Sciences et Pseudosciences : Définitions et Distinction
21 cardsCe cours aborde la distinction entre science et pseudoscience, en expliquant les objectifs et la démarche scientifique, ainsi que les caractéristiques des énoncés scientifiques et falsifiables. Il présente également des exemples concrets de pseudo-sciences et leurs impacts.
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3. Science et Pseudo-sciences
Ce chapitre introductif pose les bases de l'approche scientifique, contrastant la science avec les pseudo-sciences.Présentation de l'auteure
Elise Dan-Glauser (elise.danglauser@unil.ch) de l'Université de Lausanne (UNIL) est l'intervenante. La présentation a eu lieu le mercredi 1er octobre 2025.
Objectifs Principaux
- Comprendre la démarche scientifique.
- Distinguer la science des pseudo-sciences.
- Développer un esprit critique face aux affirmations.
Qu'est-ce que la Science ?
La science est une entreprise humaine visant à comprendre le monde naturel par l'observation, l'expérimentation et la formulation de théories testables.
- Méthode: Suivre une méthodologie rigoureuse et reproductible.
- Objectivité: Chercher à éliminer les biais personnels.
- Falsifiabilité: Les théories doivent pouvoir être réfutées.
- Empirisme: Basée sur des preuves observables.
Qu'est-ce qu'une Pseudo-science ?
Une pseudo-science est un ensemble d'affirmations, de croyances ou de pratiques présentées comme scientifiques, mais qui ne reposent pas sur une méthodologie scientifique rigoureuse ou n'acceptent pas la réfutation.
- Non-falsifiabilité: Incapacité ou refus d'être testé et réfuté.
- Absence de preuves empiriques: Assertion sans données concrètes.
- Ad hoc modifications: Changement constant des théories pour éviter la réfutation.
- Appel à l'autorité: Se base sur des figures d'autorité plutôt que sur des preuves.
Distinction Science vs. Pseudo-science
La principale différence réside dans la méthodologie et l'attitude face à la preuve et à la critique.
| Caractéristique | Science | Pseudo-science |
|---|---|---|
| Falsifiabilité | Essentielle (Popper) | Souvent absente |
| Preuves | Empiriques, reproductibles | Anecdotiques, non vérifiables |
| Évolution | S'adapte aux nouvelles preuves | Résistante au changement |
| Explications | Claires, parcimonieuses | Vagues, complexes |
L'importance de l'esprit critique
L'esprit critique permet de :
- Évaluer la crédibilité des sources d'information.
- Identifier les erreurs de raisonnement et les sophismes.
- Prendre des décisions éclairées basées sur des faits probants.
Il est crucial de toujours demander : "Quelle est la preuve ?" et "Comment cela a-t-il été testé ?".
Exemples de Pseudo-sciences
- Astrologie: Prédire l'avenir ou la personnalité d'après les astres.
- Homéopathie: Traitement par dilutions extrêmes censées conserver une "mémoire de l'eau".
- Théories du complot: Explications alternatives à des événements souvent complexes, sans preuves concluantes.
Conclusion et Réflexion
"La science est une façon de penser bien plus qu'un ensemble de connaissances." – Carl Sagan
Pour distinguer la science de la pseudo-science, il faut évaluer la méthode, la nature des preuves et la disposition à la critique.
Le développement de l'esprit critique est un outil fondamental pour naviguer dans l'information contemporaine et éviter les pièges des idées non fondées.
Introduction aux Sciences et Pseudo-sciences
Ce cours aborde la distinction fondamentale entre la science et les pseudo-sciences, en mettant en lumière les critères qui définissent une démarche scientifique rigoureuse. L'objectif est de fournir les outils nécessaires pour évaluer la validité des connaissances, notamment dans des domaines comme la psychologie, et de comprendre l'impact des pseudo-sciences sur la société et les individus. La recherche scientifique vise à décrire, prédire et expliquer les phénomènes, en s'appuyant sur une méthodologie rigoureuse pour fonder les analyses et les interventions sur des bases solides.
Pourquoi un cours sur les Sciences et Pseudo-sciences?
La nécessité de ce cours découle de la profusion d'informations et de la difficulté croissante à discerner la connaissance valide des affirmations infondées. Il outille les étudiants à développer un esprit critique et à ne pas se fier aveuglément aux sources non vérifiées.
Objectifs de la Science
La science, en son essence, cherche à acquérir de la connaissance pour la comprendre et l'utiliser. Ses objectifs principaux sont :
Comprendre les phénomènes naturels : Décrypter les mécanismes du monde qui nous entoure.
Élaborer des théories et des modèles : Structurer la compréhension des phénomènes.
Tester des hypothèses : Vérifier la validité des théories par l'expérimentation.
Résoudre des problèmes : Appliquer la connaissance pour trouver des solutions concrètes.
Améliorer la santé humaine et la qualité de vie : Contribuer au bien-être général.
Innover en matière de technologies : Développer de nouvelles avancées.
Informer les politiques publiques : Guider les décisions sociétales sur des bases factuelles.
Éduquer et inspirer : Transmettre le savoir et stimuler la curiosité.
L'acquisition de connaissance peut se faire par différentes voies, dont certaines sont moins fiables que la science :
Superstition : Croyances basées sur des associations illusoires ou des traditions non vérifiées.
L'intuition : Souvent trompeuse, elle peut mener à des corrélations illusoires (ex: sucre et hyperactivité chez l'enfant, ou sucre/sel et détermination du sexe du futur bébé, qui n'ont pas de fondement scientifique avéré).
L'autorité : Accepter une information parce qu'elle vient d'une figure d'autorité (parents, enseignants, médias, influenceurs) sans la remettre en question.
La ténacité : Croire une chose simplement parce qu'elle est répétée fréquemment (comme un slogan publicitaire).
La science : Mode d'acquisition de connaissance particulier qui exige des preuves solides et une méthodologie rigoureuse.
Définition de la Science
La science peut être définie comme un ensemble cohérent de connaissances relatives à des catégories de faits, d'objets ou de phénomènes obéissant à des lois et/ou vérifiés par des méthodes expérimentales. Elle se caractérise par :
Un objet d'étude spécifique et une méthode rigoureuse basée sur des observations objectives vérifiables.
Des raisonnements rigoureux.
La recherche et l'application de la connaissance et de la compréhension du monde naturel et social.
L'exigence de preuves pour étayer les affirmations.
Comme le souligne Jackson (2016, p.3), «What makes a science is not what is studied but how it is studied» (Ce qui fait une science n'est pas ce qui est étudié mais comment c'est étudié). La science est un mélange de rationalisme (raisonnement logique) et d'empirisme (basé sur des observations), impliquant la formulation et le test d'hypothèses, pour aboutir à un modèle théorique. La science est également non statique, elle est en constante évolution.
Principes fondamentaux de la Science
Basée sur des observations systématiques : Nécessite des données, pas seulement des anecdotes, souvent traitées par des statistiques.
Permet la mise en place de lois générales.
Caractéristiques fondamentales de la science (Merton)
La science se distingue par quatre caractéristiques institutionnelles, formalisées par Robert Merton :
Universalité : Les affirmations scientifiques doivent être évaluées selon des critères impersonnels et universels, indépendamment de l'origine de celui qui les émet.
«Communalité» (Communalism) : Les résultats scientifiques sont un bien commun et doivent être partagés avec la communauté scientifique pour permettre la vérification et l'avancement des connaissances.
Désintérêt (Disinterestedness) : Les scientifiques doivent agir avec objectivité, sans que leurs intérêts personnels, professionnels ou financiers n'influencent leurs recherches ou leurs conclusions.
Scepticisme organisé (Organized Skepticism) : Chaque nouvelle affirmation scientifique doit être soumise à une critique rigoureuse de la part de la communauté scientifique avant d'être acceptée comme une connaissance établie.
Ce dernier point, le scepticisme, est crucial et implique le recours à la pensée critique (Critical Thinking). Il passe par :
L'empirisme systématique : Toute théorie doit être confrontée aux observations.
Des connaissances vérifiables et des résultats réplicables (reproductibles).
Travailler sur des problèmes empiriquement résolubles, c'est-à-dire falsifiables (Popper, 1963).
Objectifs spécifiques en psychologie
En psychologie, la science vise à comprendre le fonctionnement mental et les comportements à travers :
Décrire : Répondre à la question Quoi ? (ex: décrire les symptômes de la dépression).
Prédire : Répondre aux questions Combien ? et Comment ? (ex: prédire la probabilité de récidive d'une dépression).
Expliquer : Répondre à la question Pourquoi ?, notamment en établissant des relations de causalité (ex: expliquer pourquoi certains facteurs contribuent à la dépression).
La Démarche Scientifique
La démarche scientifique repose sur une méthodologie structurée, souvent représentée par le modèle OHERIC (ou PHEC). Cette méthode permet de passer d'observations spécifiques à des énoncés généraux, en particulier dans la formulation de lois ou de théories.
Le Modèle OHERIC (ou PHERIC)
Ce modèle détaille les étapes d'une recherche scientifique :
O / P (Observation / Problème) : Identification d'un phénomène ou d'une question à étudier.
H (Hypothèses) : Formulation d'hypothèses générales et spécifiques à tester.
E (Expérience) : Conception et réalisation d'une expérience (ou d'une étude) pour tester les hypothèses.
R (Résultats) : Collecte et analyse des données de l'expérience.
I (Interprétation) : Analyse et interprétation des résultats par rapport aux hypothèses.
C (Conclusion) : Évaluation des hypothèses, discussion des implications et pistes pour de futures recherches.
Exemple de la démarche Hypothético-Déductive (avec TikTok)
O / P | Observation / Problème : Une personne passe beaucoup de temps sur TikTok et déclare que cela la rend joyeuse. La question se pose : l'utilisation de TikTok rend-elle vraiment joyeux ?
H | Hypothèse :
Générale : Regarder régulièrement un flux de vidéos TikTok rend les utilisateurs plus joyeux que s'ils n'utilisent pas TikTok.
Spécifique : Les participants qui regardent 1 heure de vidéos TikTok quotidiennement pendant une semaine déclareront des scores de joie plus élevés par rapport à ceux qui n'ont pas accès à la plateforme.
E | Expérience :
Participants : Recrutement de 100 participants, répartis en deux groupes :
Groupe A (Groupe Vidéo) : Regarde une compilation de 60 minutes de vidéos de style TikTok tous les jours pendant une semaine.
Groupe B (Groupe Témoin) : N'a pas accès à TikTok et s'engage à ne pas regarder de flux vidéo pendant une semaine.
Mesures : Utilisation d'un questionnaire standardisé (Q) sur la joie avant et après l'expérience (et potentiellement avant et après chaque visionnage).
R | Résultats : Collecte des scores de joie des deux groupes.
I | Interprétation : Si les scores du Groupe A ne sont pas significativement plus élevés que ceux du Groupe B, cela pourrait suggérer que TikTok ne rend pas intrinsèquement plus joyeux, mais maintient un niveau de joie existant. Inversement, si le retrait de TikTok entraîne une chute de la joie dans le Groupe B (en supposant que ces participants utilisaient TikTok auparavant), cela indiquerait un effet de privation.
C | Conclusion : Les résultats suggèrent que TikTok ne rend pas nécessairement plus joyeux, mais pourrait prévenir une baisse de joie chez ses utilisateurs habituels. Cette conclusion mène généralement à la nécessité de recommencer l'étude avec un autre groupe témoin, d'autres mesures ou d'autres types de vidéos pour affiner la compréhension du phénomène.
Introduction à la Falsifiabilité
La falsifiabilité, concept central développé par Karl Popper (1963), est le critère qui distingue les théories scientifiques des théories non-scientifiques ou pseudo-scientifiques. Une théorie est scientifique si elle peut être potentiellement réfutée par l'observation ou l'expérimentation.
La science se base sur des énoncés qui peuvent être falsifiés, c'est-à-dire prouvés comme étant faux par des observations ou des expérimentations.
Si toutes les observations possibles peuvent coller à un énoncé, il n'est pas falsifiable et n'appartient donc pas à la science.
Les hypothèses non-testables sont non-opérationnalisables.
L'opérationalisation d'un concept doit permettre de falsifier l'énoncé.
Critères d'un énoncé falsifiable
Spécificité : L'affirmation doit être suffisamment claire et précise pour que des observations ou des expériences puissent être conçues pour la tester.
Testabilité : Il doit être possible de mesurer ou d'observer des résultats qui confirmeraient, et surtout infirmeraient, l'affirmation.
Prévisibilité : L'énoncé doit faire des prédictions sur des événements ou des observations futures qui peuvent être testés.
Exemples d'énoncés falsifiables (intégrables dans la démarche scientifique)
Les individus qui font régulièrement de l'exercice physique pendant au moins 30 minutes par jour auront des niveaux de dépression inférieurs à ceux qui ne font pas d'exercice.
Falsifiabilité : Cette hypothèse peut être testée en mesurant les niveaux de dépression chez deux groupes (un groupe actif et un groupe sédentaire) et en comparant les résultats. Si les niveaux de dépression ne sont pas inférieurs chez le groupe actif, l'hypothèse est falsifiée.
Les enfants qui suivent un enseignement bilingue obtiendront de meilleurs résultats aux tests de flexibilité cognitive que ceux qui suivent un enseignement monolingue.
Falsifiabilité : Cette affirmation peut être testée en comparant les performances aux tests de flexibilité cognitive entre des enfants bilingues et monolingues. Si les enfants bilingues n'obtiennent pas de meilleurs résultats, l'affirmation est réfutée.
Exemples d'énoncés non-falsifiables (non-intégrables dans la démarche scientifique)
Les gens sont plus heureux lorsqu'ils sont en harmonie avec l'univers.
Non-falsifiabilité : Le terme en harmonie avec l'univers est trop vague et subjectif pour être mesuré ou testé scientifiquement. Il n'existe pas de méthode objective pour définir ou mesurer cette harmonie.
Certaines personnes possèdent une aura invisible qui influence leur humeur et celle de leur entourage.
Non-falsifiabilité : Le concept d'aura invisible ne peut être observé ni mesuré par des moyens scientifiques. Impossible à tester ou à réfuter. De plus, la spécification Certaines personnes rend l'énoncé difficile à circonscrire.
Les expériences de la vie passée dont on ne se souvient pas influencent le comportement actuel.
Non-falsifiabilité : Si ces expériences ne peuvent pas être remémorées (ni observées ou mesurées), il n'y a aucun moyen de les tester scientifiquement ou de démontrer leur influence causale.
Les humains ont une énergie spirituelle intrinsèque qui guide leur destin.
Non-falsifiabilité : Le concept d'énergie spirituelle est subjectif et varie selon les croyances individuelles, le rendant impossible à mesurer objectivement. La notion de destin est également un concept philosophique ou métaphysique qui manque de critères empiriques pour être testé.
Définition des Pseudo-sciences
Les pseudo-sciences sont des ensembles de croyances, de doctrines ou de pratiques qui se présentent comme scientifiques, mais qui ne respectent pas les critères épistémologiques et méthodologiques de la science. Elles «ressemblent à une science (se disent en être)», mais échouent au test de la falsifiabilité.
«Si ils peuvent prouver que vous avez tort (=falsifier votre théorie), c'est que vous n'avez pas été suffisamment vague.»
Caractéristiques des pseudo-sciences
Pas falsifiable : S'il était possible de démontrer leur fausseté, elles ne le seraient pas car les énoncés sont formulés de manière trop générale ou ambigüe pour être réfutés.
Basées sur des concepts vagues et mal définis, rendant difficile la mise en place d'une expérience pour les tester. L'importance des définitions est primordiale pour distinguer les concepts entre eux.
Utilisation de construits inobservables : Les concepts latents ou structures non définies ne sont pas mesurables (ex: l'aura, l'énergie spirituelle).
Croyances infalsifiables : Souvent liées à un système de valeurs personnelles, comme l'astrologie, qui propose des prédictions si générales qu'elles s'appliquent à n'importe qui.
Descriptions vagues ou contradictoires.
Les phénomènes sont observés par quelques initiés seulement, les rendant non-reproductibles et anecdotiques.
Infalsifiable : Il est impossible de prouver une non-existence (ex: la non-existence des extraterrestres).
Elles profitent souvent des zones d'ombres laissées par les disciplines établies.
Procèdent à des sur-interprétations fantaisistes de textes ou d'œuvres.
Proposent des pseudo-explications (intestables) sur l'origine et les fonctions des phénomènes.
Basées sur des croyances personnelles (ex: forte conviction en l'existence des extraterrestres).
Utilisent des mesures à référentiel variable, c'est-à-dire que leurs critères de succès ou de valide sont changeants.
Sujettes au biais de confirmation : Tendance à ne retenir que les informations qui confirment les croyances préexistantes et à ignorer celles qui les contredisent.
Un proverbe courant résume bien la dynamique des pseudo-sciences : «On va vous dire ce que vous voulez entendre, ce sera si général que ça pourrait convenir pour n'importe qui. Et...vous allez payer beaucoup d'argent pour cela...»
Quelques cas de Pseudo-sciences
L'Astrologie Archéologique
Il s'agit d'une approche pseudo-scientifique qui tente d'expliquer des phénomènes archéologiques par des théories non prouvées, souvent en invoquant des interventions extraterrestres ou des interprétations mystiques de constructions anciennes. Elle comble les lacunes des connaissances archéologiques par des récits fantaisistes et infalsifiables.
La Phrénologie
Développée par FJ Gall au début du 19ème siècle.
Énoncé : «La forme/taille de différentes zones du cerveau détermine le caractère, les traits et les habiletés». Cette théorie postulait que les facultés mentales étaient localisées dans des régions spécifiques du cerveau, dont la taille se reflétait par des bosses ou des creux sur le crâne.
Elle reposait sur des anecdotes et des corrélations sur-interprétées, basées sur quelques observations isolées.
La phrénologie a décliné lorsque les avancées en neurosciences ont permis de mesurer fonctionnellement les processus cérébraux de manière plus rigoureuse.
Les tests de personnalité fantaisistes
Des exemples de tests qu'on retrouve en ligne qui ne sont pas basés sur la science et qui sont infalsifiables:
Votre partenaire est-il quelqu'un de fiable?
Êtes-vous plutôt tong ou basket? (Aucune corrélation mesurable avec la personnalité)
Quelle est la couleur qui reflète le mieux ton esprit intérieur?
Quelles saisons représentent ta personnalité?
Ces questions ne mènent qu'à des généralités qui peuvent s'appliquer à n'importe qui, sans apporter de réelle connaissance valide.
Impact des Pseudo-sciences
Les pseudo-sciences ont des impacts significatifs et souvent néfastes sur les individus et la société :
Désinformation et renoncement aux traitements efficaces : Les pseudo-sciences se positionnent souvent comme des alternatives aux pratiques médicales établies. Cela peut conduire les gens à renoncer à des traitements prouvés (ex: vaccins, médicaments) au profit de pratiques non prouvées, voire nocives. L'exemple de la COVID-19 et de la désinformation sur le virus, les traitements alternatifs et le doute sur les vaccins est édifiant.
Épuisement des ressources financières : Les individus peuvent dépenser des sommes considérables pour des traitements, des suppléments ou des thérapies inefficaces, sans en retirer de réels bénéfices.
Manœuvres frauduleuses et escroqueries : Certaines pratiques pseudo-scientifiques sont de véritables fraudes, où des personnes sont dupées et investissent dans des produits ou services sans fondement scientifique (ex: les charlatans promettant le retour de l'être aimé).
Érosion de la confiance dans la science : Avec la surcharge d'informations et la difficulté à discerner le vrai du faux, la science légitime peut être noyée et sa crédibilité remise en question. Il est plus facile de croire ce qui est rabâché et vendu que de faire l'effort de chercher et comprendre l'information scientifique, qui demande l'acquisition de méthodes (d'où l'importance de cours de méthodologie comme celui-ci et de l'Open Science).
Figures scientifiques et non-scientifiques
Il est important de distinguer les scientifiques dont la démarche est rigoureuse de ceux qui versent dans les pseudo-sciences ou dont les travaux sont controversés. La frontière n'est pas toujours nette et certains chercheurs peuvent, au cours de leur carrière, dévier des principes scientifiques.
Didier Raoult
Médecin et microbiologiste français avec une importante carrière scientifique et des prix prestigieux.
Controversé en 2020 pour sa forte promotion de l'hydroxychloroquine contre la COVID-19. La crédibilité scientifique de ses affirmations a été remise en question en raison du manque de preuves d'efficacité et de l'opposition des autorités sanitaires.
Plusieurs de ses publications ont été rétractées, et de nombreuses autres sont considérées comme douteuses, soulevant des questions d'éthique.
Son cas illustre la tension entre pratiques scientifiques et pseudo-scientifiques, même pour des figures reconnues.
Franz Mesmer (1734-1815)
Médecin allemand, connu pour sa théorie du magnétisme animal, plus tard appelé mesmérisme.
Il postulait l'existence d'un fluide naturel pouvant être transféré entre les objets, et affecté par les lois du magnétisme, provoquant des crises et des transes.
Ses méthodes attirèrent une large audience.
Accusé de fraude en Autriche et en France car il n'était pas en mesure de soutenir ses affirmations de manière scientifique. Le mouvement mesmérien a par la suite décliné.
Aujourd'hui, l'hypnose, qui a des racines lointaines dans le mesmérisme, est devenue un sujet de recherche pour la neuroscience cognitive et clinique, comme en témoigne la publication Neuroscience of Consciousness, montrant que certaines pratiques peuvent être réévaluées et étudiées scientifiquement si elles sont soumises à une méthodologie rigoureuse.
Scientifiques notables en psychologie
Ces figures sont des exemples de scientifiques dont les travaux ont contribué de manière significative et rigoureuse à la psychologie :
Jean Piaget (1896-1980) : Psychologue suisse, connu pour sa théorie du développement cognitif de l'enfant.
B. F. Skinner (1904-1990) : Psychologue américain, figure majeure du béhaviorisme, connu pour ses travaux sur le conditionnement opérant.
Daniel Kahneman (1934-2024) : Psychologue israélo-américain, lauréat du prix Nobel d'économie pour ses travaux sur la théorie des perspectives, pionnier de l'économie comportementale.
Elizabeth Loftus (1944-) : Psychologue américaine, connue pour ses travaux sur la mémoire, les faux souvenirs et les témoignages oculaires.
Susan Fiske (1952-) : Psychologue sociale américaine, spécialiste des stéréotypes, des préjugés et des relations intergroupes.
Richard Davidson (1951-) : Neuroscientifique américain, pionnier des recherches sur les bases neurales des émotions et les effets de la méditation.
Message clé (Take-home message)
Pour résumer les points essentiels :
Toute pratique en psychologie doit reposer sur des connaissances validées du fonctionnement humain (pour décrire, prédire et expliquer).
Les psychologues doivent baser leurs interventions sur des connaissances acquises scientifiquement.
La science est un mode d'acquisition de connaissance fondé sur des raisonnements logiques et des méthodes expérimentales, impliquant la récolte de données.
La science est caractérisée par l'universalité, la communalité (partage des savoirs), le désintérêt (objectivité) et le scepticisme organisé.
Les énoncés scientifiques sont vérifiables et, surtout, falsifiables, et leurs résultats sont réplicables.
En psychologie, la recherche suit majoritairement une démarche hypothético-déductive (OHERIC).
Il est crucial de savoir différencier les domaines scientifiques et pseudo-scientifiques pour baser toute pratique professionnelle sur des connaissances validées empiriquement.
La distinction entre ce qui est scientifique et non-scientifique a un impact majeur sur le fonctionnement sociétal en général, notamment pour les décisions politiques et médicales.
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