Introduction à la Santé Publique
108 cardsThis note provides a comprehensive overview of public health concepts, including definitions, challenges, and strategies for improving community health. It covers topics such as epidemiology, demography, nutrition, environmental hygiene, and reproductive health, with a focus on the context of the Democratic Republic of Congo.
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ant doit être capable de :
Définir les concepts de base en santé publique.
Décrire les grands problèmes de santé publique mondiaux et en RDC.
Discuter la politique et l'organisation des soins de santé primaires (SSP) en RDC.
Connaître des notions de démographie, épidémiologie, éducation pour la promotion de la santé, hygiène du milieu et lutte contre les maladies.
Présenter un aperçu des textes législatifs nationaux et du Règlement Sanitaire International (RSI).
Structure du Cours
Le cours s'articule autour de 11 chapitres, couvrant les aspects essentiels de la santé publique :
Définitions et grands problèmes de santé publique.
Politique sanitaire en RDC.
Éléments d'épidémiologie.
Éléments de démographie.
Éléments d'information et d'éducation pour la santé.
Éléments de santé de la mère et de l'enfant.
Éléments de nutrition.
Éléments d'hygiène du milieu.
Lutte contre les maladies.
Règlement Sanitaire International et ONG de santé.
Définitions et Concepts Clés
1. Santé
Définition courante : Absence de maladie.
Définition OMS : État de complet bien-être physique, mental et social, ne consistant pas seulement en l'absence de maladie ou d'infirmité.
La santé est multifactorielle, influencée par des facteurs intrinsèques (génétique, immunité, nutrition) et extrinsèques (environnement).
2. Maladie
Description : Souffrance actuelle ou potentielle résultant d'un processus perturbant l'état de santé, entraînant un mal-être individuel ou collectif.
C'est un état de défaillance des mécanismes d'adaptation de l'organisme aux agressions extérieures.
3. Problème de Santé Publique
Difficulté de santé (état de santé ou son déterminant) nécessitant des interventions collectives.
Critères pour définir un problème de santé publique :
Fréquence : Doit concerner un nombre suffisant de personnes.
Conséquences : Gravité (altérations de la qualité de vie, invalidité, décès), implications pour le système de soins (mobilisation des ressources), coût élevé pour la société.
Possibilité de correction : Le problème doit être soluble par des interventions collective.
4. Santé Publique
Définition : Science et art ayant pour objet l'étude, la planification, la mise en œuvre et l'évaluation des actions visant à améliorer la santé de la population.
Finalité : Promouvoir la santé et prolonger la vie par des actions collectives et concertées (assainissement, lutte contre les maladies, promotion de l'hygiène, vaccination, etc.).
Pluridisciplinaire : Nécessite l'intervention de divers spécialistes.
5. Santé Communautaire
Concept : Souvent utilisé à la place de "santé publique", il met l'accent sur la communauté (groupe social avec mode de vie, intérêts et problèmes similaires dans une aire géographique donnée).
Avantage : Encourage la participation communautaire et l'appropriation des activités de santé.
Grands Problèmes de Santé Publique en RDC
La RDC fait face à une multitude de problèmes de santé, notamment :
Maladies endémiques : Paludisme, Trypanosomiase, Onchocercose, Schistosomiase, Tuberculose.
Maladies épidémiques : Choléra, Fièvre hémorragique à virus Ebola.
Maladies liées aux styles de vie : VIH/SIDA, COVID-19.
Troubles nutritionnels : Malnutrition protéino-énergétique (kwashiorkor, marasme), anémies, goitre.
Déterminants sociaux de la santé : Pauvreté, insalubrité de l'environnement, inaccessibilité à l'eau potable et aux soins, mauvaise qualité de l'habitat, délinquance juvénile.
Politique Sanitaire en RDC : Évolution Historique
1. Première Période (avant l'indépendance)
Modèle belge : Axé sur les soins curatifs (dispensaires, cercles médicaux, hôpitaux d'État).
Priorité aux grandes endémies (lèpre, tuberculose, trypanosomiase) par équipes mobiles.
Structures hospitalières organisées par entreprises (minières, agricoles), camps militaires et églises.
2. Deuxième Période (1960-1965)
Dégradation du système : Due aux guerres civiles, départ du personnel expatrié, manque de cadres compétents, mauvaise gestion.
Pénurie d'équipements, de personnel et de médicaments.
3. Troisième Période (1965-1980)
Tentatives de réorganisation autour du concept « Santé pour tous d'ici l'an 2000 » et des Soins de Santé Primaires (SSP).
Basée sur la participation communautaire et la coopération internationale.
4. Quatrième Période (1980 à ce jour)
1980 : Adhésion à la Charte de développement sanitaire en Afrique.
1981 : Adhésion à la stratégie des SSP.
Réalisations :
Élaboration du premier plan d'action sanitaire quinquennal (1982-1986).
Création de la Direction des Soins de Santé Primaires.
Création de l'École de Santé Publique pour former les cadres des Zones de Santé (ZS).
Création de projets (SPT, SANRU, PSND, PNLS).
Renforcement des programmes nationaux existants.
1985 : Division du pays en 306 zones de santé (515 depuis 2002).
Les ZS sont l'unité opérationnelle et de planification des activités sanitaires.
Défis : Troubles sociopolitiques ont entravé l'opérationnalisation complète des ZS.
Soins de Santé Primaires (SSP)
1. Définition
Soins essentiels, basés sur des méthodes pratiques, scientifiquement valables et socialement acceptables, universellement accessibles à tous, avec leur pleine participation et à un coût abordable.
Accessibilité : Géographique, économique et culturelle.
Pleine participation : Implication dans la prise de décisions et la gestion des ressources.
2. Composantes des SSP (8 définies à Alma-Ata + 3 en RDC)
Éducation sur les problèmes de santé.
Promotion de bonnes conditions alimentaires et nutritionnelles.
Approvisionnement en eau saine et assainissement de base.
Protection maternelle et infantile (incluant planification familiale).
Vaccination contre les grandes maladies infectieuses.
Prévention et contrôle des endémies locales.
Traitement des maladies et lésions courantes.
Fourniture de médicaments essentiels.
(En RDC) Management des SSP.
(En RDC) Formation continue du personnel de santé.
(En RDC) Prise en charge des problèmes de santé mentale.
3. Principes des SSP
Globalisation des soins : Organisation de soins complets (physiques, culturels, sociaux).
Intégration des soins : Tous types de soins (curatifs, préventifs, promotionnels, réadaptatifs) dans un même centre, par une équipe polyvalente.
Continuité des soins : Suivi ininterrompu jusqu'à résolution du problème, incluant système de référence et visites à domicile.
Rationalisation des services : Déploiement équitable, utilisation judicieuse des ressources, listes minimales de médicaments, guides standardisés.
Déconcentration : Proximité des services (distance <= 5 km) et répartition rationnelle.
Décentralisation : Autonomie de gestion des ressources au niveau ZS et mobilisation locale.
Participation communautaire : Implication de la population dans la planification et la gestion.
Pérennisation des services : Capacité à poursuivre les actions sans assistance extérieure continue.
Organisation du Ministère de la Santé en RDC
Trois niveaux hiérarchiques :
1. Niveau Central
Rôle : Orientation de la politique sanitaire, prise de décisions, coordination, collecte de données, contact avec partenaires pour financement.
Organes :
Ministre et son cabinet.
Secrétaire Général.
Inspection Générale.
Directions (Générales, Transversales, Spécifiques, Standards).
Programmes nationaux spécialisés (ex: PNLS, PNLP, PEV).
Services annexes (ex: INRB, LAPHAKI).
2. Niveau Intermédiaire
Comprend l'Inspection Provinciale de Santé et les districts sanitaires (en voie de disparition).
3. Niveau Périphérique (de base ou local)
Zone de Santé (ZS) : Entité géographique délimitée (max 150 km de diamètre), 100 000 habitants, services à 2 échelons (CS et HGR) sous supervision d'une Équipe Cadre de Zone de Santé (ECZS).
Aire de Santé : Subdivision de la ZS (environ 10 000 habitants), couverte par un Centre de Santé (CS).
Structures obligatoires : Centre de Santé (CS) et Hôpital Général de Référence (HGR).
Structures facultatives : Centre de Santé de Référence (CSR), Poste de Santé (PS) pour l'accessibilité géographique.
Organes de Gestion et de Participation Communautaire en ZS
1. Organes du Centre de Santé (CS) et de l'Hôpital Général de Référence (HGR)
Directement liés à la gestion de ces structures.
2. Organes de gestion intégrée de la Zone de Santé
Équipe Cadre de la Zone de Santé (ECZS) : Leadership intégré, composition variable (Médecin Chef de Zone, Médecin Directeur HGR, Directeur Nursing, Administrateur Gestionnaire, infirmier superviseur). Fonctions : médicale, nursing, administrative, logistique.
Comité de Gestion de la ZS (présidé par le Médecin Chef de Zone) : Gère les ressources, prépare les documents pour le Conseil d'Administration.
Conseil d'Administration (présidé par le Médecin Inspecteur Provincial) : Approuve les plans, administre ressources (humaines, financières, matérielles), contacte organismes extérieurs, harmonise la collaboration des partenaires.
Participation Communautaire
Définition : Processus par lequel les individus et groupes exercent leur droit de jouer un rôle actif dans le développement de services de santé appropriés.
Importance :
Concevoir la santé objectivement.
Investir (main d'œuvre, temps, argent) dans la promotion de la santé.
Entretenir les ouvrages construits.
Étendre les services de soins.
Rendre l'éducation sanitaire efficace.
Promouvoir l'équité et l'autosuffisance.
Niveaux de participation :
Marginale : Utilisation des services offerts.
Active/Substantielle : Détermination active des priorités via représentation.
Stratégie de Renforcement du Système de Santé (SRSS)
Objectif : Réorganiser le système pour une couverture universelle avec des soins de base de qualité (globaux, continus, intégrés, efficaces, efficients).
Six axes :
Développement/revitalisation de la Zone de Santé.
Réorganisation des niveaux central et intermédiaire.
Rationalisation du financement.
Renforcement du partenariat intra et intersectoriel.
Renforcement de la recherche sur les systèmes de santé.
Revitalisation de la ZS : Processus dynamique pour offrir des services de qualité, déconcentrés, permanents et accessibles, avec forte implication communautaire.
Cinq sous-axes de la revitalisation ZS :
Développement du leadership intégré (ECZS).
Rationalisation du fonctionnement des structures.
Amélioration de la couverture sanitaire.
Amélioration de la qualité des soins.
Participation communautaire.
Définitions des Structures de Soins
En RDC, différentes structures de soins ont des définitions spécifiques :
Poste de Santé (PS) | Unité de soins de premier contact, conseil et orientation, facultative. Ne constitue pas un échelon formel du système de santé de la ZS. |
Cabinet Médical | Établissement curatif fonctionnant uniquement la journée. |
Polyclinique | Établissement essentiellement curatif, tenu par un médecin, avec au moins 2 lits d'observation. |
Centre de Santé (CS) | Structure offrant des soins curatifs, préventifs, promotionnels et réadaptatifs par un infirmier A2. Dispose de lits pour observation (< 24h). |
Centre Hospitalier Privé | Structure privée de soins curatifs et préventifs, tenue par un médecin généraliste, avec au moins 10 lits. |
Centre de Santé de Référence (CSR) | CS qui réalise certaines activités normalement dévolues à l'HGR, tenu par un médecin ou un infirmier A1. Facultatif. |
Hôpital Spécialisé | Capacité < 50 lits, soins curatifs et préventifs avec un ou plusieurs services spécialisés. |
Clinique Spécialisée | Établissement avec au moins un spécialiste pour une spécialité donnée. |
Hôpital Privé de Référence | Structure privée avec au moins 4 principaux services de médecine et d'autres spécialisés. Desserte > 10 000 habitants, > 50 lits. |
Hôpital Général de Référence (HGR) | Structure pour les cas référés, au moins 100 lits, 4 grands services (médecine interne, chirurgie, pédiatrie, gynécologie-obstétrique) et autres services spécialisés. Desserte au moins 100 000 habitants (rural) / 150 000 habitants (urbain). Centre d'enseignement et de recherche. |
Hôpital Général Non Référentiel | Remplit les fonctions de l'HGR mais sans rôle de référence. |
Hôpital Universitaire | Niveau tertiaire, toutes spécialités, laboratoire de la Faculté de médecine. Sommet de la connaissance médicale. |
Activités des Structures de Soins (Synthèse)
Activités du Centre de Santé (CS)
Consultations prénatales, accouchement, consultations postnatales.
Vaccination (PEV).
Surveillance de la croissance de l'enfant.
Planification familiale.
Soins curatifs (y compris MST/SIDA), soins chroniques (tuberculose, lèpre).
Activités promotionnelles (eau, assainissement).
Visites à domicile, supervision, planification, suivi des indicateurs (SIG).
Fonctions Complémentaires de l'Hôpital Général de Référence (HGR)
Fournit des services avancés que les structures de base ne peuvent assurer :
Soins curatifs généraux (consultations de référence, urgences, hospitalisations).
Soins chirurgicaux.
Maternité (grossesses à hauts risques, accouchements normaux/dystociques).
Planning familial (référence).
Soins promotionnels (IEC).
Soins spécialisés (ex: bucco-dentaires).
Services médico-techniques (imagerie, laboratoire, transfusion).
Services administratifs (gestion des ressources, finances, information).
Formation et supervision.
Activités communautaires (COGES).
Activités de l'Équipe Cadre de Zone de Santé (ECZS)
Planification (plan de développement, plan d'action annuel, mobilisation des ressources).
Gestion (financière, RH, matériels, infrastructures).
Supervision des activités sanitaires et formations.
Formation continue du personnel.
Autres actions d'appui (IEC, coordination intersectorielle).
Suivi et évaluation (SIG).
Recherche opérationnelle.
Épidémiologie
L'épidémiologie est l'étude de la fréquence et de la distribution des problèmes de santé dans les populations, ainsi que de leurs déterminants, dans le but de les maîtriser. Elle s'intéresse à la population dans son ensemble (malades et non-malades).
Éléments fondamentaux de l'épidémiologie :
Fréquence : Mesure par l'incidence et la prévalence.
Distribution : Qui ? Quand ? Où ? (Personne, temps, lieu).
Déterminants : Facteurs de risque influençant la survenue des phénomènes.
Évaluation des actions de santé.
Types d'épidémiologie :
Descriptive : Décrit les problèmes de santé (ex: prévalence de la malnutrition).
Analytique : Étudie la causalité et les facteurs de risque.
Évaluative : Évalue les interventions et leurs effets.
Fonctions de l'épidémiologie :
Déterminer et suivre l'état de santé de la population.
Déterminer les priorités de santé.
Investiguer et contrôler les épidémies.
Identifier les causes des problèmes de santé et évaluer les interventions.
Réaliser des recherches en santé publique.
Variables épidémiologiques :
Variables des personnes : Âge, sexe, état civil, ethnie, religion, niveau d'éducation, socio-économique, exposition aux facteurs de risque. Répond à « Qui ? ».
Variables des lieux : Répartition géographique de la fréquence des facteurs d'exposition et maladies (continent, pays, village). Répond à « Où ? »
Variables de temps : Variation de l'exposition ou maladie selon le temps (époque, année, mois). Répond à « Quand ? »
Variations temporelles de phénomènes de santé :
Nombre de cas | Temps | Espaces (lieu) | |
ÉPIDÉMIE | Élevé | Limité | Limité |
ENDÉMIE | Élevé | Illimité | Limité |
PANDÉMIE | Élevé | Limité | Illimité |
Épidémie : Développement subit et rapide dans un espace et temps limités (ex: Ebola).
Endémie : Présence habituelle et constante dans une région, illimitée dans le temps mais limitée dans l'espace (ex: Paludisme en RDC).
Pandémie : Apparition de cas limitée dans le temps, mais illimitée dans l'espace (ex: Grippe aviaire, VIH/SIDA).
Sources des données épidémiologiques :
Données de routine :
Statistiques d'état civil (naissances, décès, mariages).
Recensements (effectif de la population, dénominateur pour les taux).
Statistiques médico-sanitaires (hospitalières, organismes assureurs, déclarations obligatoires).
Police/Gendarmerie (accidents).
Écoles/institutions de formation.
Enquêtes épidémiologiques : Organisées pour produire des informations spécifiques (ampleur d'un problème, recherche étiologique, évaluation).
Mesures de fréquence des maladies :
Prévalence : Fréquence de l'état de santé à un moment donné (mesure transversale).
Incidence : Fréquence du changement d'état (apparition de maladie) sur une période (mesure longitudinale).
Démographie
La démographie étudie les populations humaines (quantitativement et qualitativement), leur état, mouvements et évolution.
Sources des données démographiques :
Recensement : Dénombrement exhaustif de la population à un instant donné.
État civil : Enregistrement officiel des événements vitaux (naissances, décès, mariages).
Enquêtes démographiques : Collecte de données sur des thèmes spécifiques auprès d'un échantillon de la population.
Importance de la connaissance de la population :
Politique : Prestige, grandeur.
Économique : Estimer la force de travail, consommation, rentabilité des investissements.
Scientifique : Calcul des indices démographiques, indicateurs économiques, sociaux, médicaux ; comparaisons spatio-temporelles.
Physionomie d'une population :
Répartition par sexe : Importance pour la nuptialité, reproduction, répartition des tâches. Mesurée par le sex-ratio (Nb hommes/Nb femmes) ou le rapport de masculinité (Nb hommes/Population totale * 100).
Composition par état matrimonial : Liée à l'économie (couple = unité de production/consommation) et à la reproduction.
Répartition par âge : L'âge influence la mortalité, procréation, capacité de production, consommation. Présentée en tableaux ou pyramides des âges.
Groupements d'âges :
Enfants / Adultes (trop sommaire).
0-19 ans (jeunes), 20-59 ans (adultes), 60+ ans (vieillards).
0-14 ans (enfants), 15-64 ans (actifs), 65+ ans (vieillards) (norme ONU).
Une population est jeune si ≥ 40% ont moins de 15 ans.
Une population est vieille si ≥ 10% ont 65 ans et plus.
Rapport de dépendance selon l'âge : . Exprimé en nombre de personnes à charge pour 100 actifs.
Accroissement démographique :
Population fermée : Sans migration, évolution uniquement par naissances et décès.
Population ouverte : Avec migrations, évolution par naissances, décès, immigrations, émigrations.
Composantes de l'accroissement : Natalité, mortalité, migrations.
Natalité et Fécondité :
Natalité : Fréquence des naissances au sein de la population.
Fécondité : Fréquence des naissances par rapport aux femmes en âge de procréer (15-49 ans).
Taux Brut de Natalité (TBN) : .
Taux Global de Fécondité (TGFG) : .
Mortalité :
Définition : Fréquence statistique des décès dans une population.
Taux Brut de Mortalité (TBM) : .
Mortalité infantile : Retenue comme indicateur de développement sanitaire.
Mortalité périnatale : Mortalité intra-utérine (mort-nés) et néonatale (décès dans les 28 premiers jours).
Mortalité juvénile : Décès d'enfants de 1 à 4 ans.
Mortalité maternelle : Décès de femmes en âge de procréer liés à la maternité (15-49 ans), pour 100 000 naissances vivantes.
Morbidité :
Définition : Fréquence des cas de maladie dans une population.
A des incidences socio-économiques importantes (coûts de soins, absentéisme).
Mesurée par la prévalence et l'incidence.
Éducation pour la Santé (EPS)
L'EPS est un processus dynamique visant un changement de comportement favorable à la santé, et la promotion du bien-être physique, mental et social. Elle fait partie intégrante de l'éducation générale.
Concepts liés :
Information : Connaissance, fait ou compétence visant un changement de comportement.
Communication : Processus de transmission d'informations pour changer des comportements nuisibles en comportements favorables.
Mobilisation sociale : Sensibilisation communautaire pour un objectif, impliquant une responsabilisation effective et affective.
Marketing social : Étude de marché pour l'acceptation d'une idée ou pratique, avec des techniques similaires au marketing commercial, mais visant des bénéfices individuels et communautaires.
Buts de l'EPS :
Renforcer les attitudes et comportements favorables.
Aider la population à prendre conscience de sa responsabilité.
Aider la population à comprendre et surmonter les problèmes de santé.
Phases du processus d'EPS (visant un changement volontaire) :
Prise de conscience : Reconnaissance d'un problème.
Sensibilisation : Implication par le problème.
Motivation : Recherche de solution.
Orientation : Choix de solutions efficaces.
Action : Mise en pratique de la solution.
Principes de l'EPS :
Connaissance de la population cible à toutes les phases.
Participation de la population cible essentielle pour la motivation durable.
Le changement doit être volontaire pour être durable.
L'EPS agit indirectement sur le comportement via les connaissances, croyances, attitudes.
Les comportements de santé sont influencés par des facteurs non sanitaires (culture, beauté, etc.).
EPS et Soins de Santé Primaires (SSP) :
L'EPS est la première des 8 composantes des SSP et soutient les 7 autres.
Elle aide la population à identifier, comprendre et prendre des décisions pour améliorer la santé.
Différence cible/objectifs :
Cible : Pour un programme de santé, c'est le groupe touché par le problème ; pour l'EPS, ce sont les personnes qui influencent la santé par leurs actions (primaire : décisionnaire, secondaire : influenceur).
Objectifs : Pour un programme de santé, ils visent les soins et services ; pour l'EPS, ils visent le changement de comportement.
Étapes pour un programme d'EPS :
Préalables : Identification problèmes/comportements, objectifs, facteurs favorisants/obstacles, population cible, message, canal de transmission.
Identification des problèmes communautaires : Par professionnels de la santé ou par la population elle-même (préférence pour l'implication communautaire).
Détermination de la population cible : L'EPS concerne tous, mais privilégie les groupes organisés pour l'efficacité.
Élaboration du message éducationnel : Doit être faite avec la participation communautaire pour l'adhésion et la confiance.
Canal de transmission : Utilisation de la parole, d'aides visuelles/audiovisuelles, et de la pratique pour une meilleure compréhension.
Méthodes et moyens de communication :
Méthodes directes : d'individu à individu (agent de santé).
Méthodes indirectes : Messages avec origine extérieure (radio, télévision, affiches).
Il est crucial de combiner diverses méthodes pour un succès optimal.
Conditions d'une communication efficace :
Mise en pratique : Choisir le bon moment et lieu, favoriser la participation.
Essais préalables : Tester la méthode et le matériel avec un petit groupe cible (vérifier clarté, pertinence, acceptation).
Utilisation des médias : Journaux, radios, télés peuvent atteindre un grand nombre de personnes rapidement, sont crédibles, et renforcent les messages.
Techniques et moyens de communications :
Exposés sur la santé : Courants, à combiner avec auxiliaires visuels. Doivent être concis (15-20 min + questions).
Proverbes : Soulignent ou illustrent un point de santé.
Fables : Histoires imaginaires, utiles pour enseigner aux enfants et adultes.
Histoires : Transmettent des informations, incitent à la réflexion.
Démonstrations : Moyens agréables d'apprendre par la pratique.
Affiches : Grande feuille avec mots/images pour informer, donner des directives, annoncer des événements. Doivent être simples, en langue locale, avec peu de mots, symboles compréhensibles, couleurs attractives, une idée par affiche. Placement stratégique et renouvellement fréquents.
Radio : Très efficace, atteint un vaste public rapidement, est crédible, permet un rappel constant.
Télévision : Fort impact, élargit les connaissances, influence l'opinion. Les films vidéo sont aussi efficaces.
Expositions : Présentent des objets réels, reproductions, images pour l'enseignement.
Bloc-notes géants : Plusieurs affiches présentées séquentiellement ou pour noter des idées en réunion.
Photographies : Montrent des situations réelles, transmettent de nouvelles idées.
Films : Action, couleur et son pour informer, former, divertir.
Journaux : Diffusent des informations (nouvelles, reportages, éditoriaux) sur la santé.
Moyens locaux/traditionnels : Crieur public, tam-tam, chansons, théâtre.
Communication Interpersonnelle vs. de Masse :
Interpersonnelle : Face à face, échange d'informations entre éducateur et individu/petit groupe. Essentielle pour les prestataires de soins. Requiert des compétences sociales.
De masse : S'adresse à un grand public.
Santé de la Mère et de l'Enfant (SME)
La femme en âge de procréer et l'enfant sont des groupes particulièrement fragiles et nécessitent des mesures spécifiques de protection.
Groupes cibles :
Femmes en âge de procréer (mères).
Enfants.
Adolescents.
Importance de ce groupe :
Démographique : 20% de la population pour les femmes en âge de procréer, 40-45% pour les enfants de moins de 15 ans dans les pays en développement.
Vulnérabilité : Principale victime des violences, précarité, inégalités.
Sanitaire : Taux de mortalité élevés pour des causes évitables, forte prévalence du VIH/SIDA.
Objectifs du Millénaire : Pris en compte dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile.
Santé de la Reproduction (SR) :
Définition : Bien-être physique, mental et social lié à l'appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement. Implique une vie sexuelle satisfaisante, la capacité de procréer librement, accès à la planification familiale et à des soins de qualité pour la grossesse.
Services de SR : Méthodes, techniques et services contribuant à la santé procréative.
Historique des conférences sur la SR :
1974 (Bucarest) : Sensibilisation, associations de bien-être familial.
1978 (Alma-Ata) : Introduction des Soins Maternels et Infantiles (SMI) et Planification Familiale (PF) comme composantes des SSP.
1984 (Mexico) : Point de départ des programmes de PF.
1989 (Niamey) : Lien entre PF et Mortalité Maternelle Infantile (MMR/MSR).
1994 (Le Caire) : Notion élargie de SR (santé jeunes, hommes, approche genre).
Historique de la SR en RDC :
1972 : Ordonnance-loi sur les Naissances Désirables (PF).
1982 : Création du Projet des Services de Naissances Désirables (PSND).
1992 : Création du Programme National des Naissances Désirables (PND).
1998 : Élaboration de la Politique, Plan Directeur et cadre organique de SR.
2001 : Création du Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR).
Domaines d'intervention de la SR :
Maternité sans risque : Soins prénatals, accouchement, complications obstétricales, nouveau-nés, postnatals, allaitement.
Information et services de PF.
Prévention et prise en charge de la stérilité et dysfonctionnements sexuels.
Prévention et prise en charge des complications d'avortements.
Implication des hommes dans la SR.
Prévention et prise en charge des IST/VIH/SIDA.
Promotion du développement sexuel (adolescence).
Élimination des pratiques néfastes (MGF, mariage précoce, violence).
Prise en charge des états non infectieux de l'appareil génital (fistule, cancer du col).
Problèmes de santé maternelle et infantile en RDC :
Mortalité maternelle élevée : (564 décès/100 000 NV en 2013). Le taux a même atteint 1837 décès/100 000 NV avec une faible prévalence contraceptive.
Mortalité infantile/moins de 5 ans élevée.
Ecart intergénésique moyen < 2 ans.
Taux de fécondité élevé (217/1000).
Maladies infectieuses et parasitaires : PEV (paludisme, IRA, MD, parasitoses).
Troubles nutritionnels et de croissance.
Stratégies de lutte pour l'enfant :
Programmes spécialisés (PEV, PNRA, PCME).
Consultations préscolaires (CPS) pour suivi croissance, dépistage, conseils.
Vaccinations.
Détection des enfants à risque.
Références pour urgences.
Consultations curatives (services pédiatriques).
Problèmes de la femme en âge de procréer :
Grossesse et accouchement.
Sexualité (SIDA, IST, contrôle naissances).
Nutrition et allaitement (anémies).
Paludisme et grossesse.
Stratégies de lutte pour la femme :
CPN (dépistage, vaccination, éducation, TPI), CPoN (post-partum, PF, allaitement).
Maternité sans risque.
Services de planning familial.
Référence des urgences, suivi des cas chroniques.
Problèmes des adolescents :
Précocité des relations sexuelles et mariages.
Risque élevé de grossesses non désirées et avortements clandestins.
IST/SIDA.
Délinquance juvénile, drogue, tabac.
Stratégies de lutte pour les adolescents :
Améliorer l'accessibilité aux services et informations.
Intervention au niveau familial.
Renforcer l'éducation sexuelle en milieu scolaire.
Traitement efficace des IST.
Dépistage précoce des IST.
Interventions essentielles (Famille, Communauté, CS/Maternité, HGR) :
Un tableau détaillé (Tableau VI. 4.2) décrit les interventions selon le niveau (avant grossesse, durant grossesse, accouchement, post-partum, enfance) et les indicateurs clés. Il met en évidence la prévention (grossesses précoces, MGF, violences), la prise en charge (complications, VIH/IST), la promotion (AME, hygiène, MII), et le renforcement des services.
Ressources Humaines et Matériels Nécessaires :
Les tableaux VI.4.3 et VI.4.4 détaillent les personnels (relais communautaires, infirmiers, médecins, spécialistes) et les matériels (kits CCC, MII, SRO, vaccins, équipements de laboratoire, chirurgicaux) pour chaque niveau d'intervention.
Nutrition
La nutrition est une condition primordiale pour la santé, car elle fournit l'énergie et les matériaux nécessaires au corps. La RDC fait face à des problèmes majeurs de malnutrition.
Principales formes de malnutrition en RDC :
Malnutrition Protéino-Énergétique (MPE) : La plus répandue, surtout chez les enfants.
Anémies nutritionnelles : Surtout anémie ferriprive.
Troubles dus à une Carence en Iode (TDCI).
Avitaminose A.
1. Malnutrition Protéino-Énergétique (MPE)
Prévalence : Estimée à 25% en moyenne en RDC (CEPLANUT). Des études récentes confirment l'augmentation.
Causes :
Consommation insuffisante de protéines et calories.
Infections à répétition : Cercle vicieux (anorexie, diarrhée).
Ignorance : Mauvaise utilisation des aliments disponibles.
Formes :
Légère : Retard de croissance, risque d'aggravation.
Grave :
Kwashiorkor : Carence en protéine (enfant sevré tardivement), oedèmes, apathie, cheveux roux.
Marasme : Sous-alimentation globale (protéines + énergie), avant 1 an, perte de poids, maigreur extrême, vif, sans oedèmes.
MPE aiguë : Poids/taille affectée.
MPE chronique : Taille/âge affectée.
Traitement : Médicamenteux (infections, déshydratation, anémie) et diététique.
Prévention :
Dépistage précoce (CPS).
Lutte contre les maladies PEV (vaccination).
Allaitement exclusif (6 mois), puis poursuivi jusqu'à 2 ans avec suppléments.
Éducation des mères.
Conséquences : Handicap physique et mental, diabète à l'âge adulte.
2. Évaluation de l'état nutritionnel (MPE)
Mesures anthropométriques : Poids, taille, périmètre brachial.
Signes cliniques : Kwashiorkor (visage jovial, oedèmes, cheveux roux, turbulent), Marasme (visage de vieillard, peau sur les os, timide).
Méthodes d'enquête : Pesée des aliments, questionnaires.
Indicateurs indirects : Taux de mortalité 1-4 ans, productions vivrières, prix des marchés, visite écologique rapide, données météorologiques.
Indicateurs nutritionnels : Poids à la naissance (< 2,5 kg = malnutri), P/A, T/A, P/T, périmètre brachial, périmètre crânien, signes cliniques de MPE, morbidité, mortalité préscolaire/infantile, âge moyen de sevrage, consommation calories/protéines, indicateurs biochimiques.
Périmètre Brachial (PB) : Mesure pour enfants 1-5 ans.
PB < 11 cm : MPE sévère.
11 ≤ PB < 12 cm : MPE modérée.
12 ≤ PB < 13,5 cm : Risque de malnutrition.
PB ≥ 13,5 cm : Normal.
Poids par rapport à l'âge (P/A) : Comparé au poids standard pour l'âge.
Poids par rapport à la taille (P/T) : Comparé au poids standard pour la taille.
Indice de Masse Corporelle (IMC) : Pour adultes (Poids en kg / (Taille en m)).
< 16.0 : Malnutrition sévère.
18,5 ≤ IMC < 24,99 : Normal.
≥ 25 : Obésité (grades 1, 2, 3).
Classification OMS (Z-Score) : Utilisée pour classer MPE modérée et sévère, avec ou sans oedèmes.
3. Anémies Nutritionnelles
Définition : Hb inférieure à la normale suite à une déficience en nutriments nécessaires à l'hématopoïèse (fer, acide folique, vit B12, C, acides aminés).
Prévalence : Problème le plus répandu, aggraué par les infections parasitaires (ankylostomiase).
Taux d'Hb : Critères selon âge/sexe (ex: < 11,0 g% pour enfants 6 mois-5 ans et femmes enceintes).
Carence en fer (anémie ferriprive) : Fréquente chez les enfants 6-24 mois et femmes en âge de procréer.
Facteurs de risque : Prématurité, faible poids, croissance rapide, intolérance lait vache, faible conso viande, phytates, menstruations, helminthiases.
Apports et Sources de Fer :
Recommandations : 10mg/jour (homme), 15-18mg/jour (femme). Supplément de 1g durant grossesse (50mg/jour via médication).
Sources : Foie, viandes, jaune d'œufs, fruits (raisins, abricots), légumes (manioc, épinards), céréales complètes. Le fer végétal est moins absorbé.
Causes de l'anémie ferriprive :
Insuffisance d'apport en fer.
Troubles d'absorption.
Besoins accrus (grossesse, lactation, croissance).
Hémorragies (ankylostomes, necator americanus).
Conséquences de la carence en fer :
Diminution de l'aptitude physique et de la performance au travail.
Diminution de la capacité scolaire, retard développement psychomoteur.
Augmentation de la prévalence des infections, altération des défenses immunitaires.
Chez la femme enceinte : risque de prématurité, morbidité/mortalité fœto-maternelle.
Prévention de l'anémie ferriprive :
Supplémentation (court terme).
Fortification alimentaire (moyen terme).
Déparasitage systématique (court, moyen, long terme).
Éducation nutritionnelle et diversification (long terme).
4. Carence en Iode (TDCI)
L'iode est essentiel pour les hormones thyroïdiennes.
Manifestations cliniques : Avortement, mortalité périnatale/infantile, crétinisme, retard de développement, petit poids de naissance, goitre, hypothyroïdie.
Sources d'iode : Poissons/crustacés marins, lait, viande, céréales, épinards, eau.
Goitre endémique : Associé à la carence en iode dans l'eau et les aliments, ou à la consommation d'éléments goitrogènes (chou, manioc).
Apports journaliers recommandés : Varient selon l'âge et l'état physiologique (ex: 50-200 mcg/jour).
Prévention de la carence en iode :
Supplémentation des populations cibles.
Consommation de sel iodé.
Détoxication correcte des aliments goitrogènes.
Évaluation par observation clinique et examens biochimiques.
5. Avitaminose A
La Vitamine A est indispensable pour : vision, différenciation cellulaire, croissance, embryogenèse, maintien fœtal, nutrition des muqueuses, synthèse des protéines, mobilisation fer, hydratation peau, développement osseux/dentaire, maturation spermatozoïdes, mécanismes immunitaires, protection cancer, hématopoïèse.
Apports journaliers recommandés : Enfants (400-500 mcg/j), adultes (600 mcg/j), femmes enceintes (850 mcg).
Sources : Huile de foie de poisson, margarine, lait, dérivés, foie, jaune d'œuf, reins, cœur. Pro-vitamines A (caroténoïdes) : huile de palme rouge, carottes, papayes, tomates, légumes verts.
Prévalence en RDC : Plus de la moitié des enfants de 6-36 mois touchés (étude 1998), considéré comme un problème majeur.
Facteurs de risque : Âge (enfants), sexe (M>F), prématurité, MPE, insuffisance apports, infections, grossesses rapprochées, multiparité.
Conséquences : Troubles de la vision, respiratoires, anémie, retard de croissance, diminution des défenses immunitaires.
Hygiène du Milieu
L'hygiène du milieu est cruciale car plus de 75% des problèmes de santé en RDC sont liés à l'environnement. Elle cible l'eau, les déchets, les vecteurs et l'habitat.
1. Eau de Boisson
Besoin minimum : 20 l/j/personne (rural), 150 l/j/personne (urbain), 3 l/j/personne (boisson).
Rôle pathogène de l'eau : Véhicule de maladies virales (polio, hépatite A), bactériennes (choléra, typhoïde), parasitaires (amibiase, ascaridiose). Refuge de larves de vecteurs (moustiques → paludisme) et d'hôtes intermédiaires (escargots → schistosomiase).
Sources d'eau :
Pluie : Potable si bien collectée, souvent contaminée.
Surface (rivières, lacs) : Impropres à la consommation (très polluées).
Souterraines : Nécessitent une protection contre la contamination humaine.
Captage d'eau :
Vertical : Puits ordinaires, foncés, forés. Nécessitent aménagement (latrine à 15m aval, parois cimentées, couvercle).
Horizontal : Galeries d'infiltration.
Qualités de l'eau potable :
Physiques : Incolore, inodore, insipide, limpide.
Chimiques : Substances en deçà des limites (ammoniac, nitrites, matières organiques < 0,2 mg/l ; plomb < 0,1 mg/l ; arsenic < 0,05 mg/l). La dureté (sulfates, calcium, magnésium) rend l'eau inutilisable pour certains usages.
Bactériologiques : Pour l'eau traitée, aucun germe pathogène (E. coli) ou saprophyte (coliformes) pour 100 ml.
Traitement de l'eau (à grande échelle) :
Captage.
Aération.
Flocculation (sulfate d'alumine).
Sédimentation.
Filtration.
Désinfection (chlore de choix, UV, ozone).
Traitement domestique :
Filtration (filtres domestiques).
Ébullition (30 min après ébullition).
Désinfection chimique (teinture d'iode, eau de javel, chlore en poudre).
2. Déchets (Solides, Liquides, Infectieux)
a) Définitions :
Déchet : Ce qui ne peut être utilisé ou est rejeté.
Ordures : Matières organiques putrescibles (végétales, animales).
Débris : Déchets solides non putrescibles (combustibles, non combustibles).
Cendres : Résidus de combustion.
Fumier : Excréta d'animaux, ou matières végétales décomposées.
Balayures : Débris du nettoiement des voies publiques.
Importance de l'évacuation des déchets :
Hygiène : Attirent mouches, rats, transmettent maladies.
Esthétique : Nuisances visuelles et olfactives.
Quantité des déchets solides :
Villes : 900g-3kg/jour/personne (matières organiques, cendres).
Campagne : 320g/jour/personne (fumier, ordures ménagères).
Évacuation des ordures ménagères (3 phases) :
Conditionnement à domicile : Récipients imperméables, résistants à la corrosion, faciles à nettoyer, couvercle.
Collecte : Organisée par services publics, à fréquence régulière avec véhicules adaptés.
Traitement final :
Décharge ordinaire (non recommandée).
Décharge dans cours d'eau (déconseillé).
Décharge contrôlée : Tassement en tranchées recouvertes de terre.
Compostage : Transformation en fumier.
Incinération : Combustion à haute température (1000°C) – méthode de choix pour déchets infectieux. Risques de pollution atmosphérique.
Enfouissement : Pour déchets domestiques (écarter non putrescibles).
Déchets liquides (eaux usées) :
Composition : Eaux de ruissellement, eaux de ménage, eaux excrémentielles.
Qualité : Contiennent substances organiques putrescibles, microbes pathogènes, substances toxiques.
Évacuation finale :
Déversement dans lacs, mers, rivières (profite de l'autoépuration).
Bassins de stabilisation (détruit germes).
Épandage sur sol.
Épuration des eaux usées : Biologique (bassins à oxygène) ou artificielle (décantation, fermentation anaérobie, épuration + désinfection).
Déchets infectieux (Déchets Bio-Médicaux ou DBM) :
Définition : Déchets contenant suffisamment d'agents pathogènes pour causer une maladie.
Types : Labo, sang/sécrétions, objets tranchants, déchets de patients contagieux, salles d'opération/accouchement, carcasses animales.
Gestion :
Collecte, manipulation, transport : Dans containers bien fermés, étanches et résistants, transportés dans véhicules fermés.
Traitement :
Incinération : Méthode de choix (résidus à éliminer en décharge contrôlée).
Stérilisation à vapeur (autoclave), à gaz (oxyde d'éthylène - toxique).
Désinfection (eau de javel).
3. Hygiène de l'Habitat
Définition : L'habitat est l'abri et le milieu environnant. L'hygiène vise à promouvoir la santé physique, mentale et sociale.
Besoins humains pour un habitat salubre :
Physiologiques : Température, humidité, aération/ventilation, éclairage, protection bruits.
Psychosociaux : Intimité, commodité pour vie communautaire, hygiène, esthétique.
Protection contre transmission des maladies : Eau potable, évacuation déchets, exclusion nuisibles, protection aliments, espace suffisant.
Protection contre les accidents : Construction solide, protection incendies, intrusion.
Rôle des services de santé : Aider à élaborer plans de construction, faire respecter les normes, assurer l'entretien, recueillir données sur la qualité du logement, mener des actions d'information/éducation.
4. Lutte Antivectorielle
Vecteur : Agent transmettant une maladie (mécanique ou biologique).
Transmission :
Mécanique : Vecteur transporte germes sur son corps (mouches → trachome, infections intestinales).
Biologique : Agent pathogène effectue un cycle chez le vecteur (trypanosomiase, leishmanioses).
Principaux vecteurs : Mouches, moustiques, simulies, poux, puces, punaises, blattes, tiques.
Réservoir d'infection : Homme, animal, plante, sol, matière organique où l'agent vit et se multiplie (rats/souris → peste, typhus).
Hôtes intermédiaires : Invertébrés abritant stades larvaires (escargots → douves, schistosomes).
Objectif : Réduire la population du vecteur à un niveau où la transmission n'est plus assurée.
Moyens de lutte antivectorielle :
Prévention de la reproduction et de la contamination : Assainissement de base, déboisement, urbanisation, hygiène alimentaire/corporelle, surveillance eau.
Destruction des larves et adultes :
Méthodes chimiques : Insecticides, larvicides, imagocides, rodenticides. Précautions : test de résistance, rémanence, mode d'emploi.
Méthodes biologiques : Ennemis naturels (poissons tilapia contre larves moustiques, Bacillus thuringiensis israelensis - Bti).
Méthodes mécaniques/physiques : Piégeage, destruction directe.
Méthodes environnementales : Destruction des habitats.
Méthodes intégrées : Combinaison de plusieurs méthodes.
Protection individuelle : Vêtements, lotions répulsives, moustiquaires.
Désinsectisation : Chaleur (70°C), gaz toxiques (acide cyanhydrique - HCN, dioxyde de soufre - SO2). Insecticides organochlorés (dieldrine, dichlorvos), organophosphorés (malathion, primiphos méthyl).
Lutte contre des vecteurs spécifiques :
Blattes : Propreté, insecticides dans lieux de rassemblement.
Mouches : Propreté, insecticides. Différencier mouches non piqueuses (Musca domestica) et piqueuses (stomoxes, glossines, chrysops, simulies).
Moustiques : Action larvicide (mazout dans étangs), imagocide (pulvérisation), moustiquaires.
Poux : Propreté, pommades insecticides. Transmettent : pédiculose, fièvre récurrente, typhus.
Puces : Propreté, insecticides. Transmettent : Tunga penetrans, peste.
Punaises : Nuisances, maladie de Chagas (triatomes).
Tiques : Insecticides. Transmettent : arboviroses, rickettsioses, borrélioses, piroplasmoses.
Acariens (Sarcoptes scabiei) : Hygiène, benzoate de benzyle.
5. Hygiène Individuelle
Définition : Ensemble de règles pour préserver la santé individuelle.
Parties : Hygiène corporelle, hygiène vestimentaire, culture physique.
a) Hygiène corporelle :
Fonctions de la peau : Respiration, élimination (sueur), régulation thermique, protection (sébum), sensibilité.
La propreté est fondamentale pour le bon fonctionnement de la peau et la prévention des maladies.
Nettoyage : Bain, douche (eau tiède, peu calcaire, savon, friction) ou lavage traditionnel.
Soins spécifiques : Lavage fréquent des mains/ongles (avant repas), visage/cou (matin/soir), bouche/pharynx/nez (danger rhino-pharyngé = porteurs de germes).
b) Hygiène vestimentaire :
Propriétés des tissus : Perméabilité à l'air (coton, laine), protection contre froid/chaleur/eau. L'imperméabilité parfaite (caoutchouc) peut empêcher la circulation de l'air.
Formes des vêtements : Amples, simples, sans gêne pour les fonctions physiologiques.
Chaussures : Doivent s'adapter parfaitement au pied pour éviter déformations et problèmes de santé (varices, attitudes vicieuses). Les hauts talons sont déconseillés.
c) Culture physique :
Importance : Développement physique, mental, moral. « Mens sana in corpore sano ».
Effets sur l'organisme :
Musculaire : Augmentation du volume, utilisation graisseuse.
Respiratoire : Augmentation du rythme respiratoire, échanges gazeux, capacité vitale, lutte contre affections pulmonaires.
Cardio-vasculaire : Cœur plus fort, circulation améliorée.
Nerveux : Amélioration conscience corporelle, équilibre, coordination.
Système digestif : Favorise digestion, élimination.
Lutte contre les Maladies : Principes de Santé Publique
L'application de certains principes de santé publique est essentielle pour une lutte efficace contre les maladies.
Principes clés :
Ciblage communautaire : Vise l'amélioration de la santé au niveau collectif. Les stratégies doivent cibler la communauté entière ou des groupes spécifiques.
Holisticité : Intègre prévention, traitement et rétablissement. Ces trois volets sont indissociables.
Éthique et équité : Services dispensés de manière équitable, en ciblant les plus à risque, avec consentement des bénéficiaires. Pas de discrimination sur le milieu de vie ou la condition sociale.
Prévoyance : Basée sur données actuelles et projections futures. Suit le cycle de projet (estimation besoins, planification, mise en œuvre, évaluation).
Adaptation et correction : Suivi et évaluation continus des résultats pour ajuster l'action.
Participation des bénéficiaires : Les communautés sont associées à toutes les étapes de l'action.
Globalité : Approche multidisciplinaire, prenant en compte les facteurs socio-économiques et culturels.
Intégration des soins : Services planifiés et organisés efficacement pour répondre aux besoins multidimensionnels. Les soins curatifs et préventifs sont complémentaires.
Continuité des soins : Coordination des activités de soins dans le temps, prise en compte des histoires antérieures et besoins futurs. Nécessite une gestion efficace de l'information.
Assurance de qualité : Évaluation permanente et standardisée des services pour juger de leur qualité.
Démarche scientifique : Utilisation de preuves scientifiques ("evidence-based medicine") pour maximiser l'efficacité.
Règlement Sanitaire International et ONG du Secteur de la Santé
1. Institutions Spécialisées des Nations Unies ayant un impact sur la santé :
OMS (Organisation Mondiale de la Santé) : Créée le 7 avril 1948 (Journée mondiale de la santé). Siège à Genève, bureau régional Afrique à Harare.
Mission : Promouvoir le développement des services, recueillir et diffuser informations, stimuler la recherche.
Rôle : Encourager et aider les gouvernements à assumer leurs responsabilités, avec participation publique (budget biennal co-défini).
Domaines d'intervention : Promotion/renforcement services, collecte/diffusion infos, recherche, assistance technique, formation, lutte contre épidémies/endémies, prévention.
UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l'Enfance) : Protège et favorise le développement des enfants.
Priorités : Vaccination, allaitement, contrôle croissance, réhydratation orale.
Intervient aussi dans les urgences (catastrophes naturelles, épidémies, conflits).
FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) :
Objectifs : Élever le niveau de nutrition, améliorer la production/répartition alimentaire, contribuer à l'expansion économique mondiale et éliminer la famine.
FNUAP (Fonds des Nations Unies pour les Populations) :
Domaines d'intervention : Collecte données population, distribution spatiale, migration, planification familiale, lutte contre maladies et violences sexuelles.
Banque Mondiale (BIRD) : Aide à la reconstruction et au développement économique.
Motivation pour la santé : Le mauvais état de santé entrave le développement économique en Afrique subsaharienne. Investir dans la santé augmente la contribution de la population au développement.
2. Mouvement International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge :
Trois composantes :
Comité International de la Croix-Rouge (CICR) : Association privée suisse, neutre.
Mission : Intervient dans les conflits armés ou catastrophes naturelles pour secourir les victimes sans discrimination, selon les conventions de Genève.
Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge : Fondée en 1919 (initialement Ligue des Sociétés), après la 1GM, devenue Fédération en 1986.
Rôle : Inspirer et soutenir l'action humanitaire, faciliter le développement des sociétés nationales, coordonner les secours en cas de catastrophes.
Sociétés Nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge : Exemple : Croix-Rouge de la RDC.
But : Prévenir et atténuer la souffrance humaine par assistance médicale et sociale.
3. Coopération Internationale (Biltérale, Multilatérale) :
Union Européenne (UE) : En RDC, via le Programme d'Appui Transitoire au Secteur de Santé (PATS) pour services minimums et continuité des programmes.
Coopérations Bilatérales : Belge, Française, Américaine (USAID), Allemande, Canadienne, Chinoise, Italienne.
Exemples (avant crise politique) :
Belgique : Traitement maladies (Cliniques Ngaliema, Hôpital Roi Baudouin), prévention (BCT), dépistage (CDT), enseignement médical, appui ZS.
France : Apports INRB, Clinique Kinoise, enseignement.
USAID : Programmes verticaux (PEV, PSND, CEPLANUT).
4. Organisations Non Gouvernementales (ONG) :
Internationales : OXFAM (aide aux plus pauvres, renforcement capacités), Médecins Sans Frontières (MSF), Fondation Père Damien.
Nationales (RDC) : BDOM, Œuvres Protestantes (ECC), Œuvres Kimbanguistes, Horizon Santé.
Regroupées au sein du Conseil National des ONG de Santé (CNOS) en RDC. Plus d'un millier d'ONG opérant dans le secteur.
Partenariat avec le gouvernement : Participation à l'élaboration de plans, mobilisation de ressources, mise en œuvre d'interventions.
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