Théorie de l'attachement et ses implications

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Ce document explore en profondeur le concept d'attachement, ses origines, ses différentes formes et son impact sur le développement humain, de l'enfance à l'âge adulte, en abordant également les relations familiales et conjugales.

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Review
Question
Quels comportements Harlow a-t-il observés chez les macaques privés d'attachement ?
Answer
Des stéréotypies (mouvements répétitifs anormaux) et des comportements auto-agressifs (morsures, griffures) en cas d'insécurité.
Question
Que concluent les études sur l'homoparentalité et l'attachement de l'enfant ?
Answer
Le genre des parents n'influence pas la qualité de l'attachement. Seules la disponibilité, la sensibilité et la cohérence parentales sont déterminantes.
Question
Quelle idée freudienne Bowlby a-t-il principalement rejetée ?
Answer
L'idée que l'attachement provient du besoin alimentaire. Pour lui, le besoin de contact affectif et de sécurité est un besoin primaire.
Question
Par quoi se caractérise un enfant au profil anxieux-ambivalent ?
Answer
Par une forte anxiété de séparation et un comportement ambivalent au retour du parent, mêlant recherche de contact et colère.
Question
Quelles sont les 3 phases de réaction à la séparation selon Bowlby ?
Answer
1. Protestation (pleurs, cris). 2. Désespoir (perte d'élan vital). 3. Détachement (indifférence apparente et recherche de nouveaux liens).
Question
Comment se comporte un enfant au profil sécure ?
Answer
Il explore en présence de son parent, est modérément anxieux lors de la séparation et cherche le réconfort à son retour, se sentant en confiance.
Question
Qu'est-ce qui définit le profil d'attachement désorganisé-désorienté ?
Answer
Des comportements contradictoires, incohérents et craintifs envers le parent. Ce profil est souvent lié à des expériences de maltraitance.
Question
Quel est le rôle de l'ocytocine dans l'attachement ?
Answer
C'est une 'molécule du bonheur' nécessaire à la création des liens sociaux. Elle joue un rôle majeur dans l'attachement entre la mère et l'enfant.
Question
Quelle est la particularité de l'enfant au profil anxieux-évitant ?
Answer
Il montre peu d'émotions lors des séparations et réunions, évitant le contact comme pour s'autosuffire et nier son besoin d'attachement.
Question
Quelles sont les deux principales stratégies de régulation émotionnelle ?
Answer
La réévaluation cognitive (modifier sa pensée sur une situation) et la suppression expressive (tenter de cacher ses émotions).
Question
Quel rôle spécifique le père joue-t-il souvent dans le développement ?
Answer
Il favorise davantage l'exploration, l'autonomie et la prise de risques, jouant un rôle clé dans la socialisation et la gestion des défis.
Question
Qu'est-ce que l'empreinte (imprinting) selon Lorenz ?
Answer
Un processus d'attachement rapide et irréversible chez les animaux, où le nouveau-né s'attache au premier objet en mouvement qu'il voit.
Question
Qu'est-ce que l'hospitalisme décrit par Spitz ?
Answer
Un état de dépression et de dégradation physique chez les nourrissons privés de soins maternels, menant parfois à l'anorexie mentale du nourrisson.
Question
Quel est le but du paradigme de la situation étrange d'Ainsworth ?
Answer
Évaluer la qualité de l'attachement entre un enfant et sa figure parentale en observant leurs réactions lors de séparations et de réunions.
Question
Quelle est la définition de l'attachement selon Guedeney ?
Answer
Un ensemble de liens interpersonnels affectifs, durables et importants entre deux personnes, assurant une sécurité affective et un besoin d'appartenance.
Question
Que signifie le concept de caregiving de Bowlby ?
Answer
La capacité d'un adulte à prodiguer des soins, à assurer le réconfort et la sécurité pour répondre aux besoins physiologiques et affectifs d'un enfant.
Question
Quels sont les 4 styles d'attachement adulte décrits par Main ?
Answer
1. Autonome (sécure). 2. Détaché (évitant), qui minimise l'importance de l'attachement. 3. Préoccupé (ambivalent). 4. Désorganisé (non résolu).
Question
Quels sont les 4 types d'alliances familiales selon Fivaz et Corboz ?
Answer
1. Coopérantes (harmonieuses). 2. Stressées (un parent dirige, l'autre subit). 3. Collusives (conflit de coalition). 4. Désorganisées (chaos, pas de communication).
Question
Quelle est la définition de l'attachement selon GUEDENEY (2010) ?
Answer
Un ensemble de liens interpersonnels affectifs, durables et importants entre deux personnes, assurant une sécurité affective.
Question
Que signifie le Modèle Opératoire Interne (MOI) de Bowlby ?
Answer
Un modèle mental des relations basé sur les premières expériences, qui façonne la personnalité et les futurs liens affectifs.
Question
Quelle idée freudienne Bowlby rejette-t-il ?
Answer
Il rejette que l'attachement découle uniquement du besoin alimentaire, affirmant que le besoin affectif est tout aussi fondamental.
Question
Quelle est la première phase de dégradation suite à une séparation selon Bowlby ?
Answer
La phase de protestation, durant laquelle le bébé pleure et appelle activement sa mère en signe de détresse.
Question
Comment réagit un enfant au profil anxieux-évitant ?
Answer
Il montre peu d'émotions lors de la séparation et évite le contact avec la mère à son retour, paraissant indifférent.
Question
Qu'est-ce qui caractérise un enfant au profil anxieux-ambivalent ?
Answer
Une grande détresse à la séparation et un comportement ambivalent au retour de la mère, mêlant recherche de contact et colère.
Question
Quelle molécule est surnommée la molécule de l'attachement ?
Answer
L'ocytocine, une hormone cruciale pour la création des liens sociaux et l'attachement, notamment entre la mère et l'enfant.
Question
Qu'est-ce que la régulation émotionnelle ?
Answer
L'ensemble des processus permettant à un individu de surveiller, évaluer et modifier ses émotions pour atteindre ses buts.
Question
Quel est le but du paradigme de la situation étrange d'AINSWORTH ?
Answer
Observer et classifier les styles d'attachement des enfants en analysant leurs réactions à des épisodes de séparation et de réunion avec leur mère.
Question
Qu'est-ce qu'une alliance familiale collusive selon FIVAZ et CORBOZ ?
Answer
Une configuration où un parent cherche une alliance avec l'enfant pour dominer l'autre parent, créant une forte instabilité émotionnelle.
Question
Quel est le style d'attachement adulte dit autonome selon MAIN ?
Answer
Adulte ayant une vision cohérente et positive de ses expériences passées, valorisant l'attachement et ayant des relations équilibrées.
Question
Qu'est-ce que l'hospitalisme décrit par SPITZ ?
Answer
Un état de dépression sévère chez les nourrissons privés de soins affectifs, pouvant conduire à un refus de s'alimenter et à la mort.
Question
Comment se comporte un enfant au profil sécure ?
Answer
Il explore avec confiance, est modérément contrarié par la séparation et cherche le réconfort au retour de sa mère, se calmant facilement.
Question
Quel est le profil d'attachement le plus grave, décrit par Main et Solomon ?
Answer
Le profil désorganisé-désorienté, caractérisé par des comportements contradictoires et de la peur, souvent lié à la maltraitance.
Question
Selon Bowlby, quelle est la condition essentielle pour le bon développement d'un enfant en homoparentalité ?
Answer
Tant que la relation est équilibrée et que les parents sont disponibles et réconfortants, l'orientation sexuelle n'est pas un problème.
Question
Que démontre l'expérience de Harlow sur les macaques ?
Answer
La privation de contact maternel entraîne des troubles graves comme la stéréotypie et des comportements auto-agressifs.
Question
Qu'est-ce que le caregiving ?
Answer
La capacité d'un adulte à prodiguer des soins, du réconfort et de la sécurité à un enfant, répondant à ses besoins affectifs et physiologiques.
Question
Selon l'étude de Grossman, quel rôle spécifique joue le père ?
Answer
Le père joue un rôle clé dans l'encouragement face aux défis et le développement de la confiance en soi chez l'enfant.

Cours 1 : L'Attachement

L'attachement est un concept fondamental en psychologie, désignant l'ensemble des liens interpersonnels affectifs durables et significatifs entre deux individus. Il est essentiel pour le développement émotionnel et social, et son importance est soulignée par l'impossibilité de vivre sans attachement dans notre société actuelle.

L'importance des liens affectifs

  • L'être humain a un besoin inné de créer du lien, d'appartenir et de ressentir une sécurité affective.

  • Les émotions se développent grâce à l'attachement ; ne pas les exprimer peut indiquer un problème sous-jacent.

  • Citation de Vincent Van Gogh : « N'oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu'à celles-là nous y obéissons sans le savoir. »

Impact des crises sur l'attachement

  • La crise sanitaire (COVID-19) a perturbé la qualité de l'attachement chez les enfants et adolescents, entraînant des dépressions et des tentatives de suicide (Russel et al., 2020).

  • Le stress et la pression économique peuvent engendrer des disputes familiales, affectant le développement de l'enfant.

  • Les réseaux sociaux sont considérés comme un "ennemi n°1" en raison de la diffusion de fausses informations et de leurs conséquences négatives (ex: augmentation de l'hyperactivité).

Les chercheurs précurseurs de l'attachement

  • Konrad Lorenz et la notion d'imprinting (chez les animaux) : la première figure rencontrée devient la figure de référence. Chez l'humain, l'attachement est inné mais se construit avec le temps.

  • René Spitz (1971) et l'attachement fondamental chez l'humain :

    • Observation de nourrissons abandonnés présentant des symptômes de dépression (anorexie mentale du nourrisson, hospitalisme).

    • Le rôle protecteur des parents est crucial pour le développement de l'enfant.

  • Harry Harlow (1958) et le comportement social des macaques :

    • Expérience de séparation des macaques de leur mère à la naissance.

    • Observations :

      • Stéréotypie : mouvements répétitifs (sautillements, tournoiements) en situation de peur ou d'insécurité, similaire à certains signes du syndrome autistique.

      • Comportement auto-agressif : automutilation (morsures, griffures) où la douleur est ressentie après l'acte, le cerveau court-circuitant la sensation pendant l'acte.

I. Le concept d'origine de Bowlby

1.1 Définition et bases du concept

  • John Bowlby a été influencé par Darwin, observant que la perte maternelle affecte le développement de l'enfant.

  • Il a développé le concept de système d'attachement : un système comportemental organisé par tous les partenaires de l'interaction.

  • Le besoin d'amour et les besoins affectifs sont aussi importants que les besoins physiologiques (boire, manger).

  • Bowlby s'est opposé à l'hypothèse freudienne selon laquelle l'attachement découle de l'alimentation maternelle.

1.2 Hypothèse de travail

  • Un environnement parental éducatif cohérent favorise l'épanouissement de l'enfant, qui développe un Modèle Opératoire Interne (MOI) sain.

  • Toute privation d'un environnement affectif peut perturber le développement de l'enfant.

  • La personnalité est le résultat des expériences et des ressentis vécus. Elle est influencée par :

    • Le côté universel (codes sociaux, culturels).

    • Le tempérament (0,01% génétique, ex: anxiété).

    • Le caractère (partie modulable, adaptative, influencée par l'éducation et la culture).

1.3 L'expérience de la séparation

Bowlby a étudié des bébés de 6 mois séparés de leur mère sans substitut stable, observant trois phases de dégradation :

  1. Phase de protestation : pleurs intenses, cris de détresse.

  2. Phase de désespoir : pleurs persistants, perte d'élan vital et de stimulation.

  3. Phase de détachement : l'enfant cherche à créer des liens avec d'autres personnes, acceptant l'aide et activant sa résilience.

Lors des retrouvailles, l'enfant peut refuser ses parents biologiques pendant quelques heures, exprimant de la colère.

Avec un substitut maternel, les trois phases sont présentes mais moins longues, prouvant que l'attachement est possible chez le tout-petit.

Bowlby en a conclu que la présence maternelle est capitale durant la petite enfance, la mère pouvant être un "agent pathogène" si elle est défaillante.

1.4 Les étapes de l'attachement

  • Avant 2 mois (pré-attachement) : l'enfant émet des comportements pour attirer l'attention et cherche une personne à qui s'attacher.

  • De 2 à 7 mois (attachement en cours) : l'enfant sélectionne la personne qui s'occupe le plus de lui.

  • À partir de 7 mois (attachement proprement dit) : l'enfant hiérarchise ses figures d'attachement et ne supporte plus d'être dans les bras de n'importe qui.

  • Dès 3-4 ans (partenariat ajusté) : l'enfant commence à faire des efforts, à manipuler, et à s'attacher à l'école, marquant la première ère de la socialisation.

1.5 Notion de caregiving

Le caregiving est la capacité à prodiguer des soins et à répondre aux besoins affectifs et physiologiques d'un plus jeune. Il responsabilise toute personne s'occupant d'un enfant.

  • Les comportements parentaux doivent assurer le réconfort et la sécurité de l'enfant, favorisant un attachement sécure.

  • La protection de l'enfant (au sens propre et figuré) est essentielle et se transmet de génération en génération.

II. L'évolution du concept par Ainsworth (1978) : le paradigme de la situation étrange

2.1 Description et hypothèse

Mary Ainsworth a postulé que l'attachement se construit sur 18 mois et dépend de la réactivité des parents aux stimulations de l'enfant. Elle a mené l'expérience de la "situation étrange" en crèche :

  1. Mère et enfant jouent ensemble.

  2. La mère quitte l'aire de jeu (séparation).

  3. Une personne étrangère entre et joue avec l'enfant.

  4. L'étrangère part, et la mère revient (retrouvailles).

Le comportement de la mère et de l'enfant est observé à chaque étape.

Épisode

Durée

Description

1

50 sec

L'observateur introduit la mère et l'enfant dans la pièce et se retire.

2

3 min

La mère et l'enfant restent seuls dans la pièce.

3

3 min

L'étrangère entre. La mère sort après ces trois minutes.

4

3 ou 4 min

Premier épisode de séparation. L'enfant est seul avec l'étrangère.

5

3 min

Première réunion. La mère salue l'enfant et/ou le réconforte. Elle l'anime à jouer à nouveau. Elle quitte la pièce au bout de 3 min.

6

3 ou 4 min

Deuxième épisode de séparation. L'enfant se retrouve seul dans la pièce.

7

3 ou 4 min

Suite de la séparation : l'étrangère rentre dans la pièce.

8

3 min

Deuxième réunion. La mère entre, l'étrangère sort.

2.2 Les profils des enfants

  • Enfants sécures (60%) : jouent avec la mère présente, sont sereins lors de son départ car ils ont intériorisé la confiance. La mère est disponible et offre une base de sécurité affective.

  • Enfants anxieux ambivalents (insécures, 20%) : hésitants, recherchent l'attention. Hurlent de détresse au départ de la mère. Peuvent être violents lors des retrouvailles. À l'âge adulte, ont du mal à s'adapter, expriment colère et détresse, et ont des difficultés à faire confiance.

  • Enfants anxieux évitants (insécures, 10%) : moins actifs et réactifs. N'expriment pas de détresse. Inhibent leurs émotions et cherchent à s'autosuffire. Ont une construction négative de leur personnalité et des difficultés à faire confiance.

  • Enfants désorganisés-désorientés (Main et Solomon, 1988, 5%) : comportements incohérents, de frayeur. Souvent victimes de maltraitance ou de rejet. Présentent une anxiété généralisée.

2.3 La valeur prédictive de l'attachement

  • Paquette (2004) : les mères sensibles et sécurisantes transmettent un attachement sécure (80% des cas).

  • Les enfants avec un attachement sécure développent de meilleures compétences sociales, s'adaptent mieux à l'école et construisent des projets professionnels solides.

  • Le père a une valeur prédictive similaire à la mère et peut favoriser une meilleure compréhension des émotions (Howes et Spieker, 2008).

  • Un parent seul peut également établir une base de sécurité affective.

  • Les frères et sœurs (Fablo, 1977, 1981) jouent un rôle de régulation émotionnelle, leur place dans la fratrie étant importante.

  • Les enfants uniques sont souvent plus autonomes mais moins habiles socialement (McGuirk et Pettijohn II, 2008).

  • Les enfants du milieu peuvent jouer un rôle de tampon, développant une grande empathie.

  • Les aînés peuvent prendre un rôle de responsabilité.

2.4 Peut-on être traumatisé à vie ?

  • Levy et al. (2015) : un MOI défectueux dû à un traumatisme infantile peut entraîner des réactions affectives et comportementales inappropriées, ainsi que des difficultés à construire des relations intimes.

  • L'enfance (0-10 ans) est déterminante pour l'âge adulte.

III. La régulation émotionnelle

Gross et Thompson (2007) définissent la régulation émotionnelle comme l'ensemble des processus par lesquels un individu surveille, évalue et modifie ses émotions pour atteindre ses objectifs. Les parents sont les régulateurs des émotions de l'enfant.

  • Les émotions ont des versants moteurs, cognitifs et physiologiques. Elles permettent l'adaptation, l'expression du plaisir/déplaisir, la communication et la définition de projets.

  • L'enfant est un imitateur émotionnel de ses parents.

Définition de la régulation émotionnelle

Processus par lesquels l'individu surveille, évalue et modifie, consciemment ou non, ses émotions de façon positive ou négative. Elle sert à modifier l'intensité des émotions et est un élément clé pour atteindre les objectifs.

Deux processus de régulation émotionnelle

  1. Processus intrinsèque : modification interne des émotions.

  2. Processus extrinsèque : modification de l'environnement pour un confort émotionnel.

Stratégies émotionnelles

  1. Réévaluation cognitive : utilisation des antécédents et de la mémoire pour adapter la réponse émotionnelle.

  2. Suppression expressive : tentative de cacher les émotions, souvent moins efficace.

Les parents jouent un rôle crucial dans la construction de la régulation émotionnelle de l'enfant.

Le rôle de l'âge (John et Gross, 2004)

Une étude sur des personnes de 19 à 101 ans a montré que les compétences émotionnelles s'améliorent avec l'âge, les individus utilisant des stratégies plus adaptées et fuyant les situations toxiques. Cependant, ces compétences diminuent vers 80 ans.

Le rôle du sexe (John et Gross, 2007)

  • Les femmes régulent généralement mieux leurs émotions que les hommes, avec des stratégies plus adaptées.

  • Les stéréotypes sociaux influencent l'expression des émotions (ex: un garçon ne pleure pas).

  • Les filles gèrent mieux la colère, tandis que les garçons gèrent mieux les interactions sociales.

Chez l'adolescent (Martins, Neves & Soares, 2007)

L'adolescence est une période d'instabilité émotionnelle due aux transformations corporelles et aux dilemmes entre ce qu'il veut être et ce qu'il est capable de faire (antinomie).

Attachement et épanouissement

  • Un attachement sécure est essentiel. Les parents doivent encourager l'autonomie et l'ouverture.

  • Citation d'Albert Memmi : « Aucun attachement ne doit être si serré qu'il n'empêche d'avancer. »

IV. La place du père dans l'attachement

Schaffer et Emerson (1964)

Le père est une figure d'attachement aussi importante que la mère. Les grands-parents, frères et amis sont sécurisants mais moins centraux que les parents.

Cohen Feldman Lester (1972-1975)

Plus le temps passé avec l'enfant est important, plus l'attachement est priorisé. Le temps parental (jeu, bain, rituels) est crucial.

Zaouche Gaudron

Le père a un rôle important dans l'attachement et favorise l'autonomie de l'enfant, notamment dans la socialisation et la prise de décision.

Belsky (1987) : Composante tempéramentale et relationnelle

  • Composante tempéramentale : le tempérament (physiologique, génétique) influence la capacité à être parent.

  • Composante relationnelle : l'histoire personnelle et la capacité à interagir avec les autres sont déterminantes.

Milikovitch & Pierrehumbert (1998) : Rôles distincts des parents

  • Mères : construisent le MOI, transmettent la communication émotionnelle, sont un modèle de sécurité et d'affection, apaisent et réconfortent.

  • Pères : construisent le modèle sémantique (règles, normes sociales), encouragent l'engagement et la découverte.

Conclusion sur le rôle du père

  • Camus : le père encourage l'exploration et la prise de risque, tandis que la mère est plus rassurante.

  • Grossman : les enfants encouragés par leur père dans des situations de défi développent une meilleure confiance en soi et abordent les challenges de manière positive.

V. L'attachement et la famille

Expérience biologique : Carter (2003) et l'ocytocine

  • L'ocytocine, "molécule du bonheur", est cruciale pour les liens sociaux et se trouve dans le lait maternel.

  • Expérience sur des rats : le blocage de l'ocytocine empêche la reconnaissance maternelle.

  • Bartels et Zeki (2004) : l'ocytocine a un pouvoir plus fort que l'addiction à la cocaïne chez les rates mères.

Classification des alliances familiales (Fivaz et Corboz, 1985)

  • Coopérantes : attachement sécure, rôles clairs, communication bidirectionnelle, cohérence éducative.

  • Stressées : un parent domine, l'autre est en retrait. Climat anxiogène pour l'enfant, perte de confiance, stress parental transmis.

  • Collusives : utilisation de l'enfant comme bouclier dans les conflits parentaux, entraînant une instabilité émotionnelle chez l'enfant (adolescents conflictuels, manipulateurs).

  • Désorganisées : absence de communication parentale, chaque adulte vit sa vie. L'enfant développe un schéma émotionnel de "je ne peux compter sur personne", pouvant mener à un trouble de la personnalité borderline.

Byng-Hall (1991, 1995a et b, 2002) : La base de sécurité familiale

Cadre systémique pour comprendre la configuration d'attachement familial, prenant en compte les influences mutuelles. Une famille sécure permet l'exploration et le développement.

  • Le Family Separation Test mesure la configuration d'attachement familial en observant les perceptions des parents et des enfants.

  • L'enfant parentifié aide un parent plus que l'autre, prenant un rôle d'adulte. Il est important de lui redonner son rôle d'enfant.

Mikulincer et al. (2002) : La qualité du lien conjugal

La qualité du lien conjugal joue un rôle dans la transmission générationnelle du MOI de l'attachement. L'équilibre du couple génère des émotions positives pour l'enfant.

Attachement aux grands-parents

Les parents sont les principaux responsables de la qualité de l'attachement, mais les grands-parents peuvent également contribuer.

VI. L'attachement dans le couple

La relation d'attachement construite pendant l'enfance s'active à l'âge adulte pour répondre au besoin d'attachement. Un attachement sécure infantile favorise un attachement sécure adulte.

Mikulincer et Shaver (2013)

L'attachement dans un couple est corrélé au besoin d'attachement de l'adulte. Le partenaire doit être une variable de l'attachement, prêt à s'attacher.

Taylor (2000)

Les femmes produisent plus d'ocytocine et ont plus de facilité à s'attacher. La testostérone chez l'homme a des effets inhibiteurs sur l'ocytocine.

Zeifman & Hazan (1997) : Les étapes de l'attachement amoureux

  1. Pré-attachement : flirt, séduction, attirance physique et sexuelle. Forte production d'adrénaline et noradrénaline. Phase non durable.

  2. Attachement en voie de constitution : tomber amoureux, recherche de proximité, partage, dialogue. L'attirance sexuelle reste importante.

  3. Attachement proprement dit : partage, construction de valeurs. L'ocytocine est très importante. Le partenaire devient un havre de sécurité.

  4. Partenariat corrigé quant au but : étape de post-romance. L'ocytocine est moins importante, nécessitant de redynamiser la relation.

Hazan & Shaver (1990) : L'attachement chez l'adulte

L'AAI (Adult Attachment Interview) permet d'évaluer l'attachement chez l'adulte, en se basant sur les souvenirs d'enfance et les relations passées.

Main (1985) : Styles d'attachement chez l'adulte

  • Style autonome : souvenirs positifs de l'enfance et des premières relations. Personnes équilibrées psychologiquement.

  • Style détaché : tentent d'oublier les expériences négatives. Émotionnellement détachées, très indépendantes, craignent de s'attacher.

  • Style préoccupé : très dépendantes de l'autre, paniquent facilement, immatures. Liées à un attachement craintif et anxieux dans l'enfance.

  • Style désorganisé : ont vécu des chocs traumatiques (viol, inceste, perte parentale précoce). Grande labilité émotionnelle, instables, peuvent sembler dangereuses.

Bartholomew et Horowitz (1991) : Lien entre attachement et anxiété

Les styles d'attachement insécures sont liés à une plus grande vulnérabilité et instabilité émotionnelle.

Fonagy et Tardet (1997) : La conscience réflexive

La capacité à réfléchir sur soi-même et sur les autres en termes d'états mentaux permet de prendre du recul dans les conflits et favorise la durabilité du couple.

VII. Attachement et homoparentalité

Définition de l'homosexualité (OMS)

Désir, amour, attirance sexuelle entre individus du même sexe (10% de la population mondiale). Les lois de reproduction sont stériles pour ce type de couple.

  • 1999 : PACS autorisé en France.

  • 2013 : Mariage homosexuel autorisé en France.

Homoparentalité (1997)

Exercice des droits parentaux par deux personnes du même sexe vivant en couple et ayant au moins un enfant à charge.

  • Depuis les années 2000 : inséminations artificielles autorisées.

  • Depuis 2006 : adoptions autorisées en France.

Homophobie (Lingiardi, 2007)

Ensemble de sentiments et attitudes négatifs envers l'homosexualité, fondés sur de fausses croyances. Souvent liée à des difficultés personnelles (honte, problèmes de communication, détresse psychologique, troubles de la personnalité, addictions).

  • Les couples homosexuels subissent une pression familiale.

  • Les couples lesbiens sont souvent mieux tolérés que les couples gays.

Comparaison famille traditionnelle vs. moderne

Famille traditionnelle

Famille moderne

Puissance paternelle, modèle monarchique, transmission de l'autorité de père en fils.

Autorité conjointe, modèle démocratique, auto-organisation du groupe familial.

Parenté & filiation.

Parentalité & affiliation.

Inégalité des sexes (homme > femme).

Égalité des sexes.

Approche diachronique, lignée généalogique.

Approche synchronique, groupe familial en évolution permanente.

Selon Bowlby, si la relation est équilibrée et les parents disponibles et réconfortants, le couple homosexuel n'est pas un problème pour l'enfant.

Idées reçues sur les familles homoparentales

  1. Risque accru d'abus : aucune corrélation entre homosexualité et pédophilie. Les abus ont lieu dans l'entourage proche, indépendamment de l'orientation sexuelle.

  2. Pathologies mentales : l'homosexualité n'est pas une maladie mentale. Le stress lié au regard social peut entraîner des difficultés, mais pas une pathologie.

  3. Instabilité des unions : les couples homosexuels sont souvent stables, surtout après l'arrivée d'un enfant.

  4. Incompétence parentale : aucune étude n'a montré une incompétence parentale liée à l'homosexualité. Les rôles se font naturellement.

Étude de Miller : les mères lesbiennes sont plus strictes sur la discipline et le comportement de l'enfant.

VIII. Attachement et psychopathologie chez l'adulte

Mikulincer et Shaver

Un état émotionnel instable survient lorsque la figure d'attachement n'est pas disponible. Les parents souffrant d'insécurité peuvent avoir des difficultés à communiquer et à s'engager dans la parentalité.

Bartholomew et Horowitz

L'attachement insécure rend les individus vulnérables et instables. Cela peut entraîner des réactions inappropriées (ex: violence envers l'enfant).

  • Trouble de la personnalité borderline : représente 6% de la population française. Handicap social important, labilité émotionnelle extrême, plus fréquent chez les femmes. Souvent lié à un style d'attachement désorganisé.

  • Les personnes borderline ont du mal à maîtriser leurs émotions, sont excessives et peuvent avoir des addictions. Si elles ont des enfants, ces derniers manquent de repères émotionnels.

Devenir père après un trauma infantile (Kluwer, 2010)

Un trauma infantile peut entraîner un bouleversement identitaire, des difficultés émotionnelles, un déclin de la satisfaction conjugale et une détresse psychologique chez le père (14% d'épisodes dépressifs).

Différents traumas possibles

  • Négligence émotionnelle (18%) : père ignoré dans l'enfance.

  • Abus émotionnel (13%) : humiliation (physique, verbale).

  • Abus physique (9%) : coups, brûlures, étranglement.

  • Abus sexuel (3%) : viols.

Facteurs de risque généraux

  • Alcool, tabac, drogues.

  • Obésité.

Fonctionnement du père traumatisé

  • Agit sous l'impulsion de la colère, manque de contrôle, difficultés relationnelles et professionnelles, violence conjugale.

  • Conséquences sur la santé physique (cancers, troubles cardiovasculaires, hépatiques).

  • Conséquences sur la santé mentale (dépression, faible estime de soi, anxiété, gestion de la colère).

  • Conséquences sur la santé sexuelle (troubles sexuels, insatisfaction, refus de la grossesse).

Changements de représentation

Les pères traumatisés peuvent penser qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes, cherchant à montrer leur force et développant une méfiance envers les autres.

Défis de la paternité

La paternité peut réactiver les schémas traumatiques, entraînant des difficultés à assumer le rôle de père et un cycle intergénérationnel de maltraitance.

Différences entre hommes et femmes face au trauma

  • Les femmes sont souvent plus enclines à se faire soigner, notamment grâce à l'instinct maternel (ocytocine).

  • Les hommes peuvent avoir plus de mal à reconnaître et à traiter leurs traumas.

Abus sexuel en enfance (ASE)

Crosson-Tower (2005) : utilisation d'un enfant pour la gratification sexuelle d'un adulte. La différence d'âge n'est pas un critère de consentement (Alexander, 1992).

  • Brassard et al. (2014) : les victimes d'abus sexuels ont peur dans leurs relations, des difficultés avec la nudité.

  • Whiffen et al. (1999) : les victimes d'inceste sont craintives et ont du mal à trouver un partenaire.

  • Roche :

    • ASE intra-familial : plus d'anxiété, peur de l'abandon, dépendance, mais réticence à l'intimité.

    • ASE extra-familial : attachement détaché, évitement des relations intimes.

  • Vaillancourt-Morel et al. (2014) : plus l'abus est violent et précoce, plus les réparations sont compliquées et l'attachement désorganisé.

IX. La parentalité

Définitions

  • Le Bovici : la parentalité est un concept complexe qui se construit dans la tête des parents, nécessitant un accompagnement. C'est un processus maturatif lié à la maturité et au sens des responsabilités.

  • Sellenet : processus psychique et codage social permettant à tout individu d'accéder à des fonctions parentales, indépendamment de la configuration familiale (inclut les parents sociaux).

Redéfinition du développement (Ramchandani, 1999)

Processus recouvrant les interactions entre l'enfant et son environnement social (parents, frères et sœurs, grands-parents, amis).

Déterminants de la parentalité (Quinton, 2004)

  • Capacité à prodiguer des soins physiques, fixer des limites, éduquer l'enfant.

  • Qualité relationnelle, sécurité affective, attitude bienveillante.

Tâches des parents (Campion, 1995)

  1. Éduquer les enfants jusqu'à un âge convenu (25 ans).

  2. Assurer la sécurité des enfants.

  3. Aider les enfants dans leur orientation.

  4. Assurer une stabilité (environnement, choix des partenaires).

  5. Rendre l'enfant compétent et intelligent.

  6. Aider les enfants à respecter les lois et contribuer à la sécurité de la société.

  7. Faire en sorte que les enfants contribuent à la prospérité de la nation.

La parentalité positive implique de ne pas utiliser la fessée et de favoriser l'expression de l'enfant.

X. La maltraitance / négligence

Attitudes (Glaser et Prior, 2002)

  • Absence de disponibilité affective (parent non réceptif).

  • Attitudes hostiles, de rejet, de critique envers l'enfant.

  • Attitude incohérente (gentil puis méchant).

  • L'enfant maltraité est souvent peu curieux, isolé, avec une petite voix, et a des difficultés d'intégration sociale.

Recherches (Browne, 1997, 2002)

La maltraitance infantile a des répercussions sur le développement physique, cognitif, intellectuel (hyperactivité), affectif et social. Elle peut entraîner des troubles de la santé mentale à l'âge adulte, de la délinquance juvénile et sexuelle à l'adolescence, et des difficultés relationnelles et professionnelles à l'âge adulte.

Conclusion

  • La mesure de la qualité de l'attachement permet une prise en charge précoce des troubles.

  • La maltraitance reste un problème majeur, mais des solutions existent (familles d'accueil, orphelinats).

  • Faire un enfant est un choix qui doit venir des deux parents.

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