Principes Acide‑Base et pH
82 cardsCe cours couvre les notions fondamentales d’acidité et de basicité, incluant la définition du pH, les méthodes de mesure, les théories d’Arrhenius, Brønsted‑Lowry et Lewis, ainsi que les concepts d’ions, de couples acide‑base et d’amphotéricité.
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1. Comme une base : accepte un proton (H⁺) en présence d'un acide.
2. Comme un acide : cède un proton (H⁺) en présence d'une base.
Exemple:
Définition et Mesure du pH des Solutions Aqueuses et Théories Acido-Basiques
Le pH est une mesure fondamentale en chimie, permettant de quantifier l'acidité ou la basicité d'une solution aqueuse. Sa compréhension est cruciale dans de nombreux domaines, allant de l'agriculture à la biologie sociale. Initialement, l'acidité était évaluée de manière qualitative, mais avec le temps, la nécessité d'une quantification précise est apparue.1. Introduction et Historique des Théories Acido-Basiques
Historiquement, la classification des acides et des bases reposait sur des propriétés empiriques observables.1.1 Propriétés Empiriques des Acides et des Bases (Jusqu'au XVIIIe siècle)
- Goût : Les acides étaient caractérisés par un goût souvent aigre (vinaigre, citron), tandis que les bases avaient un goût âpre (soude caustique).
- Texture : Les bases étaient souvent savonneuses au toucher.
- Danger : Acides et bases étaient reconnus comme caustiques et corrosifs.
- Indicateurs colorés : Ils modifiaient la couleur de certains indicateurs (par exemple, les acides faisaient rougir le papier tournesol).
- Réaction de neutralisation : Les acides réagissaient avec les bases pour former des sels.
1.2 Théorie de Lavoisier (XVIIIe siècle)
Antoine Lavoisier a postulé que les acides contenaient de l'oxygène (par exemple, , ). Cette définition était valable pour de nombreux acides organiques et minéraux oxygénés, mais elle échouait à expliquer l'acidité de substances comme l'acide chlorhydrique (), qui ne contient pas d'oxygène. De plus, Lavoisier n'a pas établi de lien clair entre la présence d'oxygène et les propriétés acides.
1.3 Avancées au XIXe siècle
- En 1820, L. Davy a démontré que possédait des propriétés acides sans oxygène.
- En 1838, J. Von Liebig a observé que certains acides réagissaient avec des métaux (comme ou ) en dégageant de l'hydrogène gazeux.
Exemple: .
1.4 Théorie d'Arrhenius (Fin XIXe siècle)
Svante Arrhenius a introduit une définition plus chimique et quantitative des acides et des bases, qui lui a valu le prix Nobel de chimie en 1963.
- Un acide d'Arrhenius est une substance qui, en solution aqueuse, libère des ions hydrogène ().
Exemple : . - Une base d'Arrhenius est une substance qui, en solution aqueuse, libère des ions hydroxyde ().
Exemple : . - La neutralisation, selon Arrhenius, est la réaction entre un acide et une base qui produit un sel neutre et de l'eau, résultant en une solution dépourvue de propriétés acides ou basiques.
Cette théorie a marqué une avancée significative mais était limitée aux solutions aqueuses et à la nécessité de la présence spécifique d' et d'.
1.5 Théorie de Brønsted-Lowry (Début XXe siècle)
En 1923, Johannes Brønsted et Thomas Lowry ont proposé une théorie plus générale, s'affranchissant de la restriction aux solutions aqueuses et de la nécessité des ions .
- Un acide de Brønsted-Lowry est une espèce chimique capable de donner un proton (). Cet acide peut être une molécule neutre ou un ion.
Exemple (acide moléculaire) : .
Exemple (acide ionique) : . - Une base de Brønsted-Lowry est une espèce chimique capable d'accepter un proton (). Cette base peut être une molécule neutre ou un ion.
Exemple (base ionique) : .
Exemple (base moléculaire) : .
Les réactions acido-basiques selon Brønsted-Lowry sont des transferts de protons. Dans l'eau, un acide donne un proton à une molécule d'eau, formant un ion hydronium (, souvent simplifié en pour des raisons pratiques). De même, une base accepte un proton d'une molécule d'eau, formant un ion hydroxyde ().
1.6 Couples Acide-Base Conjugués
Selon Brønsted-Lowry, chaque acide a une base conjuguée et chaque base a un acide conjugué. Un couple acide-base conjugué est un ensemble formé par un acide et sa base conjuguée, qui ne diffèrent que par un proton.
- Si est un acide, alors est sa base conjuguée. Le couple s'écrit .
Exemple : . - Si est une base, alors est son acide conjugué. Le couple s'écrit .
Exemple : .
Exercice: Pour le couple (souvent écrit ), l'acide est l'acide carbonique et sa base conjuguée est l'ion bicarbonate .
1.7 Substances Amphotères (Ampholytes)
Certaines substances peuvent agir à la fois comme un acide et comme une base, en fonction du milieu. On les appelle des substances amphotères ou ampholytes.
- L'eau () est un exemple classique :
- Comme acide (donneur de proton), avec l'ammoniac () : . L'eau agit comme acide, donnant un proton à .
- Comme base (accepteur de proton), avec l'acide chlorhydrique () : . L'eau agit comme base, acceptant un proton de .
- L'ion hydrogénosulfate () est un autre exemple :
- Comme acide : .
- Comme base : .
1.8 Théorie de Lewis (Années 1920)
La théorie de G. W. Lewis est la plus générale des théories acido-basiques.
- Un acide de Lewis est une espèce chimique capable d'accepter un doublet d'électrons (c'est un accepteur de doublet électronique ou électrophile). Il possède souvent une lacune électronique ou des orbitales vides.
- Une base de Lewis est une espèce chimique capable de donner un doublet d'électrons (c'est un donneur de doublet électronique ou nucléophile). Elle possède généralement un doublet non liant.
Ces définitions sont plus générales car elles ne nécessitent pas la présence d'hydrogène et peuvent s'appliquer à des réactions en dehors des solvants protiques. La réaction acide-base de Lewis aboutit à la formation d'un complexe acido-basique, où les deux espèces sont liées par une liaison de coordination.
Exemple : La réaction entre (acide de Lewis, accepteur d'électrons) et (base de Lewis, donneur d'électrons) forme . Le proton est l'acide de Lewis le plus simple car il est un accepteur d'électrons ayant perdu son unique électron.
Comparaison des théories :
| Arrhenius | Brønsted-Lowry | Lewis | |
| Acide | Produit en solution aqueuse | Donneur de proton () | Accepteur de doublet d'électrons |
| Base | Produit en solution aqueuse | Accepteur de proton () | Donneur de doublet d'électrons |
| Limitation | Uniquement solutions aqueuses, ions requis | Transfert de proton essentiel | Plus générale, pas de transfert de proton requis |
| Réaction | Formation de sel et eau | Transfert de proton | Formation d'un complexe adduit |
Toutes les bases de Brønsted-Lowry sont aussi des bases de Lewis (elles possèdent un doublet non liant pour accepter un proton). Cependant, tous les acides de Brønsted-Lowry ne sont pas des acides de Lewis, et inversement.
2. Définition et Mesure du pH
2.1 La notion de pH
Le pH (potentiel hydrogène) est une mesure de l'activité des ions hydronium () dans une solution. C'est une échelle logarithmique qui permet de manipuler des concentrations d'ions qui peuvent varier sur de nombreux ordres de grandeur ( à ).
La formule du pH est définie comme :
où est la concentration molaire des ions hydronium en moles par litre ().
- Si , alors . La solution est acide.
- Si , alors . La solution est basique.
Une solution est :
- Acide si .
- Neutre si (à ).
- Basique si .
2.2 L'eau : un cas particulier et le produit ionique de l'eau ()
L'eau est une substance amphotère capable de s'autoprotolyser, c'est-à-dire de réagir avec elle-même pour former des ions et .
Même l'eau pure contient une très faible concentration de ces ions. Le produit ionique de l'eau, noté , est la constante d'équilibre de cette réaction d'autoprotolyse :
À , la valeur de est de . En eau pure, , donc , ce qui correspond à un .
dépend de la température. À , , donc le pH neutre est légèrement supérieur à 7. À , , donc le pH neutre est inférieur à 7. C'est pourquoi le pH neutre de 7 n'est valable qu'à . Le est constant pour toute solution aqueuse à une température donnée, indépendamment des autres ions présents.
2.3 Relation entre pH et concentration en ions hydroxyde (pOH)
De manière similaire au pH, le pOH est défini comme :
En utilisant la relation du produit ionique de l'eau :
En prenant le logarithme négatif de chaque côté :
À , . Donc :
(à )
Cette relation permet de passer facilement du pH au pOH et vice-versa, ou de calculer la concentration d'ions à partir du pH :
- (à )
2.4 Mesure du pH
Il existe deux méthodes principales pour mesurer le pH des solutions diluées.
- Papier pH universel :
- Principe : Il s'agit d'une bande de papier imprégnée d'un mélange d'indicateurs colorés qui changent de couleur en fonction du pH de la solution.
- Procédure : On plonge un morceau de papier dans la solution à tester et on compare la couleur obtenue avec une échelle de couleurs fournie avec le papier.
- Précision : Moins précise, généralement à 0.5 ou 1 unité de pH près. Permet une estimation rapide et qualitative (acide/basique/neutre) ou semi-quantitative.
- Avantages : Simple, peu coûteux, rapide.
- Inconvénients : Manque de précision, subjectivité de la comparaison des couleurs.
- pH-mètre :
- Principe : Un pH-mètre est un instrument électronique constitué d'une sonde (généralement une électrode de verre) qui mesure la différence de potentiel électrique entre la solution à tester et une solution de référence interne. Cette différence de potentiel est proportionnelle au pH de la solution.
- Procédure : La sonde est plongée dans la solution, et la valeur du pH est affichée directement sur un écran. Le pH-mètre doit être étalonné régulièrement avec des solutions tampons de pH connu pour assurer sa précision.
- Précision : Très précis, jusqu'à 0.01 unité de pH, voire plus.
- Avantages : Grande précision, mesure directe, moins subjectif.
- Inconvénients : Plus coûteux, nécessite un étalonnage régulier, fragilité de la sonde.
3. Calculs de pH et d'équilibres acido-basiques
Les calculs de pH peuvent devenir complexes, en particulier pour les acides et bases faibles, les mélanges et les solutions tampons. Les notes manuscrites contiennent des exemples de ces calculs.
3.1 Calcul du pH pour acides forts et bases fortes
Pour un acide fort (qui se dissocie complètement dans l'eau) :
Si la concentration initiale de l'acide est , alors (en négligeant l'autoprotolyse de l'eau si est suffisante).
Exemple : Pour une solution de , , donc .
Pour une base forte (qui se dissocie complètement dans l'eau) :
Si la concentration initiale de la base est , alors . On calcule ensuite le pOH, puis le pH.
Exemple : Pour une solution de , . . Donc .
3.2 Calcul du pH pour acides faibles et bases faibles
Pour les acides faibles et les bases faibles, la dissociation est partielle et on doit utiliser les constantes d'acidité () ou de basicité ().
Pour un acide faible :
Pour une base faible :
Les relations ou mentionnées dans les notes manuscrites semblent être des approximations ou des parties de formules plus complexes utilisées pour des calculs simplifiés, notamment pour des solutions tampons ou des cas spécifiques de l'équation de Henderson-Hasselbalch.
La relation entre et pour un couple acide-base conjugué ( ou ) est :
Ce qui, en termes de pK, donne :
(à )
4. Conclusion
L'étude des acides et des bases a évolué de simples observations empiriques vers des théories de plus en plus sophistiquées, culminant avec les définitions de Lewis, qui offrent un cadre très général pour comprendre les réactions chimiques. La mesure du pH, qu'elle soit qualitative avec le papier pH ou quantitative avec le pH-mètre, reste une technique fondamentale en chimie, permettant de caractériser l'acidité ou la basicité des solutions, essentielle pour de nombreuses applications pratiques et scientifiques.
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