Pharmacologie des anesthésiques locaux

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Pharmacologie des anesthésiques locaux: mécanismes, utilisations et toxicité.

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Question
Quel est le mécanisme d'action principal des anesthésiques locaux (AL)?
Answer
Ils bloquent de manière réversible la conduction nerveuse en inhibant les canaux sodiques voltage-dépendants.
Question
Quelles sont les deux grandes familles chimiques d'anesthésiques locaux?
Answer
Les aminoesters (ex: procaïne, tétracaïne) et les aminoamides (ex: lidocaïne, bupivacaïne).
Question
Quelle propriété physico-chimique détermine principalement la puissance d'un AL?
Answer
La liposolubilité. Une liposolubilité élevée favorise la diffusion à travers la membrane nerveuse et augmente la puissance.
Question
Quelle propriété détermine principalement la durée d'action d'un AL?
Answer
La liaison aux protéines plasmatiques. Une forte liaison prolonge la présence de l'AL près de son site d'action.
Question
Quelle forme de l'AL (ionisée ou non) traverse la membrane nerveuse?
Answer
La forme non ionisée (base, lipophile) traverse la membrane lipidique pour atteindre le cytoplasme.
Question
Quelle forme de l'AL est active sur le canal sodique?
Answer
La forme ionisée (cationique) se lie à la face interne du canal sodique pour exercer son effet bloquant.
Question
Comment le pKa d'un AL influence-t-il son délai d'action?
Answer
Un pKa proche du pH physiologique (~7.4) assure un délai d'action plus court car une plus grande fraction est non ionisée.
Question
Quel est l'ordre de blocage des fibres nerveuses par les AL?
Answer
Fibres B (sympathique) -> fibres C et Aδ (douleur, température) -> Aβ (tact) -> fibres Aα (motricité).
Question
Comment sont métabolisés les anesthésiques locaux de type aminoamide?
Answer
Ils subissent un métabolisme par les enzymes hépatiques (cytochromes P450). L'insuffisance hépatique augmente la toxicité.
Question
Comment sont métabolisés les anesthésiques locaux de type aminoester?
Answer
Ils sont rapidement hydrolysés par les pseudocholinestérases plasmatiques.
Question
Quel est l'effet de l'ajout d'adrénaline à une solution d'anesthésique local?
Answer
Elle provoque une vasoconstriction, ce qui ralentit l'absorption de l'AL, prolonge la durée du bloc et diminue la toxicité systémique.
Question
Quels sont les premiers signes d'une toxicité neurologique aux AL?
Answer
Signes subjectifs comme un goût métallique, des paresthésies péribuccales, des acouphènes et des troubles visuels.
Question
Quelle est la principale différence de toxicité entre la bupivacaïne et la lidocaïne?
Answer
La bupivacaïne est connue pour sa cardiotoxicité élevée, alors que la toxicité de la lidocaïne est d'abord neurologique.
Question
Quel est le traitement spécifique d'un arrêt cardiaque lié à la toxicité des AL?
Answer
La réanimation cardiopulmonaire (RCP) associée à l'administration IV d'une émulsion lipidique à 20% (Intralipide®).
Question
Pourquoi l'usage de la lidocaïne en rachianesthésie est-il déconseillé?
Answer
À cause du risque de provoquer un syndrome de la queue de cheval, une complication neurologique grave.
Question
Quelle est la dose unique maximale de bupivacaïne sans adrénaline?
Answer
La dose maximale recommandée est de 150 mg, soit environ 2 mg/kg.
Question
Quelle est la dose unique maximale de lidocaïne avec adrénaline?
Answer
La dose maximale peut être augmentée jusqu'à 7 mg/kg grâce à l'effet vasoconstricteur de l'adrénaline.
Question
Citer deux contre-indications absolues à l'utilisation des anesthésiques locaux.
Answer
Allergie vraie documentée, épilepsie non contrôlée, ou un trouble majeur de la conduction intracardiaque.
Question
Pourquoi ne faut-il pas injecter un AL dans une zone infectée ou inflammatoire?
Answer
Le pH acide du tissu réduit l'efficacité de l'AL (moins de forme non ionisée) et augmente le risque de diffusion de l'infection.
Question
Quel est l'effet de la clonidine comme adjuvant aux AL?
Answer
Elle augmente l'effet analgésique et prolonge la durée du bloc sensitif et moteur, surtout par voie péridurale ou rachidienne.
Question
Qu'est-ce qui caractérise la structure bipolaire des anesthésiques locaux?
Answer
Ils possèdent un pôle lipophile (noyau aromatique) et un pôle hydrophile (amine), reliés par une liaison ester ou amide.
Question
Quel anesthésique local est aussi un antiarythmique de classe Ib?
Answer
La lidocaïne est utilisée pour traiter et prévenir les arythmies ventriculaires.
Question
Que signifie la tachyphylaxie dans le contexte des AL?
Answer
C'est la diminution de l'efficacité de l'anesthésique lors d'administrations répétées ou continues, nécessitant d'augmenter les doses.
Question
Quel est le but du test d'aspiration avant l'injection d'un AL?
Answer
Vérifier l'absence de sang pour s'assurer de ne pas être dans un vaisseau et prévenir une injection intravasculaire accidentelle.
Question
Quel adjuvant opioïde est synergique avec les anesthésiques locaux?
Answer
La morphine ou ses dérivés, qui augmentent la puissance et la durée de l'analgésie, notamment par voie intrathécale.
Question
Que signifie l'acronyme EMLA?
Answer
Eutectic Mixture of Local Anesthetics. C'est un mélange de prilocaïne et lidocaïne pour anesthésie cutanée topique.
Question
Quel métabolite des AL de type ester est associé à des réactions allergiques?
Answer
L'acide para-aminobenzoïque (PABA). Les vraies allergies aux anesthésiques locaux restent cependant extrêmement rares.
Question
Quel est l'effet dose-dépendant de la lidocaïne sur le système nerveux central?
Answer
À faible dose, elle est anticonvulsivante, mais à dose élevée, elle devient proconvulsivante.
Question
Quelle est l'action vasculaire prédominante de la lidocaïne?
Answer
Elle provoque une vasodilatation au site d'injection, contrairement à d'autres AL comme la ropivacaïne ou la mépivacaïne.
Question
Comment prévient-on un surdosage en anesthésiques locaux?
Answer
En respectant les posologies, en injectant lentement et de façon fractionnée, et en maintenant un contact verbal avec le patient.
Question
Outre les canaux sodiques, quels autres canaux les AL bloquent-ils à haute dose ?
Answer
À des concentrations toxiques, ils bloquent aussi les canaux calciques et potassiques, contribuant à la toxicité systémique, notamment cardiaque.
Question
Quel risque présente un déficit génétique en pseudocholinestérases ?
Answer
Il augmente le risque de toxicité systémique avec les AL de type ester en raison d'un métabolisme ralenti.
Question
Que faire en cas d'allergie à un AL de type amide ?
Answer
Utiliser un anesthésique de type ester. Il n'y a pas de réaction allergique croisée entre les deux familles.
Question
Quel AL présente une cardiotoxicité intermédiaire entre lidocaïne et bupivacaïne ?
Answer
La ropivacaïne. Sa toxicité cardiaque est moindre que celle de la bupivacaïne mais supérieure à celle de la lidocaïne.
Question
Quel est l'effet respiratoire dose-dépendant de la lidocaïne ?
Answer
À faible dose, elle stimule la respiration (tachypnée), mais à dose élevée, elle provoque une dépression respiratoire.
Question
Qu'est-ce que le syndrome d'irritation radiculaire transitoire ?
Answer
Une douleur des membres inférieurs après rachianesthésie, réversible en quelques jours et plus fréquente avec la lidocaïne.
Question
Citer une contre-indication métabolique spécifique à la lidocaïne.
Answer
La porphyrie est une contre-indication spécifique à l'utilisation de la lidocaïne.
Question
Pourquoi l'injection d'AL avec adrénaline est-elle déconseillée aux extrémités ?
Answer
Pour éviter un risque de vasoconstriction excessive et de nécrose ischémique (doigts, orteils, verge).
Question
Quel est l'effet des benzodiazépines sur la toxicité neurologique des AL ?
Answer
Elles diminuent le risque de convulsions en augmentant le seuil de toxicité neurologique des anesthésiques locaux.
Question
Quel anesthésique local est contre-indiqué en cas de méthémoglobinémie congénitale ?
Answer
La prilocaïne, car elle peut induire ou aggraver une méthémoglobinémie.
Question
Answer
Question
Comment l'éthylisme chronique affecte-t-il l'efficacité des anesthésiques locaux de type amide ?
Answer
Il peut diminuer leur efficacité et leur durée d'action en raison d'une induction des enzymes métaboliques hépatiques.

Pharmacologie des Anesthésiques Locaux

Les anesthésiques locaux (AL) sont des agents qui bloquent de façon réversible la conduction nerveuse. Ils sont principalement utilisés pour l'anesthésie locale et locorégionale, agissant en bloquant les canaux ioniques sodiques impliqués dans la transmission de l'influx nerveux.

Structure et Propriétés Physico-chimiques

Classification

Les AL se répartissent en deux familles chimiques distinctes selon la nature du lien entre le noyau aromatique et la chaîne intermédiaire :

  • Aminoesters : Exemple : tétracaïne, procaïne, cocaïne.

  • Aminoamides : Exemple : lidocaïne, mépivacaïne, bupivacaïne, lévobupivacaïne, ropivacaïne.

Structure Générale

La structure des anesthésiques locaux comporte trois parties :

  • Un cycle benzène (groupe lipophile).

  • Une liaison ester (-COO-) ou amide (-NHCO-) qui unit les deux extrémités par une chaîne carbonée.

  • Une amine ternaire (groupe hydrophile).

Propriétés des AL

  • Ce sont des molécules bipolaires et des bases faibles.

  • Ils possèdent un pKa proche du pH physiologique, ce qui détermine le degré d'ionisation et la rapidité d'action.

  • La forme non ionisée diffuse plus facilement à travers la membrane cellulaire lipidique.

  • La forme ionisée se lie au récepteur intramembranaire pour bloquer le canal sodique.

Propriétés comparatives (Lidocaïne vs Bupivacaïne)

Propriétés

Lidocaïne

Bupivacaïne

pKa

7,8

8,1

Liposolubilité (octanol/eau)

43

346

Liaison protéique

65%

95%

Poids moléculaire

234

288

Délai d’action

10-20 min

15-30 min

Durée d’action

90-120 min

150-180 min

  • La puissance est liée à la liposolubilité (plus élevée pour la bupivacaïne).

  • La durée d'action est déterminée par la fixation protéique (plus élevée pour la bupivacaïne et ropivacaïne).

Mécanisme d'Action

Conduction Nerveuse

La conduction nerveuse est un processus physiologique où l'influx nerveux se propage le long de l'axone grâce aux modifications de perméabilité de la membrane cellulaire nerveuse, notamment l'entrée de sodium qui entraîne une dépolarisation cellulaire (de -70 à +35 mV).

Bloc de Conduction

Les AL agissent en bloquant les canaux sodiques voltage-dépendants (également calciques et potassiques) de manière réversible, empêchant leur ouverture et ainsi la transmission de l'influx nerveux. Il s'agit d'un effet stabilisant membranaire.

Ordre de Blocage des Fibres Nerveuses

Les AL bloquent plus facilement les fibres nerveuses par ordre croissant de diamètre :

  1. Fibres B (système sympathique).

  2. Fibres C et Aδ (sensibilité thermoalgique).

  3. Fibres Aβ (sensibilité épicritique).

  4. Fibres Aα (motricité).

La régression du bloc se fait en sens inverse.

Facteurs Influençant l'Action des AL

Propriétés Essentielles des AL

  • Liposolubilité : Détermine la puissance du bloc et la diffusion.

  • Fixation protéique : Influence la durée d'action en diminuant la fraction libre.

  • Degré d'ionisation (pKa) : Détermine le délai d'action.

Délai d'Action

  • Plus le pKa est proche du pH ambiant, plus la forme non ionisée prédomine, favorisant une diffusion rapide (ex: lidocaïne).

  • Plus le pKa est élevé, plus la fraction ionisée est importante, ce qui allonge le délai d'action (ex: bupivacaïne).

  • La liposolubilité influence également le délai d'action.

Puissance du Bloc

  • La liposolubilité est l'élément déterminant, en facilitant la diffusion.

  • La liaison aux protéines diminue la fraction libre.

  • Un poids moléculaire élevé ralentit la diffusion.

  • Une concentration accrue facilite le blocage des grosses fibres.

Durée d'Action

Dépend de :

  • L'affinité de l'AL pour le récepteur.

  • La rapidité de la métabolisation.

  • Le site d'injection et la vascularisation.

  • Les propriétés vasoactives propres du produit.

Adjuvants

  • Adrénaline (5µg/ml) :

    • Provoque une vasoconstriction, ralentit l'absorption, abaisse la concentration plasmatique, intensifie et prolonge l'effet anesthésique. L'effet est plus marqué avec des agents de courte durée comme la lidocaïne et chez les enfants.

  • Clonidine (0,5-1µg/kg) :

    • Augmente la durée et la qualité de l'analgésie en péridurale et rachidienne et prolonge le bloc de 30 à 50%. Elle a une propriété analgésique propre.

  • Morphiniques :

    • Action synergique avec les AL, augmentant la puissance et la durée du bloc.

Pharmacocinétique

Métabolisme

Le métabolisme des AL diffère selon leur type :

  • AL de type ester :

    • Métabolisés par les pseudocholinestérases plasmatiques et les acétylcholinestérases érythrocytaires.

    • Le métabolite, l'acide para-aminobenzoïque, est théoriquement associé à des réactions allergiques (rares).

  • AL de type amide :

    • Métabolisés par les enzymes hépatiques (cytochrome P450). La lidocaïne produit des métabolites actifs et toxiques.

Comparaison Lidocaïne vs Bupivacaïne

Caractéristiques

Lidocaïne

Bupivacaïne

Cinétique

Triphasique

Triphasique

T ½ d’élimination

2 h

3,5 h

Volume de distribution

1,3 l/kg

3 l/kg

Fixation protéique

65%

95%

Passage BFP

Oui

Faible

Métabolisme

Hépatique: CyP450 (métabolites actifs et toxiques)

Hépatique: CyP450 (métabolites moins toxiques)

Élimination

Urinaire

Urinaire

Résorption / ALR

↑Rapide, ↓avec la graisse

↑Rapide, ↓avec la graisse

Enfant

Absorption rapide+++

+

Pharmacodynamie et Toxicité

Action Cardiovasculaire

  • Effets cardiaques :

    • Lidocaïne : Antiarythmique à dose normale, inotrope négatif à dose élevée.

    • Bupivacaïne : Pro-arythmogène, inotrope négatif, peut causer des tachycardies, fibrillation ventriculaire (FV), bradycardie. Sa cardiotoxicité est plus marquée que les autres AL.

    • Lévobupivacaïne et Ropivacaïne : Cardiotoxicité moindre que la bupivacaïne, mais supérieure à la lidocaïne pour la ropivacaïne.

  • Effets vasculaires :

    • La lidocaïne a une action vasodilatatrice.

    • La bupivacaïne, mépivacaïne et ropivacaïne ont une action moins vasodilatatrice.

  • Manifestations de surdosage cardiovasculaire : ESV, ESSV, hypotension, dépression myocardique, arythmies (bradyarythmies, tachycardie ventriculaire, FV). Ces arythmies peuvent être réfractaires aux antiarythmiques habituels. En cas d'arrêt cardio-respiratoire, un massage cardiaque externe (MCE) et de l'Intralipide 20% sont indiqués.

Toxicité Musculaire

Diffusion des AL au niveau des masses musculaires peut entraîner une faiblesse musculaire légère à modérée, avec une récupération en 3 à 4 semaines.

Toxicité Respiratoire

  • Bupivacaïne : Dépression respiratoire, hypotonie musculaire.

  • Lidocaïne :

    • À faibles doses : stimulation (tachypnée, ↑VT).

    • À doses élevées : dépression respiratoire, hypotonie musculaire.

    • Action locale : bronchodilatation.

    • Peut diminuer la réponse ventilatoire à l'hypoxie et les réflexes oropharyngés.

Toxicité Neurologique

  • Lidocaïne :

    • Concentration neurologique toxique à partir de 1,6 µg/ml.

    • Peut causer des étourdissements, vertiges, dysesthésies péribuccales et linguales, troubles visuels, acouphènes, tremblements, convulsions, troubles de la conscience, coma, arrêt respiratoire.

    • Le syndrome de la queue de cheval est lié à l'utilisation de Lidocaïne en rachianesthésie.

    • Le syndrome d'irritation radiculaire transitoire (douleur post-rachianesthésie) survient dans 20% des cas avec la lidocaïne et 1% avec la bupivacaïne.

  • Ropivacaïne : Concentration neurologique toxique à 2,2 µg/ml.

  • Concentration plasmatique et effets neurologiques :

    • < 4 µg/ml : analgésie, action anticonvulsivante.

    • > 8 µg/ml : confusion, délire, logorrhée, tremblement, convulsions, coma, arrêt respiratoire.

  • Des lésions neurologiques permanentes sont possibles en cas d'injection sous-arachnoïdienne.

Utilisation Clinique

Présentations (chlorhydrate)

Les AL sont disponibles sous diverses formes :

  • Lidocaïne : Injectables (1%, 2%, adrénalinée), non injectables (gel, spray), crèmes (EMLA).

  • Bupivacaïne : Injectables (0,25%, 0,5%, adrénalinée), formes hypobares (4ml à 5mg/ml) et hyperbares.

  • Ropivacaïne : Polyampoules de 10 ml et 20 ml (0,2%, 0,75%, 1%).

Indications et Posologies Maximales

  • Lidocaïne :

    • Sans adrénaline : 5 mg/kg.

    • Avec adrénaline : 7 mg/kg.

  • Bupivacaïne :

    • Sans adrénaline : 2 mg/kg.

    • Avec adrénaline : 3 mg/kg.

    • Dose intra-thécale hyperbare : 10 à 12 mg.

  • Ropivacaïne :

    • Péridurale chirurgicale (0,75% ou 1%) : 15-20 ml.

    • Blocs périphériques (0,75% ou 0,5%) : 30-40 ml.

    • Péridurale obstétricale (0,2%) : bolus 8-10 ml + sufentanil 10µg puis 4-8 ml/h.

Doses Uniques et 24h maximales

Dose unique

Dose / 24h (si utilisation continue ALR)

Lidocaïne

500 mg

Mépivacaïne

400 mg

Bupivacaïne

150 mg (2 mg/kg)

400 mg (5,5 mg/kg)

L-Bupivacaïne

idem

idem

Ropivacaïne

225 mg (3 mg/kg)

800 mg (11 mg/kg)

Contre-indications

Contre-indications générales

  • Allergie aux aminoamides (tous).

  • Porphyrie (lidocaïne).

  • Troubles de conduction intracardiaque (tous).

  • Épilepsie non contrôlée (tous).

  • Antécédent d'hyperthermie maligne (tous).

  • Absence de matériel de réanimation.

  • Méthémoglobinémie congénitale (Prilocaïne).

Contre-indications spécifiques (formes adrénalinées)

  • Zones infectées ou inflammatoires.

  • Anesthésie en bague des extrémités (doigts, verge).

  • Administration intraveineuse.

  • Hypertension artérielle.

  • Drépanocytose.

  • Trouble constitutionnel ou acquis de la coagulation.

Effets secondaires

  • Nausées, vomissements.

  • Allergies (rares).

  • Troubles de la conduction, du rythme cardiaque, collapsus.

  • Troubles neurologiques (plus typiques à la lidocaïne).

  • Toxicité cardiaque (plus marquée pour la bupivacaïne).

  • Effets fœtaux : convulsions, bradycardie, apnée.

  • Tachyphylaxie.

  • Effets locaux : vacuolisation de la gaine nerveuse, névrite.

Interactions Médicamenteuses

  • Adjuvants : Adrénaline, clonidine, morphine (voir section "Adjuvants").

  • Potentialisation de la dépression respiratoire et cardiaque avec les anesthésiques généraux.

  • Potentialisation des curares.

  • Potentialisation des effets des antiarythmiques.

  • Diminution de la durée d'action et de la toxicité avec les benzodiazépines, les barbituriques et la chlorpromazine.

  • Diminution de l'activité chez l'éthylique chronique.

Prise en Charge d'une Intoxication aux Anesthésiques Locaux

Signes d'intoxication

  • Signes subjectifs : Goût métallique, paresthésies buccales et linguales, bourdonnements d'oreille, flou visuel, vertiges, confusion.

  • Signes objectifs : Frissons, secousses musculaires, trémulations, convulsions, coma.

  • Toxicité cardiaque : Troubles du rythme.

  • Toxicité neurologique : Convulsions, coma (surtout ropivacaïne en IV), syndrome de la queue de cheval (lidocaïne en intrathécal), irritation nerveuse (paresthésies péri-nerveuses).

Mesures de prise en charge

  1. Réanimation classique :

    • Liberté des voies aériennes supérieures (VAS) + oxygène pur.

    • Benzodiazépines IV en cas de convulsions.

    • Adrénaline + MCE en cas d'arrêt cardiaque.

    • Voie veineuse périphérique (VVP) avec prélèvement + remplissage si hypotension.

  2. Intralipide : 3 mg/kg en bolus, puis 0,5-1 mg/kg/min pendant deux heures.

  3. Hospitalisation en unité de soins intensifs (SI) avec surveillance et monitorage.

Prévention de la Toxicité

  • Choix de l'AL adapté à l'indication.

  • Vitesse d'injection lente.

  • Respecter les standards : VVP, monitorage, drogues de réanimation, matériel de réanimation.

  • Maintenir le contact verbal avec le patient.

  • Effectuer un test d'aspiration avant injection.

  • Utiliser un neurostimulateur et/ou une échographie pour les blocs nerveux périphériques.

Conclusion

Le choix de l'anesthésique local est dicté par l'indication. Plus un AL est puissant, plus sa toxicité est élevée. L'utilisation d'adjuvants peut réduire les doses d'AL nécessaires, diminuer le délai d'action, augmenter la durée et la qualité du bloc, et réduire les effets indésirables.

Médecin anesthésiste réanimateur / DARU-CHUO

ISAR 1 – Décembre 2025

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