✅SES - environnement

68 cards

Analyse des multiples acteurs (états, ONG, entreprises, experts, médias) et des dynamiques de coopération et de conflit, des échelles d'intervention, des contraintes internationales, des inégalités de développement et des instruments économiques (taxation, subventions, quotas) qui façonnent l'action publique pour l'environnement.

68 cards

Review
Question
Quelle est la différence entre une approche « top down » et une approche « bottom up » en matière de politique climatique ?
Answer
L'approche « top down » impose des objectifs internationaux ou européens aux États (ex: Protocole de Kyoto). L'approche « bottom up » part des engagements nationaux pour construire des accords mondiaux (ex: Accords de Paris).
Question
Expliquez comment l'établissement de normes d'émission pour les véhicules fonctionne comme instrument réglementaire.
Answer
Les normes d'émission fixent des seuils réglementaires pour les polluants, obligeant les constructeurs à les respecter. Elles visent à réduire la pollution à la source.
Question
Qu'est-ce que le Dieselgate et comment illustre-t-il les fraudes aux normes environnementales ?
Answer
Le Dieselgate est une fraude où Volkswagen a utilisé des logiciels pour truquer les tests d'émissions de ses véhicules diesel. Cela illustre la fraude aux normes environnementales car des entreprises manipulent les contrôles pour contourner la réglementation.
Question
Pourquoi les pays en développement demandent-ils à être dispensés d'efforts de réduction d'émissions ?
Answer
Ils estiment que cela ralentirait leur croissance économique et développement, et demandent plus d'efforts et de subventions des pays développés.
Question
Qu'est-ce que l'internalisation d'une externalité négative ?
Answer
C'est l'intégration du coût de la pollution dans le calcul économique par l'entreprise. Elle vise à la sanctionner ou à dédommager les victimes.
Question
Décrivez les relations de coopération et de conflit entre les différents acteurs de l'action environnementale.
Answer
Certains acteurs collaborent pour faire d'une question environnementale un problème public, tandis que d'autres s'opposent, défendant des intérêts divergents ou niant le problème.
Question
Quels sont les exemples actuels de collaboration dans l'action environnementale ?
Answer
Les collaborations incluent le GIEC (experts et ONG), les syndicats agricoles avec l'État sur le Mercosur, la marche pour le climat (Greta Thunberg), et les collectifs citoyens contre les néonicotinoïdes.
Question
Expliquez le risque de délocalisation en cas de taxation écologique non harmonisée.
Answer
Une taxation écologique non harmonisée peut entraîner une délocalisation des entreprises vers des pays où les taxes sont plus faibles, nuisant à la compétitivité et à l'environnement global.
Question
Qu'est-ce que la taxonomie européenne et pourquoi son inclusion du nucléaire est-elle controversée ?
Answer
La taxonomie européenne classe les activités économiques favorables à l'environnement. Son inclusion du nucléaire est controversée car elle réduit l'obligation d'utiliser des énergies renouvelables.
Question
Qu'est-ce qu'un quota d'émission et comment est-il utilisé dans le système européen ?
Answer
Un quota d'émission autorise une entreprise à émettre une tonne de CO2. L'Union européenne fixe la quantité globale et la distribue aux États, qui la répartissent aux entreprises pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Question
Quels sont les deux types de comportements des États face aux accords climatiques internationaux ?
Answer
Certains États ne signent pas les accords et ne s'engagent à rien. D'autres signent et s'engagent, mais ne font pas d'efforts concrets.
Question
Quel rôle jouent les entrepreneurs de morale dans la construction d'une question environnementale comme problème public ?
Answer
Les entrepreneurs de morale, tels que les ONG et les associations, mobilisent des acteurs et organisent des actions (manifestations, pétitions) pour faire d'un problème privé un problème public environnemental.
Question
Quels sont les exemples actuels de conflits entre les acteurs de l'environnement ?
Answer
Les conflits incluent l'État français contre la Commission européenne (Mercosur), les experts divisés sur les algues vertes, et le GIEC opposé aux lobbies industriels.
Question
Décrivez les enjeux spécifiques de la fiscalité carbone en milieu rural.
Answer
La fiscalité carbone en milieu rural pose des défis spécifiques liés à la **forte dépendance au transport** et au **niveau de vie des ménages**, rendant la taxe potentiellement **régressive** et socialement difficile à accepter.
Question
Qui est G. Hardin et quelle théorie a-t-il développée sur les biens communs ?
Answer
G. Hardin est un scientifique connu pour sa théorie de la tragédie des biens communs, expliquant leur épuisement potentiel sous propriété collective.
Question
Qu'est-ce que la logique du passager clandestin dans les négociations climatiques internationales ?
Answer
La logique du passager clandestin est la tentation pour certains pays d'attendre que d'autres agissent pour préserver le climat, évitant ainsi de supporter les coûts de l'action.
Question
Quels types de subventions les pouvoirs publics peuvent-ils accorder pour favoriser l'émergence de substituts verts ?
Answer
Les pouvoirs publics peuvent subventionner directement les produits, les infrastructures de transport écologique, les réseaux verts (ex: recharge électrique) et les innovations vertes.
Question
Qu'est-ce que le CST (Comité Scientifique et Technique) créé en France et quel rôle joue-t-il ?
Answer
Créé en 2003 par le ministère de l'Agriculture, le CST (Comité Scientifique et Technique) fournit des études indépendantes. Il a notamment joué un rôle dans l'opposition aux néonicotinoïdes.
Question
Qu'est-ce que la mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) et pourquoi est-il nécessaire ?
Answer
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) vise à taxer les produits importés selon leur contenu carbone. Il est nécessaire pour éviter la fuite de carbone et garantir une concurrence équitable entre les productions nationales et étrangères.
Question
Qu'est-ce qu'une externalité négative dans le contexte environnemental ?
Answer
C'est une défaillance du marché produisant un effet externe négatif, sans que le marché ne sanctionne le pollueur ou ne dédommage le pollué.
Question
Pourquoi le marché des quotas ne peut-il pas être généralisé aux petites entreprises et aux consommateurs ?
Answer
Le marché des quotas requiert une surveillance et un contrôle importants, inadaptés aux petites structures et aux consommateurs.
Question
Quels sont les principaux obstacles à l'efficacité de l'action publique environnementale ?
Answer
Les obstacles incluent l'influence des lobbies, les comportements de passagers clandestins, les inégalités de développement entre pays, les limites propres à chaque instrument, et la temporalité politique.
Question
Qui est E. Ostrom et qu'a-t-elle démontré avec son étude de Törbel ?
Answer
Elinor Ostrom était une économiste américaine qui a démontré, notamment avec son étude du village de Törbel en Suisse, que la gestion collective des biens communs est possible.
Question
De quoi dépend le prix d'un quota d'émission sur le marché ?
Answer
Le prix du quota dépend du nombre alloué par les pouvoirs publics et de la croissance économique, influençant l'offre et la demande.
Question
Comment l'influence des lobbies peut-elle limiter l'ampleur des politiques environnementales ?
Answer
Les lobbies peuvent influencer les décideurs politiques, financer des campagnes et mettre en avant des arguments scientifiques biaisés pour minimiser les risques environnementaux et s'opposer aux réglementations.
Question
Comment l'absence de réseau de recharge pour véhicules électriques limite-t-elle l'efficacité du bonus écologique ?
Answer
Un réseau de recharge peu développé rend l'achat d'une voiture électrique moins attrayant, limitant ainsi l'efficacité du bonus écologique comme incitation.
Question
Quels sont les avantages de la taxation écologique par rapport à la réglementation ?
Answer
La taxation offre plus de flexibilité que la réglementation, génère des recettes fiscales et incite à la baisse des volumes polluants, contrairement aux normes uniformes.
Question
Pourquoi l'approche locale de l'action environnementale est-elle jugée plus légitime par les citoyens ?
Answer
Elle touche directement les citoyens, qui se sentent ainsi plus concernés et impliqués.
Question
Quels acteurs participent à la mise à l'agenda des questions environnementales ?
Answer
Les acteurs incluent la société civile organisée, les experts scientifiques, les médias, les entreprises, les partis politiques et les pouvoirs publics.
Question
Quel rôle les médias jouent-ils dans la mise à l'agenda des questions environnementales ?
Answer
Les médias relayent des images et témoignages, sensibilisant l'opinion et les pouvoirs publics aux enjeux environnementaux.
Question
Comment le stockage des quotas par les entreprises a-t-il influencé les prix du marché ?
Answer
Le stockage de quotas par les entreprises a réduit l'offre, augmentant ainsi le prix des quotas et rendant les émissions plus coûteuses.
Question
Qu'est-ce qui explique l'augmentation rapide des émissions de CO₂ en Chine et en Inde ?
Answer
Leur développement économique rapide et l'augmentation de leur PIB entraînent une hausse des émissions de CO₂.
Question
Expliquez la corrélation entre les émissions de CO₂ et le niveau de vie des ménages.
Answer
Plus le niveau de vie augmente, plus les émissions de CO₂ sont élevées. Le 10e décile émet 3 fois plus que le premier (1,5 tonnes contre 0,6 tonnes). La fiscalité carbone est régressive.
Question
Décrivez les différentes échelles d'intervention de l'action publique environnementale.
Answer
L'action publique environnementale s'exerce à quatre échelles : **locale** (collectivités territoriales), **nationale** (État central), **européenne** (Union européenne) et **mondiale** (organisations internationales comme l'ONU).
Question
Pourquoi les dissensions entre pays riches et pays émergents compliquent-elles les négociations climatiques ?
Answer
Les pays émergents demandent que les pays riches compensent leurs émissions historiques, tandis que les pays développés exigent une contribution des émergents face à leur croissance actuelle.
Question
À quel horizon temporel les révisions des engagements climatiques sont-elles prévues dans l'Accord de Paris ?
Answer
Les engagements climatiques sont révisés tous les cinq ans, avec un premier bilan prévu en 2023.
Question
Qu'est-ce que l'enclosure et quel lien a-t-elle avec la gestion des biens communs ?
Answer
L'enclosure correspond à l'avènement de la propriété privée et du capitalisme. Elle s'oppose à la gestion collective des biens communs, risquant d'en conduire à la tragédie.
Question
Qu'est-ce que la temporalité politique et comment influe-t-elle sur l'action environnementale ?
Answer
La temporalité politique renvoie aux délais et aux cycles électoraux qui influencent la prise de décision. L'action environnementale, souvent axée sur le long terme, se heurte à ces contraintes, privilégiant des solutions rapides plutôt que des stratégies durables.
Question
Quel était l'objectif initial du marché des quotas d'émission en termes de baisse d'émissions ?
Answer
L'objectif initial était une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2003.
Question
Pourquoi la norme s'appliquant de façon uniforme peut-elle pénaliser certaines entreprises ?
Answer
Une norme uniforme peut pénaliser certaines entreprises car elle ne tient pas compte de leurs contraintes différentes, rendant certaines productions plus coûteuses et risquant la faillite.
Question
Qu'est-ce que les émissions importées et quel est leur poids dans l'empreinte carbone française ?
Answer
Les émissions importées sont celles générées à l'étranger pour une consommation intérieure. En France, elles représentent 52,3% des émissions totales, accentuant l'empreinte carbone malgré la désindustrialisation.
Question
Qu'est-ce que le bonus écologique et pourquoi les pouvoirs publics le mettent-ils en place ?
Answer
Le bonus écologique est une subvention, une aide financière, visant à encourager l'achat ou la location de voitures électriques. Les pouvoirs publics le mettent en place pour inciter à internaliser les externalités positives.
Question
Qu'est-ce qu'une fiscalité carbone régressive et quelles inégalités produit-elle ?
Answer
Une fiscalité carbone est régressive quand le taux moyen d'imposition diminue avec le revenu. Elle pèse proportionnellement plus sur les ménages pauvres, augmentant les inégalités.
Question
Quels risques le effet rebond pose-t-il dans l'application de la réglementation environnementale ?
Answer
La réglementation peut entraîner un effet rebond en n'incitant pas à dépasser les seuils fixés et en n'agissant pas sur les volumes globaux, contrairement à la taxation.
Question
Combien de pays ont adopté des lois susceptibles de baisser leurs émissions selon l'Accord de Paris ?
Answer
Seuls 58 pays ont adopté des lois pour réduire leurs émissions, et seulement 17 ont pris des mesures jugées suffisantes.
Question
Quels sont les inconvénients du marché des quotas d'émission ?
Answer
Un nombre trop important de quotas réduit le prix, limitant l'incitation à polluer moins. Le marché est limité aux gros émetteurs et non aux PME.
Question
Comment les experts scientifiques interviennent-ils dans la construction des questions environnementales ?
Answer
Les experts scientifiques évaluent les risques, produisent des recommandations et peuvent financer des contre-expertises, parfois en se divisant sur le sujet.
Question
Quels exemples d'action environnementale relèvent respectivement des collectivités territoriales et de l'État central ?
Answer
Les collectivités territoriales gèrent des installations comme les stations d'épuration ou réglementent les dépôts sauvages. L'État central fixe les normes de construction, met en place la taxe carbone et démantèle les centrales nucléaires.
Question
Pourquoi la propriété collective ne mène-t-elle pas nécessairement à l'échec dans la gestion des biens communs ?
Answer
Elle peut réussir grâce à l'**organisation des acteurs** (ONG, citoyens, experts) et à des **stratégies collectives** comme celles étudiées par E. Ostrom, permettant de surmonter la logique du passager clandestin.
Question
À quel niveau territorial l'essentiel des émissions de CO₂ provient-il et pourquoi ?
Answer
L'essentiel des émissions de CO₂ provient des villes, en raison de l'urbanisation. Les actions locales y sont efficaces, notamment dans les transports et l'habitat.
Question
Expliquez le concept de bien commun appliqué à la stabilité climatique.
Answer
Le climat est un bien commun car il est non excluable et rival. Les émissions de CO2 d'un pays déstabilisent le climat mondial, obligeant les autres à compenser.
Question
Qu'est-ce qu'une défaillance du marché et pourquoi l'intervention de l'État est-elle nécessaire ?
Answer
Une **défaillance du marché** survient quand le marché libre ne mène pas à un optimum social. L'État intervient pour internaliser les **externalités négatives** que le marché ne sanctionne pas.
Question
Expliquez le concept du double dividende de la taxation écologique.
Answer
Le double dividende de la taxation écologique désigne la baisse de la production polluante et l'augmentation des recettes fiscales, qui peuvent être réinvesties dans l'environnement.
Question
Quels sont les trois instruments économiques principaux pour lutter contre les externalités négatives environnementales ?
Answer
Les trois principaux instruments économiques sont la taxation (ou taxe), le marché des quotas d'émission et les subventions.
Question
Expliquez le fonctionnement de la réglementation comme outil de politique environnementale.
Answer
La réglementation impose des normes aux agents économiques. Elle peut encadrer des procédés, fixer des seuils d'émission ou exiger une efficacité énergétique.
Question
Qu'est-ce que le malus écologique et comment fonctionne-t-il en France ?
Answer
Le malus écologique est une taxe sur l'achat de voitures neuves, dont le montant dépend des émissions de CO2. Il vise à augmenter le coût des véhicules polluants pour encourager l'achat de modèles moins émetteurs.
Question
Quel était le résultat de la COP 29 (2024) en termes de financement climatique pour les pays pauvres ?
Answer
La COP 29 (2024) a promis 300 milliards de dollars, bien loin des 1000 milliards espérés, pour le financement climatique des pays pauvres.
Question
Définissez le protocole de Kyoto de 1997 et précisez son objectif principal.
Answer
Traité international de 1997, visant à réduire de 5,2% les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés entre 2008 et 2012 par rapport à 1990.
Question
Définissez le principe du pollueur payant et son application via la taxe carbone.
Answer
Le principe du pollueur payant stipule que les coûts de la pollution doivent être supportés par celui qui pollue. La taxe carbone l'applique en ajoutant un coût aux activités émettrices de CO2 pour modifier les comportements.
Question
Quels sont les avantages et limites de la réglementation face aux défaillances du marché ?
Answer
Avantages : Méthode efficace, ne coûte pas directement au consommateur. Limites : Risque d'effets rebonds, fraudes possibles, norme uniforme pénalisante.
Question
Combien d'entreprises sont concernées par le marché des quotas d'émission en Union européenne et quel secteur représentent-elles ?
Answer
Environ 12 000 entreprises, représentant 45% des émissions de CO2 de l'UE, principalement dans la production d'électricité, l'acier, le ciment, le papier, le verre, le raffinage et le secteur aérien.
Question
Quelles sont les limites principales de la taxation écologique ?
Answer
Les limites incluent l'incertitude sur le niveau optimal de la taxe, le risque de fraude/délai, et le problème de l'acceptabilité sociale (taxes régressives, compétitivité).
Question
Comment les partis politiques influencent-ils l'action publique environnementale ?
Answer
Ils hiérarchisent les problèmes environnementaux dans leurs programmes et proposent des solutions, influençant ainsi les décisions politiques par leurs propositions.
Question
Définissez un impôt progressif et donnez des exemples.
Answer
Un impôt est progressif si le taux moyen d'imposition augmente avec le revenu. Les ménages à hauts revenus paient une part plus importante de leurs revenus. Exemples : impôt sur le revenu, impôt sur les successions.
Question
Quels sont les avantages du marché des quotas d'émission par rapport à la taxation ?
Answer
Le marché des quotas assure une quantité globale d'émissions fixée, contrairement à la taxe où le prix est fixé et les quantités s'ajustent. Il offre également de la flexibilité aux entreprises pour choisir entre réduire les émissions ou acheter des quotas.
Question
Expliquez le rôle de la Conférence des parties (COP) dans les négociations climatiques internationales.
Answer
La Conférence des parties (COP) réunit pays, ONG et lobbyistes pour discuter, négocier et décider des enjeux environnementaux mondiaux.
Question
Qu'est-ce qui explique l'échec de la mise en œuvre de la taxe carbone en France en 2018-2019 ?
Answer
L'échec de la taxe carbone en 2018-2019 s'explique par son **caractère régressif et son manque d'acceptabilité sociale**, pesant proportionnellement plus sur les ménages modestes et les milieux ruraux.
Question
Pourquoi est-il important que les actions environnementales soient mises en œuvre au niveau local ?
Answer
Les actions locales touchent directement les citoyens, qui les jugent plus légitimes. De plus, l'essentiel des émissions de CO2 provient des villes, où des actions efficaces sont possibles dans les transports et l'habitat.

Quelle action publique pour l'environnement ?

L'action publique en matière d'environnement est un ensemble complexe de mesures et d'interventions visant à préserver les ressources naturelles et à lutter contre les pollutions. Elle mobilise une multiplicité d'acteurs à différentes échelles et s'appuie sur divers instruments économiques et réglementaires.

1. La construction des problèmes environnementaux et la mise à l'agenda

La transformation d'une préoccupation environnementale en un problème public nécessitant une action politique est un processus dynamique impliquant de nombreux acteurs et souvent des conflits d'intérêts.

1.1. Une mise à l'agenda par des acteurs multiples

La mise à l'agenda politique d'une question environnementale, comme celle de la surmortalité des abeilles liée aux pesticides, démontre l'interaction de divers acteurs:
  • La société civile organisée (citoyens, associations, ONG) agit comme des "entrepreneurs de morale". Ces organisations jouent un rôle crucial en médiatisant les problèmes, en lançant des pétitions et des campagnes d'information. L'exemple des apiculteurs face à Bayer et les néonicotinoïdes est éloquent : leur mobilisation a permis de transformer un problème perçu comme privé en un problème public.
  • Les experts scientifiques sont sollicités pour évaluer les risques, produire des études indépendantes et formuler des recommandations. Dans l'affaire des néonicotinoïdes, la contre-expertise scientifique financée par les apiculteurs a établi un lien de causalité, défiant les affirmations de Bayer et du ministère de l'Agriculture. En 2003, la création des Comités Scientifiques et Techniques (CST) par le ministère de l'Agriculture en France témoigne de cette nécessité d'expertise indépendante.
  • Les médias relaient les informations, les enquêtes et les témoignages, sensibilisant ainsi l'opinion publique et les pouvoirs publics aux enjeux environnementaux.
  • Les entreprises peuvent être des acteurs ambivalents. Certaines intègrent volontairement des préoccupations environnementales, tandis que d'autres (souvent par l'intermédiaire de lobbies) tentent de minimiser les problèmes ou de défendre leurs intérêts économiques, comme Bayer niant sa responsabilité dans la surmortalité des abeilles. Depuis 2012, de nombreuses entreprises sont tenues de publier un bilan carbone.
  • Les partis politiques intègrent les problèmes environnementaux dans leurs programmes et proposent des solutions, comme les partis écologistes (EELV).
  • Les pouvoirs publics (gouvernement, collectivités locales) sont in fine responsables d'identifier ces problèmes, de les inscrire à l'agenda politique et de mettre en œuvre des actions concrètes. Le vote du Parlement européen en 2018 pour l'interdiction de nombreux pesticides sous la pression des ONG et des partis politiques illustre ce processus.

1.2. Des relations de coopération et de conflit

Les acteurs de l'action publique environnementale entretiennent des relations complexes, mêlant coopération et conflit.
  • La coopération est visible lorsque différents acteurs s'allient pour construire une question environnementale en problème public. Le GIEC, par exemple, illustre une coopération entre experts et avec des ONG pour pousser à l'adoption de mesures.
  • Les conflits surviennent lorsque des groupes sociaux ont des visions opposées du problème ou des intérêts divergents. L'exemple de la taxonomie européenne est éclairant : la classification des activités économiques "durables" par la Commission européenne a suscité des débats houleux, notamment l'inclusion du gaz et du nucléaire, contestée par certaines ONG qui défendent une transition plus rapide vers les énergies renouvelables, face aux États et lobbies industriels. Les syndicats agricoles et l'État français peuvent collaborer sur des dossiers comme le Mercosur, mais il existe aussi des oppositions (experts scientifiques divisés sur les algues vertes, GIEC face aux lobbies industriels).

2. Les échelles de l'action publique environnementale

L'action publique environnementale est mise en œuvre à différentes échelles, allant du local au mondial.

2.1. L'approche "Top-Down" (descendante)

Cette approche part d'engagements décidés au niveau international ou supranational, qui sont ensuite déclinés par les États. Diagramme illustrant la différence entre les approches top-down et bottom-up en politique environnementale, avec des exemples du Protocole de Kyoto et de l'Accord de Paris.
  • Exemple : le Protocole de Kyoto (1997). L'ONU initie un accord international (objectif de réduction de 5,2% des émissions de GES pour les pays industrialisés entre 2008 et 2012 par rapport à 1990). L'Union européenne décline cet objectif (8% de réduction), puis chaque pays met en œuvre des politiques nationales (taxes, subventions, marchés de quotas).
  • Limites : Cette approche peut se heurter aux réticences de certains États (États-Unis et Chine n'ont pas ratifié Kyoto), et à une perception de manque de légitimité par les citoyens si les décisions sont perçues comme trop éloignées (ex: taxe carbone et mouvement des Gilets Jaunes).

2.2. L'approche "Bottom-Up" (ascendante)

Cette approche part d'engagements nationaux ou locaux qui sont ensuite consolidés au niveau international.
  • Exemple : l'Accord de Paris (COP 21, 2015). Chaque pays détermine sa "contribution nationale" à la lutte contre le réchauffement climatique (approche réaliste initiée après la COP 15 en 2009). L'objectif commun est de limiter l'augmentation de la température à 2°C, voire 1,5°C d'ici 2100.
  • Avantages : Elle vise à inclure davantage de pays, à encourager la transparence des engagements et à favoriser leur révision à la hausse.
  • Limites : Les accords sont souvent juridiquement non contraignants, ce qui peut nuire à leur efficacité. La sortie des États-Unis de l'Accord de Paris en est un exemple.

2.3. L'importance de l'action locale

L'action publique locale est essentielle, car l'urbanisation progresse et les villes sont des émettrices majeures de CO2.
  • Les actions locales dans le domaine des transports et de l'habitat peuvent être très efficaces.
  • Les dépenses des administrations publiques locales ont augmenté de 57% entre 2006 et 2016, contre 30% pour les administrations centrales, soulignant cette décentralisation des efforts.
  • L'action locale est perçue comme plus légitime par les citoyens, car elle les touche directement.
Tableau associant des actions politiques environnementales à leurs niveaux de gouvernance appropriés.

3. Les contraintes des négociations internationales et les inégalités de développement

La préservation du climat, en tant que bien commun, nécessite une gestion internationale qui se heurte à des défis majeurs.

3.1. La stabilité climatique comme bien commun

La stabilité climatique est un bien commun, c'est-à-dire qu'elle est rivale (les émissions de CO2 d'un pays déstabilisent le climat pour tous les autres) et non-excluable (aucun mécanisme de marché n'empêche un pays d'émettre beaucoup de CO2 et de mettre en péril la stabilité climatique mondiale).
  • La logique du passager clandestin (free rider) est un obstacle majeur : certains pays sont tentés d'attendre que d'autres supportent le coût de l'action, ce qui peut conduire à l'inaction collective et au dérèglement climatique.
  • Les inégalités de développement compliquent l'établissement d'une responsabilité des émissions. Les pays en développement reprochent aux pays développés d'avoir historiquement pollué pour leur croissance, tandis que les pays développés pointent la hausse actuelle des émissions des pays émergents.

3.2. Les chiffres des émissions et les arbitrages

  • En 2021, la Chine représente 1/3 des émissions mondiales de CO2, avec une augmentation de 280% de ses émissions entre 1990 et 2021. L'Inde a également connu une forte progression.
  • L'Union européenne a, en revanche, réduit ses émissions de 30% sur la même période.
  • Ces chiffres révèlent un arbitrage difficile pour les pays en développement entre croissance économique et préservation de l'environnement. La Chine, par exemple, doit concilier son développement (augmentation du parc automobile) avec les objectifs climatiques.
  • Les émissions importées sont une composante importante. Pour la France, 52,3% des émissions proviennent de biens produits à l'étranger pour la consommation intérieure. Cela signifie qu'une baisse des émissions nationales peut masquer une délocalisation de la pollution.

3.3. Les Conférences des Parties (COP) et leurs limites

Les COP sont des enceintes de discussions et de négociations, réunissant pays, ONG, lobbies et experts.
  • La COP 21 de Paris (2015) a marqué un accord sur l'objectif des 2°C et des contributions volontaires nationales. Elle prévoyait également 100 milliards de dollars d'aide annuelle des pays développés aux pays en développement, un objectif rarement atteint (79 milliards versés depuis 2020).
  • La COP 29 (2024 en Azerbaïdjan) visait le financement des pays pauvres pour leur transition écologique. Cependant, les fonds promis (300 milliards) sont bien en deçà des besoins (1000 à 1300 milliards).
  • Les dissensions entre pays riches et émergents (ex: la Chine, arguant de la responsabilité historique de l'Occident, refuse de contribuer aux aides) entravent la conclusion d'accords ambitieux.
  • Certains pays ne respectent pas leurs engagements, soit en ne signant pas les accords (États-Unis souvent), soit en les signant sans faire d'efforts suffisants (Union européenne, selon certaines analyses).

4. Les instruments économiques face aux externalités négatives

Lorsque le marché ne conduit pas à une situation socialement optimale en présence d'externalités négatives (coût supporté par un tiers sans compensation pour la pollution), l'État doit intervenir pour "internaliser" ces coûts.

4.1. La réglementation

La réglementation consiste en l'établissement de normes que les agents économiques doivent respecter.
Avantages Limites
Méthode efficace pour supprimer la source d'une nuisance (ex: interdiction des lampes halogènes, -90% d'énergie gaspillée en chaleur). Risque d'effets rebonds si la norme n'est pas couplée à d'autres mesures (ex: baisse des émissions au kilomètre mais hausse du nombre de kilomètres parcourus).
Fonctionne avec un système de contrôle efficace. Risque de fraudes (ex: Dieselgate).
Pas de coût économique direct important pour le consommateur (produit supprimé, ex: ampoules LED). La norme s'applique uniformément, pouvant pénaliser des entreprises ayant des contraintes différentes (risque de faillite ou de délocalisation).
Peut encadrer des procédés de production (normes d'isolation thermique), fixer des seuils (normes d'émission des véhicules) ou exiger une efficacité énergétique. N'incite pas à faire mieux que la règle/le seuil réglementaire.
Nécessite des coûts de contrôle élevés.

4.2. La taxation écologique (taxe pigouvienne)

La taxation écologique vise à faire payer le pollueur pour internaliser l'externalité négative, c'est-à-dire intégrer le coût de la pollution dans le calcul économique des agents.
  • Principe du pollueur payeur : La taxe constitue un coût supplémentaire pour le pollueur, modifiant son comportement (ex: taxe carbone, malus écologique sur les véhicules).
  • Flexibilité : Les acteurs économiques ont le choix d'agir ou non (réduire la pollution ou payer la taxe).
  • Double dividende : Génère des recettes fiscales supplémentaires (qui peuvent subventionner la transition écologique) et fait baisser la production polluante.
  • Exemples :
    • Le malus écologique pour l'achat de véhicules vise à inciter à choisir des modèles moins polluants. Son montant peut atteindre 60 000 € pour les véhicules les plus émetteurs.
    • La taxe carbone renchérit le prix des produits pétroliers, incitant à des changements de comportement.
Fiscalité carbone et acceptabilité sociale:
La fiscalité carbone est souvent régressive, c'est-à-dire qu'elle pèse proportionnellement plus sur les ménages à faibles revenus. Cela est dû au fait que les ménages modestes consacrent une part plus importante de leurs revenus à la consommation et ont souvent des équipements plus énergivores.
Impôt progressif Impôt proportionnel Impôt régressif
Le taux moyen d'imposition augmente avec le revenu. Effet redistributif (ex: impôt sur le revenu). Le taux moyen d'imposition est constant quel que soit le revenu (ex: flat tax). Le taux moyen d'imposition diminue avec le revenu. Augmente les inégalités (ex: TVA, taxe carbone).
Cette régressivité peut entraîner un fort mécontentement social (ex: Bonnets Rouges contre l'écotaxe, Gilets Jaunes contre le gel de la taxe carbone).
Limites de la taxation:
  • Difficulté à fixer le niveau optimal de la taxe : trop élevée, elle risque de provoquer fraudes ou délocalisations ; trop faible, elle est inefficace.
  • Ne garantit pas l'atteinte d'un niveau souhaité d'émissions, car les quantités s'ajustent en fonction des choix des agents.
  • Problème d'acceptabilité sociale, notamment si elle est perçue comme injuste ou si elle nuit à la compétitivité des entreprises sans harmonisation internationale.

4.3. Les subventions écologiques

La subvention écologique consiste à accorder des aides financières pour encourager les activités vertueuses pour l'environnement, internalisant ainsi une externalité positive.
  • Exemples :
    • Le bonus écologique pour l'achat ou la location de voitures électriques.
    • Les aides à la rénovation énergétique (ex: Prime Rénov, éco-prêt à taux zéro) pour l'isolation et le changement des systèmes de chauffage.
    • Subventionner directement des produits ou des infrastructures vertes (transports publics écologiques, réseaux de recharge pour véhicules électriques).
    • Soutien à l'innovation verte pour encourager les entreprises à développer des technologies moins polluantes.
  • Condition d'efficacité : L'efficacité des subventions est liée à l'existence d'alternatives viables et accessibles (ex: un réseau de bornes de recharge suffisant pour les voitures électriques).

4.4. Les marchés de quotas d'émission

Les marchés de quotas d'émission permettent d'autoriser une entreprise à émettre une certaine quantité de CO2. C'est un mécanisme où les pouvoirs publics fixent une quantité globale d'émissions, puis les quotas sont échangés sur un marché.
  • Fonctionnement :
    1. La Commission européenne détermine la quantité globale d'émissions autorisées (un quota = une tonne de CO2).
    2. L'UE distribue les quotas aux États membres, qui les allouent ensuite aux entreprises concernées (ex: 12 000 entreprises les plus polluantes de l'UE, représentant 45% des émissions).
    3. Les entreprises ayant émis moins que leur quota peuvent vendre l'excédent.
    4. Les entreprises ayant émis plus que leur quota doivent acheter des quotas supplémentaires.
  • Prix du quota : Il est influencé par:
    • Le nombre de quotas alloués : trop de quotas fait baisser les prix, moins de quotas les augmente.
    • La croissance économique : forte croissance augmente les émissions et donc le prix des quotas ; ralentissement économique les diminue.
  • Avantages :
    • Les pouvoirs publics fixent directement le volume global des émissions, avec l'assurance d'atteindre un certain niveau de réduction.
    • Offre de la flexibilité aux entreprises, qui peuvent choisir de dépolluer ou d'acheter des quotas (celles ayant les coûts de dépollution les plus faibles sont incitées à réduire leurs émissions).
    • Peut générer des recettes fiscales si les quotas sont vendus (non alloués gratuitement).
  • Limites :
    • Si trop de quotas sont alloués, le prix devient trop faible, et l'incitation à réduire les émissions est insuffisante. Ce fut le cas après la crise de 2008, où une surallocation de quotas a fait chuter les prix. Pour y remédier, l'UE a progressivement réduit le nombre de quotas.
    • Adapté aux gros émetteurs, mais difficilement généralisable aux PME et aux consommateurs, car il nécessite une capacité de contrôle importante.
    • Ne génère pas de recettes fiscales si les quotas sont alloués gratuitement.

5. Les dysfonctionnements de l'action publique environnementale

Malgré la diversité des outils, l'action publique environnementale se heurte à plusieurs obstacles:
  • L'influence des lobbies peut limiter l'ambition des politiques environnementales.
  • Les comportements de passagers clandestins réduisent l'efficacité des accords internationaux.
  • Les inégalités de développement entre pays du Nord et du Sud compliquent les négociations et la répartition des efforts.
  • Chaque instrument (réglementation, taxation, quotas) a ses propres limites et peut être inefficace s'il n'est pas bien calibré ou s'il n'est pas accompagné d'autres mesures.
  • La temporalité politique (cycles électoraux courts, urgence de certains enjeux) peut rendre difficile la mise en place de politiques à long terme, pourtant nécessaires pour l'environnement.
En conclusion, l'action publique pour l'environnement est une quête complexe d'équilibre entre la nécessité d'agir, les contraintes économiques, les tensions sociales et les défis de la coopération internationale.

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