Physiologie respiratoire intégrée
36 cardsCe deck couvre l'organisation fonctionnelle du système respiratoire, la ventilation, la mécanique pulmonaire, les échanges gazeux, le transport de l'oxygène et du CO₂, la régulation respiratoire, la conformité et l'élasticité pulmonaires, les pathologies majeures comme l'asthme, la mucoviscidose et l'apnée obstructive, ainsi que les rôles du surfactant, du système vasculaire et des chémorécepteurs.
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Physiologie Respiratoire : Organisation et Fonctionnement
La physiologie respiratoire étudie les mécanismes permettant les échanges gazeux vitaux. Ce processus complexe se décompose en plusieurs étapes fondamentales, de l'entrée de l'air dans les poumons jusqu'à son utilisation par les cellules.
I. Organisation fonctionnelle du système respiratoire
Le système respiratoire est divisé en deux grandes zones :
- Les voies aériennes supérieures (bouche, cavité nasale, pharynx, larynx)
- Les voies aériennes inférieures (trachée, bronches, bronchioles, poumons)
La respiration englobe plusieurs sens en physiologie :
- Ventilation pulmonaire : Circulation de l'air (inspiration/expiration).
- Respiration externe : Échanges O₂/CO₂ entre poumons et capillaires pulmonaires.
- Respiration interne : Échanges O₂/CO₂ entre sang et cellules.
- Respiration cellulaire : Réaction intracellulaire d'O₂ avec des molécules organiques pour produire du CO₂ et de l'ATP.
Les voies aériennes se ramifient de la trachée (1ère division) aux bronches, puis aux bronchioles, jusqu'aux bronchioles terminales et respiratoires. Les bronchioles, dépourvues de cartilage, sont des voies compressibles dotées de muscle lisse.
II. Zones de Conduction et Respiratoire
A. Zone de Conduction
Cette zone, allant du nez aux bronchioles terminales, achemine, filtre, réchauffe et humidifie l'air. Elle est constituée de conduits rigides. L'épithélium respiratoire cilié, recouvert de mucus, piège les particules inhalées, qui sont ensuite expulsées vers le pharynx par le battement des cils. Des agents nocifs comme le tabac peuvent inhiber l'activité ciliaire. Des pathologies comme la mucoviscidose, caractérisée par un mucus épais et collant, peuvent entraver cette fonction.
B. Zone Respiratoire
C'est le lieu des échanges gazeux, comprenant les bronchioles respiratoires, les conduits alvéolaires et les alvéoles pulmonaires. Les alvéoles sont des sacs creux d'environ 300 µm de diamètre, offrant une surface totale de 80-100 m².
Les alvéoles sont composées de :
- Pneumocytes de type I (PI) : forment 95% de la paroi.
- Pneumocytes de type II (PII) : sécrètent le surfactant, un phospholipide qui réduit la tension superficielle et facilite la distension pulmonaire. Le surfactant prévient le collapsus alvéolaire, notamment dans les petites alvéoles selon la loi de Laplace ().
Un déficit en surfactant, fréquent chez les prématurés, peut entraîner une détresse respiratoire. Les alvéoles sont également entourées de fibres élastiques.
III. Vascularisation et Innervation Pulmonaire
A. Vascularisation
Les poumons reçoivent du sang via deux circulations :
- Circulation pulmonaire : Entre le cœur droit et gauche, elle assure les échanges alvéolo-capillaires. Elle est caractérisée par un volume élevé (5 L/min) et une faible pression (25/8 mmHg).
- Circulation bronchique : Fait partie de la circulation systémique, elle est nutritive (apporte du sang oxygéné aux tissus pulmonaires, sauf aux alvéoles), de petit volume mais à forte pression.
B. Innervation
Les poumons sont innervés par des neurofibres parasympathiques (bronchoconstriction) et sympathiques (bronchodilatation), ainsi que des neurofibres viscéro-sensitives.
IV. La Plèvre et la Mécanique Respiratoire
Chaque poumon est enveloppé par une plèvre, composée de feuillets viscéral et pariétal, séparés par une cavité pleurale contenant un liquide lubrifiant. La pression intrapleurale négative maintient les bronchioles ouvertes. En position debout, cette pression est plus élevée à la base (-3 cmH₂O) qu'au sommet (-10 cmH₂O) du poumon.
La ventilation est un processus cyclique impliquant l'inspiration (active) et l'expiration (passive au repos).
A. Cycle Respiratoire et Volumes Pulmonaires
Un cycle respiratoire comprend une inspiration et une expiration. Le volume courant (VT) est le volume d'air échangé à chaque respiration (500 ml au repos). La ventilation totale () est le produit du VT par la fréquence respiratoire. La ventilation alvéolaire () est la portion participant aux échanges gazeux.
Autres volumes et capacités :
- Volume de Réserve Inspiratoire (VRI) : volume supplémentaire inspiré après un VT.
- Volume de Réserve Expiratoire (VRE) : volume supplémentaire expiré après un VT.
- Volume Résiduel (VR) : volume restant après une expiration maximale.
- Capacité Vitale (CV) : somme des volumes mobilisables (VT + VRI + VRE).
- Capacité Pulmonaire Totale (CPT) : somme de la CV et du VR.
B. L'espace mort
Le volume de l'espace mort (VD) ne participe pas aux échanges gazeux. Il est de deux types :
- Espace mort anatomique : Air dans les voies de conduction.
- Espace mort alvéolaire : Alvéoles ventilées mais mal perfusées (négligeable chez le sujet sain).
C. Pressions et Lois Physiques
L'écoulement de l'air est régi par la loi de Boyle-Mariotte (), où la pression est inversement proportionnelle au volume. À l'inspiration, l'expansion thoracique diminue la pression alvéolaire, créant un gradient permettant l'entrée de l'air. À l'expiration, l'élasticité passive ramène le système, augmentant la pression alvéolaire et expulsant l'air. La pression transpulmonaire (Ptp), différence entre la pression alvéolaire (Palv) et intrapleurale (Pip), détermine la taille pulmonaire.
D. Compliance et Résistances
La compliance () mesure la distensibilité pulmonaire. Elle est élevée dans l'emphysème et basse dans la fibrose. L'élastance est l'inverse de la compliance. Les résistances des voies aériennes sont maximales dans les bronches de dimensions moyennes. Elles sont influencées par le rayon des voies aériennes, le volume pulmonaire et la bronchomotricité (contrôle nerveux et humoral).
V. Échanges Gazeux
Les échanges gazeux (diffusion) sont régis par la loi de Fick et la loi de Henry. La loi de Fick indique que le taux de diffusion est proportionnel à la surface et à la différence de concentration, et inversement proportionnel à l'épaisseur de la membrane. La loi de Henry stipule que la quantité de gaz dissous dans un liquide est fonction de sa pression partielle et de sa solubilité.
A. Échanges Alvéolo-Capillaires
Dans les alvéoles, la PO₂ est de 100 mmHg et la PCO₂ de 40 mmHg. Le sang veineux arrivant aux capillaires pulmonaires a une PO₂ de 40 mmHg et une PCO₂ de 45 mmHg. Grâce au gradient de pression, l'O₂ diffuse des alvéoles vers le sang, et le CO₂ diffuse du sang vers les alvéoles. Le CO₂ est 20 fois plus soluble que l'O₂ dans le plasma, ce qui compense son gradient de pression plus faible.
B. Échanges Tissulaires
Au niveau des tissus, la PO₂ du sang artériel est de 100 mmHg et celle des tissus est inférieure à 40 mmHg. La PCO₂ du sang artériel est de 40 mmHg et celle des tissus est supérieure à 46 mmHg. L'O₂ diffuse du sang vers les cellules, et le CO₂ des cellules vers le sang.
VI. Transport des Gaz dans le Sang
L'O₂ et le CO₂ sont transportés sous forme dissoute (faible pourcentage) et combinée à un transporteur.
A. Transport de l'O₂
Majoritairement lié à l'hémoglobine (Hb) dans les globules rouges (97%), selon la réaction . La saturation de l'Hb en O₂ () dépend de la PO₂.
L'affinité de l'Hb pour l'O₂ est influencée par le pH (effet Bohr), la température et la PCO₂. Une diminution du pH, une augmentation de la température ou de la PCO₂ déplace la courbe de dissociation de l'Hb vers la droite, favorisant la libération d'O₂ aux tissus.
Des conditions comme l'anémie ou l'intoxication au monoxyde de carbone (CO) réduisent la capacité de transport d'O₂ du sang, même si la saturation peut sembler bonne dans certains cas.
B. Transport du CO₂
Le CO₂ est transporté sous trois formes :
- Dissoute dans le plasma (7%).
- Liée à l'Hb (carbaminohémoglobine) (23%).
- Sous forme d'ions bicarbonate () (70%) après réaction catalysée par l'anhydrase carbonique. Les bicarbonates jouent un rôle tampon important. L'effet Haldane décrit l'influence de la PO₂ sur la fixation du CO₂ par l'Hb.
Un excès de CO₂ (hypercapnie) peut entraîner une acidose, perturbant le fonctionnement du système nerveux.
VII. Contrôle de la Respiration
La respiration est un acte automatique et rythmique contrôlé par des centres nerveux situés dans le tronc cérébral (pont et bulbe rachidien). Ces centres s'adaptent aux besoins de l'organisme grâce aux informations des chémorécepteurs.
A. Centres Respiratoires
- Centres pontiques (Centre apneustique, Centre pneumotaxique) : modulent l'activité des centres bulbaires.
- Centres bulbaires (Groupe Respiratoire Dorsal - GRD, Groupe Respiratoire Ventral - GRV) : responsables de l'automatisme respiratoire, ils alternent l'activation des neurones inspiratoires et expiratoires.
B. Chémorécepteurs
Ils informent les centres nerveux sur les variations du milieu :
- Chémorécepteurs périphériques (carotidiens et aortiques) : sensibles à la baisse de PaO₂, à l'augmentation de (pH bas) et à l'augmentation de PaCO₂. Ils transmettent l'information via les nerfs glossopharyngien (IX) et vague (X).
- Chémorécepteurs centraux (bulbaires) : situés près des centres respiratoires, ils détectent les variations de pH du liquide céphalorachidien (LCR) causées par la diffusion du CO₂ du sang. Ils jouent un rôle majeur dans la régulation de la PaCO₂ et de l'équilibre acido-basique.
En cas de diminution de PaO₂ ou d'augmentation de PaCO₂, ces chémorécepteurs stimulent les centres respiratoires pour augmenter la ventilation (hyperventilation), ramenant les gaz sanguins à la normale.
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