Théorie de l'attachement et ses implications
36 cardsCe document explore en profondeur le concept d'attachement, ses origines, ses différentes formes et son impact sur le développement humain, de l'enfance à l'âge adulte, en abordant également les relations familiales et conjugales.
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Cours 1 : L'Attachement
L'attachement est un concept fondamental en psychologie, désignant l'ensemble des liens interpersonnels affectifs durables et significatifs entre deux individus. Il est essentiel pour le développement émotionnel et social, et son importance est soulignée par l'impossibilité de vivre sans attachement dans notre société actuelle.
L'importance des liens affectifs
L'être humain a un besoin inné de créer du lien, d'appartenir et de ressentir une sécurité affective.
Les émotions se développent grâce à l'attachement ; ne pas les exprimer peut indiquer un problème sous-jacent.
Citation de Vincent Van Gogh : « N'oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu'à celles-là nous y obéissons sans le savoir. »
Impact des crises sur l'attachement
La crise sanitaire (COVID-19) a perturbé la qualité de l'attachement chez les enfants et adolescents, entraînant des dépressions et des tentatives de suicide (Russel et al., 2020).
Le stress et la pression économique peuvent engendrer des disputes familiales, affectant le développement de l'enfant.
Les réseaux sociaux sont considérés comme un "ennemi n°1" en raison de la diffusion de fausses informations et de leurs conséquences négatives (ex: augmentation de l'hyperactivité).
Les chercheurs précurseurs de l'attachement
Konrad Lorenz et la notion d'imprinting (chez les animaux) : la première figure rencontrée devient la figure de référence. Chez l'humain, l'attachement est inné mais se construit avec le temps.
René Spitz (1971) et l'attachement fondamental chez l'humain :
Observation de nourrissons abandonnés présentant des symptômes de dépression (anorexie mentale du nourrisson, hospitalisme).
Le rôle protecteur des parents est crucial pour le développement de l'enfant.
Harry Harlow (1958) et le comportement social des macaques :
Expérience de séparation des macaques de leur mère à la naissance.
Observations :
Stéréotypie : mouvements répétitifs (sautillements, tournoiements) en situation de peur ou d'insécurité, similaire à certains signes du syndrome autistique.
Comportement auto-agressif : automutilation (morsures, griffures) où la douleur est ressentie après l'acte, le cerveau court-circuitant la sensation pendant l'acte.
I. Le concept d'origine de Bowlby
1.1 Définition et bases du concept
John Bowlby a été influencé par Darwin, observant que la perte maternelle affecte le développement de l'enfant.
Il a développé le concept de système d'attachement : un système comportemental organisé par tous les partenaires de l'interaction.
Le besoin d'amour et les besoins affectifs sont aussi importants que les besoins physiologiques (boire, manger).
Bowlby s'est opposé à l'hypothèse freudienne selon laquelle l'attachement découle de l'alimentation maternelle.
1.2 Hypothèse de travail
Un environnement parental éducatif cohérent favorise l'épanouissement de l'enfant, qui développe un Modèle Opératoire Interne (MOI) sain.
Toute privation d'un environnement affectif peut perturber le développement de l'enfant.
La personnalité est le résultat des expériences et des ressentis vécus. Elle est influencée par :
Le côté universel (codes sociaux, culturels).
Le tempérament (0,01% génétique, ex: anxiété).
Le caractère (partie modulable, adaptative, influencée par l'éducation et la culture).
1.3 L'expérience de la séparation
Bowlby a étudié des bébés de 6 mois séparés de leur mère sans substitut stable, observant trois phases de dégradation :
Phase de protestation : pleurs intenses, cris de détresse.
Phase de désespoir : pleurs persistants, perte d'élan vital et de stimulation.
Phase de détachement : l'enfant cherche à créer des liens avec d'autres personnes, acceptant l'aide et activant sa résilience.
Lors des retrouvailles, l'enfant peut refuser ses parents biologiques pendant quelques heures, exprimant de la colère.
Avec un substitut maternel, les trois phases sont présentes mais moins longues, prouvant que l'attachement est possible chez le tout-petit.
Bowlby en a conclu que la présence maternelle est capitale durant la petite enfance, la mère pouvant être un "agent pathogène" si elle est défaillante.
1.4 Les étapes de l'attachement
Avant 2 mois (pré-attachement) : l'enfant émet des comportements pour attirer l'attention et cherche une personne à qui s'attacher.
De 2 à 7 mois (attachement en cours) : l'enfant sélectionne la personne qui s'occupe le plus de lui.
À partir de 7 mois (attachement proprement dit) : l'enfant hiérarchise ses figures d'attachement et ne supporte plus d'être dans les bras de n'importe qui.
Dès 3-4 ans (partenariat ajusté) : l'enfant commence à faire des efforts, à manipuler, et à s'attacher à l'école, marquant la première ère de la socialisation.
1.5 Notion de caregiving
Le caregiving est la capacité à prodiguer des soins et à répondre aux besoins affectifs et physiologiques d'un plus jeune. Il responsabilise toute personne s'occupant d'un enfant.
Les comportements parentaux doivent assurer le réconfort et la sécurité de l'enfant, favorisant un attachement sécure.
La protection de l'enfant (au sens propre et figuré) est essentielle et se transmet de génération en génération.
II. L'évolution du concept par Ainsworth (1978) : le paradigme de la situation étrange
2.1 Description et hypothèse
Mary Ainsworth a postulé que l'attachement se construit sur 18 mois et dépend de la réactivité des parents aux stimulations de l'enfant. Elle a mené l'expérience de la "situation étrange" en crèche :
Mère et enfant jouent ensemble.
La mère quitte l'aire de jeu (séparation).
Une personne étrangère entre et joue avec l'enfant.
L'étrangère part, et la mère revient (retrouvailles).
Le comportement de la mère et de l'enfant est observé à chaque étape.
Épisode | Durée | Description |
1 | 50 sec | L'observateur introduit la mère et l'enfant dans la pièce et se retire. |
2 | 3 min | La mère et l'enfant restent seuls dans la pièce. |
3 | 3 min | L'étrangère entre. La mère sort après ces trois minutes. |
4 | 3 ou 4 min | Premier épisode de séparation. L'enfant est seul avec l'étrangère. |
5 | 3 min | Première réunion. La mère salue l'enfant et/ou le réconforte. Elle l'anime à jouer à nouveau. Elle quitte la pièce au bout de 3 min. |
6 | 3 ou 4 min | Deuxième épisode de séparation. L'enfant se retrouve seul dans la pièce. |
7 | 3 ou 4 min | Suite de la séparation : l'étrangère rentre dans la pièce. |
8 | 3 min | Deuxième réunion. La mère entre, l'étrangère sort. |
2.2 Les profils des enfants
Enfants sécures (60%) : jouent avec la mère présente, sont sereins lors de son départ car ils ont intériorisé la confiance. La mère est disponible et offre une base de sécurité affective.
Enfants anxieux ambivalents (insécures, 20%) : hésitants, recherchent l'attention. Hurlent de détresse au départ de la mère. Peuvent être violents lors des retrouvailles. À l'âge adulte, ont du mal à s'adapter, expriment colère et détresse, et ont des difficultés à faire confiance.
Enfants anxieux évitants (insécures, 10%) : moins actifs et réactifs. N'expriment pas de détresse. Inhibent leurs émotions et cherchent à s'autosuffire. Ont une construction négative de leur personnalité et des difficultés à faire confiance.
Enfants désorganisés-désorientés (Main et Solomon, 1988, 5%) : comportements incohérents, de frayeur. Souvent victimes de maltraitance ou de rejet. Présentent une anxiété généralisée.
2.3 La valeur prédictive de l'attachement
Paquette (2004) : les mères sensibles et sécurisantes transmettent un attachement sécure (80% des cas).
Les enfants avec un attachement sécure développent de meilleures compétences sociales, s'adaptent mieux à l'école et construisent des projets professionnels solides.
Le père a une valeur prédictive similaire à la mère et peut favoriser une meilleure compréhension des émotions (Howes et Spieker, 2008).
Un parent seul peut également établir une base de sécurité affective.
Les frères et sœurs (Fablo, 1977, 1981) jouent un rôle de régulation émotionnelle, leur place dans la fratrie étant importante.
Les enfants uniques sont souvent plus autonomes mais moins habiles socialement (McGuirk et Pettijohn II, 2008).
Les enfants du milieu peuvent jouer un rôle de tampon, développant une grande empathie.
Les aînés peuvent prendre un rôle de responsabilité.
2.4 Peut-on être traumatisé à vie ?
Levy et al. (2015) : un MOI défectueux dû à un traumatisme infantile peut entraîner des réactions affectives et comportementales inappropriées, ainsi que des difficultés à construire des relations intimes.
L'enfance (0-10 ans) est déterminante pour l'âge adulte.
III. La régulation émotionnelle
Gross et Thompson (2007) définissent la régulation émotionnelle comme l'ensemble des processus par lesquels un individu surveille, évalue et modifie ses émotions pour atteindre ses objectifs. Les parents sont les régulateurs des émotions de l'enfant.
Les émotions ont des versants moteurs, cognitifs et physiologiques. Elles permettent l'adaptation, l'expression du plaisir/déplaisir, la communication et la définition de projets.
L'enfant est un imitateur émotionnel de ses parents.
Définition de la régulation émotionnelle
Processus par lesquels l'individu surveille, évalue et modifie, consciemment ou non, ses émotions de façon positive ou négative. Elle sert à modifier l'intensité des émotions et est un élément clé pour atteindre les objectifs.
Deux processus de régulation émotionnelle
Processus intrinsèque : modification interne des émotions.
Processus extrinsèque : modification de l'environnement pour un confort émotionnel.
Stratégies émotionnelles
Réévaluation cognitive : utilisation des antécédents et de la mémoire pour adapter la réponse émotionnelle.
Suppression expressive : tentative de cacher les émotions, souvent moins efficace.
Les parents jouent un rôle crucial dans la construction de la régulation émotionnelle de l'enfant.
Le rôle de l'âge (John et Gross, 2004)
Une étude sur des personnes de 19 à 101 ans a montré que les compétences émotionnelles s'améliorent avec l'âge, les individus utilisant des stratégies plus adaptées et fuyant les situations toxiques. Cependant, ces compétences diminuent vers 80 ans.
Le rôle du sexe (John et Gross, 2007)
Les femmes régulent généralement mieux leurs émotions que les hommes, avec des stratégies plus adaptées.
Les stéréotypes sociaux influencent l'expression des émotions (ex: un garçon ne pleure pas).
Les filles gèrent mieux la colère, tandis que les garçons gèrent mieux les interactions sociales.
Chez l'adolescent (Martins, Neves & Soares, 2007)
L'adolescence est une période d'instabilité émotionnelle due aux transformations corporelles et aux dilemmes entre ce qu'il veut être et ce qu'il est capable de faire (antinomie).
Attachement et épanouissement
Un attachement sécure est essentiel. Les parents doivent encourager l'autonomie et l'ouverture.
Citation d'Albert Memmi : « Aucun attachement ne doit être si serré qu'il n'empêche d'avancer. »
IV. La place du père dans l'attachement
Schaffer et Emerson (1964)
Le père est une figure d'attachement aussi importante que la mère. Les grands-parents, frères et amis sont sécurisants mais moins centraux que les parents.
Cohen Feldman Lester (1972-1975)
Plus le temps passé avec l'enfant est important, plus l'attachement est priorisé. Le temps parental (jeu, bain, rituels) est crucial.
Zaouche Gaudron
Le père a un rôle important dans l'attachement et favorise l'autonomie de l'enfant, notamment dans la socialisation et la prise de décision.
Belsky (1987) : Composante tempéramentale et relationnelle
Composante tempéramentale : le tempérament (physiologique, génétique) influence la capacité à être parent.
Composante relationnelle : l'histoire personnelle et la capacité à interagir avec les autres sont déterminantes.
Milikovitch & Pierrehumbert (1998) : Rôles distincts des parents
Mères : construisent le MOI, transmettent la communication émotionnelle, sont un modèle de sécurité et d'affection, apaisent et réconfortent.
Pères : construisent le modèle sémantique (règles, normes sociales), encouragent l'engagement et la découverte.
Conclusion sur le rôle du père
Camus : le père encourage l'exploration et la prise de risque, tandis que la mère est plus rassurante.
Grossman : les enfants encouragés par leur père dans des situations de défi développent une meilleure confiance en soi et abordent les challenges de manière positive.
V. L'attachement et la famille
Expérience biologique : Carter (2003) et l'ocytocine
L'ocytocine, "molécule du bonheur", est cruciale pour les liens sociaux et se trouve dans le lait maternel.
Expérience sur des rats : le blocage de l'ocytocine empêche la reconnaissance maternelle.
Bartels et Zeki (2004) : l'ocytocine a un pouvoir plus fort que l'addiction à la cocaïne chez les rates mères.
Classification des alliances familiales (Fivaz et Corboz, 1985)
Coopérantes : attachement sécure, rôles clairs, communication bidirectionnelle, cohérence éducative.
Stressées : un parent domine, l'autre est en retrait. Climat anxiogène pour l'enfant, perte de confiance, stress parental transmis.
Collusives : utilisation de l'enfant comme bouclier dans les conflits parentaux, entraînant une instabilité émotionnelle chez l'enfant (adolescents conflictuels, manipulateurs).
Désorganisées : absence de communication parentale, chaque adulte vit sa vie. L'enfant développe un schéma émotionnel de "je ne peux compter sur personne", pouvant mener à un trouble de la personnalité borderline.
Byng-Hall (1991, 1995a et b, 2002) : La base de sécurité familiale
Cadre systémique pour comprendre la configuration d'attachement familial, prenant en compte les influences mutuelles. Une famille sécure permet l'exploration et le développement.
Le Family Separation Test mesure la configuration d'attachement familial en observant les perceptions des parents et des enfants.
L'enfant parentifié aide un parent plus que l'autre, prenant un rôle d'adulte. Il est important de lui redonner son rôle d'enfant.
Mikulincer et al. (2002) : La qualité du lien conjugal
La qualité du lien conjugal joue un rôle dans la transmission générationnelle du MOI de l'attachement. L'équilibre du couple génère des émotions positives pour l'enfant.
Attachement aux grands-parents
Les parents sont les principaux responsables de la qualité de l'attachement, mais les grands-parents peuvent également contribuer.
VI. L'attachement dans le couple
La relation d'attachement construite pendant l'enfance s'active à l'âge adulte pour répondre au besoin d'attachement. Un attachement sécure infantile favorise un attachement sécure adulte.
Mikulincer et Shaver (2013)
L'attachement dans un couple est corrélé au besoin d'attachement de l'adulte. Le partenaire doit être une variable de l'attachement, prêt à s'attacher.
Taylor (2000)
Les femmes produisent plus d'ocytocine et ont plus de facilité à s'attacher. La testostérone chez l'homme a des effets inhibiteurs sur l'ocytocine.
Zeifman & Hazan (1997) : Les étapes de l'attachement amoureux
Pré-attachement : flirt, séduction, attirance physique et sexuelle. Forte production d'adrénaline et noradrénaline. Phase non durable.
Attachement en voie de constitution : tomber amoureux, recherche de proximité, partage, dialogue. L'attirance sexuelle reste importante.
Attachement proprement dit : partage, construction de valeurs. L'ocytocine est très importante. Le partenaire devient un havre de sécurité.
Partenariat corrigé quant au but : étape de post-romance. L'ocytocine est moins importante, nécessitant de redynamiser la relation.
Hazan & Shaver (1990) : L'attachement chez l'adulte
L'AAI (Adult Attachment Interview) permet d'évaluer l'attachement chez l'adulte, en se basant sur les souvenirs d'enfance et les relations passées.
Main (1985) : Styles d'attachement chez l'adulte
Style autonome : souvenirs positifs de l'enfance et des premières relations. Personnes équilibrées psychologiquement.
Style détaché : tentent d'oublier les expériences négatives. Émotionnellement détachées, très indépendantes, craignent de s'attacher.
Style préoccupé : très dépendantes de l'autre, paniquent facilement, immatures. Liées à un attachement craintif et anxieux dans l'enfance.
Style désorganisé : ont vécu des chocs traumatiques (viol, inceste, perte parentale précoce). Grande labilité émotionnelle, instables, peuvent sembler dangereuses.
Bartholomew et Horowitz (1991) : Lien entre attachement et anxiété
Les styles d'attachement insécures sont liés à une plus grande vulnérabilité et instabilité émotionnelle.
Fonagy et Tardet (1997) : La conscience réflexive
La capacité à réfléchir sur soi-même et sur les autres en termes d'états mentaux permet de prendre du recul dans les conflits et favorise la durabilité du couple.
VII. Attachement et homoparentalité
Définition de l'homosexualité (OMS)
Désir, amour, attirance sexuelle entre individus du même sexe (10% de la population mondiale). Les lois de reproduction sont stériles pour ce type de couple.
1999 : PACS autorisé en France.
2013 : Mariage homosexuel autorisé en France.
Homoparentalité (1997)
Exercice des droits parentaux par deux personnes du même sexe vivant en couple et ayant au moins un enfant à charge.
Depuis les années 2000 : inséminations artificielles autorisées.
Depuis 2006 : adoptions autorisées en France.
Homophobie (Lingiardi, 2007)
Ensemble de sentiments et attitudes négatifs envers l'homosexualité, fondés sur de fausses croyances. Souvent liée à des difficultés personnelles (honte, problèmes de communication, détresse psychologique, troubles de la personnalité, addictions).
Les couples homosexuels subissent une pression familiale.
Les couples lesbiens sont souvent mieux tolérés que les couples gays.
Comparaison famille traditionnelle vs. moderne
Famille traditionnelle | Famille moderne |
Puissance paternelle, modèle monarchique, transmission de l'autorité de père en fils. | Autorité conjointe, modèle démocratique, auto-organisation du groupe familial. |
Parenté & filiation. | Parentalité & affiliation. |
Inégalité des sexes (homme > femme). | Égalité des sexes. |
Approche diachronique, lignée généalogique. | Approche synchronique, groupe familial en évolution permanente. |
Selon Bowlby, si la relation est équilibrée et les parents disponibles et réconfortants, le couple homosexuel n'est pas un problème pour l'enfant.
Idées reçues sur les familles homoparentales
Risque accru d'abus : aucune corrélation entre homosexualité et pédophilie. Les abus ont lieu dans l'entourage proche, indépendamment de l'orientation sexuelle.
Pathologies mentales : l'homosexualité n'est pas une maladie mentale. Le stress lié au regard social peut entraîner des difficultés, mais pas une pathologie.
Instabilité des unions : les couples homosexuels sont souvent stables, surtout après l'arrivée d'un enfant.
Incompétence parentale : aucune étude n'a montré une incompétence parentale liée à l'homosexualité. Les rôles se font naturellement.
Étude de Miller : les mères lesbiennes sont plus strictes sur la discipline et le comportement de l'enfant.
VIII. Attachement et psychopathologie chez l'adulte
Mikulincer et Shaver
Un état émotionnel instable survient lorsque la figure d'attachement n'est pas disponible. Les parents souffrant d'insécurité peuvent avoir des difficultés à communiquer et à s'engager dans la parentalité.
Bartholomew et Horowitz
L'attachement insécure rend les individus vulnérables et instables. Cela peut entraîner des réactions inappropriées (ex: violence envers l'enfant).
Trouble de la personnalité borderline : représente 6% de la population française. Handicap social important, labilité émotionnelle extrême, plus fréquent chez les femmes. Souvent lié à un style d'attachement désorganisé.
Les personnes borderline ont du mal à maîtriser leurs émotions, sont excessives et peuvent avoir des addictions. Si elles ont des enfants, ces derniers manquent de repères émotionnels.
Devenir père après un trauma infantile (Kluwer, 2010)
Un trauma infantile peut entraîner un bouleversement identitaire, des difficultés émotionnelles, un déclin de la satisfaction conjugale et une détresse psychologique chez le père (14% d'épisodes dépressifs).
Différents traumas possibles
Négligence émotionnelle (18%) : père ignoré dans l'enfance.
Abus émotionnel (13%) : humiliation (physique, verbale).
Abus physique (9%) : coups, brûlures, étranglement.
Abus sexuel (3%) : viols.
Facteurs de risque généraux
Alcool, tabac, drogues.
Obésité.
Fonctionnement du père traumatisé
Agit sous l'impulsion de la colère, manque de contrôle, difficultés relationnelles et professionnelles, violence conjugale.
Conséquences sur la santé physique (cancers, troubles cardiovasculaires, hépatiques).
Conséquences sur la santé mentale (dépression, faible estime de soi, anxiété, gestion de la colère).
Conséquences sur la santé sexuelle (troubles sexuels, insatisfaction, refus de la grossesse).
Changements de représentation
Les pères traumatisés peuvent penser qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes, cherchant à montrer leur force et développant une méfiance envers les autres.
Défis de la paternité
La paternité peut réactiver les schémas traumatiques, entraînant des difficultés à assumer le rôle de père et un cycle intergénérationnel de maltraitance.
Différences entre hommes et femmes face au trauma
Les femmes sont souvent plus enclines à se faire soigner, notamment grâce à l'instinct maternel (ocytocine).
Les hommes peuvent avoir plus de mal à reconnaître et à traiter leurs traumas.
Abus sexuel en enfance (ASE)
Crosson-Tower (2005) : utilisation d'un enfant pour la gratification sexuelle d'un adulte. La différence d'âge n'est pas un critère de consentement (Alexander, 1992).
Brassard et al. (2014) : les victimes d'abus sexuels ont peur dans leurs relations, des difficultés avec la nudité.
Whiffen et al. (1999) : les victimes d'inceste sont craintives et ont du mal à trouver un partenaire.
Roche :
ASE intra-familial : plus d'anxiété, peur de l'abandon, dépendance, mais réticence à l'intimité.
ASE extra-familial : attachement détaché, évitement des relations intimes.
Vaillancourt-Morel et al. (2014) : plus l'abus est violent et précoce, plus les réparations sont compliquées et l'attachement désorganisé.
IX. La parentalité
Définitions
Le Bovici : la parentalité est un concept complexe qui se construit dans la tête des parents, nécessitant un accompagnement. C'est un processus maturatif lié à la maturité et au sens des responsabilités.
Sellenet : processus psychique et codage social permettant à tout individu d'accéder à des fonctions parentales, indépendamment de la configuration familiale (inclut les parents sociaux).
Redéfinition du développement (Ramchandani, 1999)
Processus recouvrant les interactions entre l'enfant et son environnement social (parents, frères et sœurs, grands-parents, amis).
Déterminants de la parentalité (Quinton, 2004)
Capacité à prodiguer des soins physiques, fixer des limites, éduquer l'enfant.
Qualité relationnelle, sécurité affective, attitude bienveillante.
Tâches des parents (Campion, 1995)
Éduquer les enfants jusqu'à un âge convenu (25 ans).
Assurer la sécurité des enfants.
Aider les enfants dans leur orientation.
Assurer une stabilité (environnement, choix des partenaires).
Rendre l'enfant compétent et intelligent.
Aider les enfants à respecter les lois et contribuer à la sécurité de la société.
Faire en sorte que les enfants contribuent à la prospérité de la nation.
La parentalité positive implique de ne pas utiliser la fessée et de favoriser l'expression de l'enfant.
X. La maltraitance / négligence
Attitudes (Glaser et Prior, 2002)
Absence de disponibilité affective (parent non réceptif).
Attitudes hostiles, de rejet, de critique envers l'enfant.
Attitude incohérente (gentil puis méchant).
L'enfant maltraité est souvent peu curieux, isolé, avec une petite voix, et a des difficultés d'intégration sociale.
Recherches (Browne, 1997, 2002)
La maltraitance infantile a des répercussions sur le développement physique, cognitif, intellectuel (hyperactivité), affectif et social. Elle peut entraîner des troubles de la santé mentale à l'âge adulte, de la délinquance juvénile et sexuelle à l'adolescence, et des difficultés relationnelles et professionnelles à l'âge adulte.
Conclusion
La mesure de la qualité de l'attachement permet une prise en charge précoce des troubles.
La maltraitance reste un problème majeur, mais des solutions existent (familles d'accueil, orphelinats).
Faire un enfant est un choix qui doit venir des deux parents.
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