attention aux fractures/MOS).
- Effets secondaires : Aucun si non réalisées sur plate-forme vibrante.
11.10. La Vibrotonie (WBV - Whole Body Vibration)
Plateformes vibrantes (Powerplate, Physioplate) utilisant des ondes mécaniques longitudinales de basse fréquence. Le patient est debout, en statique ou dynamique.
- Objectifs : Augmentation de la force musculaire, amélioration de l'équilibre/proprioception, amélioration de la masse osseuse (effet piézoélectrique).
- Indications : Lutte contre l'amyotrophie, troubles de l'équilibre (entorse, Parkinson, SEP, personnes âgées), ostéoporose.
- Contre-indications : Pathologie discale, inflammation aiguë, phlébite, tumeur, fracture récente et MOS, vertiges paroxystiques.
- Littérature : Améliorations faibles mais significatives de la densité minérale osseuse (DMO) chez femmes ménopausées, enfants, adolescents. Améliore l'équilibre et la mobilité chez les personnes âgées, et peut être un exercice efficace pour les patients BPCO avancés. Nécessite plus de recherches sur les protocoles optimaux. Peut entraîner une perte de sensation au toucher aux pieds, déséquilibres et diminution de la température des membres inférieurs.
11.11. Les Ultrasons (US)
Ondes mécaniques longitudinales de haute fréquence (> 20 000 Hz, zone thérapeutique 0,5 à 3 MHz). Production basée sur l'effet piézoélectrique du quartz (découvert par les Curie), transformant un signal électrique en onde mécanique. L'appareillage comprend un générateur et un disque de quartz.
- Effets physiques :
- Cavitation : Libération de gaz dissous sous forme de bulles dans un liquide.
- Pression de radiation : Soulèvement de la surface d'un liquide traversé par des US.
- Fragmentation et coalescence : Formation d'émulsions ou agglomération de particules.
- Effets thermiques : Transformation de l'énergie en chaleur (vibrations moléculaires, friction). Température augmente plus en superficie à 3 MHz, en profondeur à 1 MHz.
- Propriétés générales :
- Propagation : Rectiligne, meilleure dans les solides/liquides que l'air. Pénètre bien les tissus mous (riche en collagène, élastine) mais mal les tissus riches en eau et les gaz.
- Vitesse : Varie selon le milieu (air 330 m/s, os 3500 m/s).
- Absorption : Augmente avec la fréquence. Absorption de 50% à 1 cm pour 3 MHz, à 7 cm pour 1 MHz, à 15 cm pour 0,5 MHz. Il existe des seuils minimum et maximum d'efficacité/danger.
- Réflexion : Perte d'énergie de 100% si passage d'un milieu à l'autre (ex: solide/liquide vers gaz).
- Réfraction : Déviation du faisceau. L'angle d'incidence doit rester < 15° pour éviter une réflexion totale. Importante au niveau des tendons, articulations, ligaments.
- Effets physiologiques :
- Mécaniques : Micro-massages, action fibrolytique (dilacération des fibres du tissu conjonctif), cavitation gazeuse, frictions, oscillations.
- Thermiques : Augmentation de la température (2-3°C en superficie), entraînant vasodilatation et modification de la perméabilité des membranes. La chaleur est plus profonde sans perte d'énergie superficielle.
- Antalgiques : Controversés. Effet sur la conduction nerveuse (accélération ou ralentissement). La littérature scientifique des années 2000 conteste fortement cette hypothèse.
- Délétères/Destructeurs : Brûlures si mauvaise application (intensité, angle), douleur type "périostite", collections purulentes sur hématomes/inflammations. Éviter en ne restant pas statique.
- Modalités d'application :
- Zone : Membres uniquement, éviter organes vitaux.
- Puissance : 0,8 à 1,5 W/cm².
- Durée : 5 à 8 min (max 10 min).
- Fréquence : 1 MHz pour profondeur (tête 3 cm²), 3 MHz pour superficie (tête 1 cm²).
- Modulation : Continu (technique dynamique) ou pulsé (dynamique ou statique).
- Interface : Gel de contact ou immersion (pour reliefs anatomiques, petites articulations). Maintenir l'appareil perpendiculaire.
- Indications : Arthrose, rhumatisme articulaire, capsulite/raideur articulaire, cicatrices adhérentes, séquelles fibreuses (entorses/lésions musculaires), tendinite, Dupuytren, applications en urogynécologie.
- Contre-indications : Plaies/lésions récentes, grossesse, cancer, rachis/organes vitaux, MOS, greffes récentes, inflammations aiguës/infections (utiliser mode pulsé), zones mal vascularisées, fractures non consolidées.
- Coût : 1000€ (entrée de gamme) à 10 000€ (couplés US+électrostimulation).
- Ressenti du patient : Peut ne rien sentir, ou ressentir la chaleur (surveiller les brûlures), picotements, ou sensation de compression.
- Littérature récente : Peu de preuves statistiques d'efficacité, peu d'articles récents (>15 ans). Les US trouvent de nouveaux champs d'application en médecine (neuroscience, cardiologie, imagerie ultrarapide, échographie diagnostique en kinésithérapie).
Chapitre 5 : Les Ondes Électromagnétiques
Une onde électromagnétique est une vibration qui se propage, résultant de la vibration d'un champ électrique et d'un champ magnétique. Elles se propagent dans le vide à une vitesse de 300 000 km/s. Elles sont classées par fréquence (f) et longueur d'onde ().
4.1. Généralités
| f | ||
|---|---|---|
| 3 MHz | ondes longues radiophoniques | 100 m |
| ondes courtes | ||
| 300 MHz | ondes centimétriques (radar) | 1 m |
| 300 GHz | rayons infrarouges | 1 mm |
| Hz | rayons lumineux visibles rayons ultraviolets | 1 m |
| rayons X | ||
| Hz | rayons Y | 0,01 nm |
Utilisations des Ondes Électromagnétiques
- Physiothérapie générale :
- Diathermie (ondes courtes et centimétriques) : thermothérapie intratissulaire.
- Actinothérapie (infrarouges et UV) : traitement par rayons lumineux artificiels.
- Rééducation fonctionnelle : Ondes courtes, ondes centimétriques et infrarouge.
- Dermatologie : UV.
Propriétés Physiques des OEMG
- Ondes longues aux UV : Suivent les mêmes lois physiques que les ondes mécaniques (réflexion, réfraction, diffraction, focalisation et absorption).
- Loi du carré de la distance : Le flux énergétique est constant. L'énergie par cm² diminue avec le carré de la distance entre l'émetteur et le patient. Si la distance est divisée par 2, l'énergie est multipliée par 4. Nécessite une distance stable.
- Angle d'incidence des rayons : Énergie maximale si les rayons sont perpendiculaires à la zone à irradier. L'efficacité diminue si l'angle s'écarte de la perpendiculaire.
Propriétés Thérapeutiques des OEMG
En physiothérapie, elles sont utilisées pour la récupération des lésions des tissus mous et le soulagement de la douleur :
- Assouplissement de la fibrose, relâchement des contractures.
- Amélioration de la circulation locale et des troubles trophiques.
- Amélioration de la mobilité, sédation de la douleur.
Grands Types de Thérapies par Ondes Électromagnétiques
- Photothérapie ou luminothérapie.
- Laser.
- Técar thérapie.
- Thérapie inductive à haute énergie.
4.2. La Photothérapie (Luminothérapie)
Utilise l'action de la lumière blanche ou colorée pour influencer les rythmes circadiens (température, rythme cardiaque, vigilance, humeur, cognition). La lumière régule la sécrétion de mélatonine, qui est un transducteur du signal lumineux indiquant le jour et la nuit.
- Modalités d'application : Banc de lumière ou casque à lampes. Préciser dose, horaire, durée. Examen ophtalmologique recommandé.
- Indications : Troubles du sommeil (insomnie), troubles de l'humeur, dépressions saisonnières, fatigue chronique, désynchronisations organiques, décalages horaires (jet lag), travailleurs de nuit.
- Contre-indications : Problèmes oculaires (cataracte, glaucome, lésions rétiniennes), syndrome maniaco-dépressif, médicaments augmentant la photosensibilité (chimiothérapie, antibiotiques).
4.3. La Thérapie Laser
LASER = Light Amplification by Stimulated Emission of Radiations. Historiquement LLLT (Low Level Laser Therapy) < 500 mW, aujourd'hui lasers de classe 4 (5 à 35 W). Effets principaux : antalgie, biostimulation, néovascularisation.
- Fonctionnement : Produit une lumière très pure à une seule longueur d'onde. Les effets seraient liés aux réactions photochimiques : augmentation de la production d'ATP, stimulation de la mitose et prolifération cellulaire, reprise de la fonction homéostasique.
- Littérature scientifique : Manque d'études comparables dû à la variabilité des modalités. Une légère amélioration de la douleur a été notée dans l'arthrose et la polyarthrite rhumatoïde.
- Indications : Lésions musculaires (contractures, élongations, déchirures), tendinites, douleurs du pied (métatarsalgies, talalgies, aponévrosite plantaire), contusions, entorses, hernies lombaires/cervicales, arthrose, arthrite, escarres.
- Contre-indications : Hémorragie, lésions cutanées, tumeurs/infections aiguës, médicaments augmentant la photosensibilité, yeux, troubles épileptiques mal gérés.
- Avantages : Indolore, sensation de chaleur, traitement rapide, traitement des douleurs chroniques, zones étendues.
- Coût : > 1000€ à < 20 000€.
4.4. Les Infrarouges (IR)
Utilisés en thérapie physique pour une application superficielle (thermothérapie en douceur). Les IR sont des rayons invisibles, non ionisants, qui génèrent de la chaleur. Longueur d'ondes de 1 µm à 1 mm. Plus la longueur d'onde est courte, meilleure est la pénétration (au niveau cutané par lumière visible et IR).
- Propriétés physiques : Réfléchis sur la peau, produisent une chaleur locale. Ne traversent pas les tissus, la chaleur se transmet par conduction. Pas d'effet thermique profond avec les puissances thérapeutiques.
- Propriétés biologiques :
- Antalgique : Effet sédatif de la chaleur, diminution de l'excitabilité des terminaisons nerveuses superficielles.
- Hyperémie : Augmentation du flux sanguin, vasodilatation superficielle, diminution des tensions musculaires.
- Indications : Arthrose, processus dégénératifs superficiels subaigus/chroniques, séquelles traumatiques sans risque hémorragique, lombalgies, dorsalgies, contractures musculaires, troubles circulatoires trophiques.
- Contre-indications : Infections/inflammations aiguës, sites hémorragiques, lésions cutanées, tumeurs cutanées, gelures, troubles circulatoires locaux, anesthésies/hypoesthésie, épilepsie.
- Modalités d'application :
- Distance : 30 à 50 cm (selon loi du carré de la distance), chaleur confortable, pas de contact direct.
- Température & durée : Contrôle de la température (environ 40°C), durée préprogrammée (10-15 min).
- Précautions : Éviter l'application simultanée d'appareils électriques.
- Appareils : Lampes Sollux, saunas infrarouges, couvertures IR.
- Littérature scientifique : Une étude de 2006 a montré une réduction de la douleur de 50% chez les lombalgiques (vs 20% placebo). Une étude de 2009 n'a pas montré d'amélioration de la spasticité avec les IR.
- Coût : Très variable, de 50€ à 2000€ et plus.
4.5. Técar Thérapie
« Transfert d'énergie capacitive et résistive » (TEC), technique en essor (2015-2020), basée sur l'électrothérapie et la diathermie (ondes courtes à haute fréquence produisant de la chaleur en profondeur). La chaleur est générée par effet Joule selon l'impédance du tissu. Les fabricants avancent une accélération de la rééducation, un effet antalgique et une amélioration de la cicatrisation.
- Principes généraux :
- Courant électromagnétique non invasif, transmis par conduction.
- Fréquence moyenne : 300 kHz à 1 MHz (radiofréquences).
- Stimulation cellulaire forte (condenseur) : Augmentation de la température interne, activation de la circulation sanguine, favorise la réparation et le métabolisme.
- Phénomène d'Arsonval : Flux d'ions, perméabilisation de la membrane plasmique, augmentation des échanges intra/extracellulaires (permittivité diélectrique).
- 2 modes d'action : Capacitif (CET) et Résistif (RET).
- Mode capacitif (CET) : Électrode active isolée. Utilisé pour zones peu profondes (2-3 cm), tissus mous (muscles, fascias, viscères, vaisseaux). Mouvement lent et circulaire.
- Mode résistif (RET) : Électrode métallique. Action plus profonde, pour tissus "durs" (ligaments, os, cartilages). Chaleur plus importante à la surface des os. Utilisable en statique ou dynamique.
- Éléments à utiliser : 1 électrode/plaque fixe réceptrice, 1 électrode émettrice. Gel/crème de contact.
- Durée & fréquence : 5 à 45 min, 3 à 10 séances (1-3 fois/semaine).
- Effets : Biologique (auto-réparation), antalgique (immédiat et à long terme), diathermique (amélioration du flux sanguin, drainage, relâchement musculaire).
- Indications : Vaste champ de pathologies de l'appareil locomoteur (aiguës/chroniques), pré/post-opératoire, cellulite. Ex: lombalgie, cervicalgie, tennis elbow, arthrose, sciatique, etc.
- Contre-indications : Pompes à insuline, grossesse, troubles de la sensibilité thermique, thrombophlébite, cancer, cartilages de croissance, infection, fièvre. Pas de contre-indication prouvée sur les MOS.
- Mode combiné : Possible d'associer contraction musculaire en mode capacitif.
- Littérature scientifique : Peu d'articles avec niveau de confiance bas. Une méta-analyse (2022) suggère une efficacité pour diminuer la douleur musculosquelettique. Les études de 2016 ont montré une amélioration de l'oxygénation musculaire et du métabolisme. La Técar thérapie serait un bon adjuvant sans effets secondaires indésirables si utilisée correctement.
- Coût : 7 000 à 20 000€ (appareil), 30€ (crème), 100-1500€ (électrodes).
4.6. Thérapie Inductive à Haute Énergie (TIHE / HEIT)
Utilise des ondes électromagnétiques avec une force magnétique jusqu'à 3 Tesla. Le corps humain est un bon conducteur électrique/électromagnétique. L'objectif est de stimuler les cellules musculaires, nerveuses et la circulation sanguine en augmentant la charge ionique des cellules (les cellules saines ont une charge plus élevée). La stimulation active l'électrochimie des tissus.
- Caractéristiques techniques : Induction magnétique 2-3 Tesla, fréquence 1-150 Hz, durée 1-60 min, fréquence de traitement jusqu'à 2 séances/semaine.
- Coût : 20 000 à 32 000€.
- Modalités d'application :
- Statique : Applicateur fixe sur les points douloureux/trigger.
- Dynamique : Applicateur déplacé lentement sur une zone plus large (pas de contact direct nécessaire).
- Combiné : Séquence statique puis dynamique.
- Indications (selon fabricant Zimmer®) : Douleur cervicale, syndrome du canal carpien, épaule gelée, régénération nerveuse, mal de dos, polyarthrite rhumatoïde, douleur sciatique, tendinopathie rotulienne, douleur pelvienne, stimulation de la croissance osseuse.
- Contre-indications : Hypertension artérielle, femmes enceintes/nourrissons, maladies cardiaques (pacemakers), maladies aiguës, implants (prothèses de hanche, implants cochléaires, stents), métaux conducteurs/ferromagnétiques à proximité.
- Précautions : Autorisation médicale pour fièvre, épilepsie, pacemakers, pompes à médicaments, appareils auditifs, implants. Le patient doit pouvoir communiquer la douleur.
- Ressenti du patient : Non douloureux, sensation de bien-être, soulagement immédiat de la douleur, amélioration d'autres troubles.
- Littérature scientifique : Pratiquement inexistante, limitée aux modes d'emploi des fabricants. Des études sont nécessaires.
Chapitre 6 : Biofeedback
Le terme feedback, issu de la cybernétique, signifie rétroaction ou rétrocontrôle. En kinésithérapie, il désigne un procédé ou appareillage qui fournit au patient une information sur son état (ex: musculaire) pour qu'il puisse l'améliorer, le corriger ou l'arrêter.
6.1. Définitions et Généralités
Le feedback est essentiel dans la rééducation pour l'apprentissage instrumental (conditionnement opérant). Il permet au patient d'intégrer des réponses physiologiques et de s'adapter.
Deux types de biofeedback :
- Patient seul avec l'instrument : Le patient s'adapte en fonction de l'objectif et de l'information reçue.
- Thérapeute – patient – instrument : Le thérapeute analyse les mesures, donne des stratégies et ajuste les paramètres.
Modalités de feedback :
- Visuel : Les plus fréquents.
- Auditif : Moins intuitifs.
- Sensoriel : Stimulateur tactile mécanique ou électrique.
- Réalité Virtuelle (RV) : Graphiques ou audiovisuels.
Les appareils récents sont souvent multimodaux (au moins 2 canaux sensoriels pour une meilleure efficacité).
6.2. Exemples d'Appareils Courants en Kinésithérapie
- EMG (Électromyographie) : Mesure l'activité électrique musculaire pour la prise de conscience de la tension/activité musculaire. Méthode la plus étudiée (post-AVC, urogynécologie).
- RTUS (Real Time Ultrasound Imaging) : Feedback par imagerie échographique en temps réel.
- Capteurs de respiration : Mesurent le rythme et la profondeur respiratoire (ex: Simeox®). Utiles pour retrouver un rythme logique, gérer le stress.
- Capteurs de fréquence cardiaque : Pour réguler le rythme (HTA, insuffisance cardiaque, asthme, anxiété).
- Capteurs de température ou conductance cutanée : Pour gérer le stress et les réponses émotionnelles.
6.3. Classification des Feedback en Réadaptation
- Physiologique : Neuromusculaire, cardiovasculaire, respiratoire.
- Biomécanique : Mouvement, contrôle postural, force.
6.3.1. Biofeedback Neuromusculaire
Par EMG et RTUS.
A) Biofeedback EMG : Retour en temps réel sur l'activité d'un muscle/groupe musculaire via électrodes de surface. Mesure l'activité électrique, non directement la contraction. Utilisé pour augmenter l'activité d'un muscle faible/parétique ou réduire le tonus d'un muscle spastique.
- Domaines : Paralysies centrales/périphériques (AVC, traumatisme médullaire, paralysie faciale), troubles de la marche, de la douleur, musculosquelettiques (ATM, LCA), dysfonctionnements vésicaux/intestinaux.
- Composants : Électrodes de surface et de masse, câbles, appareil de feedback EMG.
B) RTUS : Imagerie échographique en temps réel. Fournit un feedback visuel direct de l'activité musculaire. Peu d'études mais utilisé pour les abdominaux (lombalgies), plancher pelvien.
6.3.2. Biofeedback Cardiovasculaire
- A) Biofeedback par fréquence cardiaque : Moniteur de fréquence cardiaque ou ECG. Permet au patient de contrôler sa FC. Montre une diminution de la FC et parfois de la pression artérielle.
- B) Biofeedback par variabilité de la fréquence cardiaque (VFC/HRV) : Analyse la variabilité du temps entre les battements cardiaques. Analyse la RSA (arythmie sinusale respiratoire). Utile pour asthmatiques (diminution des stéroïdes), fibromyalgiques, BPCO, pathologies coronariennes.
6.3.3. Biofeedback Respiratoire
Capteurs sur l'abdomen convertissent le rythme respiratoire en signaux. Utilisé pour maladies respiratoires, migraines, HTA, stress, anxiété, lombalgies.
6.3.4. Biofeedback Biomécanique
Basé sur des mesures pendant le mouvement (contrôle postural, forces). Utilise plateformes, plaques de force, capteurs inertiels, caméras. Ex: plateforme de stabilométrie, Huber 360.
6.4. Modalités d'Applications des Biofeedback
Variables selon les machines et le type de biofeedback. Pour les biofeedback musculaires, la réponse musculaire est quantifiée en volts : 4 µvolts (détente), 2000 µvolts (activation).
6.5. Biofeedback et Littérature Scientifique
- AVC : Amélioration des scores fonctionnels et du stabilogramme avec biofeedback sur plateforme de stabilométrie.
- Diabète et ulcère plantaire : Protocole de rééducation à la marche avec biofeedback plantaire pour décharger la zone douloureuse, visant à diminuer le risque d'amputation.
- Urologie : Le renforcement du plancher pelvien (avec ou sans biofeedback/électrostimulation) améliore significativement l'incontinence urinaire.
- Rééducation périnéale masculine : Le biofeedback visuel par échographie semble améliorer la récupération du plancher pelvien post-prostatectomie.
Chapitre 7 : Isocinétisme
L'isocinétisme est un concept développé dans les années 60 visant à l'évaluation précise de la force musculaire dynamique et au renforcement/contraction performant à vitesse constante. C'est un mode de contraction non physiologique.
7.1. Principes Généraux
La machine adapte la résistance en permanence aux capacités musculaires du patient. Elle ne s'applique que si la vitesse prédéterminée est atteinte et maintenue. La résistance augmente avec la vitesse et disparaît si la vitesse diminue ou n'est pas atteinte. Les premiers modèles étaient pour le genou, les nouveaux pour toutes les grosses articulations périphériques et le rachis, permettant travail concentrique ou excentrique. Utilisé en sport, orthopédie, traumatologie, chirurgie orthopédique, neurologie (spasticité), étude balance agonistes/antagonistes. Permet un renforcement en chaîne fermée, avec moins de contraintes articulaires.
7.2. Définitions de Paramètres
- Moment de force maximum (M.F.M.) ou pic de couple (PC) : Force maximale produite, en Newton-mètre (N.M).
- M.F.M. sur poids du corps : Rapport en pourcentage du M.F.M au P.D.C., varie selon vitesse, sexe, âge, pratique sportive.
- Angle du M.F.M. : Angle auquel est enregistré le M.F.M.
- Temps d'accélération : Temps pour atteindre la vitesse prédéterminée.
- Travail (Work) : Produit de la force par le déplacement, en Joules (J). Diminue avec la diminution de force musculaire.
- Puissance (Power) : Travail par unité de temps, en Watts (W). P = F x V (force x vitesse).
- Charge d'accélération (T.A.E.) : Réponse explosive de la musculature, travail calculé sur les premiers centièmes de seconde.
- Ratio agonistes/antagonistes : Rapport entre la force des groupes musculaires.
- Ratio d'endurance : Capacité à maintenir un effort dynamique prolongé (indice de fatigue).
- TIR (Temps d'inhibition réciproque) : Intervalle entre la contraction agoniste et antagoniste (0,1 à 0,6 s chez un sujet normal, plus court chez le sportif).
7.3. Modalités
Travail auto-adaptatif, feedback informatisé. La vitesse angulaire varie de 0 à 500 degrés/seconde (souvent 60°, 120°, 180°, 240°/s).
7.4. Applications
Permet d'observer :
- Les variables choisies (concentrique/excentrique, vitesse, répétitions, amplitudes).
- La forme de la courbe (parabolique normale, crénelée si le sujet ne maintient pas la contraction).
- Le mode d'apparition du pic de couple (brutal ou progressif).
- L'appréciation de l'effort fourni.
- Le bilan à différents moments de la pathologie (comparaison agonistes/antagonistes, controlatérale).
C'est un atout majeur dans l'évaluation et un élément complémentaire dans la rééducation. Son utilisation à des fins diagnostiques est discutable.
7.5. Intérêts de l'Isocinétisme
- Quantifier l'importance d'une lésion chez le sportif.
- Guider la rééducation et déterminer le moment de reprise sportive.
- Réaliser un renforcement musculaire efficace et sécuritaire.
- Juger des effets d'une période d'entraînement.
- Établir des profils musculaires par spécialité sportive.
7.6. Avantages de l'Isocinétisme
- Résistance adaptée instantanément (efficacité et sécurité).
- Choix des vitesses proches des gestes sportifs.
- Choix de l'amplitude du mouvement.
- Travail simultané des muscles antagonistes.
- Travail de la plupart des articulations.
- Travail en mode excentrique (développement de tensions maximales, gains de force importants).
7.7. Isocinétisme et Littérature Scientifique
- Cheville : Utile en mode excentrique pour les structures tendineuses, en prévention et rééducation de l'instabilité (sportifs de haut niveau).
- Hémiplégie (membre supérieur) : L'outil isocinétique est recommandé pour quantifier les déficits moteurs et de coordination du membre supérieur.
- Hémiparésie (membre inférieur) : Un projet de recherche suggère que l'exercice excentrique isocinétique augmente davantage la vitesse de marche que la rééducation conventionnelle.
- Rééducation du genou : Bon complément aux prises en charge habituelles, les patients avec déficits aux quadriceps ou ischio-jambiers ont bien récupéré.
7.8. Coût
Les machines isocinétiques sont généralement présentes en milieu hospitalier (physiothérapie, chirurgie orthopédique), sous la tutelle d'un physiothérapeute ou chirurgien. Coût entre 80 000 et 100 000€.
Chapitre 8 : Cryothérapie
La cryothérapie est l'application de froid (localement ou globalement) au contact de la peau par divers moyens (glace, eau froide, gaz). Utilisée depuis l'Antiquité, elle a des effets variés en traumatologie, rhumatologie, neurologie.
8.1. Définitions et Grands Principes Physiologiques
L'homme est homéotherme, régulant sa température interne à . La thermorégulation implique des récepteurs thermiques, terminaisons libres et effecteurs des systèmes végétatif et moteur. L'adaptation au froid est lente (frissons, vasoconstriction superficielle, mécanisme hormonal).
Pour une efficacité optimale, la cryothérapie nécessite un choc thermique :
- Action rapide : Diminution de température < 15 secondes.
- Abaissement net de la température cutanée : < (sans descendre sous pour éviter les lésions nerveuses).
Régulation thermique locale : Le froid se propage par conduction thermique (plus efficace dans muscles/aponévroses/os que tissu adipeux) et convection sanguine (précooling des zones périphériques).
L'efficacité est modulée par l'importance du tissu adipeux, l'activité physique, la prise de vitamine C, et l'acclimatation au froid.
8.2. Effets de la Cryothérapie
1) Antalgique
Effet maximal directement à l'application (10-15s), durant 30 min à 3h.
- Ralentissement de la conduction nerveuse (perte de 1°C dans la tranche 23-33°C 2 m/s de diminution de vitesse).
- Diminution de l'excitabilité des nocicepteurs.
- Activation du système Gate Control par stimulation des fibres rapides afférentes.
2) Anti-inflammatoire
- Diminution de la production des médiateurs chimiques de l'inflammation.
- Vasoconstriction contrecarrant la vasodilatation inflammatoire, limitant l'extravasion plasmatique et l'œdème. (Controversé, un refroidissement trop rapide peut augmenter la perméabilité tissulaire et favoriser l'œdème).
3) Vasomoteur
- Vasoconstriction capillaire et artérielle profonde (max à 25 min).
- Hunting response (réaction de Lewis) : Vasoconstriction suivie d'une vasodilatation (mécanisme de défense pour éviter les lésions tissulaires par le froid, hyperhémie de protection).
4) Neuro-musculaires
- Force musculaire : Diminution de 11% immédiatement après, mais augmentation de 20-30% après 40-180 min.
- Endurance musculaire : Semble améliorée.
- Spasticité : Petite augmentation locale de tonus initialement, puis diminution de la spasticité et des hypertonies.
8.3. Moyens d'Application de Cryothérapie
Nombreux moyens, avec leurs propres modalités (voir tableau récapitulatif), sauf pour la cryothérapie à corps entier.
| Sources cryogènes | Modalités d'application | Avantages | Inconvénients | Température cutanée ou profil thermique |
|---|---|---|---|---|
| Sprays cryogènes | Vaporisation localisée à 10 cm, 3 à 6 min en balayage. | Stockage facile, transportable, analgésie superficielle rapide. | Coût, efficacité momentanée, risque de brûlure si point fixe. | 28-30 °C, refroidissement de 5 min. |
| Bandes de contention à gel préréfrigéré | Bondage circulaire. | Refroidissement et compression simultanés. | Nécessité de préréfrigérer, efficacité modérée. | ~28 °C. |
| Compresses tubulisées à refroidissement liquide | Application directe avec linge humide. | Refroidissement continu (24h/24), réglage facile, vecteur de chaleur possible, descente progressive, longue durée. | Refroidissement modéré, coûteux, nécessite source électrique. | > 15 °C. |
| Massage au cube de glace | Mouvements de balayage jusqu'à fonte. | Coût négligeable, faible encombrement, efficace pour lésions ligamentaires/tendineuses/spasmes, analgésie rapide. | Fonte du glaçon, température de la glace (0 à +2°C). | ~15 °C. |
| Vessie caoutchoutée remplie de glaçons | Application avec linge humide, 30 min. | Coût négligeable, simple à mettre en place, réutilisable. | Nécessité d'ajouter des glaçons, refroidissement modéré. | 14-16 °C. |
| Glace pilée fondante dans linge éponge mouillé | Application directe, 20 à 30 min. | Coût négligeable, simple, bonne efficacité. | Fonte de la glace, générateur de glace pilée nécessaire. | ~10 °C, efficace 20 min. |
| Sachets à cristaux cryogènes instantanés | Application avec linge humide, 30 min. | Utilisable directement sur le terrain, très bonne efficacité. | Coût non négligeable (usage unique), efficacité inférieure aux gels préréfrigérés. | 12-13 °C, pic à 11 min, efficace 28 min. |
| Sachets plastifiés à gel préréfrigéré | Application avec linge humide, 30 min. | Coût acceptable (réutilisable), utilisable sur le terrain, efficace (avec linge humide). | Nécessité de préréfrigérer, fragilité de l'enveloppe, durée de conservation limitée. | < 15 °C. |
| Immersion d'un segment de membre | Immersion 20 à 30 min. | Coût négligeable, choix de la température, alternance chaud-froid possible, utilisé en neurologie. | Peu pratique pour articulations intermédiaires/proximales, nécessite peau parfaite, pas de mesure précise de température cutanée. | < 15 °C. |
| Cryothérapie gazeuse | Sonde de température, vaporisation locale en balayage à 20 cm. Maintenir 0-2 °C pendant 1-2 min. | Capteur thermique (limite brûlures), fonctionne sur batteries, choc thermique rapide, effet immédiat. | Coût, recharge, achat de recharges de gaz. | 0 °C en 1-3 min, vasodilatation réactionnelle. |
| Vaporisateur d'azote liquide | Vaporisation localisée à 15 cm, 3 à 6 min en balayage. | Froid très intense, refroidissement rapide, effet immédiat. | Coûteux, lourd, risque important de brûlures. | 0 °C en 3 min, efficace 12 min, vasodilatation réactionnelle. |
8.4. Indications
- Traumatologie : Ligaments, muscles, tendons, hématomes.
- Rhumatologie : Arthrose, cervicalgies, arthrites, polyarthrite rhumatoïde.
- Pathologies aiguës ou subaiguës : Tendinopathies, bursites, aponévrosites.
- Algoneurodystrophie.
- Neurologie : Névralgies, spasticité.
Remarques : Attention aux sportifs (résistance accrue au froid, risque de brûlure), patients fragiles (risque d'œdème), choc thermique non préconisé en traumatologie aiguë.
8.5. Contre-indications
- Médicales : Cryoglobulinémie, urticaire au froid, syndrome de Raynaud, insuffisance vasculaire périphérique, hémoglobinurie paroxystique « a frigore ».
- Intolérance du patient / sensibilité cutanée.
- Plaies.
8.6. Les Bains de Glace (CWI)
Immersion du corps (jambes et bassin, ou corps entier sauf la tête) dans de l'eau < .
- Durée d'immersion :
- < 3 min : Refroidissement de la peau.
- > 3 min (courte durée) : Refroidissement neuromusculaire superficiel.
- > 30 min (longue durée) : Refroidissement des tissus profonds.
- Effets prouvés : Diminution des douleurs musculaires après efforts intenses. Le pré-refroidissement avant effort améliorerait les performances en environnement chaud.
Résumé des effets :
- La CWI augmente la flottabilité, relâchant les muscles gravitationnels et diminuant la perception de fatigue.
- Diminue la température tissulaire :
- Choc par le froid augmentation du cortisol effet anti-inflammatoire.
- Diminution de la perfusion musculaire, perméabilité cellulaire/lymphatique/capillaires diminution de l'œdème et des lésions tissulaires secondaires.
- Diminution de la conduction nerveuse et de la cadence de décharge des fuseaux neuro-musculaires effet analgésique et diminution des spasmes musculaires.
- Augmentation de la pression hydrostatique évacuation des déchets métaboliques et réabsorption du liquide interstitiel.
8.7. La CCE (Cryothérapie à Corps Entier)
Immersion (tête incluse ou non) du corps dans une cabine à très basse température ( à ) sur une courte durée (2 à 4 min).
- Objectifs : Sportifs, bien-être, santé (améliorer la circulation, antalgie, traitement lésions tissulaires, stimuler système immunitaire, récupération musculaire, préparation à l'effort, cicatrisation, anti-âge, cellulite).
- Pathologies cibles : Fibromyalgies, douleurs chroniques, fatigue, stress, dépression, anxiété, eczéma.
- Effets prouvés : Amélioration des facteurs inflammatoires, augmentation du statut antioxydant, amélioration de l'humeur et des troubles dépressifs.
- Contre-indications : Hypertension non contrôlée, infarctus, pacemaker, angor, troubles du rythme, allergie au froid, Raynaud, thrombose veineuse, phlébite, anémie sévère, crise de goutte, grossesse, alcool/drogue avant séance.
- Équipement : Gants, chaussons, protège-oreilles.
Chapitre 9 : Thermothérapie
La thermothérapie est la thérapie par la chaleur. Elle vise à augmenter la température cutanée (hyperthermie), qui par conduction, réchauffe les structures profondes. L'homme s'adapte rapidement à la chaleur (sudation, vasodilatation cutanée).
Régulation du Corps à la Chaleur
- Système de sudation (amélioré chez le sujet entraîné).
- Vasodilatation cutanée (débit sanguin x10).
Effets Recherchés par la Thermothérapie
- Antalgie.
- Activation de la circulation sanguine.
- Relaxation musculaire.
- Augmentation des propriétés viscoélastiques du collagène, diminution des raideurs articulaires.
- Détente mentale.
Contre-indications
- Néoplasie active.
- Troubles de la circulation sanguine (thrombus).
- Cardiopathie non contrôlée (risque de décompensation).
- Œdème, infection, inflammation.
- Troubles sensitifs/cognitifs.
- Hyperthermie.
- Grossesse.
Effets Prouvés sur le Patient
- Antalgie sur diverses pathologies (arthrose, contracture, lombalgie, épaule gelée).
- Plus efficace si associée à de la mobilisation.
- Plus efficace pour les muscles endoloris par la chaleur que par le froid (24-48h post-effort).
- Réduction des coûts de santé pour certaines pathologies (ex: lombalgie chronique en GB).
- Autres domaines : ophtalmologie, dermatologie, oncologie, urogynécologie.
Effets Physiologiques
- Angiogenèse (formation de nouveaux vaisseaux).
- Hypertrophie musculaire.
- Biogenèse mitochondriale.
- Amélioration du métabolisme du glucose (sensibilité à l'insuline).
Modalités d'Application
- Précautions : Protection de la peau, contrôle de la température pour éviter les brûlures.
- Durée : Pas de modalités précises, mais pas de différence significative entre 10 et 20 min.
- Température : Pour effet musculaire, la température doit atteindre au moins .
- Pré-chauffage : Plus efficace >16h avant l'exercice physique que juste avant.
Appareillages de Thermothérapie
- Argile, crème/huile chauffante.
- Hot pack (gel, granules, noyaux de cerise, boue thermale).
- Fango (paraffine).
- Lampe infrarouge (locale ou grande zone).
- Coussin chauffant électrique (attention brûlures/court-circuit).
- Ultrasons, LASER, Técar thérapie, Thérapie inductive à haute énergie.
- TENS gate control (léger effet chauffant).
- Hydrothérapies chauffantes : Jacuzzi, bain chaud, sauna, hammam.
Chapitre 10 : La Pressothérapie
La pressothérapie est un appareillage qui complète le drainage lymphatique manuel. Elle utilise des manchons (bottes ou filets) qui exercent une pression intermittente sur un membre ou une zone, chassant l'œdème de l'extrémité vers l'abdomen. Elle n'est pas une technique à utiliser seule, mais en complément pour les œdèmes importants ou résistants au drainage manuel. Le lymphœdème est une accumulation de lymphe due à des vaisseaux lymphatiques endommagés (primaire) ou obstrués (secondaire).
10.1. Principes Généraux
Application d'une pression progressive et variable (intermittente). Le cycle pression-relâchement (environ 20 secondes) permet l'ouverture des canaux lymphatiques et améliore la circulation lymphatique par aspiration.
- Intensité de pression : 30 à 400 mm Hg. Faible si combinée au drainage manuel, plus forte si pressothérapie seule.
- Durée du traitement : 20 à 30 min (jusqu'à 1h).
10.2. Installation du Patient
Patient couché, en déclive si la machine n'a pas de double gradient de pression. Installation des manchons des extrémités vers le proximal. Il existe des manchons mono- ou multicompartimentaux, à choisir selon le type d'œdème.
10.3. Indications
Identiques au drainage lymphatique manuel :
- Thérapeutique : Œdèmes (insuffisance lymphatique), post-thrombose, IVC.
- Récupération : Antalgie, évacuation des macromolécules, anti-inflammation.
- Esthétique : Cellulite, jambes lourdes.
10.4. Contre-indications
- Inflammation aiguë, gangrène.
- Thrombose veineuse profonde récente et risques d'embolies.
- Cardiopathies, HTA forte, infarctus du myocarde, anévrismes.
- Infections, maladies infectieuses et lymphangite.
- Insuffisance hépatique et/ou rénale.
- Tumeurs.
- Troubles cutanés, prurit.
- Troubles de la sensibilité.
10.5. Pressothérapie et Littérature Scientifique
- La combinaison drainage lymphatique + pressothérapie améliore la réduction des œdèmes.
- La pressothérapie seule n'est pas aussi efficace que le drainage lymphatique manuel.
- En récupération sportive, elle diminue la sensation douloureuse après l'effort, mais n'améliore ni les performances ni le taux de créatine kinase.
Chapitre 11 : Les Thérapies Désuètes
Ce chapitre regroupe des techniques anciennement utilisées ou synthétisées, qui sont aujourd'hui obsolètes ou très rarement employées en kinésithérapie, ou dont l'efficacité n'est plus prouvée selon l'EBP.
1. Les Ultraviolets (UV)
Ondes électromagnétiques du soleil, non perceptibles à l'œil (200-400 nm). Courtes et très énergétiques.
- UVA (400-315 nm) : 95% des rayons, les plus dangereux (vieillissement cutané, cancer, allergies), pigmentation retardée.
- UVB (315-280 nm) : 5% des rayons, responsables des coups de soleil et du bronzage, risque de cancer à long terme.
- UVC (280-200 nm) : Absorbés par la couche d'ozone, très énergétiques et mortels. Action germicide/bactéricide en milieu hospitalier.
Appareillages : Lampes à arc, lampes à incandescence, lampes à mercure.
Propriétés, indications et contre-indications (désuètes en kinésithérapie) :
| ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES : paramètres | propriétés | indications | modalités d'application | contre-indications | |
|---|---|---|---|---|---|
| ULTRA-VIOLETS | UV 1: 280 à 400 nm | ACTINOTHÉRAPIE • Pigmentation de la peau • Activation de la synthèse de la vitamine D et de l'anabolisme du calcium • Effets réflexes | • Dermatologie uniquement : psoriasis, villigo • Puvathérapie (psoraliènes + UVA) • Aucune indication en rééducation fonctionnelle | • Protéger les yeux du patient et du praticien. • Émetteur à distance constante du patient. • Irradiations prudentes, dosées et progressives tenant compte de la puissance de l'émetteur et de la photoprobilitation. • Hypersensibles : téguments blés, blonds et roux. • Surveillance : brûlures sans signes précurseurs. • Pas de traitements systématiques : UV cancérigènes | • Tuberculose pulmonaire • Diabète, hyperthyroïdies • Insuffisances cardiaques, hépatiques ou rénales • Artéricacérose |
2. Les Ondes Courtes et les Micro-ondes (OEMG)
Font partie du champ d'ondes électromagnétiques. Longueur d'onde supérieure aux infrarouges, mais fréquence plus basse. Principalement des thérapies thermiques.
| ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES : paramètres | propriétés | indications | modalités d'application | contre-indications | |
|---|---|---|---|---|---|
| ONDES COURTES | OC 1: 11,98 m f : 27,12 MHz | THERMOTHERAPIE EN PROFONDEUR • Effets sclérolytiques • Vasodilatation • Diminution de l'excitabilité nerveuse • Action antispasmodique, antalgique ? Effets spécifiques au niveau des tissus musculaires | FIBROSES MUSCULAIRES • Séquelles fibreuses des lésions musculaires • Incidents musculaires sans lésion anatomique : myalgies, courbatures, contractures, crampes, fatigue musculaire • Douleurs chroniques non inflammatoires : arthroses des membres | • Sur une table en bois. • Peau sèche, enlever tout objet métallique (bijoux). • Intensité : → sensation de douce chaleur. • Durée : 5 à 15 min, augmentation progressive. • Application uniquement sur les membres : - ne pas irradier la tête ni le tronc, - ne pas irradier les yeux (risque de cataracte). • Surveillance. Éviter tout contact avec l'émetteur. • Associé une mobilisation douce, progressive, prolongée pendant toute la durée de l'application. | • Grossesse • Gonades • Cancers • Pacemaker • Pièces métalliques incluses • Ploïales, artérites, ischémies • Fractures, greffes récentes • Lésions tissulaires récentes • Sites et affections hémorragiques • Anesthésies, hypoesthésies et troubles de la sensibilité thermo-algésique • Cartilages de croissance • Infections et inflammations aiguës |
| ONDES CENTRIMÉTRIQUES | MW 1: 12,24 cm f : 2450 MHz |
Ces techniques, bien que historiquement pertinentes, sont très peu utilisées aujourd'hui en kinésithérapie, et la littérature à leur sujet date de plus de 15 ans. Elles sont présentées pour une connaissance générale.
3. Ionisation ou Diélectrolyse
L'électrolyse est un phénomène de décomposition chimique par courant unidirectionnel (polarisé), entraînant le transport d'ions et la formation d'acide et de base. La diélectrolyse médicamenteuse est très contestée et son passage transcutané est peu prouvé efficace. Elle est dangereuse en raison des risques de brûlures chimiques si le protocole n'est pas rigoureux. Bien que peu utilisée, les principes généraux et les ions couramment utilisés sont mentionnés.
| Produit | Pôle | Effet | Pathologie |
|---|---|---|---|
| Calcium Ca²⁺ | + | Analgésie (supprime la douleur) Sédatif (relaxant) | Post-trauma Entorse Algo Névralgie |
| Magnésium Mg²⁺ | + | Analgésie Fibrolytique (casse fibrose) | Post-trauma Algo Entorse Névralgie |
| Iode I⁻ | - | Fibrolytique | Adhérences Cicatrices |
| Xylocaine | + | Anesthésique (insensibilité à la douleur) | Névralgie |
| Histamine | + | Effet vasodilatateur → Max 3 min (choc anaphylactique) | Rhumatisme articulaire et contracture |
| AINS | - | Anti-inflammatoire | Inflammation |
Pour une application efficace, il est impératif d'atteindre 20 minutes de traitement.
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