Histoire du xlx
100 cardsÉtude des monarchies constitutionnelles, de la monarchie de Juillet, de la Seconde République, du Second Empire et de la Troisième République, couvrant les périodes de 1814 à 1900. Analyse des évolutions politiques, sociales et économiques, y compris la naissance du socialisme, la colonisation, la question sociale et les crises républicaines.
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Révisions : L'Histoire Politique et Sociale de la France (1789-1914)
Le XIXe siècle français, s'étendant de 1789 à 1914, est une période de transformations profondes, marquée par l'alternance de régimes politiques et l'émergence de nouvelles problématiques sociales.La France à la veille de la Révolution (jusqu'en 1789)
La France d'Ancien Régime, organisée selon des traditions héritées du Moyen Âge, est une société chrétienne où le politique et le religieux sont inextricablement liés. L'idée d'un ordre divin voulu par Dieu justifie une société profondément inégalitaire, mais ordonnée. Le roi, bien que se proclamant absolu de droit divin, est en réalité un monarque tempéré par une société d'ordres (clergé, noblesse, tiers état) et des corps intermédiaires (provinces, communes, corporations) possédant des privilèges. Cependant, cette structure est de plus en plus critiquée en raison des transformations économiques (retard face à la Révolution industrielle anglaise, limitations des corporations) et de l'influence des Lumières. Les Lumières promeuvent un esprit critique, rejetant l'essence théocratique du régime, la vision communautaire au profit de l'individualisme, le libéralisme (séparation des pouvoirs) et le contractualisme. Elles mettent en avant l'idée de progrès, remettant en question le fatalisme de l'Ancien Régime.
La Révolution Française (1789-1799)
La Révolution débute en 1789 dans un contexte de crise financière. La convocation des États Généraux par Louis XVI aboutit à la proclamation de l'Assemblée Nationale Constituante (juin 1789) et au serment du Jeu de Paume. La prise de la Bastille (juillet 1789) marque l'entrée du peuple dans la Révolution. La nuit du 4 août voit l'abolition des privilèges et l'instauration de l'égalité en droit. La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (DDHC) du 26 août 1789 énonce les droits naturels de l'être humain : liberté, propriété, sûreté et résistance à l'oppression. Les corporations sont supprimées (décret d'Allarde, loi Le Chapelier), consacrant la liberté du travail. La première Constitution de 1791 établit une monarchie constitutionnelle où le pouvoir législatif de l'Assemblée nationale prime, avec un suffrage censitaire. La Constitution civile du clergé (1790) nationalise les biens de l'Église et impose un serment, provoquant un schisme et les premières révoltes contre-révolutionnaires. La fuite manquée de Louis XVI (juin 1791) et la guerre contre les puissances européennes mènent à la chute de la monarchie (août 1792) et à la proclamation de la Première République en septembre 1792.
Les débuts de la Première République sont marqués par la montée en puissance des Montagnards. L'exécution de Louis XVI (janvier 1793) est un événement majeur. La Constitution de l'an I (1793), bien que démocratique (suffrage universel, droits sociaux), n'est pas appliquée en raison des guerres civiles (Vendée) et extérieures. Le Comité de Salut Public, dirigé par Robespierre, instaure une dictature et la Terreur (1793-1794) pour sauver la République. Après la chute de Robespierre (thermidor an II, juillet 1794), la Convention thermidorienne (1794-1795) réagit contre la Terreur en adoptant la Constitution du Directoire (1795), qui rétablit le suffrage censitaire et éparpille le pouvoir exécutif (cinq directeurs) et législatif (bicamérisme) pour éviter toute nouvelle dictature, créant une instabilité politique chronique. Cette période s'achève avec le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), mené par l'Abbé Sieyès et Napoléon Bonaparte, qui instaure le Consulat.
Les Régimes Napoléoniens (1799-1814)
Le Consulat (1799-1804), sous la direction de Napoléon Bonaparte, vise à restaurer l'ordre après l'instabilité révolutionnaire. La Constitution de l'an VIII (1799) concentre le pouvoir exécutif entre les mains du Premier Consul (Napoléon), créant le Conseil d'État et subordonnant le pouvoir législatif. La loi du 28 pluviôse an VIII (février 1800) centralise l'administration locale (préfets, sous-préfets, maires). Napoléon apaisé les tensions religieuses avec le Concordat de 1801 et met en place un contrôle social strict via une police efficace, des tribunaux d'exception et le livret ouvrier (1803). Le recours aux plébiscites (consulat à vie en 1802, hérédité de la dignité impériale en 1804) transforme progressivement la République en un régime personnel. En 1804, Napoléon est couronné Empereur Napoléon Ier, marquant le début du Premier Empire.
Le Premier Empire (1804-1814) est caractérisé par des codifications juridiques (Code Civil en 1804) qui synthétisent l'Ancien Régime et la Révolution, et par la création d'une Noblesse d'Empire fondée sur le mérite. L'expansion impériale voit la France conquérir une grande partie de l'Europe, y exportant ses principes révolutionnaires et ses codes juridiques. Cependant, la lassitude de la guerre, l'impopularité croissante (pression fiscale et humaine) et les défaites militaires (guérilla en Espagne, campagne de Russie en 1812) affaiblissent l'Empire. En mars 1814, les troupes russes entrent dans Paris, et Napoléon Ier abdique, exilé à l'île d'Elbe. Les institutions impériales choisissent alors un retour à la monarchie : la Restauration.
Les Monarchies Constitutionnelles (1814-1848)
La période des Restaurations (1814-1830) débute avec l'arrivée de Louis XVIII. La Charte de 1814 instaure une monarchie constitutionnelle, conciliant certains principes de l'Ancien Régime (roi de droit divin, religion catholique d'État) et des acquis révolutionnaires (liberté religieuse, chambres législatives élues au suffrage censitaire). La première Restauration (1814-1815) est une période d'apaisement. Cependant, le retour de Napoléon (les Cent Jours, mars-juin 1815), sa défaite à Waterloo et son exil à Sainte-Hélène ramènent Louis XVIII pour la Seconde Restauration (1815-1824). L'ambiance politique se durcit avec l'émergence des ultra-royalistes. L'assassinat du Duc de Berry en 1820 conduit à des lois de plus en plus réactionnaires. Charles X succède à Louis XVIII en 1824 et mène une politique ultra-royaliste, renouant avec le sacre à Reims et adoptant des lois symboliques comme la "loi du sacrilège". La conquête d'Alger est lancée en 1830. Les tensions croissent avec une Chambre des députés majoritairement libérale. Les ordonnances de Saint-Cloud, limitant les libertés, provoquent la Révolution de Juillet 1830 (les "Trois Glorieuses").
La Monarchie de Juillet (1830-1848) est instaurée avec Louis-Philippe Ier, "roi des Français" par la volonté de la Nation, non plus de droit divin. La Charte de 1830 est un contrat entre le roi et la nation. Cette période voit la naissance du socialisme et l'aggravation de la question sociale due au paupérisme ouvrier issu de la révolution industrielle. Des penseurs comme Charles Fourier (le phalanstère) et Pierre Joseph Proudhon ("la propriété c'est le vol") proposent des solutions. Le mouvement ouvrier s'organise clandestinement via des sociétés de secours mutuel, aboutissant à des révoltes emblématiques comme celle des Canuts à Lyon (1831, 1834). Le gouvernement de Louis-Philippe Ier, notamment sous l'influence de François Guizot, prône une politique de paternalisme qui vise à "rééduquer" l'ouvrier pour qu'il adhère aux valeurs bourgeoises, tout en adoptant la première loi encadrant le travail des enfants (1841). La France entame également un second empire colonial, notamment en Algérie. L'opposition au gouvernement de Guizot, notamment sur le refus du suffrage universel ("Enrichissez-vous..."), s'exprime par la campagne des banquets, dont l'interdiction provoque la Révolution de 1848, menant à l'abdication de Louis-Philippe et à la proclamation de la République.
La Seconde République (1848-1852)
La Seconde République (1848-1852) est marquée par l'enthousiasme initial du "Printemps des Peuples" et des mesures symboliques : devise "liberté, égalité, fraternité", suffrage universel masculin, droit au travail et création des ateliers nationaux. Cependant, une fracture apparaît rapidement entre libéraux et socialistes. La fermeture des ateliers nationaux provoque les violentes Journées de Juin 1848, réprimées dans le sang par Cavaignac, instaurant la "Peur du Rouge". La Constitution de 1848 transforme les territoires algériens en départements français, proclame des droits économiques et sociaux, instaure un monocamérisme et confie le pouvoir exécutif à un Président de la République élu au suffrage universel pour 4 ans et non immédiatement rééligible. Louis-Napoléon Bonaparte (LNB), neveu de Napoléon Ier, est élu président en décembre 1848, grâce à son nom et ses idées jugées rassurantes pour les libéraux et progressistes pour les socialistes. LNB gagne en popularité tandis que l'Assemblée nationale, majoritairement anti-socialiste, adopte des lois conservatrices, comme celle du 31 mai 1850 restreignant le suffrage universel. Face au refus de l'Assemblée de modifier la Constitution pour lui permettre de se représenter, LNB organise son coup d'État le 2 décembre 1851 ("Opération Rubicon"), validé par un plébiscite. La Constitution de 1852 renforce le pouvoir exécutif du président et prépare la voie au rétablissement de l'Empire, ce qui est proclamé officiellement le 2 décembre 1852.
Le Second Empire (1852-1870)
Le Second Empire (1852-1870) sous Napoléon III est souvent qualifié de césarisme démocratique, combinant souveraineté populaire (plébiscites) et autorité de l'Empereur. La première phase (jusqu'en 1860) est autoritaire, caractérisée par une forte répression politique (loi de sûreté générale de 1858) et l'absence de parlementarisme. À partir des années 1860, l'Empire se libéralise progressivement (amnisties, renforcement des pouvoirs de l'Assemblée nationale et du Sénat, élargissement de la liberté de la presse en 1867), renouant avec un début de parlementarisme.
L'Empire voit l'entrée de la France dans la modernité sociale et économique, largement influencée par les principes du Saint-Simonisme : intervention de l'État pour favoriser la croissance économique et faciliter la circulation (argent, informations, marchandises). Cela se traduit par de grands travaux (transformation urbaine de Paris par Haussmann, développement du chemin de fer), l'essor de la communication rapide (télégraphe électrique), la modernisation du secteur bancaire (banques d'affaires et de dépôt) et l'émergence des Grands Magasins marquant le début de la société de consommation. Le commerce extérieur est dynamisé par le libre-échange (traité avec l'Angleterre en 1860) et les expositions universelles. Sur la question sociale, Napoléon III parie sur la croissance économique pour améliorer la condition ouvrière et fait preuve d'une grande tolérance envers les associations ouvrières. Cette tolérance permet aux ouvriers français de participer à la création de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT) en 1864, où coexistent réformistes, marxistes et anarchistes. Le Second Empire poursuit également l'expansion coloniale, multipliant par trois l'étendue du domaine français (Indochine). Napoléon III se pose en arbitre de l'Europe, favorisant le principe des nationalités (soutien à l'unité italienne), mais l'unification allemande sous la Prusse de Bismarck conduit à la guerre franco-prussienne de 1870 et à la défaite de Sedan, entraînant la chute de l'Empire le 4 septembre 1870.
La Troisième République (1870-1914)
La Troisième République est proclamée le 4 septembre 1870, mais reste incertaine pendant une décennie. La défaite contre l'Allemagne mène au siège de Paris et à la signature d'un armistice. Les élections législatives de 1871 portent une majorité royaliste à l'Assemblée nationale, qui confie à Adolphe Thiers la présidence provisoire. Paris se soulève et crée la Commune de Paris (mars-mai 1871), une institution autonome d'inspiration socialiste, violemment réprimée durant la "Semaine sanglante". La France signe un traité de paix humiliant, perdant l'Alsace-Lorraine. Les royalistes, divisés entre Légitimistes (Bourbons) et Orléanistes (Louis-Philippe), ne parviennent pas à restaurer la monarchie. Le général de Mac Mahon, royaliste, est nommé président en 1873 et mène une politique d'Ordre Moral pour restaurer la morale chrétienne et le rôle de l'Église. La Crise du 16 mai 1877, où Mac Mahon dissout la Chambre des députés, est résolue par le vote des Français en faveur des Républicains. Les élections sénatoriales de 1879 rendent le Sénat républicain, entraînant la démission de Mac Mahon et le triomphe de la République.
À partir de 1879, les Républicains ancrent le régime en France par des mesures symboliques (Marseillaise, 14 juillet) et l'instauration de leurs principes :
- Le libéralisme : foi dans le progrès, individualisme, intervention limitée de l'État. Il mène à la réforme de l'enseignement primaire par les lois de Jules Ferry (1881 gratuité, 1882 obligation et laïcité). Les libertés individuelles et collectives sont consacrées (liberté de réunion, de la presse en 1881 ; d'association professionnelle en 1884 pour les syndicats ; d'association générale en 1901).
- L'anti-cléricalisme : rejet de la participation du clergé catholique à la vie publique. Des mesures sont prises pour écarter l'Église de la sphère publique (rétablissement du divorce, suppression des prières, service national pour les séminaristes). Cela aboutit à la Loi de séparation des Églises et de l'État du 9 décembre 1905, affirmant la liberté de conscience et garantissant le libre exercice des cultes, tout en déclarant la stricte neutralité religieuse de l'État.
- Le solidarisme : doctrine officielle à partir de 1890, influencée par les travaux de Louis Pasteur sur les épidémies. Théorisée par Léon Bourgeois, elle pose le principe d'une interdépendance sociale des individus, justifiant l'intervention de l'État pour organiser la solidarité et compenser la "dette sociale" des individus envers la société. C'est le début de l'étatisme.
- Le nationalisme républicain : prône l'amour de la nation et vise à homogénéiser la population française en construisant un "Français républicain" (lutte contre les dialectes, enseignement d'un "roman national", apprentissage de la carte de France avec l'Alsace-Lorraine en rouge).
La politique coloniale de la IIIe République est une manifestation de ce nationalisme, s'inscrivant dans la "fièvre colonisatrice" européenne. Des raisons commerciales, religieuses, un désir d'exotisme et la compétition entre nations motivent cette expansion. La Conférence de Berlin (1885) établit les règles de la colonisation de l'Afrique. Cette colonisation est souvent légitimée par un racisme scientifique, qui hiérarchise les "races" et justifie la domination des "races supérieures" pour "civiliser" les "inférieures".
La République est confrontée à des crises internes :
- Le boulangisme (années 1880) : une crise politique issue d'un sentiment anti-parlementaire et du désir de revanche contre l'Allemagne, incarné par le général Boulanger qui réclame un gouvernement fort. Bien que vaincu électoralement, ce mouvement révèle l'ampleur des contestations du régime.
- L'Affaire Dreyfus (1894-1906) : un paroxysme de l'antisémitisme ambiant en France, où le capitaine Alfred Dreyfus est accusé à tort d'espionnage. L'intervention d'Émile Zola ("J'accuse", 1898) divise la société entre Dreyfusards (gauche, révisionnistes) et Anti-Dreyfusards (droite, cléricaux, militaristes). Cette affaire reconfigure le paysage politique et renforce les nationalismes de repli.
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