Prise en charge du pneumothorax

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Stratégies de prise en charge, diagnostic et traitement du pneumothorax

Conduite à Tenir Devant un Pneumothorax (PNO) - Fiche Récapitulative

Le pneumothorax est une urgence médicale caractérisée par la présence d'air dans l'espace pleural, entraînant un collapsus pulmonaire.

Types de Pneumothorax

  • PNO spontané primaire (idiopathique) : Sur poumon sain.

  • PNO spontané secondaire : Sur poumon malade.

  • PNO post-traumatique : Traumatisme thoracique (fermé ou plaies).

  • PNO iatrogène : Lié à un acte médical (ponction, ventilation en pression positive).

A- Diagnostic Positif

1. Interrogatoire

  • Terrain : Âge, ATCD, tabagisme+++.

  • Circonstances : Heure et contexte de survenue.

  • Signes fonctionnels :

    • Douleur thoracique : Brutale, en "coup de poignard", latéro-thoracique ou postérieure, pouvant s'estomper.

    • Dyspnée : Intensité variable.

    • Toux sèche : Quinteuse.

2. Examen Clinique

  • Signes généraux (variables) : Pâleur, sueurs, polypnée, tachycardie, cyanose.

  • Signes physiques :

    • Distension thoracique.

    • Thorax moins mobile du côté atteint.

    • Syndrome d'épanchement aérique (côté atteint) :

      • Diminution de l'ampliation thoracique.

      • Abolition des vibrations vocales à la palpation.

      • Hypersonorité à la percussion (tympanisme).

      • Abolition du murmure vésiculaire à l'auscultation.

3. Paraclinique

  • Radiographie thoracique : Confirme le diagnostic.

    • Cliché de face en inspiration : Clarté avasculaire périphérique, limitée par un fin liseré pleural.

    • Cliché en expiration : Utile pour les petits PNO.

    • Renseigne sur : taille, gravité, orientation thérapeutique, étiologie.

  • TDM thoracique (non systématique) : En cas de doute diagnostique ou recherche de pathologie sous-jacente.

B- Diagnostic de Gravité

Signes de gravité clinique :

  • Dyspnée, polypnée , cyanose.

  • Tachycardie , signes d'insuffisance cardiaque droite (ICD), hypotension artérielle (évoque un PNO compressif).

  • Emphysème sous-cutané.

  • Agitation ou troubles neurologiques.

Signes radiologiques :

  • PNO compressif : Rétraction du parenchyme pulmonaire en moignon, refoulement controlatéral du médiastin, aplatissement de la coupole diaphragmatique ipsilatérale.

  • PNO bilatéral ou sur poumon unique.

  • PNO sur poumon pathologique ; bride.

  • Tamponnade gazeuse (pression pleurale positive) : Gêne du retour veineux, chute tensionnelle, signes d'ICD.

C- Étiologies

  1. PNO Spontané Primitif (Idiopathique)

    • Sujet jeune (20-40 ans), longiligne, fumeur+++.

    • Évolution souvent bénigne, mais récidive fréquente.

  2. PNO Spontané Secondaire

    • BPCO, asthme.

    • Maladies interstitielles diffuses (PID) : fibrose, pneumoconiose, histiocytose, LAM.

    • Infections pulmonaires nécrosantes (TB, staphylocoque, abcès) pyopneumothorax.

    • Endométriose pleurale.

  3. PNO Traumatique ou Iatrogène

    • Traumatisme fermé ou ouvert du thorax.

    • Iatrogène : Ponction pleurale, voie veineuse centrale, etc.

D- Traitement

PNO bénin idiopathique (récent, petite taille, bien toléré) :

  • Hospitalisation + Repos au lit strict.

  • Antalgiques, antitussifs si besoin.

  • Oxygène à haut débit : multiplie par 4 la vitesse de résorption.

  • Surveillance clinique et radiologique quotidienne.

  • Exsufflation/drainage : si aggravation Rx ou non retour à la paroi après 5 jours.

  • Prévention : Sevrage tabagique+++.

PNO de moyenne ou grande abondance :

  1. Hospitalisation + Mise en condition : Position assise, monitorage, VVP.

  2. Mesures de réanimation :

    • A = Libération des voies aériennes.

    • B = Oxygénothérapie.

    • C = Maintien hémodynamique (remplissage vasculaire).

  3. Évacuation du pneumothorax :

    • Exsufflation à l'aiguille ou au pleurocathéter (2e EIC antérieur sur la ligne médio-claviculaire en rasant le bord sup de la côte).

      • Geste salvateur pour le PNO compressif (devant signes de mauvaise tolérance hémodynamique).

    • Drainage thoracique (4e-6e EIC sur la ligne axillaire moyenne ou 2e EIC antérieur) :

      • Échec de l'exsufflation.

      • Signes de gravité.

      • PNO spontané secondaire.

      • PNO bilatéral (commencer par le côté le moins décollé).

  4. Traitement chirurgical (par thoracoscopie) : Prévention des récidives.

    • Électrocoagulation des bulles, bullectomie, section des brides.

    • Pleurodèse (abrasion, tétracycline, talc), pleurectomie.

    • Indications :

      • Échec du drainage.

      • 1ère récidive.

      • PNO bilatéral ou secondaire.

      • Contrainte professionnelle (pilote, plongeur).

  5. Traitement étiologique.

  6. Surveillance :

    • Clinique : État hémodynamique, douleur, syndrome d'épanchement aérique.

    • Radiographie thoracique : Au lit du malade, puis quotidienne si drainage.

Indications Spécifiques

  • PNO spontané primitif de faible abondance ( au sommet, latéralement) : Abstention, surveillance (oxygénothérapie + repos). Exsufflation si échec.

  • PNO spontané primitif de moyenne abondance ou 1ère récidive homolatérale : Drainage thoracique, pleurodèse sous thoracoscopie.

  • PNO spontané primitif récidivant, 1ère récidive controlatérale, fuite aérienne persistante malgré drainage après 5j, PNO spontané secondaire : Pleurodèse ou pleurectomie par thoracoscopie.

  • PNO compressif : Exsufflation en urgence en attendant le drainage.

Conclusion

  • Le PNO est un épanchement pleural gazeux.

  • Diagnostic de certitude par radiographie thoracique.

  • Traitement repose sur l'évacuation de l'air (drainage, exsufflation).

  • La pleurodèse est clé pour la prévention des récidives.

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