Tests physiopathologiques résumés
No cardsCe document présente les principaux tests diagnostiques utilisés en physiopathologie, couvrant l'hématologie (troubles leucocytaires et érythrocytaires, anémies, hémostase), le métabolisme protéique, l'inflammation, le système nerveux central et la fonction respiratoire, avec une description de leurs techniques, valeurs normales et variations pathologiques pour faciliter la compréhension et la mémorisation.
Investigation des troubles leucocytaires
1. Numération des leucocytes
C'est le fait de compter les globules blancs (leucocytes) dans le sang. On utilise souvent des machines automatiques. Si le nombre est très loin de la normale, on peut utiliser une méthode manuelle (pipette de Potain).
Valeurs normales (VN): 4000 à 9000 leucocytes par millimètre cube (mm³).
Leucocytose (plus de 10 000/mm³):
Physiologique (normale): chez la femme enceinte, après un effort physique, encas de stress.
Pathologique (anormale): en cas d'inflammation.
Réaction leucémoïde (plus de 30 000/mm³): Une forte augmentation des globules blancs, qui ressemble à une leucémie mais est réversible. C'est une réaction de défense forte du corps.
Leucopénie (moins de 4000/mm³):
Physiologique: chez les personnes âgées.
Pathologique: maladies auto-immunes, problèmes de moelle osseuse, infections virales.
2. La formule leucocytaire
C'est la répartition en pourcentage des différents types de globules blancs. Elle est souvent faitepar une machine. Si le nombre total est anormal, on peut faire un comptage manuel sur une lame de sang (frottis).
Neutrophiles: Les plus nombreux, ils combattent les infections.
Non segmentés (jeunes): 1-4%.
Segmentés (matures): 50-70%.
Plus de 6500: Neutrophilie (infections, inflammation, hémorragie).
Moins de 1500: Neutropénie (médicaments, infections virales).
Moins de 500: Granulocytopénie (très grave).
Éosinophiles: Impliqués dans les allergies etles parasites.
1-4%.
Plus de 500: Éosinophilie (parasites, allergies).
Moins de 50: Éosinopénie (stress, problèmes hormonaux).
Basophiles: Rares, impliqués dans des réactions inflammatoires.
0-1%.
Plus de 80: Basophilie (Leucémie Myéloïde Chronique - LMC).
Nul: Basopénie (stress).
Lymphocytes: Jouent un rôle clé dans l'immunité (défense contre les virus).
20-40%.
Plus de 2500:Lymphocytose (Leucémie Lymphoïde Chronique - LLC).
Moins de 1200: Lymphopénie (déficits immunitaires, cancers).
Monocytes: Grandes cellules quinettoient et combattent les infections.
4-8%.
Plus de 750: Monocytose (maladies infectieuses).
Moins de 240: Monocytopénie (problèmes gravesde moelle osseuse).
3. Tests diagnostiques dans les leucémies
Les leucémies sont des cancers des globules blancs. Il en existe 4 types principaux:
LMA (Leucémie Myéloblastique Aiguë)
LLA (Leucémie Lymphoblastique Aiguë)
LMC (Leucémie Myéloïde Chronique): touche souvent les 30-50 ans.
LLC (Leucémie Lymphoïde Chronique): touche souvent les hommes après 50 ans.
Leucémies aiguës:
Numération leucocytaire:
Plus de 80 000 à 100 000: Formes leucémiques.
50 000 à 60 000: Formes sous-leucémiques.
10 000 à 15 000: Formes aleucémiques (leucocytes pas très élevés malgré la maladie).
Formule leucocytaire: Recherche du hiatus leucémique. Cela signifie qu'il y a beaucoup de jeunes cellules (blastes, 90%)et des cellules matures (10%), mais presque pas de formes intermédiaires.
LMC (Leucémie Myéloïde Chronique):
Numération leucocytaire:
Plus de 100 000: Formeleucémique.
50 000 à 60 000: Forme sous-leucémique.
Souvent, on observe: neutrophilie, éosinophilie et basophilie (trop de ces cellules).
LLC (Leucémie Lymphoïde Chronique):
Numération leucocytaire: 20 000 à 200 000 leucocytes/mm³.
On trouve beaucoup de lymphocytes mûrs (60-90%) et des ombres nucléaires de Gumprecht (restes de cellules lymphoïdes cassées).
4. Tests supplémentaires pour les leucémies
Frottis de moelle osseuse: On prélève un peu de moelle pour l'examiner.
Dans les leucémies aiguës (LA): Plus de 30% de blastes (cellules très jeunes et immatures) est un signe certain.
Dans la LMC: Hyperplasie du tissu médullaire granulocytaire (trop de cellules de la lignée granulocytaire).
Dans la LLC: Métaplasie médullaire lymphocytaire (plus de 30% descellules de la moelle sont des lymphocytes).
Examens cytochimiques et cytoenzymatiques (analysent la chimie des cellules):
LMA | LLA | |
Péroxydases (POX) | + (Positif) | - (Négatif) |
Noir Soudan | + | - |
Estérases | + | - |
PAS (Acide Périodique de Schiff) | - | + |
Pour la LMC: L'activité de la FAL (Phosphatase Alcaline Leucocytaire) est faible ou négative, contrairement aux réactions leucémoïdes où elle est très élevée.
Investigation des troubles érythrocytaires (Globules rouges)
1. Hématocrite et Hémoglobine
Hématocrite (Ht): C'est le pourcentage de globules rouges dans le sang.
Technique: On prend du sang avec un anticoagulant, on le centrifuge pour séparer lesglobules rouges du plasma, puis on mesure leur volume.
VN: Hommes 46%, Femmes 41% (plus ou moins 5%).
Variations pathologiques:
Augmenté (+): Polyglobulie (trop de globules rouges, par exemple en altitude).
Diminué (-): Oligoglobulie (pas assez de globules rouges ou anémie).
Cas spéciaux:
Ht normal et peude sang (volémie basse): Hémorragie aiguë (saignement rapide).
Ht diminué: Anémie.
Hémoglobine (Hb): C'est la protéine qui transporte l'oxygènedans les globules rouges.
Technique: On utilise des méthodes colorimétriques (Sahli ou Drabkin) pour mesurer sa quantité.
VN: Hommes 14-17 g/dL, Femmes 12-15 g/dL.
2. Numération des érythrocytes (Globules rouges)
On compte le nombre de globules rouges.
Technique: Machines automatiques (coelioscopie) ou chambres spéciales (hémocytomètre).
VN: Hommes 4,7 millions/mm³, Femmes 4,2 millions/mm³ (plus ou moins 500 000).
Variations pathologiques:
Augmenté (+): Polyglobulie (vraie ou fausse due à la diminution du volume de plasma).
Diminué (-): Anémie.
3. Constantes érythrocytaires (Calculs pour mieux comprendre les globules rouges)
Volume Globulaire Moyen (VGM): La taille moyenne d'un globule rouge.
Calcul: .
VN: 87 microlitres cube (). (Entre 80 et 100 )
Moins de 80 : Microcytose (petits globules rouges).
Plus de 100 : Macrocytose (gros globules rouges), voire Mégalocytose (très gros globules rouges si > 110 ).
Concentration Corpusculaire Moyenne en Hémoglobine (CCMH): La quantité d'hémoglobine dans 100 mL de globules rouges.
Calcul: .
VN: 34 g/dL. (Entre32 et 36 g/dL)
Moins de 32 g/dL: Hypochromie (globules rouges pâles, peu d'hémoglobine).
Entre 32 et 36 g/dL: Normochromie (couleur normale).
On ne peut pas avoir d'hyperchromie car les globules rouges ne peuvent pas contenir plus d'hémoglobine.
4. Frottis sanguin périphérique: Anomalies des érythrocytes
On examine les globules rouges au microscope sur une lame de sang pour voir leur forme, leur taille et leur couleur.
Anomalies de couleur:
Hypochromie: Globules rouges pâles (anémie par manque de fer).
Hyperchromie: Trop colorés, sans zone centrale claire (anémie mégaloblastique).
Anisochromie: Couleurs variées (anémies graves).
Anomalies de forme:
Sphérocytes: Ronds comme des billes (anémie hémolytique congénitale).
Ovalocytes: Ovales (ovalocytose héréditaire).
Acanthocytes: Bords irréguliers (acanthocytose).
Stomatocytes: Avecune fente claire au milieu (stomatocytose héréditaire).
Dacryocytes: En forme de goutte (bêta-thalassémie).
Schizocytes: Fragments de globules rouges (anémies hémolytiques mécaniques).
Cellules cibles: En forme de cible (anémie de Cooley).
Drépanocytes: En forme de faucille (drépanocytose).
Poïkilocytose: Des formes très variées (thalassémie).
Anomalies de dimension:
Macrocytes: Gros (cirrhose).
Mégalocytes: Très gros (anémie mégaloblastique).
Microcytes: Petits (anémie par manque de fer).
Anisocytose: Tailles très variées.
5. Anémies microcytaires (VGM < 80 )
C'est une anémie où les globules rouges sont petits. Cela signifie qu'il y a un problèmede fabrication de l'hémoglobine.
Exploration du fer: On mesure le fer pour comprendre pourquoi il y a un manque d'hémoglobine.
Fer sérique (sidérémie): Quantité de fer dans le sang.
Capacité Totale de Liaison du Fer (CTLF): La capacité du sang à transporter le fer.
Saturation de la transferrine: Le pourcentage de fer transporté par la transferrine.
Ferritine sérique: Les réserves de fer del'organisme.
Frottis de moelle osseuse (en cas de manque de fer):
Disparition des dépôts de fer.
Beaucoup de normoblastes (cellules jeunes de globules rouges).
Érythroblastes ferriprives (cellules de globules rouges en développement qui manquent de fer).
6. Anémies macrocytaires (VGM > 100 )
C'est uneanémie où les globules rouges sont grands. Cela vient d'un problème dans la fabrication de l'ADN des cellules.
Frottis de moelle osseuse (en cas d'anémie mégaloblastique):
Moelle très riche en cellules (hypercellulaire).
Nombreuses modifications dites "mégaloblastiques" (développement anormal des globules rouges).
Acide folique sérique: Mesure de la vitamine B9 dans le sang.
Vitamine B12 sérique: Mesure de la vitamine B12 dans le sang, ainsi que des tests pour vérifier son absorption (test de Schilling).
Autres signes biologiques:
Bilirubine indirecte élevée: Indique une destruction excessive de globules rouges.
LDHélevée: Également signe de destruction cellulaire.
7. Anémies normocytaires hyporégénératives (VGM normal, mais la moelle ne produit pas assez)
Numération des réticulocytes:Ce sont des globules rouges très jeunes. Ils montrent si la moelle osseuse travaille bien.
VN: 20 000 à 80 000 par mm³.
Moins de 80 000: La moelle neproduit pas assez (anémies aplasiques, maladies chroniques).
8. Anémies normocytaires hyperrégénératives (VGM normal, mais la moelle "fait trop")
Numération des réticulocytes:
Plus de 80 000: La moelle produit beaucoup de globules rouges (anémies hémolytiques, suite à une hémorragie). C'est pour compenser la perte ou la destruction.
9. Tests analytiques pour les anémies hémolytiques (destruction de globules rouges)
Signes de destruction excessive:
Trop de bilirubine indirecte (jaunisse).
Trop de stercobilinogène (dans les selles).
Hémoglobinurie (hémoglobine dans les urines).
Signes de régénération excessive:
Beaucoup de réticulocytes.
Polychromatophilie (globules rouges qui se colorent différemment aumicroscope).
Moelle osseuse très active.
Tests supplémentaires:
Test de Coombs: Recherche d'anticorps qui attaquent les globules rouges.
Tests enzymatiques: Pourdétecter des déficits (ex: en G6PD).
Électrophorèse de l'hémoglobine: Pour voir les types d'hémoglobine (maladies comme la drépanocytose ou la thalassémie).
Méthode radio-isotopique: Mesure la durée de vie des globules rouges.
Investigation des troubles de l'hémostase (Coagulation du sang)
1. Temps de saignement
Mesure le temps nécessaire pour qu'un petitsaignement s'arrête. Il explore la première étape de la coagulation (hémostase primaire).
Technique de Duke (oreille): VN: 2-4 minutes.
Technique d'Ivy (avant-bras): VN:4-8 minutes.
Temps allongé: Médicaments (aspirine), maladies des plaquettes (thrombopathie, thrombopénie), maladie de von Willebrand.
Temps de saignement in vitro: Mesure le temps qu'il faut pour qu'un caillot de plaquettes se forme sur une surface particulière.
2. Test de fragilité capillaire (Test du tourniquet)
On gonfle un brassard sur le bras et on regarde si des petites taches rouges (pétéchies) apparaissent sur la peau. Celaindique une fragilité des vaisseaux ou un manque de plaquettes.
Positif: Plus de 10 pétéchies par 2,5 cm².
3. Numération plaquettaire
Compte le nombre de plaquettes(éléments qui aident à la coagulation).
VN: 150 000 à 400 000 par mm³.
Thrombocytose: Trop de plaquettes.
Thrombopénie: Pasassez de plaquettes (cause la plus fréquente de problèmes d'hémostase primaire).
4. Adhésion plaquettaire et agrégation plaquettaire
Ces tests regardent comment les plaquettes collent entre elles et aux parois des vaisseaux.
Adhésion: Mesure le facteur de von Willebrand (une protéine qui aide les plaquettes à adhérer). VN: 60-150%.
Maladie de Bernard-Soulier: Problème d'adhésion des plaquettes.
Agrégation: On observe comment les plaquettes s'agglutinent en présence de substances spécifiques.
Le fibrinogène (une protéine) joue un rôle dans l'agrégation. VN: 2-4.5 g/L.
5. Temps de Howell
Mesure le temps de coagulation d'un plasma. C'est un test général pour voir si la coagulation est anormale.
VN: 1mn30s - 2mn30s.
Utilisé pour surveiller les traitements par héparine (anticoagulant).
6. Temps de Céphaline Activée (TCA) (ou Temps de ThromboplastinePartielle)
Mesure le temps que met le sang pour coaguler via une voie interne (voie intrinsèque). Il explore les facteurs de coagulation VIII, IX, XI et XII.
VN: 30-34 secondes.
Allongé: Problème de coagulation (ex: hémophilie A si manque de facteur VIII, hémophilie B si manque de facteur IX).
7. Temps de Quick (TQ) (ou Temps de Prothrombine)
Mesure letemps que met le sang à coaguler via une voie externe (voie extrinsèque). Il explore les facteurs de coagulation II, V, VII, X et le fibrinogène.
VN: 12-13 secondes.
Exprimé aussi en Taux de Prothrombine (TP): VN: > 70%.
Allongé ou TP diminué: Problème de coagulation (manque de vitamine K, insuffisance du foie, traitement anticoagulant (AVK)).
8. Temps deThrombine
Mesure le temps de transformation du fibrinogène en fibrine (la dernière étape de la coagulation).
VN: 18-20 secondes.
Sensible au taux de fibrinogène et à la présence d'héparine.
9. Indice de Prothrombine (INR)
C'est un calcul qui standardise le Temps de Quick. Il est très utilisé pour surveiller les traitements anticoagulants (AVK).
Allongé: Carenceen vitamine K, insuffisance du foie, traitement anticoagulant.
10. Perturbations des tests pour l'hémophilie et la maladie de von Willebrand
Hémophilie:
Hémostase I (plaquettes, temps de saignement): Normal.
Hémostase II (coagulation): TCA allongé (manque de facteur VIII ou IX).
Maladie de von Willebrand:
HémostaseI: Temps de saignement allongé, plaquettes normales.
Hémostase II: TCA allongé.
11. Perturbations des tests dues à une maladie du foie
Le foie estessentiel pour la coagulation car il fabrique de nombreux facteurs de coagulation et des protéines qui régulent le sang.
Souvent, on observe: thrombopénie (manque de plaquettes), diminution des facteurs pro et anticoagulants.
Les tests deroutine (TP, TCA, nombre de plaquettes) peuvent être anormaux.
Malgré ces anomalies visibles, un patient cirrhotique compensé n'a pas forcément un risque de saignement augmenté car il y a un équilibre entre les facteurs pro et anticoagulants.
12. Perturbations des tests en cas de CIVD (Coagulation IntraVasculaire Disséminée)
C'est une situation grave où la coagulation et la destruction des caillots sont déréglées dans tout le corps.
TQ, TCA et D-dimères: Allongés (les D-dimères indiquent la destruction des caillots).
Taux de fibrinogène, facteurs de coagulation et plaquettes: Diminués.
13. Investigationde la fibrinolyse (Dissolution des caillots)
Ce sont des tests qui évaluent la capacité du corps à dissoudre les caillots de sang.
Temps de lyse des euglobulines (TLE): Mesure le temps nécessaire pour que des euglobulines (protéines) forment un caillot et se dissolvent.
VN: 2 heures.
Moins de 1h45: Hyperfibrinolyse (les caillots se dissolventtrop vite).
Test de veinocclusion: Permet de voir si le corps libère assez de substances pour dissoudre les caillots.
Dosage des D-dimères: Indique la présence de caillots encours de dissolution. Très utile pour exclure une thrombose veineuse profonde.
Investigation des troubles du métabolisme protéique
1. Dosage des protéines totales
Mesure la quantité totale de protéines dans le sang.
VN:6,5 à 8,5 g/dL.
Deux types principaux: albumines (4,5 g/dL) et globulines (2,5 à 3 g/dL).
Hypoprotéinémie(moins de 6,5 g/dL): Manque de protéines dû à:
Manque de nourriture.
Problème de fabrication (maladie du foie).
Problème d'absorption (intestin).
Perte (parles reins ou les intestins).
Hyperprotéinémie: Trop de protéines (maladies du sang comme certains cancers).
2. Vitesse de Sédimentation (VS)
Mesure la vitesse à laquelle lesglobules rouges tombent dans un tube de sang. Elle est influencée par les protéines plasmatiques.
Technique: On prend du sang avec un anticoagulant, on le met dans un tube vertical, et on mesure la hauteur du plasma après 1 heure et 2 heures.
VN:
Hommes: 1-10 mm (1h), 7-15 mm (2h).
Femmes: 2-13 mm (1h), 12-17 mm (2h).
Facteurs influençant la VS:
Anémie: Augmente la VS.
Polyglobulie: Diminue la VS.
Albumines: Diminuent la VS.
Globulines et certaines protéines (CRP, fibrinogène): Augmentent la VS.
Augmentée: Infections (tuberculose, septicémie), inflammation (infarctus, rhumatisme), tumeurs.
Diminuée: Polyglobulie.
3. Tests de labilité sérique colloïdale
Ces tests évaluent la stabilité des protéines dans le sérum, souvent affectée en cas de dysfonctionnement du foie.
Réaction de Hayem (Réversible et Irréversible): Utilise une solution pour faire précipiter les protéines.
Réaction de Thymol: Utilise le réactif de thymol.
VN: 0-4 unités MacLogan.
Plusde 4 unités: Indique une diminution de l'albumine et une augmentation des globulines (problèmes de foie).
4. Électrophorèse des protéines plasmatiques
Sépare les protéines du sérum en 5 groupesprincipaux, ce qui donne des informations sur différentes maladies.
Albumines:
VN: 4-5 g/dL (60% du total).
Hypoalbuminémie: Diminution (problème de fabrication parle foie, perte par les reins ou intestins, brûlures, infections graves).
Hyperalbuminémie: Augmentation (rare, certaines leucémies, dénutrition au début).
Globulines:
VN: 2,5-3 g/dL (40% du total).
Types: Alpha 1, Alpha 2, Bêta, Gamma.
Hyperglobulinémie: Augmentation (infections aiguës/chroniques, maladies du foie).
Augmentent dans... | Diminuent dans... | |
Alpha 1 et 2 globulines | Inflammations aiguës, polyarthrite, néoplasies, syndrome néphrotique, tuberculose. | Alcoolisme chronique. |
Bêtas globulines | Mononucléose, diphtérie, hépatites, syndrome néphrotique, hyperlipidémies. | |
Gammas globulines | Infections bactériennes/virales chroniques, maladies parasitaires, maladies auto-immunes, maladies du foie (cirrhose). | Malnutrition, brûlures graves, déficits immunitaires (agammaglobulinémie). |
Immunoélectrophorèse: Analyse les sous-types de gammaglobulines (IgG, IgA, IgM, IgD, IgE).
5. Protéines de phase aiguë (PPA)
Ce sont des protéines dont la concentration change rapidement en cas d'inflammation ou d'infection.
PPA positives (+): Augmentent en cas d'inflammation (Alpha 1-antitrypsine, céruloplasmine, haptoglobine, CRP, fibrinogène).
PPA négatives (-): Diminuent en cas d'inflammation (Albumine, pré-albumine, transferrine).
Les plus courantes:
Protéine C-réactive (CRP): Marqueur très sensible d'inflammation. VN: 0,7-2,3 mg/L.
Fibrinogène: Protéine de la coagulation, augmente en inflammation. VN: 2-4g/L.
Haptoglobine: Augmente de 2-3 fois en cas d'inflammation. VN: 0,3-1,8 g/L.
6. Diagnostic enzymatique dans l'infarctus du myocarde (Crise cardiaque)
Certaines enzymes sont libérées dans le sang lorsque le muscle cardiaque est endommagé.
Créatine PhosphoKinase (CPK): Enzyme présente dans les muscles (cœur, squelette, cerveau).
VN: 5 à 130 UI/L.
Élevée: Infarctus, AVC, blessures musculaires. La CPK-MB est spécifique du cœur.
Lactate Déshydrogénase (LDH): Enzyme moins spécifique, présente dans de nombreux tissus.
VN: 40 à 160 UI/L.
Élevée: Infarctus, maladies du foie, cancers.
Transaminase Glutamique Oxaloacétique (TGO ou ASAT): Également présente dans le foie et d'autres organes.
VN: 2 à 20 UI/L.
Élevée: Infarctus, cirrhose, AVC.
7. Dérivés nitrés du catabolisme des protéines (Déchets des protéines)
Ces substances sont produites quand le corps dégrade les protéines et sont éliminées par les reins. Ellessont des indicateurs de la fonction rénale et du métabolisme des protéines.
Urée: Produit final de la dégradation des protéines.
VN: 15-45 mg/dL.
Augmentée: Alimentation riche en protéines, forte dégradation des protéines (fièvre), insuffisance rénale.
Diminuée: Grossesse, convalescence, maladies graves du foie.
Créatinine: Produit de la dégradation de la créatine musculaire. Très bon indicateur de la fonction rénale.
VN (sang): 6-18 mg/dL.
Augmentée: Effort physique, acromégalie, problèmes rénaux.
Diminuée: Immobilisation prolongée,hyperthyroïdie.
Acide urique: Produit de la dégradation des purines.
VN (sang): 2-7 mg/dL.
Augmenté: Goutte,leucémies.
Diminué: Insuffisance rénale grave.
Investigation de la réponse inflammatoire
1. Schéma d'investigation de la réponse inflammatoire
L'inflammation est laréaction du corps pour se défendre. Plusieurs tests combinés donnent des informations.
Vitesse de Sédimentation (VS): Augmentée en cas d'inflammation.
Protéines de phase aiguë (PPA): CRP, fibrinogène, haptoglobinesont augmentées.
Électrophorèse des protéines: Montre une augmentation des alpha1, alpha2 et bêta-globulines.
Leucogramme: Augmentation du nombre de leucocytes (leucocytose) et des neutrophiles (neutrophilie).
2. Tests de différenciation exsudat-transudat
Ces tests aident à savoir si un liquide anormal (par exemple, dans les poumons ou l'abdomen) est dû à une inflammation (exsudat) ou à un problème mécanique (transudat).
Réaction de Rivalta: Test rapide: une goutte du liquide dans de l'eau avec de l'acide acétique.
Positive (+): Si le liquide se trouble comme de la fumée, c'est un exsudat (inflammation, infection, cancer).
Négative (-): Si rien ne se passe, c'est un transudat (problèmes de pression, manque de protéines).
Test | Transudat | Exsudat |
Aspect | Clair | Opalescent |
Fibrinogène | Absence de caillot | Caillot |
Rivalta | - | + |
Glucose | = Taux sanguin | < 60 mg/dL |
LDH | < 0,6 | > 0,6 |
Densité | < 1,015 | > 1,015 |
Protéines totales | < 30 g/L | > 30 g/L |
Rapport Protéines (liquide/sérum) | < 0,5 | > 0,5 |
Investigation des troubles du système nerveux central
1. Prélèvement du liquide céphalo-rachidien (LCR) et mesure de pression
Le LCR est le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière.
Ponction lombaire: On prélève du LCR avec une aiguille dans le bas du dos (entre L4 et L5).
Pressiondu LCR: Mesurée pendant la ponction.
VN: Adulte 6 à 20 cm d'eau.
Augmentée: Infections, tumeurs, complications d'hypertension.
Diminuée: Hémorragie grave, hypotension.
2. Examen macroscopique et microscopique du LCR
Macroscopique (à l'œil nu):
Normal: Clair comme de l'eau de roche.
Pathologique:
Trouble/nuageux: Trop de cellules ou de protéines.
Purulent: Méningite bactérienne (beaucoup de cellules).
Hémorragique: Saignement cérébral ou erreurde ponction (le liquide reste rouge).
Xanthochromique (jaune): Ancien saignement, ictère grave.
Microscopique (au microscope): On compte et on identifie les cellules.
VN: 0-3 lymphocytes/mm³. Pas d'autres cellules.
Pléocytose (trop de cellules):
Lymphocytes: Méningite virale, tuberculeuse, sclérose en plaques.
PMN (Polynucléaires): Méningite bactérienne.
Cellules tumorales: Cancer.
3. Examen biochimique du LCR
Protéinorachie(protéines dans le LCR):
VN: 0,15-0,45 g/L.
Augmentée: Processus inflammatoires (méningite), traumatismes, tumeurs.
Diminuée: Dénutrition.
Tests de Pandy et Nonna-Appelt: Révèlent la présence de protéines augmentées.
Glycorachie (glucose dans le LCR):
VN: 0,45-0,75 g/L (environ 50-60% du glucose sanguin).
Augmentée: Diabète, encéphalite.
Diminuée: Méningite bactérienne ou tuberculeuse (les bactériesconsomment le glucose).
Chlorurorachie (chlorures dans le LCR):
VN: 7-7,5 g/L.
Augmentée: Néphrite.
Diminuée: Méningite.
4. Diagnostic en laboratoire de la méningite
Les étapes essentielles après une ponction lombaire:
Examen macroscopique et microscopique (voirci-dessus).
Mise en culture: Pour identifier la bactérie ou le champignon responsable et tester les antibiotiques.
Paramètres biochimiques: Rapport glycorachie/glycémie (diminué en méningite bactérienne), protéinorachie (élevée en méningite bactérienne), CRP (élevée en méningite bactérienne).
Coloration de Gram: Pour observer rapidement les bactéries au microscope.
5. Électroencéphalogramme (EEG)
Enregistre l'activité électrique du cerveau. Utile pour détecter des anomalies.
Normal: Présence de rythmes alpha (yeux fermés) et bêta (yeux ouverts).
Pathologique:
Disparition des rythmes (coma, mort cérébrale).
Modifications localisées (tumeurs).
Anomalies dans l'épilepsie.
Investigation des troubles de la fonction respiratoire
1.Volumes et capacités de respiration statique avec spiromètre humide
La spirométrie mesure les volumes d'air que les poumons peuvent contenir et déplacer. Le spiromètre humide est un appareil qui enregistre les mouvements d'air.
VolumeCourant (VC): Air respiré normalement (500 mL).
Volume de Réserve Inspiratoire (VRI): Air qu'on peut inspirer en plus après une inspiration normale (1500-2500 mL).
Volume Expiratoire de Réserve (VRE): Air qu'on peut expirer en plus après une expiration normale (800-1500 mL).
Volume Résiduel (VR): Air qui reste toujours dans les poumons après une expiration forcée (1000-1200 mL).
Capacité Vitale (CV): Volume maximal d'air qu'on peut expirer après une inspiration maximale (VC + VRI + VRE) (3500-4500 mL).
Capacité Pulmonaire Totale (CPT): Volume total d'air dans les poumons après une inspiration maximale (CV + VR).
2. Volumes et capacités de respiration dynamique avec spiromètre sec
Le spiromètre sec mesure la vitesse à laquelle l'air est expiré.
Volume Expiratoire Maximum par Seconde (VEMS ou FEV1): Volume d'air expulsé en 1 seconde après une inspiration maximale.
Normal: VEMS doit être au moins 80%de la Capacité Vitale (CV).
3. Changements dans les volumes et débits ventilatoires
Diminution de la CV: Indique un syndrome restrictif (problèmes qui limitent l'expansion despoumons ou de la cage thoracique).
Augmentation du VR: Indique un syndrome obstructif (l'air a du mal à sortir, comme dans l'asthme ou la BPCO).
Diminution du VEMS: Indique un syndrome obstructif (problème d'évacuation rapide de l'air).
Index de Tiffeneau (VEMS/CV):
Normal: > 70%.
Obstructif: < 70% (l'air est bloqué, difficile à expulser vite).
Restrictif: > 70% (les volumes sont petits, mais l'air sort vite).
CVF (% théorique) | Index de Tiffeneau (VEMS/FVC) | |
Normal | > 80% | > 70% |
Obstructif | > 80% | < 70% |
Restrictif | < 80% | > 70% |
Mixte | < 80% | < 70% |
4. Tests de bronchomotricité
Ces tests évaluent la réactivité des bronches (les tuyaux qui mènent l'air aux poumons).
Tests de bronchoconstriction (ou provocation): On fait inhaler une substance (allergène, histamine).
Si le VEMS diminue, cela signifie que les bronches se sontresserrées (spasme), ce qui peut indiquer de l'asthme.
Tests de bronchodilatation: On fait inhaler un médicament qui ouvre les bronches (bronchodilatateur).
Si le VEMSs'améliore de plus de 20%, cela confirme que le problème est un spasme réversible.
5. Analyse des gaz du sang (Gazométrie artérielle)
Mesure la quantité d'oxygène (O2) et de dioxyde de carbone (CO2) dans le sang, ainsi que l'acidité (pH).
PaO2 (Pression partielle d'oxygène): Indique l'oxygène qui passe des poumons au sang. VN: > 80 mmHg.
PaCO2 (Pression partielle de dioxyde de carbone): Indique l'élimination du CO2 par les poumons. VN: 35-45 mmHg.
pH: L'acidité du sang. VN: 7,35-7,45.
SaO2 (Saturation en oxygène): Pourcentage d'hémoglobine qui transporte l'O2. VN: 95-100%.
Types d'insuffisance respiratoire:
Type I: Hypoxémie (manque d'O2) avec normocapnie (CO2 normal).
Type II: Hypoxémie (manque d'O2) avec hypercapnie (trop de CO2).
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