Psychologie cognitive: attention, mémoire, cognition
98 cardsCe document présente les concepts clés de la psychologie cognitive, incluant les processus attentionnels, les différents types de mémoires et la cognition sociale.
98 cards
Psychologie Cognitive : Principales Notions
La psychologie cognitive est l'étude scientifique des processus mentaux tels que l'attention, la mémoire, la perception, le langage, la résolution de problèmes et la prise de décision. Elle vise à comprendre comment l'information est acquise, traitée, stockée et utilisée par le cerveau.
1. Généralités
La cognition englobe l'ensemble des processus mentaux qui permettent à un individu de traiter l'information. Ces processus peuvent être divisés en plusieurs catégories :
Fonctions instrumentales : Elles incluent le langage, les gestes et le schéma corporel, les capacités visuo-spatiales (perception de l'espace, des personnes) et le calcul.
Fonctions exécutives et attention : Elles regroupent la planification, la résolution de problèmes, l'exécution d'actions, l'inhibition d'activités routinières, l'anticipation, le raisonnement et la prise de décision.
Le fonctionnement cognitif suit un processus séquentiel :
Stimulus : Réception d'une information sensorielle.
Perception : Interprétation du .
Traitement cognitif :
Encodage : Transformation de l'information.
Mise en mémoire : Stockage initial.
Stockage : Consolidation des informations en traces mnésiques.
Récupération : Restitution des informations, volontaire ou consciente.
Réponse : Action ou pensée résultant du traitement.
2. Processus Attentionnels
L'attention est un processus fondamental qui permet de sélectionner et de traiter les informations pertinentes de notre environnement.
2.1 Attention : Sens Commun
Dans le langage courant, l'attention est souvent associée à :
Alerte : État de vigilance général.
Attention : Focalisation sur un objet ou une tâche.
Allocation de ressources : Capacité à distribuer ses ressources cognitives.
2.2 Attention en Psychologie Cognitive : Généralités
L'attention est définie comme la « prise de possession par l'esprit, sous une forme claire et vive, d'un objet ou d'une suite de pensées parmi plusieurs qui semblent possibles [...] . Implique le retrait de certains objets afin de traiter plus efficacement les autres » (W. James). Elle peut être considérée comme un processus élémentaire ou une fonction exécutive.
Des exemples visuels comme le vase de Rubin ou les figures ambiguës (canard/lapin, Pacman) illustrent comment l'attention module notre perception, nous permettant de focaliser sur une interprétation parmi plusieurs possibles.
2.3 Attention Sélective
L'attention sélective est la capacité à focaliser les facultés cognitives sur les informations pertinentes et importantes pour la réalisation d'une tâche, tout en ignorant les distractions. Elle implique l'activation de l'information pertinente.
Phénomène du « Cocktail Party » : Capacité à suivre une conversation spécifique dans un environnement bruyant, en filtrant les autres sons.
Capacité de traitement : Le nombre maximal d'unités pouvant être traitées en une seule centration est d'environ (George Miller).
Mécanismes de focalisation :
Regroupement : Organisation des informations.
Sélection : Choix des informations à traiter.
Attention élective : Sélection en fonction du stimulus.
Attention soutenue : Maintien de l'attention sur la durée.
Exemple de l'étudiant en soins infirmiers :
À la fac : Écouter l'enseignant sans être distrait par l'environnement.
En stage : Traiter les informations nécessaires au calcul de dose ou à la compréhension d'une transmission, en ignorant les détails non pertinents.
2.4 Attention Partagée
L'attention partagée est la capacité à diviser son attention entre plusieurs sources ou tâches simultanément. Les capacités attentionnelles sont limitées.
Exemple de l'étudiant en amphi : Lire un PowerPoint, écouter l'enseignant et prendre des notes simultanément.
Hypothèse des ressources multiples (MacLeod) : Le partage de l'attention est facilité lorsque les tâches à réaliser relèvent de modalités exécutives différentes (ex: une tâche visuelle et une tâche auditive).
Schneider et Shiffrin (1977) : Leurs travaux ont montré que la pratique peut automatiser certaines tâches, réduisant ainsi la charge cognitive et facilitant l'attention partagée.
2.5 Attention Soutenue
L'attention soutenue est la capacité à maintenir sa focalisation attentionnelle lors de l'exécution d'une tâche monotone de longue durée.
Exemples : Écouter passivement un cours en amphi, travailler de nuit dans un service calme.
Fluctuations attentionnelles :
Rythme circadien : L'attention varie au cours de la journée.
Facteurs individuels : État de fatigue, motivation.
Durée de la tâche : Plus la tâche est longue, plus l'attention peut diminuer.
Fréquence de répétition : L'apprentissage peut rendre la tâche moins exigeante attentionnellement.
2.6 L'Attention comme Fonction Exécutive
L'attention est étroitement liée aux fonctions exécutives, qui sont des processus cognitifs de haut niveau permettant de contrôler et de réguler les pensées et les actions.
2.6.1 Inhibition
L'inhibition est la capacité à mettre à l'écart les informations non pertinentes ou les réponses automatiques pour se concentrer sur l'objectif. Le Test de Stroop est un exemple classique d'interférence cognitive, où la lecture automatique des mots doit être inhibée pour nommer la couleur de l'encre.
Neutre : Mots sans lien avec les couleurs (ex: XXXXXX, BLEU).
Congruent : Le mot correspond à la couleur de l'encre (ex: BLEU écrit en bleu).
Incongruent : Le mot ne correspond pas à la couleur de l'encre (ex: VERT écrit en bleu).
2.6.2 Flexibilité Attentionnelle
La flexibilité attentionnelle est la capacité à changer les critères de sélection ou les stratégies cognitives en fonction des exigences de la tâche. Elle présente une variabilité interpersonnelle et développementale.
Test de Wisconsin : Consiste à catégoriser des cartes selon des critères changeants (couleur, forme, nombre d'éléments). Il évalue la capacité de flexibilité et le taux d'erreurs de persévération (difficulté à changer de règle).
Trail Making Test :
Tâche 1 : Relier des chiffres dans l'ordre croissant le plus rapidement possible (ex: 1-2-3-4...).
Tâche 2 : Relier des chiffres et des lettres en alternant (ex: 1-A-2-B-3-C...).
Le coût du shifting (ou coût de la flexibilité attentionnelle) est la différence de temps entre la tâche 1 et la tâche 2, reflétant la difficulté à passer d'une règle à l'autre.
2.7 Attention Endogène / Exogène
Attention endogène : Attention volontairement dirigée vers un stimulus particulier. L'individu décide de porter son attention sur un phénomène précis.
Attention exogène : Attention captée par un stimulus extérieur. L'environnement extérieur initie l'alerte et la mobilisation des facultés cognitives.
3. Les Différentes Mémoires
La mémoire est la capacité à encoder, stocker et récupérer des informations. Elle se divise en plusieurs systèmes.
3.1 Mémoire de Travail (ou Mémoire à Court Terme)
La mémoire de travail est un système à capacité limitée qui permet le maintien temporaire et la manipulation de l'information pendant la réalisation de tâches cognitives complexes. Elle est essentielle pour effectuer une action dirigée vers un but et est très sensible aux atteintes cérébrales, notamment les maladies dégénératives.
3.2 Mémoire à Long Terme
La mémoire à long terme est un système de stockage d'informations de grande capacité et de longue durée. Elle est divisée en plusieurs sous-systèmes (d'après Squire, 1994).
Mémoire explicite (ou déclarative) : Récupération volontaire et consciente d'informations verbalisables.
3.2.1 Mémoire Épisodique
Système impliqué dans le souvenir d'informations spécifiques, vécues par le sujet, situées dans un contexte spatio-temporel particulier. C'est une mémoire contextuelle de nature autobiographique avec une marque spatiale et temporelle forte (« c'était où », « c'était quand ? »). Elle peut être de modalités visuelles ou verbales.
3.2.2 Mémoire Sémantique
Mémoire des connaissances définitives, des faits, des concepts et du vocabulaire. Elle ne dépend pas d'un contexte d'acquisition spécifique.
Mémoire implicite (ou non déclarative) : Récupération inconsciente, souvent manifestée par une amélioration des performances.
3.2.3 Mémoire Procédurale
Mémoire des savoir-faire, des compétences motrices et cognitives (ex: faire du vélo, taper à l'ordinateur). Elle s'acquiert par la pratique et est souvent difficile à verbaliser.
4. Cognition Sociale
La cognition sociale regroupe les opérations mentales sous-tendant les interactions sociales, notamment la capacité à percevoir les intentions et dispositions d'autrui. Elle inclut également la perception sociale, les apprentissages sociaux et la dynamique relationnelle (Green et al., 2008).
C'est une interface de plusieurs disciplines comme la psychologie sociale, la psychologie du développement, les neurosciences cognitives et l'intelligence artificielle.
Les 4 dimensions impliquées dans la cognition sociale (Green, 2008) sont :
Perception des visages et des émotions : Capacité à reconnaître les émotions d'autrui à travers les expressions faciales, les gestes, les attitudes et les prosodies.
Perception sociale : Interprétation des signaux sociaux.
Théorie de l'esprit (TdE) :
Capacité à se représenter les états mentaux d'autrui (pensées, croyances, intentions) et à faire des inférences correctes à leur propos.
Permet de donner un sens aux comportements sociaux, de les prévoir et de comprendre les intentions communicatives.
Sous-tend les capacités d'empathie.
Exemple classique : le test de Sally et Anne, qui évalue la compréhension des fausses croyances.
Niveaux de la TdE :
Ordre zéro : X pense à/que... (ex: je pense aux gens).
1er ordre : X pense que A pense à/que... (ex: je pense que la femme pense à son travail).
2e ordre : X pense que A pense que B pense à/que... (ex: je pense que la femme pense que l'homme pense aux vacances).
Mode d'attribution : Manière dont nous expliquons les comportements des autres et les nôtres.
La cognition sociale implique également la compréhension des règles d'une situation sociale, le raisonnement social, la construction de réponses adaptées et la mise en place d'actions appropriées.
5. Références
Les références spécifiques aux études mentionnées dans le cours (Landrø et al., NeuroReport, 2002; Schneider et Shiffrin, 1977; Squire, 1994; Green, 2008; Haxby et al.) sont des sources clés pour approfondir ces notions.
Conclusion : L'Essentiel
Les principales notions abordées en psychologie cognitive sont essentielles pour comprendre le fonctionnement mental humain. Les points clés à retenir sont :
Processus attentionnels :
Attention sélective : Focalisation sur les informations pertinentes.
Attention partagée : Division de l'attention entre plusieurs tâches.
Attention soutenue : Maintien de l'attention sur la durée.
Attention comme fonction exécutive : Incluant l'inhibition (filtrage des distractions) et la flexibilité (adaptation aux changements).
Attention endogène / exogène : Volontaire ou captée par l'environnement.
Les différentes mémoires :
Mémoire de travail (court terme) : Maintien et manipulation temporaire de l'information.
Mémoire à long terme :
Mémoire épisodique : Souvenirs d'événements vécus, contextualisés.
Mémoire sémantique : Connaissances générales et faits.
Mémoire procédurale : Savoir-faire et compétences.
Cognition sociale : Compréhension des interactions sociales, incluant la perception des émotions et la théorie de l'esprit.
Start a quiz
Test your knowledge with interactive questions