l'environnement et ses enjeux politiques
No cardsAnalyse historique des différentes visions de la nature, du néolithique à l'Anthropocène, incluant la révolution industrielle, les politiques forestières, les mouvements écologistes et les enjeux climatiques contemporains.
HGGSP Thème 5 : L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire
Axe 1 : L'environnement, entre exploitation et protection
I. Les regards sur la nature et leur évolution
La perception de la nature a évolué, passant de visions purement utilitaires à des approches plus protectrices :- Vision anthropocentrée : la nature est au service de l'homme. Elle inclut l'utilitarisme (usage non régulé avec compensation) et le ressourcisme (usage régulé et planifié).
- Vision écocentrée : l'homme fait partie de la nature et doit la protéger avec lui. Elle comprend le conservationnisme (usage limité avec intervention humaine).
- Vision biocentrée : la nature doit être protégée sans intervention humaine. C'est le préservationnisme (protection stricte et absence d'usage).
II. Avant la Révolution Néolithique
Les humains étaient des chasseurs-cueilleurs, vivant en harmonie avec la nature et prélevant les ressources nécessaires sans sédentarisation.III. La Révolution Néolithique ( -9000 au Proche-Orient)
Cette période, désormais appelée « néolithisation » en raison de sa progression graduelle, a introduit des changements majeurs :- Inventions : agriculture et élevage, outils en pierre, poterie.
- Conséquences :
- Sédentarisation et développement des villages et villes.
- Changement de rapport à la nature : passage d'une harmonie à une vision utilitariste et de domestication pour la sécurité alimentaire.
- Invention de l'écriture, favorisant l'agronomie.
IV. Le rapport aux forêts
Les forêts ont été perçues comme des espaces mystérieux, des ressources et des lieux de résistance.- Du IXe au XIVe siècle : défrichements massifs pour l'agriculture, accentuant l'anthropisation.
- 1669 : l'Ordonnance de Colbert marque la première réglementation de la gestion forestière, visant à protéger et limiter l'exploitation, malgré des rébellions.
- XIXe siècle : le reboisement est entrepris pour les chemins de fer, générant des conflits d'usage (ex: loups vs éleveurs).
- Aujourd'hui : les forêts sont essentielles comme réservoirs de ressources, employeuses, absorbantes de carbone et protectrices contre les catastrophes naturelles. Des organisations comme l'ONF ou Sylva œuvrent pour le préservationnisme en rachetant des forêts.
V. La Révolution Industrielle (XIXe siècle)
Cette période a entraîné une exploitation massive des ressources et des changements profonds :- Nouveaux usages de l'énergie : le charbon remplace le bois.
- Conséquences : pollution, urbanisation rapide, accélération des transports, transformation des paysages et impacts environnementaux.
VI. L'Anthropocène
L'Anthropocène est une nouvelle ère géologique où les activités humaines sont la principale force de transformation de la planète (climat, biodiversité, paysages). Elle débute pour beaucoup avec la Révolution Industrielle, marquant un rapport d'asservissement de la nature.VII. Naissance de la protection de l'environnement
- 1872 : création du parc de Yellowstone, le premier parc naturel protégé par l'État.
- XIXe siècle : apparition de la notion de Wilderness aux États-Unis, prônant la préservation de la nature sauvage, influencée par le romantisme.
- Recherche d'un équilibre entre préservation et exploitation (ex: conservation des forêts, réintroduction du loup).
VIII. Les années 1970 : prise de conscience écologique
Cette décennie marque une intégration progressive des questions environnementales en politique :- 1972 : Rapport Meadows, soulignant l'épuisement des ressources.
- 1973 : crise pétrolière et création du PNUE.
- 1987 : Rapport Brundtland, qui théorise le développement durable (équilibre économique, social, environnemental).
- Nombreux Sommets de la Terre (Rio 1992, Johannesburg 2002) et COP (Conférences des Parties), notamment l'Accord de Paris en 2015 visant à limiter le réchauffement climatique.
- Essor des ONG comme "Les Amis de la Terre" (1969) et "Greenpeace" (1971), dénonçant le modèle économique et l'inaction politique.
IX. Enjeux géopolitiques et urgences climatiques
- Enjeux géopolitiques : contrôle des ressources (mer, sous-sols, hydrocarbures, terres rares).
- Urgences climatiques : apparition des réfugiés climatiques, migrations, catastrophes naturelles accrues (tornades, sécheresses).
- Justice climatique : lutte contre les inégalités environnementales, principe du pollueur-payeur, et usage d'outils juridiques.
Axe 2 : Le changement climatique : approche historique et géopolitique
I. Comment étudier le climat ?
L'étude du climat repose sur la climatologie, utilisant des sciences dures (dendrochronologie), des témoignages historiques et l'étude des cycles de Milanković pour comprendre les alternances glaciaires/interglaciaires. La période actuelle est un interglaciaire stable depuis 10 000 ans.II. Évolutions climatiques naturelles
L'histoire a connu des variations climatiques importantes :- Petit optimum médiéval (900–1300) : étés chauds, hivers doux, croissance démographique (ex: colonisation du Groenland par les Vikings).
- Petit âge glaciaire (1300–1850) : étés frais et pluvieux, hivers rigoureux, mauvaises récoltes, avancée des glaciers.
- Fin brutale vers 1860, suivie d'un réchauffement.
III. Depuis 1880 : un réchauffement accéléré
Le réchauffement actuel est sans précédent par sa rapidité :- Augmentation de depuis 1900.
- Conséquences : fonte des glaciers, canicules, événements climatiques extrêmes, pénuries d'eau, montée du niveau des mers.
- Causes principales : émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine anthropique.
IV. L'écologie devient politique
La prise de conscience politique s'est concrétisée par :- 1988 : création du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) par l'ONU, qui synthétise les travaux scientifiques pour éclairer les décisions politiques.
- Objectifs : réduction des émissions de GES, stabilisation des concentrations, mais des désaccords persistent entre le Nord et le Sud sur le financement et les responsabilités.
V. Les grands accords internationaux
- 1997 : Protocole de Kyoto (COP 3), premier traité international sur les émissions de GES.
- 2015 : Accord de Paris (COP 21), visant à limiter le réchauffement à . Cependant, le retrait des États-Unis en 2017 par Donald Trump a souligné les défis géopolitiques.
Objet Conclusif : Les États-Unis et l'environnement
1. La conquête de l'Ouest : dompter la nature
- Conquête de l'Ouest : dès le XVIIe siècle, les colons britanniques exploitent les ressources et repoussent les Amérindiens. Le XIXe siècle est marqué par le mythe de la "Frontier", la ruée vers l'or et l'idéologie de la Destinée manifeste, justifiant l'expansion et l'exploitation des ressources.
- Exploitation des ressources illimitées : l'abondance du bois, puis du pétrole et du charbon, a créé l'illusion de ressources infinies, entraînant déforestation massive, destruction du bison et défiguration des paysages.
- De la "Wilderness" à la conscience écologique : face à cette exploitation, la notion de Wilderness (nature sauvage) se popularise (Thoreau, Muir). Dès le XIXe siècle, une conscience écologique précoce mène à la création des premiers parcs nationaux (Yosemite 1864, Yellowstone 1872), malgré l'expulsion des populations amérindiennes.
2. Une politique de protection environnementale ancienne
- Un État pionnier : Theodore Roosevelt (1901-1909), influencé par Muir, initie une politique de protection : création de parcs nationaux, réserves ornithologiques, et du National Forest Service (1905). Le National Park Service est créé en 1916. Les années 1930, avec le Dust Bowl, mènent à des aménagements hydriques sous le New Deal.
- Une politique environnementale de référence : après 1945, des crises environnementales (pesticides, marées noires) conduisent à la naissance de l'environnementalisme. Le premier Earth Day (1970) rassemble 20 millions d'Américains, et l'EPA (Environmental Protection Agency) est créée par Nixon. Cependant, ce pionnier est freiné par un mode de vie consommateur, de puissants lobbies industriels et le climatoscepticisme. Les États-Unis se sont retirés d'accords majeurs comme Kyoto.
3. Les États-Unis face à la question environnementale
- Une attitude ambiguë à l'échelle internationale : première puissance économique et consommateur important de ressources, les États-Unis ont une attitude ambivalente. Les retraits successifs des accords de Kyoto (Bush) et de Paris (Trump) illustrent la victoire du climatoscepticisme, malgré l'invitation de Macron aux scientifiques américains. Le modèle économique libéral favorise le dumping environnemental.
- Tensions et complémentarités entre acteurs : des contre-pouvoirs émergent. Des États fédérés (Californie, San Francisco, Pittsburgh) adoptent des objectifs ambitieux malgré la politique fédérale. Des ONG environnementales luttent contre les lobbies pétroliers et miniers par des actions en justice et la mobilisation de la société civile.
En conclusion, les États-Unis ont une relation complexe à la nature, oscillant entre l'exploitation de la "Frontier" et la protection de la "Wilderness". Malgré des avancées législatives pionnières, leur mode de vie et leurs divisions politiques en font un pays partagé entre le climatoscepticisme et l'innovation écologique.
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