Théorie Générale de l’État et Droit Constitutionnel
50 cardsExplore les fondements de l'État moderne, sa souveraineté, et l'élaboration de sa Constitution. Détaille les régimes politiques démocratiques et les mécanismes de séparation des pouvoirs, notamment la justice constitutionnelle.
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Ce pense-bête est une synthèse illustrée de la théorie générale de l'État, allant de ses fondements juridiques et politiques à la suprématie dela Constitution et le rôle de la justice constitutionnelle, en passant par les régimes politiques et les différents types de démocratie.
TITRE 1 : Le Cadre du Droit Constitutionnel : L'État
Chapitre I : Les définitions de l'État : entre droit et politique
Section 1 : Les différentes approches de l'État en sciences humaines
§1 : La conception politique de l'État
L'État comme forme d'organisation du pouvoir politique.
Le pouvoir politique est institutionnalisé, exercé par des professionnels pour le bien commun, contraignant (monopole de la force publique) et à vocation globale (sur tous les individus, tout le territoire, toutes les activités).
§2 : La conception historique de l'État
L'État est un phénomène historique qui est apparu progressivement (XVe-XVIe siècle).
A. L'apparition de l'État sous la Monarchie Absolue
François Ier initie la centralisation.
Jean Bodin (Les Six Livres de la République, 1576) théorise la souveraineté : absolue, indivisible, perpétuelle, inaliénable.
Charles Loyseau attribue la souveraineté exclusivement au roi : « L'État c'est moi ! » (Louis XIV).
B. L'évolution de l'État à partir de 1789 (la Révolution)
La souveraineté passe du monarque à l'Assemblée, puis au peuple.
Début de l'État-Nation par opposition à l'État monarchique.
Section 2 : L'approche Dogmatique de l'État
L'État est défini par 3 critères : la population, le territoire, un gouvernement unique.
§1 : La population
A) Définition de la Nation
La Nation est un ensemble de personnesrattachées à l'État par la nationalité.
Conception volontariste (Renan, « Qu'est-ce qu'une Nation ? », 1882) : le désir de vivre ensemble, souvenirset âme nationale.
Conception essentialiste (Fichte, 1807) : éléments objectifs (race, langue, religion, culture).
B) Le nationalisme
Idée que chaque Nation a droit à un État indépendant. Principe d'autodétermination des peuples.
Différent de l'impérialisme et du racisme.
§2 : Le territoire
Espace où l'État exerce sa souveraineté, délimité par des frontières.
Composantes : terrestre, aérien, maritime (12 miles marins) et de plus en plus numérique (e-territoire).
§3 : Un gouvernement unique
Un seul pouvoir d'État capable d'exprimer sa volonté et d'exercer les fonctions régaliennes.
Critère essentiel pour la reconnaissance internationale.
Chapitre 2 : La caractéristique de l'État : la souveraineté
La souveraineté est le pouvoir suprême, la puissance suprême, sans autorité supérieure.
Le souverain a la compétence de la compétence.
Section 1 : L'histoire du concept de souveraineté
Machiavel (Le Prince, 1532) : la politique est un rapport de force.
§1 L'invention de la souveraineté au 16e siècle
Jean Bodin (1576) : souveraineté absolue, indivisible, perpétuelle,inaliénable, calquée sur la souveraineté divine.
Charles Loyseau (1608) : souveraineté appartient à l'État (non plus seulement au monarque).
Traité de Westphalie (1648) : acte fondateur, consacre l'égalité souveraine entre les États.
§2 : L'évolution de la souveraineté à partir du18e siècle
La souveraineté passe à la Nation ou au peuple avec la Révolution Française.
Constitution de 1791 : « La Souveraineté est une... Elle appartient à la Nation ».
Section 2 : Les caractéristiques de la souveraineté
Désigne la souveraineté puissance, utilisée dans 4 sens : historique,politique, institutionnel, juridique (pouvoir constituant).
Section 3 : Les caractéristiques de l'État souverain
§1 : La souveraineté-indépendance de l'État
Souveraineté externe : indépendance de l'État vis-à-vis des autres États.
Elle est factuelle et limitée juridiquement par la validité spatiale du droit.
L'appartenance à une OI ne contrevient pas à la souveraineté car elle résulte d'un consentement.
§2 : La souveraineté-puissance de l'État
Potestas : capacité de l'État à produire des normes obligatoires et incontestées dans l'ordre interne.
§3 : La souveraineté-domination
Décrit le pouvoir constituant : qui détient le pouvoir de domination dans l'État (en France, le peuple).
TITRE 2 : Le Statut de la Constitution : Une NormeJuridique
Chapitre introductif : La notion de norme
Le droit se distingue d'autres types de normes : sociales, religieuses, morales, politiques.
Kelsen : Théorie positiviste du normativisme, axée sur la norme juridique.
Section 1 : La notion de prescription
Une norme est un acte humain visant à provoquer une conduite d'autrui.
Origine humaine (pas divine/naturelle).
Caractère prescriptif (énoncé qui oblige à un comportement).
Section 2 : Les différentes catégories de prescriptions
Traditionnellement : permet, ordonne ou interdit (Portalis).
Aujourd'hui, 5 catégories : obligation, interdiction, commandement, permission, habilitation.
Section 3 : La structure tripartite de la norme
Contenant : la valeur juridique (hiérarchie des normes).
Contenu : l'énoncé, le texte (signifiant).
Signification : l'interprétation (signifié, peut changer avec les époques).
Kelsen distingue interprétation authentique (juge, contraignante) et non authentique (scientifique).
Chapitre 1 : L'évolution historique de la notion de constitution
Section 1 : De laconstitution non-écrite vers la constitution écrite
Ancien Régime : lois fondamentales du royaume (droit coutumier).
Révolution : nécessité d'une constitution écrite pour l'accessibilité et la légitimité (texte émanant du peuple actuel).
Section 2 : Les raisons philosophiques expliquant le passage vers la constitution écrite
§1 : Le changement de paradigme dû à la philosophie des Lumières
Passage du monde « épiméthéen » (tradition) au monde « prométhéen » (progrès).
Doute cartésien : pensée individuelle, critique.
Libéralisme : fondement des droits et libertés.
§2 : Une conséquence de ce changement : le premier constitutionnalisme
Manifestation : DDHC du 26 août 1789.
Article 16 DDHC : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. »
Deux principes : garantie des droits individuels et séparation des pouvoirs.
Section 3 : La double dimension du droit constitutionnel
§1 : Le droit constitutionnel, entre science juridique et science politique
La Constitution est à la fois une norme politique (encadre l'activité politique) et juridique (norme suprême).
Juridicisation : de plus en plus de pouvoirs confiés au juge constitutionnel.
§2 : Le droit constitutionnel, entre « légalité » et légitimité
Tension constante entre légal (conforme aux règles) et légitime (juste et acceptable).
La démocratie doit concilier les deux pour se maintenir.
Chapitre 2 : La production du droit constitutionnel
Section 1 : La théorie de la séparation normative des pouvoirs
§1 : La séparation dupouvoir constituant des pouvoirs constitués
A) Un grand constitutionnaliste révolutionnaire : l'abbé Sieyès
Qu'est-ce que le Tiers-État ? (1788).
Apporte la distinction entre pouvoir constituant (rédige la Constitution) et pouvoirs constitués (exercent le pouvoir selon la Constitution).
B) La signification du principe
La Constitution est l'œuvre du pouvoir constituant.
Les pouvoirs constitués doivent respecter la Constitution et ne peuvent la modifier.
§2 : Une garantie supplémentaire contre la tyrannie
A) Aspect de philosophie politique
Suite de Montesquieu (séparation organique) : Sieyès ajoute une séparation normative.
Fondement de l'État de droit : les gouvernants sont soumis à des règles supérieures.
Le pouvoir constituant appartient à la Nation (le peuple, le tiers-état).
B) Aspectde théorie juridique
Nécessité d'un contrôle de constitutionnalité (Sieyès : jury constitutionnaire).
Primauté de la Constitution écrite et formelle.
Section 2 : La complexité de la production du droit constitutionnel
Distinction entre pouvoir constituant (élabore) et pouvoir de révision (modifie).
§1 : La nature du pouvoir constituant
A) La notion de pouvoir constituant
Pouvoir d'établir une Constitution, non encadré juridiquement, conflictuel.
Compétence illimitée : il peut tout créer et institue les pouvoirs constitués.
B) Les modalités d'exercice du pouvoir constituant
Légitimité démocratique : assemblée constituante, convention constituante.
Légitimité monarchique : octroi (roi), pacte constitutionnel (roi + parlement).
Légitimité autocratique: coup d'État, élections "démocratiques" (Hitler), modèle bonapartiste (plébiscite).
§2 : La nature du pouvoir de révision
La révision aménage la Constitution existante (ne la remplace pas).
A) La nécessité de prévoir une procédure de révision de la Constitution
Initialement inattendu, crucial pour l'adaptation et la rigiditéconstitutionnelle.
B) La nature constituée du pouvoir de révision
C'est un pouvoir constitué, dérivé, encadré par la Constitution elle-même.
1) Les limites formelles au pouvoir de révision
Temporelles : interdiction de révision à certaines périodes.
Organiques : autorité compétente (parlement, peuple,États fédérés).
Procédurales : majorité simple, absolue, qualifiée.
Territoriales : interdiction de cession de territoire, révision si intégrité violée.
2)Les limites substantielles au pouvoir de révision
Protection des valeurs fondamentales (ex: forme républicaine en France, dignité humaine en Allemagne).
Noyau dur de l'identité constitutionnelle.
TITRE 3 : La Légitimité du Droit Constitutionnel : Le Constitutionnalisme
Le constitutionnalisme est une idée politique pour légitimer le droit constitutionnel.
Repose sur deux valeurs : la démocratie et la liberté (ordre démocratico-libéral).
Chapitre 1 : L'impératif démocratique
La démocratie estdevenue synonyme de bien, victoire idéologique après la Seconde Guerre mondiale.
Section 1 : La notion de démocratie
§1 : Définition générale
A) Étymologie : Demos (peuple) + Cratos (pouvoir) = Le pouvoir du peuple.
« Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. » (Lincoln).
La démocratie est un moyen, non une fin, elle évolue (suffrage censitaire vs universel).
Nietzsche : « la revanche des esclaves ».
B) Les deux aspects du régime démocratique
1) La démocratie comme mode de désignation du pouvoir
Permet le changement de gouvernement par des élections sans violence.
Le mode de désignation et le mode de fonctionnement sont distincts mais interdépendants.
2) La démocratie comme mode de fonctionnement du pouvoir
Inclut des règles de contrôle et sanction (renversement, dissolution, destitution).
Respect des libertés fondamentales et indépendance des institutions.
§2 : Les critères constitutionnels
A) Un régime fondé sur une conception égalitaire de la légitimité : la souveraineté populaire
Le pouvoir appartient au peuple, chaque citoyena une part égale de souveraineté.
Art. 1 DDHC : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. » (Rousseau).
Deux légitimités : élective (peuple, supérieure) et administrative (compétence technique).
B) Un régime strictement encadré par le droit
La démocratie est un État de droit :prescriptions écrites, stable, fondées sur la volonté humaine.
1) Les conditions limitant l'accès au vote
Nationalité, âge, capacité juridique, inscription.
2) Les conditions organisant le vote
Libre et périodique, secret, personnel, facultatif.
Le vote blanc (différent du nul) : rejet des candidatures, mais participation au scrutin.
C) Un régime fondé sur le pluralisme
Pluralisme politique : existence et protection des libertés fondamentales (expression, association...).
Le droit d'opposition estune condition de la démocratie.
1) Le pluralisme au cœur de la démocratie
a) Les valeurs : tolérance et relativisme
Tolérance : acceptation des idées différentes.
Relativisme politique : légitimité des minorités, respect et alternance.
b) Le fonctionnement : le débat d'idées
Recherche de consensus parle compromis (parlement).
La démocratie est stable et permet le développement harmonieux face aux régimes autoritaires.
2) L'absence d'unité politique du peuple
La démocratie permet de faire vivre le pluralisme et l'absence d'unité politique du peuple par les élections.
Section 2 : Deux modèles de régime démocratique ?
§1 : La notion de démocratie directe
A) Les caractéristiques de la démocratie directe
Toutes les décisions prises par lepeuple, pas de représentants en principe.
Mandat impératif (opposé au représentatif), l'élu est sous contrôle des électeurs.
Électorat droit : voterest un droit naturel.
B) L'impossible régime politique
Incompatibilité avec la séparation des pouvoirs (risque de régime d'assemblée ou tyrannie de la majorité).
Échec historique (Athènes, Constitution de 1793).
Problème de compétence technique et de volume des normes à adopter.
C) Les instruments de la démocratie directe
Le référendum : vote direct sur une question (peut dériver en plébiscite). Utilisé en Suisse.
La révocation (recall) : finanticipée du mandat d'un élu (n'existe pas en France).
Élection de certains fonctionnaires (ex. shérifs aux USA).
§2 : Lanotion de démocratie représentative
A) Les caractéristiques de la démocratie représentative
Décisions prises par des représentants élus (parlementaires, président).
Fondéesur la souveraineté populaire/nationale.
Mandat représentatif : l'élu est libre dans l'exercice de son mandat (autonomie), sanction aux prochaines élections.
Électorat fonction : l'État organise le droit de vote (Sieyès).
B) Le fonctionnement de la démocratie représentative
1- Notion de suffrage
Censitaire : paiement d'un impôt (XIXe siècle), lié à la richesse/instruction.
Capacitaire : réussite à un concours (USA post-sécession).
Universel : tous les citoyens majeurs/capables (France 1848, femmes 1944).
Direct (citoyens élisent directement) ou indirect (élisent des représentants qui élisent à leur tour).
2- La notion de scrutin
Scrutin uninominal : vote pour un seul candidat (personnalisation, risque bonapartiste).
Scrutin de liste : vote pour plusieurs candidats surune liste (met en avant les idées, risque de confiscation par les partis).
Scrutin majoritaire : victoire du candidat/liste ayant la majorité (un ou deux tours).
À un tour : simple, économique, mais le vainqueur peut représenter une minorité (bipartisme).
À deux tours : préféré dans démocraties parlementaires, maintient le pluralisme, alliances après le 1er tour.
Scrutin proportionnel : nombre de sièges proportionnel aux voix (représentation plus juste, mais complexité technique et coalitions nécessaires).
Notion de circonscription : territoire d'organisation d'une élection (nationale ou locale).
Chapitre 2 : L'impératif libéral
Section 1 - La notion de libéralisme
Idéologie historiquement liée à la démocratie, mais autonome.
Distinct du néolibéralisme économique.
Trois grandes idées :
L'individu au centre : autonomie, origine du pouvoir politique.
UnÉtat nécessaire mais limité : abstrait, séparations des pouvoirs, contre-pouvoirs.
La liberté comme choix de ses contraintes (Kant) : pas de liberté sans loi.
Section 2 - Les libertés constitutionnelles : lesdroits fondamentaux
Droits fondamentaux (terme apparu en Allemagne 1848, France 1980) : normes à valeur libérale protégeant la dignité individuelle.
Caractéristiques : imprécis, nécessitent interprétation, placent le juge au centre.
§1 - La nature des droits fondamentaux
Générations :
Première génération : droits-libertés (civils et politiques) - DDHC 1789, CEDH. Droits d'abstention de l'État.
Deuxième génération : droits-créance (économiques et sociaux) - Préambule 1946. Exigent action positive de l'État.
Troisième génération : droits de solidarité - Charte de l'Environnement 2004. Responsabilité collective.
Quatrième génération : droits fondamentaux numériques - en construction (déconnexion, transparencealgorithmes, GAFAM).
§2 : La valeur juridique des droits fondamentaux
Valeur supra-législative : inscrits dans des normes supérieures (Constitution, traités).
Garantie par un juge spécifique : constitutionnel, international (Cour EDH).
Effet direct : s'appliquent à toutes les relations (verticales et horizontales).
DEUXIÈME PARTIE : Les Principes de Séparation du Droit Constitutionnel
TITRE 1 : La Séparation Horizontale : Les Régimes Politiques
Chapitre 1 : La théorie de la séparation des pouvoirs
Section 1 : La présentationdes 3 pouvoirs
Montesquieu (L'Esprit des Lois, 1748) : séparation des pouvoirs pour éviter la tyrannie et garantir la liberté politique.
« Il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir. »
Check and balances : Interdépendance des pouvoirs.
§1 : Le pouvoir législatif
Compétence de voter la loi (acte général, distinct du droit).
Fonction de représentation du peuple et de contrôle de l'exécutif.
Loisadoptées par majorité simple, absolue ou qualifiée.
§2 : Le pouvoir exécutif
Fonction juridique : Exécuter la loi par desnormes réglementaires (décrets, ordonnances).
Fonction politique : Représentation de l'État, impulsion de la politique nationale (initiative législative).
§3 :Le pouvoir judiciaire
Indépendance : le juge est tiers et impartial (Aristote).
Rôle juridique : trancher les litiges, juger la validité des normes.
Rôle politique (controversé) : pouvoir d'interprétation (risque de « gouvernement des juges » ou « activisme »).
Section 2: La distinction des régimes politiques fondée sur la porosité entre les pouvoirs
Esmein distingue :
Séparation stricte : pouvoirs hautement spécialisés, indépendants, sans responsabilité politique (régime présidentiel, ex. USA).
Séparation souple : pouvoirs moins spécialisés, interdépendants, gouvernement responsable devant le Parlement, Parlement dissous par le chef de l'État (régime parlementaire, ex. RU).
Critère essentiel : la responsabilité politique du gouvernement.
§1 - La collaboration des pouvoirs dans le cadre de la séparation souple
A) La responsabilité de l'exécutif devant le législatif
Faible spécialisation des pouvoirs : exécutif issu du législatif, ministres siégeant au parlement.
Contrôle parlementaire (questions, commissions) pouvant mener au renversement du gouvernement.
Formes : interpellation (abandonnée), motion de censure, question de confiance.
Origine historique : transformation de la responsabilité pénale en responsabilité politique (XVIIIesiècle).
Régime parlementaire bicéphale : chef de l'État (irresponsable, pouvoirs formels) et chef du gouvernement (responsable, dirige l'action).
B) La responsabilité du législatif devant l'exécutif : le pouvoir de dissolution
Outil d'équilibre : le chef de l'État peut dissoudre le Parlement (sur proposition du 1er ministre) pour résoudre les crises.
§2 - La collaboration des pouvoirs dans le cadre d'une séparation stricte : le régime présidentiel
Séparation plus rigide, uniquement en république.
A) La spécialisation radicale des pouvoirs
Autonomie complète : pas de projet de loi par l'exécutif, pas de motion de censure, pas de dissolution.
Le président cumule chef de l'État et chef du gouvernement, sansPM.
B) La collaboration forcée entre les pouvoirs
Contrôle du législatif sur l'exécutif (approbation des nominations par le Sénat).
Influence de l'exécutifsur le législatif (légitimité du président, droit de veto).
I. Le caractère bicéphale de l'exécutif dans les régimes parlementaires
Chef de l'État (irresponsable politiquement, pouvoirs formels) et chef du gouvernement (dirige l'action).
II. Régimes parlementaires monistes et dualistes
Dualiste : gouvernement responsable devant Parlement et chef de l'État (modèle ancien, France).
Moniste : gouvernement responsable seulement devant le Parlement (majorité des régimes actuels).
III. La structure du pouvoir législatif
Parlement peut être monocaméral ou bicaméral.
Bicaméralisme justifié pour la représentation des collectivités territoriales/États fédérés.
IV. La nécessité d'unemajorité parlementaire
Un gouvernement doit s'appuyer sur une majorité stable (sinon blocage ou renversement).
La dissolution résout les impasses en redonnant la parole au peuple.
V. Les trois types de majorités parlementaires
Gouvernement majoritaire d'alliance : alliance pré-électorale (stabilité, bipolarisation).
Gouvernement majoritaire de coalition : alliancepost-électorale (reflète rapports de force, compromis, mais fragilité).
Gouvernement minoritaire : pas de majorité absolue (possible si pas de majorité contre, qualités de travail parlementaire, mais instabilité).
Chapitre 2 : Les altérations du modèle des régimes politiques
Altérations : concentrations du pouvoir, légitimité démagogique.
Régime d'assemblée : concentration du pouvoir au législatif (instabilité ministérielle).
Régime présidentialiste : concentration du pouvoir à l'exécutif (décrets présidentiels source principale du droit).
TITRE 2 : La Séparation Verticale des Pouvoirs : La Décentralisation
Chapitre 1 : La décentralisation institutionnelle
Deux formes d'État : unitaire et fédéral.
Section 1 : L'État unitaire
France : traditionnellement État unitaire, centralisé.
§1 : La déconcentration : Administration délocalisée mais dépendante de l'État central (pouvoir hiérarchique, gestion centrale localisée).
§2 : La décentralisation : Autonomie des territoires, autorités indépendantes (personnalité morale, élections locales). Coexistante avec la déconcentration.
Section 2 : L'État fédéral
§1 : La confédération, un modèle dépassé : organisationinternationale, non un État.
§2 : Le fédéralisme, un modèle idéal ?
A) Un modèle dynamique libéral : Né aux USA (1787). État souverain composé d'États non souverains. Garantit liberté politique et économique.
B) Un modèle participatif et souple : États fédérés participent à l'État fédéral (chambre haute).
Parassociation (plusieurs États s'associent) ou par dissociation (morcellement d'un État unitaire).
Chapitre 2 : La décentralisation normative
Kelsen : l'étude des formes juridiques de décentralisation.
Section 1 : L'étude juridique de la décentralisation : Répartition des compétences territoriales.
Section 2 : Les différentes catégories d'ordres juridiques décentralisés :
État unitaire : compétence réglementaire aux collectivités.
État régional (Italie, Espagne) : pouvoir législatif d'adaptation.
État fédéré : autonomie constitutionnelle (propre constitution respectant la fédérale).
Section 3 : Le fonctionnement constitutionnel dufédéralisme :
Pacte fédéral : acte créateur, ressemble à un traité puis devient une constitution.
Contrôle de constitutionnalitédes constitutions fédérées par rapport à la fédérale.
TROISIÈME PARTIE : La Suprématie Constitutionnelle
Chapitre 2 : La garantie juridictionnelle : la justice constitutionnelle
Section 1 : L'alternative entre garantie institutionnelleet garantie juridictionnelle
Garantie institutionnelle : protection de la Constitution par un acteur politique (chef de l'État, Parlement). Avantage : immédiateté. Inconvénient : nature politique, subjective, dépenddes rapports de force.
Garantie juridictionnelle : protection par un juge. Avantages : neutralité, indépendance, application objective, protection des minorités.
Section 2 : La justice constitutionnelle
Deux archétypes historiques : modèle américain (jurisprudentiel), modèle européen (théorique).
§1 : Le modèle pragmatique américain
Origine prétorienne : Marbury v. Madison (1803), Cour Suprême se proclame gardienne de la Constitution.
Caractéristiques :Cour suprême (sommet), contrôle a posteriori (loi déjà en vigueur), diffus (tout juge), concret (litige réel), par voie d'exception (inconstitutionnalité soulevée comme moyen de défense), effet _inter partes_ (loi écartée pour le litige).
§2 : Le modèle théorique européen
Invention dogmatique : Sieyès (jury constitutionnaire), Kelsen (théorie de la Cour Constitutionnelle).
Caractéristiques : Courconstitutionnelle (spécialisée), contrôle a priori (avant promulgation), concentré (seule la Cour), abstrait (loi en elle-même), par voie d'action (saisie par autorités), effet _erga omnes_ (loi annulée disparaît).
§3 : L'évolution du modèle européen après-guerre
Hybridation vers des éléments du modèle américain.
Inspiration allemande (Cour de Karlsruhe, 1949) : conception extensive des droits fondamentaux (effet horizontal), du juge constitutionnel (co-législateur positif), de la démocratie (combative).
Développement du contrôle a posteriori : QPC (France), recours d'Amparo (Espagne).
Modulation des effets des décisions (reporter l'abrogation).
La justice constitutionnelle est la clé de voûte de l'État de droit contemporain.
Section 3 : La légitimité de la justice constitutionnelle
Question fondamentale : pourquoi un juge non élu censure la volonté des représentants du peuple ?
§1 : Les critèresde l'activisme
Gouvernement des juges (Lambert) : le juge substitue ses valeurs politiques au législateur, usurpe la souveraineté.
Activisme judiciaire : juge adapte la Constitution aux évolutions sociales (Living Constitution).
Self-restraint (retenue judiciaire) : le juge s'autolimite, respecte la présomption de constitutionnalité du législateur.
§2 : Les critères de la légitimité du juge constitutionnel
La Constitution doit être gardée par un juge (Kelsen) : norme juridique nécessitant sanction en cas de violation.
La démocratie est par nature encadrée par la Constitution : démocratie constitutionnelle protégeant contre la tyrannie de la majorité.
La démocratie est par nature un régime libéral : le jugeest le gardien des libertés fondamentales.
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