SNP 2
227 cardsCe document couvre l'anatomie, les fonctions et les interactions des systèmes nerveux sympathique, parasympathique et entérique, ainsi que des concepts tels que la douleur référée et les réflexes autonomes.
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Introduction au Système Nerveux Autonome (SNA)
Le Système Nerveux Autonome (SNA) est une partie essentielle du système nerveux périphérique qui régule les fonctions involontaires du corps, telles que le rythme cardiaque, la digestion, la respiration, la pression artérielle et la température corporelle. Il permet l'homéostasie du corps et module les activités et sensations viscérales. Le SNA se divise principalement en systèmes sympathique et parasympathique, agissant souvent de manière antagoniste ou complémentaire pour maintenir l'équilibre interne.
L'étude du SNA inclut la compréhension de son origine anatomique, des différences entre les systèmes sympathique et parasympathique, de leurs fonctions principales, des mécanismes de douleur référée et des centres de commande.
Comparaison entre le Système Nerveux Somatique (SNS) et le Système Nerveux Autonome (SNA)
Le SNA se distingue du Système Nerveux Somatique (SNS) par plusieurs caractéristiques anatomiques et fonctionnelles.
Caractéristique | Système Nerveux Somatique (SNS) | Système Nerveux Autonome (SNA) |
Neurones du SNC aux organes effecteurs | Un neurone simple | Chaîne de deux neurones |
Myélinisation des axones préganglionnaires | Fortement myélinisé | Faiblement myélinisé (sympathique, parasympatique ) |
Myélinisation des axones postganglionnaires | Non applicable | Non myélinisé |
Neurotransmetteur de l'effecteur | Acétylcholine (Ach) | Noradrénaline (NA) pour le sympathique (majorité), Acétylcholine (Ach) pour le parasympathique |
Organes effecteurs | Muscles squelettiques | Muscles lisses (tube digestif, vaisseaux), glandes, muscle cardiaque |
Effet | Stimulant (+) | Stimulant ou inhibiteur (+/-), selon le neurotransmetteur et les récepteurs |
Note: Seuls les neurones préganglionnaires du SNA sont myélinisés. Les neurones postganglionnaires sont amyélinisés. Dans le SN sympathique, cela conduit à la formation de rameaux communicants blancs (neurones préganglionnaires) et de rameaux communicants gris (neurones postganglionnaires) au niveau des chaînes paravertébrales.
Origine Anatomique du SNA
Le SNA prend son origine dans le tronc cérébral et la moelle épinière.
Neurones Moteurs Viscéraux
Contrairement à la voie motrice somatique qui compte un seul motoneurone, la voie motrice autonome est composée de deux neurones :
Le premier neurone (préganglionnaire) agit comme un interneurone. Son corps cellulaire se situe dans la corne latérale de la moelle épinière.
Il fait relais avec un deuxième neurone (postganglionnaire) dans un ganglion du SNA. Ce deuxième neurone se rend vers une cible du SNA (muscles lisses des viscères, des glandes, des vaisseaux et des muscles arrecteurs des poils).
Les rameaux communicants relient la moelle épinière aux chaînes sympathiques du SNA:
Rameaux communicants blancs : contiennent des fibres myélinisées (premier neurone ou neurone préganglionnaire).
Rameaux communicants gris : contiennent des fibres non myélinisées (deuxième neurone ou neurone postganglionnaire).
Système Nerveux Sympathique (SNS)
Le système nerveux sympathique est souvent surnommé "thoracolombaire" en raison de l'origine de ses neurones préganglionnaires.

Origine
Les neurones préganglionnaires proviennent des segments médullaires T1 à L2 (ou L3).
Les corps cellulaires de ces neurones sont situés dans les colonnes intermédio-latérales (IML) ou noyaux de la corne latérale de la substance grise, organisés de manière somatotopique.
Ganglions Sympathiques
Les corps cellulaires des neurones postsynaptiques du SN sympathique sont regroupés dans deux types de ganglions :
Ganglions paravertébraux :
Réunis par les chaînes sympathiques paravertébrales, situées latéralement le long de la colonne vertébrale.
À l'extrémité crâniale de chaque chaîne se trouve le ganglion cervical supérieur (pair).
À l'extrémité caudale se trouve le ganglion coccygien (impair), point de convergence des deux chaînes.
Les neurones postsynaptiques distribués dans le reste du corps se trouvent dans ces ganglions paravertébraux.
Ganglions prévertébraux (préaortiques) :
Situés dans des plexus qui entourent l'aorte et ses principales branches (plexus cœliaque, mésentérique supérieur, mésentérique inférieur).
Les fibres présynaptiques y accèdent via les nerfs splanchniques, qui sont à destination des viscères abdominaux et font synapse dans un ganglion prévertébral.
Ils forment la chaîne prévertébrale, située en avant de la colonne vertébrale. Ces plexus sont mixtes, contenant des fibres sympathiques et parasympathiques.
Ces ganglions sont spécifiquement impliqués dans l'innervation des viscères abdominaux-pelviens.
Trajet des Fibres
Les fibres des neurones moteurs viscéraux sympathiques empruntent la racine ventrale, le nerf spinal, puis ses divisions (branche dorsale et branche ventrale du nerf spinal) pour atteindre leurs cibles : muscles lisses des glandes sudoripares, des vaisseaux et des muscles arrecteurs des poils.
Système Nerveux Parasympathique (SNP)
Le système nerveux parasympathique est qualifié de "crânio-sacré" en raison de l'origine de ses neurones préganglionnaires.
Origine
Les neurones préganglionnaires proviennent de quatre paires de nerfs crâniens:
Nerf III (oculomoteur) : contraction pupillaire (myosis) et accommodation du cristallin via le muscle ciliaire et le muscle sphincter de la pupille.
Nerf VII (facial) : glandes lacrymales, salivaires (sublinguales, submandibulaires) et nasales.
Nerf IX (glossopharyngien) : glande salivaire (parotide).
Nerf X (vague) : organes thoraciques (cœur, poumons) et tractus digestif (de l'œsophage jusqu'à l'angle colique gauche).
Ils proviennent également des niveaux médullaires sacrés S2, S3 et S4 (plexus sacré).
Ganglions Parasympathiques
Les neurones préganglionnaires font synapse avec des neurones ganglionnaires situés soit :
Dans les ganglions terminaux (près de l'organe cible).
Dans les ganglions intramuraux (dans la paroi de l'organe cible).
Les axones postganglionnaires, non myélinisés, partent de ces ganglions pour atteindre les cellules effectrices à proximité.
Interaction entre les Systèmes Sympathique et Parasympathique

La plupart des organes sont innervés à la fois par le SN sympathique et parasympathique. Leurs actions sont souvent antagonistes (ex: sur le cœur, l'un stimule, l'autre inhibe), mais peuvent également être coopératives (ex: sur les gonades). Dans certains cas, comme la médullosurrénale, un seul système (le sympathique) a un rôle exclusif.
Système Nerveux Entérique (SNE)
Le système nerveux entérique, souvent appelé "deuxième cerveau", est un réseau complexe de neurones situé dans la paroi du tube digestif (du grec "splagkhnon" signifiant viscère).
Fonction
Régule les activités réflexes du tractus gastro-intestinal, contrôlant le péristaltisme, la sécrétion et le tonus vasculaire.
Ces activités sont largement indépendantes mais sous le contrôle des voies sympathique et parasympathique.
Plexus
Plexus sous-muqueux (de Meissner) : intervient dans les activités sécrétoires de l'intestin.
Plexus myentérique (d'Auerbach) : intervient dans les activités motrices (ex: péristaltisme).
Sensibilité Viscérale
La sensibilité viscérale est cruciale pour réguler les fonctions internes du corps.
Fonction des Messages Sensoriels Viscéraux
Fournir un feedback sensoriel aux réflexes locaux pour moduler l'activité motrice végétative des viscères.
Informer les centres supérieurs des conditions de stimulation pour une meilleure coordination des activités végétatives, somatiques, neuroendocriniennes et comportementales.
Caractéristiques
Les informations viscéro-sensibles sont inconscientes, sauf en cas de douleur.
Les neurones viscéro-sensibles sont sensibles aux conditions mécaniques ou chimiques :
Pression et étirement (sinus carotidien, parois du cœur, vessie, tube digestif).
Oxygène (chémorécepteurs du glomus carotidien).
Stimuli nociceptifs (étirements excessifs, ischémie, substances irritantes).
Noyau du Faisceau Solitaire
Il s'agit d'un centre d'intégration clé des informations viscéro-sensorielles. Il contrôle les réflexes des fonctions végétatives et transmet leurs afférences vers d'autres noyaux du tronc cérébral ou vers le cerveau.
Douleur Référée
La douleur référée est une douleur ressentie à un endroit différent de son origine réelle (ex: douleur viscérale ressentie sur la peau, ou inversement).

Mécanisme
Les neurones de deuxième ordre de la moelle épinière reçoivent des connexions de fibres somatiques (types Aβ et Aδ) et de fibres nociceptives viscérales (fibres C). La convergence de ces différentes fibres sur les mêmes neurones de deuxième ordre peut tromper le cerveau quant à l'origine de la douleur, la projetant vers une zone cutanée correspondant au même dermatome.
Exemples
Angine de poitrine : douleur cardiaque projetée vers le haut de la cage thoracique, avec irradiation vers le bras et la main gauches.
Zones de Head : zones cutanées qui, lorsqu'elles sont douloureuses sans raison apparente, indiquent une souffrance viscérale correspondant à des régions innervées par le(s) même(s) dermatome(s).
Centre de Commande du SNA

Hypothalamus
L'hypothalamus est le centre principal de coordination et d'expression des activités motrices végétatives et endocriniennes.
Il est un ensemble de noyaux à fonction neuroendocrinienne.
Ses cibles nerveuses principales incluent les centres végétatifs de la formation réticulaire (pour les réflexes cardiaques, vésicaux, génitaux, respiratoires, vomissements) et les neurones préganglionnaires des noyaux des nerfs crâniens (parasympathiques) et de la moelle épinière (sympathiques et parasympathiques).
Il est influencé par les activités conscientes des hémisphères cérébraux et participe aux émotions.
Tronc Cérébral
Le tronc cérébral renferme des centres réflexes autonomes majeurs (ex: réflexes respiratoires, cardiovasculaires).
Moelle Épinière
La moelle épinière contient les centres réflexes autonomes pour la défécation et la miction.
Exemples de Fonctions Végétatives
Régulation de la Pression Artérielle (PA)
Un mécanisme réflexe précis régule la PA :
Les barorécepteurs (mécanorécepteurs sensibles à la PA, situés dans le cœur et les gros vaisseaux) sont activés par une hausse de la PA.
Cela entraîne une diminution de l'activité tonique des neurones sympathiques préganglionnaires de la moelle et une augmentation de l'activité des neurones parasympathiques préganglionnaires des noyaux ambigu et dorsal du X.
Ces actions combinées résultent en une diminution de la fréquence cardiaque, une réduction de l'efficacité des contractions du myocarde et une diminution de la PA due à la dilatation des artérioles périphériques.
Inversement, une baisse de la PA (ex: due à une hémorragie ou le fait de se lever et causant une hypotension orthostatique) entraîne une augmentation de l'activité sympathique et une inhibition de l'activité parasympathique.
Réflexe de Miction

Le contrôle de la miction est un exemple d'interaction entre le SN moteur volontaire et le SNA :
Fibres postganglionnaires sympathiques : en réponse à une légère distension vésicale, fermeture du sphincter interne et inhibition de la musculature pariétale.
Fibres postganglionnaires parasympathiques : une légère distension inhibe leur activité ; elles sont activées pour la contraction de la vessie lors de la miction.
Lorsque la vessie est pleine, il y a augmentation du tonus parasympathique et diminution du tonus sympathique, ce qui provoque le relâchement du sphincter interne et la contraction de la vessie. L'urine peut être retenue par le contrôle volontaire du sphincter externe de la vessie par les motoneurones alpha de S2-S4.
La miction est une activité coordonnée, activant les fibres parasympathiques sacrées et inhibant les motoneurones alpha, sous le contrôle du centre de la miction situé dans la formation réticulaire rostrale du pont.
Fonctions Sexuelles

Les fonctions sexuelles impliquent des interactions complexes entre les systèmes somatique, sympathique et parasympathique :
SNA parasympathique : responsable de l'érection (dilatation des artères et relâchement des muscles lisses des sinus veineux), de la stimulation des sécrétions (prostate, vagin, vésicules séminales).
SNA sympathique : provoque la vasoconstriction pouvant entraîner la perte de l'érection.
SN somatique : via les motoneurones somatiques, il innerve les muscles bulbo- et ischiocaverneux, actifs lors de l'éjaculation, et responsables des contractions des muscles du périnée pendant l'orgasme.
Le contrôle hypothalamique intègre ces réponses végétatives et comportementales, recevant des afférences de régions corticales et sous-corticales impliquées dans l'émotion, la récompense et la mémoire.
Points Clés
Le SNA est essentiel pour la régulation des fonctions involontaires et l'homéostasie.
Il est composé des systèmes sympathique (thoracolombaire) et parasympathique (crânio-sacré), agissant souvent en opposition.
Les ganglions (paravertébraux, prévertébraux, terminaux et intramuraux) sont des sites de relais cruciaux pour les neurones postganglionnaires.
Le système nerveux entérique est un réseau neuronal autonome régulant le système digestif.
La douleur référée s'explique par la convergence des afférences viscérales et somatiques sur les mêmes neurones de la moelle épinière.
L'hypothalamus, le tronc cérébral et la moelle épinière sont les principaux centres de commande du SNA.
Des exemples comme la régulation de la PA, la miction et les fonctions sexuelles illustrent la complexité de l'interaction entre le SNA et le SN volontaire.
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