Pleurésies séro fibrineuses: Notions générales

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General notions on pleurisy, pleura, pleural effusion and their causes, diagnosis, and treatment.

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Question
Quelles cellules représentent 54 % des cellules du liquide pleural normal ?
Answer
Les macrophages représentent 54 % des cellules du liquide pleural normal.
Question
Combien de lobes pulmonaires le poumon droit possède-t-il ?
Answer
Le poumon droit possède 3 lobes.
Question
Où la scissure du poumon gauche commence-t-elle ?
Answer
La grande scissure commence en regard de la 3ème vertèbre dorsale.
Question
Quel est le taux de protéines dans un épanchement pleural exsudatif ?
Answer
Supérieur à 30 g/l.
Question
Qu'est-ce que le premier stade d'une pleurésie séro-fibrineuse ?
Answer
Le premier stade est la pleurésie sèche, caractérisée par une congestion des feuillets pleuraux et une sécrétion de fibrine avec peu de liquide.
Question
Quelle est la quantité normale de liquide dans l'espace pleural ?
Answer
L'espace pleural contient normalement environ 20 ml de liquide.
Question
Quelle est la particularité des plèvres viscérales et pariétales au niveau des hiles pulmonaires ?
Answer
Les plèvres viscérales et pariétales sont unies au niveau des hiles pulmonaires.
Question
En cas de pleurésie séro-fibrineuse d'étiologie inconnue, quelle est la loi à appliquer ?
Answer
La loi de Landouzy stipule que toute pleurésie séro-fibrineuse non diagnostiquée doit être traitée comme tuberculeuse.
Question
Un épanchement intralobaire apparaît-il comme une image en fuseaux ?
Answer
Oui, un épanchement intralobaire apparaît en image en fuseaux.
Question
Quel est le signe physique principal d'un épanchement pleural liquidien ?
Answer
Le signe principal est la **ligne de Damoisin** qui matérialise le syndrome d'épanchement pleural.
Question
Quel est le principal facteur favorisant le mésothéliome pleural ?
Answer
L'exposition à l'amiante est le principal facteur favorisant le mésothéliome pleural.
Question
Où la petite scissure du poumon droit se détache-t-elle de la grande ?
Answer
La petite scissure se détache de la grande à la hauteur du 4ème espace intercostal.
Question
Quelle est la définition des pleurésies séro-fibrineuses (PSF) ?
Answer
Épanchements pleuraux liquidiens riches en albumine, exsudatifs et inflammatoires. Se caractérisent par >30 g/l de protéines et une réaction de Rivalta positive.
Question
Comment apparaît le lobe moyen droit sur un cliché de profil ?
Answer
Le lobe moyen droit apparaît antéro-inférieur sur un cliché de profil.
Question
Où les lymphatiques de la plèvre viscérale se drainent-ils ?
Answer
Les lymphatiques de la plèvre viscérale se drainent dans le système lymphatique général.
Question
Selon la loi de Starling, que sont les pressions qui s'équilibrent ?
Answer
Les pressions hydrostatiques et oncotiques s'équilibrent entre le mésothélium et le système lymphatique.
Question
Quelle est la caractéristique de la plèvre dans les pleurésies séro-fibrineuses ?
Answer
Dans les pleurésies séro-fibrineuses, la plèvre est pathologique, avec une exsudation exagérée du liquide pleural.
Question
Quelle loi régit le transfert des fluides à travers l'espace pleural ?
Answer
La loi de Starling régit le transfert des fluides dans l'espace pleural.
Question
Quelle est l'innervation sensitive de la plèvre pariétale ?
Answer
L'innervation sensitive de la plèvre pariétale est assurée par les nerfs intercostaux et le nerf phrénique.
Question
Quel espace intercostal est habituellement ponctionné ?
Answer
Habituellement, le 7ème ou 8ème espace intercostal, en longeant le bord supérieur de la côte sous-jacente.
Question
Quel est le rôle de la plasmine ?
Answer
La plasmine est une enzyme fibrinolytique qui dissout les caillots de fibrine.
Question
Quelles sont les complications évolutives possibles d'une pleurésie séro-fibrineuse ?
Answer
Les complications possibles incluent la surinfection, le pyopneumothorax, la chronicité, la pachypleurite et l'enkystement.
Question
Quel est l'aspect habituel d'une pleurésie due à un mésothéliome pleural ?
Answer
La pleurésie due à un mésothéliome est habituellement hémorragique.
Question
Comment apparaît le lobe supérieur droit sur un cliché de profil ?
Answer
À droite, le lobe supérieur apparaît en réalité antéro-supérieur sur un cliché de profil.
Question
Quel est l'aspect radiologique d'un épanchement pleural de moyenne abondance ?
Answer
Opacité dense et homogène de la base, limite supérieure concave, se prolongeant par une ligne axillaire.
Question
Comment apparaît le lobe inférieur droit sur un cliché de profil ?
Answer
Sur un cliché de profil, le lobe inférieur droit apparaît postéro-inférieur.
Question
Comment le lobe supérieur gauche apparaît-il sur un cliché de profil ?
Answer
Sur un cliché de profil, le lobe supérieur gauche apparaît antéro-supérieur.
Question
Quelle est la position du malade pour une ponction pleurale ?
Answer
Le malade est assis, légèrement penché en avant, soutenu par un oreiller sur le thorax.
Question
Quelle réaction qualitative est positive dans les pleurésies exsudatives ?
Answer
La réaction de Rivalta positive indique une pleurésie exsudative.
Question
Où se termine la grande scissure du poumon droit ?
Answer
La grande scissure du poumon droit se termine à l'union de l'extrémité antérieure de la 6ème côte et du 6ème cartilage costal.
Question
De quoi est constituée la couche superficielle de chaque feuillet pleural ?
Answer
Une couche de cellules mésothéliales (mésothelium).

Pleurésies Séro-Fibrineuses

Les pleurésies séro-fibrineuses (PSF) sont des épanchements pleuraux de nature inflammatoire, caractérisés par un liquide citrin, poisseux et riche en albumine. Elles sont fréquentes en pathologie respiratoire, leur diagnostic est souvent facilité par la clinique et la radiologie, mais leur évolution peut être marquée par des complications. Le traitement vise à la fois les symptômes et la cause sous-jacente.

1. Introduction

1.1. Intérêts de l'étude des pathologies pleurales

  • Fréquence: la pathologie pleurale est courante.

  • Diagnostic: souvent aisé, basé sur des signes cliniques et radiologiques.

  • Traitement: quasi-systématiquement symptomatique et étiologique, combinant approches médicales et chirurgicales.

  • Évolution: fréquemment émaillée de complications potentielles.

1.2. Prérequis pour l'étude

Pour appréhender ce cours, des connaissances sont nécessaires en :

  • Anatomie et histologie de l'appareil respiratoire.

  • Physiologie respiratoire.

  • Sémiologie médicale et radiologique.

  • Bactériologie et virologie.

  • Pharmacologie générale.

1.3. Objectifs pédagogiques

À l'issue de ce cours, l'étudiant doit être capable de :

  1. Définir les pleurésies séro-fibrineuses.

  2. Décrire leurs signes cliniques.

  3. Décrire leurs signes paracliniques.

  4. Conduire le diagnostic étiologique.

  5. Traiter les pleurésies séro-fibrineuses.

2. Rappel Anatomique, Histologique et Physiologique de la Plèvre

2.1. Anatomie de la plèvre

La plèvre est une séreuse composée de deux feuillets :

  • Le feuillet viscéral: recouvre le poumon, s'invagine dans les scissures.

  • Le feuillet pariétal: tapisse la cage thoracique interne.

L'espace entre les deux feuillets est normalement de $5. Ces feuillets délimitent les cavités pleurales droite et gauche, non communicantes.

2.2. Les scissures pulmonaires

Les scissures délimitent les lobes pulmonaires :

  • Scissure droite:

    • La grande scissure: débute à la 3e vertèbre dorsale, croise la ligne axillaire à la 5e côte et se termine à l'union de la 6e côte et du 6e cartilage costal.

    • La petite scissure (horizontale): se détache de la grande scissure au 4e espace intercostal et atteint le bord antérieur au 3e espace intercostal ou 4e cartilage costal.

  • Scissure gauche:

    • La grande scissure: débute entre les 3e et 4e vertèbres, croise la ligne axillaire à la 5e côte et se termine sur la ligne mamelonnaire à l'union de la 6e côte et du 6e cartilage costal.

Les grandes scissures forment un plan hélicoïdal. La projection des scissures est importante pour l'interprétation des images radiologiques :

  • Poumon droit: lobes supérieur (antéro-supérieur), moyen (antéro-inférieur), et inférieur (postéro-inférieur).

  • Poumon gauche: lobes supérieur (antéro-supérieur) et inférieur (postéro-inférieur).

2.3. Histologie de la plèvre

Chaque feuillet contient :

  • Une couche externe de cellules mésothéliales (mésothélium).

  • Des structures conjonctivo-élastiques en profondeur, richement vascularisées, notamment par des réseaux lymphatiques.

Les lymphatiques de la plèvre pariétale communiquent largement avec la cavité pleurale, tandis que ceux de la plèvre viscérale se drainent dans le système lymphatique général.

2.4. Innervation

L'innervation sensitive de la plèvre pariétale est assurée par les nerfs intercostaux et le nerf phrénique.

2.5. Physiologie de l'espace pleural

À l'état normal, l'espace pleural contient environ de liquide, avec une composition cellulaire spécifique : macrophages, lymphocytes, cellules mésothéliales, cellules en lyse. Le transfert de fluides est régulé par la loi de Starling, basée sur l'équilibre des pressions hydrostatiques et oncotiques.

La Pression Hydrostatique Moyenne (PHM) est de d'eau pour la plèvre pariétale et de d'eau pour la plèvre viscérale. Cela entraîne une filtration du liquide au niveau pariétal et une résorption à au niveau viscéral.

La plèvre a plusieurs rôles physiologiques :

  • Échanges: filtration et résorption des fluides.

  • Sécrétion: de fibrine et activation du plasminogène (rôle fibrinolytique).

  • Défense: immunologique et non immunologique (phagocytes), participation aux mouvements cellulaires.

3. Définition et Intérêt des Pleurésies Séro-Fibrineuses (PSF)

3.1. Définition

Les pleurésies séro-fibrineuses (PSF) sont des épanchements pleuraux liquidiens caractérisés par :

  • Un aspect citrin et poisseux.

  • Une richesse en albumine.

  • Elles sont de nature exsudative et inflammatoire.

  • Critères biochimiques:

    • Taux de protéines supérieur à .

    • Réaction de Rivalta positive.

3.2. Intérêts spécifiques des PSF

  • Épidémiologique: très fréquentes en pratique clinique.

  • Diagnostique: étiologies diverses, souvent dominées par la tuberculose dans certains contextes (comme le Burkina Faso).

  • Thérapeutique: le plus souvent une prise en charge locale et étiologique est nécessaire.

4. Physiopathologie des PSF

Dans les PSF, la plèvre est pathologique. Il y a une exsudation exagérée du liquide pleural due à une atteinte directe de la plèvre, ce qui entraîne une filtration accrue et une résorption diminuée.

Ceci contraste avec les transsudats, où la plèvre est saine et l'épanchement est mécanique (augmentation de la pression hydrostatique ou diminution de la pression oncotique plasmatique).

4.1. Stades d'évolution

Deux stades sont décrits :

  1. 1er stade : Pleurite ou pleurésie sèche

    • Congestion des deux feuillets pleuraux.

    • Sécrétion de fibrine.

    • Très peu de liquide.

    • Évolution rapide vers le stade suivant.

  2. 2ème stade : Épanchement développé

    • Accentuation des phénomènes inflammatoires et de l'épanchement.

    • Les patients sont généralement vus à ce stade.

5. Diagnostic des Pleurésies Séro-Fibrineuses

5.1. Contexte de découverte

La découverte d'une PSF peut se faire par :

  • Signes fonctionnels.

  • Signes généraux.

  • Parfois lors du bilan d'une maladie systémique.

  • Plus rarement, une radiographie thoracique systématique.

5.2. Signes cliniques

5.2.1. Signes fonctionnels

  • Douleurs basithoraciques latérales.

  • Toux sèche, augmentée par les changements de position (toux positionnelle), parfois douloureuse.

  • Parfois dyspnée d'effort, voire de repos (polypnée).

5.2.2. Signes généraux

  • Sueurs.

  • Fièvre.

  • Amaigrissement.

5.2.3. Signes physiques

L'examen physique doit être complet :

  • Syndrome d'épanchement pleural liquidien de moyenne abondance, caractérisé par la ligne de Damoiseau (matité).

  • Recherche de signes de mauvaise tolérance, ou de signes en rapport avec une maladie générale, infectieuse ou néoplasique.

  • La ponction pleurale (thoracocentèse):

    • Confirme le diagnostic de pleurésie.

    • Apprécie l'aspect macroscopique du liquide (citrin, sérohématique, poisseux...).

    • Elle est exploratrice et fait partie de l'examen physique, précisant les caractères du liquide et améliorant la collaboration du patient.

    • Procédure de ponction:

      • Position: patient assis, légèrement penché en avant.

      • Matériel: aiguille de gros diamètre à biseau court.

      • Préparation: prémédication (Atropine, Phénobarbital si neurotonique), asepsie rigoureuse.

      • Site: en arrière ou sur la ligne axillaire postérieure, en pleine matité, généralement au 7ème ou 8ème espace intercostal, en rasant le bord supérieur de la côte sous-jacente.

      • Prélèvement: vide à la main, aspiration avec seringue étanche. Les examens complémentaires sont effectués sur le liquide de première ponction.

5.3. Signes paracliniques

5.3.1. Imagerie

  • Radiographie thoracique standard F/P:

    • Épanchement de moyenne abondance (grande cavité):

      • Opacité dense, homogène, sans bronchogramme aérique, à la base thoracique.

      • Limite supérieure concave en haut et en dedans (ligne de Damoiseau).

      • Prolongement par une ligne bordante axillaire.

    • PSF de grande abondance:

      • Dyspnée importante au repos.

      • Déformation de l'hémithorax (voussure), diminution de l'ampliation thoracique (hypocinésie).

      • Opacité de tout un hémithorax.

      • Déplacement controlatéral du médiastin.

    • PSF d'épanchement minime:

      • Seul un effacement du cul-de-sac costodiaphragmatique.

      • Parfois visible sur le profil (postérieur).

      • Le cliché en décubitus latéral peut révéler une ligne bordante.

    • Localisations atypiques de l'épanchement:

      • Interlobaire (image en fuseau).

      • Médiastinal (élargissement du médiastin).

      • Diaphragmatique (surélévation d'une coupole).

      • Bilatéral.

  • Échographie thoracique et TDM:

    • Contribuent au diagnostic positif des formes difficiles.

    • Utiles pour le repérage et la ponction d'une pleurésie enkystée.

    • Révèlent parfois des lésions sous-jacentes.

5.3.2. Diagnostic différentiel (ponction pleurale)

La ponction permet d'éliminer les épanchements pleuraux non séro-fibrineux.

5.4. Démarche diagnostique étiologique

La démarche doit être rigoureuse, incluant :

  • Éléments de l'état civil.

  • Histoire de la maladie et antécédents personnels/familiaux (âge, profession, mode de début, signes d'accompagnement).

  • Examen clinique complet (appareil respiratoire, autres systèmes, recherche d'adénopathies, masses, atteinte d'autres séreuses, lésions cutanées).

  • Examens paracliniques complémentaires.

5.4.1. Examens paracliniques complémentaires pour le diagnostic étiologique

  • Étude du liquide pleural:

    • Cytologie (formule cytologique, numération cellulaire).

    • Chimie (protéines, glucose, LDH, ADA, amylase).

    • Bactériologie (examen direct, cultures).

    • Cytopathologie (recherche de cellules néoplasiques).

  • IDR à la tuberculine.

  • NFS-VS, CRP.

  • Tests sérologiques selon l'étiologie suspectée.

  • Fibroscopie bronchique.

  • Ponction biopsie pleurale (aiguille d'Abrams ou Castelain): rendement de selon l'étiologie.

  • Pleuroscopie avec biopsie dirigée: rendement > .

  • Médiastinoscopie en cas de lésion associée.

  • TDM et échographie: aide au repérage, détection de lésions sous-jacentes.

  • Dosage de l'adénosine désaminase (ADA).

5.4.2. Principales étiologies des PSF

5.4.2.1. Causes infectieuses

  • Pleurésies tuberculeuses ( des cas):

    • Peuvent survenir à tout âge.

    • Parfois "à frigore" (primaire).

    • Contexte évocateur: contage, absence de BCG, signes d'imprégnation tuberculeuse.

    • IDR fortement positive ou virage récent.

    • VS accélérée, hyperleucocytose avec polynucléose.

    • Radiographie: séquelles de primo-infection ou images parenchymateuses évolutives.

    • Liquide pleural: hypercellulaire (> $200undefined2 mois de (Rifampicine, Isoniazide)).

    • Embolie pulmonaire: Traitement anticoagulant.

    • Néoplasie: Antimitotiques, immunosuppresseurs.

    • Maladie parasitaire: Imidazole, niclosamide.

    • Maladie systémique: Traitement spécifique de la maladie auto-immune.

    • Infections virales: Antirétroviraux (si applicable).

    7. Conclusion

    Face à la diversité étiologique des pleurésies séro-fibrineuses, une accessibilité améliorée aux outils diagnostiques est essentielle pour un traitement précoce et adapté, afin de minimiser les séquelles et d'optimiser le pronostic du patient.

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