Panorama de la pensée économique : des précurseurs à nos jours

32 cards

Synthèse des concepts clés, auteurs et citations de l'histoire de la pensée économique.

32 cards

Review
Question
AUTEUR : Aristote, « Les politiques »
Answer
Distingue la sphère économique de la sphère politique, analyse la 'chrématistique' (l'art d'acquérir des richesses) et défend la propriété privée.
Question
AUTEUR : Thomas More, « L'utopie » (1516)
Answer
Propose une société idéale socialiste fondée sur l'abolition de la propriété privée, le travail obligatoire et la communauté des biens.
Question
AUTEUR : Adam Smith, « La richesse des nations » (1776)
Answer
Père de l'économie classique. Théories de la 'main invisible', de la division du travail comme source de productivité, et des avantages absolus dans le commerce international.
Question
AUTEUR : Jean-Baptiste Say, « Traité d'économie politique » (1803)
Answer
Célèbre pour sa 'loi des débouchés' ('toute offre crée sa propre demande'), qui postule l'impossibilité des crises de surproduction générales.
Question
AUTEUR : Friedrich Hayek, « La route de la servitude » (1944)
Answer
Critique de la planification et du socialisme. Défend l''ordre spontané' du marché comme mécanisme supérieur de coordination de l'information.
Question
CITATION : « Vos moutons si doux d'habitude deviennent féroce [...] les grands propriétaires chassent tout le monde, démolissent les fermes, détruisent les villages... »
Answer
Thomas More, « L'utopie »
Question
CITATION : « On peut fort à propos maintenir, contre l'opinion d'Aristote et Xénophon, que l'on ne peut diviser l'économie de la politique »
Answer
Antoine de Montchrestien
Question
CITATION : « Les revenus des oisifs sont en réalité un prélèvement sur le travail »
Answer
Adam Smith
Question
CITATION : « Toute offre crée sa propre demande »
Answer
Jean-Baptiste Say (Loi de Say)
Question
CITATION : « J'ai toujours voulu être détective, j'ai réussi en étant économiste »
Answer
Claudia Goldin
Question
AUTEUR : Karl Marx, « Le capital » (1867)
Answer
Analyse le capitalisme à travers la lutte des classes. Développe les concepts de plus-value (exploitation des travailleurs) et de baisse tendancielle du taux de profit.
Question
AUTEUR : Saint Thomas d'Aquin, « Somme théologique »
Answer
Introduit la distinction entre justice distributive et commutative, condamne le prêt à intérêt (usure) et analyse les 'vices cachés', préfigurant les asymétries d'information.
Question
AUTEUR : John Maynard Keynes, « Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie » (1936)
Answer
Révolutionne la macroéconomie avec le principe de la demande effective. L'État doit intervenir pour soutenir la demande et lutter contre le chômage de sous-emploi.
Question
AUTEUR : Claudia Goldin, « The Quiet Revolution » (2006)
Answer
Analyse la participation des femmes au marché du travail, montrant une évolution en 'courbe en U' au cours de l'histoire économique.
Question
CITATION : « Il n'y a de richesses ni de force que d'Hommes »
Answer
Jean Bodin
Question
CITATION : « Vendre une marchandise plus chère que son prix juste est illicite »
Answer
Saint Thomas d'Aquin
Question
CITATION : « Laissez faire les hommes, laissez passer les marchandises »
Answer
Vincent de Gournay (attribué à)
Question
Fiche de synthèse
Answer
L'histoire de la pensée économique débute avec les philosophes grecs comme Xénophon (gestion du foyer) et Aristote (distinction économie/politique). Le Moyen-Âge, avec Thomas d'Aquin, introduit des notions de justice sociale. Le mercantilisme (16-17e s.) lie économie et puissance politique (Montchrestien, Colbert), puis les physiocrates (Quesnay) voient la terre comme seule source de richesse. L'économie politique naît avec les classiques : Smith (main invisible, division du travail), Ricardo (avantages comparatifs), et Marx (critique du capitalisme). La révolution marginaliste (Jevons, Walras) fonde la science néoclassique sur l'utilité et les mathématiques. Le 20e siècle est marqué par la révolution keynésienne (intervention de l'État), la contre-révolution monétariste (Friedman) et les nouveaux classiques (Lucas). Schumpeter met en avant l'innovation (destruction créatrice). Le 21e siècle voit un retour des questions de répartition (Piketty) et de développement (Duflo, Goldin) avec une approche empirique rigoureuse.
Question
CITATION : « N'avez-vous jamais été témoin de la fureur du bon bourgeois Jacques Bonhomme, quand son fils terrible est parvenu à casser un carreau de vitre ? »
Answer
Frédéric Bastiat
Question
AUTEUR : Xénophon, « L'économique » (-362 av. JC)
Answer
Définit l'économie comme la science de la bonne gestion des ressources du foyer (oikos nomos).
Question
AUTEUR : Léon Walras, « Éléments d'économie politique pure » (1874)
Answer
Pionnier de la révolution marginaliste, il développe le concept d'équilibre général des marchés, coordonné par un 'commissaire-priseur'.
Question
CITATION : « On prend fort peu soin de ce qui appartient à un très grand nombre »
Answer
Aristote
Question
AUTEUR : Antoine de Montchrestien, « Traité d'économie politique » (1615)
Answer
Fondateur du mercantilisme français, il lie économie et politique, affirmant que la richesse de l'État dépend de l'activité économique et du commerce.
Question
AUTEUR : Thomas Malthus, « Essai sur le principe de population » (1798)
Answer
Théorie selon laquelle la population croît de façon géométrique tandis que les ressources alimentaires croissent de façon arithmétique, menant à une 'trappe malthusienne'.
Question
AUTEUR : Joseph Schumpeter, « Capitalisme, socialisme et démocratie » (1942)
Answer
Met en avant l'innovation comme moteur du capitalisme à travers le processus de 'destruction créatrice', où de nouvelles innovations en remplacent d'anciennes.
Question
AUTEUR : Milton Friedman, « Capitalisme et liberté » (1962)
Answer
Chef de file du monétarisme. Critique les politiques keynésiennes, affirme la neutralité de la monnaie à long terme et propose la théorie du revenu permanent.
Question
CITATION : « L'impulsion fondamentale qui maintient en mouvement la machine capitaliste [...] Ce processus de destruction créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme »
Answer
Joseph Schumpeter
Question
AUTEUR : David Ricardo, « Des principes de l'économie politique et de l'impôt » (1817)
Answer
Développe la théorie de la valeur-travail 'incorporé', la théorie des avantages comparatifs fondant le libre-échange, et la rente différentielle qui mène à un état stationnaire.
Question
AUTEUR : François Quesnay, « Tableau économique » (1758)
Answer
Chef de file des physiocrates. Représente l'économie comme un circuit où seule l'agriculture est 'productive' et crée un 'produit net'.
Question
AUTEUR : Thomas Piketty, « Le capital au 21ème siècle » (2013)
Answer
Analyse historique des inégalités. Montre que les inégalités tendent à augmenter lorsque le taux de rendement du capital (r) est supérieur au taux de croissance économique (g).
Question
CITATION : « J'ai entendu un jour Socrate s'entretenir ainsi sur l'économie : - Dis-moi Critobule, l'économie a-t-elle un nom de science comme la médecine ou l'architecture ? »
Answer
Xénophon, « L'économique »
Question
CITATION : « un malade n'a pas besoin de repos mais d'exercice »
Answer
John Maynard Keynes

Voici les fiches synthétiques et les flashcards demandées, en respectant scrupuleusement les consignes de formatage HTML et de contenu.


I- Les précurseurs de l'Économie : quand les philosophes

Introduction à l'économie avec Xénophon

  • Définition de l'économie : Xénophon, historien et philosophe grec, définit l'économie comme une science dédiée à la gestion des ressources domestiques. L'économiste est avant tout quelqu'un d'économe.

A- Aristote ou la claire distinction éco/politique

  • Distinction des sphères : Aristote, dans « Les Politiques », distingue clairement la sphère politique de la sphère économique. La sphère politique, constitutive de la Cité, est considérée comme la plus importante.

  • Passage du village à la cité : Nécessite 6 critères : autonomie alimentaire, possession d'artisans, d'armes, de richesses, et présence d'institutions juridiques (droit, tribunal).

  • Souveraineté économique : Aristote peut être vu comme un précurseur de cette notion, illustrée par des exemples contemporains comme l'affaire Carrefour-Couche Tard (2021) ou le rapport Draghi (2024) sur l'industrie de la défense européenne.

  • Défense de la propriété privée : Aristote se distingue de Platon en défendant la propriété privée.

    • Elle permet la générosité (on ne peut donner que ce qui est à soi).

    • Elle encourage la prise en soin des ressources.

    Cette idée préfigure la tragédie des biens communs (G. Hardin, 1968).

  • Chrématistique et économisme dénoncés :

    • Chrématistique (du grec Chrémata, richesses) :

      • Bonne chrématistique : Accumuler des richesses pour subvenir à ses besoins.

      • Mauvaise chrématistique : Accumuler pour accumuler, dénonçant l'usage de la monnaie comme une fin et non un moyen.

    • Aristote condamne l'économisme qui risque de « substituer à la finalité éthique de la cité une finalité mercantile ». L'exemple de Thalès et des pressoirs à olive est cité comme une mauvaise chrématistique.

  • Actualité de la distinction : K. Polanyi (« La Grande Transformation », 1944) montre comment la sphère économique s'est autonomisée de la politique à partir de 1834, avec la sacralisation du marché autorégulateur. Il appelle à un réencastrement de l'économie dans le social et le politique.

B- Saint Thomas d'Aquin : Un précurseur de la justice sociale

  • Justice distributive vs. commutative :

    • Justice distributive : Distribuer à chacun selon sa place dans la société (méritocratie), précurseur de L. Walras.

    • Justice commutative : Égalité des droits, l'individu ne doit pas être lésé dans un échange marchand, précurseur de K. Marx.

    Cette distinction est fondée sur « L'Éthique à Nicomaque » d'Aristote et introduit la notion de justice sociale.

  • L'échange : un jeu à somme positive : Thomas d'Aquin considère qu'un échange doit être avantageux pour les deux parties, interdisant moralement la fraude (vendre plus cher que la juste valeur). Cette idée est centrale dans la théorie des avantages comparatifs de D. Ricardo et de la mondialisation de P. Krugman.

  • Condamnation de l'usure : Dans sa « Somme théologique », Saint Thomas d'Aquin condamne moralement l'intérêt (usure) car il permet de gagner de l'argent sans travail réel et de profiter de la misère d'autrui. Cette condamnation se retrouve dans d'autres religions (ex: finance islamique).

  • Précurseur des asymétries d'information :

    • Il distingue trois types de défauts connus du vendeur mais inconnus de l'acheteur : défaut de nature (contrefaçon), de quantité (balance truquée), de qualité (objet défectueux).

    • Le concept de vice caché, rendant un échange caduc, préfigure la sélection adverse de G. Akerlof (« The Market for Lemons », 1970).

C- L'Utopie de Thomas More : l'invention du socialisme (autoritaire)

  • Contexte : T. More (« L'Utopie », 1516) est marqué par les changements du 16ème siècle en Angleterre : la Réforme protestante, les Grandes Découvertes (esclavage, exploitation), et le Mouvement des Enclosures (institution de la propriété privée, fondement du capitalisme selon K. Marx).

  • Critique des Enclosures : Il dénonce les Enclosures comme source de chômage et de misère sociale.

  • Modèle de société utopique : Repose sur 6 principes :

    1. Abolition de la propriété privée.

    2. Monnaie utilisée uniquement pour les transactions internationales.

    3. Travail obligatoire (6h/jour), oisiveté interdite.

    4. Production de denrées, non de biens de luxe.

    5. Emploi du temps socialisé (culture, loisirs, repas collectifs).

    6. Liberté de culte (prosélytisme = exclusion).

  • Inspiration pour le socialisme : L'utopie de More a inspiré le courant socialiste du 19ème siècle (K. Marx, F. Engels, C. Fourier) qui critiquait le capitalisme industriel et la misère ouvrière.

  • La "pause d'Engels" : F. Engels (1844) décrit une période où la productivité augmente fortement grâce à la mécanisation, mais les salaires réels n'augmentent que faiblement, voire stagnent. Cela correspond à la première phase de la courbe de Kuznets.

I- Les premiers courants de pensée en Économie au 16ème/17ème siècle

A- Le mercantilisme : premières pensées économiques par des non-économistes

  • Terme forgé par A. Smith : Dans « La Richesse des nations » (1776), A. Smith critique les principes mercantilistes.

  • Continuité économie/politique : Le mercantilisme voit l'économie comme centrale à la dynamique du pouvoir politique, rompant avec Aristote et Thomas d'Aquin qui la voyaient comme gestion des ressources privées.

  • Fondateur : Antoine de Montchrestien : Son « Traité d'économie politique » (1615) s'oppose à Aristote, affirmant l'indivisibilité de l'économie et de la politique.

    • Idées principales : jeu à somme nulle, la monnaie est une richesse en soi, travail obligatoire, croissance démographique primordiale, commerçants force du pays, protectionnisme.

  • Mercantilismes régionaux :

    • Bullionisme ibère (Espagne, 16ème siècle) : Accumulation de métaux précieux (or, argent). Luiz Ortiz (1558) en est une figure. Contexte de la colonisation espagnole (Encomienda, Mita, Repartimiento, Trajin).

    • Commercialisme britannique (Angleterre, 17ème siècle) : Accumulation de métaux précieux via le développement du commerce maritime et le protectionnisme. Thomas Mun (« England's Treasure by Foreign Trade », 1664) et les Navigation Acts (O. Cromwell, 1651, 1660).

    • Colbertisme français (France, 16-17ème siècle) : Volonté de ne pas dépendre des importations par le développement des manufactures royales (monopoles d'État). Colbert, régisseur des finances de Louis XIV, et J. Bodin (« Les six livres de la République », 1576) sont des figures clés.

  • Modèle colbertiste français : Inspiré par le colbertisme, la politique industrielle française moderne (projets Ariane, Airbus, Alcatel) est qualifiée de colbertiste par E. Cohen (« Souveraineté industrielle », 2022).

  • Retour du mercantilisme : D. Trump et le néomercantilisme (P. Krugman, années 1990) sont des exemples contemporains, avec une "weaponisation" de la mondialisation et la recherche de souveraineté économique.

B- Le courant physiocrate : 1er courant d'économie politique

  • Définition : La physiocratie (« gouverner la nature ») est le premier courant d'économistes, axé sur la création de valeur agricole (théorie de la valeur terre de R. Cantillon).

  • Économie scientifique : François Quesnay (chirurgien de Louis XV) est le père fondateur de la comptabilité nationale (tableau économique). Dupont de Nemours (1768) affirme que la science économique est aussi constante et démontrable que les sciences physiques, basée sur l'ordre naturel et l'analogie avec le corps humain.

  • Tableau économique de F. Quesnay : Métaphore du corps humain pour le circuit économique.

    • Organes = agents économiques (paysans, commerçants/artisans, propriétaires terriens).

    • Sang = monnaie (usage fonctionnel).

    • Distinction revenu (consommation) et avances (investissement).

    • Seule l'agriculture produit un produit net (+2Mds), reversé aux propriétaires.

  • Influence sur le marxisme : Le tableau de Quesnay inspire K. Marx (« Le Capital », 1867) pour sa théorie de la plus-value, où le produit net revient aux propriétaires sans travail productif.

  • Principes physiocrates :

    • Richesse réelle fondée sur l'agriculture, non sur l'or.

    • Valeur d'un bien dépend de la quantité de terre/matières premières.

    • Seule l'agriculture produit des richesses.

    • Pas de protectionnisme ni d'intervention de l'État (V. de Gournay : « Laissez faire les hommes, laissez passer les marchandises », 1752).

    • Système économique basé sur la concurrence et la propriété privée (ordre naturel).

  • Échec au pouvoir : Jacques Turgot, régisseur des finances de Louis XVI (1774-1776), tente d'appliquer les principes physiocrates (baisse dépenses publiques, moins d'intervention étatique, plus de concurrence). Cela conduit à la « Guerre des farines » (1775), une manifestation contre le capitalisme libéral.

  • Critique d'A. Smith : A. Smith (1776) considère la physiocratie comme un courant fallacieux mais non dangereux, car tous les secteurs produisent des richesses, pas seulement l'agriculture. Il partage cependant des points communs avec les physiocrates (concurrence, liberté économique, propriété privée).

III- De l'économie politique à la science économique : un passage de témoin

Introduction

  • Distinction :

    1. Économie classique / Économie politique (1776-1870) : A. Smith, D. Ricardo, F. Bastiat, T. Malthus, K. Marx, J-B. Say.

    2. Science économique néoclassique (1870-1910) : S. Jevons, C. Menger, L. Walras.

  • K. Marx (« Le Capital », 1867) utilise le terme d'économistes classiques pour A. Smith et D. Ricardo, et qualifie J-B. Say d'« économiste vulgaire ».

  • Liens entre les courants : Controverses (ex: juste prix, valeur d'un bien) et précurseurs (J-B. Say, N.W. Senior pour les néoclassiques).

  • Vision de la science économique chez N.W. Senior : Hédonisme, économie axiomatique, formalisation mathématique, contribution au bien-être social.

A- La Richesse des nations où l'ouvrage fondateur de la discipline : la question de la valeur

  • Théorie de la valeur classique :

    • A. Smith (1776) : Paradoxe de l'eau et du diamant. La valeur d'échange (prix) ne repose pas sur la valeur d'usage (utilité) mais sur la valeur travail (quantité de travail nécessaire).

    • D. Ricardo (1817) : Approfondit la théorie de Smith avec le travail incorporé (direct et indirect) et distingue biens reproductibles (dépend du travail) et non reproductibles (dépend de la rareté).

    • K. Marx (« Le Capital », 1867) : Reprend Ricardo. La valeur () est (capital constant + capital variable + plus-value). La plus-value () est la différence entre la valeur d'usage de la force de travail (production totale) et sa valeur d'échange (salaire de subsistance). Le circuit de la valeur est M-B-M'.

  • A. Smith : Père fondateur de la science économique : « La Richesse des nations » (1776) est l'ouvrage fondateur.

    • Théories importantes : concurrence et liberté économique (main invisible), division technique du travail (DTT), division internationale du travail (DIT) via les avantages absolus.

    • Rôle de l'État : 3 devoirs du souverain (défense nationale, justice intérieure, production de biens à fortes externalités positives).

    • Critique du manque de concurrence : La main invisible de Smith est réinterprétée par J. Delmotte (2009) : explication des faits inexpliqués (Jupiter), justification du ruissellement (B. Mandeville, « La Fable des abeilles », 1714), et convergence de l'intérêt individuel et collectif.

    • La manufacture d'épingles illustre la DTT et ses gains de productivité.

    • Les avantages absolus : Le commerce international est facteur de croissance pour les pays productifs ayant un avantage absolu (produire un bien en moins de temps).

B- Les débats possibles à partir d'A. Smith : les avantages comparatifs vs avantages absolus

  • Avantages comparatifs de D. Ricardo (1817) : Amende Smith en montrant que le commerce international est un jeu à somme positive pour tous les pays, même ceux sans avantage absolu, s'ils se spécialisent dans ce pour quoi leur coût d'opportunité est le plus faible.

  • Loi des débouchés de J-B. Say : « Toute offre crée sa propre demande ». L'épargne est un facteur de croissance, et il n'y a pas de fin à la croissance car toute offre trouve preneur.

  • Critique de la loi des débouchés par T. Malthus (1820) : « Pouvoir d'achat n'est pas vouloir d'achat ». L'épargne peut entraîner des crises de surproduction.

  • Théories de stagnation :

    • D. Ricardo : La rente différentielle (loi des rendements décroissants des terres) entraîne une baisse des profits et une hausse des salaires, menant à la stagnation.

    • T. Malthus (1798) : La loi de population (croissance géométrique de la population vs. arithmétique des denrées alimentaires) conduit aux famines et au « piège nutritionnel » (A. Deaton, 2015).

    • K. Marx (1867) : L'autodestruction du capitalisme par la baisse tendancielle du taux de profit. Face à la concurrence, les capitalistes remplacent le travail (v) par les machines (c), diminuant le taux de profit et le revenu des ouvriers, menant à la stagnation.

  • Critique de la théorie de la valeur smithienne :

    • A. Smith : Valeur travail pour expliquer le paradoxe de l'eau et du diamant.

    • J-B. Say et les néoclassiques : Explication par la loi de Gossen (utilité marginale décroissante). J-B. Say est un pont entre les classiques et les néoclassiques.

C- La valeur : principale controverse entre économie classique et néoclassique : la Révolution marginaliste

  • Révolution marginaliste : J. Schumpeter (1954) décrit une révolution de la théorie de la valeur.

    • Auteurs clés (1871-1874) : W. Jevons, C. Menger, L. Walras.

    • Concept central : utilité marginale décroissante.

    • Explication du paradoxe de l'eau et du diamant : la valeur d'échange est liée à l'utilité marginale (Um). car .

  • Débats sur la nouveauté : Certains auteurs estiment que le concept d'utilité marginale était déjà présent chez H. Gossen (loi de Gossen) et J. Dupuit (surplus du consommateur).

  • Révolution crédible ? Arguments pour (critique de la valeur travail, nouveau paradigme, approche microéconomique) et contre (pensée non unique, concepts préexistants).

D- Les néoclassiques : méthode mathématique et rationalité instrumentale

  • Méthode scientifique : Adoption de la méthode hypothético-déductive et mathématisée (D. Ricardo, J. Dupuit, A. Cournot).

  • Définition de l'économie :

    • L. Robbins (1947) : « L'économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relations entre des fins et des moyens rares à usages alternatifs ».

    • J-B. Say (1803) : « L'économie enseigne comment se forment, se distribuent et se consomment les richesses qui satisfont aux besoins des sociétés ».

    Passage d'une vision macroéconomique à microéconomique.

  • F. Bastiat (« Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas », 1850) : La parabole de la vitre cassée illustre le rôle de l'économiste à considérer les conséquences directes et indirectes des actions.

  • Méthode des néoclassiques (W. Jevons) : Formulation d'hypothèses, formalisation théorique, vérification expérimentale (économétrie).

  • Hypothèses néoclassiques :

    • Acteurs parfaitement rationnels (instrumentalement), maximisant leur utilité.

    • Marchés en concurrence pure et parfaite (HAMLET).

    • Marchés régis par la loi de l'utilité marginale décroissante.

    • Existence d'un équilibre général (L. Walras).

    • Marchés autorégulateurs (commissaire-priseur de L. Walras).

    • Inégalités non pertinentes pour l'économiste (V. Pareto).

  • Le débat classiques vs. néoclassiques devient un débat microéconomique vs. macroéconomique.

IV- L'ÉCONOMIE AU 20EME SIECLE

A- L'économie du bien-être

  • Première école de Cambridge : Courant post-néoclassique (A. Marshall, A.C. Pigou). Prolonge le modèle de Walras en le rendant plus réaliste.

  • Équilibre partiel d'A. Marshall : Contrairement à l'équilibre général de Walras, Marshall raisonne sur un marché spécifique (« toutes choses étant égales par ailleurs »). La croix de Marshall (offre/demande) montre que la valeur d'un bien dépend de son utilité marginale à court terme et des coûts de production à long terme.

  • Approche moins abstraite : Marshall vise à aider les individus à « gouverner leur propre vie », précurseur de l'évaluation des politiques publiques.

  • Concept d'externalité : A. Marshall montre que la richesse nationale doit inclure les biens collectifs à fortes externalités positives. Une externalité est un avantage ou inconvénient pour un tiers d'un échange marchand.

  • Taxe pigouvienne : A.C. Pigou propose une taxe « pollueur-payeur » pour remédier aux externalités négatives (ex: surcharge des poids lourds).

  • Prise en compte de l'environnement : W. Jevons (« The Coal Question », 1865) introduit l'effet rebond : l'augmentation de l'efficacité énergétique d'un bien peut entraîner une augmentation de sa consommation (ex: machine à vapeur de J. Watt).

B- La révolution keynésienne et ses successeurs

  • L. Klein (1946) popularise l'expression « révolution keynésienne ». Apports de J-M. Keynes :

    • Raisonnement purement macroéconomique (pas de microéconomie néoclassique, « No Bridge »).

    • Individus non rationnels, comportements fondés sur les « esprits animaux ».

    • Pas de marché du travail, le volume d'emplois dépend du marché des B&S (principe de demande anticipée).

    • Économie naturellement instable et en équilibre de sous-emploi (ajustement par les quantités).

    • Invalidation de la loi des débouchés de J-B. Say et de la théorie quantitative de la monnaie.

    • Importance de la politique budgétaire (multiplicateur de Kahn) et monétaire (accélérateur d'Aftalion-Clark) pour sortir des crises.

  • Keynes et les esprits animaux : Les décisions économiques sont souvent irrationnelles, basées sur l'intuition. Le « concours de beauté » illustre comment les marchés financiers sont influencés par les anticipations des anticipations.

  • Importance de la politique budgétaire : « Un malade n'a pas besoin de repos mais d'exercice » (Keynes, 1936). Il faut stimuler la demande en période de crise. Critique de la politique déflationniste de W. Churchill dans les années 1920.

  • Importance de la politique monétaire : La PM a un rôle à jouer en période de crise en diminuant les taux d'intérêt (ex: New Deal, Plan Obama).

  • Héritiers de Keynes :

    • Postkeynésiens (radicaux) : J. Robinson, E. Kalecki, M. Lavoie, H. Minsky.

    • Courant de la synthèse (« keynésianisme bâtard ») : J. Hicks, P. Samuelson, J. Tobin.

    • Nouveaux keynésiens (« light ») : P. Krugman, J. Stiglitz, G. Akerlof.

  • Modèle IS-LM (J. Hicks, 1937) : Synthèse des hypothèses keynésiennes (monnaie active, emploi sur marché B&S) et classiques (modèle atemporel, équilibre général). Appliqué avec succès par les « New Economics » sous J. Kennedy et L. Johnson.

  • Principes postkeynésiens (M. Lavoie, V. Monvoisin, J-F. Ponsot, 2001) :

    • Importance de la demande effective (investissement indépendant de l'épargne).

    • Acceptation des esprits animaux et de l'incertitude radicale.

    • Monnaie active.

    • Répartition des revenus conflictuelle et importante pour la dynamique économique (N. Kaldor : « Les capitalistes gagnent ce qu'ils dépensent et les travailleurs dépensent ce qu'ils gagnent »).

    • Croyance au chômage technologique (J-M. Keynes, « Lettre à nos petits enfants », 1930).

    • Loi de Kaldor-Verdoorn : La productivité d'un secteur croît avec la racine carrée de la production du secteur.

C- L'économie autrichienne portée par F. Hayek

  • Défenseur de l'économie de marché : F. Hayek (« Les Routes de la servitude », 1943) rejette toute planification.

    • Existence d'un ordre spontané de marché, meilleur moyen de gérer l'information.

    • L'État se développe jusqu'à un système planifié (socialisme, nazisme), lien avec la loi de Wagner.

    • Contre l'impôt redistributif (discriminant, décourage l'entrepreneuriat), souhaite un impôt proportionnel.

    • Mission de l'État : assurer le respect de la concurrence.

  • Lien avec les monétaristes : L'impôt négatif de M. Friedman (« Capitalisme et liberté », 1962) vise à combattre la pauvreté sans déranger le marché, dans la lignée de Hayek.

D-1 L'économie chez les monétaristes et les nouveaux classiques : M. Friedman

  • Critique des idées keynésiennes : M. Friedman (« Capitalisme et liberté », « Inflation et systèmes monétaires », 1968) récuse les idées keynésiennes.

    • Politique budgétaire inefficace (théorie du revenu permanent, théorie des lags).

    • Politique monétaire inefficace car la monnaie est neutre à long terme (anticipations adaptatives).

  • Controverse Keynes-Friedman sur la politique budgétaire :

    • Keynes : Consommation dépend du revenu courant (), relance publique efficace.

    • Friedman (1957) : Consommation dépend du revenu permanent (), anticipé sur la vie, rendant la relance inefficace.

D-1 L'économie chez les monétaristes et les nouveaux classiques : G. Becker

  • Impérialisme économique : G. Becker (PN 1992) étend l'analyse microéconomique à toutes les préoccupations de la vie (éducation, crime, tâches ménagères).

D-2 L'économie chez les monétaristes et les nouveaux classiques : le Public Choice

  • Défaillances de l'État : Contrairement aux défaillances de marché (NEK), le Public Choice étudie les défaillances de l'État.

    • W. Nordhaus (« Le cycle politico-électoral », 1978).

    • J. Buchanan & G. Tullock (« Le calcul du consentement », 1962).

    • W. Niskanen (« Bureaucracy and representative government », 1971).

D-3 L'économie chez les monétaristes et les nouveaux classiques : la NEC

  • Révolution de la NEC : Radicalise Friedman et Becker.

    • Fondements microéconomiques de la macroéconomie.

    • Politique monétaire inefficace (anticipations rationnelles de Muth, 1961).

    • Politique budgétaire inefficace (effet Ricardo-Barro).

    • Chocs économiques exogènes (Kydland et Prescott, 1982, RBC), le marché revient seul à l'équilibre.

  • Critique de la NEC : La crise de 2008 révèle les limites des modèles DSGE (anticipations rationnelles, monnaie neutre, chômage volontaire). S. Keen (« L'imposture économique », 2014) appelle à se rapprocher de l'analyse postkeynésienne (H. Minsky).

E- Un auteur inclassable : J. Schumpeter

  • Croissance par l'innovation : J. Schumpeter est le premier à lier croissance et innovation via la destruction créatrice (« Capitalisme, socialisme et démocratie », 1942).

V- L'ÉCONOMIE AU 21EME SIÈCLE !

A- La victoire des néoclassiques/nouveaux classiques

  • Triomphe d'une approche empirique et mathématique : La discipline est dominée par les mathématiques (microéconomie, économétrie).

  • Thématiques absentes : L'environnement et les inégalités sont souvent absents du paradigme dominant, ce qui interroge la « scientificité » de la science économique (E. Monnet, « L'insoutenable légèreté des économistes », 2022).

  • Le Prix Nobel : Reflète la consécration du paradigme dominant, bien qu'il récompense parfois des approches plus hétérodoxes (économie comportementale, développement, historique).

B- Un retour de la question classique de la répartition

  • Retour des thématiques classiques :

    • Inégalités (A. Atkinson, T. Piketty, F. Bourguignon, B. Milanovic).

    • Pauvreté/développement (E. Duflo, D. Acemoglu et J. Robinson).

    • Biais humains (économie comportementale : D. Kahneman, R. Shiller, R. Thaler).

  • Rigueur scientifique des néoclassiques : Ces économistes adoptent une vision ricardienne (sujets de préoccupation) et la rigueur scientifique (mathématiques, méthodes expérimentales) des néoclassiques.

  • T. Piketty (« Le Capital au 21ème siècle », 2013) : Les inégalités sont naturellement cumulatives car le rendement du capital () est structurellement plus élevé que le taux de croissance du PIB ().

  • C. Goldin (PN 2023) : « L'économiste comme détective ». Son travail (« The Quiet Revolution », 2006) sur la place des femmes dans le développement économique utilise une approche historique basée sur les archives, illustrée par la courbe en U de la participation des femmes au marché du travail.


Flashcards - Auteurs et Idées

Xénophon

  • Livre/Date: « L'économique » (-362 av. JC)

  • Idées: Définition de l'économie comme science de la gestion des ressources domestiques. L'économiste est économe.

Aristote

  • Livre/Date: « Les Politiques »

  • Idées: Distinction claire entre sphère économique et politique (la politique est supérieure). La "vie bonne" ne se résume pas à la richesse. Défense de la propriété privée. Dénonciation de la "mauvaise chrématistique" (accumuler pour accumuler).

G. Hardin

  • Livre/Date: « La Tragédie des biens communs » (1968)

  • Idées: Les ressources partagées sont surexploitées si les individus agissent selon leur propre intérêt.

K. Polanyi

  • Livre/Date: « La Grande Transformation » (1944)

  • Idées: L'économie s'est désencastrée de la société et de la politique à partir du 19ème siècle, menant à la sacralisation du marché autorégulateur. Nécessité de réencastrer l'économie.

Saint Thomas d'Aquin

  • Livre/Date: « Somme théologique »

  • Idées: Distinction justice distributive (méritocratie) et commutative (égalité des droits). L'échange est un jeu à somme positive. Condamnation de l'usure. Précurseur des asymétries d'information et du vice caché.

G. Akerlof

  • Livre/Date: « The Market for Lemons » (1970)

  • Idées: Théorie de la sélection adverse due aux asymétries d'information.

Thomas More

  • Livre/Date: « L'Utopie » (1516)

  • Idées: Critique des changements sociaux (Réforme, Grandes Découvertes, Enclosures). Proposition d'une société idéale sans propriété privée, avec travail obligatoire et monnaie limitée. Précurseur du socialisme.

K. Marx

  • Livre/Date: « Le Capital » (1867)

  • Idées: Critique du capitalisme industriel. Théorie de la plus-value. Autodestruction du capitalisme par la baisse tendancielle du taux de profit.

F. Engels

  • Livre/Date: « La Situation de la classe laborieuse en Angleterre » (1844)

  • Idées: Description des conditions de vie et de travail des ouvriers. Concept de la "pause d'Engels" (stagnation des salaires malgré la hausse de productivité).

C. Fourier

  • Livre/Date: « Le Nouveau Monde industriel et sociétaire » (1829)

  • Idées: Concept de Phalanstère (communauté de vie et de travail).

N. Machiavel

  • Livre/Date: « Le Prince » (1532)

  • Idées: Réalisme politique. L'homme est individualiste, le gouvernement vise son intérêt propre.

Adam Smith

  • Livre/Date: « La Richesse des nations » (1776)

  • Idées: Critique du mercantilisme. Théorie de la valeur travail. Main invisible du marché. Division technique et internationale du travail (avantages absolus). 3 devoirs du souverain.

Antoine de Montchrestien

  • Livre/Date: « Traité d'économie politique » (1615)

  • Idées: Fondateur du mercantilisme. Indivisibilité économie/politique. Jeu à somme nulle. Monnaie = richesse. Protectionnisme.

Luiz Ortiz

  • Livre/Date: « Mémoires au roi pour que l'argent ne quitte pas le royaume » (1558)

  • Idées: Figure du bullionisme ibère. Volonté d'accumuler les métaux précieux.

Thomas Mun

  • Livre/Date: « England's Treasure by Foreign Trade » (1664)

  • Idées: Figure du commercialisme britannique. Développement de la balance commerciale.

J. Bodin

  • Livre/Date: « Les six livres de la République » (1576)

  • Idées: « Il n'y a de richesses ni de force que d'Hommes ». Importance de la population pour la puissance de l'État.

E. Cohen

  • Livre/Date: « Souveraineté industrielle » (2022)

  • Idées: La politique industrielle française s'inspire du modèle colbertiste.

François Quesnay

  • Livre/Date: « Maximes générales du gouvernement économique d'un royaume agricole » (1767)

  • Idées: Père fondateur de la physiocratie et de la comptabilité nationale. Tableau économique (circuit économique). Seule l'agriculture produit des richesses.

Dupont de Nemours

  • Livre/Date: « De l'origine et des progrès d'une science nouvelle » (1768)

  • Idées: La science économique est aussi rigoureuse que les sciences physiques, basée sur l'ordre naturel.

Vincent de Gournay

  • Idées: « Laissez faire les hommes, laissez passer les marchandises » (1752). Principe du libéralisme économique.

Jacques Turgot

  • Idées: Tente d'appliquer les principes physiocrates (baisse dépenses publiques, moins d'intervention étatique, plus de concurrence).

D. Ricardo

  • Livre/Date: « Des principes de l'économie politique et de l'impôt » (1817)

  • Idées: Théorie du travail incorporé. Avantages comparatifs (commerce international = jeu à somme positive). Loi des rendements décroissants (rente différentielle).

J-B. Say

  • Livre/Date: « Traité d'économie politique » (1803)

  • Idées: Loi des débouchés (« Toute offre crée sa propre demande »). L'épargne est un facteur de croissance. Précurseur des néoclassiques sur la valeur.

T. Malthus

  • Livre/Date: « Essai sur le principe de population » (1798)

  • Idées: Loi de population (croissance démographique > croissance des denrées alimentaires). Critique de la loi des débouchés (« Pouvoir d'achat n'est pas vouloir d'achat »).

A. Deaton

  • Idées: Concept de piège nutritionnel.

L. Robbins

  • Livre/Date: « Essai sur la nature et la signification de la science économique » (1932)

  • Idées: Définition de l'économie comme la science des choix face à la rareté.

F. Bastiat

  • Livre/Date: « Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas » (1850)

  • Idées: Parabole de la vitre cassée. L'économiste doit considérer les conséquences directes et indirectes des actions.

B. Mandeville

  • Livre/Date: « La Fable des abeilles : vices privés, bénéfices publics » (1714)

  • Idées: Les vices privés peuvent contribuer au bien-être public. Justification du ruissellement.

J. Schumpeter

  • Livre/Date: « Capitalisme, socialisme et démocratie » (1942)

  • Idées: Théorie de la destruction créatrice (innovation moteur de croissance).

W. Jevons

  • Livre/Date: « Théorie d'économie politique » (1871), « The Coal Question » (1865)

  • Idées: Un des fondateurs de la révolution marginaliste (utilité marginale décroissante). Effet rebond.

C. Menger

  • Livre/Date: « Principes d'économie politique » (1871)

  • Idées: Un des fondateurs de la révolution marginaliste (utilité marginale décroissante).

L. Walras

  • Livre/Date: « Éléments d'économie politique pure » (1874)

  • Idées: Un des fondateurs de la révolution marginaliste (utilité marginale décroissante). Théorie de l'équilibre général. Commissaire-priseur.

H. Gossen

  • Idées: Loi de Gossen (utilité marginale décroissante).

J. Dupuit

  • Idées: Précurseur de l'utilité marginale décroissante et du surplus du consommateur.

A. Marshall

  • Livre/Date: « Principes d'économie politique » (1898)

  • Idées: Équilibre partiel (« toutes choses égales par ailleurs »). Croix de Marshall (valeur dépend de l'utilité à CT et des coûts à LT). Précurseur de l'évaluation des politiques publiques.

A.C. Pigou

  • Livre/Date: « Economics of Welfare » (1920)

  • Idées: Concept d'externalité. Taxe pigouvienne (pollueur-payeur).

L. Klein

  • Livre/Date: « La Révolution keynésienne » (1946)

  • Idées: Popularise l'expression "révolution keynésienne".

J-M. Keynes

  • Livre/Date: « Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie » (1936), « Les Conséquences économiques de Monsieur Churchill » (1925), « Lettre à nos petits enfants » (1930)

  • Idées: Macroéconomie. Individus non rationnels (esprits animaux). Équilibre de sous-emploi. Importance des politiques budgétaire et monétaire. Chômage technologique.

J. Hicks

  • Livre/Date: « Mr Keynes and the Classics » (1937)

  • Idées: Modèle IS-LM (synthèse keynésienne et classique).

N. Kaldor

  • Livre/Date: « Capital Accumulation & Economic Growth » (1953)

  • Idées: Loi de Kaldor-Verdoorn (productivité liée à la production). « Les capitalistes gagnent ce qu'ils dépensent et les travailleurs dépensent ce qu'ils gagnent ».

F. Hayek

  • Livre/Date: « Les Routes de la servitude » (1943)

  • Idées: Rejet de la planification. Ordre spontané de marché. Contre l'impôt redistributif. L'État doit assurer la concurrence.

M. Friedman

  • Livre/Date: « Capitalisme et liberté » (1962), « Inflation et systèmes monétaires » (1968)

  • Idées: Monétarisme. Politique budgétaire inefficace (revenu permanent). Monnaie neutre à long terme. Impôt négatif.

G. Becker

  • Livre/Date: « The Economics of Crime » (1978)

  • Idées: Impérialisme économique (application de l'analyse microéconomique à tous les domaines de la vie).

W. Nordhaus

  • Livre/Date: « Le Cycle politico-électoral » (1978)

  • Idées: Théorie du cycle électoral (politiques économiques influencées par les élections).

J. Buchanan & G. Tullock

  • Livre/Date: « Le Calcul du consentement » (1962)

  • Idées: Fondateurs du Public Choice (analyse des défaillances de l'État).

W. Niskanen

  • Livre/Date: « Bureaucracy and Representative Government » (1971)

  • Idées: Théorie de la bureaucratie (maximisation du budget par les bureaucrates).

R. Lucas

  • Livre/Date: « Real Wages, Employment and Inflation » (1995)

  • Idées: Nouveaux classiques. Anticipations rationnelles. Fondements microéconomiques de la macroéconomie.

R. Kydland & E. Prescott

  • Livre/Date: « Time to Build and Aggregate Fluctuations » (1982)

  • Idées: Théorie des cycles réels (RBC). Chocs économiques exogènes.

S. Keen

  • Livre/Date: « L'Imposture économique » (2014)

  • Idées: Critique des modèles DSGE et des hypothèses néoclassiques face à la crise de 2008.

T. Piketty

  • Livre/Date: « Le Capital au 21ème siècle » (2013)

  • Idées: Les inégalités sont naturellement cumulatives ().

C. Goldin

  • Livre/Date: « The Quiet Revolution » (2006)

  • Idées: Rôle des femmes dans le développement économique. Courbe en U de la participation des femmes au marché du travail.


Flashcards - Citations

Xénophon

« J'ai entendu un jour Socrate s'entretenir ainsi sur l'économie : - Dis-moi Critobule, l'économie a-t-elle un nom de science comme la médecine ou l'architecture ? - Je le crois, dit Critobule - Oui mais de même que nous pouvons déterminer l'objet de chacun de ces arts, pouvons-nous dire aussi ce que l'économie a pour objet ? - Je crois, dit Critobule, qu'il est d'un bon économe de bien gouverner sa maison ».
Xénophon, « L'économique », -362 av. JC

N. Machiavel

« Il m'a paru qu'il valait mieux m'arrêter à la réalité des choses que de me livrer à de vaines spéculations. Bien des gens ont imaginé des républiques et des principautés telles qu'on n'en a jamais vues ni connues, Mais à quoi bon? ».
N. Machiavel, « Le Prince » (1532)

Dupont de Nemours

« La science économique n'étant autre chose que l'application de l'ordre naturel au gouvernement des sociétés, est aussi constante dans ses principes et aussi susceptible de démonstration que les sciences physiques les plus certaines ».
Dupont de Nemours, « De l'origine et des progrès d'une science nouvelle » (1768)

Vincent de Gournay

« Laissez faire les hommes, laissez passer les marchandises ».
Vincent de Gournay (1752)

K. Polanyi

« Le postulat de rareté associé au mécanisme de marché enferme l'individu dans le choix des moyens et l'empêche précisément d'accéder à l'existence sociale en participant, en tant qu'acteur, au choix des institutions ».
K. Polanyi (1944)

A. Smith

« Les revenus des oisifs sont en réalité un prélèvement sur le travail ».
A. Smith (1776)

J-B. Say

« Toute offre crée sa propre demande ».
J-B. Say

T. Malthus

« Pouvoir d'achat n'est pas vouloir d'achat ».
T. Malthus (1820)

J. Schumpeter

« L'impulsion fondamentale qui maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouveaux marchés, les nouvelles manières de produire... Ce processus de destruction créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme ».
J. Schumpeter, « Capitalisme, socialisme et démocratie » (1942)

A. Marshall

« L'économique servira de guide dans la conduite pratique de la vie ».
A. Marshall (1898)

J-M. Keynes

« Ce n'est donc pas la désutilité marginale du travail, exprimée en salaires réels, qui détermine le volume de l'emploi [...]. Ce sont la propension à consommer et le montant de l'investissement nouveau qui déterminent conjointement le volume de l'emploi et c'est le volume de l'emploi qui détermine de façon unique le niveau des salaires réels - non l'inverse. Si la propension à consommer et le montant de l'investissement nouveau engendrent une demande effective insuffisante, le volume effectif de l'emploi sera inférieur à l'offre de travail qui existe en puissance au salaire réel en vigueur [...] ».
J-M. Keynes (1936)

« Un malade n'a pas besoin de repos mais d'exercice ».
J-M. Keynes (1936)

« Pourquoi a-t-il fait une telle sottise ?! ».
J-M. Keynes, « Les Conséquences économiques de Monsieur Churchill » (1925)

« Quand vous mettez deux économistes dans une pièce, vous avez deux avis différents. Quand l'un des deux est Keynes, vous avez trois avis ».
W. Churchill (à propos de Keynes)

N. Kaldor

« Les capitalistes gagnent ce qu'ils dépensent et les travailleurs dépensent ce qu'ils gagnent ».
N. Kaldor (1974)

M. Friedman

« En un sens tout le monde est devenu keynésien mais dans un autre sens plus personne ne l'est ».
M. Friedman, « The Economy: We Are All Keynesian Now » (1965)

R. Lucas

« Intellectuellement Keynes était incapable de comprendre Walras ».
R. Lucas, « Real Wages, Employment and Inflation » (1995)

« La macroéconomie s'est constituée en discipline autonome dans les années 1940, fruit de l'effort de recherche accomplie en réponse à la grande dépression. Le terme désignait alors un corpus de connaissances et de compétences grâce auxquelles, espérait-on, on pourrait empêcher la répétition d'un tel désastre économique. La thèse que je veux développer aujourd'hui, c'est que, dans cette acception initiale, la macroéconomie a réussi son pari : son problème central, la prévention des dépressions, a pour ainsi dire été résolu, et il a même été pour plusieurs dizaines d'années ».
R. Lucas, « Macroeconomics Priorities » (2003)

C. Goldin

« J'ai toujours voulu être détective, j'ai réussi en étant économiste ».
C. Goldin (PN 2023)

Podcasts

Listen in app

Open Diane to listen to this podcast

Start a quiz

Test your knowledge with interactive questions