Mers et océans : vecteurs essentiels de la mondialisation
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Chapitre 1 : Mers et océans : vecteurs essentiels de la mondialisation
Les mers et océans, recouvrant 71% de la planète, sont des vecteurs essentiels de la mondialisation, un processus d'intensification et de libéralisation des échanges à l'échelle planétaire. Ils servent de supports aux flux et participent à une hiérarchisation des espaces selon leur intégration.
Introduction
Les mers et océans sont fondamentaux pour la mondialisation, fournissant des ressources (halieutiques, énergétiques) et permettant la circulation des flux. Cependant, leur intégration est inégale, avec des zones concentrant les flux et d'autres en marge. Le porte-conteneurs est le symbole de la maritimisation, transportant des produits finis à travers le monde.
Notions-clés
Maritimisation de l'économie : processus d'installation croissante des activités sur les littoraux et d'augmentation du rôle des espaces maritimes pour l'économie.
Mondialisation : processus d'accroissement des échanges internationaux et d'accentuation de l'interdépendance entre les territoires.
1. Des espaces convoités pour leurs ressources
A. Les ressources halieutiques des espaces marins
Les espaces maritimes regorgent de ressources halieutiques, avec environ 80 millions de tonnes de poissons pêchées annuellement. La Chine est le premier producteur et exportateur.
L'exploitation est devenue industrielle (navires-usines), permettant de pêcher plus en profondeur.
L'aquaculture représente près de 50% de la production mondiale de produits de la mer, mais menace la pêche artisanale dans les pays en développement.
B. Les ressources énergétiques des espaces maritimes
Les fonds marins sont riches en hydrocarbures ; les plateformes offshore produisent 30% du pétrole mondial, nécessitant des technologies considérables.
Les énergies marines renouvelables (EMR) comme les champs d'éoliennes en mer (surtout en Europe), la force de la marée, de la houle ou des courants sont exploitées.
Le dessalement de l'eau de mer est une solution pour les pays en stress hydrique (Moyen-Orient).
Des métaux (nodules polymétalliques) et du sable sont présents en grande quantité ; leur exploitation pose des défis (érosion des îles en Indonésie).
C. Des ressources pour le tourisme et les loisirs
Le marché de la croisière est en forte croissance depuis les années 1980, principalement dans les bassins caribéens et méditerranéens, avec une extension vers l'Asie.
L'industrie est dominée par de grands groupes mondiaux (Carnival, Royal Caribbean, MSC Croisières).
2. Les espaces maritimes, vecteurs de la mondialisation
A. Des flux maritimes variés et intenses
90% des consommations mondiales transitent par les mers et océans, via des navires spécialisés (pétroliers, gaziers, porte-conteneurs, vraquiers).
Ces flux sont canalisés sur des autoroutes maritimes, faisant l'objet d'une surveillance étroite et empruntant des passages stratégiques (détroits de Malacca, Bab-el-Mandeb, Gibraltar, Ormuz, canaux de Suez et Panama, la Manche).
Les flux d'informations passent presque exclusivement par des câbles sous-marins à fibres optiques, représentant 95% des télécommunications intercontinentales.
Des flux illicites (drogue, migrants) empruntent également la voie maritime, provoquant des drames (naufrage au large de Lampedusa en 2013).
B. La maritimisation des économies
La maritimisation rend les littoraux (ports) plus attractifs pour la population et les activités, augmentant la dépendance des économies nationales aux échanges internationaux et au transport maritime.
Le transport maritime favorise l'internationalisation des systèmes de production et de distribution, avec des zones industrialo-portuaires concentrant industries lourdes et parcs logistiques.
La conteneurisation, innovation majeure du 20ème siècle, permet le transport de plus de 20 000 EVP sur les plus gros porte-conteneurs, complété par un réseau de navires plus petits pour l'acheminement local.
C. Des littoraux de plus en plus aménagés
La maritimisation s'accompagne de transformations des littoraux, avec des ports s'agrandissant et se perfectionnant (ex: le port de Rotterdam, 2ème mondial après Shanghai, possède un terminal 100% automatisé).
Le rôle des ports se diversifie vers des pôles logistiques (stockage, redistribution), à l'instar du port de Malte, zone franche industrielle et hub régional.
Les trois grandes façades maritimes (Asie Orientale, Europe de l'Ouest, Amérique du Nord-Est) sont en compétition.
3. De nouveaux espaces maritimes ?
A. Des espaces menacés
L'augmentation du trafic maritime entraîne une hausse de la pollution (3% des gaz à effet de serre, 17% en 2050), avec des marées noires, dégazages et rejets d'eaux de ballast.
Les transports maritimes évoluent avec la conjoncture et l'environnement : les passages du Nord-Est (Russie) et du Nord-Ouest (Canada), ouverts grâce au réchauffement climatique et la fonte de la banquise, offrent un gain de distance de 40% entre l'Europe et l'Asie, malgré des limitations.
Des ponts continentaux (nouvelles routes de la soie) sont aussi créés pour réduire la dépendance au trafic maritime.
B. Des espaces maritimes inégalement intégrés dans la mondialisation
À l'échelle mondiale, les façades maritimes concentrent les ports et activités import/export (façade atlantique des États-Unis, façade orientale de l'Asie pacifique, Northern Range européenne).
Cependant, certains littoraux portuaires, comme en Afrique et Amérique du Sud, sont en marge de la mondialisation, en raison de la faiblesse de leur arrière-pays.
C. L'évolution de la hiérarchie portuaire
Les ports asiatiques dominent désormais la maritimisation (14 des 20 premiers sont asiatiques), le port de Shanghai traitant 50 millions de conteneurs en 2024 et déclassant les ports occidentaux.
Certains espaces maritimes comme la mer Caspienne (hydrocarbures) et l'océan Arctique (hydrocarbures et nouvelles routes) sont en voie d'intégration, devenant des enjeux géopolitiques internationaux.
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