Synthèse complète sur les cancers gynécologiques, seins et digestifs + myélome
50 cardsSynthèse des connaissances sur le cancer du sein, de l'endomètre, des ovaires, du col de l'utérus, de la vulve, du vagin, du myélome multiple, et des cancers digestifs (œsophage, estomac, pancréas, foie). Détaille l'épidémiologie, l'histologie, le diagnostic, les traitements et les pronostics pour chaque type de cancer. Met en lumière le rôle des infirmières dans la prise en charge, les avancées thérapeutiques comme les CAR T-cells, et les complications courantes des tumeurs digestives.
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CANCER DU SEIN
Le cancer du sein est une pathologie caractérisée par la prolifération incontrôlée de cellules mammaires. Il est le cancer le plus fréquent en termes d'incidence et de mortalité chez la femme, mais peut aussi toucher l'homme (environ 1% des cas).
Épidémiologie
Incidence et Mortalité : Le cancer du sein est le plus fréquent en termes d'incidence et de mortalité chez la femme.
Dépistage : Un dépistage précoce améliore le pronostic, avec un taux de survie d'environ 87%.
Nouveaux cas : 61 214 nouveaux cas en France métropolitaine en 2023.
Âge médian : 64 ans au diagnostic, 74 ans au décès.
Prévalence : Estimée à 913 089 personnes en 2017.
Sexe : Touche majoritairement les femmes (99%), mais 1% des cas concernent les hommes, souvent avec un pronostic plus défavorable.
Facteurs de risque (Maladie multifactorielle)
Sexe : Principalement féminin.
Âge : Augmente avec l'âge.
Antécédents personnels : Cancer du sein, de l'ovaire.
Antécédents familiaux : Cancers du sein, de l'ovaire.
Irradiation thoracique : À forte dose.
Prédispositions génétiques : Mutations BRCA1 et/ou BRCA2.
Traitements hormonaux : Certains traitements hormonaux de la ménopause, pilule œstro-progestative.
Mode de vie : Consommation de tabac, d'alcool, surpoids, sédentarité.
Dépistage du cancer du sein
Programme organisé : S'adresse aux femmes de 50 à 74 ans sans facteurs de risque autres que l'âge. Il comprend une mammographie bilatérale et une échographie.
Dépistage personnalisé : Pour les femmes à haut risque, une IRM mammaire peut être ajoutée à la mammographie.
Histologie du cancer du sein
Le compte rendu histologique précise le type, la taille, le grade, le statut des récepteurs hormonaux et d'autres marqueurs.
Types histologiques principaux
Carcinome canalaire : Sans type spécifique (75-85%).
Carcinome lobulaire infiltrant : (8-15%).
Informations complémentaires sur le compte rendu histologique
Taille de la lésion.
Grade : De I à III selon Elston-Ellis.
Ki 67 : Index mitotique.
Statut des récepteurs hormonaux : Récepteur œstrogène (RO), Récepteur progestérone (RP).
TIL : Lymphocytes infiltrant la tumeur.
Statut Her2 : Score de 0 à 3.
Présence d'emboles vasculaires.
Marges et limites d'exérèse.
Triple négatif : Si RH-, Her2-. Préciser le score CPS (score combiné positif), PDL1, récepteurs aux androgènes.
Classification TNM après chirurgie
Cancer du sein triple négatif : (RH -, Her2 -).
Cancer du sein hormonal : (RO+ +/- RP) avec Her2 3+ ou -.
Cancer du sein HER2 3+ : et RH-.
Bilan pré-thérapeutique
En cas de suspicion de lésion mammaire, la démarche diagnostique est structurée.
Premiers examens
Mammographie et échographie mammaire : Bilatérale et axillaire bilatérale.
IRM mammaire : Si nécessaire.
Biopsie : (Micro ou macro) de la lésion du sein et axillaire pour caractérisation.
Bilan d'extension (si lésion > 2 cm)
Scanner TAP : Thoraco-abdomino-pelvien ou TEP FDG.
IRM cérébrale : Si symptômes neurologiques (céphalées, vomissements, déficit moteur).
Bilan pré-thérapeutique en cas de chimiothérapie néo-adjuvante
Bilan sanguin et nutritionnel : Albumine, pré-albumine.
Échographie cardiaque : Avant l'administration d'anthracyclines.
Pose de PAC : (Port-à-cath) avant toute chimiothérapie.
Consultation d'onco-fertilité : Pour les femmes en âge de procréer.
Consultation oncogénétique : Selon des critères précis.
Consultation d'annonce : Avec l'infirmier(ère) (IDE) et orientation vers les soins de support.
Traitements du cancer du sein
1. Chirurgie
Cancer localisé (< 2 cm, RH+) : Chirurgie première (tumorectomie ou mastectomie) +/- curage axillaire ou ganglion sentinelle.
Chimiothérapie adjuvante : Peut être nécessaire selon les résultats histologiques post-chirurgie.
2. Chimiothérapie
Cancer localisé :
Néo-adjuvante : Avant la chirurgie.
Adjuvante : Après la chirurgie.
Séquence de chimiothérapie :
1ère séquence : Anthracyclines et cyclophosphamide (3-4 séances tous les 21 jours).
2ème séquence : Paclitaxel (9-12 injections hebdomadaires).
Rôle de l'IDE : S'assurer de la fonctionnalité du PAC avant l'administration.
Traitements ciblés :
HER2 3+ : Double blocage par trastuzumab et pertuzumab.
Triple négatif : Immuno-chimiothérapie (carboplatine + pembrolizumab).
Cancer métastatique : La décision dépend du statut RH et Her2.
Triple négatif : Chimiothérapie +/- immunothérapie (si score CPS > 10).
RH+ et HER2 - : Hormonothérapie + inhibiteur CDK4/6 (ribociclib, palbociclib).
RH-, Her2 3+ : Chimiothérapie + anti-HER2 (trastuzumab, pertuzumab, trastuzumab emtasine, trastuzumab deruxtecan).
3. Radiothérapie
Cancer localisé : Radiothérapie adjuvante du site opératoire ou de la paroi thoracique (+/- aires ganglionnaires) après chirurgie et/ou chimiothérapie.
Maladie métastatique : Radiothérapie sur une lésion métastatique menaçante ou symptomatique (ex: métastase osseuse douloureuse).
4. Hormonothérapie
Cancer localisé RH+ : Hormonothérapie adjuvante (tamoxifène si non ménopausée, inhibiteurs d'aromatase si ménopausée) pendant 5 à 8 ans.
Cancer métastatique RH+ : Hormonothérapie associée à d'autres traitements (létrozole-ribociclib, aromasine-exemestane).
Autres traitements
Cryothérapie, électrochimiothérapie, radio-fréquence, cimentoplastie : Pour maladie contrôlée ou à visée symptomatique.
Inhibiteurs de la résorption osseuse : En cas de métastases osseuses (zometa, Xgeva).
Castration chimique ovarienne : Par agonistes LH-RH (Zoladex, Enantone, Decapeptyl).
Soins de support
Professionnels : Psychologue, nutritionniste, assistante sociale, IDE.
Activités : Activité physique, art-thérapie.
Gestion : Sexualité, accompagnement fin de vie, prise en charge de la douleur.
Rôle prépondérant de l'IDE dans la prise en charge du cancer du sein
L'infirmier(ère) intervient à toutes les étapes de la prise en charge.
Consultation d'annonce : Coordination, gestion de la thérapie orale, rôle en HDJ (hôpital de jour).
Avant la chimiothérapie : Vérification du PAC fonctionnel, de l'ETT (échographie trans-thoracique), des bilans sanguins, et des rendez-vous ultérieurs.
Pendant la chimiothérapie : Surveillance du déroulement, évaluation des effets secondaires.
Après la chirurgie : Interface ville-hôpital, soins de cicatrice, gestion des médicaments post-opératoires.
Maladie métastatique/hormonothérapie : Gestion des effets secondaires en lien avec le médecin (IDE thérapie orale, IPA).
Orientation : Vers les autres professionnels de soins de support.
Bilans spécifiques : Sanguins pré-chimio, génétiques, rôle en oncofertilité (recueil d'ovocytes).
Autour et après le cancer du sein
Grossesse après cancer du sein
Envisageable sous conditions et après décision individuelle en RCP (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire).
Conditions : Cancer localisé, traité, en rémission complète.
Délai : Au moins 2 à 3 ans après la fin du traitement.
Bilan pré-grossesse : Examen clinique, imagerie mammaire, bilan biologique, bilan d'extension, échographie cardiaque.
Arrêt du Tamoxifène : Au moins 10 semaines avant la grossesse.
Suivi : Rapproché en maternité de niveau 2 ou 3.
Cancer du sein pendant la grossesse
Chimiothérapie : Possible à partir du 2ème trimestre.
Chirurgie : Possible.
Contre-indications : Radiothérapie et certaines molécules anti-néoplasiques.
Sexualité
Impact : Baisse de la libido, sécheresse vaginale.
Conseil : La sexualité peut être maintenue et satisfaisante.
Contraception : Stérilet cuivre, préservatif, ligature des trompes, vasectomie.
Évaluation des effets à long terme
Physiques et psychosociaux : Troubles cognitifs, dépression, anxiété, image corporelle, lymphœdème, fatigue, troubles du sommeil, neuropathie.
Promotion de la santé : Nutrition, activité physique, lutte contre l'obésité, limitation de l'alcool.
Retour à l'emploi.
Exemples de QCM
Question 1
Parmi les propositions suivantes, laquelle est vraie ? Avant de faire une chimiothérapie chez une patiente de 65 ans qui présente un cancer du sein gauche localisé, récepteurs hormonaux positifs, Her2 négatif, Ki 67 à 15 %, grade 2 ; l'IDE qui l'accueille et vérifie son dossier avant la chimiothérapie doit obligatoirement s'assurer de :
Que la patiente a une chambre implantable ou un cathéter veineux à insertion centrale avec un reflux présent.
Que la patiente a une date de RDV avec son oncologue.
Que la patiente a une consultation d'anesthésie.
Que la patiente est à jeun.
Que la patiente est en possession de ses ordonnances de support.
Question 2
En termes d'épidémiologie sur le cancer du sein, cochez la ou les réponses vraie(s) :
C'est le premier cancer en termes d'incidence chez la femme.
C'est le premier cancer en termes de mortalité chez la femme.
La nulliparité, le surpoids et l'obésité, la contraception hormonale sont des facteurs de risque de développer le cancer du sein.
L'âge moyen au diagnostic est de 35 ans.
Il ne touche jamais les hommes.
Réponses
A
A, B, C
CANCERS GYNÉCOLOGIQUES
Les cancers gynécologiques regroupent plusieurs types de cancers affectant les organes reproducteurs féminins. Cette section aborde les cancers de l'ovaire, de l'endomètre, du col de l'utérus, du vagin et de la vulve.
Cancer de l'endomètre
Le cancer de l'endomètre est le cancer gynécologique le plus fréquent en termes d'incidence en France.
Épidémiologie
Incidence : 6 300 nouveaux cas par an en France.
Population : Principalement les femmes ménopausées (âge médian 68 ans).
Facteurs de risque :
Hyperoestrogénisme : Obésité, puberté précoce, ménopause tardive, tamoxifène, traitement hormonal substitutif, SOPK (Syndrome des Ovaires Polykystiques).
Génétique : Syndrome de Lynch.
Autres : Âge, hypertension artérielle, diabète de type 2.
Histologie
Carcinome endométrioïde : Bon pronostic, stade localisé, lié à l'hyperoestrogénisme.
Autres types : Carcinosarcome, à cellules claires, papillaire séreux (mauvais pronostic).
Pronostic
Type histologique.
Extension (classification FIGO).
État général.
Diagnostic
Symptômes :
Métrorragies post-ménopausiques.
Leucorrhées.
Découverte fortuite lors d'une échographie pelvienne.
Douleurs pelviennes, troubles urinaires, digestifs, altération de l'état général, ascite (stades avancés).
Examens :
Clinique : Spéculum (avec pipelle de Cornier pour prélèvement), toucher vaginal et rectal.
Biologique : Pas de marqueurs tumoraux spécifiques.
Imagerie : Échographie pelvienne, IRM pelvienne et TDM TAP (thoraco-abdomino-pelvien).
Biopsie : Hystéroscopie diagnostique.
Traitement
Chirurgie : Si localisé, hystérectomie et annexectomie bilatérale + exploration ganglionnaire.
Radiothérapie +/- curiethérapie : En cas de facteurs de pronostic défavorables pour prévenir les rechutes locales.
Chimiothérapie +/- immunothérapie :
En adjuvant si facteurs de mauvais pronostic pour prévenir les rechutes à distance.
Si stade avancé (non opérable), traitement systémique palliatif pour améliorer la qualité de vie.
Surveillance
Clinique : Seul examen systématique est la mammographie (pour le dépistage du cancer du sein, souvent associé).
Cancer des ovaires
Le cancer des ovaires est la première cause de décès par cancer gynécologique, souvent découvert tardivement.
Épidémiologie
Incidence : 4 400 cas par an en France.
Mortalité : 3 400 décès par an en France (découverte tardive, pas de test de dépistage efficace).
Population : Femmes de 60 ans.
Facteurs de risque :
Majorité : Cas sporadiques.
Protecteurs : Multiparité, pilule œstroprogestative, allaitement, hystérectomie, ligature des trompes.
Risque : Histoire familiale, cancer du sein, nulliparité, infertilité, AMP (Assistance Médicale à la Procréation), endométriose.
BRCA : Annexectomie prophylactique vers 40-45 ans.
Diagnostic
Symptômes : Souvent généraux et tardifs.
Douleurs pelviennes, augmentation du diamètre abdominal, ascite, compression, dyspnée (si épanchement pleural).
Examens :
Clinique : Recherche de nodules, fixité et dureté aux touchers pelviens.
Imagerie : Échographie pelvienne (examen clé), IRM pelvienne, TDM TAP.
Biologie : CA 125, HCG totales, inhibine B, AFP.
Cœlioscopie diagnostique : Pour évaluer la résécabilité.
Échographie pelvienne (critères de suspicion)
Taille > 6 cm.
Caractère bilatéral.
Parois épaisses, contours irréguliers.
Contenu hétérogène.
Végétations endo et/ou exo-kystiques.
Cloisons intra-kystiques.
Vascularisation anarchique au Doppler.
Signes associés (ascite, nodules de carcinose).
Histologie
Épithélial : Séreux de haut grade (le plus fréquent), de bas grade, mucineux.
Non épithélial (tumeur germinale) : Choriocarcinome, tumeur des cordons sexuels, dysgerminomes.
Métastases.
Dissémination
Séreuses.
Pronostic
Type histologique, extension (FIGO), état général, chirurgie complète.
T | N | M | Stades FIGO | Définition |
|---|---|---|---|---|
T1 | N0 | M0 | Stade I | Tumeur limitée aux ovaires (1 ou les 2) |
T1a | N0 | M0 | Stade IA | Tumeur limitée à un seul ovaire ; capsule intacte, sans tumeur à la surface de l'ovaire ; pas de cellule maligne dans le liquide d'ascite ou de lavage péritonéal |
T1b | N0 | M0 | Stade IB | Tumeur limitée aux deux ovaires ; capsules intactes, sans tumeur à la surface de l'ovaire ; pas de cellule maligne dans le liquide d'ascite ou de lavage péritonéal |
T1c | N0 | M0 | Stade IC * | Tumeur limitée à 1 ou aux 2 ovaires, avec : |
T2 | N0 | M0 | Stade II | Tumeur intéressant 1 ou les 2 ovaires avec extension pelvienne |
T2a | N0 | M0 | Stade IIA | Extension et/ou greffes utérines et/ou tubaires ; pas de cellule maligne dans le liquide d'ascite ou le liquide de lavage péritonéal |
T2b | N0 | M0 | Stade IIB | Extension à d'autres organes pelviens ; pas de cellule maligne dans le liquide d'ascite ou le liquide de lavage péritonéal |
T3 | et/ou N1 | M0 | Stade III | Tumeur de l'ovaire avec extension péritonéale abdominale et/ou ganglionnaire rétropéritonéale |
T3a | N0 | M0 | Stade IIIA ** | Métastases rétropéritonéales microscopiques péritoine |
T3b | N0 | M0 | Stade IIIB | Métastases péritonéales extra-pelviennes |
T3c | et/ou N1 | M0 | Stade IIIC | Métastases péritonéales extra-pelviennes |
Tous T | Tous N | M1 | Stade IV *** | Métastases à distance |
Traitement (multidisciplinaire)
Objectif : Amener à la résécabilité.
Chirurgie ("Débulking") : Annexectomie bilatérale, hystérectomie, ganglion sentinelle, omentectomie +/- appendicectomie, résection de la maladie visible.
Chimiothérapie + thérapies ciblées : Carboplatine-Paclitaxel, Bévacizumab, Olaparib.
Cancer du col utérin
L'incidence et la mortalité du cancer du col utérin sont en baisse grâce au dépistage et à la prévention.
Épidémiologie
Incidence : 3 000 nouveaux cas par an en France.
Mortalité : 1 000 décès par an.
Population : Femmes jeunes (âge médian 50 ans).
Facteurs de risque : HPV (Papillomavirus), tabagisme actif, co-infection (Chlamydiae ou Herpétique), utilisation prolongée de contraceptifs oraux, déficit immunitaire (VIH).
Prévention : Papillomavirus HPV
Vaccination (GARDASIL) : En France, recommandée de 11 à 26 ans révolus pour les femmes et les HSH (Hommes ayant des relations Sexuelles avec des Hommes). Réduit aussi d'autres cancers liés à l'HPV.
Dépistage :
25-29 ans : Examen cytologique à 1 an d'intervalle.
À partir de 30 ans : Test HPV tous les 5 ans, 3 ans après le dernier examen cytologique normal.
Diagnostic
Symptômes : Dyspareunies, métrorragies post-coïtales, leucorrhées, douleur pelvienne, symptômes vésicaux ou rectaux, lymphœdème.
Examens :
Clinique : Au spéculum (colposcopie), toucher rectal et vaginal.
Imagerie : IRM pelvienne, TEP au 18 FDG.
Histologie
Carcinome épidermoïde.
Carcinome à cellules claires : Lié au Distilbène.
Pronostic
Type histologique, état général, extension (FIGO).
Traitement
Chirurgie : Si localisé (< 4 cm), hystérectomie et annexectomie bilatérale + exploration ganglionnaire (objectif : guérison).
Radio-chimiothérapie-immunothérapie puis curiethérapie : Si localement avancé (objectif : guérison).
Chimiothérapie et immunothérapie : Si stade avancé (non opérable), traitement systémique palliatif (objectif : améliorer la qualité de vie).
Cancer de la vulve
Épidémiologie
Rare, touche les femmes âgées.
Facteurs de risque : HPV, lichen scléreux, immunodéficience, tabac, âge.
Pronostic : État général, extension (FIGO), résécabilité.
Histologie
Carcinome épidermoïde.
Traitement
Chirurgie ++, +/- Radiothérapie.
Cancer du vagin
Épidémiologie
Rare, touche les femmes âgées.
Facteurs de risque : HPV.
Pronostic : État général, extension (FIGO), résécabilité.
Histologie
Carcinome épidermoïde.
Traitement
Chirurgie ++, +/- Radiothérapie.
SEPTEMBRE TURQUOISE
Campagne de sensibilisation et de lutte contre les cancers gynécologiques.
Exemples de QCM
Question 1
Parmi les définitions suivantes, laquelle est vraie :
A. Le cancer des ovaires est le cancer gynécologique le plus fréquent en terme d'incidence en France.
B. Le cancer du corps de l'utérus est le cancer gynécologique le plus fréquent en terme d'incidence en France.
C. On réalise le diagnostic de cancer des ovaires grâce à une colposcopie.
D. On réalise le diagnostic du cancer de l'endomètre grâce à une colposcopie.
Réponse : B
MYÉLOME MULTIPLE
Le myélome multiple, aussi appelé maladie de Kahler, est une hémopathie maligne caractérisée par la prolifération clonale de plasmocytes tumoraux dans la moelle hématopoïétique.
Historique
1844 : Premier cas rapporté à Londres (Sarah Newbury).
1873 : Première utilisation du terme "Multiple Myeloma" par Von Rustizky.
1989 : Description par Otto Kahler, qui donnera son nom à la maladie.
Définition
Classification OMS 2016 : Hémopathie lymphoïde, tumeur à cellules B.
Caractéristique : Développement d'un clone de plasmocytes tumoraux envahissant la moelle hématopoïétique.
Entités associées
MGUS : Gammapathie Monoclonale de Signification Indéterminée.
Plasmocytome solitaire : Osseux ou extra-osseux.
Épidémiologie
Fréquence : 2ème hémopathie maligne la plus fréquente.
Proportion : 1% de l'ensemble des cancers, 10% des hémopathies malignes.
Mortalité : 2% de la mortalité par cancer en France.
Incidence : Environ 4 000 nouveaux cas par an en France (5-6/100 000 habitants).
Âge médian : Environ 70 ans au diagnostic.
Sex ratio : H/F : 1.5.
Facteurs favorisants : Mal connus (radiations ionisantes, pesticides, obésité, solvants organiques comme le benzène).
Présentation clinique
Asymptomatique : Plus de 20% des cas.
Altération de l'état général : Liée à l'anémie (asthénie, pâleur, dyspnée, tachycardie), insuffisance rénale, hypercalcémie.
Douleurs osseuses : Liées aux lésions osseuses, fractures pathologiques, tassements vertébraux (risque de compression médullaire).
Complications infectieuses : Pneumocoque et BGN (Bacilles Gram Négatif) surtout.
Complications inaugurales : Insuffisance rénale, compression médullaire, syndrome hémorragique, hypercalcémie, syndrome d'hyperviscosité.
Principaux signes biologiques
1. Vitesse de Sédimentation (VS)
Augmentée (>100) dans 85% des cas, mais peu utilisée en pratique. Peut être normale dans les myélomes à chaînes légères ou non excrétants.
2. Hémogramme
Anémie : Normochrome, normocytaire, arégénérative (infiltration plasmocytaire médullaire, insuffisance rénale, déficit en EPO, suppression de l'érythropoïèse, hémodilution).
Rouleaux érythrocytaires : Sur le frottis sanguin.
Thrombopénie, leucopénie : Rares, liées à l'envahissement médullaire.
Plasmocytes circulants : Exceptionnel au diagnostic (2%), évoquant une leucémie à plasmocytes.
3. Électrophorèse des Protéines Sériques (EPP)
Mise en évidence d'un pic monoclonal et/ou d'une hypogammaglobulinémie.
Immunofixation : Détermine l'isotype de la chaîne lourde et légère.
55% IgG, 25% IgA, 15% chaînes légères, <5% autres (IgD).
Chaînes légères : (2/3), (1/3).
Dosage pondéral des Ig sériques : IgG, IgA, IgM.
Quantification du pic : Par intégration de l'aire sous la courbe (recommandé) ou par néphélémétrie/turbidimétrie.
4. Protéinurie des 24H
Électrophorèse des protéines urinaires et immunofixation : Mise en évidence de la chaîne légère libre ou dans 90% des cas (protéinurie de Bence Jones).
Dosage des chaînes légères libres sériques.
5. Myélogramme
Mise en évidence d'une plasmocytose pathologique avec un envahissement > 10% de la cellularité totale.
Anomalies morphologiques plasmocytaires : Cytoplasme très basophile, noyau ovalaire très excentré.
Infiltrat partiel avec persistance de la lignée granuleuse.
6. Autres éléments biologiques du bilan initial
Urée, créatininémie, clairance de la créatinine : Recherche d'une insuffisance rénale.
Calcémie, calcium corrigé.
Groupe, Rhésus, RAI, sérologies.
Albumine, -microglobuline, LDH et CRP à visée pronostique.
7. Immunophénotypage des plasmocytes médullaires
Utilise des marqueurs pour identifier les plasmocytes, les marqueurs aberrants et de clonalité.
Tube | Antigène cible | Identification plasmocyte | Marqueur aberrant | Marqueur clonalité |
|---|---|---|---|---|
Marqueurs de base | CD38 | X | C | |
CD138 | X | |||
CD45 | X | C | ||
CD19 | X | C | ||
Tube 1 | Cylg | X | ||
Cylg | X | |||
CD56 | C | |||
micro | S | |||
Tube 2 | CD27 | S | ||
CD28 | S | |||
CD117 | S | |||
CD81 | S |
8. Analyse cytogénétique en FISH
Permet de détecter des anomalies chromosomiques spécifiques.
Imagerie
1. Radiographie squelette entier
Crâne, rachis cervico-dorso-lombaire, bassin, grill costal et sternum, os longs (fémur et humérus).
Recherche de géodes d'ostéolyse, ostéoporose diffuse, tassements vertébraux, fractures pathologiques.
2. IRM pan rachidienne + bassin
Identification de lésions osseuses non visibles en radiologie conventionnelle.
Diagnostic des complications radiologiques (compressions médullaires ou radiculaires).
3. TDM corps entier faible dose
Détection de petites lésions ostéolytiques.
Visualisation de localisations extra-osseuses.
4. IRM corps entier
Non irradiant.
Détection des petites lésions.
Visualisation de localisations extra-osseuses.
5. TEP au FDG
Alternative à l'IRM corps entier pour distinguer MM indolent et symptomatique.
Suivi de la maladie résiduelle.
Pronostic.
Diagnostic
Myélome multiple
Plasmocytose médullaire clonale (ou plasmocytome prouvé par biopsie) et présence d'une atteinte myélomateuse :
Atteinte d'organe (critères CRAB) :
C = Hypercalcémie (> 0.25 mmol/L au-dessus de la normale ou > 2.75 mmol/L).
R = Insuffisance rénale (clairance de la créatinine < 40 mL/min ou créatinine > 177 mol/L).
A = Anémie (hémoglobine < 10 g/dL ou > 2 g/dL en dessous de la normale).
B = Lésion osseuse ( lésion ostéolytique sur radio, TDM ou TEP-TDM).
OU biomarqueurs de malignité (critères slim-CRAB) :
Plasmocytose médullaire clonale .
Ratio des chaînes légères libres sériques impliquées/non impliquées (et chaîne légère libre impliquée mg/mL).
> 1 lésion focale en IRM ( mm).
Myélome indolent
Les 2 critères suivants sont requis :
Protéine monoclonale sérique (IgG ou IgA) g/L ou protéine monoclonale urinaire mg/24H et/ou plasmocytose médullaire clonale 10-60%.
Absence d'atteinte myélomateuse ou d'amylose.
MGUS (Gammapathie Monoclonale de Signification Indéterminée)
Présence d'une protéine monoclonale sérique < 30 g/L.
Plasmocytose médullaire < 10%.
Absence d'atteinte myélomateuse.
Risque de transformation en myélome : par an.
Stratification du risque : Selon le type d'Ig, le niveau du pic, et le ratio des chaînes légères libres sériques.
Facteurs pronostiques
Classification de Salmon et Durie (1975) - Moins utilisée
Stade Masse tumorale | Stade I () | Stade II () | Stade III () |
|---|---|---|---|
IgG | Ne correspond ni au stade I ni au stade II | ||
IgA | |||
Hb | |||
Lésions osseuses | Pas de lésion | atteintes | |
Protéinurie des 24 h | |||
Calcémie | |||
Critères requis | Tous | critère |
Selon la fonction rénale : A = créatinine < 160 mol/L, B = créatinine > 160 mol/L.
ISS (International Staging System) - Basé sur -microglobuline et albumine
ISS | B2-microglobulinémie | Albuminémie |
|---|---|---|
I | ||
II | ||
III |
Autres facteurs
Anomalies cytogénétiques : t(4;14), del(17p), t(14;16).
Taux de LDH.
R-ISS (ISS + cytogénétique + LDH)
R-ISS | B2-microglobulinémie |
|---|---|
I | ISS stade I, cytogénétique risqué standard et LDH normaux |
II | R-ISS ni I ni III |
III | ISS stade III ET cytogénétique de haut risqué ou LDH élevés |
LDH normaux : < normale, LDH élevés : > normale. Cytogénétique haut risque : présence del(17p) et/ou t(4;14) et/ou t(14;16).
Évaluation de la réponse
Réponse partielle (RP) : Diminution du composant monoclonal sérique de > 50%.
Très bonne réponse partielle (TBRP) : Diminution du composant monoclonal sérique de > 90%.
Réponse complète (RC) : Disparition du composant monoclonal sérique et urinaire avec immunofixation négative et de plasmocytes sur le myélogramme.
Réponse complète stringente (RCs) : RC avec normalisation du ratio des chaînes légères libres sériques et absence de plasmocytes clonaux dans la moelle osseuse en cytométrie de flux.
Maladie stable : Ni progression, ni RP, TBRP ou RC.
Progression : Augmentation du composant monoclonal de > 25% par rapport à la valeur la plus basse.
Rechute d'un MM en RC : Réapparition du composant monoclonal ou tout autre signe de progression.
Myélome réfractaire : Non répondeur ou progressant sous traitement ou dans les 60 jours suivant le dernier traitement.
Myélome en rechute-réfractaire : Non répondeur sous traitement de rattrapage ou progressant dans les 60 jours suivant le dernier traitement, après avoir atteint au moins une réponse minimale (MR).
Myélome réfractaire primaire : Non répondeur chez des patients n'ayant jamais atteint de réponse minimale.
Myélome en rechute : Myélome préalablement traité qui progresse et nécessite un traitement de rattrapage, sans remplir les critères de réfractaire.
Prise en charge thérapeutique
Années 1960 : Apparition du Melphalan.
Années 1980 : Intérêt de l'autogreffe (Melphalan 200 mg/m² + support par cellules souches hématopoïétiques).
Fin 1990 - 2000 : Nouvelles classes thérapeutiques (IMiDs, inhibiteurs du protéasome) Amélioration significative de la survie.
Années 2010-2020 : Développement des Ac monoclonaux anti-CD38.
Indications thérapeutiques
Myélome symptomatique (critères CRAB) ou biomarqueurs de malignité (slim-CRAB).
Pas d'indication thérapeutique pour les myélomes indolents ou les MGUS (hors essais cliniques).
Classes thérapeutiques
Alkylants : Cyclophosphamide, melphalan, bendamustine.
Mécanisme : Inhibition de la réplication de l'ADN.
Toxicité : Hématologique, nausées, vomissements, diarrhées, alopécie.
Inhibiteurs du protéasome : Bortezomib (velcade), carfilzomib (kyprolis), ixazomib.
Mécanisme : Accumulation de protéines malformées, inhibition de la voie NF-B.
Toxicité : Neuropathie (bortezomib), hématologique, infectieuse (réactivation VZV).
Immunomodulateurs (IMiDs) : Thalidomide, lenalidomide (revlimid), pomalidomide (imnovid).
Action : Immunomodulatrice, anti-proliférative, anti-angiogénique, anti-inflammatoire.
Toxicité : Risque thromboembolique veineux, neuropathie (thalidomide), hématologique, réactions allergiques.
Anticorps monoclonaux : Anti-CD38 (daratumumab, isatuximab).
Autres agents : Inhibiteurs d'histone désacétylase, anthracyclines (doxorubicine), Venetoclax (anti-BCl2 pour MM t(11;14)).
Sujets éligibles à la greffe
Standard actuel :
Induction : 4 cycles de Daratumumab, bortezomib, lenalidomide et dexaméthasone.
Intensification : Melphalan forte dose (200 mg/m²) + autogreffe de CSH.
Consolidation : 2 cycles identiques à l'induction, parfois seconde autogreffe.
Entretien : Lenalidomide pendant 2 ans.
Autogreffe de CSH
Objectif : Chimiothérapie forte dose sous couvert d'un greffon de CSH.
Collecte du greffon : G-CSF, Endoxan de mobilisation, Plerixafor (mozobil).
Melphalan haute dose : 200 mg/m² (réduction possible à 140).
Double autogreffe : Pour t(4;14) et del17p.
Complications : Nausées, vomissements, mucite, diarrhée, cytopénie, aplasie fébrile.
Hospitalisation : Environ 3 semaines.
Sujets âgés (> 65-70 ans)
Première ligne : Daratumumab-revlimid-dexaméthasone.
Traitement continu : Jusqu'à progression.
Insuffisance rénale
Bortezomib : Traitement de choix (pas d'élimination rénale).
Lenalidomide : Adaptation posologique selon la clairance de la créatinine.
Rechute
Systématique.
Utilisation d'agents non utilisés en première ligne (inhibiteurs du protéasome de 2nd génération, IMiDs de 2nd génération, bendamustine, etc.).
Association avec corticoïdes.
Traitements continus jusqu'à progression.
Autogreffe si survie sans progression prolongée après 1ère autogreffe.
Essais thérapeutiques.
Place de l'allogreffe de CSH
Sujets jeunes, facteurs de mauvais pronostic (t(4;14), del17p).
En première ou 2ème réponse.
Toxicité importante.
Essais cliniques.
CAR T-cells anti-BCMA
Traitement autologue, coûteux, délais importants.
Utilisé dans le myélome multiple en rechute, accès très limité.
CAR T cells en pratique pour le patient
Leucaphérèse : Collection des leucocytes (quelques heures).
Préparation des CAR : 2-3 semaines (thérapie d'attente).
Conditionnement lymphodéplétant : Chimiothérapie (Fludarabine et Endoxan) (quelques jours).
Injection : Quelques minutes.
Gestion des toxicités : Symptomatique/Anti-IL6R/Corticoïdes (souvent en soins intensifs).
Monitoring : Efficacité, expansion des CAR, biomarqueurs.
Complications des CAR T cells
Syndrome de relargage cytokinique (CRS - cytokine release syndrome) :
Corrélation avec l'activation et l'expansion des CAR T-cells, augmentation des cytokines inflammatoires.
Symptômes : Fièvre très élevée, myalgies, asthénie, anorexie, dyspnée, fuite capillaire, hypoxie, hypotension, défaillance d'organes.
Surveillance : Constantes vitales, diurèse, conscience, vigilance, tremblements.
Biologique : NFS, plaquettes, ionogramme, bilan de lyse, hémostase, bilan rénal et hépatique, bilan inflammatoire (CRP, ferritine).
Prise en charge : Urgence oncologique, tocilizumab (anti-IL6 R).
Toxicité neurologique : Encéphalopathie, convulsions.
Mécanisme : Mal connu (lymphocytes T vs. Cytokines, présence de CAR T cells dans le LCR).
Traitement : Pas de réponse évidente aux traitements anti-cytokines.
Facteurs prédictifs : Forte masse tumorale, IL-6 élevé à J1.
Surveillance après les CAR T
Surveillance infirmière : Toutes les 4 heures pour les constantes, toutes les 12 heures pour la toxicité neurologique.
Examen neurologique : Entre J7 et J9 avant la sortie.
Suivi en HDJ : 1 à 2 fois par semaine pendant 4 semaines, puis toutes les 1 à 2 semaines pendant 4 semaines supplémentaires.
Entretien téléphonique : Quotidien jusqu'à J21.
Consultation neurologique : À 6 mois pour détecter une neurotoxicité tardive.
Évaluation de l'encéphalopathie
Test à réaliser toutes les 12h (6 à 8h si neurotoxicité) : orientation, dénomination, exécution de consigne motrice, écriture, attention (compter à l'envers).
Grade de la neurotoxicité
Déterminé par : score ICE < 10, trouble de la conscience, épilepsie, trouble moteur, HTIA/œdème cérébral.
Les anticorps bispécifiques
Traitement immédiatement disponible.
Instauration en hospitalisation complète (surveillance CRS, neurotoxicité), puis en HDJ.
Complications infectieuses.
Soins de support
Anémie : EPO, support transfusionnel.
Neuropathies : Antiépileptiques (lyrica, neurontin) ou antidépresseurs (amytryptiline).
Infections : Vaccination (grippe, pneumocoque), immunoglobuline polyvalente, antibiothérapie, prophylaxie du zona (valaciclovir), prophylaxie de la pneumocystose (bactrim).
Risque thromboembolique : Aspirine 100 mg/J ou HBPM.
Complications osseuses
Radiothérapie, cimentoplastie, neurochirurgie.
Biphosphonates : Diminution des événements osseux (Zometa ou Aredia IV toutes les 3-4 semaines pendant 2 ans). Risque d'ostéonécrose de la mâchoire.
Questions
Question 1
Quel examen permet le diagnostic de myélome multiple (QCS) :
L'hémogramme
Le TDM corps entier
Le myélogramme
La ponction lombaire
Question 2
Quels sont les effets secondaires possibles d'un traitement par chimiothérapie haute dose (melphalan) et autogreffe (QCM)
Des nausées
De la fièvre
Le rejet de greffe
Un syndrome hémorragique
Réponses
C
A, B, D
CANCERS DIGESTIFS (HORS COLORECTAL)
Ce cours aborde les cancers de l'œsophage, de l'estomac, du pancréas et du foie, en excluant le cancer colorectal, le canal anal et les tumeurs neuroendocrines digestives.
Cancer de l'œsophage
Le cancer de l'œsophage est une pathologie grave avec un pronostic souvent réservé.
Anatomie
L'œsophage est un tube musculaire reliant le pharynx à l'estomac.
Épidémiologie
Sex ratio : 4 hommes pour 1 femme.
Âge médian : 67 ans.
Survie globale à 5 ans : 10-15%.
Facteurs de risque
Tabac.
Alcool.
Boissons chaudes.
Reflux gastro-œsophagien.
Obésité.
Signes révélateurs
Dysphagie : Difficulté à avaler.
Dénutrition.
Dysphonie, toux, saignement, dyspnée.
Diagnostic
Endoscopie œso-gastro-duodénale : Permet la visualisation et la biopsie.
Scanner.
Histologie
Carcinome épidermoïde : Principalement dans le 1/3 supérieur et moyen.
Adénocarcinome : Principalement dans le 1/3 inférieur, souvent développé sur un endobrachyoesophage (EBO) lié au reflux gastro-œsophagien.
Bilan d'extension
Scanner thoraco-abdomino-pelvien : Recherche de métastases et d'extension loco-régionale.
TEP scanner au FDG : Complète la recherche de métastases et l'évaluation de l'extension loco-régionale.
Prise en charge au stade localisé (objectif : guérir)
Option 1 : Chirurgie précédée ou non d'une chimiothérapie ou d'une radiochimiothérapie concomitante.
Option 2 : Radio-chimiothérapie concomitante exclusive.
Chirurgie (Œsophagectomie subtotale)
Intervention de Lewis Santy : Par voie transthoracique avec anastomose œsogastrique thoracique.
Procédure : L'œsophage est retiré en partie, et la continuité est rétablie par gastroplastie.
Mortalité : 4-8%.
Radiothérapie
Principes : Utilisation de rayons X photon ou électron.
Dosimétrie : Dose en Gy (J/kg), fractionnement (dose par séance), étalement (temps entre les séances).
Appareil : Accélérateur linéaire.
Effets secondaires : Liés aux tissus sains à proximité, dose-dépendants, précoces et tardifs.
Prise en charge au stade métastatique (objectif : prolonger la durée de vie)
Chimiothérapie et immunothérapie à but non curatif/palliatif.
Immunothérapie
Utilise le système immunitaire du patient pour combattre le cancer.
Peut entraîner des effets secondaires auto-immuns variés (encéphalite, diabète, myasthénie, anémie hémolytique, etc.).
Cancer de l'estomac
Le cancer de l'estomac est une pathologie digestive dont l'incidence varie selon les régions du monde.
Anatomie
L'estomac est un organe en forme de J situé entre l'œsophage et le duodénum.
Fonctionnalités
Réservoir : 1-1,5 L.
Digestion : Mécanique (3-7H) et chimique (acides et enzymes).
Absorption : Facteur intrinsèque pour l'absorption de la Vitamine B12.
Épidémiologie
L'incidence varie géographiquement.
Facteurs de risque
Alimentation riche en sel.
Tabagisme.
Helicobacter Pylori.
Formes génétiques (syndrome de Lynch, CDH1).
Signes révélateurs
Saignement, anémie :
Méléna : Selles noires digérées (saignement haut).
Rectorragie : Selles rouges (saignement bas).
Hématémèse : Vomissement de sang rouge (saignement digestif haut).
Signes non spécifiques : Douleurs, vomissements, dénutrition, anorexie.
Diagnostic
Endoscopie œso-gastro-duodénale.
Scanner.
Histologie
Adénocarcinome : Peut se présenter sous forme de linite (bague à chaton), plus grave.
Lymphome.
Tumeur stromale gastro-intestinale (GIST).
Bilan d'extension
Scanner thoraco-abdomino-pelvien : Recherche de métastases.
Prise en charge au stade localisé (objectif : guérir)
1/ Chimiothérapie pré-opératoire.
2/ Chirurgie.
3/ Chimiothérapie post-opératoire ou adjuvante (traitement des micro-métastases).
Prise en charge au stade métastatique (objectif : prolonger la durée de vie)
Chimiothérapie à but non curatif/palliatif.
Survie globale médiane indicative : 12-13 mois.
Cancer du pancréas
Le cancer du pancréas est l'un des cancers digestifs les plus graves.
Anatomie
Le pancréas est situé derrière l'estomac, en contact étroit avec des structures vasculaires importantes (veine mésentérique supérieure, veine porte, artère mésentérique supérieure, artère hépatique commune, tronc cœliaque).
Il est également lié aux voies biliaires (canal cystique, canal cholédoque, canal de Wirsung, ampoule de Vater).
Fonctionnalités (Organe amphicrine)
Exocrine : Production de suc pancréatique (enzymes digestives comme lipase, amylase ; bicarbonates pour neutraliser le pH gastrique).
Endocrine : Production d'insuline et de glucagon (somatostatine, polypeptide pancréatique).
Épidémiologie
Âge médian : 71 ans.
Gravité : Cancer digestif le plus grave.
Survie globale à 5 ans : 7-8% (tous stades confondus).
Facteurs de risque
Âge.
Tabac.
Obésité.
Pancréatite chronique.
Diabète de type 2.
Prédisposition génétique (BRCA2 entre autres).
Signes révélateurs
Altération de l'état général : Asthénie, perte de poids, anorexie.
Ictère : Si tumeur de la tête du pancréas.
Douleurs.
Diabète : Découverte ou décompensation.
Thrombose veineuse.
Occlusion digestive.
Diarrhée / stéatorrhée.
Pancréatite aiguë.
Diagnostic
Scanner ou IRM.
Écho-endoscopie.
Biopsie : D'une métastase si présente.
Histologie
Adénocarcinome : 90-93%.
Tumeur neuroendocrine : Rare (1-2%), peut être associée à des syndromes sécrétoires (insulinome, gastrinome).
Bilan d'extension
Scanner thoraco-abdomino-pelvien : Recherche de métastases et évaluation des rapports vasculaires (veine mésentérique supérieure, veine porte, artère mésentérique supérieure, artère hépatique commune, tronc cœliaque).
Résécable | Borderline | Localement avancé | |
|---|---|---|---|
VMS/VP | Contact < sans irrégularité du calibre de la veine | Contact | Occlusion tumorale chirurgicalement non reconstructible ou envahissement des principales veines jéjunales |
AMS | Pas de contact | Contact | Contact |
AHC | Pas de contact | Contact court, quel que soit le degré de circonférence, sans envahissement du tronc cœliaque ou de l'origine de l'artère hépatique commune, chirurgicalement reconstructible | Chirurgicalement non reconstructible |
TC | Pas de contact | Contact | Contact |
Classification : Localisé (15%), Borderline (5%), Localement avancé (30%), Métastatique (50%).
Prise en charge au stade localisé
1/ Chirurgie :
Duodéno-pancréatectomie céphalique (DPC) : Pour les tumeurs de la tête du pancréas.
Spléno-pancréatectomie gauche (SPG) : Pour les tumeurs du corps et de la queue.
2/ Puis chimiothérapie adjuvante.
Prise en charge au stade borderline/localement avancé
Chimiothérapie néo-adjuvante, puis réévaluation chirurgicale.
Prise en charge au stade métastatique (objectif : palliatif)
Chimiothérapie à but non curatif/palliatif.
Survie globale médiane indicative : 11 mois dans les essais cliniques.
FOLFIRINOX (protocole de chimiothérapie)
Folinate de calcium.
Fluorouracile (5FU) : Syndrome main-pied, mucite, spasme coronaire. Attention au déficit en DPD (Dihydropyrimidine déshydrogénase).
Irinotecan : Diarrhées, syndrome cholinergique.
Oxaliplatine : Neuropathie périphérique dose-cumulative, sensibilité au froid.
Tumeurs du foie
Les tumeurs du foie peuvent être primaires ou secondaires, et leur prise en charge dépend de leur nature et de leur stade.
Anatomie
Le foie est un organe vital situé dans l'abdomen supérieur droit, en relation avec les voies biliaires et le pancréas.
Fonctionnalités
Filtre le sang.
Produit la bile et les éléments de la coagulation.
Métabolise les aliments, médicaments, toxines.
Facteurs de risque
Cirrhose : Due aux hépatites (B, C), alcool, stéatose et syndrome métabolique.
Épidémiologie
13ème en incidence en France, 6ème en mortalité en 2022.
Histologie
Tumeurs primaires : Carcinome hépato-cellulaire et cholangiocarcinome (cancer des voies biliaires).
Tumeurs secondaires : Métastases de n'importe quel autre cancer.
Signes révélateurs
Découverte fortuite ou dans le cadre d'une surveillance systématique.
Décompensation hépatique (ictère, troubles de la vigilance, troubles de la coagulation, ascite).
Douleurs, pesanteur.
Hémorragie digestive (hypertension portale varices œsophagiennes).
Diagnostic
Scanner et IRM hépatique.
Biopsie hépatique.
Prise en charge au stade localisé (différentes options)
Chirurgie.
Transplantation hépatique.
Chimio/radio-embolisation.
Radiothérapie.
Radiologie interventionnelle (radiofréquence).
Chimio-embolisation trans-artérielle
Procédure qui consiste à injecter des agents chimiothérapeutiques directement dans l'artère hépatique qui alimente la tumeur, puis à emboliser cette artère pour bloquer l'apport sanguin.
Radiofréquence
Ablation par radiofréquence : Utilisation d'une aiguille insérée dans la tumeur (guidée par échographie ou scanner) pour chauffer et détruire les cellules cancéreuses.
Complications fréquentes des tumeurs digestives
Ictère
Causes : Obstruction des voies biliaires (compression extrinsèque, carcinose péritonéale) ou insuffisance hépatique (métastases hépatiques).
Diagnostic : Imagerie hépatique et des voies biliaires, TP, facteur V.
Traitement : Drainage endoscopique (cathétérisme biliaire, cholangiographie, largage de prothèse) ou drainage radiologique percutané.
Ascite
Causes : Carcinose péritonéale, hypertension portale/cirrhose/défaillance hépatique.
Thrombose veineuse
Fréquente chez les patients atteints de cancer, notamment digestif (pancréas : 15.56%).
Prévention et traitement.
Occlusion digestive
Causes : Carcinose péritonéale, compression.
Traitement : Médical (hydratation, nutrition, sonde naso-gastrique en aspiration) ou chirurgical si compression.
Hémorragie
Peut être une complication grave des tumeurs digestives.
Quelques QCM
Question 1
Quelles sont les propositions vraies :
A. Un méléna est l'extériorisation d'un saignement rouge actif.
B. Un méléna est l'extériorisation d'un saignement noir digéré.
C. Des rectorragies peuvent témoigner d'un saignement digestif bas.
D. Des rectorragies peuvent témoigner d'un saignement digestif haut.
E. Une hématémèse peut survenir en cas de tumeur colique fortement hémorragique.
Réponse : B, C
Question 2
Quelles sont les propositions vraies concernant le cancer du pancréas :
A. Il se révèle souvent par une hémorragie digestive.
B. Il peut se révéler par une diabète.
C. Il peut se révéler par un ictère.
D. C'est le moins grave des cancers digestifs.
E. C'est un organe uniquement endocrine.
Réponse : B, C
Question 3
Quelles sont les propositions vraies concernant le cancer de l'œsophage :
A. Il se révèle souvent par une hémorragie digestive.
B. Il peut se révéler par une dysphagie.
C. Les facteurs de risques les plus fréquents sont l'intoxication alcoolique et tabagique.
D. Il peut se traiter avec de la radiothérapie.
E. Il s'agit quasi exclusivement d'adénocarcinomes.
Réponse : B, C, D
Question 4
Quelles sont les propositions vraies concernant le cancer du foie :
A. Il est plus fréquent dans les pays en voie de développement qu'en France.
B. L'alcool en est un facteur de risque.
C. L'hépatite A en est un facteur de risque.
D. Il peut se traiter par une transplantation hépatique.
E. Le diagnostic peut se faire via une endoscopie œso-gastro-duodénale.
Réponse : A, B, D
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