Panorama de la pensée économique : des précurseurs à nos jours
32 cardsSynthèse des concepts clés, auteurs et citations de l'histoire de la pensée économique.
32 cards
Voici les fiches synthétiques et les flashcards demandées, en respectant scrupuleusement les consignes de formatage HTML et de contenu.
I- Les précurseurs de l'Économie : quand les philosophes
Introduction à l'économie avec Xénophon
Définition de l'économie : Xénophon, historien et philosophe grec, définit l'économie comme une science dédiée à la gestion des ressources domestiques. L'économiste est avant tout quelqu'un d'économe.
A- Aristote ou la claire distinction éco/politique
Distinction des sphères : Aristote, dans « Les Politiques », distingue clairement la sphère politique de la sphère économique. La sphère politique, constitutive de la Cité, est considérée comme la plus importante.
Passage du village à la cité : Nécessite 6 critères : autonomie alimentaire, possession d'artisans, d'armes, de richesses, et présence d'institutions juridiques (droit, tribunal).
Souveraineté économique : Aristote peut être vu comme un précurseur de cette notion, illustrée par des exemples contemporains comme l'affaire Carrefour-Couche Tard (2021) ou le rapport Draghi (2024) sur l'industrie de la défense européenne.
Défense de la propriété privée : Aristote se distingue de Platon en défendant la propriété privée.
Elle permet la générosité (on ne peut donner que ce qui est à soi).
Elle encourage la prise en soin des ressources.
Cette idée préfigure la tragédie des biens communs (G. Hardin, 1968).
Chrématistique et économisme dénoncés :
Chrématistique (du grec Chrémata, richesses) :
Bonne chrématistique : Accumuler des richesses pour subvenir à ses besoins.
Mauvaise chrématistique : Accumuler pour accumuler, dénonçant l'usage de la monnaie comme une fin et non un moyen.
Aristote condamne l'économisme qui risque de « substituer à la finalité éthique de la cité une finalité mercantile ». L'exemple de Thalès et des pressoirs à olive est cité comme une mauvaise chrématistique.
Actualité de la distinction : K. Polanyi (« La Grande Transformation », 1944) montre comment la sphère économique s'est autonomisée de la politique à partir de 1834, avec la sacralisation du marché autorégulateur. Il appelle à un réencastrement de l'économie dans le social et le politique.
B- Saint Thomas d'Aquin : Un précurseur de la justice sociale
Justice distributive vs. commutative :
Justice distributive : Distribuer à chacun selon sa place dans la société (méritocratie), précurseur de L. Walras.
Justice commutative : Égalité des droits, l'individu ne doit pas être lésé dans un échange marchand, précurseur de K. Marx.
Cette distinction est fondée sur « L'Éthique à Nicomaque » d'Aristote et introduit la notion de justice sociale.
L'échange : un jeu à somme positive : Thomas d'Aquin considère qu'un échange doit être avantageux pour les deux parties, interdisant moralement la fraude (vendre plus cher que la juste valeur). Cette idée est centrale dans la théorie des avantages comparatifs de D. Ricardo et de la mondialisation de P. Krugman.
Condamnation de l'usure : Dans sa « Somme théologique », Saint Thomas d'Aquin condamne moralement l'intérêt (usure) car il permet de gagner de l'argent sans travail réel et de profiter de la misère d'autrui. Cette condamnation se retrouve dans d'autres religions (ex: finance islamique).
Précurseur des asymétries d'information :
Il distingue trois types de défauts connus du vendeur mais inconnus de l'acheteur : défaut de nature (contrefaçon), de quantité (balance truquée), de qualité (objet défectueux).
Le concept de vice caché, rendant un échange caduc, préfigure la sélection adverse de G. Akerlof (« The Market for Lemons », 1970).
C- L'Utopie de Thomas More : l'invention du socialisme (autoritaire)
Contexte : T. More (« L'Utopie », 1516) est marqué par les changements du 16ème siècle en Angleterre : la Réforme protestante, les Grandes Découvertes (esclavage, exploitation), et le Mouvement des Enclosures (institution de la propriété privée, fondement du capitalisme selon K. Marx).
Critique des Enclosures : Il dénonce les Enclosures comme source de chômage et de misère sociale.
Modèle de société utopique : Repose sur 6 principes :
Abolition de la propriété privée.
Monnaie utilisée uniquement pour les transactions internationales.
Travail obligatoire (6h/jour), oisiveté interdite.
Production de denrées, non de biens de luxe.
Emploi du temps socialisé (culture, loisirs, repas collectifs).
Liberté de culte (prosélytisme = exclusion).
Inspiration pour le socialisme : L'utopie de More a inspiré le courant socialiste du 19ème siècle (K. Marx, F. Engels, C. Fourier) qui critiquait le capitalisme industriel et la misère ouvrière.
La "pause d'Engels" : F. Engels (1844) décrit une période où la productivité augmente fortement grâce à la mécanisation, mais les salaires réels n'augmentent que faiblement, voire stagnent. Cela correspond à la première phase de la courbe de Kuznets.
I- Les premiers courants de pensée en Économie au 16ème/17ème siècle
A- Le mercantilisme : premières pensées économiques par des non-économistes
Terme forgé par A. Smith : Dans « La Richesse des nations » (1776), A. Smith critique les principes mercantilistes.
Continuité économie/politique : Le mercantilisme voit l'économie comme centrale à la dynamique du pouvoir politique, rompant avec Aristote et Thomas d'Aquin qui la voyaient comme gestion des ressources privées.
Fondateur : Antoine de Montchrestien : Son « Traité d'économie politique » (1615) s'oppose à Aristote, affirmant l'indivisibilité de l'économie et de la politique.
Idées principales : jeu à somme nulle, la monnaie est une richesse en soi, travail obligatoire, croissance démographique primordiale, commerçants force du pays, protectionnisme.
Mercantilismes régionaux :
Bullionisme ibère (Espagne, 16ème siècle) : Accumulation de métaux précieux (or, argent). Luiz Ortiz (1558) en est une figure. Contexte de la colonisation espagnole (Encomienda, Mita, Repartimiento, Trajin).
Commercialisme britannique (Angleterre, 17ème siècle) : Accumulation de métaux précieux via le développement du commerce maritime et le protectionnisme. Thomas Mun (« England's Treasure by Foreign Trade », 1664) et les Navigation Acts (O. Cromwell, 1651, 1660).
Colbertisme français (France, 16-17ème siècle) : Volonté de ne pas dépendre des importations par le développement des manufactures royales (monopoles d'État). Colbert, régisseur des finances de Louis XIV, et J. Bodin (« Les six livres de la République », 1576) sont des figures clés.
Modèle colbertiste français : Inspiré par le colbertisme, la politique industrielle française moderne (projets Ariane, Airbus, Alcatel) est qualifiée de colbertiste par E. Cohen (« Souveraineté industrielle », 2022).
Retour du mercantilisme : D. Trump et le néomercantilisme (P. Krugman, années 1990) sont des exemples contemporains, avec une "weaponisation" de la mondialisation et la recherche de souveraineté économique.
B- Le courant physiocrate : 1er courant d'économie politique
Définition : La physiocratie (« gouverner la nature ») est le premier courant d'économistes, axé sur la création de valeur agricole (théorie de la valeur terre de R. Cantillon).
Économie scientifique : François Quesnay (chirurgien de Louis XV) est le père fondateur de la comptabilité nationale (tableau économique). Dupont de Nemours (1768) affirme que la science économique est aussi constante et démontrable que les sciences physiques, basée sur l'ordre naturel et l'analogie avec le corps humain.
Tableau économique de F. Quesnay : Métaphore du corps humain pour le circuit économique.
Organes = agents économiques (paysans, commerçants/artisans, propriétaires terriens).
Sang = monnaie (usage fonctionnel).
Distinction revenu (consommation) et avances (investissement).
Seule l'agriculture produit un produit net (+2Mds), reversé aux propriétaires.
Influence sur le marxisme : Le tableau de Quesnay inspire K. Marx (« Le Capital », 1867) pour sa théorie de la plus-value, où le produit net revient aux propriétaires sans travail productif.
Principes physiocrates :
Richesse réelle fondée sur l'agriculture, non sur l'or.
Valeur d'un bien dépend de la quantité de terre/matières premières.
Seule l'agriculture produit des richesses.
Pas de protectionnisme ni d'intervention de l'État (V. de Gournay : « Laissez faire les hommes, laissez passer les marchandises », 1752).
Système économique basé sur la concurrence et la propriété privée (ordre naturel).
Échec au pouvoir : Jacques Turgot, régisseur des finances de Louis XVI (1774-1776), tente d'appliquer les principes physiocrates (baisse dépenses publiques, moins d'intervention étatique, plus de concurrence). Cela conduit à la « Guerre des farines » (1775), une manifestation contre le capitalisme libéral.
Critique d'A. Smith : A. Smith (1776) considère la physiocratie comme un courant fallacieux mais non dangereux, car tous les secteurs produisent des richesses, pas seulement l'agriculture. Il partage cependant des points communs avec les physiocrates (concurrence, liberté économique, propriété privée).
III- De l'économie politique à la science économique : un passage de témoin
Introduction
Distinction :
Économie classique / Économie politique (1776-1870) : A. Smith, D. Ricardo, F. Bastiat, T. Malthus, K. Marx, J-B. Say.
Science économique néoclassique (1870-1910) : S. Jevons, C. Menger, L. Walras.
K. Marx (« Le Capital », 1867) utilise le terme d'économistes classiques pour A. Smith et D. Ricardo, et qualifie J-B. Say d'« économiste vulgaire ».
Liens entre les courants : Controverses (ex: juste prix, valeur d'un bien) et précurseurs (J-B. Say, N.W. Senior pour les néoclassiques).
Vision de la science économique chez N.W. Senior : Hédonisme, économie axiomatique, formalisation mathématique, contribution au bien-être social.
A- La Richesse des nations où l'ouvrage fondateur de la discipline : la question de la valeur
Théorie de la valeur classique :
A. Smith (1776) : Paradoxe de l'eau et du diamant. La valeur d'échange (prix) ne repose pas sur la valeur d'usage (utilité) mais sur la valeur travail (quantité de travail nécessaire).
D. Ricardo (1817) : Approfondit la théorie de Smith avec le travail incorporé (direct et indirect) et distingue biens reproductibles (dépend du travail) et non reproductibles (dépend de la rareté).
K. Marx (« Le Capital », 1867) : Reprend Ricardo. La valeur () est (capital constant + capital variable + plus-value). La plus-value () est la différence entre la valeur d'usage de la force de travail (production totale) et sa valeur d'échange (salaire de subsistance). Le circuit de la valeur est M-B-M'.
A. Smith : Père fondateur de la science économique : « La Richesse des nations » (1776) est l'ouvrage fondateur.
Théories importantes : concurrence et liberté économique (main invisible), division technique du travail (DTT), division internationale du travail (DIT) via les avantages absolus.
Rôle de l'État : 3 devoirs du souverain (défense nationale, justice intérieure, production de biens à fortes externalités positives).
Critique du manque de concurrence : La main invisible de Smith est réinterprétée par J. Delmotte (2009) : explication des faits inexpliqués (Jupiter), justification du ruissellement (B. Mandeville, « La Fable des abeilles », 1714), et convergence de l'intérêt individuel et collectif.
La manufacture d'épingles illustre la DTT et ses gains de productivité.
Les avantages absolus : Le commerce international est facteur de croissance pour les pays productifs ayant un avantage absolu (produire un bien en moins de temps).
B- Les débats possibles à partir d'A. Smith : les avantages comparatifs vs avantages absolus
Avantages comparatifs de D. Ricardo (1817) : Amende Smith en montrant que le commerce international est un jeu à somme positive pour tous les pays, même ceux sans avantage absolu, s'ils se spécialisent dans ce pour quoi leur coût d'opportunité est le plus faible.
Loi des débouchés de J-B. Say : « Toute offre crée sa propre demande ». L'épargne est un facteur de croissance, et il n'y a pas de fin à la croissance car toute offre trouve preneur.
Critique de la loi des débouchés par T. Malthus (1820) : « Pouvoir d'achat n'est pas vouloir d'achat ». L'épargne peut entraîner des crises de surproduction.
Théories de stagnation :
D. Ricardo : La rente différentielle (loi des rendements décroissants des terres) entraîne une baisse des profits et une hausse des salaires, menant à la stagnation.
T. Malthus (1798) : La loi de population (croissance géométrique de la population vs. arithmétique des denrées alimentaires) conduit aux famines et au « piège nutritionnel » (A. Deaton, 2015).
K. Marx (1867) : L'autodestruction du capitalisme par la baisse tendancielle du taux de profit. Face à la concurrence, les capitalistes remplacent le travail (v) par les machines (c), diminuant le taux de profit et le revenu des ouvriers, menant à la stagnation.
Critique de la théorie de la valeur smithienne :
A. Smith : Valeur travail pour expliquer le paradoxe de l'eau et du diamant.
J-B. Say et les néoclassiques : Explication par la loi de Gossen (utilité marginale décroissante). J-B. Say est un pont entre les classiques et les néoclassiques.
C- La valeur : principale controverse entre économie classique et néoclassique : la Révolution marginaliste
Révolution marginaliste : J. Schumpeter (1954) décrit une révolution de la théorie de la valeur.
Auteurs clés (1871-1874) : W. Jevons, C. Menger, L. Walras.
Concept central : utilité marginale décroissante.
Explication du paradoxe de l'eau et du diamant : la valeur d'échange est liée à l'utilité marginale (Um). car .
Débats sur la nouveauté : Certains auteurs estiment que le concept d'utilité marginale était déjà présent chez H. Gossen (loi de Gossen) et J. Dupuit (surplus du consommateur).
Révolution crédible ? Arguments pour (critique de la valeur travail, nouveau paradigme, approche microéconomique) et contre (pensée non unique, concepts préexistants).
D- Les néoclassiques : méthode mathématique et rationalité instrumentale
Méthode scientifique : Adoption de la méthode hypothético-déductive et mathématisée (D. Ricardo, J. Dupuit, A. Cournot).
Définition de l'économie :
L. Robbins (1947) : « L'économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relations entre des fins et des moyens rares à usages alternatifs ».
J-B. Say (1803) : « L'économie enseigne comment se forment, se distribuent et se consomment les richesses qui satisfont aux besoins des sociétés ».
Passage d'une vision macroéconomique à microéconomique.
F. Bastiat (« Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas », 1850) : La parabole de la vitre cassée illustre le rôle de l'économiste à considérer les conséquences directes et indirectes des actions.
Méthode des néoclassiques (W. Jevons) : Formulation d'hypothèses, formalisation théorique, vérification expérimentale (économétrie).
Hypothèses néoclassiques :
Acteurs parfaitement rationnels (instrumentalement), maximisant leur utilité.
Marchés en concurrence pure et parfaite (HAMLET).
Marchés régis par la loi de l'utilité marginale décroissante.
Existence d'un équilibre général (L. Walras).
Marchés autorégulateurs (commissaire-priseur de L. Walras).
Inégalités non pertinentes pour l'économiste (V. Pareto).
Le débat classiques vs. néoclassiques devient un débat microéconomique vs. macroéconomique.
IV- L'ÉCONOMIE AU 20EME SIECLE
A- L'économie du bien-être
Première école de Cambridge : Courant post-néoclassique (A. Marshall, A.C. Pigou). Prolonge le modèle de Walras en le rendant plus réaliste.
Équilibre partiel d'A. Marshall : Contrairement à l'équilibre général de Walras, Marshall raisonne sur un marché spécifique (« toutes choses étant égales par ailleurs »). La croix de Marshall (offre/demande) montre que la valeur d'un bien dépend de son utilité marginale à court terme et des coûts de production à long terme.
Approche moins abstraite : Marshall vise à aider les individus à « gouverner leur propre vie », précurseur de l'évaluation des politiques publiques.
Concept d'externalité : A. Marshall montre que la richesse nationale doit inclure les biens collectifs à fortes externalités positives. Une externalité est un avantage ou inconvénient pour un tiers d'un échange marchand.
Taxe pigouvienne : A.C. Pigou propose une taxe « pollueur-payeur » pour remédier aux externalités négatives (ex: surcharge des poids lourds).
Prise en compte de l'environnement : W. Jevons (« The Coal Question », 1865) introduit l'effet rebond : l'augmentation de l'efficacité énergétique d'un bien peut entraîner une augmentation de sa consommation (ex: machine à vapeur de J. Watt).
B- La révolution keynésienne et ses successeurs
L. Klein (1946) popularise l'expression « révolution keynésienne ». Apports de J-M. Keynes :
Raisonnement purement macroéconomique (pas de microéconomie néoclassique, « No Bridge »).
Individus non rationnels, comportements fondés sur les « esprits animaux ».
Pas de marché du travail, le volume d'emplois dépend du marché des B&S (principe de demande anticipée).
Économie naturellement instable et en équilibre de sous-emploi (ajustement par les quantités).
Invalidation de la loi des débouchés de J-B. Say et de la théorie quantitative de la monnaie.
Importance de la politique budgétaire (multiplicateur de Kahn) et monétaire (accélérateur d'Aftalion-Clark) pour sortir des crises.
Keynes et les esprits animaux : Les décisions économiques sont souvent irrationnelles, basées sur l'intuition. Le « concours de beauté » illustre comment les marchés financiers sont influencés par les anticipations des anticipations.
Importance de la politique budgétaire : « Un malade n'a pas besoin de repos mais d'exercice » (Keynes, 1936). Il faut stimuler la demande en période de crise. Critique de la politique déflationniste de W. Churchill dans les années 1920.
Importance de la politique monétaire : La PM a un rôle à jouer en période de crise en diminuant les taux d'intérêt (ex: New Deal, Plan Obama).
Héritiers de Keynes :
Postkeynésiens (radicaux) : J. Robinson, E. Kalecki, M. Lavoie, H. Minsky.
Courant de la synthèse (« keynésianisme bâtard ») : J. Hicks, P. Samuelson, J. Tobin.
Nouveaux keynésiens (« light ») : P. Krugman, J. Stiglitz, G. Akerlof.
Modèle IS-LM (J. Hicks, 1937) : Synthèse des hypothèses keynésiennes (monnaie active, emploi sur marché B&S) et classiques (modèle atemporel, équilibre général). Appliqué avec succès par les « New Economics » sous J. Kennedy et L. Johnson.
Principes postkeynésiens (M. Lavoie, V. Monvoisin, J-F. Ponsot, 2001) :
Importance de la demande effective (investissement indépendant de l'épargne).
Acceptation des esprits animaux et de l'incertitude radicale.
Monnaie active.
Répartition des revenus conflictuelle et importante pour la dynamique économique (N. Kaldor : « Les capitalistes gagnent ce qu'ils dépensent et les travailleurs dépensent ce qu'ils gagnent »).
Croyance au chômage technologique (J-M. Keynes, « Lettre à nos petits enfants », 1930).
Loi de Kaldor-Verdoorn : La productivité d'un secteur croît avec la racine carrée de la production du secteur.
C- L'économie autrichienne portée par F. Hayek
Défenseur de l'économie de marché : F. Hayek (« Les Routes de la servitude », 1943) rejette toute planification.
Existence d'un ordre spontané de marché, meilleur moyen de gérer l'information.
L'État se développe jusqu'à un système planifié (socialisme, nazisme), lien avec la loi de Wagner.
Contre l'impôt redistributif (discriminant, décourage l'entrepreneuriat), souhaite un impôt proportionnel.
Mission de l'État : assurer le respect de la concurrence.
Lien avec les monétaristes : L'impôt négatif de M. Friedman (« Capitalisme et liberté », 1962) vise à combattre la pauvreté sans déranger le marché, dans la lignée de Hayek.
D-1 L'économie chez les monétaristes et les nouveaux classiques : M. Friedman
Critique des idées keynésiennes : M. Friedman (« Capitalisme et liberté », « Inflation et systèmes monétaires », 1968) récuse les idées keynésiennes.
Politique budgétaire inefficace (théorie du revenu permanent, théorie des lags).
Politique monétaire inefficace car la monnaie est neutre à long terme (anticipations adaptatives).
Controverse Keynes-Friedman sur la politique budgétaire :
Keynes : Consommation dépend du revenu courant (), relance publique efficace.
Friedman (1957) : Consommation dépend du revenu permanent (), anticipé sur la vie, rendant la relance inefficace.
D-1 L'économie chez les monétaristes et les nouveaux classiques : G. Becker
Impérialisme économique : G. Becker (PN 1992) étend l'analyse microéconomique à toutes les préoccupations de la vie (éducation, crime, tâches ménagères).
D-2 L'économie chez les monétaristes et les nouveaux classiques : le Public Choice
Défaillances de l'État : Contrairement aux défaillances de marché (NEK), le Public Choice étudie les défaillances de l'État.
W. Nordhaus (« Le cycle politico-électoral », 1978).
J. Buchanan & G. Tullock (« Le calcul du consentement », 1962).
W. Niskanen (« Bureaucracy and representative government », 1971).
D-3 L'économie chez les monétaristes et les nouveaux classiques : la NEC
Révolution de la NEC : Radicalise Friedman et Becker.
Fondements microéconomiques de la macroéconomie.
Politique monétaire inefficace (anticipations rationnelles de Muth, 1961).
Politique budgétaire inefficace (effet Ricardo-Barro).
Chocs économiques exogènes (Kydland et Prescott, 1982, RBC), le marché revient seul à l'équilibre.
Critique de la NEC : La crise de 2008 révèle les limites des modèles DSGE (anticipations rationnelles, monnaie neutre, chômage volontaire). S. Keen (« L'imposture économique », 2014) appelle à se rapprocher de l'analyse postkeynésienne (H. Minsky).
E- Un auteur inclassable : J. Schumpeter
Croissance par l'innovation : J. Schumpeter est le premier à lier croissance et innovation via la destruction créatrice (« Capitalisme, socialisme et démocratie », 1942).
V- L'ÉCONOMIE AU 21EME SIÈCLE !
A- La victoire des néoclassiques/nouveaux classiques
Triomphe d'une approche empirique et mathématique : La discipline est dominée par les mathématiques (microéconomie, économétrie).
Thématiques absentes : L'environnement et les inégalités sont souvent absents du paradigme dominant, ce qui interroge la « scientificité » de la science économique (E. Monnet, « L'insoutenable légèreté des économistes », 2022).
Le Prix Nobel : Reflète la consécration du paradigme dominant, bien qu'il récompense parfois des approches plus hétérodoxes (économie comportementale, développement, historique).
B- Un retour de la question classique de la répartition
Retour des thématiques classiques :
Inégalités (A. Atkinson, T. Piketty, F. Bourguignon, B. Milanovic).
Pauvreté/développement (E. Duflo, D. Acemoglu et J. Robinson).
Biais humains (économie comportementale : D. Kahneman, R. Shiller, R. Thaler).
Rigueur scientifique des néoclassiques : Ces économistes adoptent une vision ricardienne (sujets de préoccupation) et la rigueur scientifique (mathématiques, méthodes expérimentales) des néoclassiques.
T. Piketty (« Le Capital au 21ème siècle », 2013) : Les inégalités sont naturellement cumulatives car le rendement du capital () est structurellement plus élevé que le taux de croissance du PIB ().
C. Goldin (PN 2023) : « L'économiste comme détective ». Son travail (« The Quiet Revolution », 2006) sur la place des femmes dans le développement économique utilise une approche historique basée sur les archives, illustrée par la courbe en U de la participation des femmes au marché du travail.
Flashcards - Auteurs et Idées
Xénophon
Livre/Date: « L'économique » (-362 av. JC)
Idées: Définition de l'économie comme science de la gestion des ressources domestiques. L'économiste est économe.
Aristote
Livre/Date: « Les Politiques »
Idées: Distinction claire entre sphère économique et politique (la politique est supérieure). La "vie bonne" ne se résume pas à la richesse. Défense de la propriété privée. Dénonciation de la "mauvaise chrématistique" (accumuler pour accumuler).
G. Hardin
Livre/Date: « La Tragédie des biens communs » (1968)
Idées: Les ressources partagées sont surexploitées si les individus agissent selon leur propre intérêt.
K. Polanyi
Livre/Date: « La Grande Transformation » (1944)
Idées: L'économie s'est désencastrée de la société et de la politique à partir du 19ème siècle, menant à la sacralisation du marché autorégulateur. Nécessité de réencastrer l'économie.
Saint Thomas d'Aquin
Livre/Date: « Somme théologique »
Idées: Distinction justice distributive (méritocratie) et commutative (égalité des droits). L'échange est un jeu à somme positive. Condamnation de l'usure. Précurseur des asymétries d'information et du vice caché.
G. Akerlof
Livre/Date: « The Market for Lemons » (1970)
Idées: Théorie de la sélection adverse due aux asymétries d'information.
Thomas More
Livre/Date: « L'Utopie » (1516)
Idées: Critique des changements sociaux (Réforme, Grandes Découvertes, Enclosures). Proposition d'une société idéale sans propriété privée, avec travail obligatoire et monnaie limitée. Précurseur du socialisme.
K. Marx
Livre/Date: « Le Capital » (1867)
Idées: Critique du capitalisme industriel. Théorie de la plus-value. Autodestruction du capitalisme par la baisse tendancielle du taux de profit.
F. Engels
Livre/Date: « La Situation de la classe laborieuse en Angleterre » (1844)
Idées: Description des conditions de vie et de travail des ouvriers. Concept de la "pause d'Engels" (stagnation des salaires malgré la hausse de productivité).
C. Fourier
Livre/Date: « Le Nouveau Monde industriel et sociétaire » (1829)
Idées: Concept de Phalanstère (communauté de vie et de travail).
N. Machiavel
Livre/Date: « Le Prince » (1532)
Idées: Réalisme politique. L'homme est individualiste, le gouvernement vise son intérêt propre.
Adam Smith
Livre/Date: « La Richesse des nations » (1776)
Idées: Critique du mercantilisme. Théorie de la valeur travail. Main invisible du marché. Division technique et internationale du travail (avantages absolus). 3 devoirs du souverain.
Antoine de Montchrestien
Livre/Date: « Traité d'économie politique » (1615)
Idées: Fondateur du mercantilisme. Indivisibilité économie/politique. Jeu à somme nulle. Monnaie = richesse. Protectionnisme.
Luiz Ortiz
Livre/Date: « Mémoires au roi pour que l'argent ne quitte pas le royaume » (1558)
Idées: Figure du bullionisme ibère. Volonté d'accumuler les métaux précieux.
Thomas Mun
Livre/Date: « England's Treasure by Foreign Trade » (1664)
Idées: Figure du commercialisme britannique. Développement de la balance commerciale.
J. Bodin
Livre/Date: « Les six livres de la République » (1576)
Idées: « Il n'y a de richesses ni de force que d'Hommes ». Importance de la population pour la puissance de l'État.
E. Cohen
Livre/Date: « Souveraineté industrielle » (2022)
Idées: La politique industrielle française s'inspire du modèle colbertiste.
François Quesnay
Livre/Date: « Maximes générales du gouvernement économique d'un royaume agricole » (1767)
Idées: Père fondateur de la physiocratie et de la comptabilité nationale. Tableau économique (circuit économique). Seule l'agriculture produit des richesses.
Dupont de Nemours
Livre/Date: « De l'origine et des progrès d'une science nouvelle » (1768)
Idées: La science économique est aussi rigoureuse que les sciences physiques, basée sur l'ordre naturel.
Vincent de Gournay
Idées: « Laissez faire les hommes, laissez passer les marchandises » (1752). Principe du libéralisme économique.
Jacques Turgot
Idées: Tente d'appliquer les principes physiocrates (baisse dépenses publiques, moins d'intervention étatique, plus de concurrence).
D. Ricardo
Livre/Date: « Des principes de l'économie politique et de l'impôt » (1817)
Idées: Théorie du travail incorporé. Avantages comparatifs (commerce international = jeu à somme positive). Loi des rendements décroissants (rente différentielle).
J-B. Say
Livre/Date: « Traité d'économie politique » (1803)
Idées: Loi des débouchés (« Toute offre crée sa propre demande »). L'épargne est un facteur de croissance. Précurseur des néoclassiques sur la valeur.
T. Malthus
Livre/Date: « Essai sur le principe de population » (1798)
Idées: Loi de population (croissance démographique > croissance des denrées alimentaires). Critique de la loi des débouchés (« Pouvoir d'achat n'est pas vouloir d'achat »).
A. Deaton
Idées: Concept de piège nutritionnel.
L. Robbins
Livre/Date: « Essai sur la nature et la signification de la science économique » (1932)
Idées: Définition de l'économie comme la science des choix face à la rareté.
F. Bastiat
Livre/Date: « Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas » (1850)
Idées: Parabole de la vitre cassée. L'économiste doit considérer les conséquences directes et indirectes des actions.
B. Mandeville
Livre/Date: « La Fable des abeilles : vices privés, bénéfices publics » (1714)
Idées: Les vices privés peuvent contribuer au bien-être public. Justification du ruissellement.
J. Schumpeter
Livre/Date: « Capitalisme, socialisme et démocratie » (1942)
Idées: Théorie de la destruction créatrice (innovation moteur de croissance).
W. Jevons
Livre/Date: « Théorie d'économie politique » (1871), « The Coal Question » (1865)
Idées: Un des fondateurs de la révolution marginaliste (utilité marginale décroissante). Effet rebond.
C. Menger
Livre/Date: « Principes d'économie politique » (1871)
Idées: Un des fondateurs de la révolution marginaliste (utilité marginale décroissante).
L. Walras
Livre/Date: « Éléments d'économie politique pure » (1874)
Idées: Un des fondateurs de la révolution marginaliste (utilité marginale décroissante). Théorie de l'équilibre général. Commissaire-priseur.
H. Gossen
Idées: Loi de Gossen (utilité marginale décroissante).
J. Dupuit
Idées: Précurseur de l'utilité marginale décroissante et du surplus du consommateur.
A. Marshall
Livre/Date: « Principes d'économie politique » (1898)
Idées: Équilibre partiel (« toutes choses égales par ailleurs »). Croix de Marshall (valeur dépend de l'utilité à CT et des coûts à LT). Précurseur de l'évaluation des politiques publiques.
A.C. Pigou
Livre/Date: « Economics of Welfare » (1920)
Idées: Concept d'externalité. Taxe pigouvienne (pollueur-payeur).
L. Klein
Livre/Date: « La Révolution keynésienne » (1946)
Idées: Popularise l'expression "révolution keynésienne".
J-M. Keynes
Livre/Date: « Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie » (1936), « Les Conséquences économiques de Monsieur Churchill » (1925), « Lettre à nos petits enfants » (1930)
Idées: Macroéconomie. Individus non rationnels (esprits animaux). Équilibre de sous-emploi. Importance des politiques budgétaire et monétaire. Chômage technologique.
J. Hicks
Livre/Date: « Mr Keynes and the Classics » (1937)
Idées: Modèle IS-LM (synthèse keynésienne et classique).
N. Kaldor
Livre/Date: « Capital Accumulation & Economic Growth » (1953)
Idées: Loi de Kaldor-Verdoorn (productivité liée à la production). « Les capitalistes gagnent ce qu'ils dépensent et les travailleurs dépensent ce qu'ils gagnent ».
F. Hayek
Livre/Date: « Les Routes de la servitude » (1943)
Idées: Rejet de la planification. Ordre spontané de marché. Contre l'impôt redistributif. L'État doit assurer la concurrence.
M. Friedman
Livre/Date: « Capitalisme et liberté » (1962), « Inflation et systèmes monétaires » (1968)
Idées: Monétarisme. Politique budgétaire inefficace (revenu permanent). Monnaie neutre à long terme. Impôt négatif.
G. Becker
Livre/Date: « The Economics of Crime » (1978)
Idées: Impérialisme économique (application de l'analyse microéconomique à tous les domaines de la vie).
W. Nordhaus
Livre/Date: « Le Cycle politico-électoral » (1978)
Idées: Théorie du cycle électoral (politiques économiques influencées par les élections).
J. Buchanan & G. Tullock
Livre/Date: « Le Calcul du consentement » (1962)
Idées: Fondateurs du Public Choice (analyse des défaillances de l'État).
W. Niskanen
Livre/Date: « Bureaucracy and Representative Government » (1971)
Idées: Théorie de la bureaucratie (maximisation du budget par les bureaucrates).
R. Lucas
Livre/Date: « Real Wages, Employment and Inflation » (1995)
Idées: Nouveaux classiques. Anticipations rationnelles. Fondements microéconomiques de la macroéconomie.
R. Kydland & E. Prescott
Livre/Date: « Time to Build and Aggregate Fluctuations » (1982)
Idées: Théorie des cycles réels (RBC). Chocs économiques exogènes.
S. Keen
Livre/Date: « L'Imposture économique » (2014)
Idées: Critique des modèles DSGE et des hypothèses néoclassiques face à la crise de 2008.
T. Piketty
Livre/Date: « Le Capital au 21ème siècle » (2013)
Idées: Les inégalités sont naturellement cumulatives ().
C. Goldin
Livre/Date: « The Quiet Revolution » (2006)
Idées: Rôle des femmes dans le développement économique. Courbe en U de la participation des femmes au marché du travail.
Flashcards - Citations
Xénophon
« J'ai entendu un jour Socrate s'entretenir ainsi sur l'économie : - Dis-moi Critobule, l'économie a-t-elle un nom de science comme la médecine ou l'architecture ? - Je le crois, dit Critobule - Oui mais de même que nous pouvons déterminer l'objet de chacun de ces arts, pouvons-nous dire aussi ce que l'économie a pour objet ? - Je crois, dit Critobule, qu'il est d'un bon économe de bien gouverner sa maison ».
Xénophon, « L'économique », -362 av. JC
N. Machiavel
« Il m'a paru qu'il valait mieux m'arrêter à la réalité des choses que de me livrer à de vaines spéculations. Bien des gens ont imaginé des républiques et des principautés telles qu'on n'en a jamais vues ni connues, Mais à quoi bon? ».
N. Machiavel, « Le Prince » (1532)
Dupont de Nemours
« La science économique n'étant autre chose que l'application de l'ordre naturel au gouvernement des sociétés, est aussi constante dans ses principes et aussi susceptible de démonstration que les sciences physiques les plus certaines ».
Dupont de Nemours, « De l'origine et des progrès d'une science nouvelle » (1768)
Vincent de Gournay
« Laissez faire les hommes, laissez passer les marchandises ».
Vincent de Gournay (1752)
K. Polanyi
« Le postulat de rareté associé au mécanisme de marché enferme l'individu dans le choix des moyens et l'empêche précisément d'accéder à l'existence sociale en participant, en tant qu'acteur, au choix des institutions ».
K. Polanyi (1944)
A. Smith
« Les revenus des oisifs sont en réalité un prélèvement sur le travail ».
A. Smith (1776)
J-B. Say
« Toute offre crée sa propre demande ».
J-B. Say
T. Malthus
« Pouvoir d'achat n'est pas vouloir d'achat ».
T. Malthus (1820)
J. Schumpeter
« L'impulsion fondamentale qui maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouveaux marchés, les nouvelles manières de produire... Ce processus de destruction créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme ».
J. Schumpeter, « Capitalisme, socialisme et démocratie » (1942)
A. Marshall
« L'économique servira de guide dans la conduite pratique de la vie ».
A. Marshall (1898)
J-M. Keynes
« Ce n'est donc pas la désutilité marginale du travail, exprimée en salaires réels, qui détermine le volume de l'emploi [...]. Ce sont la propension à consommer et le montant de l'investissement nouveau qui déterminent conjointement le volume de l'emploi et c'est le volume de l'emploi qui détermine de façon unique le niveau des salaires réels - non l'inverse. Si la propension à consommer et le montant de l'investissement nouveau engendrent une demande effective insuffisante, le volume effectif de l'emploi sera inférieur à l'offre de travail qui existe en puissance au salaire réel en vigueur [...] ».
J-M. Keynes (1936)
« Un malade n'a pas besoin de repos mais d'exercice ».
J-M. Keynes (1936)
« Pourquoi a-t-il fait une telle sottise ?! ».
J-M. Keynes, « Les Conséquences économiques de Monsieur Churchill » (1925)
« Quand vous mettez deux économistes dans une pièce, vous avez deux avis différents. Quand l'un des deux est Keynes, vous avez trois avis ».
W. Churchill (à propos de Keynes)
N. Kaldor
« Les capitalistes gagnent ce qu'ils dépensent et les travailleurs dépensent ce qu'ils gagnent ».
N. Kaldor (1974)
M. Friedman
« En un sens tout le monde est devenu keynésien mais dans un autre sens plus personne ne l'est ».
M. Friedman, « The Economy: We Are All Keynesian Now » (1965)
R. Lucas
« Intellectuellement Keynes était incapable de comprendre Walras ».
R. Lucas, « Real Wages, Employment and Inflation » (1995)
« La macroéconomie s'est constituée en discipline autonome dans les années 1940, fruit de l'effort de recherche accomplie en réponse à la grande dépression. Le terme désignait alors un corpus de connaissances et de compétences grâce auxquelles, espérait-on, on pourrait empêcher la répétition d'un tel désastre économique. La thèse que je veux développer aujourd'hui, c'est que, dans cette acception initiale, la macroéconomie a réussi son pari : son problème central, la prévention des dépressions, a pour ainsi dire été résolu, et il a même été pour plusieurs dizaines d'années ».
R. Lucas, « Macroeconomics Priorities » (2003)
C. Goldin
« J'ai toujours voulu être détective, j'ai réussi en étant économiste ».
C. Goldin (PN 2023)
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