Résumé des chapitres sur les perfusions, transfusions, chimiothérapie, cathéters et radiothérapie
20 cardsRésumé des chapitres 1, 2, 7, 8 et 9 du cours SI : Médecine générale et spécialités médicales : Soins palliatifs. Ce résumé couvre les perfusions, la transfusion sanguine, la chimiothérapie, les cathéters à chambre implantable et la radiothérapie.
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1. Les Perfusions
L'administration de liquides par voie intraveineuse est un acte infirmier courant, mais il existe des distinctions importantes entre les voies périphériques et centrales, ainsi que des dispositifs spécifiques pour des besoins variés.
1.1 Perfusion par Voie Périphérique
L'administration d'un liquide en goutte à goutte dans une veine périphérique ou superficielle est un acte infirmier délégué, exécuté sur prescription médicale. La surveillance relève du rôle propre de l'infirmière.
Recommandations et Localisations à Éviter
Localisations à éviter : Réseau veineux des membres inférieurs (risque de thrombophlébite), côté d'un curage ganglionnaire axillaire, côté d'une fistule artério-veineuse, côté d'un implant orthopédique, pli du coude (inconfort, réservé aux prélèvements), bras dominant.
Considérations : Âge du patient (veines plus fragiles chez les jeunes enfants et PA), confort (surtout pour traitement long), pathologie (AVC, fracture, infection, lésion), avis du patient.
1.2 Perfusion par Voie Intraveineuse Centrale
Le cathétérisme veineux central implique l'introduction d'un cathéter long dans le système veineux, atteignant la jonction entre le système cave et l'oreillette droite. L'implantation est chirurgicale, mais l'infirmière assure l'entretien, la surveillance et la réfection du pansement.
Spécificités et Avantages
Spécificités : Traitement de longue durée, administration de produits irritants ou à grand débit, mesure de la pression veineuse centrale (PVC), altération du capital veineux périphérique.
Avantages : Moins de risque de perforation dans une veine de gros calibre, plus grande liberté de mouvement, perfusion de très longue durée, administration de liquides visqueux ou irritants.
Sites de placement : Veine cave supérieure (sous-clavière ou jugulaire).
1.3 PICC (Cathéter Veineux Central à Insertion Périphérique Brachiale)
Le PICC est un cathéter veineux central inséré par le bras (veine basilique, brachiale ou céphalique) et avancé jusqu'à la partie distale de la veine cave supérieure. Il est radio-opaque et peut rester en place jusqu'à un an.
Domaine d'Application et Responsabilités
Domaine d'application : Soins et surveillance sont des actes techniques de type B1 (sans prescription médicale). Le retrait est un acte B2 (avec prescription).
Responsabilités : Manipulations par infirmiers formés et validés.
Valve Groshong : Empêche le reflux sanguin et permet une pression positive lors de la déconnexion.
Utilisation : Accès veineux central de moyenne durée, notamment pour antibiothérapie ou chimiothérapie de plusieurs semaines.
Description de la Procédure
Particularités : Manipulations aseptiques, réduction au maximum des connexions. Utilisation de compresses imprégnées d'antiseptique alcoolique (méthode "presse-orange").
Injections : Les voies "power injectable" supportent des débits élevés (max , ).
Mesure de PVC : Nécessite une lumière de cathéter de calibre 20 ou plus.
Douche : Autorisée avec protection imperméable du pansement.
Réfection du Pansement PICC Line
Fréquence : Tous les 8 jours, ou si sale, décollé, non occlusif.
Matériel : Surface de travail propre, hygiène des mains, chlorhexidine 2% alcoolique, set de pansement stérile, sac poubelle, pansement TEGADERM CHC PICC/CVC (ou compresses et Méfix), gants stériles.
Déroulement :
Hygiène des mains.
Retirer la partie distale du film polyuréthane.
Déloger et jeter le système de fixation.
Retirer le film polyuréthane et le patch de CHC (facilité par sérum physiologique).
Contrôler l'aspect de la peau.
Hygiène des mains.
Ouvrir et étaler le champ stérile.
Désinfecter la peau et le cathéter avec la solution alcoolique (technique "no touch").
Attendre le séchage complet (au moins 30 secondes).
Hygiène des mains.
Enfiler des gants stériles.
Fixer le cathéter dans le dispositif de fixation.
Poser le système de fixation sur la peau sans enlever la protection pour vérifier la localisation.
Coller la fixation sur la peau sans traction.
Appliquer le film polyuréthane Tegaderm CHC (le patch de gel doit couvrir le point de ponction et le cathéter jusqu'à la fixation).
Appliquer un filet tubulaire si nécessaire.
Enlever les gants.
Hygiène des mains.
Rinçage du Système
Procédure : Rinçage pulsé de 10 ml de solution physiologique.
Fréquence : Après chaque administration, avant et après les prélèvements sanguins. Si PICC non utilisé, rinçage tous les 8 jours.
Seringue : Utiliser une seringue de volume supérieur ou égal à 10 ml.
Déroulement : Hygiène des mains, compresses imbibées de chlorhexidine, manipulation de la connexion avec compresses, enlever et jeter le bouchon, désinfecter l'embout, vider quelques ml de seringue, brancher et vérifier le reflux, injecter la solution physiologique de façon pulsée, refermer avec un bouchon stérile, hygiène des mains.
Prélèvement Sanguin
Les prélèvements se font directement sur le cathéter.
Interdiction : Ne jamais réinjecter la purge.
Difficulté de reflux : Demander au patient de tourner la tête ou de placer le bras en abduction.
Précautions : Ne pas utiliser les 2 à 5 premiers mL de sang, sauf pour les hémocultures.
Retrait du PICC (sur prescription médicale)
Procédure : Patient en décubitus dorsal, hygiène des mains, gants, enlever pansement et fixateur, tirer doucement le PICC, compression au point de sortie, pansement stérile, noter la longueur du PICC et comparer à l'initiale.
Résistance : Ne pas exercer de forte traction.
Surveillance et Traçabilité
Traçabilité : Noter traitements, gestes, difficultés, informations au patient dans le DPI.
Longueur : Noter la longueur extériorisée à chaque réfection de pansement. En cas de traction accidentelle, évaluer l'impact et ne pas réintroduire la partie externalisée. Si doute, radiographie sur prescription.
Surveillance clinique : Rechercher complications locales (point d'insertion, trajet veineux) ou générales (fièvre, frissons, essoufflement, douleur). Signaler toute anomalie au médecin.
Pansement : Doit rester propre, sec et étanche.
1.4 Complications Générales des Voies Centrales (VC)
Les complications des voies centrales peuvent être graves et nécessitent une surveillance attentive et des actions rapides.
Causes | Symptômes | Action | Prévention |
INFECTION GÉNÉRALISÉE (SEPTICÉMIE) | |||
- liquide contaminé | - élévation brusque de la t° et des pulsations | - stop perf | Asepsie lors de la mise en place et de toutes les manipulations : |
SURCHARGE CIRCULATOIRE | |||
- excès de liquide perfusé | - respiration rapide | - ralentir perf pour maintenir la voie IV perméable | - surveiller le débit et le respecter |
EMBOLIE GAZEUSE | |||
Embolie d'une ± grande quantité d'air dans la circulation (10cc ou + ) | - choc | - avertir immédiatement le Dr | - purger correctement la tubulure et les annexes avant de la raccorder au KT |
RÉACTION ALLERGIQUE | |||
Sensibilité particulière du patient à la solution administrée particulièrement un additif | - démangeaisons | - prévenir Dr | - demander au patient si allergies connues avant traitement |
CHOC ANAPHYLACTIQUE | |||
Réaction de l'organisme à la substance étrangère surtout avec sang et dérivés, et grosses molécules | - pâleur | - stop perf | - se renseigner sur les ATCD |
EMBOLIE PAR MIGRATION DE CAILLOT | |||
Envoi d'un caillot qui obstruait le KT quand on veut le déboucher celui-ci en injectant du sérum physiologique ou un anticoagulant | Suivant la localisation de l'embolie : micro embolie pulmonaire | - avertir le Dr | Ne pas déboucher le KT en injectant du liquide sous pression |
1.5 Pompes et Pousse-Seringues
Ces dispositifs permettent une administration précise et contrôlée des médicaments.
1.5.1 La Pompe Volumétrique
Utilisée pour administrer des médicaments de manière continue ou non. Elle régule la perfusion du produit grâce à un système d'entraînement du liquide et est munie d'alarmes.
1.5.2 Le Pousse-Seringue Électrique (PSE)
Appareil qui fait progresser le piston d'une ou plusieurs seringues de manière régulière. Il est indiqué pour l'injection continue de médication précise.
Avantages : Rigueur de gestion, injection régulière, programmable.
Règles générales : Accepte plusieurs formats de seringues (5 à 60 ml), utilisation obligatoire de seringues Luer-lock, accès protégé.
1.5.3 La Pompe PCA (Patient Controlled Analgesia)
Permet au patient de contrôler son analgésie, généralement avec de la morphine par voie IV ou SC, ou en péridurale. Elle est programmée pour administrer l'analgésique en continu ou via un bouton poussoir (bolus).
Avantages : Le patient gère sa douleur, pompes portables pour un retour précoce à domicile.
Règles générales : Appel de l'anesthésiste pour la mise en route, réévaluation régulière de la douleur, traitement antalgique per os après arrêt de la pompe, reprogrammation après changement de batterie.
2. La Transfusion Sanguine
La transfusion sanguine est l'administration de sang ou de dérivés sanguins d'un donneur à un receveur. C'est un acte substitutif qui vise à apporter l'élément manquant au malade.
2.1 Définition
Le volume sanguin est d'environ 5 litres pour un adulte. La transfusion est un acte contre nature en raison de l'identité cellulaire unique de chaque individu, ce qui peut entraîner une réaction de l'organisme.
Groupes Sanguins
La surface des érythrocytes contient des antigènes (agglutinogènes) qui classent le sang en différents groupes. Les plus importants sont les antigènes A et B du système ABO et l'antigène D du système Rh.
A. Le Système ABO
Basé sur la loi de Landsteiner : présence d'antigènes A et B sur les érythrocytes et d'anticorps dirigés contre les antigènes absents dans le plasma. Une transfusion incompatible peut provoquer une agglutination et une hémolyse.
Groupes sanguins | Antigène (Ag) sur les GR | Anticorps (Ac) dans le sérum | Groupe sanguin à donner |
A | Antigène A | Anticorps anti-B | A et O |
B | Antigène B | Anticorps anti-A | B et O |
AB | Antigène A et B | Absence d'anti-A et anti-B | Tous |
O | Pas d'antigène A et B | Anticorps anti-A et Anticorps anti-B | O |
B. Le Système Rh
L'antigène D est présent chez environ 85% des Européens (Rh+). Le plasma ne contient pas d'anticorps anti-D dans des circonstances normales. Une transfusion de sang Rh+ à une personne Rh- peut entraîner la fabrication d'anticorps anti-D et des réactions hémolytiques lors de transfusions ultérieures.
Groupe O- : Donneur universel.
Groupe AB+ : Receveur universel.
C. Le Système HLA (Human Leucocyte Antigen)
Des antigènes sont également présents sur les globules blancs et les tissus. Les globules blancs sont éliminés des solutions de transfusion (déleucocytées) pour éviter les réactions immunitaires.
2.2 Don de Sang
Le don de sang est essentiel pour aider les accidentés, opérés, leucémiques, hémophiles, grands brûlés, etc.
La Collecte
Qui peut donner : Personne de 18 à 65 ans, en bonne santé, poids > 50 kg, tension artérielle normale. Information sur les comportements à risque et questionnaire médical avant chaque don.
Délais d'attente : Varient selon les situations (fièvre, médicaments, dentiste, chirurgie, voyages, changement de partenaire, tatouage/piercing).
Les Divers Types de Don de Sang
Sang total : 450 ml prélevés, contient du citrate de sodium pour éviter la coagulation. 2 mois entre 2 prélèvements, 4 prélèvements par an maximum.
Aphérèse : Technique pour extraire et séparer les éléments figurés du sang (plasma ou plaquettes) à l'aide d'une centrifugeuse. Les GR sont réinjectés au donneur.
Plasmaphérèse : Le plasma est retenu. Dons possibles tous les 15 jours.
Thrombaphérèse : Seules les plaquettes sont retirées. Maximum 12 fois par an.
Autotransfusion : Le patient donne son propre sang en prévision d'une intervention.
2.3 La Conservation du Sang
Le citrate de sodium, découvert en 1914, empêche le sang de coaguler. Le sang est récolté dans une poche stérile, puis réparti dans des poches satellites et conservé selon le type de dérivé (réfrigérateur, surgélateur, température ambiante).
L'Analyse du Sang
Toute poche de sang subit des analyses pour écarter la contamination et déterminer les caractéristiques. Le sang total est rarement transfusé ; on préfère apporter au patient uniquement les éléments dont il a besoin (dérivés).
Avantages des dérivés : Conservation optimale, un don aide plusieurs patients, traitement plus efficace, diminution des risques.
Catégories de Dérivés Sanguins
Dérivés stables à conservation longue durée : Obtenus par fractionnement industriel du plasma. Absence de règles de compatibilité, inactivité virale totale, absence d'éléments cellulaires.
Solutions d'Albumines : Maintien de la circulation sanguine. Durée de conservation 3 ans.
SSPP (Solution Stable de Protéine Plasmatique) : Utilisée en cas de pertes protéiques importantes.
Facteurs de coagulation : Facteur VIII, IX, Fibrinogène, PPSB. Durée de conservation 2 ans.
Immunoglobulines : Traitement de maladies infectieuses. Durée de conservation 3 ans.
Dérivés labiles à conservation de courte durée (PSL) : Conservation limitée, règles de compatibilité, conditions strictes de conservation, risque résiduel de transmission virale.
Concentré de Globules Rouges Déleucocyté : Filtration pour diminuer les réactions HLA. Conservation 42 jours à . Indiqué dans les anémies importantes.
Phénotype : GR ayant subi une analyse étendue (RAI). Indiqué chez les patients avec anticorps anti-érythrocytaires.
Concentrés irradiés : Pour patients immunodéprimés.
Concentré standard de Plaquettes Déleucocyté (aphérèse) : Conservation 7 jours à température ambiante avec agitation.
Plasma congelé : Contient toutes les protéines et facteurs de coagulation. Conservation 1 an à .
2.4 Soins Infirmiers Relatifs à l'Administration des Globules Rouges Concentrés
La transfusion est un acte délégué où l'infirmier est un acteur majeur de l'hémovigilance.
2.4.1 Généralités et Surveillances Avant la Pose de la Transfusion
Chaîne du froid : Respect absolu pour éviter la prolifération bactérienne et la destruction des GR. Sang à . Ne pas sortir plus de 10 minutes à l'avance. Unité suspecte doit être renvoyée.
Réchauffeur : Indispensable pour transfusions massives.
Filtre : Tout dérivé sanguin doit être administré au travers d'un filtre pour retenir les micro-agrégats.
Douceur : Manipuler les poches de sang avec douceur pour éviter la destruction des GR. Ne jamais secouer.
2.4.2 Soins Infirmiers Avant la Transfusion
Acte médical engageant la responsabilité du médecin et de l'infirmière.
Collecte des données :
Le sang : Prescription médicale (coordonnées patient, nature du sang, caractéristiques, nombre d'unités, vitesse de passage, médicaments). L'infirmière établit la détermination du groupe sanguin, la recherche d'anticorps irréguliers et le bon de commande.
Le patient : Vérification de l'identité, pathologie, groupe sanguin, antécédents transfusionnels, médications, précautions particulières.
Préparation : S'assurer qu'aucun examen n'est prévu. Préférer transfuser quand le personnel est suffisant.
Réception de la poche : Vérifier minutieusement les 9 points de contrôle de l'unité de GR et de la feuille de compatibilité (nom, groupe sanguin, compatibilité croisée, code barre, nature du dérivé, quantité, date de péremption, aspect, température).
Contrôle pré-transfusionnel (Serafol) : Vérifier péremption, noter identité et numéro de culot, prélever sang du patient et de la poche, réhydrater actifs, chalouper, comparer résultats, noter conclusion, agrafer au dossier.
Informer le patient : Expliquer le but, rassurer.
Rassembler le matériel : Sortir le sang, préparer perfusion d'entretien si nécessaire, gants, trousse à transfusion avec filtre, noyer le filtre et purger.
Surveiller la perfusion : Écoulement, reflux, problèmes éventuels. Prendre les paramètres (T°, pouls, TA) avant la transfusion. Ne jamais adjoindre de médicament au sang.
2.4.3 Soins Infirmiers Lors de la Pose et Pendant la Transfusion
Débit : Régler lentement au début (1 goutte/2 secondes), puis selon prescription. Une unité de GR doit couler en moins de deux heures.
Surveillance initiale : Rester dans la chambre pendant les 10 premières minutes, observer plaintes et symptômes de complication. Prendre les paramètres à 5-10-15 et 30 minutes.
Après 10 minutes : Reprendre les paramètres, vérifier écoulement, donner la sonnette. Passer régulièrement dans la chambre (toutes les 30 min).
Problème ou suspicion d'anomalie : STOP DIRECT + appel médecin.
Problème d'écoulement : Surélever le pied à perfusion, utiliser la manchette à compression pneumatique.
Réaction transfusionnelle : Arrêter la transfusion, fermer le robinet, ouvrir perfusion d'entretien, assurer sécurité du patient, appeler médecin, observer réactions, suivre prescription médicale, garder sac et trousse, assurer surveillance continue.
2.4.4 Soins Infirmiers Après la Transfusion
Étapes : Gants, fermer roulette, ôter la transfusion (jeter dans poubelles jaunes), rincer la tubulure avec NaCl 0,9%, remettre perfusion principale, compléter suivi transfusionnel, assurer continuité des soins.
Incidents et accidents : Hémolytiques, fébriles non hémolytiques, allergiques, œdème pulmonaire, choc endotoxinique/septique, maladies transmissibles.
2.5 Soins Infirmiers Relatifs à l'Administration de Plaquettes
Indication : Thrombocytopénie, thrombopathie, hémorragie menaçante.
Conservation : Ne se conservent pas, doivent être transfusées dès réception et agitées.
Précautions : Transfusion inefficace, réaction transfusionnelle (frissons, hyperthermie), respecter groupe sanguin ABO et Rh, trousse avec filtre. Vitesse d'écoulement lente au début, puis 10 ml/min.
2.6 Soins Infirmiers Relatifs à l'Administration de Plasma Congelé Viro-Inactivé
Généralités : Contient toutes les protéines et facteurs de coagulation. Volume 200 ml.
Indications : Coagulopathies graves, hémorragies aiguës, déficits en facteurs de coagulation.
Pratique : Décongélation au bain-marie à . Transfusion avec trousse à filtre, débit lent, 200 ml en 2 heures maximum. Ne jamais recongeler.
Compatibilité : Contraire des GR.
2.7 Soins Infirmiers Relatifs à l'Administration de Dérivés Stables du Plasma
2.7.1 La Solution Stable de Protéines Plasmatique (SSPP)
Indications : Restauration rapide du volume plasmatique, hypoprotéinémie, choc.
Mode de transfusion : Tubulure à filtre. Groupe sanguin non nécessaire. Durée 400 ml en 3h.
Surveillances : Risques de surcharge circulatoire (vitesse d'écoulement, pouls, TA, respiration, plaintes) et d'allergie (faciès, prurit, plaintes).
2.7.2 L'Albumine Concentrée
Concentration : 20 g/100 ml.
Mode de transfusion : IV lente (2 à 3h pour 100 ml). Trousse avec filtre. Prudence en cas de décompensation cardiaque.
Surveillance : Idem SSPP.
2.8 Normes à Connaître en Tant qu'Infirmière Responsable
Connaissance des normes biologiques est essentielle pour la surveillance des patients.
HB : 12 à 16 gr/100 ml
GR : 4,5 à /ml
Hct : 38 à 50%
GB : 4000 à 8000/ml
Pqts : 150 à 450000/ml
VS : 10 mm/h
CRP : < 6 mg/L
Glycémie : 100 mgr/100 ml
Urée : 10 à 50 mg/100 ml
Créatinine : 0,8 à 1,3 mg/100 ml
Acide urique : 3 à 7 mg/dl
Na+ : 135 à 145 mEq/L
K+ : 3,5 à 5 mEq/L
Cl- : 95 à 105 mEq/L
CO2 : 27 mEq/L
Ca++ : 8 à 10,4 mg/dl
Phosphore : 2,4 à 4,4 mg/dl
Mg++ : 1,45 à 1,9 mEq/L
Protéines plasmatiques : 6,5 à 7,5 g/100 ml
Bilirubine : 0,3 à 1 mg/100 ml
LDH : 140 à 300 UI/L
CPK : 7 à 160 UI/L
GOT : 6 à 30 UI/L
GPT : 4 à 40 UI/L
Gamma GT : 5 à 45 UI/L
Phosphatases alcalines : 10 à 60 UI/L
Amylases : 20 à 200 UI/L
Lipases : 170 UI/L
INR : 1 à 1,5
Fibrinogène : 180 à 380 mg/100 ml
7. Chimiothérapie
La chimiothérapie est un traitement anticancéreux utilisant des médicaments cytotoxiques pour détruire les cellules cancéreuses. Elle a une action générale, mais peut affecter les cellules saines.
7.1 Généralités
7.1.1 Définition
La chimiothérapie anticancéreuse utilise des médicaments toxiques (cytotoxiques, cytostatiques, antimitotiques) qui agissent sur les cellules cancéreuses, qui se divisent plus rapidement que les cellules saines.
Indications
Diminuer le volume de la tumeur avant un traitement local (chimio d'induction).
Prévenir le développement de métastases après un traitement local (chimio adjuvante).
Traiter les tumeurs récidivantes ou les métastases (chimio-palliative).
Contre-indications
Grossesse ou allaitement.
Aplasie médullaire ou coma.
Phases terminales.
Personnes âgées (selon indice de Karnofsky).
Tares hépatiques ou rénales.
Suivi incertain.
7.2 Types de Chimiothérapie
Peut être isolée ou associée à d'autres traitements. Peut être monochimio (un seul médicament) ou polychimiothérapie (plusieurs cytotoxiques complémentaires et à toxicité non cumulative).
7.2.1 Classification des Cytostatiques
Classés selon leur mode d'action, agissant à différentes phases de la division cellulaire.
7.2.2 Posologie
Adaptée à chaque patient, calculée en fonction de la surface corporelle (poids et taille). Le médecin précise le rythme et la posologie sur un protocole détaillé. Administration discontinue en cycles de +/- 3 semaines.
7.2.3 Mode d'Administration
Le plus courant est la voie intraveineuse, mais peut aussi être per os, intrapéritonéale, intrapleurale, intravésicale, ou percutanée.
7.3 Effets Indésirables
Les cytotoxiques affectent aussi les cellules saines, provoquant des troubles dans divers organes. Le rôle infirmier est de limiter ces effets par la prévention et l'observation, et d'éduquer le patient.
A. Toxicité Hématologique ou Myélotoxicité
Principale toxicité, se traduit par une modification de la numération sanguine (GR, GB, plaquettes). Baisse des GB et plaquettes entre le 8ème et 12ème jour (leucopénie, thrombopénie). L'anémie survient plus tard. Retour à la normale en 3ème semaine.
B. Risque Infectieux
Lié à la leucopénie. Nécessite des contrôles biologiques, surveillance de la température, hygiène rigoureuse, éducation du patient sur les signes d'infection.
C. Aplasie Médullaire
Réduction ou disparition des lignées sanguines dans la moelle osseuse. Risque infectieux majeur. Nécessite un isolement protecteur, hygiène stricte, dépistage des infections, administration de traitements spécifiques, soutien psychologique.
D. Risques Hémorragiques
Lié à la thrombopénie. Risque d'hémorragies spontanées si < 20 000 plaquettes/mm3. Nécessite transfusion plaquettaire, éviter les injections IM/SC, compression prolongée après prélèvements, proscrire l'aspirine, rechercher les saignements, éduquer le patient (rasoir électrique, brosse à dents souple).
E. Anémies
Due à l'absence de régénérescence des hématies. Se manifeste par fatigue, pâleur, essoufflement. Nécessite transfusion de GR ou érythropoïétine. Surveillance, éducation sur les symptômes et éviter les efforts.
F. Toxicité Digestive
Nausées et vomissements : Fréquents, aigus (24h), retardés (jusqu'à 7 jours), anticipés (réflexe conditionné). Prévention par antiémétiques avant la chimio. Observation, bilan liquidien, bains de bouche, conseils alimentaires (petits repas, boissons fraîches, éviter gras/épicé).
Diarrhée : Peser le patient, observer les selles, conseiller aliments antidiarrhéiques, hydratation. Avertir le médecin si persistance.
Constipation : Inhabituelle, mais possible. Conseiller hydratation, fibres, activité. Surveiller les selles.
Toxicité hépatique : Dépister douleurs abdominales, prurit, ictère.
G. Toxicité Urinaire
Certains produits altèrent la fonction rénale. Nécessite hyperhydratation, surveillance de la diurèse, contrôle de l'urée et créatinine. Certains produits colorent les urines. Éducation du patient sur la coloration et l'importance de boire.
H. Toxicité Cardiaque, Pulmonaire
Liée aux anthracyclines. Nécessite surveillance cardiaque (pulsations, TA, ECG, échographie). D'autres produits peuvent provoquer des troubles respiratoires ou fibrose pulmonaire. Dépister signes d'insuffisance respiratoire.
I. Toxicité Cutanée et Muqueuse
Mucite, stomatite : Atteintes douloureuses des muqueuses. Évaluation de la bouche, glace pilée, soins de bouche fréquents, protection des lèvres, alimentation adaptée, analgésiques.
Toxicité cutanée : Syndrome mains-pieds, photosensibilisation. Protéger de la lumière et du soleil, pommade hydratante.
Atteinte des phanères : Ongles fragilisés ou pigmentés.
Alopécie : Perte de cheveux, réversible. Informer le patient, conseiller prothèse capillaire, casque réfrigérant. Soutien psychologique.
J. Toxicité Génitale
Modifications du cycle menstruel, sécheresse vaginale, stérilité provisoire ou définitive chez la femme. Risque de stérilité important chez l'homme (conservation de sperme).
K. Toxicité Neurologique
Troubles sensitifs ou moteurs. Rechercher engourdissements, picotements, myalgie, troubles auditifs. Conseiller déplacements lents.
L. Autres
Fatigue (liée à la maladie, traitements, stress, anémie, dénutrition, insomnie). Allergie à un cytotoxique (dyspnée, hypotension, sensation de boule dans la gorge). Glycémie modifiée chez le diabétique.
M. Conclusion
L'infirmier(e) doit connaître la prescription, les effets secondaires, informer et éduquer le patient, se protéger, observer et réagir, être à l'écoute.
7.3.1 En Pratique : Rôle Infirmier
Au moment de la cure : Vérifier résultats sanguins, température, capital veineux. S'assurer de la prescription complète. Informer le patient des effets indésirables. Piquer la perfusion avec solution isotonique. Vérifier l'accès veineux (reflux, point de ponction). Arrêter immédiatement en cas de doute.
Pendant l'administration : Surveiller les effets indésirables, paramètres vitaux, extravasation. Rincer avant et après chaque cytotoxique.
Pendant l'intercure : Surveiller les effets retardés (température, problèmes digestifs, autres effets secondaires). Effectuer les prises de sang.
Extravasation : URGENCE. Arrêter perfusion, gants, aspirer sang, injecter NaCl 0,9%, injecter antidote si disponible, enlever KT, faire saigner, aspirer liquide péri-veineux (médecin). Appliquer compresses froides ou chaudes selon antidote. Membre surélevé. Rapport écrit précis.
7.4 Mesures de Protection Lors de Manipulations de Cytostatiques
La manipulation des produits anticancéreux présente des risques pour le personnel soignant (immédiats et retardés). Une réglementation stricte et des mesures de protection sont indispensables.
1. Lors de la Préparation
Sous flux laminaire. Le manipulateur se protège (surblouse, gants, lunettes, surchaussures, bonnet, masque). Actuellement, les produits sont préparés en pharmacie.
2. Lors de l'Administration
Plan de travail couvert d'un champ absorbant/imperméable. Utilisation de trousses spécifiques (double Y, Luer-lock). Manipulations avec gants et compresses stériles. Élimination immédiate des déchets dans des sacs spécifiques (jaunes).
3. Après l'Administration
Les mesures de protection continuent pour la manipulation des excréta des patients. Gants, élimination des déchets dans les toilettes (éviter projections), nettoyage des urinaux/bassins. S'informer sur la durée de vigilance.
4. Quelques Conseils Lors d'Accidents
Éclaboussures yeux : Laver immédiatement à grande eau, irriguer avec NaCl 0,9%.
Éclaboussures peau : Laver immédiatement et abondamment à l'eau. Se renseigner sur produit spécifique.
Éclaboussures vêtements/gants : Changer immédiatement, isoler.
Piqûre aiguille : Aspirer (cf. extravasation).
Éclaboussures plan de travail : Nettoyer avec papier absorbant, puis eau et savon, rincer, neutraliser avec javel ou selon procédure.
7.4.1 Autres Traitements Médicamenteux
L'Hormonothérapie
Traitement hormonal de certains cancers hormonodépendants (sein, prostate). Vise à supprimer la source de l'hormone ou à bloquer les tissus cibles. Généralement par comprimés ou injection IM.
Chez la femme : Antiestrogènes, progestatifs. Surveillance gynécologique. Effets androgéniques (virilisation, prise de poids, HTA).
Chez l'homme : Anti-androgènes. Effets de féminisation (gynécomastie, impuissance). Risques de thrombophlébite, infarctus.
Effets indésirables : Non négligeables. Retentissement psychologique sévère.
L'Immunothérapie
Vise à renforcer le système immunitaire du patient pour qu'il reconnaisse et combatte les cellules cancéreuses. Nécessite le consentement éclairé du patient.
7.5 En Conclusion
L'infirmier(e) doit connaître la prescription, les signes d'annulation de la chimio, les effets secondaires, informer et éduquer le patient, se protéger et protéger le patient, observer et réagir, être à l'écoute et répondre aux questions.
7.6 Lexique
ADENOPATHIE : Augmentation du volume d'un ganglion.
ALLOGREFFE : Prélèvement de moelle osseuse chez un donneur pour un receveur compatible.
ALOPECIE : Perte totale ou partielle des cheveux.
ANEMIE : Baisse du nombre de globules rouges.
ANTALGIQUE : Traitement contre la douleur.
ANTICORPS : Substance engendrée par l'organisme contre un antigène.
ANTIEMETIQUE : Médicament empêchant les vomissements.
ANTIGENE : Substance provoquant la formation d'un anticorps.
APLASIE : Diminution de la production de cellules sanguines par la moelle osseuse.
ASTHENIE : État de fatigue.
AUTOGREFFE : Prélèvement de moelle osseuse du patient pour réinjection après chimiothérapie.
BIOPSIE : Prélèvement d'un fragment de tissu pour diagnostic.
CANCER : Maladie caractérisée par une croissance anormale et incontrôlée de cellules.
CATHETER : Fin tuyau introduit dans une veine pour perfusions.
CELLULE CANCEREUSE : Cellule anormale proliférant de façon incontrôlée.
CECOS : Centre d'Étude et de Conservation des Œufs et du Sperme.
CEPHALEES : Maux de tête.
CHAMBRE, PORT-A-CATH, SITE IMPLANTABLE OU CAPSULE : Boîtier implanté sous la peau relié à une veine profonde.
CHIMIOTHERAPIE : Thérapie détruisant les cellules cancéreuses par substances chimiques.
CIRCULATION LYMPHATIQUE : Circulation de la lymphe.
CURIETHERAPIE : Radiothérapie utilisant des sources radioactives temporaires.
DYSPNEE : Difficulté à respirer.
ECHOGRAPHIE : Méthode d'exploration par ultrasons.
ENDOCRINE (glande) : Glande déversant ses hormones directement dans le sang.
ENDOGENE : Qui provient de l'intérieur.
ENDOSCOPIE : Introduction d'un matériel d'imagerie à l'intérieur de l'organisme.
EXERESE : Enlèvement chirurgical d'une tumeur.
EXOGENE : Qui provient de l'extérieur.
FACTEURS DE CROISSANCE HEMATOPOÏETIQUES : Substances stimulant la production de cellules sanguines.
GANGLION (lymphatique) : Organe du système lymphatique.
GLOBULES BLANCS ou LEUCOCYTES : Cellules du sang protégeant contre les infections.
GLOBULES ROUGES ou ERYTHROCYTES ou HEMATIES : Cellules du sang transportant l'oxygène.
GUERISON : Neutralisation définitive de la maladie.
HEMATOLOGIE : Spécialité médicale des maladies du sang.
HEMOGLOBINE : Pigment des globules rouges transportant l'oxygène.
HEMOPATHIE : Maladie du sang.
HEMOSTASE : Arrêt d'une hémorragie.
HORMONOTHERAPIE : Traitement par les hormones de certains cancers.
IMMUNOTHERAPIE : Traitement renforçant l'immunité de l'organisme.
INJECTION : Administration d'un médicament liquide.
INVASIF : Caractère d'une tumeur qui s'étend.
IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique) : Examen radiologique utilisant des champs magnétiques.
LEUCEMIE : Cancer du sang par production excessive de globules blancs.
LEUCOPENIE : Baisse du taux des globules blancs.
LYMPHE : Liquide riche en protéines et lymphocytes.
LYMPHOCITES : Petits globules blancs jouant un rôle dans l'immunité.
LYMPHOEDEME : Gonflement suite à une circulation lymphatique défectueuse.
LYMPHOME : Tumeur du tissu lymphoïde.
MARQUEURS TUMORAUX : Substance sécrétée par les cellules tumorales.
MASTECTOMIE : Ablation du sein.
MELANOME : Tumeur des cellules produisant la mélanine.
METABOLISME : Ensemble des processus de transformation de matière et d'énergie.
METASTASE : Dissémination du cancer.
MOELLE OSSEUSE : Tissu produisant les cellules sanguines.
MUCITE : Inflammation des muqueuses.
MYELOSUPPRESSION : Réduction de la production de cellules sanguines par la moelle osseuse.
NEUTROPENIE : Diminution du nombre de polynucléaires neutrophiles.
NUMERATION FORMULE SANGUINE (NFS) : Détermination du nombre de cellules sanguines.
ONCOLOGIE : Étude des tumeurs.
PER-OS : Médicament pris par voie orale.
PET SCAN (Positron Emission Tomography Scanner) : Appareil d'imagerie médicale localisant les foyers métaboliques élevés.
PLAQUETTES ou THROMBOCYTES : Éléments du sang jouant un rôle dans la coagulation.
PROTOCOLE : Recueil d'indications pour le traitement d'un cancer.
PRURIT : Vive démangeaison.
RADIOGRAPHIE : Technique d'imagerie utilisant les rayons X.
RADIOTHERAPIE : Méthode de traitement détruisant les cellules tumorales par radiations ionisantes.
RECHUTE : Réapparition de la maladie.
RECIDIVE : Réapparition de la tumeur.
REMISSION : Disparition complète ou partielle des symptômes.
SCANNER (TDM Tomodensitométrie) : Appareil de radiodiagnostic obtenant des images en coupe.
SCINTIGRAPHIE : Technique d'imagerie visualisant un organe par substance radioactive.
SEPTICEMIE : Infection générale par microbes dans le sang.
STADE : Classification de la tumeur.
THROMBOCYTOPENIE ou THROMBOPENIE : Diminution du nombre de plaquettes.
THYROÏDE : Glande endocrine intervenant dans la croissance et le métabolisme.
TUMEUR : Masse de tissu anormale, bénigne ou maligne.
8. Le Cathéter à Chambre Implantable Intraveineux (C.C.I.)
Le C.C.I. est un dispositif d'accès veineux central permettant un accès répété et sûr au système vasculaire, souvent utilisé en oncologie.
8.1 Définition
Le C.C.I. est composé d'un boîtier sous-cutané relié à un cathéter central tunnellisé. Il est aussi appelé DAVI, PAC, RASC, RAVI, CTI, CIP.
8.2 Les Différents Sites d'Insertion
L'extrémité du cathéter arrive à l'entrée de l'oreillette droite par la veine cave. Le boîtier peut être thoracique (veine jugulaire ou sous-clavière) ou brachial (veine céphalique ou basilique). Il est implanté en dehors des zones de mouvement, sur une surface résistante.
1. Pose du C.C.I.
Placé chirurgicalement sous anesthésie locale ou générale. Le boîtier est fixé sur le muscle pectoral. Durée de la pose 30 min à 1h. Peut être utilisé immédiatement. Fils ôtés au 10ème jour. Surveillance de l'infection et des douleurs post-opératoires.
2. Avantages-Inconvénients
AVANTAGES | INCONVENIENTS |
Accès veineux central rapide, sûr, répété | Au début, une gêne musculaire |
Faible risque d'extravasation | Présente une voussure et une cicatrice ... se voit (DI : perturbation de l'image de soi) |
Préserve le système vasculaire périphérique | |
Permet une meilleure acceptation des traitements | |
Améliore la qualité de vie des patients, facilite le traitement ambulatoire | |
Infection limitée en cas d'usage correct |
3. Indications
Préservation du capital veineux.
Chimiothérapie anticancéreuse.
Réduction du risque infectieux.
Injections/perfusions continues.
Confort du patient.
Alimentation parentérale.
Prélèvements sanguins.
Transfusions répétées.
4. Descriptions du Matériel
Chambre implantable : Boîtier avec membrane souple en silicone (septum) permettant 1000 à 2000 ponctions. Peut être simple ou double.
Aiguilles : Seules les aiguilles à pointe de HUBER (non perforantes) peuvent être utilisées. Choisir la longueur et le diamètre selon la corpulence et l'intervention. L'aiguille de GRIPPER est la plus fréquente.
8.3 Principes Généraux et Surveillances
1. Stérilité Stricte
Soins aseptiques obligatoires pour éviter les infections. Hygiène locale rigoureuse, lavage des mains, gants stériles, antisepsie du site, respect de l'asepsie, changement des tubulures/robinets toutes les 48-72h, changement de l'aiguille tous les 7 jours.
2. Observation de la Zone d'Implantation
Contrôler la peau autour du point de ponction (rougeur, chaleur, gonflement, hématome, érosion). S'assurer de l'absence de rotation du matériel. Changer le pansement toutes les 48-72h. Vérifier le reflux. Observer régulièrement la zone.
3. Utiliser une Aiguille à Pointe de HUBER
Ne jamais utiliser une aiguille non prévue. Adapter longueur et calibre. Piquer perpendiculairement au milieu du septum jusqu'au fond du boîtier. Ne pas mobiliser l'aiguille une fois en place.
4. Seringues > ou = à 10 ml
Ne jamais utiliser de seringue de moins de 10 ml pour éviter la rupture du septum/cathéter ou la déchirure du cathéter en présence de thrombus.
5. Prévenir les Embolies, les Thrombus
Éviter toute entrée d'air. Ajouter un prolongateur avec clamp. Purger le système avec sérum physiologique. Piquer le cathéter extérieur en position clampée. Rincer le système avec 20 ml de NaCl 0,9% avant et après manipulations, et entre produits. Clamper en pression positive avant de retirer l'aiguille.
6. Éviter la Douleur
Utiliser un patch anesthésiant (EMLA) 60 minutes avant la ponction en cas de douleur.
8.4 Complications Possibles
Problèmes | Causes possibles | Interventions de l'infirmière |
Érythème | Infection de l'incision ou de la chambre, mauvaise cicatrisation Ex. diabète | Vérifier chaque jour la rougeur et le drainage |
Incapacité à purger ou à aspirer | Tubulure clampée | Vérifiez la tubulure, le clamp, robinets ouverts? |
SI DOUTE : | Aspiration trop rapide | Aspirer lentement |
Cathéter situé contre la paroi veineuse | Changer la position du patient en déplaçant son thorax et ses bras, tourner la tête | |
Mauvaise position de l'aiguille | Choisir aiguille adéquate (le signaler) Déplacer l'aiguille en l'avançant jusqu'au fond du réservoir. Vérifiez sa bonne position en aspirant du sang. | |
Formation d'une gaine de fibrine | Purgez avec 10 ml de soluté physiologique par à-coups et répétez si nécessaire. Augmentez la fréquence des purges pour prévenir le problème | |
Obstruction (caillots) | Prévenir le médecin. | |
Sensation de brûlure dans les tissus souscutanés œdème zone implantation | Déplacement de l'aiguille dans les tissus sous-cutanés | N'enlevez pas l'aiguille (cf. procédure chimio) |
Le cou et/ou le bras est gonflé | Formation de gros caillots dans la veine cave supérieure | Avisez immédiatement le médecin : Mis sous héparine |
8.5 Plan de Procédure de Soins
1. Ouverture de la Chambre Implantable : Procédure de Base
Fonctions : Placer une perfusion, effectuer un bolus, prélever du sang. Nécessite une ponction aseptique avec gants stériles. Le "test de toux" permet de vérifier la fonctionnalité du système.
2. Placer une Perfusion
Matériel : Matériel de base, aiguille courbée (Gripper), deuxième robinet si nécessaire, perfusion purgée.
Installation : Patient, soignant, environnement (pied à perfusion côté C.C.I.).
Exécution : Ouverture C.C.I. (procédure de base), reflux OK, rinçage, brancher perfusion, observer zone, régler débit.
Achèvement : Pansement, vérifier débit, réinstaller patient.
Transmission : Reflux, type aiguille, médicaments, inscription au dossier.
3. Prise de Sang par une C.C.I.
Aspirer deux tubes secs à éliminer. Après prélèvement, rincer avec sérum physiologique (au moins 20 ml). Si retrait de l'aiguille, effectuer un verrou à pression positive. Si C.C.I. fermée, adopter la procédure de base pour l'ouvrir.
4. Fermeture de la Chambre Implantable
S'applique à la fin du traitement. Bien rincer et verrou à pression positive.
9. Radiothérapie
La radiothérapie utilise des radiations ionisantes pour détruire les cellules cancéreuses en altérant leur ADN. Elle est utilisée chez plus de la moitié des patients atteints de cancer.
9.1 Définition et Mode d'Action
Les radiations ionisantes empêchent les cellules de se diviser. Les cellules cancéreuses, se divisant rapidement, sont plus radiosensibles. Les cellules saines ont une meilleure capacité de résistance et de réparation. La radiothérapie peut être utilisée seule ou associée à la chirurgie et la chimiothérapie.
Radiosensibilité
Les cellules sont plus radiosensibles si elles sont oxygénées et se renouvellent rapidement (sang, peau, muqueuses, intestin). Les tissus à renouvellement lent (os, muscle, foie, rein) sont moins affectés ou plus tardivement.
9.2 Déroulement d'une Séance de Radiothérapie Externe
La source de rayonnement est à l'extérieur du patient, utilisant des accélérateurs linéaires d'électrons. Une équipe pluridisciplinaire (radiothérapeute-oncologue, physiciens, soignants) travaille ensemble.
L'Appareil
L'accélérateur linéaire de particules émet des rayons X ou un faisceau d'électrons. Choisi pour tumeurs profondes ou superficielles.
1. Choix du Champ d'Irradiation
Vise à donner la dose maximale à la tumeur et minimale aux tissus voisins.
2. Choix de la Dose
La dose est exprimée en Gray (Gy). Le nombre de séances varie selon le patient et ne reflète pas la gravité de la maladie.
3. La Simulation
Utilise un simulateur pour déterminer les paramètres d'irradiation et délimiter la zone à traiter. Marquage sur la peau. Choix du positionnement du patient pour reproductibilité. Dure 30 min à 1h.
4. Mise en Place sous l'Appareil - Début du Traitement
Le patient adopte la même position que lors de la simulation. Les parties non irradiées sont protégées. Le patient doit rester immobile. L'équipe communique par microphone et caméra. L'irradiation dure quelques minutes. Les patients ne deviennent pas radioactifs. L'équipe soignante informe, rassure et observe le patient.
9.3 Effets Secondaires de la Radiothérapie Externe
Deux types de réactions : précoces (toxicité directe) et tardives (plusieurs mois ou années après).
Zones irradiées | Effets secondaires | Actes infirmières / Conseils |
1. Peau | Érythème... | - ne pas se gratter |
2. Sein | Érythème... | Cf. point 1. Si gros seins + chaleur = conseiller Daktarin Spray ® pour les plis mammaires. |
3. O.R.L. | Irritations | - Protection solaire |
4. Thorax | Irritation muqueuse : | - Pas de tabac (conseillé de ne pas fumer une heure avant la séance si l'arrêt n'est pas possible) |
5. Encéphale | - Hypertension, intracrânienne | - Allonger à plat |
6. Abdomen | Irritationmuqueuse : | - Alimentation non épicée, non acide |
7. Pelvis | Irritationmuqueuse : | - Apport hydrique d'eau (2l/jour si pas de contreindication) |
A ces effets secondaire | Le mal des rayons : nausées-->s spécifiques aux zones irradiées s'ajoutent : antiémétique | |
Tous ces conseils et surveillances sont à appliquer encore 10 jours après la fin du traitement de radiothérapie. |
9.4 Radioprotection
Vise à limiter l'exposition aux rayonnements ionisants pour le personnel. Réglementation stricte : port de dosimètre, analyse mensuelle des doses. Locaux signalés par voyant lumineux et murs/portes blindés. Le patient reste seul pendant le traitement.
3 Grands Principes
Le temps : Limiter au maximum l'exposition.
La distance : S'éloigner le plus possible du patient.
L'écran : Utiliser un tablier de plomb ou un paravent mobile.
Les visites sont interdites aux femmes enceintes et aux enfants. Pour les patients ingérant de l'iode 131, les urines et le linge souillé sont décontaminés.
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