Physiologie du système urinaire
90 cardsVue d'ensemble du système urinaire couvrant l'anatomie fonctionnelle, les fonctions rénales, la formation de l'urine (filtration, réabsorption, sécrétion) et le mécanisme de la miction, incluant régulation hormonale et pathologies associées.
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Le Système Urinaire : Notes Complètes et Exhaustives
Le système urinaire est un système d'organes complexe responsable de l'épuration du sang, de la régulation de l'équilibre hydrique et électrolytique, du maintien de l'équilibre acido-basique, et de la production d'hormones essentielles. Il joue un rôle fondamental dans l'homéostasie en éliminant les déchets métaboliques tout en conservant les substances utiles à l'organisme. Ce système fonctionne en continu, traitant environ 180 litres de filtrat par jour pour produire environ 1,5 litre d'urine.
5.1. Anatomie Fonctionnelle du Système Urinaire
Configuration Générale et Localisation
Le système urinaire est composé de deux reins, de deux uretères, d'une vessie, et d'un urètre. Les reins sont des organes en forme de haricot, situés de part et d'autre de la colonne vertébrale dans la région rétropéritonéale, entre T12 et L3. Ils mesurent environ 10-12 cm de long et pèsent 150 grammes chaque. Chaque rein reçoit du sang via l'artère rénale (branche directe de l'aorte abdominale) et rejette le sang via la veine rénale qui se draine dans la veine cave inférieure.
Configuration Interne du Rein
À l'intérieur du rein, on distingue plusieurs régions anatomiques essentielles :
- Capsule rénale : une membrane fibreuse externe qui entoure le rein et le protège
- Cortex rénal : la région externe du rein contenant la majorité des glomérules et les portions initiales des tubules rénaux
- Médulla rénale : la région interne contenant les pyramides rénales (structures triangulaires) et les portions plus profondes des tubules
- Pyramides rénales : 8 à 12 structures triangulaires avec la base orientée vers le cortex et la pointe (papille) dirigée vers l'intérieur du rein. Chaque pyramide contient les portions de la boucle de Henlé et des tubes collecteurs
- Calices : structures en entonnoir qui collectent l'urine produite. Les calices mineurs (4-7) recueillent d'abord l'urine, qui s'écoule ensuite dans les calices majeurs (2-3)
- Bassinet rénal : structure d'entonnoir qui recueille l'urine des calices majeurs et la canalise vers l'uretère
Cette architecture interne est cruciale car elle permet une récupération efficace de l'urine formée dans les néphrons situés dans le cortex et la médulla.
Structure Détaillée du Néphron
Le néphron est l'unité fonctionnelle du rein. Chaque rein contient environ 1 million de néphrons. La majorité sont localisés dans le cortex, tandis que d'autres s'enfoncent profondément dans la médulla. Le néphron est composé de deux parties principales : les structures vasculaires et les structures tubulaires.
Structures Vasculaires du Néphron :
- Artériole afférente : petit vaisseau sanguin apportant le sang au glomérule. Elle a un diamètre plus large que l'artériole efférente, ce qui augmente la pression dans le glomérule
- Glomérule : un réseau de capillaires fenêtrés (poreux) où débute la filtration du plasma. Cette structure est hautement spécialisée pour permettre le passage de petites molécules et de l'eau tout en bloquant les cellules sanguines et les grosses protéines
- Artériole efférente : petit vaisseau sanguin qui sort du glomérule, avec un diamètre plus petit, permettant au sang de quitter le glomérule
- Capillaires péribulaires : réseau de capillaires entourant les tubules rénaux. Ils reçoivent les substances réabsorbées depuis les tubules et fournissent les substances à sécréter dans les tubules. Ils se regroupent ensuite en veinules
- Veinule : petit vaisseau veineux collectant le sang des capillaires péribulaires
Structures Tubulaires du Néphron :
- Capsule de Bowman : structure en double paroi entourant le glomérule. L'espace entre les deux parois reçoit le filtrat glomérulaire. Elle est tapissée de cellules podocytes spécialisées aux prolongements en forme de pince (pédicelles) qui contribuent à la barrière de filtration
- Tubule contourné proximal (TCP) : première partie du tubule rénal, hautement épithélial avec de nombreuses mitochondries indiquant une forte activité métabolique. C'est le site principal de la réabsorption active et de la sécrétion tubulaire
- Anse du néphron (Anse de Henlé) : structure en forme de U descendant dans la médulla puis remontant vers le cortex. Elle est divisée en branche descendante (perméable à l'eau, imperméable aux ions) et branche ascendante (imperméable à l'eau, perméable aux ions)
- Tubule contourné distal (TCD) : deuxième partie du tubule dans le cortex. Il contient des cellules principales sensibles aux hormones aldostérone et ADH
- Tube collecteur : les derniers 2-3 cm du néphron où l'ADH exerce son effet majeur sur la réabsorption de l'eau. Plusieurs tubules distaux se vident dans un même tube collecteur
Appareil Juxtaglomérulaire
L'appareil juxtaglomérulaire est une structure spécialisée située à la jonction entre l'artériole afférente et le TCD. Il comprend :
- Cellules juxtaglomérulaires : situées dans la paroi de l'artériole afférente, ces cellules secretent la rénine en réponse à une baisse de la pression artérielle ou de la concentration de sodium
- Macula densa : région spécialisée du TCD contenant des cellules sensibles à la concentration de sodium et à la pression
Cette structure joue un rôle crucial dans la régulation de la pression artérielle via le système rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA).
5.2. Fonctions Principales des Reins
Épuration du Plasma
Les reins éliminent les déchets non volatiles produits par le métabolisme. Ces déchets incluent :
- Urée : produit principal du catabolisme des protéines et des acides aminés
- Acide urique : produit du catabolisme des acides nucléiques
- Créatinine : produit du catabolisme de la créatine phosphate (du muscle)
- Substances étrangères : médicaments, toxines, agents de contraste
- Ions excédentaires : sodium, potassium, chlore, phosphate, sulfate
Cette fonction d'épuration est vitale car l'accumulation de ces déchets serait toxique. La créatinine, par exemple, est un marqueur de la fonction rénale : sa concentration sanguine élevée indique une insuffisance rénale.
Équilibre Hydrique et Électrolytique
Les reins maintiennent un équilibre précis entre les apports et les pertes d'eau :
- Apports d'eau quotidiens : 2,2 litres (1,9 L par boisson et nourriture + 0,3 L par métabolisme cellulaire)
- Pertes d'eau quotidiennes : 2,2 litres (1,5 L par urine + 0,9 L par peau et poumons + 0,1 L par fèces)
Les reins ajustent l'excrétion d'eau via :
- Osmolarité du filtrat : une osmolarité élevée attire l'eau vers le rein, augmentant l'excrétion
- Hormone antidiurétique (ADH) : sécrétée par la neurohypophyse en réponse à une augmentation de l'osmolarité sanguine, elle augmente la réabsorption d'eau
- Aldostérone : sécrétée par la zone glomérulée du cortex surrénalien en réponse à une baisse de sodium ou une augmentation de potassium, elle augmente la réabsorption de sodium (et secondairement d'eau)
L'équilibre électrolytique est tout aussi critique. Les reins maintiennent :
- Sodium (Na) : 135-145 mmol/L (principal cation du liquide extracellulaire)
- Potassium (K) : 3,5-5 mmol/L (principal cation intracellulaire)
- Chlore (Cl) : 98-106 mmol/L (principal anion extracellulaire)
- Calcium et Phosphate : régulés via la vitamine D et la parathormone
En régulant le volume sanguin via la rétention ou l'élimination d'eau et de sodium, les reins jouent également un rôle majeur dans la régulation de la pression artérielle.
Équilibre Acido-Basique
Les reins participent à la régulation du pH sanguin (7,35-7,45) en :
- Sécrétant des ions hydrogène (H) : surtout au niveau du TCD et du tube collecteur, permettant l'excrétion d'un acide
- Réabsorbant et formant du bicarbonate (HCO) : permettant de régénérer les réserves tampons
Cette fonction est détaillée dans le chapitre suivant sur l'équilibre acido-basique mais elle est fondamentale pour comprendre le rôle complet du rein.
Production d'Hormones
Les reins produisent trois hormones majeures :
- Rénine : produite par les cellules juxtaglomérulaires en réponse à :
- Une baisse de la pression artérielle (détectée par barorécepteurs dans l'artériole afférente)
- Une baisse de la concentration de sodium (détectée par la macula densa)
- Une stimulation du système nerveux sympathique
La rénine active le système rénine-angiotensine-aldostérone, qui augmente la pression artérielle et la rétention de sodium.
- Calcitriol (1,25-dihydroxyvitamine D) : le rein complète la conversion de la vitamine D en sa forme hormonale active. Le calcitriol :
- Augmente l'absorption intestinale du calcium
- Augmente la réabsorption rénale du calcium
- Stimule la libération du calcium osseux en cas de hypocalcémie
La conversion du calcitriol est stimulée par l'hormone parathyroïdienne (PTH) en cas d'hypocalcémie et par le FGF23 (fibroblast growth factor 23) en cas d'hyperphosphatémie.
- Érythropoïétine (EPO) : produite par les cellules interstitielles du cortex rénal en réponse à l'hypoxie. L'EPO :
- Stimule la prolifération et la maturation des érythrocytes dans la moelle osseuse
- Augmente l'affinité de l'hémoglobine pour l'oxygène (indirectement)
- Représente environ 90% de la production d'EPO du corps
L'insuffisance rénale chronique entraîne une anémie en grande partie due à la baisse de production d'EPO.
5.3. Formation de l'Urine
L'urine est formée selon trois processus successifs et interdépendants : la filtration glomérulaire, la réabsorption tubulaire, et la sécrétion tubulaire. Ces trois mécanismes transforment 180 litres de filtrat par jour en environ 1,5 litre d'urine.
5.3.1. Filtration Glomérulaire
La filtration glomérulaire est le passage passif d'eau et de molécules depuis le glomérule vers la capsule de Bowman. C'est une filtration non sélective basée sur la taille des molécules et sur les forces de pression, mais elle est hautement sélective sur le plan électrique.
Ce qui passe normalement dans le filtrat :
- Eau
- Glucose (important : devrait être réabsorbé ultérieurement)
- Acides aminés (idem)
- Urée, acide urique, créatinine
- Ions (sodium, chlore, bicarbonate, etc.)
- Molécules de petite taille (< 5 nm)
Ce qui ne passe PAS normalement :
- Cellules sanguines (érythrocytes, leucocytes, thrombocytes) : leur présence indique une hématurie, signe d'une lésion glomérulaire
- Grosses protéines sanguines (albumine, globulines, fibrinogène) : leur présence indique une protéinurie ou albuminurie, signe d'une perturbation de la barrière de filtration
- Molécules liées aux protéines
La Barrière de Filtration
La barrière de filtration glomérulaire est composée de trois couches :
- Endothélium fenêtré : les cellules endothéliales du capillaire glomérulaire contiennent des pores (fenestrations) de 60-100 nm de diamètre, permettant le passage de l'eau et des petits solutés mais pas des cellules
- Membrane basale : structure acellulaire composée de collagène de type IV et de protéoglycanes (notamment l'héparane sulfate chargé négativement). Cette couche :
- Filtre par taille : les molécules > 5 nm ne passent généralement pas
- Filtre par charge : les molécules anioniques sont repoussées, ce qui crée une barrière supplémentaire aux protéines sanguines (chargées négativement)
- Podocytes : cellules épithéliales spécialisées avec des prolongements appelés pédicelles qui s'entrelacent, créant les fentes de filtration (environ 6-10 nm). Les podocytes synthétisent également la membrane basale
L'intégrité de cette barrière est cruciale. Les maladies atteignant les podocytes (syndrome néphrotique, diabète) ou la membrane basale (glomérulonéphrite) entraînent une protéinurie importante.
Mécanismes de Filtration : Loi des Capillaires
La filtration est régie par la loi de Starling : la pression nette de filtration est la différence entre les forces qui favorisent la filtration (pressions hydrostatiques) et celles qui la bloquent (pressions oncotiques).
Où :
- PH = pression hydrostatique
- PO = pression oncotique (colloïde-osmotique)
- g = glomérule
- c = capsule de Bowman (ou liquide interstitiel pour comparaison)
Au niveau du glomérule :
- Pression hydrostatique glomérulaire (PHg) : 55 mm Hg (favorise la filtration)
- Pression oncotique glomérulaire (POg) : 30 mm Hg (s'oppose à la filtration, due aux protéines sanguines)
- Pression hydrostatique capsulaire (PHc) : 15 mm Hg (s'oppose à la filtration)
- Pression oncotique capsulaire (POc) : 0 mm Hg (pas de protéines dans le filtrat)
Pression nette de filtration :
Cette pression nette positive de 10 mm Hg favorise la filtration.
Débit de Filtration Glomérulaire
Le débit de filtration glomérulaire (DFG) est la quantité de filtrat formée par unité de temps :
- DFG normal : 120-125 mL/min chez l'adulte jeune
- Volume de filtrat quotidien : 120 mL/min × 1440 min/jour = 172 800 mL ≈ 180 litres/jour
- Volume final d'urine : environ 1,5 litre/jour (soit moins de 1% du filtrat initial !)
Cela signifie que 99% du filtrat est réabsorbé, ce qui souligne l'importance cruciale de la réabsorption tubulaire.
Régulation de la Filtration Glomérulaire
Plusieurs mécanismes régulent le DFG :
- Autorégulation myogénique :
- Une augmentation de la pression sanguine systémique entraîne une augmentation de la pression dans l'artériole afférente
- Cette augmentation étire la paroi vasculaire, ce qui déclenche une vasoconstriction réflexe de l'artériole afférente
- Cela ramène la pression glomérulaire et le DFG à la normale
- Cette autorégulation est efficace pour les pressions systoliques entre 80 et 180 mm Hg
- Feedback tubuloglomerulaire :
- La macula densa du TCD détecte la concentration de sodium et chlore dans le filtrat
- Une concentration élevée (indiquant un DFG élevé) stimule les cellules juxtaglomérulaires à sécréter de l'adénosine
- L'adénosine provoque une vasoconstriction de l'artériole afférente, réduisant le DFG
- Une concentration basse fait l'opposé : vasodilatation et augmentation du DFG
- Régulation neuroendocrine :
- Système nerveux sympathique : la stimulation sympathique provoque une vasoconstriction de l'artériole afférente, réduisant le DFG et la diurèse (utile en situation de stress ou d'hémorragie)
- Angiotensine II : produite par le système rénine-angiotensine-aldostérone, elle provoque une vasoconstriction plus prononcée de l'artériole efférente que de l'artériole afférente, réduisant légèrement le DFG
- Prostaglandines : produites localement, elles provoquent une vasodilatation de l'artériole afférente, augmentant le DFG (effet compensatoire)
- Monoxyde d'azote (NO) : produit par l'endothélium, il cause une vasodilatation, augmentant le DFG
Comparaison avec d'autres Tissus
Contrairement aux autres tissus où la filtration se produit au pôle artériel (entrée) et la réabsorption au pôle veineux (sortie), le rein est unique :
| Structure | Rein (Glomérule/Capsule) | Capillaires Systémiques |
| PH côté artériel | 55 mm Hg (glomérule) | 35 mm Hg |
| PO côté artériel | 30 mm Hg (glomérule) | 30 mm Hg |
| PH côté veineux | 17 mm Hg (capsule) | 17 mm Hg |
| PO côté veineux | 0 mm Hg (capsule) | 5 mm Hg |
| PNF | 10 mm Hg (favorise filtration) | Côté artériel: +5 mm Hg; Côté veineux: -5 mm Hg |
Cette différence explique pourquoi le rein est spécialisé dans la filtration massive, tandis que les capillaires systémiques réabsorbent en général plus qu'ils ne filtrent.
5.3.2. Réabsorption Tubulaire
La réabsorption tubulaire est le passage de molécules et d'eau depuis les tubules vers les capillaires péribulaires. C'est un processus sélectif et hautement régulé qui récupère les substances utiles au corps. Environ 99% de l'eau et 99% du glucose filtrés sont réabsorbés.
Pourcentages de réabsorption majeurs :
- Glucose : 100% (complètement réabsorbé au niveau du TCP)
- Acides aminés : 100% (réabsorbés au niveau du TCP)
- Eau : 99% (85% au niveau du TCP et de l'anse, 14% au niveau du TCD et du tube collecteur)
- Sodium : 99% (réabsorbé de manière variable selon les besoins)
- Potassium : 99% (réabsorbé initialement, puis partiellement sécrété au niveau du TCD)
- Chlore : 99% (suit passivement le sodium)
- Bicarbonate : 100% (réabsorbé au niveau du TCP)
- Urée : 50% (réabsorbée au niveau du TCP et du tube collecteur)
Réabsorption du Glucose
Le glucose est un excellent exemple de réabsorption sélective. Malgré sa filtration dans le filtrat glomérulaire, le glucose ne devrait jamais être présent en quantités significatives dans l'urine normale (< 100 mg/jour).
Mécanisme de réabsorption :
- Transport actif secondaire (cotransport Na/glucose) au niveau de la membrane apicale (côté filtrat) du TCP :
- Le gradient de Na créé par la pompe Na/K-ATPase (transport actif primaire) fournit l'énergie
- Le cotransporteur SGLT1 (Sodium-Glucose Linked Transporter 1) couple le flux entrant de Na à celui du glucose
- Pour chaque glucose réabsorbé, 2 sodium entrent dans la cellule
- Diffusion facilitée au niveau de la membrane basolatérale (côté sang) du TCP :
- Le glucose est transporté du cytoplasme vers le liquide interstitiel via le transporteur GLUT2
- Ce transport est passif (favorisé par le gradient de concentration)
Capacité limitée de transport (Tmax) :
La réabsorption du glucose dépend du nombre de cotransporteurs disponibles. Une fois que tous les cotransporteurs sont saturés, aucun glucose supplémentaire ne peut être réabsorbé.
- Concentration sanguine normale de glucose : 70-100 mg/dL
- Seuil rénal : environ 180 mg/dL
- Au-delà de cette concentration, la filtration dépasse la capacité de réabsorption
- Le glucose excédentaire apparaît dans l'urine = glycosurie
- Tmax (charge maximale) : environ 375 mg/min ou 375 mg/jour
- Déterminé par le nombre de cotransporteurs (environ 400 000 par rein)
- Peut augmenter légèrement avec l'entraînement prolongé
Réabsorption du Sodium
Le sodium est réabsorbé de manière active au niveau du tubule contourné proximal via la pompe Na/K-ATPase :
- Cette pompe consomme 1 ATP pour transporter 3 Na hors de la cellule et 2 K dans la cellule
- Elle maintient une concentration basse de Na intracellulaire (environ 12 mmol/L vs. 145 mmol/L extracellulaire)
- Cet abaissement intracellulaire crée un gradient électrochimique favorable pour l'entrée du sodium depuis le filtrat via divers transporteurs
Réabsorption de l'Eau
L'eau est réabsorbée selon deux mécanismes distincts :
1. Réabsorption obligatoire (ou passive) de l'eau :
- Localisation : tubule contourné proximal et branche descendante de l'anse de Henlé
- Mécanisme : osmose simple
- La réabsorption active du sodium crée un gradient osmotique (augmentation de la concentration du liquide interstitiel)
- L'eau sort passivement du tubule pour équilibrer l'osmolarité
- Les aquaporines (AQP1) sont constitutives (toujours présentes) dans ces segments
- Cette réabsorption représente 85% de la réabsorption totale d'eau (environ 127 litres/jour)
- Conséquence : le filtrat reste isotonique au plasma après le TCP
2. Réabsorption facultative (hormonalement régulée) de l'eau :
- Localisation : tubule contourné distal et tube collecteur
- Régulation par l'aldostérone au niveau du TCD :
- L'aldostérone est une hormone stéroïde sécrétée par le cortex surrénalien
- Elle se fixe à des récepteurs cytoplasmiques dans les cellules principales du TCD
- Elle augmente la transcription et la traduction de nouveaux canaux sodiques épithéliaux (ENaC) et de pompes Na/K-ATPase
- Elle augmente donc la réabsorption de sodium (et secondairement d'eau par osmose)
- Elle augmente aussi la sécrétion de potassium (couplée à la réabsorption de sodium)
- Régulation par l'ADH au niveau du tube collecteur :
- L'ADH (vasopressine, hormone antidiurétique) est une neurohormone sécrétée par la neurohypophyse
- Elle est sécrétée en réponse à une augmentation de l'osmolarité plasmatique (> 280 mOsm/kg) ou une baisse de la pression artérielle
- Elle se fixe à des récepteurs V2 à la surface basolatérale des cellules du tube collecteur
- Elle active un système de signalisation intracellulaire impliquant l'AMPc et la protéine kinase A
- Elle provoque l'exocytose des vésicules contenant les aquaporines AQP2 (canaux d'eau régulés) vers la membrane apicale
- Les aquaporines augmentent la perméabilité à l'eau de la membrane apicale de 10 à 20 fois
- L'eau se réabsorbe par osmose, guidée par l'hyperosmolarité du liquide interstitiel (créée par l'anse de Henlé)
- Le résultat est une urine concentrée (osmolarité jusqu'à 1200 mOsm/kg)
Le Rôle Crucial de l'Anse de Henlé dans l'Hyperosmolarité Médullaire
L'anse de Henlé crée un gradient osmotique médullaire qui est essentiel pour la concentration de l'urine. Ce système de multiplication contracourant fonctionne comme suit :
- Branche descendante :
- Perméable à l'eau
- Imperméable aux ions (pas de pompes actives)
- L'eau sort par osmose en réponse à l'hyperosmolarité du liquide interstitiel médullaire
- L'osmolarité du filtrat augmente progressivement, atteignant jusqu'à 1200 mOsm/kg au fond de la boucle
- Branche ascendante :
- Imperméable à l'eau (pas d'aquaporines)
- Contient des pompes Na/K-ATPase dans sa paroi
- Réabsorbe activement le sodium (25-30% du sodium filtré)
- Réabsorbe aussi le chlore et le potassium passivement
- Le filtrat devient hypotonique (dilué) en sortant de l'anse
- Elle est parfois appelée le "segment dilutant"
- Gradient osmotique généré :
- L'osmolarité du liquide interstitiel augmente progressivement du cortex (300 mOsm/kg) à la papille rénale (jusqu'à 1200 mOsm/kg)
- Ce gradient est maintenu par la disposition contracourant des branches descendante et ascendante
- La branche ascendante "multiplie" le petit gradient initial créé à chaque niveau
Vue d'Ensemble de la Réabsorption Tubulaire
Cette vue d'ensemble montre comment chaque segment du néphron contribue de manière coordonnée à la réabsorption sélective :
- TCP : réabsorption de la majorité des nutriments (glucose, acides aminés), de l'eau, du sodium, et une partie de l'urée
- Anse de Henlé : création du gradient osmotique via réabsorption de sodium et chlore en branche ascendante, et réabsorption d'eau en branche descendante
- TCD : réabsorption hormonalement régulée de sodium (par aldostérone) et d'une petite quantité d'eau
- Tube collecteur : réabsorption hormonalement régulée d'eau (par ADH), finition de la concentration de l'urine
5.3.3. Sécrétion Tubulaire
La sécrétion tubulaire est le passage actif de molécules depuis le sang péritubulaire ou le cytoplasme des cellules tubulaires vers la lumière des tubules. C'est un processus complémentaire à la filtration qui permet d'éliminer des substances non filtrées ou partiellement réabsorbies.
Avantages de la sécrétion :
- Permet l'excrétion de molécules trop volumineuses pour être filtrées (ex : pénicilline, molécules de 70 kDa)
- Offre un contrôle précis de l'excrétion par rapport à la réabsorption
- Permet de secreter des molécules produits par le métabolisme cellulaire
- Régule les niveaux d'ions dans le corps (K, H, NH)
Substances sécrétées :
- Ions :
- Potassium (K) : sécrété au niveau du TCD et du tube collecteur, régulé par l'aldostérone (augmente la sécrétion), le pH, et la concentration plasmatique de K
- Ions hydrogène (H) : sécrétés au niveau du TCD et du tube collecteur, impliqués dans la régulation acido-basique
- Ammonium (NH) : forme tamponnée de l'ammoniaque, important pour l'élimination de l'acide
- Chlore (Cl) : peut être sécrété ou réabsorbé selon les besoins
- Molécules organiques :
- Acide urique : un tiers est filtré, un tiers est réabsorbé, un tiers est sécrété
- Creatinine : environ 5-10% est sécrété en plus de la filtration
- Acides organiques : divers acides produits par le métabolisme
- Médicaments et toxines :
- Pénicilline : sécrétée activement via transporteurs de sécrétion
- Probenecide : un uricosurique utilisé pour traiter la goutte qui inhibe la réabsorption de l'acide urique
- Autres antibiotiques : ampicilline, céfalosporines
- Colorants : utilisés en imagerie diagnostique
- Poisons : mercure, arsenic
Mécanismes de sécrétion :
- Transport actif : utilise l'énergie de l'ATP (primaire ou secondaire)
- Antiports : échange d'une molécule contre une autre (ex : antiport Na/H)
- Symports : transport de deux molécules dans la même direction (ex : cotransport)
Applications Cliniques : Les Diabètes
Le Diabète Sucré (Type 1 et Type 2)
Le diabète sucré se caractérise par une hyperglycémie chronique (concentration sanguine de glucose > 180 mg/dL). Cela a des conséquences importantes sur la fonction rénale :
- Dépassement du seuil rénal :
- Normalement, le seuil rénal est d'environ 180 mg/dL
- En cas d'hyperglycémie, la concentration plasmatique dépasse ce seuil
- La quantité de glucose filtrée dépasse la capacité de réabsorption
- Résultats :
- Glycosurie : présence de glucose dans les urines (glucose urinaire > 100 mg/jour). C'est un signe important qui aide au diagnostic du diabète sucré
- Diurèse osmotique : le glucose qui reste dans la lumière des tubules attire l'eau par osmose (la glucose est une molécule osmotiquement active)
- Cela provoque une rétention d'eau dans les tubules
- L'eau n'est pas réabsorbée et demeure dans la lumière
- Cela augmente le volume de l'urine produite = polyurie (production d'urine abondante, > 2-3 litres/jour)
- Symptômes résultants :
- Polyurie (mictions fréquentes et abondantes)
- Polydipsie (soif intense), car la perte d'eau dans l'urine augmente la concentration du plasma (augmentation de l'osmolarité)
- Amaigrissement (en cas de diabète type 1 mal contrôlé), car le glucose ne peut pas être utilisé et les réserves adipeuses sont mobilisées
Le Diabète Insipide
Contrairement au diabète sucré (qui implique l'hyperglycémie), le diabète insipide est caractérisé par une incapacité à concentrer l'urine, résultant d'un défaut du système ADH-aquaporine.
Étiologies :
- Diabète insipide central (neurohypophysaire) :
- Défaut de sécrétion d'ADH par la neurohypophyse
- Causes : tumeur hypophysaire, traumatisme crânien, chirurgie, sarcoïdose, tuberculose
- Traitement : supplémentation en ADH (desmopressine)
- Diabète insipide néphrogénique :
- Les reins ne répondent pas à l'ADH
- Causes génétiques : mutations du gène du récepteur V2 de l'ADH ou du gène AQP2 (aquaporine-2)
- Le récepteur V2 est une protéine G couplée impliquée dans la détection de l'ADH
- Le gène AQP2 code l'aquaporine-2 intracellulaire
- Causes acquises : lithium (médicament), hydronéphrose, hypercalcémie
- Traitement : augmentation de l'apport en eau, diurétiques thiazidiques, AINS
Conséquences du diabète insipide :
- Polyurie extrême : 15-20 litres/jour (vs. 1,5 L chez une personne saine)
- Urine diluée : osmolarité basse (50-100 mOsm/kg vs. 300-1200 mOsm/kg normal)
- Polydipsie compensatrice : soif intense pour compenser la perte d'eau
- Risque de déshydratation : si l'apport en eau ne compense pas les pertes
- Symptômes : fatigue, irritabilité, incapacité à concentrer l'urine
Médicaments et Substances à Effet Diurétique
Un diurétique est une substance qui augmente la diurèse (volume d'urine excrété) et donc diminue le volume sanguin. Les diurétiques sont utilisés pour traiter :
- L'hypertension artérielle (HTA)
- L'insuffisance cardiaque congestive (ICC)
- L'œdème pulmonaire aigu
- La cirrhose hépatique avec ascite
Caféine :
- Mécanisme 1 : Augmentation de la filtration glomérulaire
- La caféine est un vasodilatateur qui élargit l'artériole afférente du rein
- Cela augmente la pression glomérulaire et donc le DFG
- Plus de filtrat = plus d'urine
- Mécanisme 2 : Diminution de la réabsorption de sodium
- La caféine réduit la réabsorption du sodium au niveau du TCP
- Moins de sodium réabsorbé = moins d'eau réabsorbée par osmose
- Effet net : léger effet diurétique, produisant environ 10-20% plus d'urine
- Autres effets : stimulation du système nerveux central (vigilance, énergie)
Alcool :
- Mécanisme primaire : inhibition de la sécrétion d'ADH
- L'alcool supprime la libération d'ADH par la neurohypophyse
- Sans ADH, les aquaporines ne s'insèrent pas dans la membrane apicale du tube collecteur
- L'eau n'est pas réabsorbée efficacement
- Le tube collecteur produit une urine très diluée
- Effet net : augmentation significative de la diurèse (20-30% plus d'urine)
- Conséquence : déshydratation possible, d'où la soif et la sécheresse buccale après consommation d'alcool
5.4. La Miction
La miction est le processus de vidange de la vessie et d'excrétion de l'urine. Contrairement à la formation continue de l'urine, la miction est un processus intermittent impliquant une coordination complexe entre la système nerveux et les muscles de la paroi vésicale et des sphincters.
Anatomie Fonctionnelle de la Vessie
La Vessie
- Capacité normale : 400-600 mL (capacité maximale : jusqu'à 1 litre)
- Structure : sac musculaire composé de trois couches :
- Muqueuse (épithélium urothélial)
- Muscle lisse (détrusor)
- Séreuse
- Muscle vésical (détrusor) : compose les trois couches musculaires (longitudinale, circulaire, diagonale), permettant des contractions complètes et efficaces
- Innervation : fournie par le système nerveux parasympathique (S2-S4 via le nerf pelvien) et sympathique (L1-L2 via le nerf hypogastrique), ainsi que somatique (S2-S4 via le nerf purien)
Les Sphincters de l'Urètre
La continence urinaire dépend de deux sphincters avec des natures musculaires et innervations différentes :
1. Sphincter Interne (Sphincter de la Membrane Urétrale)
- Localisation : jonction vésicourtérale, entourant l'urètre proximal
- Composition : muscle lisse
- Innervation : système nerveux autonome
- Système nerveux sympathique (L1-L2) : maintient la contraction tonique (fermeture)
- Système nerveux parasympathique : détend le sphincter (ouverture)
- Contrôle : involontaire (réflexe spinal)
- Rôle : première barrière, contribue à la continence au repos
2. Sphincter Externe (Sphincter Urétral Membraneux)
- Localisation : entoure l'urètre membraneux, situé dans le périnée
- Composition : muscle strié (squelettique)
- Innervation : système nerveux somatique (S2-S4 via le nerf pudendal)
- Contrôle : volontaire (sous contrôle cortical du cerveau)
- Rôle : deuxième barrière, permet le contrôle volontaire conscient
- Activation : contraction réflexe lors du remplissage (réflexe de Barrington) et relaxation volontaire lors de la miction
Mécanorécepteurs Vésicaux
La paroi de la vessie contient des mécanorécepteurs (terminaisons nerveuses sensorielles) qui détectent l'étirement de la paroi :
- Récepteurs à adaptation lente : détectent le volume et maintiennent un signal continu
- Récepteurs à adaptation rapide : détectent les changements de volume
- Seuil de sensation : 150-200 mL d'urine
- Seuil de besoin pressant : 200-400 mL d'urine
- Seuil maximal tolérable : 400-600 mL d'urine
Phases de la Miction
1. Phase de Remplissage (Entre les Mictions)
- État du muscle vésical (détrusor) : relâché (relâchement)
- État des sphincters : tous deux contractés (fermés)
- Sphincter interne : contraction tonique passive
- Sphincter externe : contraction réflexe
- Résultat : urine s'accumule dans la vessie sans fuite (continence)
- Accommodation vésicale : la pression intra-vésicale augmente très peu malgré l'augmentation du volume (grâce à la capacité d'expansion de la paroi et à l'accommodation de ses récepteurs), maintenant une pression faible
2. Phase d'Attaque (Initiation de la Miction)
Lorsque la vessie contient 200-400 mL, les mécanorécepteurs déclenchent une boucle réflexe médullaire :
- Afférence sensorielle : les mécanorécepteurs envoient des signaux sensoriels via les nerfs pelviens parasympathiques vers la moelle épinière sacrée (S2-S4)
- Traitement spinal : la moelle épinière reçoit ce signal et déclenche immédiatement :
- Efférence motrice parasympathique :
- Excitation du détrusor via les nerfs pelviens parasympathiques
- Le neurotransmetteur acétylcholine se fixe aux récepteurs muscariniques M3 sur les cellules musculaires lisses
- Le muscle détrusor se contracte
- Relâchement du sphincter interne via les nerfs pelviens parasympathiques
- L'inhibition des neurones sympathiques déjà actifs
- La baisse de la tonique sympathique permet le relâchement du sphincter interne
- Excitation du détrusor via les nerfs pelviens parasympathiques
- Contrôle volontaire : en parallèle, les signaux afférents montent aussi jusqu'au cortex cérébral (centre de la miction), où :
- Si la personne choisit de laisser la miction se produire : elle relâche volontairement le sphincter externe (inhibition des neurones somatiques)
- Si la personne choisit d'inhiber la miction : elle contracte volontairement le sphincter externe, ce qui bloque la reflex (contrôle cortical > reflex spinal)
3. Phase d'Expulsion
- Contractions du détrusor : augmentent progressivement, provoquant une augmentation de la pression intra-vésicale
- Relâchement du sphincter interne : complété, urètre proximal s'ouvre
- Relâchement volontaire du sphincter externe : la personne relâche intentionnellement le sphincter externe
- Flux d'urine : l'urine sort à travers l'urètre proximal maintenant ouvert (débitmaximal : 20-30 mL/s)
- Feedback positif : l'écoulement d'urine stimule les mécanorécepteurs urétraux, amplifier les contractions détrusor
- Fin du processus : une fois la vessie vide, les contractions cessent et les sphincters se ferment à nouveau
Circuits Neurologiques de la Miction
La miction implique une coordination entre plusieurs niveaux du système nerveux :
- Moelle épinière (S2-S4) : centre réflexe fondamental
- Pont (Pons) - Centre de la Miction : région spécialisée du tronc cérébral contenant :
- Noyau pontique du centre de miction (NPMC) : reçoit les signaux afférents de la moelle épinière et coordonne la réponse motrice
- Il intègre les signaux afférents et décide de l'activation ou de l'inhibition de la miction
- Cortex cérébral : permet le contrôle volontaire
- Corticorecepción des signaux d'urgence mictionnelle en provenance du pont
- Inhibition consciente du relâchement du sphincter externe (maintien de la continence)
- Initiation volontaire de la miction (relaxation du sphincter externe)
- Système limbique : aspects émotionnels de la miction (anxiété peut inhiber, relaxation peut faciliter)
Développement du Contrôle Mictionnel
Le développement du contrôle de la miction suit un schéma developmental bien défini :
- 0-2 ans : miction entièrement involontaire, purement réflexe (via la moelle épinière)
- 2-3 ans : le cortex cérébral se développe et commence à acquérir un contrôle sur le sphincter externe (acquisition de la propreté)
- > 3-4 ans : le contrôle volontaire est généralement établi, la propreté diurne et nocturne est obtenue
- Note : l'énurésie nocturne (incontinence nocturne) est normal jusqu'à 5-6 ans
Application Clinique : L'Incontinence Urinaire
L'incontinence urinaire est la perte involontaire d'urine. Elle peut survenir à plusieurs stades de la vie et pour de nombreuses raisons :
Causes chez l'enfant :
- Énurésie primaire : l'enfant n'a jamais acquis le contrôle mictionnel complet
- Peut être due à un retard dans la maturation neurologique
- Facteurs génétiques (30% des cas ont des antécédents familiaux)
- Facteurs émotionnels ou psychologiques
- Apnée du sommeil chez l'enfant
- Énurésie secondaire : l'enfant a préalablement acquis le contrôle puis l'a perdu
- Causée par des facteurs émotionnels (divorce, naissance d'une fratrie, stress scolaire)
- Infection urinaire
- Problèmes neurologiques
Causes chez l'adulte :
- Incontinence d'effort : fuite d'urine lors d'une augmentation de la pression intra-abdominale
- Causes : toux, éternuement, rire, exercice physique
- Mécanisme : affaiblissement du sphincter externe ou du plancher pelvien
- Plus fréquent chez la femme (surtout après accouchement vaginal) et chez l'homme après prostatectomie
- Incontinence d'urge : envie irrépressible d'uriner suivi de fuite involontaire
- Causes : hyperactivité du détrusor, lésions neurologiques (AVC, Parkinson, SLA)
- Mécanisme : contractions involontaires du détrusor non inhibées par le cortex
- Incontinence mixte : combinaison d'incontinence d'effort et d'urge
- Rétention d'urine avec débordement : incapacité à vider complètement la vessie, causant des fuites par débordement
- Causes : hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), sténose urétrale, dysfonction détrusor
Incontinence chez la Personne Âgée :
- Prévalence : augmente considérablement après 75 ans (30-50% des personnes institutionnalisées)
- Mécanismes sous-jacents :
- Diminution de la taille de la vessie : la capacité fonctionnelle diminue de 30-50%
- Résultat : besoin plus fréquent d'uriner (mictions fréquentes)
- Diminution du tonus vésical : le détrusor devient moins efficace
- La contraction devient plus faible et moins coordonnée
- Vidange incomplète (résidu post-mictionnel élevé)
- Augmentation de la mobilité urétrale : relâchement du plancher pelvien
- Résultat : incontinence d'effort
- Diminution de la production d'ADH nocturne : augmentation du volume d'urine produit la nuit
- Résultat : nycturie (besoin de se lever la nuit pour uriner, normalement > 2 fois/nuit est anormal)
- Troubles neurologiques : démence, accident vasculaire cérébral, neuropathie
- Perte du contrôle cortical sur la miction réflexe
- Troubles médicaux : diabète, insuffisance cardiaque, apnée du sommeil
- Médicaments : diurétiques, antidépresseurs, benzodiazépines
- Diminution de la taille de la vessie : la capacité fonctionnelle diminue de 30-50%
- Types courants chez les personnes âgées :
- Incontinence d'urge (plus fréquente chez la femme âgée)
- Incontinence d'effort (chez la femme)
- Incontinence par débordement (chez l'homme, souvent due à l'HBP)
- Incontinence mixte
Résumé Intégré du Système Urinaire
Le système urinaire fonctionne selon un processus continu et hautement régulé :
- Formation de l'urine : par trois processus complémentaires (filtration, réabsorption, sécrétion) dans les néphrons, transformant 180 L de filtrat en ~1,5 L d'urine
- Régulation hormonale : l'aldostérone et l'ADH ajustent la réabsorption d'eau et de sodium selon les besoins de l'organisme
- Accumulation : l'urine s'accumule dans la vessie jusqu'à atteindre un volume de 200-400 mL
- Miction : par une boucle réflexe médullaire coordonnée avec le contrôle volontaire cortical, l'urine est évacuée
- Fonctions homéostatiques :
- Épuration des déchets métaboliques
- Régulation de l'équilibre hydrique et électrolytique
- Régulation de la pression artérielle
- Régulation de l'équilibre acido-basique
- Production d'hormones (rénine, calcitriol, EPO)
Le système urinaire est fondamental pour la survie, assurant que l'organisme élimine les déchets toxiques tout en conservant précisément l'eau, les électrolytes, et les nutriments nécessaires au bon fonctionnement physiologique.
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