Introduction à la Science Économique : Concepts Clés
20 cardsComprendre les fondements, définitions, débats et approches de la science économique pour un QCM.
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Introduction au Cours de Science Économique L1 Droit
Ce cours vise à initier les étudiants aux problèmes économiques contemporains et aux débats qu'ils suscitent, en leur fournissant les connaissances et le vocabulaire de base de l'économie. Il se concentre sur les analyses économiques actuelles plutôt que sur les théories mathématisées.
A) Pourquoi s'intéresser à la science économique ?
L'économie est omniprésente dans tousles domaines sociaux et imprègne notre quotidien, touchant des aspects variés tels que le sport, la politique, l'environnement et les questions de société. Les problèmes économiques personnels (emploi, pouvoir d'achat, logement) reflètent également cetteomniprésence, rendant difficile le décryptage de la masse d'informations disponibles pour les non-initiés.
I) L'économie, une présence incontournable
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Il est crucial de repenser la place du marché dans nos pratiques sociales et relations humaines, car l'extension de la pensée marchande est jugée inquiétante par certains.
Bien non marchands: il est essentiel de distinguer entre les biens pouvant être légitimement achetés et ceux qui,bien que potentiellement achetables, ne devraient pas l'être (ex: biens liés aux valeurs, à la dignité).
III) Risques inhérents à une société de marché
Une société de marché peut entraîner une surimportance de l'argent, exacerbant les inégalités et menaçant les valeurs civiques et morales. La conversion de toute chose en marchandise peut corrompre le sens profond des activités humaines.
Inégalités accrues: La richesse détermine l'accès à l'éducation, la santé, l'influence politique, rendant la vie plus difficile pour ceux qui en sont dépourvus. La "pauvreté modernisée" d'Ivan Illich s'exacerbe.
Corruption des valeurs:
Exemple du vote: L'achat de suffrages estinterdit pour préserver l'intégrité démocratique, ce qui devrait aussi limiter les dons de campagne.
Crèches israéliennes: Une amende pour les retards a été perçue comme un prix pour un service, augmentant les retards au lieu de lesréduire.
Marché des émissions de carbone: Bien que potentiellement efficace économiquement, il peut avoir un coût moral en permettant aux pollueurs d'acheter des droits, sapant l'éthique environnementale et la responsabilité globale.
Files d'attente monnayables: Payer pour ne pas attendre (aéroports, parcs d'attractions, hôpitaux, produits technologiques) remplace l'éthique du "premier arrivé, premier servi" par celle du marché, altérant les valeurs.
Services marchands en prison: Payer pourune cellule plus confortable.
Rémunération des élèves: Payer les élèves pour lire des livres ou obtenir de bonnes notes peut pervertir le sens de l'apprentissage en le transformant en corvée.
Incitations monétaires: Payer pour des décisionspersonnelles (vaccination, stérilisation, logo tatoué pour payer des frais médicaux) soulève des questions éthiques profondes sur la dignité humaine.
Vente du droit d'immigrer: La proposition de Gary Becker de vendre le droit d'immigrer,bien que légale dans certains contextes, transforme l'accès à la citoyenneté en transaction commerciale.
IV) La fracture sociale due au "tout économique"
La marchandisation de la vie sociale, combinée à l'augmentationdes inégalités, crée une fracture sociale où les riches et les pauvres vivent des vies séparées, menaçant la citoyenneté et la cohésion sociale.
Augmentation des inégalités: Concerne les revenus, l'accès à la santé età l'éducation, et soulève des questions de justice et de répartition des richesses (ex: taxation des plus fortunés).
Sécession des élites: Une partie des élites s'éloigne du reste de la société, vivant dans des "bulles" (quartiers riches, écoles privées, salons VIP dans les stades), perdant le contact avec la "France d'en bas". L'exemple des "premiers de cordée" et de la théorie du ruissellement est mentionné.
Logique du mérite: La méritocratiepeut générer chez les "gagnants" un sentiment d'orgueil et un jugement négatif envers ceux qui ont moins réussi, conduisant à la colère et aux révoltes populistes, comme le montrent les élections comme Trump.
V) L'intérêt croissant des entreprises pour la théorieéconomique
Les entreprises montrent un intérêt croissant pour une théorie économique ouverte à l'histoire et aux sciences sociales, diversifiant leurs recrutements et valorisant les profils dotés d'une solide culture humaniste, face à la concurrence des machines qui menacent les emplois intermédiaires.
VI) Droit et économie
Le droit et l'économie sont de plus en plus liés, les considérations économiques pénétrant de plus en plus la régulation juridique (droit de l'énergie, partenariats public-privé, droit des affaires, droit du travail, droit de propriété). Les juristes doivent comprendre la place de l'économie dans le droit, l'économie cherchant à comprendre comment les sociétés organisent la subsistance de leurs membres, avec des institutions cruciales comme le droit de propriété.
B) Définition de l'économie
L'économie ne peut êtreune science exacte comme la physique, car elle implique des choix qui affectent directement la vie des gens et pose des questions morales et politiques. Elle a évolué de l'économie morale vers l'économie politique, puis vers une approche plus scientifique.
I) Plusieurs définitions
1) De l'économiecomme pensée économique durant l'Antiquité
Origine: Le mot oïkonomia (oïkos "maison" + nomia "loi") désignait l'art de bien administrer le domaine familial et, par extension, la cité.
Platon et Aristote:
Leur réflexion portait sur la crise morale, politique et sociale, visant à restaurer l'esprit civique et la vertu.
Platon: "La vertu et le désir des richesses sont les deux plateaux opposés d’une même balance", appelant à préférer la sagesse à l'avidité matérielle.
Aristote: Distingue la bonne économie (satisfaction des besoins naturels, bien-être humain) et la chrématistique (accumulation de richesses par profit monétaire), qu'il condamnait comme nocive car elle détourne les hommes de leurs devoirs et génère des inégalités. Il interdisait l'intérêt sur l'argent (“Nummus nummum non parit”).
L'objectif de l'économie était de subordonner la production et la circulation de la richesse à une finalité humaine et au bien commun.
2) Émergence de la science économique(XVIe siècle) : l'économie politique
Tournant historique: La découverte des Amériques et des routes commerciales a provoqué une compétition géopolitique et a fait passer la pensée économique d'un âge moral à un âge politique.
Objectif: Laquête de prospérité et de puissance pour le pays et le souverain, légitimant le profit personnel et le capitalisme commercial.
Auteurs clés: Adam Smith, David Ricardo, Karl Marx ont ensuite défini l'économie comme la science de la richesse des nations et de sa répartition.
3) Une science moderne (XIXe siècle)
La science économique moderne s'est structurée autour de l'idée de la rareté des ressources.
La rareté:
Les ressourcessont limitées, tandis que les besoins humains sont illimités.
Un besoin économique est satisfait par un bien ou service rare.
La rareté n'est pas seulement naturelle, mais aussi construite par l'illimitation des désirs et les inégalités.
Cette question est d'autant plus pertinente aujourd'hui avec les contraintes écologiques.
Les choix (arbitrages) et le coût d'opportunité:
La rareté force les individus et les sociétés à faire des choix.
Le coût d'opportunité est ce à quoi on renonce en faisant un choix (les avantages des autres options non retenues).
Exemples: Choisir entre un restaurant familial et un maillot de foot ; choisir entre aller en cours ou faire du sport/dormir.
L'utilité:
L'utilité représente la satisfaction ou le plaisir retiré d'une activité ou d'un bien.
Un agent économique choisit l'option quilui procure la plus grande utilité.
Exemple: Choisir les JO plutôt que des vacances si l'utilité des JO est perçue comme plus élevée.
L'Homo Oeconomicus:
Postulat central des économistes néoclassiques: L'individu est rationnel, cherchant à maximiser son utilité et minimiser ses coûts.
Il est maximisateur, cohérent (préférences ordonnées selon la transitivité), et souverain (ses préférences sont autonomes).
Gary Becker a étendu cette hypothèse à tous les comportements humains (mariage, criminalité, éducation), considérant tous les choix comme rationnels.
Cette approche ignore les comportements guidés par l'instinctou la passion, et privilégie une rationalité optimisatrice.
Limites: Cette démarche est abstraite, dénuée de contexte social, historique ou psychologique.
4) Une définition de synthèse
L'économie étudie l'emploi des ressources rares pour satisfaire les besoins humains en société. Elle s'intéresse aux opérations de production, répartition, et consommation des biens, ainsi qu'aux institutions (État ou Marché) facilitant ces opérations.
II) L'économie suscite des débats et désaccords
Contrairement aux sciences physiques, l'économie ne peut avoir une approche unique, car elle implique des choix de société, des considérations morales, philosophiques et politiques. Les économistes peuvent expliquer des phénomènes (économie positive), mais débattent sur ce qu'il faut faire(économie normative), par exemple face au chômage ou aux retraites.
Ces débats sont inévitables car ils touchent à la répartition des efforts et des avantages, aux conflits d'intérêts, et à la définition de la société quenous souhaitons construire (croissance, liberté, égalité, sécurité, environnement). L'idée qu'il n'y a qu'une seule voie possible ("There Is No Alternative" - TINA) est une façon de confisquer le débat démocratique. Le rôle des économistes est d'éclairer ces débats plutôt que de trancher comme des experts omniscients.
III) Approches d'étude : Microéconomie et Macroéconomie
La Microéconomie:
Décrit le comportement des agents économiques (individus, entreprises) et leursinteractions sur les marchés.
Utilise des outils mathématiques et statistiques pour modéliser le fonctionnement à partir du comportement individuel (Homo Œconomicus).
La Macroéconomie:
Analyse les relations entre les grands agrégats économiques (PIB, consommation, investissement, emploi) pour comprendre et prévoir l'évolution de l'économie.
Est un outil essentiel pour les décideurs politiques (gouvernement, banque centrale) pour orienter la politique économique (J.-M. Keynes est son père fondateur).
Plan du cours
Introduction + Croissance économique : sources
Le marché : du modèle théorique de la Concurrence Pure et Parfaite aux imperfections et aux limites du marché
La monnaie et le financement de l’économie
La redistribution économique permet-elle de favoriser la lutte contre les inégalités ?
Le débat libre-échange/protectionnisme
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