Mycologie Médicale: Morphologie, Classification et Infections Fongiques
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MYCOLOGIE MÉDICALE
Les Mycètes (Champignons) constituent un règne à part entière, au même titre que les Animaux ou les Végétaux, regroupant des dizaines de milliers d'espèces.
1. Morphologie et Structure des Cellules Fongiques
Un Mycète est un organisme eucaryote, uni ou pluricellulaire, saprophyte (se nourrissant de matière organique en décomposition), dépourvu de chlorophylle. Les Mycètes se développent toujours à partir d’une spore.
1.1. Organisation de la Cellule Fongique
La cellule fongique est une cellule eucaryote possédant :
- Une membrane cellulaire.
- Un noyau, délimité par une membrane nucléaire et contenant des chromosomes et des nucléoles.
- Des organites (mitochondries, ribosomes…).
- Une paroi cellulaire rigide, riche en chitine ou en chitosane, qui diffère de celle des cellules végétales et des bactéries.
Au niveau des membranes cellulaires, on retrouve l’ergostérol, un lipide qui joue un rôle similaire à celui du cholestérol chez les animaux. L'ergostérol est fondamental pour les mycètes et est la cible de nombreux antifongiques.
1.2. Organisation et Développement du Thalle
Les mycètes sont des Thallophytes : leur appareil végétatif est un thalle (ne possédant ni feuilles, ni tiges, ni racines). Le thalle peut être unicellulaire ou, le plus souvent, filamenteux (mycélium).
- Unicellulaire : appelées levures (ex: Candida, Trichosporon). Elles sont des cellules ovoïdes de quelques micromètres.
- Pluricellulaire : appelé mycélium, constitué d’hyphes (éléments tubulaires de 1 à 30 micromètres de diamètre) (ex: Aspergillus).
Les colonies de champignons filamenteux ou de levures ont une morphologie macroscopique caractéristique (forme, taille, structure, aspect de la surface, couleur) qui permet d'orienter le diagnostic en cas de mycose.
2. Organes de Reproduction et de Dissémination
Les champignons ont une croissance rapide et se reproduisent majoritairement de façon asexuée (multiplication végétative) par :
- Bourgeonnement pour les levures.
- Fragmentation du mycélium.
Les spores sont produites en très grand nombre et permettent aux champignons de coloniser divers milieux. Elles peuvent être :
- Endospores : à l'intérieur de sporocystes (mobiles ou immobiles).
- Conidies : externes.
3. Classification
Les champignons sont classés en plusieurs groupes, dont :
- Basidiomycètes : Les cellules sporifères sont des basides, souvent réunies en un carpophore (le "champignon" au sens courant).
- Ascomycètes : Ce groupe comprend les levures et des moisissures comme le genre Aspergillus. Elles dégradent leur substrat grâce à des enzymes et produisent des spores pour se disséminer.
- Zygomycètes : Incluent les Mucorales, qui forment une partie des moisissures. Le terme « moisissure » désigne les champignons d'aspect filamenteux ou poudreux se développant sur des substrats organiques. La plupart sont saprophytes, quelques-uns parasites.
4. Infections Fongiques (Mycoses)
Les mycoses sont des infections causées par des champignons microscopiques. Parmi les centaines de milliers d'espèces connues, plusieurs centaines sont potentiellement pathogènes pour l’Homme ou l’Animal.
Les mycoses résultent du parasitisme fongique de la peau, des muqueuses, des viscères, du système nerveux central ou du squelette.
Classification Clinique des Mycoses
Les mycoses peuvent être classées en deux catégories principales :
- Mycoses superficielles : Infections de la peau, des muqueuses et des phanères (cheveux, ongles). Les principaux agents sont les Trichophyton, Microsporum, et Epidermophyton.
- Mycoses profondes ou systémiques (non détaillées ici).
Origine des Mycoses
- Origine endogène : Champignons naturellement présents dans l’organisme (microbiote) qui deviennent pathogènes sous l’influence de facteurs favorisants (déséquilibre du milieu).
- Origine exogène : Contamination environnementale (sol, végétaux, animaux). La contamination peut être aérienne (bronches, alvéoles, sinus) ou cutanée (brûlures, plaies, gestes invasifs).
Prise en Charge des Mycoses
Un traitement est proposé à tous les patients atteints d'une mycose (cutanée, muqueuse ou phanère). Les objectifs sont :
- Disparition des lésions.
- Prévention de la contamination et de la surinfection.
- Prévention de la diffusion systémique de l'infection (surtout chez les immunodéprimés).
Les affections à dermatophytes sont contagieuses.
Facteurs Favorisants des Mycoses
Plusieurs facteurs augmentent le risque d'infections fongiques :
- Patients à risques avec défaillance immunitaire : Diabète, corticothérapie générale, antibiothérapie, grossesse, stress.
- Facteurs comportementaux/environnementaux : Sueur, chaleur, macération, humidité, frottement et irritation de la peau (particulièrement chez la personne obèse).
4.1. Mycoses Cutanées
4.1.1. Intertrigo
L'intertrigo est une dermatose localisée aux plis cutanés. Tous les plis peuvent être touchés :
- Grands plis : axillaires, inguinaux, sous-mammaires, interfessiers.
- Plis moyens : coudes et genoux.
- Petits plis : interdigitaux, interdigito-plantaires, rétro-auriculaires, périlabiaux, naso-géniens, palpébraux, cervicaux, ombilicaux, abdominaux.
Les principaux responsables sont les dermatophytes et les Candida.
Pied d'Athlète (Intertrigo Interdigital)
C'est la dermatophytose la plus fréquente, touchant la peau entre les orteils. Elle se caractérise par :
- Fissures et desquamation de la peau.
- Démangeaisons, rougeurs et brûlures.
- Souvent accompagnée d'une odeur nauséabonde.
Le milieu chaud et humide provoqué par la sudation des pieds dans la chaussure est favorable à la prolifération du Trichophyton.
Intertrigo des Grands Plis
L'intertrigo inguinal est plus fréquent chez l’homme jeune en été. Les lésions sont :
- Érythémato-squameuses, bilatérales, prurigineuses.
- Fissures au fond des plis, hyperkératose macérée.
- Localisées sur la face interne des cuisses, pouvant déborder sur les organes génitaux, la marge anale et le tronc.
Peut être causé par Candida ou des dermatophytes.
Mycose Cutanée à Candida
Les lésions sont :
- Érythémateuses, cuisantes ou prurigineuses, puis suintantes, vernissées.
- Recouvertes de pustules ou d’un enduit blanchâtre.
- Le fond du pli est souligné par une fissure douloureuse.
- La bordure est limitée par une collerette cornée blanchâtre avec quelques « pustulettes » sur la peau saine adjacente.
4.1.2. Tinea Corporis (Dermatophytose du Corps)
Cette mycose est caractérisée par :
- Une bordure vésiculo-croûteuse.
- Un caractère annulaire.
- Une extension centrifuge avec tendance à la guérison centrale.
- Lésions ± prurigineuses.
Contamination
- Contact avec un animal (pelade du chien/chat).
- Contact direct avec une peau infectée (ou indirect via des squames).
- Contact avec un sol contaminé (plus rare).
- Salles de sport (ex: judokas).
Diagnostic
- Examen clinique caractéristique.
- +/- Prélèvement pour examen direct et mise en culture.
Prise en Charge Médicamenteuse des Mycoses Cutanées
Le traitement repose sur des antifongiques locaux à large spectre (famille des azolés, terminant par -AZOLE) :
- Applications biquotidiennes : éconazole, isoconazole (Fazol®).
- Une application quotidienne (meilleure observance) : bifonazole (Amycor®), omoconazole (Fongamil®), oxiconazole (Fonx®).
- Autres molécules : ciclopirox olamine, terbinafine crème.
Les textures crème et émulsion sont utilisées pour les lésions sèches et desquamatives. Les lotions ou gels sont préférés pour les lésions suintantes et macérées.
Exemple : Éconazole (crème)
- Mécanisme d’action : Activité antifongique et antibactérienne.
- Indications : Candidoses (mycoses des plis non macérées, onyxis, périonyxis), dermatophyties (Tinea corporis, intertrigos génitaux et cruraux non macérées, teignes - nécessite un traitement systémique associé).
- Contre-indications : Hypersensibilité.
- Interactions médicamenteuses : Avec les AVK si utilisation prolongée (contrôle INR).
- Effets indésirables : Peu fréquents.
- Précautions d’emploi : Ne pas appliquer dans l'œil.
- Posologie : 2 à 3 fois par jour pendant 2 à 4 semaines.
Conseils aux Patients
- Éviter les vêtements trop serrés et privilégier les matières naturelles (coton, lin, laine).
- Sécher soigneusement la zone après la toilette pour éviter la macération.
- Ne pas garder les vêtements mouillés ou humides.
- Ne pas prêter son linge de toilette.
- Pour le Tinea corporis, penser à traiter les animaux domestiques.
- Avoir une hygiène quotidienne soignée : savon acide pour dermatophytes, savon neutre ou alcalin pour Candida.
4.1.3. Pityriasis Versicolor
Cette pathologie est provoquée par une levure, Malassezia furfur, qui fait partie de la flore commensale cutanée (principalement au niveau du follicule pilosébacé). C’est une infection opportuniste qui se développe en cas de conditions favorisantes :
- Séborrhée, sudation importante.
- Corticothérapie, facteur génétique.
Elle se manifeste par l'apparition de plaques squameuses indolores blanches à brunes sur le tronc, l'abdomen et, moins fréquemment, le visage. Ces taches ne bronzent pas et desquament par la suite. Le diagnostic est principalement clinique et visuel.
Traitement
Le pityriasis versicolor n'est pas grave, non contagieux et n'est pas dû à un manque d’hygiène.
- Application de Kétoderm® (kétoconazole) moussant sur tout le corps + cheveux, à laisser agir 5 min puis rincer, ou en crème 2x/jour.
- Les lésions peuvent rester visibles plusieurs mois après le traitement.
- Risque de récidives si les conditions favorables persistent ou si le traitement est incomplet.
Exemple : Kétoconazole
- Mécanisme d’action : Fongistatique, inhibe la synthèse de l’ergostérol.
- Indications : Mycoses cutanéo-muqueuses à Candida et à dermatophytes, Pityriasis versicolor.
- Contre-indications : Grossesse, allaitement, allergies.
- Effets indésirables : Hépatotoxicité, troubles digestifs.
- Précautions d’emploi : Réservé à l’adulte. Si utilisation d’un dermocorticoïde le matin, appliquer le kétoconazole le soir.
- Posologie : Crème 1 à 2 fois/jour (2 à 6 semaines). Moussant 2 fois/semaine.
4.2. Mycoses des Muqueuses (Candidoses)
Les candidoses sont des affections majoritairement opportunistes, provoquées par des levures du genre Candida, l'espèce la plus fréquente étant Candida albicans. Ce sont des atteintes généralement superficielles des muqueuses respiratoires, digestives et génitales, mais peuvent aussi être profondes ou disséminées.
Plusieurs espèces de Candida sont commensales du tube digestif, des muqueuses et de la peau, colonisant la flore buccale de la majorité des sujets sains.
Facteurs Favorisants des Candidoses
Certains facteurs favorisent le passage du Candida albicans du saprophytisme au parasitisme en perturbant la flore commensale :
- Médicaments : Antibiothérapie à large spectre, immunosuppresseurs, corticoïdes, anticancéreux, contraceptifs oraux.
- Pathologies immunosuppressives : Diabète, VIH.
- Surpoids, grossesse, sujets âgés.
Candidoses du Tube Digestif
- Candidoses buccales :
- Muguet : Fréquent chez le nouveau-né et l'immunodéprimé. Enduit crémeux blanchâtre sur la langue et l’intérieur des joues.
- Glossite érythémateuse : Langue rouge vif, sensation de brûlures.
- Stomatite des dentiers.
- Perlèche : Sécheresse extrême des commissures des lèvres entraînant croûtes et fissures.
- Candidoses œsophagiennes : Difficultés à avaler, douleurs, brûlures, hoquet, nausées.
- Candidoses gastro-intestinales : Diarrhées fréquentes, ulcérations des muqueuses intestinales.
- Candidoses anales : Prurit, sensation de brûlures anales après les selles.
4.2.1. Muguet
Enduit crémeux blanchâtre sur la langue et l’intérieur des joues. Fréquent chez le nouveau-né et les immunodéprimés. Attention aux corticoïdes inhalés (conseil : bien rincer la bouche après utilisation).
Diagnostic Biologique
Le diagnostic des mycoses des muqueuses repose majoritairement sur la forme clinique, mais des prélèvements peuvent être réalisés pour examen direct, mise en culture et identification.
Prise en Charge Médicamenteuse du Muguet
Traitement de 1 à 3 semaines avec des antifongiques buccaux :
- Nystatine en suspension buvable.
- Amphotéricine B en suspension buvable.
- Miconazole en gel buccal ou en comprimé gingival muco-adhésif.
Des antifongiques systémiques (ex: fluconazole) peuvent être utilisés chez les patients atteints d'infection par le VIH.
Exemple : Nystatine (suspension buvable)
- Mécanisme d’action : Antifongique d’action locale (de contact), absorption systémique quasi nulle.
- Indications : Candidose buccale, digestive, oropharyngée, vaginale et cutanée (si intestinale associée).
- Contre-indications : Hypersensibilité.
- Précautions d’emploi : Grossesse ou allaitement, candidose systémique.
- Effets indésirables : Troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées).
- Posologie : Nourrisson : 1 à 2 ml 4 fois/jour. Enfant et Adulte : 1 à 6 ml 4 fois/jour. Maintenir au moins 48 heures après disparition des symptômes. Bien agiter avant emploi.
- Conseils : Prendre à distance des repas et boissons (min 10 min après). Maintenir le produit en bouche le plus longtemps possible (2-3 minutes) avant de l'avaler.
Exemple : Amphotéricine B (suspension buvable)
- Mécanisme d’action : Fongistatique, altération des membranes fongiques par fixation sur l’ergostérol. Absorption systémique quasi nulle.
- Indications : Mycoses digestives.
- Contre-indications : Hypersensibilité, grossesse, candidoses systémiques.
- Précautions d’emploi : Si prise d’antiacide ou topique gastro-intestinal, prendre à 2h d'intervalle.
- Effets indésirables : Troubles gastro-intestinaux.
- Posologie : Réservé à l'adulte et enfant > 30 kg. Adulte : 1,5 à 2 g/24h (3 à 4 cuillères à café). Enfant > 30 kg : 1,5 g/24h (3 cuillères à café).
- Conseils : Peut être utilisé en bain de bouche pour les candidoses buccales (3 à 4 prises/jour). Bien agiter avant emploi.
Exemple : Miconazole (gel buccal)
- Mécanisme d’action : Antifongique à large spectre (Candida et autres levures), inhibe la biosynthèse de l'ergostérol.
- Indications : Traitement des mycoses de la cavité buccale de l'adulte et de l'enfant de 4 mois et plus (muguet, perlèche, glossites, gingivites, stomatites).
- Contre-indications : Hypersensibilité, nourrisson < 4 mois, insuffisance hépatique, association avec AVK et sulfamides hypoglycémiants.
- Effets indésirables : Allergies.
- Posologie : Nourrissons 4-24 mois : 1,25 mL 4 fois/jour après les repas. Adultes et enfants > 2 ans : 2,5 mL 4 fois/jour après les repas. Durée habituelle : 7 à 15 jours, continuer au moins une semaine après disparition des symptômes. Administration à distance des repas.
- Conseils : Bains de bouche avec du bicarbonate de Na (1 cuillère à café diluée dans un verre d’eau, 3 fois/jour) pour alcaliniser la bouche et limiter le développement des candidoses.
4.2.2. La Perlèche (Chéilite Angulaire)
C'est un intertrigo de la commissure labiale, uni ou bilatéral. Les lésions sont douloureuses, saignent facilement et limitent l’ouverture buccale. Elles peuvent être un simple érythème, une fissure sur un fond inflammatoire, ou des lésions croûteuses/hyperkératosiques surmontant une ulcération.
Peut être bactérien (Staphylococcus aureus) ou candidosique. Fréquent chez le sujet âgé.
Le traitement de première intention est l'application de bifonazole (Amycor®) crème 1 fois/jour pendant 21 jours.
4.2.3. Candidose Génitale
Les candidoses urogénitales incluent :
- Vulvo-vaginites : Vulve érythémateuse, prurit, leucorrhées, douleurs lors des rapports sexuels.
- Balanite : Inflammation du gland du pénis (œdème, irritations, écoulement sous le prépuce).
Candidose Vaginale (Mycouse Vaginale)
Dans une situation saine, les Lactobacilles de Döderlein dominent et régulent la croissance des pathogènes en maintenant un pH acide (3,8 à 4,5), protecteur contre la multiplication microbienne. En cas de déséquilibre de la flore (dysbiose), il y a prolifération opportuniste de Candida albicans due à une modification du pH.
Les contaminations sont provoquées à 90% par Candida albicans. Les signes cliniques sont :
- Inflammation du vagin (possible atteinte de la vulve).
- Leucorrhée blanche (granuleuse, souvent inodore).
- Prurit.
On parle de mycose vaginale récidivante si l'on observe quatre épisodes ou plus par an. Elle n'est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible (IST), mais la contamination du partenaire sexuel est possible.
Diagnostic Différentiel
Il est important de distinguer une mycose vaginale d'une infection urinaire (cystite) ou d'une vaginose bactérienne. Des questions clés peuvent aider :
- Brûlures mictionnelles : Oui (cystite), Non (mycose).
- Démangeaisons : Oui (mycose), Non (cystite).
- Nature des leucorrhées : Blanches, inodores (mycose), Colorées (cystite).
- Rougeurs (inflammation vulvaire) : Oui (mycose), Non (cystite).
Le pH vaginal est un indicateur : normal (3,5 à 4,5) pour une flore équilibrée. Un pH anormalement élevé peut indiquer une vaginose bactérienne, tandis qu'un pH normal avec des signes cliniques caractéristiques oriente vers une mycose.
Prise en Charge Médicamenteuse
- Antifongiques systémiques : Fluconazole et itraconazole peuvent être utilisés chez les patients VIH.
- Antifongiques locaux :
- À visée dermatologique (application quotidienne pour meilleure observance) : bifonazole, fenticonazole, kétoconazole, omoconazole, oxiconazole, sulconazole, terbinafine.
- En ovules monodoses : éconazole, tioconazole, fenticonazole, omoconazole, sertaconazole.
- Vulvovaginite récidivante : Fluconazole 150 mg per os en 1 prise + 1 ovule antifongique monodose le soir (généralement au 19e jour du cycle).
Exemple : Nitrate d’Éconazole (ovule)
- Mécanisme d’action : Antifongique local, dérivé imidazolé avec action sur les mycoses cutanéo-muqueuses à dermatophytes et Candida.
- Indications : Candidoses génitales (vulvo-vaginite, cervicite).
- Contre-indications : Hypersensibilité, allergie à l’arachide ou au soja.
- Effets indésirables : Légère sensation de brûlure.
- Posologie : Un ovule au coucher, en administration unique. Peut être renouvelé au bout de 3 jours en cas de mycose récidivante ou rebelle.
- Conseils : Cf. conseils d'hygiène.
Exemple : Fluconazole (gélules)
- Mécanisme d’action : Antimycosique à usage systémique, dérivé triazolé. Inhibe la biosynthèse de l'ergostérol fongique.
- Indications : Traitement des infections fongiques chez l'adulte, récidive de candidose vaginale.
- Contre-indications : Hypersensibilité, grossesse, risque cardiaque en association avec fexofénadine, érythromycine.
- Précautions d’emploi : Attention à la toxicité hépatique (surtout en cas d'insuffisance rénale).
- Posologie : Les gélules doivent être avalées entières et indépendamment de la prise alimentaire.
Conseils aux Patients (Candidose Génitale)
Il ne s’agit pas d’une maladie liée à un manque d’hygiène, voire même à un excès.
- Éviter les rapports sexuels pendant la mycose.
- Appliquer une compresse froide au niveau des lèvres et de la vulve.
- Adopter une alimentation quotidienne riche en lactobacilles (optionnel).
- Éviter d’utiliser du savon lors de la toilette intime.
- Éviter l’utilisation de tampons périodiques.
- Nettoyer la zone intime d’avant en arrière.
- Privilégier les sous-vêtements en coton.
- Éviter les vêtements trop serrés.
- Ne pas garder son maillot de bain après avoir nagé.
4.3. Onychomycoses (Mycoses des Ongles)
Les onychomycoses sont des mycoses des ongles, causées par des dermatophytes ou Candida. Elles débutent souvent par un périonyxis (tuméfaction de la base de l'ongle et du repli sus-unguéal), suivi de l'apparition de pus, d'un jaunissement de l'ongle et, éventuellement, de sa chute.
Diagnostic Clinique
- Onychomycose à dermatophytes : Atteinte de l’ongle (épaississement, jaunissement, friabilité). Lésion sèche.
- Onychomycose à Candida : Atteinte de l’ongle + pourtour de l’ongle (onyxis et périonyxis inflammatoire). Lésion qui peut être suppurative.
La prise en charge nécessite la confirmation du diagnostic clinique par un examen mycologique.
- L’onychomycose à dermatophyte est une infection par un champignon toujours pathogène et représente l’extension à l’ongle d’une dermatophytose cutanée.
- L’onychomycose à Candida et l’onychomycose à moisissure sont des infections opportunistes pour lesquelles le rôle pathogène du champignon est discutable et les circonstances favorables importantes.
Prise en Charge Médicamenteuse
La durée du traitement est justifiée par la durée de renouvellement de l'ongle.
- Antifongiques systémiques :
- Terbinafine : 1 comprimé par jour, pendant 3 mois (onychomycose des mains) à 6 mois (onychomycose des pieds).
- Antifongiques locaux :
- Amorolfine vernis : 1 à 2 fois par semaine.
- Ciclopirox vernis : 1 fois par jour.
- Association bifonazole/urée : 1 fois par jour sur l'ensemble de l'ongle, avec pansement occlusif pendant 24 heures, jusqu'à élimination complète de la partie infectée (1 à 3 semaines). Puis poursuite du traitement par application quotidienne de bifonazole crème (4 à 8 semaines).
La qualité de l'observance conditionne le résultat.
Exemple : Amorolfine (vernis)
- Mécanisme d’action : Fongistatique et fongicide, altération de la membrane cellulaire fongique par inhibition de la biosynthèse des stérols.
- Indications : Traitement des onychomycoses sous-unguéales distales et latérales modérées, causées par des dermatophytes, levures ou moisissures, ne touchant pas plus de deux ongles chez l'adulte.
- Contre-indications : Hypersensibilité.
- Précautions d’emploi : Ne pas appliquer sur la peau autour de l’ongle.
- Posologie : 1 fois par semaine.
- Conseils : Éliminer toute trace de vernis résiduel, limer la surface de l'ongle, nettoyer et dégraisser. Appliquer le vernis sur la totalité de l'ongle atteint. Nettoyer la spatule après chaque application. Se laver les mains après utilisation.
Exemple : Ciclopirox (vernis)
- Mécanisme d’action : Antifongique de la famille des pyridones, large spectre (dermatophytes, levures, moisissures).
- Indications : Traitement de première intention des onychomycoses sans atteinte matricielle dues à des dermatophytes et/ou autres champignons sensibles au ciclopirox.
- Contre-indications : Hypersensibilité.
- Posologie : Appliquer en fine couche sur tous les ongles infectés, une fois par jour, de préférence le soir. Le traitement dure habituellement entre 3 mois (doigts) et 6 mois (orteils). Enlever les couches de vernis 1 fois par semaine.
Exemple : Terbinafine (comprimés)
- Mécanisme d’action : Fongistatique, inhibe la squalène-époxydase (enzyme impliquée dans la synthèse de l’ergostérol). Inhibiteur enzymatique CYP 450.
- Indications : Onychomycose dermatophytique, mycoses (candidose) cutanées.
- Contre-indications : Insuffisance hépatique ou rénale sévère, allergies.
- Effets indésirables : Hépatotoxicité, troubles digestifs.
- Interactions médicamenteuses : Tétrabenazine, déconseillé avec codéine.
- Précautions d’emploi : Surveillance clinique et biologique du foie pendant le traitement.
- Posologie : 1 comprimé par jour. Durée du traitement de 2 à 6 semaines (jusqu’à 12 semaines pour les onychomycoses des pieds).
Conseils aux Patients (Onychomycoses)
- Couper les ongles.
- Bien sécher l’espace entre les orteils.
- Prendre soin de l’hygiène et de la qualité de la peau des pieds.
- Faire attention aux blessures et aux cors.
- Bien respecter la durée minimale du traitement (3 mois pour la main, 6 mois pour le pied).
- Traiter les sources possibles de contamination : désinfecter les limes, ciseaux, coupe-ongles ; avoir une serviette personnelle ; changer le tapis de bain régulièrement ; désinfecter le bac après la douche.
- Éviter la fréquentation répétée de lieux chauds et humides (bains bouillonnants, sauna, etc.).
- Préférer les douches aux bains.
Autres Traitements Alternatifs/Complémentaires
- Mesures chirurgicales.
- Techniques de meulage de l’ongle.
- Utilisation de kératolytiques.
- Ondes lumineuses.
4.4. Teignes
Les teignes sont des lésions atteignant les cheveux ou les poils, causées par des dermatophytes (Microsporum ou Trichophyton).
Teignes Tondantes Sèches
- Atteignent les enfants entre 4 et 12 ans.
- Provoquent des plaques rondes d'alopécie avec des squames sèches.
- Pas d'atteinte du bulbe, les cheveux sont cassés court.
- La guérison est spontanée.
Teignes Suppurées
- Atteignent l'adulte et l'enfant au niveau du cuir chevelu, de la barbe et de la moustache.
- Les cheveux et les poils de la barbe sont expulsés par le pus.
Diagnostic Biologique
Le diagnostic de la teigne repose souvent sur la forme clinique, mais des prélèvements peuvent être réalisés pour examen direct, mise en culture et identification.
Prise en Charge Médicamenteuse
- Antifongiques locaux :
- Ciclopirox olamine 1,5% en shampooing (laisser agir 5 min, 2 à 3 fois/semaine).
- Kétoconazole 2% (gel ou crème).
- Antifongiques systémiques :
- Terbinafine 250 mg 1 par jour pendant 4 semaines.
4.5. Aspergilloses
Les aspergilloses sont des affections le plus souvent pulmonaires provoquées par des champignons filamenteux ubiquitaires du genre Aspergillus (A. fumigatus le plus fréquent, A. flavus, A. niger et A. nidulans). Ce sont des pathogènes opportunistes, devenant pathogènes lorsque le système immunitaire est affaibli. Elles peuvent être immuno-allergiques, localisées ou invasives (extrêmement graves).
Pouvoir Pathogène
Les principaux éléments qui participent au pouvoir pathogène sont :
- La petite taille des spores (2 à 3 mm de diamètre pour A. fumigatus) leur permettant d’atteindre les alvéoles pulmonaires.
- La thermotolérance permettant leur développement chez l’hôte à 37°C (jusqu’à 55°C pour A. fumigatus).
- La capacité d’adhérence à la membrane basale et d’induire des microlésions et ulcérations vasculaires par des toxines nécrosantes.
- La production de mycotoxines impliquées dans des processus de sensibilisation responsables de manifestations allergiques.
Facteurs Favorisants
- Facteurs locaux : Perte d’intégrité des épithéliums cutanés ou muqueux (altération du tapis muco-ciliaire), cavités préformées.
- Facteurs généraux : Neutropénie et/ou diminution de la capacité de phagocytose des macrophages alvéolaires et des polynucléaires neutrophiles, primitives ou résultant d’immunosuppressions iatrogènes (greffe, immunosuppresseurs, corticoïdes, cytolytiques, antibiotiques) ou induites par des virus (VIH).
Aspergilloses Immuno-Allergiques
Le champignon filamenteux se comporte comme un allergène.
- Sinusite fongique allergique : Survient habituellement chez des sujets jeunes et associe sinusite persistante, obstruction nasale, polype.
Prise en Charge Médicamenteuse
Pour traiter ces aspergilloses allergiques, on utilise des corticoïdes (ex: prednisone) ainsi que des antifongiques.
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