Prise en charge des traumatismes et fractures
50 cardsCe document couvre les mécanismes, les conséquences et la prise en charge des traumatismes, y compris les fractures spécifiques comme celles du radius, du fémur, et les traumatismes du rachis. Il aborde également les complications, les examens complémentaires et les traitements chirurgicaux ou médicaux associés.
50 cards
COMPÉTENCE 4 UE 2.4 : Le Processus Traumatique et sa Prise en Charge
Cette capsule aborde la notion de processus traumatique, ses mécanismes, ses conséquences et les spécificités de la traumatologie par organe. Une attention particulière est portée à la prise en charge pré-hospitalière et hospitalière des polytraumatisés, ainsi qu'à la gestion de la douleur aiguë.
Définition et Mécanismes du Traumatisme
Un traumatisme est un ensemble de phénomènes ou d'agressions externes qui portent atteinte à l'intégrité de l'organisme, pouvant entraîner des réactions locales et/ou générales.
Mécanismes Traumatiques
Direct vs Indirect : Le traumatisme peut résulter d'un contact direct ou indirect avec l'agent agresseur.
Transfert d'énergie : Tous les traumatismes impliquent un transfert d'énergie.
Énergie mécanique :
Par objet pénétrant.
Par objet contondant.
Énergie chimique.
Traumatisme thermique.
Traumatisme électrique : Plus le voltage est élevé, plus la brûlure est grave.
Traumatisme irradiant : Induit des brûlures internes et externes.
Traumatisme psychique : Caractérisé par un événement subi, imprévu et violent.
Conséquences
Les conséquences d'un traumatisme peuvent être à court, moyen et long terme, tel que le Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT).
Facteurs de Risque
Facteurs prédisposants :
Fragilité osseuse (ex: ostéoporose, os pathologique).
Pathologies associées (ex: troubles de la vision, déficit sensitif).
Vieillissement (ex: troubles de l'équilibre, chutes répétées, perte de force).
Facteurs précipitants :
Troubles de la vigilance (ex: drogues, alcool).
Comportements à risque.
Travail ou activité à risque.
Organes touchés et Risques Associés
Peau : Premier organe concerné, risque élevé d'infection.
Appareil locomoteur : Entorses, fractures... entraînant un risque d'atteinte de la stabilité.
Vaisseaux : Hémorragies, risque de décès rapide.
Nerfs : Lésions sensitives, motrices, ou les deux.
Organes abdominaux : Risque de perforation (infectieux) et d'hémorragie.
Organes thoraciques : Risque d'hémorragie et d'atteinte pleuro-pulmonaire.
Cerveau : Risque d'hémorragie et de troubles de conscience.
Prise en Charge Générale du Traumatisé
La prise en charge implique plusieurs étapes clés :
Interrogatoire : Recherche d'antécédents, traitements, cinétique du traumatisme, mécanisme, facteurs prédisposants ou précipitants.
Inspection : Recherche de déformation, plaies, saignements.
Palpation : Recherche de fracture (douleur exquise).
Score de Glasgow : Évaluation du niveau de conscience.
Examens Complémentaires
Dépendent du traumatisme et de sa cinétique.
Biologie.
Examens radiologiques :
Radiographies.
Échographie.
TDM (Tomodensitométrie).
IRM (Imagerie par Résonance Magnétique).
Ces examens sont ciblés sur les lésions suspectées ou le mécanisme du traumatisme.
Axes Thérapeutiques
Prévention du tétanos.
Traitement :
Chirurgical.
Orthopédique (maintien des axes anatomiques).
Médicamenteux.
Rééducation :
Fonctionnelle.
Motrice.
Neurologique.
Prévention du Risque
Prévention primaire : Diminuer le nombre d'accidents, sensibilisation, mesures répressives.
Prévention secondaire : Minimiser la gravité, les complications et les séquelles.
Prévention tertiaire : Éviter les récidives.
Conséquences à Long Terme
Les risques à long terme incluent les atteintes psychiques ou physiques (esthétiques ou fonctionnelles), impactant la qualité de vie et les interactions sociales.
Traumatologie Spécifique par Organe
Traumatismes du Rachis
La traumatologie du rachis est un domaine crucial en raison de ses implications neurologiques potentiellement graves.
Épidémiologie
Incidence : 40 à 50/million d'habitants/an (2000 nouveaux cas/an).
Causes principales : Accidents de la Voie Publique (AVP) (60-70%), suicide, sports, accidents du travail (30-40%).
Traumatismes isolés : Souvent au rachis cervical.
Polytraumatisme : Atteinte fréquente des charnières dorsolombaire et cervicothoracique.
Anatomie
24 vertèbres, divisées en :
Rachis cervical (C1-C7).
Rachis dorsal ou thoracique (T1-T12).
Rachis lombaire (L1-L5).
Sacrum.
Espace mobile de Junghans : Composé du disque, des cartilages et des ligaments.
Moelle épinière : Contient les nerfs sensitifs et moteurs, s'étend du foramen magnum à L1, se terminant au cône médullaire.
31 paires de nerfs spinaux : 8 cervicaux, 12 thoraciques, 5 lombaires, 6 sacrococcygiens.
Lésions Médullaires
Lésions primaires : Dommages directs à la moelle épinière au moment du traumatisme (ex: écrasement, fracture).
Lésions secondaires : Évoluent après le traumatisme initial et aggravent les dommages.
Choc spinal : Perte de toutes les fonctions médullaires sous-lésionnelles (4-7 jours, stable en 4-6 semaines). Entraîne l'abolition du tonus sympathique, musculaire et des réflexes ostéotendineux, disparition de toutes les sensibilités, rétention urinaire, atonie du sphincter anal, et priapisme (signe de gravité).
Compression-ischémie.
Section complète.
Extension des zones d'ischémie et d'hémorragie.
Reperfusion de zones ischémiques.
Agression médullaire secondaire d'origine systémique (AMSOS).
Niveaux Critiques
C4 : Risque de paralysie diaphragmatique et de dépendance respiratoire complète (nécessitant une trachéotomie).
T6 : Conséquences cardiovasculaires importantes dues à l'abolition du tonus sympathique.
Lésions Médullaires Incomplètes
Syndrome central.
Syndrome de Brown-Séquard.
Syndrome antérieur.
Syndrome postérieur.
Syndrome de la queue de cheval.
Principes de Prise en Charge Immédiate
Urgence chirurgicale potentielle.
Maintien de l'axe tête-cou-tronc.
Immobilisation du rachis (collier cervical 3 appuis, coquille).
Contrôle de l'état hémodynamique et respiratoire.
Évaluation précise (score ASIA).
Prise en charge spécialisée.
Conséquences
Respiratoires : Paralysie diaphragmatique si lésion au-dessus de C4, autonomie ventilatoire précaire si lésions C5 et thoraciques hautes.
Cardiovasculaires : Dépendent du niveau lésionnel (T6), abolition du tonus sympathique, vasoplégie, hypovolémie relative.
Autres : Iléus paralytique, rétention aiguë d'urine, disparition de la thermorégulation et de la vasomotricité.
Imagerie
Systématique : Radiographies, TDM (lésions osseuses), IRM (lésions disco-ligamentaires).
Permet de limiter la progression des lésions secondaires et de confirmer l'indication chirurgicale.
Prise en Charge à Long Cours
Mobilisation avec corset ou minerve.
Prévention des complications : Respiratoires, thromboemboliques, trophiques.
Prise en charge du handicap.
Bilan d'imagerie répété.
Points Importants
Urgence diagnostique, vitale et/ou chirurgicale.
Orientation vers un centre spécialisé.
Tout patient polytraumatisé est suspect d'une lésion médullaire.
L'immobilisation du rachis est une priorité pré-hospitalière et hospitalière.
Le niveau lésionnel est évalué par le score ASIA.
L'imagerie repose sur la TDM pour les lésions osseuses et l'IRM pour les lésions disco-ligamentaires et médullaires.
Prévention des complications à court et long terme.
Rôle central de l'IDE.
Fractures de l'Extrémité Inférieure du Radius et de l'Ulna
Ce sont les fractures les plus fréquentes de l'avant-bras.
Épidémiologie
Deux pics d'incidence : enfant/adolescent et personnes âgées (femmes post-ménopause).
100 000 à 130 000 cas/an en France, dont 80 000 à 90 000 liées à l'ostéoporose.
Fracture ulnaire seule : très rare.
Types de Fractures
Extra-articulaires :
Pouteau-Colles : La plus fréquente chez les sujets âgés. Mécanisme en compression-extension (chute avec réception en arrière). Entraîne une bascule dorsale.
Gérard-Marchand : Bascule postérieure radiale et fracture arrachement de la styloïde ulnaire.
Goyrand-Smith : Bascule antérieure (déplacement inverse à Pouteau-Colles). Mécanisme en compression-flexion.
Articulaires :
Trait de fracture traversant l'interface articulaire.
Risque accru de complications à long terme.
Nécessite souvent un bilan TDM.
Complications à Rechercher
Vasculaires : Abolition des pouls radial/ulnaire.
Cutanées : Plaie évoquant une fracture ouverte.
Nerveuses : Troubles de la sensibilité cutanée (territoire du nerf médian).
Tendineuses : Incarcération du tendon du long extenseur du pouce.
Clinique
Pouteau-Colles : Déformation en "baïonnette" de face et en "dos de fourchette" de profil, œdème/hématome, impotence fonctionnelle totale.
Goyrand-Smith : Déformation du poignet en "ventre de fourchette", bascule antérieure.
Réduction
Nécessite une sédation procédurale.
Réalisée par urgentiste ou chirurgien.
Première étape avant :
Prise en charge chirurgicale si fracture complexe ou complications.
Immobilisation complète si réduction satisfaisante.
Chirurgie
Embrochage.
Plaques vissées.
Fixateur externe : En cas d'instabilité importante, associé aux techniques précédentes.
Immobilisation
Contention rigide (plâtre, résine) ou souple (attelle). Choix dépendant de l'âge, de la fracture et de l'état osseux.
Durée : Généralement 45 jours.
Kinésithérapie essentielle pour récupérer la mobilité et la force.
Complications
Déplacement secondaire, cal vicieux.
Rupture tendineuse.
Compression sous plâtre.
Lésion du nerf radial en cas de fragments multiples.
Arthrose (notamment si fracture articulaire).
Syndrome douloureux régional complexe (algodystrophie).
Intérêt de la kinésithérapie et de l'auto-rééducation précoce.
Fracture de l'Extrémité Supérieure du Fémur (FESF)
La FESF est un problème de santé publique majeur.
Épidémiologie
Prévisions mondiales pour 2050 : 4,5 millions de personnes.
France : 65 000 cas/an en 2011, estimation à 150 000/an en 2050.
Facteurs de risque (FDR) : Âge, ostéoporose/ostéopénie, sexe féminin (2 fois plus que les hommes), faible poids, activité physique réduite.
Conséquences : 20-30% de décès dans l'année, seulement 50% retrouvent leur autonomie antérieure.
Anatomie
Travées osseuses : Assurent la solidité du col fémoral.
Types de Fractures
Cervicales vraies.
Per-trochantériennes.
Examen Clinique
Patient âgé après une chute (malaise ou maladresse).
Douleur de la hanche ou du pli de l'aine.
Impossibilité de poser l'appui au sol (sauf en cas de démence).
Membre inférieur raccourci, en rotation externe, impossibilité de décoller le talon du lit.
Diagnostic radiologique : Bassin de face, hanche F+P.
Importance des Antécédents et Traitements
Noter les antécédents, traitements (AVK, ADO, Plavix).
Évaluer l'autonomie de marche.
Rechercher des signes de complications : sensibilité du MI, pouls en aval, taux d'hémoglobine, volume de la cuisse.
Prise en Charge aux Urgences
Soulager le patient : VVP, antalgie adaptée (titration morphinique), bloc ilio-fémoral (BIF), traction collée.
Bilan pré-opératoire : NFS, coagulation, groupe sanguin, RAI, ECG si antécédents coronariens.
Traitements Chirurgicaux
Ostéosynthèses : Préférentiellement pour les fractures per-trochantériennes (plaque vis ou clou gamma).
Prothèse de hanche (totale ou partielle) : Préférentiellement pour les fractures du col du fémur (cervicales vraies) chez le sujet âgé.
Complications
Infection du site opératoire.
Ostéonécrose de la tête fémorale.
Descellemenet de prothèse.
Pathologies Musculaires et Tendineuses : Entorse, Luxation, Lésion Musculaire
Ces pathologies sont fréquentes aux urgences et nécessitent une prise en charge spécifique.
Introduction
36% des passages aux urgences, 20% des hospitalisations.
Rôle prépondérant de l'IDE (prescription anticipée de radiographies).
Attention aux signes de gravité : déformation, membre froid/déficit de pouls, trouble neurologique associé, plaie associée.
Lésions Musculaires
Fréquence élevée en pathologie sportive, plus souvent au membre inférieur.
Lésions intrinsèques (du muscle lui-même) vs extrinsèques (choc extérieur, ex: béquille).
Types de fibres musculaires et rôle du tissu conjonctif.
Physiopathologie
Phase initiale (J0-J3) : Inflammatoire, destruction active. Traitement : glaçage (ICE) et taping pour limiter saignement, œdème et taille de la lésion.
Phase de cicatrisation (J4-J21) : Mobilisation précoce, application de chaleur.
Phase de réadaptation à l'entraînement (4-12 semaines) : Progressive, travail neuromoteur, travail de force et souplesse.
Lésions Intrinsèques (Stades de gravité)
Contracture : Marche possible, palpation douloureuse.
Élongation : Marche avec boiterie, palpation douloureuse.
Déchirure (claquage) : Impotence fonctionnelle, palpation douloureuse, concentrique quasi impossible.
Rupture-désinsertion : Sémiologie identique à la déchirure avec défect palpable.
Examens complémentaires : Aucune en urgence. Échographie ostéo-articulaire et IRM musculaires à distance.
Lésions Extrinsèques
Raison d'un choc extérieur. Gravité dépend de la violence, de l'état de contraction et du relief osseux.
Échographie : Examen le plus pertinent mais non urgent.
Traitement Initial (POLICE)
P : Protection, arrêt de l'effort.
OL : Optimal Loading (mobilisation optimale).
I : ICE (glaçage).
C : Compression.
E : Élévation.
Antalgie adaptée (paliers 1 à 3).
Messages Clés pour les Lésions Musculaires
Repos, glaçage précoce, antalgie adaptée.
Pas de radiographie anticipée pour douleur musculaire spécifique.
Échographie à distance.
Entorse
Définition : Traumatisme ligamentaire aigu en rapport avec une distension aiguë.
Possibilité de lésions osseuses associées.
Chez l'enfant, les "entorses" sont souvent des fractures du cartilage de croissance.
Traitement identique aux lésions musculaires (POLICE).
Contention du membre lésé, immobilisation relative (pas de plâtre). Mobilisation précoce.
Examens Complémentaires pour l'Entorse
Radiographie si impotence totale.
Protocoles spécifiques pour genou et cheville (critères d'Ottawa/Buffalo) : Pas de radio si âge < 55 ans, marche possible (> 5 pas), pas de douleur rétromalléolaire (cheville) ou rétrotibiale/patellaire (genou), pas de douleur 5ème métatarsien/naviculaire ou patellaire.
Si impotence totale, radiographie anticipée quasi systématique.
Messages Clés pour l'Entorse
Extension brutale traumatique d'un ligament.
Traitement POLICE.
Radiographie anticipée si impotence totale (validation interne du service).
Entorse du Rachis Cervical (Coup du Lapin)
Distension ligamentaire du rachis cervical.
Gravité variable (bénin à urgence chirurgicale).
Évaluation neurologique (score ASIA).
Examens Complémentaires Entorse Cervicale
Si patient stable, graduation selon score NEXUS ou C-Spine (critères d'exclusion de radiographie).
Si signes neurologiques, TDM rachidien d'emblée.
Si pas de radio ou radio normale, collier cervical mousse.
Si lésion, avis rachis (IRM pour lésion médullaire).
Luxation
Définition : Rupture de continuité entre deux surfaces articulaires.
Localisations fréquentes : Gléno-humérale (épaule) >>> doigt > patellaire > coude > hanche.
Importance d'une bonne évaluation et traitement pour éviter instabilité secondaire, arthrose, ostéonécrose, limitation d'amplitude.
Examens Complémentaires Luxation
Radiographie quasi systématique.
Scanner possible (hanche, coude...).
Recherche de fracture associée.
Recherche de lésions musculaires, neurologiques, plaie associée.
Traitement Luxation
La contracture algique réflexe maintient la luxation : antalgie ++++.
Cas de l'articulation gléno-humérale : Très fréquente (97% antérieures). Signes : Attitude du traumatisé du membre supérieur, "signe de l'épaulette", comblement delto-pectoral. Radiographie systématique. Réduction médicale.
Exemples de Contention Trauma
Coude au corps : Luxation GH, fracture humérale/claviculaire, entorse épaule, tendinopathie.
Attelle de poignet : Avec ou sans prise de pouce (si scaphoïde ou colonne du pouce).
Attelle de genou : Si entorse, contusion. Attelles articulées préférables. Attelles "Zimmer" pour lésions graves ou post-op.
Attelle de cheville "Aircast" : Entorse de cheville en inversion sans lésion osseuse.
Botte de marche : Entorses pied/cheville, arrachement osseux, fractures de bas grade.
Chaussure de Barouk : Lésions avant-pied, fractures métatarsiennes distales, orteil/hallux.
Traumatismes du Bassin
Les traumatismes du bassin sont des blessures importantes, souvent associées à des traumatismes de haute cinétique.
Définition
Direct :
Traumatisme postérieur : Lésion tissus mous, sacrum/coccyx.
Traumatisme latéral : Lésion col fémoral, trochanter, cadre obturateur.
Indirect :
Traumatisme du genou contre tableau de bord : Fracture ou luxation coxo-fémorale.
Traumatismes graves : dans 2 cas sur 3, lésions associées.
Épidémiologie
Fractures du bassin : 5% de toutes les fractures (30% isolées).
Fractures acétabulum + anneau pelvien : 1,5% des fractures adultes, 2-5% des fractures nécessitant une hospitalisation.
Présentes chez 10-20% des polytraumatisés graves.
Morbidité importante : 20% de complications post-op, 30-50% de réduction de l'autonomie, 10-30% deviennent dépendants, 25% entrent en institution dans l'année.
Mortalité : 20-24% à 1 an.
Présentation Clinique
Fracture cadre obturateur : Douleur + impotence fonctionnelle.
Fracture du col fémoral et per-trochantérienne : Raccourcissement de 3-4 cm, rotation externe, abduction du membre, impotence totale + douleur.
Prise en Charge Initiale
Antalgie.
Position d'attente : Décubitus dorsal, ceinture pelvienne en cas de traumatisme grave.
ATTENTION : Suspicion de fracture du bassin → Contre-indication du sondage urinaire avant imagerie.
Examens complémentaires.
Cas Particulier du Traumatisme Sévère non Pénétrant
Gestes d'hémostase :
Artériographie avec embolisation.
Tamponnement chirurgical pelvien pré-péritonéal de sauvetage.
Thérapeutique
Fracture du cadre obturateur : Antalgie multimodale, appui autorisé. Hospitalisation si perte d'autonomie/impotence fonctionnelle/syndrome post-chute.
Fracture du col du fémur : Traitement chirurgical (urgent), délai le plus court possible, antalgie multimodale, repos strict au lit.
Syndrome Post-Chute
Désadaptation psychomotrice, diminution des capacités fonctionnelles, troubles posturaux, troubles de la marche, augmentation du risque de nouvelle chute.
Prise en charge : Réadaptative et psychosociale.
En Pré-opératoire
Prévenir les escarres (matelas anti-escarres).
Dépister les troubles cognitifs et prévenir la confusion.
Évaluer et traiter la douleur.
Traiter les comorbidités.
Corriger une anémie (transfusion si Hb < 8 g/dL).
Prévenir les infections.
Dépister la fragilité.
Antalgie
Palier 1 : Paracétamol.
Palier 2 : Codéine, Lamaline, Néfopam.
Palier 3 : Opioïdes.
En Post-opératoire
Corriger une anémie (supplémentation fer, transfusion).
Optimiser l'hydratation et corriger les troubles électrolytiques.
Prévenir le risque thromboembolique (HBPM, contention veineuse).
Prévenir l'ischémie myocardique (poursuite anti-agrégation plaquettaire).
Prévenir les complications urinaires et les infections pulmonaires.
Prévenir les escarres, la confusion, la dépression, la dénutrition, la constipation.
Dépister les troubles de la déglutition.
Prévenir une nouvelle fracture (vitamine D, calcium, traitement ostéoporose, réduction risques de chute).
Assurer une mobilisation et rééducation précoces.
Traumatismes Thoraciques Graves
Les traumatismes thoraciques graves sont un facteur majeur de mortalité chez les polytraumatisés.
Généralités
Association de lésions : Tissulaires, vasculaires, osseuses, pleurales.
Impliqué dans 25% de la mortalité chez le traumatisé grave.
Lésions évolutives, rarement isolées.
Traumatismes pénétrants : Plaie par objet tranchant, plaie par balle.
Traumatismes non pénétrants : Compression directe, décélération, blast.
Gravité
Facteurs prédisant la gravité : Âge > 65 ans, pathologies cardio-vasculaires ou pulmonaires, troubles de la coagulation, traumatisme de forte cinétique, traumatisme pénétrant.
Éléments de gravité : > 2 fractures de côtes, détresse respiratoire clinique, détresse circulatoire.
Physiopathologie
Altération de la mécanique ventilatoire : Volet costal, fractures multiples, patient âgé.
Pneumothorax : Lacération parenchyme pulmonaire, fracture côte, rupture trachéo-bronchique.
Hémothorax : Lésion artères pariétales, lacération pulmonaire, rupture aortique.
Contusion pulmonaire : Phénomène évolutif, hémorragie intra-alvéolaire, mécanismes inflammatoires.
Contusion myocardique : Arythmie, défaillance myocardique.
Hémopéricarde.
Rupture aortique.
Rupture diaphragmatique.
Gestes Thérapeutiques
Exsufflation.
Thoracostomie : Drainage hémothorax ou pneumothorax, voie axillaire.
Thoracotomie : Abord chirurgical du thorax, thoracotomie d'hémostase, thoracotomie de ressuscitation.
Antalgie
Essentielle pour faciliter la ventilation et la récupération.
Support Ventilatoire
Ventilation non invasive : Si patient hypoxémique, VSAI-PEP (en l'absence de contre-indication).
Patient intubé : Ventilation "protectrice".
Conclusion
Un trauma thoracique grave est souvent un polytraumatisme, ne pas omettre d'autres lésions.
Pathologie évolutive avec complications à court et moyen terme.
Stratégie de prise en charge selon la stabilité du patient.
Traumatismes Abdominaux
Les traumatismes abdominaux sont des atteintes importantes entre le diaphragme et le pelvis, avec une mortalité significative.
Définition
Conséquences physiques et psychologiques d'une lésion entre le diaphragme et le pelvis.
Épidémiologie
15-20% des lésions traumatiques.
Mortalité : 20%.
Décès évitables : 1 fois sur 2.
2ème cause de décès en France chez l'adulte.
20-30% des polytraumatisés.
Étiologies
AVP.
Chutes accidentelles.
Rixe.
Activités sportives ou professionnelles.
Accidents divers.
Suicides/autolyse.
Types de Traumatismes
Fermés : Impact direct, décélération, blast, brûlures.
Ouverts : Objets contondants, vitre.
Types de Lésions
Perforations d'organes creux : Estomac, intestin grêle, côlon, duodénum, appareil urinaire.
Lésions des gros vaisseaux.
Lésions des organes pleins : Foie, reins, pancréas, rate.
Rôle de l'Infirmier (IDE)
Accueil, installation, réassurance, réchauffement.
Bilan rapide, prise de constantes (TA, FC, FR, T°, hémocue).
Préparation rapide pour chirurgie/geste interventionnel.
Travail d'équipe.
Prise en Charge Initiale
Bilan biologique +/- GDS rapide.
Surveillance hémodynamique (scope, 2 VVP, +/- transfusion, +/- amines).
Antalgie multimodale, ECG, couverture chauffante.
Interrogatoire
Mécanisme du traumatisme.
Localisation de la douleur.
Antécédents, traitements, allergies.
Signes associés : Hématurie, rectorragie.
Examen Clinique
Recherche de signes de gravité (signes de choc : tachycardie, pouls filants, extrémités froides, marbrures, TRC > 3s).
Examen abdominal : douleur, défense, contracture abdominale.
Bilan Biologique
NFS plaquettes, groupes sanguins x 2/RAI, bilan d'hémostase, bilan hépatique/lipase, ionogramme, urée, créatinine, bandelette urinaire, GDS/lactatémie, troponine, CPK.
Imagerie
Toujours penser aux polytraumatisés.
Radiographie bassin et thoracique si instabilité HD.
Échographie.
Scanner corps entier/abdominal (recherche d'hémorragie, pneumopéritoine, perforation d'organe creux).
Traitement
Si choc hémorragique non stabilisé : Pas de scanner → Bloc opératoire.
Traitement conservateur+++.
Radiologie interventionnelle+++.
Si indisponible ou dégradation clinique : Chirurgie.
Rôle IDE (Thérapeutique)
Remplissage vasculaire, acide tranexamique, transfusions, noradrénaline, antibiothérapie.
Surveillance douleur et antalgie, constante, hémocue.
Relation avec patient/famille.
Complications
Précoces : Hémorragie > coagulopathie > décès (organes pleins ou vaisseaux).
Tardives : Infections (organes creux, hémorragie initiale).
Traumatisme Ouvert
Recherche objet responsable, hémorragie extériorisée, viscères apparents.
Surveillance constantes/hémocue.
Prise en charge immédiate : Linge humide, antibiothérapie, antalgie, VAT/BHCG.
Diagnostic : Échographie, scanner abdomino-pelvien.
Traitement : Exploration au bloc opératoire même si scanner normal.
Incidence Lésion d'Organe
Rate > 50%.
Foie 30%.
Tube digestif/rein/pancréas 1-5%.
Traumatisme de la Rate
Première cause d'hémorragie.
Douleur projetée.
Traitement : Surveillance/radiologie interventionnelle/chirurgie.
Si traitement radical : Risque infection+++.
Surveillance Traumatismes Abdominaux
Constantes, température, douleur, évolution clinique, hémocue.
Reprise alimentation, transit.
Messages Clés
Risque de décès.
Prise en charge multidisciplinaire, rapide.
Complications précoces et tardives.
Surveillance ++++.
Traumatismes Crâniens
Un traumatisme crânien (TC) est un dysfonctionnement cérébral transitoire ou non, faisant suite à un traumatisme de la boîte crânienne.
Épidémiologie
Incidence annuelle : 235/100 000 habitants en Europe.
Population : Enfants < 5 ans, hommes jeunes, personnes âgées > 75 ans.
Causes majeures : Chutes, AVP, agressions.
Définitions
Score de Glasgow :
Léger : 13 à 15.
Modérée : 9 à 12.
Grave : 3 à 8.
Physiopathologie
Monitorage : Doppler transcrânien, PIC (Pression Intracrânienne).
Réaction de Cushing : Bradycardie, hypertension artérielle, bradypnée.
Types Lésionnels
Lésions cutanées : Ecchymose, plaie du scalp (stopper hémorragie).
Lésions osseuses : Fracture, embarrure, fracture du rocher, brèche ostéo-méningée.
Lésions méningées : Extra-durale, sous-durale, sous-arachnoïdienne.
Lésions cérébrales : Hématome intracérébral, lésion axonale diffuse.
Examen Clinique
Interrogatoire : Mécanisme du TC, évolution des symptômes, antécédents, traitements (anticoagulants/anti-agrégants).
Examen physique : TA, pouls, saturation, FR, T°, glycémie.
Examen neurologique complet : Examen pupillaire répété, otorrhée, rhinorrhée.
Examen du scalp, plaie.
Immobilisation cervicale +/- matelas coquille.
Traumatisme Crânien Léger et Modéré
Installation filière longue, évaluation médicale en 30 minutes.
Proclive à 30°, pansement/suture sur plaie, VAT.
Prise en charge : Surveillance pupillaire régulière, GCS, paramètres vitaux, traitement de la douleur, accès vasculaire si scanner, surveillance ACSOS.
Examens complémentaires : TDM crâne si indication, bilan biologique.
Traumatisme Crânien Grave
Transfert immédiat en salle de déchocage.
Décubitus dorsal strict + Immobilisation cervicale.
Prévention complications de décubitus, pansement/suture sur plaie.
Prise en charge : Scope, surveillance pupillaire, accès vasculaire de gros calibre, oxygénothérapie adaptée, intubation, ventilation, aspiration, surveillance ACSOS.
Examens complémentaires : TDM crâne +/- rachis, bilan biologique, GDS.
Surveillance Pupillaire
Définition : Réflexe photomoteur, reflet du fonctionnement du tronc cérébral.
Surveillance : Réactive (+)/Aréactive (-), taille. Minimum toutes les heures.
Interprétation :
Myosis bilatéral : Coma morphinique, souffrance protubérantielle.
Mydriase bilatérale : Réactive (coma toxique), aréactive (mort cérébrale).
Anisocorie : Engagement cérébral.
Traitement Spécifique
Vitamine K/CCP/Sulfate de Protamine : En cas d'hémorragie cérébrale sous anticoagulant.
Anticonvulsivants.
Osmothérapie : SSH 7,5%, Mannitol.
Prise en charge chirurgicale : Évacuation HED, selon avis neurochirurgical pour HSD, craniectomie de décompression.
Antibiothérapie : En cas de brèche ostéo-méningée.
Complications
Précoces : Œdème cérébral, convulsions, infection, hydrocéphalie.
Infectieuses : Méningite, abcès cérébral.
Secondaires : Hématome sous-dural chronique.
Séquelles : Hémiparésie, troubles du langage, paralysies, troubles intellectuels, crises d'épilepsie.
Chutes chez la Personne Âgée
La chute est un événement fréquent chez la personne âgée, avec des conséquences importantes.
Définition HAS
"Se retrouver involontairement sur le sol ou dans une position de niveau inférieur par rapport à sa position de départ."
Épidémiologie
Prévalence : 1/3 après 65 ans, 1/2 après 85 ans.
Augmente avec l'âge, l'institutionnalisation, la polymorbidité.
12 000 décès/an.
Conséquences économiques et sociales majeures : 1ère cause d'hospitalisation en Gériatrie, 1% des dépenses de santé, institutionnalisation dans 40% des cas.
Chutes à répétition : ≥ 2 chutes sur une période de 12 mois.
Après une 1ère chute : Risque de récidive x 20, > 50% récidivent dans l'année. Mortalité x 4 dans l'année.
La Marche
Nécessite l'intégrité des : Voies motrices, cérébelleuses, vestibulaires, afférences sensorielles (proprioceptives), effecteurs (muscles, tendons).
Activité motrice automatique, système antigravitaire, système d'adaptation posturale (vue, système vestibulaire, voies sensitives).
Caractéristiques de la Marche chez le Sujet Âgé
Diminution de la longueur et hauteur du pas, de la vitesse, des mouvements de balanciers des bras.
Augmentation du temps de double appui, de la variabilité du pas, des oscillations de la station debout.
Diminution des vitesses de réaction et des capacités d'adaptation.
Hypertension Orthostatique
Définition : Diminution de la PA systolique d'au moins 20 mmHg et/ou PA diastolique d'au moins 10 mmHg dans les 3 minutes suivant le passage en position debout.
Étiologies : Iatrogénie (anti-HTA, psychotropes, antiparkinsoniens), hypovolémie, neurogène (dysautonomie).
Traitements : Règles hygiéno-diététiques, éducation, bas de contention, éviction/traitement de la cause, traitement pharmacologique.
Conséquences de la Chute
Traumatismes.
Station au sol prolongée (> 1 heure) : Rhabdomyolyse, hypothermie, escarres, pneumopathies d'inhalation, déshydratation.
Syndrome Post-Chute
Urgence gériatrique.
Sidération des automatismes de l'équilibre et de la marche.
Composante motrice : Rétropulsion, hypertonie oppositionnelle ou extrapyramidale.
Composante psychologique : Phobie de la station debout, anxiété.
Réversible si prise en charge multidisciplinaire précoce.
Prise en Charge
Évaluation gériatrique complète, évaluation de la marche++, kinésithérapie motrice.
Correction/traitement des facteurs de risque modifiables : Révision de l'ordonnance, PEC nutritionnelle, déficits sensoriels, dépression, cognitive, chaussures adaptées, aide technique à la marche, aménagement du logement.
Aide à domicile, kinésithérapie, ergothérapie.
Éducation du patient pour apprendre à se relever.
Nutrition.
Conclusion
Chutes très fréquentes, sous-estimées.
Ne jamais banaliser une chute, doit être systématiquement explorée.
Rechercher critères immédiats de gravité et syndrome post-chute.
Prise en charge globale du chuteur.
Traumatismes de la Peau : Plaies & Brûlures
Les traumatismes cutanés sont fréquents aux urgences et peuvent avoir des conséquences graves.
Plaies
13% des admissions aux urgences.
Pronostic esthétique, fonctionnel, vital.
Définition : Rupture de la barrière cutanée entraînant une contamination par germes commensaux et exogènes +/- corps étrangers.
Non suturable : Cicatrisation dirigée, soins locaux.
Suturable : Parage par agrafes (scalp), colle (pédiatrie++), points de suture.
Risque infectieux+++ (désinfection, recherche CE, parage, antibiothérapie), fonctionnel (lésion structure noble), esthétique (visage).
Avis spécialisé si fracture ouverte, zone esthétique majeure, atteinte ligamentaire/tendineuse, plaie paupière/hélix.
Recherche statut vaccinal (antitétanique++) et allergies.
Antibiothérapie probabiliste si plaie profonde, atteinte structure noble, morsure, plaie souillée, terrain particulier (DT2, AOMI).
Brûlures
300 000 brûlures/an.
Types : Thermique, chimique, électrique.
Physiopathologie Brûlure
Brûlure cutanée : Évaporation d'eau, exsudation de plasma, augmentation perméabilité vasculaire, fuite d'ions/protéines, œdème extracellulaire.
Brûlure des voies aériennes : Lésion thermique directe (inhalation gaz chauds), émanations toxiques.
Penser à l'intoxication au CO et au cyanure+++.
Atteintes Systémiques & Métaboliques
Choc hypovolémique par fuite d'électrolytes et vasoplégie.
IRA sur NTA par rhabdomyolyse.
Hyperglycémie de stress.
Lésions Cutanées (Grade de Brûlure)
Peu graves (pronostic fonctionnel/esthétique peu compromis) :
1er degré : Coup de soleil. Atteinte superficielle, érythémateuse, peau intacte, pas de phlyctènes.
2ème degré superficiel : Atteinte épidermique. Lésions érythémateuses avec phlyctènes, très douloureuses. Derme rouge et vascularisé.
Graves (pronostic fonctionnel/esthétique compromis) :
2ème degré profond : Atteinte dermique. Lésions érythémateuses avec phlyctènes mais moins douloureuses. Derme blanc et non vascularisé.
3ème degré : Peau cartonnée, blanche ou noire. Vaisseaux et nerfs brûlés, absence de douleur.
Localisation : Gravité si brûlure circulaire, périnée, main, grande surface.
Lésions Respiratoires
Par lésion thermique (VAS) : Suie nez/bouche, brûlure cils/poils nez. Risque DRA haute, stridor. Intubation immédiate (difficile) ou cricothyroïdotomie.
Par émanations (VAI) : DRA (CO), œdème pulmonaire (réduction surfactant), SDRA.
Gestes de Premiers Secours
Éloigner victime de source chaleur, étouffer flammes.
Protéger, sécuriser victime et secouristes.
Refroidir la brûlure+++ pendant 20 min.
Prévenir les secours (15 & 18).
Si possible, enlever bagues, bracelets (risque œdème++).
Prise en Charge Spécifique Cutanée
Refroidissement des zones brûlées.
Grade I : Soins locaux simples (Biafine).
Grade II superficielle : Mise à plat des phlyctènes, pansement Flammazine + Tulle Gras, cicatrisation en 15-21J.
Grade II profond & III : PEC par spécialiste.
Brûlure (Aspects Spécifiques)
Penser à intoxication au CO+++ et au cyanure.
O2thérapie haute concentration +/- Cyanokit.
Amputations Traumatiques
Les amputations traumatiques sont des situations d'urgence vitale nécessitant une prise en charge rapide et multidisciplinaire.
Introduction
Motif fréquent de consultation aux urgences.
Majorité des traumatismes de membres : pas de critère de gravité.
Traumatismes sévères : prise en charge spécifique.
Définition : Perte d'une partie du corps suite à un traumatisme violent.
Importance : Prise en charge rapide et adéquate cruciale pour la survie et les chances de réimplantation.
Évaluation Initiale du Patient (ABCDE de la réanimation)
A (Airway) : Voie aérienne dégagée.
B (Breathing) : Respiration, O2 si nécessaire.
C (Circulation) : Contrôle hémorragies massives, état circulatoire.
D (Disability) : Glasgow, réponse neurologique.
E (Exposition) : Identification autres blessures.
Contrôle de l'Hémorragie
Pression directe.
Garrot : Placé 5 à 7 cm au-dessus de la blessure. Noter l'heure de pose, vérifier tension. Réévaluer intérêt et localisation.
Hémostase chirurgicale.
Gestion du Membre Amputé
Conservation du membre : Nettoyage, emballage, refroidissement, transport.
Prise en Charge Hospitalière Initiale
Réanimation continue.
Imagerie médicale : Radiographies, scanners (lésions osseuses et vasculaires).
Chirurgie d'urgence :
Débridement (nettoyage chirurgical plaie).
Réimplantation (consultation équipe chirurgie reconstructive).
Ostéosynthèse.
Antibiothérapie : Prophylactique (Augmentin ou céphalosporine, si allergies : clindamycine +/- gentamycine).
Gestion de la douleur.
Tétanos : Mise à jour vaccination.
Thromboprophylaxie médicamenteuse précoce (HBPM).
Prise en Charge à Court/Moyen Terme
Syndrome des loges : Urgence chirurgicale.
Rhabdomyolyse : Insuffisance rénale aiguë possible.
Embolie graisseuse et SDRA.
Prise en Charge Psychologique
Impact psychologique.
Intervention psychologique précoce.
Communication claire avec patient et proches.
Conclusion
Rapidité de la prise en charge.
Évaluation et surveillance régulières.
Approche multidisciplinaire.
Communication.
Polytraumatisme : Prise en Charge Pré-Hospitalière et Hospitalière
La gestion du polytraumatisé est une course contre la montre pour limiter les conséquences vitales et fonctionnelles.
Définition
Traumatisé grave : Patient ayant subi un traumatisme violent, quelles que soient les lésions apparentes.
Polytraumatisé : Au moins deux lésions dont une menace le pronostic vital.
Un traumatisé grave est hypovolémique et porteur d'une lésion du rachis jusqu'à preuve du contraire.
Mortalité et Traumatisme
1ère cause d'années de vie perdues.
1ère cause de décès chez les 15-35 ans.
Moment du décès :
H0 - H1 : 50%.
H1 - H24 : 30%.
> H24 : 20%.
Arrivée sur les Lieux
Médecin/IDE : Bilan d'ambiance, évaluation nombre de victimes, demande de renforts.
IDE : Scope, VVP, matériel proche victime.
Soins Immédiats
Stabilité rachis cervical : Minerve rigide 3 points.
Mobilisation en monobloc.
Scope, PNI, SpO2.
Apport d'O2.
Accès vasculaires (VVP, VIO).
Traitement antalgique.
Bilan biologique, ECG.
Conditionnement
Scope, 2 VVP, cathéter intra-osseux, hémocue, bilan.
Traitement Hémodynamique
Objectif PAS 80-90 mmHg (110-120 si cérébrolésé).
Remplissage vasculaire (NaCl 0,9%), Noradrénaline (sur voie dédiée).
Traitement Respiratoire
Objectif SpO2 > 90%.
Intubation oro-trachéale (axe tête-cou-tronc, intubation 4 mains).
Exsufflation, thoracostomie.
Traitement Neurologique
Coma (GCS < 9) : IOT pour protection voies aériennes.
HTIC (Hypertension Intracrânienne) : Mannitol 20%, SSI.
Prévention des ACSOS (Agression Cérébrale Secondaire d'Origine Systémique).
EtCO2 = 35-38 mmHg.
Traitement - Divers
Hémostase : Garrot, agrafes, tamponnement, Acide Tranexamique.
Orthopédie : Immobilisation, +/- traction, antibiothérapie si fracture ouverte.
Analgésie.
Lutte contre l'hypothermie.
Orientation
Trauma center : Diminue la mortalité par 3. Favoriser l'overtriage.
Facteurs de risque d'undertriage : Âge 45-54 ans, Glasgow 13-15, nuit, traumatisme pelvien.
Conclusion Prise en Charge Pré-Hospitalière
Traumatisme grave = Traumatisme violent.
Prise en charge stéréotypée et rapide.
Évaluer la gravité, PEC rapide, orientation adaptée.
"Golden Hour".
Prise en Charge Hospitalière du Polytraumatisé
La survie et le pronostic fonctionnel du polytraumatisé dépendent d'une prise en charge hospitalière standardisée et efficace.
Soins Immédiats
Stabilité rachis cervical (minerve 3 points).
Mobilisation en monobloc.
Scope, PNI, SpO2, O2.
Accès vasculaires (veines, artère).
Antalgie.
Pas de sondage urinaire si suspicion fracture du bassin.
Bilan biologique, ECG.
Anticipation
Protocole (TASH).
KT, biologie déportée (hémocue).
Bilan sanguin complet : Ionogramme, bilan hépatique, troponine, CPK, PS100, GDS, lactate, groupe sanguin et RAI, NFS, hémostase, toxiques sanguins et urinaires, alcoolémie, ß-HCG.
Lutter contre l'Hypothermie
L'hypothermie augmente : Infections, pertes sanguines, complications cardiovasculaires.
Éviter de laisser le patient découvert.
Réanimation Cardiovasculaire
Expansion volémique (pas de glucosé ni solutés hypotoniques).
Produits sanguins :
Concentrés globulaires (Hb > 7 g/dl, > 10 g/dl si TC grave). Monitorage Ca ionisé.
Plasma frais congelé (1/1 CG).
Fibrinogène (> 1.5-2 g/l).
Plaquettes (> 50 000 – 100 000/mm3).
Noradrénaline.
Attention au remplissage excessif : Provoque coagulopathie, saignement, refroidissement, syndrome du compartiment abdominal.
Objectifs Tensionnels
PAM ≥ 80 mmHg chez les patients en choc hémorragique avec TC sévère (GCS ≤ 8).
PAM de 65-70 mmHg jusqu'à l'arrêt du saignement en l'absence de TC grave.
Oxygénation
Débit inspiratoire : 15 – 60 L/min.
Imagerie
Chaque examen doit répondre à une question.
Rx Thorax/Échographie : Drainage?
Rx Bassin : Embolisation?
FAST Echo : Laparotomie?
DTC : Osmothérapie?
Bilan Osseux
Recherche de fractures, immobilisation, fixation chirurgicale secondaire.
Évolution et Surveillance
Surveillance méthodique pour détecter aggravation ou complication.
Maintenir le patient couvert, évaluer douleur régulièrement.
Régler niveau sonore alarmes, ton calme, rassurance.
Limiter éclairage.
Accompagner la famille (sans discours trop rassurant).
Conclusions Générales
Importance de la filière spécialisée.
Bilan rapide et systématique.
Prise en charge protocolisée.
Multidisciplinarité (urgentistes, anesthésistes-réanimateurs, chirurgiens, radiologues, paramédicaux).
Relation soignant-patient et soignant-famille.
Douleur Aiguë
La douleur aiguë est un signal d'alarme, dont la perception est subjective et la gestion cruciale en traumatologie.
La Douleur
Révèle une atteinte tissulaire, ischémique...
Chacun ressent la douleur différemment.
Intensité : Modérée/sévère.
Nature : Traumatique/médicale, spontanée/provoquée.
Échelles d'Auto-Évaluation
Échelle numérique.
Échelle verbale simple.
Pour les enfants : Échelle visuelle analogique.
Douleur Induite par le Soin
Anticipation essentielle.
Dépend de l'intensité du soin, de la nature du soin, et du patient.
Flux aux Urgences
Administration d'opioïdes par soignants formés, informés et disponibles.
Prise en charge de la douleur : Personnalisée (douleur + pathologie + patient + contexte).
Start a quiz
Test your knowledge with interactive questions