Psychologie génétique développement humain
No cardsCette note synthétise les concepts fondamentaux de la psychologie génétique, couvrant la spécificité de la discipline, les influences héréditaires et environnementales, les stades de développement psychanalytique freudien, les théories cognitives piagétiennes, ainsi que l’évolution du jugement moral selon Kohlberg, en intégrant les notions d’attachement, d’influence du groupe de pairs et les défis liés à l’adolescence, la vieillesse et la sénescence.
Psychologie Génétique : Développement de l'Individu de la Naissance à la Mort
La psychologie génétique est l'étude du développement de l'individu depuis sa naissance jusqu'à sa mort. Elle examine trois dimensions interdépendantes : le développement moteur, le développement intellectuel, et le développement social et affectif. Cette discipline s'appuie notamment sur les conceptions freudiennes et piagétiennes, qui offrent des cadres théoriques essentiels pour comprendre l'évolution psychique.
Fondements : Hérédité et Milieu
La maturation est le processus par lequel un individu atteint son développement complet. Elle dépend conjointement de l'hérédité (gènes) et du milieu (famille, société). La croissance se distingue en trois formes : organique, du système nerveux, et mentale. Bien qu'interconnectées, ces croissances ne progressent pas en parallélisme absolu.
L'apport du milieu n'a pas un impact constant ; il existe des périodes sensibles où le milieu exerce une influence particulièrement décisive. L'ordre des acquisitions reste constant chez tous les enfants, mais chaque individu les réalise à des âges qui lui sont propres. Les âges cités en psychologie des âges ne sont que des âges moyens, organisant le développement en stades.
Structures Psychiques Freudiennes
Première Topique : Conscient, Préconscient, Inconscient
La conscience est la qualité momentanée caractérisant les perceptions externes et internes parmi l'ensemble des phénomènes psychiques.
Le préconscient désigne un système distinct de l'appareil psychique, contenant des contenus non actuellement présents dans le champ de la conscience mais restant accessibles (connaissances, souvenirs non actualisés).
L'inconscient est constitué des contenus refoulés, toujours chargés d'énergie et tentant d'accéder au conscient. Le refoulé fait retour sous forme déguisée : symptômes, rêves, actes manqués.
Deuxième Topique : Ça, Surmoi, Moi
Le Ça est le réservoir de nos pulsions, siège des désirs inconscients et des besoins primaires.
Le Surmoi est constitué de tous les interdits et de tous les idéaux que l'individu a intériorisés, représentant la conscience morale et les exigences sociales.
Le Moi est l'instance qui recherche des compromis entre les exigences du Ça et les pressions du milieu, gérant les conflits psychiques.
Développement de la Personnalité : Conceptions Freudiennes
Pour Sigmund Freud, le développement de la personnalité suit l'évolution de la libido et de ses manifestations. Chaque stade peut donner lieu à des fixations ou régressions.
Stade Prénatal
Le fœtus réagit à des stimuli extérieurs et maternels. Certains peuvent être conditionnés au cours des deux derniers mois de la vie intra-utérine. Des relations ont été établies entre les troubles de la grossesse affectant certaines mères et leurs attitudes négatives envers le futur enfant.
La Naissance
La naissance constitue un bouleversement majeur. Otto Rank a formulé la théorie du choc traumatique. L'attachement est un lien s'établissant entre la mère et son enfant directement après la naissance. Il est indispensable que la mère tienne le bébé et le prenne dans ses bras ; ce court laps de temps engendre des conséquences durables. Les mères ayant pu former ce lien deviennent de meilleures mères, et leurs enfants se portent mieux, bien que cet événement ne forme pas irrémédiablement la personnalité.
Stade Oral (0 à 1 an et demi)
Zone érogène : Tous les plaisirs et satisfactions de l'enfant ont pour centre la bouche, zone érogène principale de cette période.
Objet sexuel : La mère est l'objet sexuel de l'enfant. L'enfant n'a aucune conscience de l'individualité des personnes qui l'entourent et se fond complètement dans la mère.
Phase orale passive : L'enfant ne se distingue pas de sa mère ; amour captatif ne se satisfaisant que lorsque son objet est incorporé à soi. Progressivement, par les frustrations momentanées, l'enfant opère une distinction entre lui-même et sa mère.
Phase orale active : L'enfant désire une union totale avec sa mère, exprimée souvent par des morsures indiquant un sadisme oral. Cette phase se caractérise par l'ambivalence de l'enfant envers sa mère.
Le sevrage constitue un problème essentiel. S'il est trop rapide et brutal, il constitue un choc traumatique conduisant à une véritable désorganisation de la personnalité.
Rôle éducatif : Satisfaire l'enfant par un allaitement suffisamment prolongé et non imposé à des heures régulières. Avant six mois, il est recommandé de lui donner une sucette ou une tétine.
Stade Anal (1 an et demi à 3 ans)
Zone érogène : La zone d'excrétion devient la zone érogène.
Période d'expulsion : Le plaisir est principalement recherché dans l'excrétion.
Période de rétention : Le plaisir est surtout recherché dans la rétention et son renouvellement.
Composante masochiste : Lorsque l'enfant n'a pas été propre, il subit la réprobation de l'adulte. La tension provoquée par les restrictions parentales crée une agressivité contre ceux qui le privent de satisfaction. Ces formes d'agressivité, condamnées par l'adulte, sont introjectées et se retournent contre le sujet, donnant naissance à la composante masochiste.
Composante sadique : L'agressivité est dirigée vers l'extérieur et atteint les objets et les personnes de l'entourage.
Oblativité : L'ambivalence persiste mais prend une forme particulière, caractérisée par le don de soi.
Intérêt pour les matières fécales : L'enfant y voit une source d'expériences normales sans horreur ni répulsion.
Agressivité normale : L'agressivité provient normalement des interdictions parentales et se manifeste dans les comportements sadiques ; c'est une réaction normale à l'imposition de contraintes.
Rôle éducatif : Laisser cette agressivité s'exprimer avec liberté, sous peine de la voir se retourner contre le sujet, tout en fixant des limites claires.
Fixations anales : Assez courantes vu l'importance accordée à la propreté dans notre société.
Stade Phallique (3 à 6 ans)
Zone érogène et masturbation : Dès trois ou quatre ans, l'enfant s'intéresse à ses organes génitaux et se livre à des explorations (manipulations, frottage, caresses). La masturbation disparaît d'elle-même et ne pose pas de problème, sauf si l'adulte intervient en projetant sa propre culpabilité.
Intérêt pour les différences sexuelles : Vers trois ou quatre ans, l'enfant s'intéresse aux différences entre les sexes. Selon Freud, garçons et filles croient à l'universalité de l'organe masculin. Le garçon tire de sa possession un sentiment de supériorité. Pour les deux sexes, l'absence de pénis est interprétée initialement comme une situation passagère, non comme une carence définitive.
Évolution chez la fille : La fille accorde une valeur universelle à l'organe masculin. Si elle pense d'abord à une privation transitoire, les faits et les différences de rôles parentaux l'assurent rapidement que la privation est définitive. Une information sexuelle insuffisante peut engendrer frustration et infériorité. Il s'ensuit une agressivité envers la mère et des sentiments ambivalents envers le garçon, dont le sexe est survalué et envié. L'absence d'organe est interprétée comme une punition.
Évolution chez le garçon : Grâce à la possession de l'organe et à la valorisation sociale, le garçon se sent supérieur. Toutefois, cette supériorité peut être menacée par la peur de la castration, la valeur narcissique accordée à l'organe en faisant redouter davantage la privation.
Réactions et conséquences : Les réactions à la découverte des différences sexuelles sont surtout sensibles chez la fille. Elles peuvent générer un sentiment d'infériorité et une peur du sexe masculin, avec des retentissements ultérieurs : refus de la féminité et de la maternité, recherche exclusive de la société masculine avec mépris pour les femmes, attitudes conjugales et maternelles castratrices, répulsions sexuelles et frigidité. Chez le garçon, un sentiment exagéré de puissance masculine peut conduire à la surestimation, l'autocontemplation et un narcissisme exagéré, incapable de voir la femme en égalité.
Curiosité et tendances de l'enfant :
- Curiosité envers son propre corps : Tendances normales se traduisant par la curiosité pour son corps. L'admiration reçue pousse à le montrer. L'enfant manifeste une absence totale de pudeur, n'attachant pas d'idée coupable à la nudité tant que l'adulte ne les lui a pas insufflées.
- Curiosité envers les autres : L'enfant désire savoir comment les autres sont faits et s'ils sont différents, entraînant l'intérêt pour la conformation d'autrui et les différences sexuelles visibles.
- Curiosité sur la naissance et l'origine des enfants : Probablement en relation avec la découverte des différences sexuelles, de meilleures informations sur la vie sociale et le désir de connaissance du monde.
- Curiosité sur les relations père-mère : L'enfant tente de comprendre la nature de ces relations et leur association. Il porte un intérêt au mariage et invente des fictions. Il est courant que le garçon déclare vouloir épouser sa mère et la fille son père.
Rôle éducatif parental : La curiosité sexuelle doit être considérée comme un phénomène naturel. Les réponses doivent être correctes, adaptées aux possibilités de compréhension de l'enfant, et toujours vraies, sous peine de tromper sa confiance. Les parents doivent répondre aux questions au lieu de donner des réponses erronées ou d'opposer une fin de non-recevoir, qui conduirait l'enfant à chercher des informations ailleurs et à construire des hypothèses anatomiques erronées.
Complexe d'Œdipe : Sur le plan affectif se produit un grand bouleversement : l'enfant vit son complexe d'Œdipe, ensemble des désirs amoureux et hostiles envers ses deux parents. Le complexe peut prendre une forme positive, négative ou ambivalente ; les psychanalystes observent généralement une forme ambivalente avec prédominance positive.
Résolution du complexe d'Œdipe : Cette situation se résout généralement vers cinq ou six ans sous la pression de facteurs : la peur de la castration chez le garçon, l'identification progressive au parent de même sexe, la réalisation qu'il ne peut obtenir la possession exclusive du parent de sexe opposé et le détachement vers le monde extérieur, et la scolarité apportant de nouveaux intérêts et imposant le détachement de la mère.
Non-liquidation du complexe d'Œdipe : Si la situation persiste au-delà de l'adolescence, elle entraîne des conséquences fâcheuses : fixation infantile à la mère et incapacité à être un adulte indépendant, recherche de la mère dans toute femme, impuissance sexuelle de type psychique, choix d'une partenaire peu féminine, agressivité violente détournée contre le père et les figures d'autorité, complexe d'échec.
Rôle éducatif : Une bonne entente conjugale (couple uni) et veiller à une castration symbolique par la séparation.
Phase de Latence (6 ans à l'adolescence)
Diminution des tendances et intérêts sexuels : Le trait essentiel est une diminution spectaculaire des tendances et intérêts sexuels. Les conduites sexuelles se manifestent avec moins d'éclat et de façon moins visible.
Modifications affectives : L'enfant comprend que les témoignages d'affection peuvent être différés et ne sont pas liés à la présence physique constante de la mère. L'affection devient moins captative et moins exigeante. L'enfant apprend à attendre sans impatience excessive, fournissant les premiers éléments de la notion du temps.
Recentrage des intérêts : La famille n'est plus le centre polarisant les intérêts. L'enfant devient curieux de tout ce qui se passe autour de lui.
Transformations sociales : Les relations avec autrui subissent de profondes modifications. L'amour captatif et égocentrique cède à une affection plus désintéressée et stable, faite de tendresse et de respect. Le groupe d'âge devient le centre des préoccupations. Le processus de socialisation se poursuit avec l'entrée à l'école.
Renforcement du Moi : La sublimation des tendances pulsionnelles joue un rôle de premier plan. Le Moi se stabilise et s'équilibre davantage. L'enfant devient plus autonome. Le développement normal du Surmoi se poursuit activement.
Équilibre pré-pubertaire : Au seuil de la puberté, l'enfant semble bien équilibré et débarrassé des conflits difficiles de la petite enfance.
Adolescence
Selon les psychanalystes, l'adolescence est une période de crise et l'aboutissement d'un développement marqué par l'interaction des pulsions et de l'environnement. Anna Freud la considère comme une période normale de perturbations psychologiques avec reviviscence des processus pulsionnels et inadéquation des mécanismes de défense antérieurs.
Caractéristiques principales : La génitalité se retrouve au premier plan. Un Ça particulièrement fort s'oppose à un Moi particulièrement faible, entraînant des états de forte anxiété et d'intense culpabilité, se manifestant par l'hostilité et l'opposition. On assiste à une réactivation des conflits œdipiens.
Ambivalence : L'ambivalence se marque sur les plans affectif, intellectuel, moral et social, résultante d'un double effort du Moi : satisfaire les besoins personnels et profonds tout en permettant la socialisation. L'adolescent est capable de s'opposer à ses parents tout en leur empruntant des idées et modèles d'action, manifestant des attitudes contradictoires envers les êtres et objets.
Identification et transfert : Pour s'affirmer, l'adolescent fera le deuil des identifications parentales et les transférera sur des personnages réels un peu lointains, mythiques, ou des héros historiques.
Socialisation des pulsions : Les forces pulsionnelles sont déplacées vers des activités plus socialisées. L'individu se tourne vers des activités sociales et de groupe, tente d'adhérer à un groupe et d'y jouer un rôle, se préoccupe de valeurs sociales abstraites et de valeurs culturelles.
Rationalisation : Mécanisme de défense utilisé par le Moi pour maîtriser les pulsions. Chaque poussée de l'inconscient peut être rationalisée.
Développement cognitif et critique : Le travail mental accompli durant l'adolescence ouvre la voie à une organisation mentale plus solide et éprouvée. On note une acquisition progressive de l'objectivité intellectuelle. L'esprit critique apparaît et fait reculer la suggestibilité et la crédulité enfantines, sans atteindre cependant des jugements impartiaux.
Mécanisme de retrait : Le retrait et la rétraction du Moi agissent comme mécanisme de défense, le monde intérieur offrant à l'individu la sécurité qu'il ne rencontre pas dans le monde extérieur.
Tâches développementales : L'adolescence est une étape cruciale pour l'individu avant l'accession à l'âge adulte, lui permettant de liquider les caractéristiques infantiles, de fortifier le Moi sans qu'il ne devienne tyrannique, d'assouplir les exigences du Surmoi pour les conformer à la réalité, et de canaliser et maîtriser les pulsions tout en leur permettant de s'exprimer modérément.
Développement de l'Intelligence : Conceptions Piagétiennes
Selon Jean Piaget, l'intelligence constitue une forme particulière d'adaptation de l'organisme. Au cours du développement, la pensée s'organise progressivement en systèmes ou structures de plus en plus complexes.
Schème : Concept pivot de la théorie piagétienne, défini comme la structure ou l'organisation des actions se transférant ou se généralisant lors de la répétition dans des circonstances semblables ou analogues. L'enfant passe de simples schèmes sensori-moteurs innés à des schèmes mentaux complexes plus intériorisés.
Trois processus d'adaptation :
- Assimilation : Processus incorporant de nouvelles informations ou expériences à des structures déjà existantes.
- Accommodation : Processus complémentaire modifiant un schème pour y intégrer la nouvelle information acquise par assimilation.
- Équilibration : Processus par lequel l'individu s'efforce de trouver une cohérence et de maintenir un « équilibre » pour que sa compréhension générale du monde soit logique et sensée.
Piaget distingue quatre stades dans le développement intellectuel :
Stade de l'Intelligence Sensori-Motrice (0 à 2 ans)
C'est dans le cadre de l'activité motrice que Piaget a mis en évidence l'apparition de l'intelligence. Ce stade se subdivise en six sous-stades :
Stade 1 : Exercice des réflexes (0 à 1 mois) – Le nouveau-né ne dispose que de réflexes héréditaires. Par leur fonctionnement, ces réflexes se précisent et s'organisent progressivement.
Stade 2 : Réactions circulaires primaires (1 à 4 mois) – Les réflexes permettent la constitution d'habitudes, conduites intermédiaires entre les activités réflexes et les conduites intelligentes. L'enfant assimile de nouveaux objets (ex. : succion du pouce). Cette conduite, survenue par hasard et reproduite pour l'intérêt qu'elle présente, est une « réaction circulaire primaire », activité centrée sur le corps propre.
Stade 3 : Réactions circulaires secondaires (4 à 8 mois) – L'enfant étend les conduites du stade précédent à des objets externes, constituant des « réactions circulaires secondaires ». Par exemple, il tire sur un cordon pour actionner un mobile. Un début d'intentionnalité apparaît. Cependant, l'enfant ne comprend pas encore les relations de cause à effet entre les événements du monde extérieur.
Stade 4 : Coordination de schèmes (8 à 12 mois) – L'enfant coordonne les schèmes d'actions connus (taper, saisir) et les met en œuvre dans des situations nouvelles. Il cherche à écarter des obstacles matériels pour atteindre les objets désirés. Le but est posé d'abord ; les moyens sont choisis après. L'acte intelligent apparaît.
Stade 5 : Réactions circulaires tertiaires (12 à 18 mois) – L'enfant s'adapte aux situations nouvelles en expérimentant activement. Il manipule énormément, recherche et découvre des moyens nouveaux. On observe le déplacement du support, la conduite de la ficelle, l'emploi du bâton. Le sujet modifie intentionnellement ses actes et cherche à varier les effets produits. L'anticipation commence à apparaître ; la notion de permanence de l'objet émerge.
Stade 6 : Invention par combinaison mentale (18 à 24 mois) – L'enfant peut faire des « prévisions » raisonnées par combinaison mentale. Il y a invention soudaine sans tâtonnement. Les schèmes antérieurs sont utilisés mentalement, formant de nouveaux schèmes sans expérimentation. Acquisition essentielle : la permanence de l'objet et la capacité de comportement dirigé vers un but précis, coordonnant les informations des cinq sens.
Fin du stade : Apparition du langage, possibilité de relation avec autrui, développement des idées de passé-présent-futur, communication et prémisse de socialisation, pensées proprement dites.
Stade de la Préparation de l'Intelligence Opératoire Concrète (2 à 7-8 ans)
Égocentrisme : L'égocentrisme consiste à se croire être le centre du monde. L'enfant est égocentrique sans le savoir ; il ne réalise pas que les autres peuvent avoir un point de vue différent du sien.
Syncrétisme : Caractéristique de la perception et de la pensée empêchant l'enfant d'analyser la situation qui se présente et d'en saisir la structure. Dans sa façon de donner un avis, tout est confus, sans structure, désorganisé. Le syncrétisme décroît vers 7 ans.
Globalisme : Centration de la perception sur le tout.
Juxtaposition : L'enfant est attentif aux parties et détails qui escamotent le tout ou d'autres parties.
Irréversibilité de la pensée : L'enfant pense « à sens unique ».
Fabulation : Différencier le réel et l'imaginaire ; l'enfant invente un ami imaginaire, se voit comme un héros, permettant de gérer les angoisses et se rassurer.
Non-conservation : Le raisonnement est orienté par les données immédiates de la perception. L'enfant ne conserve pas la quantité de substance, le poids, le volume ou le nombre. Le temps, l'espace et les quantités viendront plus tard, ainsi que la relation entre plusieurs choses.
Finalisme : Chaque objet a nécessairement une fonction ou une utilité. Les pensées peuvent modifier la réalité.
Animisme : L'enfant considère les corps comme vivants, conscients et animés d'intentions. Les objets ont des émotions et sentent ce qu'on leur fait.
Artificialisme : Croyance que toutes les choses ont été fabriquées par l'homme ou par une divinité d'ordre supérieur travaillant comme l'homme.
Stade de l'Intelligence Opératoire Concrète (7-8 à 11-12 ans)
Passage du centrage à la décentration : Passage de l'égocentrisme à la pensée socialisée ou décentrée.
Réversibilité de la pensée : Passage de l'irréversibilité à la réversibilité.
Conservation : L'enfant manifeste la conservation de la quantité de substance, du poids, du volume et du nombre. Il acquiert les nombres cardinal et ordinal. Cette structure est beaucoup plus efficace et mieux comprise.
Classifications hiérarchiques : Effectuer des distinctions entre sous-classes à l'intérieur de classes principales.
Opérations combinatoires : Imaginer l'intersection entre deux ensembles et comprendre ce qu'est un sous-ensemble. Imaginer et composer des tableaux à double ou triple entrée.
Sériation : Comprendre que dans une sériation « du plus petit au plus grand », chaque élément n'est grand que par rapport à celui qui le précède et n'est petit que par rapport à celui qui le suit. Notion de relativité des jugements portés sur la grandeur.
Causalité physique : Acquisition contrastant avec le finalisme du stade précédent.
Stade de l'Intelligence Opératoire Formelle (à partir de 11-12 ans)
Ce stade constitue la dernière étape du développement de l'intelligence. Une logique plus complète se développe. L'innovation principale concerne la capacité à raisonner en termes d'hypothèses formulées verbalement, non plus en manipulation d'objets concrets. L'intelligence dépasse la simple maîtrise du réel directement accessible, en incorporant l'univers du possible comme objet de réflexion. La compréhension du réel est abordée par le biais du possible hypothétiquement possible.
Mode de pensée déductif : L'individu recourt à une pensée déductive. À partir d'hypothèses, il élabore des conclusions logiques. Cette capacité permet la philosophie, la dissertation, la logique complète, le raisonnement dans l'hypothèse et l'énoncé verbal. L'adolescent peut réfléchir sur le monde qui l'entoure, déduire certaines choses, former des idées, analyser, chercher des informations.
Développement du Jugement Moral
Conscience des Règles du Jeu Social
Stade de la règle non coercitive (2 ans) : La règle n'est pas encore imposée par une autorité dont le respect est assuré par sanction. Elle est purement motrice ou subie à titre d'exemple intéressant au début du stade égocentrique. L'enfant réagit selon ses volontés.
Stade de la règle coercitive (de 5-6 ans à 11-12 ans) : La règle est pensée comme quelque chose d'extérieur et de sacré, de transcendant, d'origine adulte et d'essence éternelle. Tout changement apparaît comme une faute, une transgression. On agit sous peine de sanction ; les règles imposées par l'autorité sont sacrées et fixes. La dérogation entraîne une punition.
Stade de la règle autonome (12 ans et plus) : La règle s'intériorise et apparaît comme libre décret de conscience autonome, digne de respect en tant qu'elle fait l'objet d'un respect mutuel. Elle peut être perçue comme modifiable ; les règles sont créées par quelqu'un et peuvent aussi être modifiées. Notion d'équité et de coopération émerge ; l'enfant essaie de discuter et de remettre en cause les règles.
Idées Morales Chez l'Enfant
Stade de la morale de la contrainte ou de l'hétéronomie (0 à 6-7 ans) : Le bien se définit par conformité à la règle transcendante, donc par obéissance. Seul le contenu littéral de la règle importe. La responsabilité d'un acte est fonction de la matérialité des faits. L'enfant juge une action selon son résultat et non selon l'intention. Casser une assiette volontairement est plus grave que d'en casser dix par accident.
Stade de la morale de la coopération ou de l'autonomie (de 8-9 ans à 12 ans) : Le bien se définit comme une ligne de conduite intérieure trouvant son origine dans la conscience autonome, en réciprocité avec d'autres consciences autonomes. Seul l'esprit de la règle importe. La responsabilité d'un acte est fonction de son intention. L'enfant juge selon les intentions et non selon le résultat.
Responsabilité objective : Les actes sont évalués en fonction des conséquences matérielles ou de l'importance de l'objet volé, indépendamment de l'intention. Pas d'idée précise de l'intention.
Responsabilité subjective : Les actes sont évalués en fonction de l'intention.
Évolution de la conception du mensonge :
- C'est un « vilain mot »
- C'est une affirmation non conforme à la réalité (le mensonge équivaut à une erreur)
- C'est une affirmation intentionnellement fausse
Jugement du mensonge : Au premier stade, le mensonge est d'autant plus grave qu'il est invraisemblable. Au deuxième stade, il est jugé en fonction de l'intention.
Justice Rétributive et Distributive
Première période (entre 6 et 8 ans) : L'enfant considère comme juste ce qui est conforme aux consignes imposées par l'autorité adulte. La sanction constitue le principe de moralité. Si l'on ne punissait pas le mensonge, il serait permis de mentir. Dans le choix des punitions, la sanction expiatoire (but : punir mais sans lien avec l'acte, la plus sévère étant la plus juste) prime la sanction par réciprocité (but : sanction en lien avec la faute). Plus de trois quarts des enfants croient à une justice immanente : émanant automatiquement de la nature inanimée.
Deuxième période (à partir de 8-9 ans) : Caractérisée par le développement progressif de l'autonomie. L'égalité prime sur la sanction. Les seules sanctions reconnues comme légitimes se fondent sur la réciprocité. Deux individus ayant commis la même faute devront recevoir la même sanction, indépendamment des circonstances. La croyance en la justice immanente diminue. L'acte moral est recherché pour lui-même, indépendamment de la sanction.
Sentiment d'équité : Caractérisé par l'apparition du sentiment d'équité. Au lieu de rechercher l'égalité dans l'identité, l'enfant ne conçoit plus l'égalité des droits que relativement à la situation de chacun. Dans la justice distributive, on tient compte des conditions personnelles.
Conceptions de Kohlberg
Lawrence Kohlberg a instauré la pratique d'évaluation du raisonnement moral en présentant aux sujets une série de dilemmes sous forme d'histoires. Pour cet auteur, à différents âges existe une manière propre de comprendre le monde socio-moral. L'enfant et l'adolescent ont leur façon de voir et leurs modes d'interprétation. Les données du monde extérieur et les règles prennent, selon les stades de développement, des significations différentes. Le processus de maturation morale se caractérise par la possibilité progressive de tenir compte d'éléments permettant de dépasser une perspective égocentrique.
Kohlberg se réfère au fait que la pensée morale se développe comme la pensée logique : l'enfant devient progressivement mature à travers les contacts avec le monde extérieur et la dialectique résultant entre action et connaissance. L'évolution vers cette maturité morale dépend de la qualité de ces contacts, certaines conditions étant requises pour qu'une telle évolution se fasse.
Trois niveaux de moralité : Kohlberg distingue trois niveaux comprenant chacun deux stades.
Morale préconventionnelle : Essentiellement égocentrique, axée sur le bien-être personnel par l'évitement des punitions et l'obtention des récompenses. Le jugement moral est surtout fonction des conséquences des actes et est orienté par les notions d'obéissance et de punition. Généralement présente chez les enfants jusqu'à 12 ans.
- Stade 1 : Orientation vers la punition et l'obéissance : On a affaire à la loi du plus fort. Le caractère hétéronome de la règle morale domine. L'obéissance à l'autorité permet d'éviter les punitions et est source de bénéfices. L'enfant obéit parce que l'adulte a un pouvoir supérieur.
- Stade 2 : Orientation hédoniste instrumentale : Stade du « chacun pour soi ». On tente de satisfaire ses propres besoins ; l'individualisme prévaut. La règle est respectée s'il est de l'intérêt immédiat du sujet. Ce qui entraîne des conséquences plaisantes est nécessairement bien. Ce stade se retrouve chez de nombreux jeunes adolescents.
Morale conventionnelle : Axée sur les lois et les règles sociales. Le jugement est fonction des valeurs et des règles du groupe. Présente principalement chez les individus en pleine adolescence et de nombreux adultes.
- Stade 3 : Orientation vers l'approbation interpersonnelle : Le sujet se comporte de la façon dont ceux de son groupe ou milieu s'attendent à ce qu'il agisse. Conscient et sensible aux attentes d'autrui et ses gratifications. « Être bon » est important en soi. L'enfant valorise la confiance, la loyauté, le respect, la gratitude et la conservation des relations mutuelles.
- Stade 4 : Orientation vers le système social et l'autorité : Prise de conscience de l'existence d'un système social définissant rôles et statuts, qu'il importe de respecter et de faire respecter. L'individu a une place dans ce système. « Bien se comporter » est agir en bon citoyen et obéir aux lois établies par la société, sauf dans les cas extrêmes.
Morale postconventionnelle : Axée sur les principes nouveaux. Le jugement est fonction de la notion de justice, des droits individuels et des contrats sociaux. Apparaît beaucoup plus rarement, même chez les adultes.
- Stade 5 : Orientation utilitariste contractuelle : L'action doit tendre vers « le meilleur pour le plus grand nombre ». L'individu a conscience de différents points de vue et du caractère relatif des valeurs. Il est nécessaire de respecter les lois et règles pour préserver l'ordre social, mais elles peuvent être modifiées. Cependant, certaines valeurs sont absolues, comme l'importance de la vie humaine et la liberté de chacun, et doivent être défendues à tout prix. Le sujet prend conscience qu'au-delà de la perspective sociétale existent des droits et valeurs individuelles que l'on peut poser en termes rationnels.
- Stade 6 : Orientation vers les principes éthiques universels : L'adulte développe des principes éthiques librement choisis pour déterminer ce qui est bien et s'y conforme. Étant donné que les lois suivent normalement ces principes, il faut les respecter. En cas de contradiction entre la loi et la conscience, c'est cette dernière qui prédomine. Les principes font partie d'un système de valeurs et de principes clairs, bien intégrés et observés de façon conséquente. Chaque personne doit être considérée comme fin en soi et traitée comme telle. Ce dernier niveau n'est atteint que par un pourcentage limité de la population.
Développement Social et Affectif : Contexte Prénatal et Post-Natal
Milieu prénatal : L'environnement prénatal a un impact fort sur le développement. Substance, alcool, toucher le ventre, parler, rire entraînent des changements. L'attachement prénatal commence avant la naissance, et la qualité de cet environnement engage un développement harmonieux. La maman attentive aux changements touche son ventre, communique avec l'enfant.
Milieu post-natal : L'attachement dépend du bon vouloir de la mère et est remédiable, ne formant pas irrémédiablement la personnalité. Différents types d'attachement ont été décrits.
Types d'attachement (Ainsworth) :
- Attachement sécurisant : Le plus souvent, quand la maman revient, l'enfant a envie d'être à côté d'elle, avec affection mutuelle. La maman est sensible à ce que son enfant vit. Normal, empreint d'attachement.
- Attachement insécurisant fouillant : Manque d'attention massif pour la mère. L'enfant l'ignorera quand elle reviendra à la maison et se fera réconforter par une personne inconnue.
- Attachement insécurisant ambivalent : L'enfant manifeste vis-à-vis de la mère une envie d'être en contact et en même temps la rejette. Les besoins du nourrisson ne sont pas pris en compte totalement.
Impact du développement : Le développement de l'enfant sera impacté par ces différents liens. Conséquences sur l'estime de l'enfant, création de liens sociaux, difficultés scolaires, vulnérabilité, fragilité, troubles de la personnalité.
Tâches Développementales de l'Adolescence
L'adolescence comporte quatre zones de développement auxquelles correspondent des tâches de développement (réalisations psychologiques ayant un caractère impératif et un aspect d'urgence) :
Zone du développement pubertaire :
- Reconstruire l'image corporelle sexuée et assumer l'identité de genre
- Accéder progressivement à la sexualité génitale adulte avec partenaire sexuel et désirs complémentaires
Zone du développement cognitif :
- Augmentation des capacités d'abstraction
- Élargissement des perspectives temporelles
Zone des modifications de la socialisation :
- Affranchissement de la tutelle parentale
- Passage graduel au groupe des pairs comme agent de socialisation (mise en place de relations de compétition et de coopération avec partenaires des deux sexes)
Zone de la construction de l'identité :
- Acquisition d'une continuité temporelle du Moi assumant le passé de l'enfance et détenant des capacités de projection dans l'avenir
- Affirmation d'un Moi se dégageant des images parentales intériorisées
- Engagement dans des choix garantissant la cohérence du Moi, principalement par les options professionnelles, la polarisation sexuelle et l'engagement idéologique
Influence du Groupe des Pairs et Relations Familiales
Le groupe des pairs influence l'acquisition de certains comportements, cette influence s'exerçant au sein d'un réseau complexe de facteurs sociaux et personnels. Le type de relation que l'adolescent entretient avec sa famille est important ; la présence de relations familiales problématiques rend l'adolescent plus vulnérable à l'influence des pairs. Cette vulnérabilité entraîne des comportements à risque : alcool, drogue, sport excessif, vitesse, mise en danger réel.
Rôle Éducatif des Parents : Approches Comportementale et Non-Directive
Approche comportementale : Selon cette approche, pour construire sa personnalité, l'adolescent a fondamentalement besoin de sécurité, de surveillance et d'une « guidance » délicate par le biais surtout d'encouragement et d'une approche parentale unanime reposant sur des limites et règles claires. Il est préférable que les parents soient un peu trop autoritaires plutôt que « trop mous ».
Approche non-directive (Filliozat) : Même si l'adolescence se caractérise par une réorientation des attachements, les parents restent les figures d'attachement principales, définie comme la personne vers qui on se tourne principalement en cas de danger.
Formes de « pouvoir » parental :
- Pouvoir de l'amour : Le vrai pouvoir des parents réside dans la connexion avec le jeune. Interagir chaleureusement avec l'ado le nourrit et l'équipe pour faire face aux difficultés de la vie.
- Pouvoir de l'authenticité : Correspondance entre l'expérience, la conscience et le comportement.
- Pouvoir des règles : Les adolescents sont prêts à respecter les règles si elles sont raisonnables, justes et appropriées. Ils ne seront pas motivés à le faire si la relation avec leurs parents n'est pas bonne.
- Pouvoir de l'exemple : L'imitation est la voie royale de l'apprentissage.
- Pouvoir de l'accueil et de l'écoute : Avec sérénité, sans jugement, sans réagir tout de suite pour donner des conseils. Empathie affective en se mettant émotionnellement à la place de l'autre.
- Pouvoir de la discussion : Les questions ouvertes soutiennent l'exploration.
- Pouvoir de la valorisation : Par le temps passé avec l'adolescent et les compliments donnés à justes doses. La valorisation des efforts est plus efficace que celle des réussites.
Conseils Pratiques pour l'Éducation de l'Enfant
La manipulation : Il est préférable d'éliminer les dangers du domicile plutôt que de surveiller constamment l'enfant. Supprimer tout ce qui est dangereux : produits ménagers, escaliers, prises électriques, coins de table, tiroirs, feu, cheminée, radiateur. Une fois repérés, ces objets seront mis hors de portée. Pour les objets usuels accessibles (rasoir électrique, aspirateur, machine à laver), satisfaire la curiosité de l'enfant en les examinant avec lui tout en lui interdisant de les manipuler seul.
L'apprentissage de la marche : Ne pas essayer d'accélérer le processus de développement en forçant l'enfant. Si celui-ci n'éprouve aucun plaisir à marcher seul, ne pas le forcer. C'est en prenant du plaisir et en jouant que l'enfant aura envie de marcher. Un climat de confiance est primordial. Les parents peuvent aider en montrant leur fierté et en rassurant si l'enfant tombe. Ils ne doivent pas se montrer inquiets ; sinon ils risquent de retarder le développement. Accompagner mais ne pas forcer le processus de développement (marche, parole, propreté).
Les jouets et le développement musculaire : Le jeu constitue un moyen d'éducation primordial. Fournir un matériel adapté à l'âge de l'enfant. Il a besoin de jouets pour assurer le développement de ses grands muscles en courant, sautant, cognant, grimpant, rampant, tirant, et aussi de jouets développant les petits muscles.
Les stimulations intellectuelles : Donner au petit des objets stimulant ses sens (vue, ouïe, odorat). Les choses courantes de la maison peuvent faire l'affaire. La stimulation est plus efficace si les parents s'impliquent eux-mêmes dans le jeu. Les meilleurs jouets sont souvent ceux confectionnés soi-même à partir de matériaux récupérés ou bon marché ; ils développent beaucoup plus l'esprit inventif et l'imagination que les jouets presse-bouton. En parlant, avec des jeux interactifs, lumineux, auditifs, de différentes textures, expliquer à l'enfant.
La fabulation : Si elle conserve une certaine intensité au-delà de 7-8 ans, il y a lieu de la décourager pour favoriser une adaptation à la réalité. L'enfant invente un monde de super-héros ; il faut faire attention après 8 ans.
Perte de la mère : Si un enfant perd sa mère, il faut absolument lui procurer une « mère-substitut » jouant le rôle d'une vraie mère.
Angoisse des 8 mois : Procéder de façon progressive pour mettre l'enfant en présence d'une personne qu'il ne connaît pas.
Le stade d'opposition : Les parents doivent faire preuve de patience et de compréhension, permettant aux colères de s'espacer et devenir moins longues. Toutefois, ne pas céder chaque fois que l'enfant crie ; sinon il aura un bon moyen de chantage et risquera de prendre trop de pouvoir dans la famille, acquérant des troubles de la personnalité. Les parents doivent apprendre à l'enfant à renoncer, à accepter de retarder et à dépasser ses envies, d'autant mieux qu'il se sentira aimé. La « technique de reflet des sentiments » consiste à montrer à l'enfant que nous comprenons ce qu'il ressent, en traduisant ses sentiments par nos paroles ou reprenant les paroles qu'il a employées. Avoir de la patience et de la compréhension pour espacer les colères.
L'anxiété de l'enfant : Les parents doivent se montrer protecteurs, mais sans excès. Surprotéger l'enfant l'exposera à une peur inutile du monde qui l'entoure et détruira l'assurance qui grandit en lui de pouvoir se débrouiller.
L'apprentissage de la propreté : Attendre que l'enfant soit capable de contrôler ses sphincters et de comprendre ce que l'adulte lui demande. Être attentif à la personnalité et aux signes donnés pour détecter le moment où il doit faire ses besoins. Regarder avec lui ce qu'il a fait, prendre le temps d'admirer avec lui le fruit de ses exploits, l'aider à déverser le pot et à nommer les « choses ». Faire preuve de tact, de courage, de patience et de persévérance. Soutenir l'enfant et manifester son contentement devant ses progrès. Être constant dans l'attention témoignée. Éviter d'opposer sa volonté à celle de l'enfant et de jeter immédiatement et en sa présence le contenu du pot dans les toilettes.
La jalousie : Ne jamais culpabiliser l'enfant jaloux ; la jalousie est un sentiment normal. Ne pas faire de différences entre ses enfants au niveau affectif ; éviter le favoritisme tout en donnant à chacun ce dont il a besoin. Proposer des responsabilités à l'aîné, responsabilités que le petit ne peut prendre. Valoriser son rôle. Éviter de comparer les frères et sœurs entre eux.
Le langage et la communication : Parler à l'enfant est important aux niveaux intellectuel (apprentissage du langage) et relationnel. Expliquer les choses à l'enfant ; selon Françoise Dolto, il comprend tout ce qu'on lui dit. Aider l'enfant à étiqueter ce qui l'entoure. Les livres constituent un instrument de jeu indispensable. Montrer des images représentant chacune un objet ou une personne, prononçant à haute voix le nom. Lire des histoires ; l'enfant aime écouter des comptines et des chansons enfantines. Accueillir ce que l'enfant dit ; si certaines phrases ne sont pas correctes, ne pas le corriger mais simplement reformuler de façon adéquate. Utiliser des termes simples quand on donne des explications. Ne pas toujours corriger sa manière de parler, de s'exprimer ou de conjuguer.
Vieillissement et Sénescence
Caractères généraux de la sénescence : La sénescence traduit l'usure banale à laquelle personne n'échappe. Au cours de la vie, certaines maladies peuvent laisser des séquelles plus ou moins graves. Leur présence crée un sentiment de fragilité, voire de déchéance.
Efficience intellectuelle : Avec l'âge, on constate une baisse de l'efficience intellectuelle. L'atteinte de la mémoire est bien classique. L'évocation des faits anciens est souvent parfaitement conservée, mais la mémoire et l'évocation des faits récents sont touchées. L'accentuation de l'atteinte mnésique peut mener à la perte du repérage dans le temps. Des circonstances particulières majore les troubles : maladie générale, traumatisme psychoaffectif, insomnies. Le vieillissement des fonctions psychophysiologiques varie d'un individu à l'autre et dépend notamment de l'entraînement.
Ménopause : La ménopause est l'arrêt du phénomène menstruel. La fin de la capacité d'avoir des enfants peut avoir un retentissement profond chez la femme, marquant la fin d'un cycle structurant sa vie. La femme est d'autant plus fragilisée que surviennent en même temps des modifications de son milieu : départ des enfants, perte des parents, difficultés conjugales possibles. Possible ménopause précoce ; chez certaines elle dure plus longtemps. Parfois des symptômes (bouffée de chaleur, changements d'humeur) ; d'autres ne connaissent rien.
Préoccupations masculines : Les hommes peuvent être obsédés par les conséquences des transformations morphologiques et des fléchissements fonctionnels auprès de 50 ans sur leur vie publique et privée. C'est bien plus dans le domaine des manifestations amoureuses que des relations sociales que se manifestent leurs préoccupations. Les hommes établissent un lien direct entre puissance sexuelle, conservation générale et valeur humaine intrinsèque.
Retraite et réorganisation de la vie : L'activité professionnelle constitue un moyen d'insertion dans la société, signifiant un rôle à jouer et des responsabilités à assumer. Au moment de la retraite, le rythme de la vie est brutalement modifié ; les relations sociales deviennent différentes. Le passage peut être vécu de deux façons : soit le travailleur part de lui-même, estimant qu'il a suffisamment travaillé et aspirant au repos (« prendre sa retraite ») ; soit l'employeur ou la législation le « met à la retraite ». L'individu peut alors avoir l'impression d'être mis hors circuit et d'être l'objet d'un constat d'incapacité. Dans certains cas, il s'agit d'un véritable choc psychologique entraînant l'abdication et un désintérêt pour le monde extérieur. La retraite ne représente ni une fin en elle-même ni la fin de l'activité ; elle constitue un but en vue d'autre chose et d'autres activités, une étape nouvelle.
Attitudes face au vieillissement : Certaines personnes âgées refusent le vieillissement. Ce refus comporte des avantages, suscitant et soutenant les efforts pour continuer à vivre heureux. D'autres prennent si bien d'avance leur parti de la vieillesse et ses inconvénients qu'ils paraissent en tirer une fierté, se plaisant à accuser leur âge peut-être pour susciter les compliments ou encouragements apaisent leurs angoisses ou craintes inexprimées.
Isolement : L'isolement au domicile est malheureusement fréquent. Par ses conséquences psychologiques, l'isolement majore le processus physiologique du vieillissement.
Attachement aux habitudes : L'attachement aux habitudes est grand. Toute nouveauté, tout changement est mal toléré, même s'il doit apporter un bien-être supplémentaire. Une personne âgée placée en maison de retraite présente des difficultés d'adaptation parfois majeures parce que son cadre de vie et ses habitudes ont été radicalement modifiés.
Réactions face à la maladie : On observe trois grands types de comportements réactionnels : (1) la personne âgée veut guérir, acceptant facilement les contraintes du traitement et faisant des efforts en rééducation, visant la guérison rapide et le retour au domicile ; (2) la survenue de la maladie valorise la personne âgée, passant de l'isolement à une situation de valorisation, elle ne souhaite pas perdre ce privilège et ne mettra pas en évidence les progrès ; (3) le refus complet de s'en sortir avec démission et volonté de mourir, refus de manger, boire, se lever.
Angoisse face à la mort : La personne âgée est plus immédiatement concernée par la mort que les plus jeunes. L'angoisse est fréquente, contrastant dans d'autres cas avec une acceptation sereine. Certaines personnes réclament la mort, prétextant l'inutilité. En parler représente une forme de superstition repousser l'idée de la mort. Au moment d'une maladie grave, ces mêmes personnes se rattachent fortement à la vie.
Aspects positifs du vieillissement : Si la personne âgée ne considère que les éléments négatifs et si son entourage les place au premier plan, on risque une diminution du dynamisme, de l'anxiété et une tendance dépressive. La personne se replie sur elle-même, réduit son espace de vie et s'isole. À l'inverse, certaines réagissent en essayant de dominer. Le positif existe aussi dans la vieillesse. La valeur de l'individu est intacte, même si le corps ne fonctionne plus comme auparavant.
Cette période doit permettre l'épanouissement. En premier lieu, l'individu dispose de temps libre, dégagé de toute obligation professionnelle, permettant de réaliser des projets longtemps pensés (peinture, voyage) et d'avoir des intérêts et passions pour des activités précises. En second lieu, chacun possède l'expérience de la vie, une connaissance des hommes et des choses. Sagesse et pondération peuvent être bien présentes, les générations suivantes pouvant en bénéficier.
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