Introduction à la bactériologie médicale

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Ce document présente une introduction à la bactériologie médicale, couvrant les concepts fondamentaux, les classifications bactériennes, et les méthodes de diagnostic et de traitement des infections bactériennes.

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Review
Question
Quelle est la principale caractéristique d'un procaryote ?
Answer
Un procaryote n'a pas de membrane nucléaire, contrairement aux eucaryotes qui possèdent un noyau structuré.
Question
Qu'est-ce qu'une bactérie ?
Answer
Les bactéries sont des micro-organismes procaryotes unicellulaires ou en agrégats, dépourvus de membrane nucléaire, présentant diverses formes comme les coques ou les bacilles.
Question
Comment Woese a-t-il reclassifié les archéobactéries en 1990 ?
Answer
En 1990, Woese a proposé que les archéobactéries constituent un taxon primaire appelé Archea, en raison de leurs différences avec les eubactéries et les eucaryotes.
Question
Quelles sont les différentes formes de bactéries ?
Answer
Les bactéries présentent diverses formes : coques (sphériques), bâtonnets (bacilles), filaments enroulés en spirale ou incurvés en virgule.
Question
Que contient le cytoplasme des bactéries ?
Answer
Le cytoplasme bactérien contient un chromosome d'ADN double brin circulaire unique, de nombreux ribosomes et parfois des plasmides.
Question
Quel est le rôle des plasmides chez les bactéries ?
Answer
Les plasmides fournissent un avantage sélectif aux bactéries dans des environnements hostiles, notamment via des gènes de résistance aux antibiotiques ou de pathogénicité.
Question
Quelle est la fonction de la membrane cytoplasmique bactérienne ?
Answer
La membrane cytoplasmique régule les échanges cellulaires, contient le système de transport d'électrons et participe à la réplication du matériel nucléaire.
Question
Quelle est l'importance de la paroi bactérienne ?
Answer
La paroi bactérienne, rigide, donne leur forme aux bactéries et les protège contre la lyse osmotique, à l'exception des Mycoplasmes et Chlamydia.
Question
Qu'est-ce que la coloration de Gram met en évidence ?
Answer
La coloration de Gram différencie les bactéries en Gram positif (paroi épaisse de peptidoglycanes) et Gram négatif (paroi mince et membrane externe).
Question
Que contiennent les parois des bactéries à Gram positif ?
Answer
La paroi des bactéries à Gram positif contient une couche épaisse de peptidoglycanes, parfois recouverte de polysaccharides, protéines ou acides teïchoïques.
Question
Quelle est la particularité de la paroi des bactéries à Gram négatif ?
Answer
La paroi des bactéries à Gram négatif est plus complexe, avec une membrane externe contenant des lipopolysaccharides (lipide A et antigène O).
Question
Quel est le rôle de la capsule bactérienne ?
Answer
La capsule bactérienne, souvent polysaccharidique, peut jouer un rôle pathogène en empêchant la phagocytose et en favorisant la formation de biofilms.
Question
Quelles structures permettent la mobilité bactérienne ?
Answer
Les bactéries se déplacent grâce aux flagelles, des structures protéiques avec différentes dispositions comme monotriche ou péritriche.
Question
Que sont les pili ou fimbriae ?
Answer
Les pili ou fimbriae sont des éléments protéiques rigides et courts, impliqués dans les interactions bactériennes ou avec des cellules eucaryotes.
Question
Qu'est-ce qu'une endospore bactérienne ?
Answer
Une endospore est une structure de résistance formée par certaines bactéries Gram positif (ex: Clostridium, Bacillus) en conditions défavorables.
Question
Comment les bactéries se multiplient-elles ?
Answer
La multiplication bactérienne se fait par scissiparité, un mode de division rapide dans des conditions environnementales favorables.
Question
Quels sont les facteurs favorables à la multiplication bactérienne rapide ?
Answer
Les facteurs favorables sont les éléments nutritifs, une température adéquate, un pH, une pression osmotique, de l'oxygène et l'absence d'inhibiteurs.
Question
Comment la culture des bactéries est-elle réalisée ?
Answer
Les bactéries sont cultivées dans des milieux complexes (liquides ou solides) à base d'extraits de viande ; la gélose solidifie les milieux solides.
Question
Quelles sont les 4 phases de la croissance bactérienne en milieu liquide ?
Answer
Les phases sont : latence, croissance exponentielle (multiplication maximale), stationnaire (nombre constant), et décroissance (épuisement du milieu, diminution du nombre).
Question
Qu'est-ce qu'une bactérie autotrophe ?
Answer
Une bactérie autotrophe est capable de réaliser toutes ses synthèses à partir d'eau, de carbone, d'ions minéraux, d'azote, de soufre et d'oligoéléments.
Question
Qu'est-ce qu'une bactérie hétérotrophe ?
Answer
Une bactérie hétérotrophe ne peut pas synthétiser certains constituants, comme un acide aminé, et doit les trouver dans son milieu de culture.
Question
Comment les petites molécules traversent-elles la membrane cytoplasmique bactérienne ?
Answer
Les petites molécules traversent la membrane par transport passif ou actif, via des systèmes de transport spécifiques comme les perméases.
Question
Comment le pH influence-t-il la croissance bactérienne ?
Answer
La croissance bactérienne est optimale près de pH 7, mais certaines bactéries sont acidophiles (jusqu'à pH=1) ou alcalinophiles (pH élevés).
Question
Quelle est la température optimale de croissance pour la plupart des bactéries pathogènes ?
Answer
La plupart des bactéries pathogènes se développent optimalement autour de 37°C.
Question
Quelles sont les exceptions aux bactéries qui ne se multiplient pas à basse température ?
Answer
Listeria peut se multiplier à des températures proches de 0°C (psychrophiles), et les thermophiles (>45°C) sont des exceptions.
Question
Comment la pression osmotique affecte-t-elle la croissance bactérienne ?
Answer
La paroi bactérienne offre une résistance, mais de fortes concentrations de NaCl ou de sucre peuvent inhiber la croissance.
Question
Quelles sont les quatre catégories de bactéries selon leur relation avec l'oxygène ?
Answer
Les bactéries sont classées en aérobies strictes, anaérobies strictes, aéro-anaérobies facultatives et micro-aérophiles.
Question
Décrivez les bactéries aérobies strictes.
Answer
Les bactéries aérobies strictes ne peuvent se développer qu'en présence d'oxygène.
Question
Décrivez les bactéries anaérobies strictes.
Answer
Les bactéries anaérobies strictes ne peuvent se développer qu'en l'absence d'oxygène.
Question
Décrivez les bactéries aéro-anaérobies facultatives.
Answer
Ces bactéries peuvent se développer en présence ou en l'absence d'oxygène, les rendant très fréquentes en pathologie.
Question
Décrivez les bactéries micro-aérophiles.
Answer
Les bactéries micro-aérophiles ne peuvent se développer que sous une faible pression d'oxygène.
Question
Quels sont les deux types de métabolisme bactérien pour classer les bactéries ?
Answer
Les bactéries sont classées selon leur métabolisme oxydatif (respiratoire) ou fermentatif.
Question
Que sont les bactériophages ?
Answer
Les bactériophages sont des virus qui infectent et se multiplient dans les bactéries, souvent entraînant leur lyse.
Question
De quoi sont constitués les bactériophages ?
Answer
Les bactériophages sont composés d'une molécule d'acide nucléique (ADN ou ARN) entourée d'une capside protéique, et ont une tête et une queue.
Question
Quels sont les deux types de phages (selon leur cycle) ?
Answer
Il existe des phages virulents (lytiques), qui lysent la bactérie, et des phages tempérés (latents), qui intègrent leur ADN au génome bactérien.
Question
Que sont les mutations bactériennes et leur conséquence ?
Answer
Les mutations altèrent le patrimoine génétique bactérien (substitution, délétion, insertion de nucléotides), pouvant modifier le pouvoir pathogène et la résistance aux antibiotiques.
Question
Que sont les transposons ?
Answer
Les transposons, ou 'gènes sauteurs', sont des séquences d'ADN mobiles capables de s'insérer à différents endroits du génome bactérien.
Question
Quel est le rôle des transposons ?
Answer
Les transposons portent souvent des gènes de résistance aux antibiotiques, contribuant ainsi à la dissémination de cette résistance.
Question
Quels sont les trois mécanismes de transfert génétique horizontal chez les bactéries ?
Answer
Ces mécanismes sont la transformation, la transduction et la conjugaison.
Question
Qu'est-ce que la conjugaison bactérienne ?
Answer
La conjugaison est le transfert unidirectionnel d'ADN plasmidique entre bactéries via les pili sexuels ou adhésines, très fréquent dans la nature.
Question
Qu'est-ce que la transformation bactérienne ?
Answer
La transformation est l'intégration de fragments d'ADN bactérien libre dans l'ADN d'autres bactéries, se produisant entre espèces apparentées.
Question
Qu'est-ce que la transduction bactérienne ?
Answer
La transduction est le transfert d'ADN bactérien par un bactériophage, qui injecte son acide nucléique dans la bactérie hôte.
Question
Qui a découvert la pénicilline et quand ?
Answer
La pénicilline a été découverte par hasard par le médecin britannique Sir Alexander Fleming en 1928.
Question
Qu'est-ce qu'un antibiotique ?
Answer
Un antibiotique est une substance, naturelle ou synthétique, qui inhibe la croissance (bactériostatique) ou tue (bactéricide) les bactéries, sans toxicité pour d'autres cellules.
Question
Quelles sont les 5 principales actions des antibiotiques ?
Answer
Les antibiotiques agissent en inhibant la synthèse de la paroi bactérienne, des protéines, des acides nucléiques, en altérant la membrane cytoplasmique ou par antagonisme compétitif.
Question
Quelle est la famille d'antibiotiques la plus utilisée ?
Answer
Les β-lactamines sont la famille d'antibiotiques la plus couramment utilisée pour traiter les infections bactériennes.
Question
Qu'est-ce qu'un antiseptique ?
Answer
Un antiseptique est une substance qui tue ou prévient la croissance de micro-organismes sur les surfaces externes du corps.
Question
Quelle est la différence entre un antiseptique et un antibiotique ?
Answer
Les antiseptiques agissent sur les surfaces externes du corps, tandis que les antibiotiques agissent à l'intérieur du corps contre les bactéries.
Question
Quels sont des exemples de pénicillines ?
Answer
La pénicilline G, pénicilline V, ampicilline, amoxicilline, oxacilline font partie des exemples de pénicillines.
Question
Qu'est-ce que la résistance acquise aux antibiotiques ?
Answer
La résistance acquise est une résistance développée par une souche bactérienne, absente chez la souche sauvage, souvent due par l'inactivation de l'antibiotique par une enzyme.

Bactériologie Médicale : Antisèches

1. Introduction aux Bactéries

  • Définition : Organismes microscopiques, unicellulaires ou en agrégats. Classées comme procaryotes (pas de membrane nucléaire).

  • Distinction : Différentes des eucaryotes (champignons, algues, protozoaires) qui ont un noyau structuré. Les procaryotes incluent bactéries et Cyanophycées.

  • Classifications historiques :

    • Jusqu'en 1990 : Eubactéries et Archéobactéries.

    • Depuis 1990 (Woese) : Archea est un taxon primaire distinct, car certaines archéobactéries (méthanogènes, thermophiles extrêmes, halophiles extrêmes) diffèrent autant des eubactéries que des eucaryotes.

  • Morphologie :

    • Généralement de petite taille (quelques µm de diamètre).

    • Diversité de formes : Coques (Streptococcus), Bâtonnets (Bacillus), Filaments en spirale (Spirillum), incurvés en virgule (Vibrion) ou en hélice (Spirochaeta).

    • Détails visibles uniquement au microscope électronique.

2. Structure et Physiologie Bactérienne

2.1 Cytoplasme

  • Chromosome : ADN double brin circulaire, généralement unique et principal.

  • Ribosomes : Nombreux.

  • Plasmides : Petites molécules d'ADN circulaires, non essentielles pour la multiplication en environnement favorable, mais peuvent conférer des avantages sélectifs (ex: résistance aux antibiotiques, gènes de pathogénicité).

2.2 Membrane Cytoplasmique

  • Fonctions Clés :

    • Contrôle les échanges avec le milieu extérieur.

    • Contient le système de transport des électrons et des récepteurs spécifiques.

    • Rôle important dans la réplication et la division du matériel nucléaire.

2.3 Paroi Bactérienne

  • Rôle : Structure rigide responsable de la forme bactérienne et de la résistance à la lyse osmotique.

  • Exceptions : Absente chez les Mycoplasmes et les Chlamydia.

  • Coloration de Gram : Méthode essentielle pour la classification.

    • Bactéries à Gram+ : Paroi épaisse de peptidoglycanes, recouverte de polysaccharides, protéines, acides téichoïques. Reste colorée en violet par le violet de Gentiane après traitement à l'alcool.

    • Bactéries à Gram- : Paroi plus complexe, couche fine de peptidoglycanes, souvent entourée d'une membrane externe contenant des lipopolysaccharides (LPS) composés de lipide A (toxique) et de polysaccharide O (antigénique). Perd la coloration violette après l'alcool et est colorée en rouge/rose par la fuchsine/safranine.

2.4 Capsule

  • Définition : Couche épaisse recouvrant la paroi chez certaines bactéries.

  • Rôle : Peut jouer un rôle important dans le pouvoir pathogène en empêchant la phagocytose.

  • Composition : Généralement polysaccharidique, rarement polypeptidique.

  • Biofilms : Base de la formation de biofilms chez certaines bactéries.

2.5 Moyens de Locomotion (Ciliature)

  • Flagelles : Structures protéiques permettant le déplacement.

    • Péritriche : Disposés tout autour de la bactérie.

    • Monotriche : Un flagelle à un pôle.

    • Amphitriche : Un flagelle à chaque pôle.

    • Lophotriche : Plusieurs flagelles à un ou deux pôles.

  • Pili (Fimbriae) : Rigides et plus courts que les flagelles, de nature protéique. Interviennent dans les interactions avec d'autres bactéries ou cellules eucaryotes.

2.6 Spores

  • Formation : Chez certaines bactéries à Gram positif (*Clostridium*, *Bacillus*) en conditions défavorables (pénurie de nourriture, pH/température élevés, dessiccation, désinfectants).

  • Résistance : Très résistantes à la dessiccation et à la chaleur. Très longue persistance dans l'environnement.

  • Germination : Donnent naissance à des formes végétatives en conditions favorables.

2.7 Multiplicati et Croissance

  • Multiplication : Par scissiparité.

  • Rythme : Très rapide en conditions favorables (nutriments, conditions physico-chimiques optimales : température, pH, pression osmotique, oxygène).

  • Culture :

    • Milieux complexes (extraits/hydrolysats de viande), liquides ou solides (avec gélose).

    • Sur milieu solide : colonies séparées (faible quantité de bactéries) ou nappe confluente (grande quantité).

    • En milieu liquide : dispersion et trouble.

  • Cinétique de croissance : Étudiée en milieu liquide (turbidimétrie ou dénombrement CFU).

    1. Phase de latence : Peu de multiplication.

    2. Phase de croissance exponentielle : Multiplication maximale. Équation : (temps de doublement ~30 min pour pathogènes humains).

    3. Phase stationnaire : Nombre constant, milieu s'épuise.

    4. Phase de décroissance : Déclin du nombre de bactéries, épuisement du milieu.

2.8 Besoins Nutritifs

  • Essentiels : Eau, source de carbone, ions minéraux (K⁺, Mg²⁺, phosphates), azote, soufre, oligoéléments (Fe, Co²⁺, Mn²⁺, Zn²⁺) et facteurs de croissance.

  • Types :

    • Autotrophes : Capables de synthétiser tous leurs constituants.

    • Hétérotrophes : Nécessitent l'apport de certains constituants (ex: acide aminé, enzyme).

  • Transport : Passif ou actif (via perméases) à travers la membrane cytoplasmique.

2.9 Conditions Physico-Chimiques

  • Température :

    • Majorité pathogènes : 37°C (optimale).

    • Psychrophiles (*Listeria*) : Se multiplient à de basses températures (proches de 0°C).

    • Thermophiles : Se multiplient à des températures > 45°C.

    • Mésophiles : 10°C à 45°C.

    • Non sporulées tuées à > 60°C.

  • pH :

    • Pla plupart : Proche de la neutralité (pH 7).

    • Acidophiles : Croissent à pH bas (jusqu'à 1).

    • Alcalinophiles : Croissent à pH élevés.

  • Pression Osmotique :

    • Résistance grâce à la paroi.

    • Forte concentration de NaCl ou sucre peut inhiber la croissance.

    • Halophiles : Adaptées au milieu marin, nécessitent une concentration minimale de sel.

  • Oxygène :

    • Aérobies strictes : Nécessitent O₂.

    • Anaérobies strictes : Ne peuvent cultiver qu'en absence d'O₂.

    • Aéro-anaérobies facultatives : Croissent avec ou sans O₂ (les plus fréquentes en pathologie).

    • Micro-aérophiles : Nécessitent une faible pression d'O₂.

2.10 Métabolisme

  • Oxydatif/Respiratoire : Dégradation complète du glucose via cycle de Krebs, O₂ comme accepteur final d'électrons. Système de transport dans la membrane cytoplasmique.

  • Fermentatif : Dégradation incomplète du glucose, production de composés organiques (acides organiques).

3. Génétique Bactérienne

3.1 Bactériophages (Phages)

  • Définition : Virus attaquant les bactéries.

  • Structure : Molécule d'acide nucléique (ADN ou ARN) entourée d'une capside protéique. Composé d'une tête et d'une queue.

  • Réplication : Incapables de réplication autonome, parasitent une cellule hôte.

  • Types d'infection :

    • Phages virulents : Lyse de la bactérie et libération de nouveaux virions (cycle lytique). Ex: Phage T2, T4.

    • Phages tempérés : Pas de lyse immédiate, persistance dans le génome bactérien (prophage), transmis aux générations suivantes (lyogénie). Avantage stratégique pour le phage. Ex: Phage lambda.

3.2 Modifications Génétiques

  • Importance : Cruciale en bactériologie médicale (pouvoir pathogène, sensibilité aux antibiotiques).

  • Mécanismes :

    • Mutations : Rares ( à ), mais transmises verticalement.

      • Types : Substitution d'un nucléotide, délétions, insertions.

      • Peuvent être réversibles.

    • Transposons ("gènes sauteurs") : Éléments génétiques mobiles.

      • Séquences d'ADN avec séquences répétitives inverses.

      • Peuvent s'insérer dans chromosome ou plasmide sans homologie.

      • Induisent délétions, insertions, réarrangements.

      • Portent souvent des gènes de résistance aux antibiotiques.

    • Transfert Horizontal de Matériel Génétique :

      • Transformation : Transfert de fragments d'ADN bactérien libre (après lyse) et intégration par recombinaison. Se fait entre espèces apparentées (Ex: *Neisseria*, *Streptococcus*, *Haemophilus*).

      • Transduction : Transfert d'ADN bactérien par un bactériophage.

        • Phage injecte son acide nucléique.

        • Phage virulent lyse ; Phage tempéré lysogénie (intégration dans le génome).

      • Conjugaison : Transfert unidirectionnel d'ADN plasmidique d'une bactérie donatrice à une receveuse via un accouplement (pili sexuels chez Gram-, adhésines chez Gram+).

        • Mécanisme le plus fréquent dans la nature.

        • Les plasmides conjugatifs peuvent transférer en bloc des gènes de résistance aux antibiotiques (transfert horizontal).

4. Antibiotiques

  • Découverte : Pénicilline par Fleming (1928), redécouverte (fin XIXe siècle par Duchesne).

  • Définition : Substance naturelle (microorganismes) ou synthétique capable d'empêcher la croissance (bactériostatique) ou de tuer (bactéricide) les bactéries, sans toxicité pour les cellules hôtes.

  • Origine : Champignons inférieurs, certaines bactéries, certains végétaux supérieurs.

  • Diversité : >10 000 molécules, ~100 efficaces (1/4 pénicillines).

  • Mécanismes d'action (5 principaux) :

    • Inhibition de la synthèse de la paroi bactérienne.

    • Inhibition de la synthèse des protéines.

    • Inhibition de la synthèse des acides nucléiques.

    • Altération de la membrane cytoplasmique.

    • Activité antimétabolite ou antagonisme compétitif.

  • Toxicité Sélective : Cibles non présentes chez l'hôte.

  • Principales Familles :

    • β-lactamines : Les plus utilisées (large spectre, bonne tolérance). Inactivation de la synthèse de la paroi.

      • Pénicillines (Pénicilline G/V/M, ampicilline, amoxicilline, imipénème, acide clavulanique, etc.).

      • Céphalosporines (céfalotine, céfotaxime, ceftriaxone, latamoxef, etc.).

      • Monobactames (aztréonam).

    • Aminosides : gentamicine, tobramycine, amikacine.

    • Tétracyclines : tétracycline, oxytétracycline, doxycycline.

    • Chloramphénicol et dérivés (Phénicoles) : chloramphénicol.

    • Macrolides/Lincosamides/Streptogramines : érythromycine, lincomycine, pristinamycine.

    • Polypeptides : bacitracine, polymyxine B, colistine.

    • Sulfamides et associations : sulfamides, triméthoprime.

    • Nitrofuranes : furanes.

    • Quinolones : acide nalidixique, ciprofloxacine.

    • Divers : rifampicine, vancomycine, métronidazole.

5. Résistance Bactérienne aux Antibiotiques

  • Résistance Naturelle : Caractéristique propre à une espèce bactérienne (ex: Mycoplasmes non sensibles aux β-lactamines car absence de paroi).

  • Résistance Acquise : Apparue chez une souche spécifique, absente chez la souche sauvage.

  • Mécanismes d'acquisition :

    • Inactivation de l'antibiotique par enzyme :

      • Bêta-lactamases : Inactivent les β-lactamines.

      • Enzymes inactivant les aminosides, chloramphénicol, macrolides, lincosamides.

    • Efflux actif de l'antibiotique hors de la cellule.

    • Synthèse d'une enzyme alternative non inhibée par l'antibiotique.

    • Modification de la cible de l'antibiotique.

    • Imperméabilité ou diminution de la perméabilité de la membrane bactérienne.

6. Antiseptiques

  • Définition : Substance qui tue ou prévient la croissance de bactéries, virus, champignons sur les surfaces externes du corps.

  • Distinction Antibiotiques : Les antibiotiques agissent à l'intérieur du corps uniquement contre les bactéries.

  • Utilisation : Désinfection de plaies, brûlures, coupures.

  • Spécificité : Pas d'antiseptique "à tout faire", chaque produit a indications et contre-indications. Mauvaise utilisation peut causer intoxication.

  • Familles :

    • Colorants : Éosine aqueuse, solution de Milian. Inconvénient : salissants.

    • Alcools : Alcool à 70° (plus efficace que 90°). Inconvénients : dessèche la peau, pique, inflammable, ne pas appliquer sur muqueuses. Ex: alcool camphré (attention aux convulsions chez l'enfant à forte dose).

    • Halogénés :

      • Iode et dérivés : Bétadine, alcool iodé. Pour plaies superficielles. Inconvénients : ne pas associer au mercure, éviter chez femme enceinte/enfants en cas d'allergie.

      • Chlorés : Dakin Cooper, Amukine. Pour peau et muqueuses. Inconvénients : irritants.

    • Biguanides : Biseptine, Septéal, Hibitane. Pour peau et muqueuses. Inconvénients : ne pas utiliser dans lavages d'oreilles, inactivé par le savon.

    • Dérivés d'ammonium quaternaire : Hexomédine, Hexaseptine. Pour peau et muqueuses. Inconvénients : éviter usage fréquent sur muqueuses (alcool).

    • Dérivés chlorés/cationiques (ex: Septivon) : Ne pas utiliser avec eau très chaude (formation de composés toxiques).

    • Dérivés métalliques : Mercryl laurylé. Pour affections cutanées infectées. Inconvénients : ne pas associer à l'iode.

    • Oxydants : Eau Oxygénée (H₂O₂), Permanganate de Potassium (KMnO₄). Effet hémostatique, nettoyant. Inconvénients : desséchants.H₂O₂ est caustique, KMnO₄ colore la peau/linge.

7. Méthodes de Stérilisation et Désinfection

  • Prévention des infections : Désinfection et stérilisation.

  • Asepsie : Absense de micro-organismes. Empêche la contamination.

  • Antisepsie : Destruction des micro-organismes sur un organisme, surface ou objet.

  • Stérilisation : Destruction de tous les micro-organismes et toxines par procédés physiques (chaleur, radiations) ou chimiques (antiseptiques). Un objet stérile est exempt de germes vivants.

  • Désinfection : Destruction des micro-organismes sur un lieu, objet, partie externe du corps. Ne conduit pas forcément à la stérilisation.

  • Procédés de Stérilisation :

    • Agents Physiques :

      • Chaleur :

        • Facteurs clés : température, temps d'exposition, pénétration.

        • Chaleur Humide :

          • Autoclavage : vapeur d'eau sous pression (sécurité). Température fonction de pression (1 kilo = 120°C). Durée selon objet.

          • Ébullition : urgence. Addition de borate/carbonate de soude (2%) élève à 104-106°C. Durée : 20-30 min.

        • Chaleur Sèche :

          • Étuve de Poupinel : 175°C pendant 45 min à 1 heure (plus élevée et longue que chaleur humide).

          • Flambage : bec Bunsen (1-2 min) ou alcool brûlant.

        • Tyndallisation : Chauffage discontinu (60-100°C pdt 30 min-1h, répété 3-4 jours), pour substances altérables.

        • Pasteurisation : Chauffage sous point d'ébullition (temps variable), pour liquides alimentaires, respecte propriétés nutritives.

      • Radiations : Ultraviolettes (les plus utilisées), détruisent micro-organismes par ionisation/résonance altérant protéines. Stérilisation de l'air (salles d'op., chambres).

    • Agents Chimiques : Corps gazeux (formol, oxyde d'éthylène) ou produits en solution (chloroforme, cyanure de mercure).

  • Désinfection : Procédés pour détruire micro-organismes pathogènes disséminés par un malade.

    • Concerne : malade, excrétas, instruments, linge, locaux.

    • Moyens : formol (vapeur), rayons UV, ozone, crésylol sodique, sulfate de cuivre, eau de javel.

8. Bactériologie Spéciale : Genres et Espèces Clés

8.1 Genre Staphylococcus

  • Découverte : Pasteur (1880), Ogston (1883), Rosembach (1884).

  • Caractéristiques :

    • Bactéries à Gram (+), sphériques (cocci), en grappes de raisins.

    • Immobiles, non sporulées, généralement non capsulées.

    • Aérobies et anaérobies facultatives.

    • Catalase (+).

    • Métabolisme respiratoire ou fermentatif (acidifient le glucose sans gaz).

    • Température optimale : 37°C. Isolement sur milieu ordinaire ou Chapman.

    • Parfois producteurs de pigments (orange, jaune, doré), peuvent être β-hémolytiques sur gélose au chocolat.

  • Habitat : Très répandus (Micrococcaceae).

    • Commensaux chez l'homme et l'animal (peau, muqueuses, rhinopharynx, rarement intestin).

    • Saprophytes dans sol, eaux, poussières, aliments (laitages, conserves salées).

  • Pouvoir Pathogène : Très étendu.

    • Bactéries pyogènes (causent suppurations) :

      • Superficielles : furoncles, anthrax, panaris, abcès sous-cutanés.

      • Profondes : abcès pulmonaires, ostéomyélite, pleurésies purulentes, pyélonéphrites.

    • Septicémies.

    • Production d'entérotoxines causant des intoxications alimentaires (produits carnés, laitiers).

8.2 *Staphylococcus aureus* (Staphylocoque Doré)

  • Importance : Espèce la plus importante médicalement (infections communautaires et nosocomiales).

  • Dissémination : Très répandu chez l'homme et l'animal.

  • Morphologie : Cocci à Gram (+), en amas, diplocoques ou courtes chaînettes.

  • Transmission : Interhumaine directe (contact, manu-portée, nez) ou indirecte (aliments, vêtements).

    • Épidémies nosocomiales possibles.

    • Colonisation néonatale après accouchement.

  • Manifestations Cliniques : Très variées.

    • Infections cutanées :

      • Superficielles : Impétigo, onyxis, folliculite.

      • Profondes : Furoncles, hidrosadénite, anthrax, staphylococcies malignes de la face.

    • Infections profondes : (isolées ou en septicémie)

      • Osseuses : ostéomyélite, mastite, arthrites septiques.

      • Pleuropulmonaires : fréquentes et graves chez nourrissons, rares chez adultes (post-grippe).

      • Urogénitales : pyélonéphrites, abcès du rein.

      • Neuroméningées : méningites (post-neurochirurgicales).

      • Endocardites : valvaire artificielle, cœur droit (toxicomanes).

    • Septicémie à *S. aureus* : Fréquente, grave, métastases septiques.

    • Toxi-infections alimentaires : Ingestion d'entérotoxines préformées (A à E, H). Symptômes (vomissements, diarrhée, déshydratation, pas de fièvre) rapides (< 3h). Évolution bénigne sauf chez nourrissons/personnes âgées.

    • Entérocolites aiguës : Prolifération de *S. aureus* antibiorésistant et producteur d'entérotoxines, après antibiothérapie.

    • Syndrome de choc toxique : Fièvre, hypotension, rash maculaire érythémateux, desquamation, diarrhée. Hémocultures stériles.

  • Facteurs de Virulence : (Toxines et enzymes diffusibles)

    • Toxines : α, β, γ, δ-toxines (hémolysines), entérotoxines.

    • Enzymes :

      • Coagulase libre : Hydrolyse le plasma, rôle clé dans pathologie.

      • Fibrinolysine (staphylokinase).

      • Autres : lipases, phosphatases, hyaluronidases, nucléases.

  • Antigènes : Pariétaux, de type, de surface, capsulaires.

  • Génétique : Mutations peuvent affecter caractères antigéniques/métaboliques, virulence, résistance aux antibiotiques (AB) et métaux lourds.

  • Diagnostic Biologique : Isolement de la bactérie à partir des lésions ou hémoculture.

  • Traitement :

    • Antibiothérapie : Guidée par antibiogramme.

    • Résistance aux pénicillines A et G fréquente.

    • Sensibilité aux pénicillines M, céphalosporines (souches communautaires).

    • Sensibilité aux macrolides, synergistines, fluoroquinolones (souches communautaires).

    • Souches hospitalières : Souvent multi-résistantes (méthicillo-résistantes ou méti-R). Souvent seuls les glycopeptides sont actifs.

  • Prévention : Respect strict des règles d'hygiène, en particulier le lavage des mains (pour infections nosocomiales).

8.3 Streptococcaceae (Genre Streptococcus et Enterococcus)

  • Généralités : Cocci à Gram (+), ovales ou ronds, en chaînettes. Non sporulés, non mobiles.

  • Caractéristiques : Aéro-anaérobies facultatifs. Nécessitent milieux riches.

  • Biochimie : Catalase (-) (contrairement aux staphylocoques). Ne réduisent pas les nitrates. Fermentent les glucides (homofermentaires, produit principal : acide lactique dextrogyre).

  • Genres : *Streptococcus*, *Leuconostoc*, *Pediococcus*, *Aerococcus*.

  • Habitat :

    • Gorge, amygdales, pharynx (Streptocoques non groupables).

    • Flore normale de l'intestin (Streptocoques du groupe D, Enterococcus).

    • Peuvent devenir pathogènes (ex: endocardite infectieuse).

    • Streptocoques groupe A : pathogènes stricts (angines, porteurs sains).

  • Historique : Biltroth et Ehrlich (1887), Fehleisen (1883), Rosembach (1884).

  • Classification : Basée sur 3 caractères principaux :

    • Capacité d'hémolyse des érythrocytes (sur gélose au sang).

      • β-hémolyse : Hémolyse totale (zone claire).

      • α-hémolyse : Hémolyse partielle (zone verdâtre, floue).

      • γ-hémolyse : Non hémolytique.

    • Présence d'antigènes polysaccharidiques spécifiques de groupe (Classification de Lancefield).

    • Réactions biochimiques spécifiques.

  • Antigènes Extracellulaires : Réagissent avec les anticorps de la -globuline humaine (20 anticorps différents connus).

  • Toxines : (Produites par les β-hémolytiques du groupe A)

    • Streptolysine O (SLO) : Lyse cellules eucaryotes (leucocytes, PN, plaquettes). Procaryotes ne sont pas sensibles (pas de cholestérol dans membranes).

    • Streptolysine S (SLS) : Produite par 95% des streptocoques. Activité lytique sur toutes les cellules eucaryotes et procaryotes (différent de SLO). Non immunogène.

    • Toxines érythrogènes : Éruption érythémateuse (scarlatine), activité mitotique.

    • Hyaluronidases, DNases (dépolymérisation liaisons phosphodiester), Streptokinases/Fibrinolysines (activent plasminogène).

  • Hémolyse :

    • β-hémolyse : zone d'hémolyse totale (3-4 mm).

    • α-hémolyse : zone floue et granuleuse.

    • Absence d'hémolyse.

8.4 *Streptococcus pneumoniae* (Pneumocoque)

  • Découverte : Frankel et Weichselbaum (1886), Pasteur (1880).

  • Génétique : Avery, Mac Leod et Mac Carthy (1944) ont montré que l'ADN est le facteur transformant.

  • Caractéristiques : Cocci à Gram (+) encapsulé, non mobile, aérobie facultatif.

  • Morphologie : Diplocoque (plus souvent) ou cellules isolées, rarement courtes chaînettes.

  • Fragilité : S'autolyse facilement en culture.

  • Habitat : Hôte spécifique humain.

    • Commensal des voies aériennes supérieures (rhino-pharynx).

    • Taux de colonisation : 40-60% chez enfants, 6% chez adultes sans enfant, 20-30% chez adultes avec enfants.

    • Rarement chez l'animal.

  • Transmission : Interhumaine, voie aérienne.

  • Pathologie : 1ère cause de mortalité par infection communautaire dans pays développés.

    • Fréquent en saison froide. 30-70% porteurs sains dans le pharynx.

    • Peut infecter sinus, oreilles moyennes (otites), mastoïdes, méningites, conjonctivites purulentes.

    • Cause des pneumonies (infections voies aériennes basses).

    • Bactériémies : arthrite, péritonite, péricardite, pleurésie, endocardite.

  • Facteurs de Virulence :

    • Capsule polysaccharidique : action anti-phagocytaire.

    • Adhésines : colonisation.

  • Diagnostic Biologique :

    • Prélèvements sur sites d'infections. Isolement par culture.

    • Hémocultures en cas de syndrome infectieux sévère.

    • Examen direct (LCR, expectoration) : diplocoques à Gram (+).

  • Traitement :

    • Préventif : Vaccin (antigènes capsulaires). Recommandé chez sujets âgés, insuffisants respiratoires/cardiaques (peu efficace chez enfants).

    • Curatif : Pénicilline G, aminopénicillines.

    • Résistance croissante : choix guidé par antibiogramme.

    • Céphalosporines, macrolides, fluoroquinolones, synergistines, glycopeptides sont efficaces.

    • Résistance fréquente au cotrimoxazole, tétracyclines, érythromycine.

8.5 *Streptococcus pyogenes* (Streptocoque du groupe A)

  • Classification : Streptocoque β-hémolytique, groupe A de Lancefield.

  • Habitat : Essentiellement chez l'homme (pharynx, peau). Nombreux porteurs sains.

  • Transmission : Voie aérienne, contact direct.

  • Pathologie :

    • Infections bénignes : Angines, impétigo.

    • Infections cutanées : Impétigo, érysipèle (dermo-épidermite rapide et sévère), surinfection de plaies/brûlures, lymphangites.

    • Infections graves (rares) : Endométrites (post accouchement), pneumonies, cellulite, fasciste nécrosante ("gangrène streptococcique").

    • Syndrome de choc toxique streptococcique, septicémie.

8.6 Enterococcus (Entérocoques)

  • Caractéristiques : Cocci ovoïdes à Gram (+), en paires ou courtes chaînettes. Aéro-anaérobies facultatifs, homofermentaires. Catalase (-).

  • Culture : Croissance sur milieux hostiles :

    • 10°C et 45°C.

    • Présence de 6,5% NaCl et pH 9,6.

    • Hydrolyse de l'esculine en présence de 40% de bile.

    • Production de pyrrolidonyl arylamidase (PYR).

  • Habitat : Commensaux du tube digestif (homme et animaux), muqueuses génitales. Accessoirement oropharynx et peau.

  • Espèces clés : *E. faecalis* et *E. faecium* (>90% des isolats).

  • Pathologie :

    • Infections urinaires.

    • Bactériémies.

    • Endocardites bactériennes.

    • Suppurations intra-abdominales (souvent avec autres bactéries).

    • Infections nosocomiales.

  • Diagnostic : Isolement et identification après culture.

  • Traitement :

    • Peu sensibles aux pénicillines. Résistance naturelle aux céphalosporines.

    • Synergie pénicillines + aminosides possible si faible résistance aux aminosides.

    • Résistance aux glycopeptides apparaît.

    • Antibiogramme essentiel.

8.7 Genre Neisseria

  • Famille : Anciennement Neisseriaceae, maintenant remaniée.

    • Neisseriaceae Emend : *Neisseria*, *Kingella*.

    • Branhamaceae : *Branhamella* (coques et bâtonnets).

    • Moraxellaceae : *Moraxellae*, *Acinetobacter*.

  • Caractéristiques : Cocci à Gram (-) en paires (diplocoques), immobiles (sauf *N. elongata*). Aéro-anaérobies facultatives.

  • Biochimie : Catalase (+) et Oxydase (+).

  • Espèces Pathogènes : *N. meningitidis* et *N. gonorrhoeae*.

8.7.1 *Neisseria meningitidis* (Méningocoque)

  • Caractéristiques : Bactérie fragile, exige milieux riches et CO₂ enrichi.

  • Sérogroupes : 13 sérogroupes capsulaires polysaccharidiques : A, B, C, W135, X, Y (les plus fréquents). A prédominant en Afrique, B plus fréquent en France.

  • Habitat : Hôte exclusif de l'homme. Rhinopharynx. Nombreux porteurs sains.

  • Transmission : Voie aérienne.

  • Pathogénie : Franchise la barrière muqueuse après infection pharyngée (souvent asymptomatique), gagne les méninges par voie hématogène, ou cause septicémie.

  • Pathologies :

    • Méningite cérébro-spinale : Enfant et jeune adulte. Urgence médicale.

      • Trépied méningitique : Céphalées, vomissements, raideur méningée (signe de Kerning), fièvre, photophobie, arthralgies.

      • Nourrisson : hypotonie, trouble comportement, convulsion, hyperthermie.

      • Sans traitement : mortelle. Avec traitement : guérison sans séquelles (majorité).

      • Purpura fulminans (Waterhouse Friderichsen) : forme foudroyante, haute mortalité.

    • Septicémie : Fièvre, altération EG, purpura, cyanose, arthralgies. Évolution rapide vers choc et décès. Mortalité élevée.

    • Autres : Angine érythémateuse, infections respiratoires, infections vénériennes (rares: urétrites, proctites).

  • Diagnostic Biologique :

    • Ponction lombaire (liquide céphalo-rachidien) : examen microscopique et culture.

    • Prélèvements rhinopharyngés, ano-génitaux (porteurs sains).

    • Hémoculture, prélèvement lésions purpuriques, liquide articulaire, aspiration trachéale.

    • Biochimie : oxydase (+), gamma glutamyl-transférase (+). Acidifie glucose et maltose.

  • Traitement :

    • Antibiothérapie précoce : Pénicilline (30 MU/j adulte, 8 MU/j enfant) ou ampicilline (12-15 g/j adulte, 200-300 mg/kg/j enfant) IV continue pendant 15 jours.

8.7.2 *Neisseria gonorrhoeae* (Gonocoque)

  • Découverte : Neisser (1879). Agent de la blennorragie ou gonococcie (infection vénérienne).

  • Caractéristiques : Bactérie fragile. Culture sur milieu riche, spécifique, sous CO₂ enrichi.

  • Habitat : Strictement adapté à l'homme. Muqueuses des voies génitales.

  • Transmission : Presque uniquement par voie sexuelle.

  • Facteurs Favorisants : Urbanisation, voyages, promiscuité, saisons (été), rapports sexuels non protégés, contraception hormonale.

  • Asymptomatique : Formes souvent asymptomatiques chez la femme (80%), favorisant la transmission. Vulnérabilité biologique de la femme (grande surface de contact).

  • Pathogénie : Invasion cellules muqueuses réaction inflammatoire. Dissémination sanguine possible.

  • Manifestations Cliniques :

    • Gonococcie (blennorragie) :

      • Homme : Urétrite antérieure aiguë (écoulement de pus, dysurie, "chaude pisse"). Incubation 1-15 jours. Complications : orchite, épididymite, prostatite, rétrécissement urètre.

      • Femme : Symptômes peu apparents (80% asymptomatiques). Pertes purulentes (leucorrhées), urétrite, bartholinite. Complications : salpingite (stérilité, GEU), inflammations pelviennes, péri-hépatite.

    • Infections extragénitales :

      • Pharyngée : asymptomatique ou amygdalite.

      • Anales : 4% des cas, souvent asymptomatiques, parfois ténesme, proctite.

      • Oculaires : rares.

    • Infections disséminées : 1-3% des gonococcies. Bactériémies/septicémies, arthrites septiques.

    • Nouveau-né : Conjonctivites (lors accouchement), pouvant entraîner ophtalmite purulente et cécité.

  • Diagnostic Biologique :

    • Prélèvement : écoulement urétral (homme), endocol, cul de sac postérieur, méat urinaire, glandes de Bartholin/Skène (femme), anus, pharynx, peau, liquide articulaire, hémoculture.

    • Culture rapide. Examen direct : diplocoques à Gram (-) intra et extracellulaires.

  • Traitement : (Selon recommandations CDC)

    • Urétrite aiguë/Cervicite : Ceftriaxone 250mg IV (dose unique) + Doxycycline 250mg/j pdt 7j (pour *Chlamydia*). Spectinomycine ou ciprofloxacine alternatives. Amoxicilline (3g) + Probenecid (1g) si faible production de β-lactamases.

    • Salpingite : Céfoxitine 2g IV toutes les 6h pdt 48h + Doxycycline 20mg/j per os pdt 10-14j.

    • Infection disséminée : Ceftriaxone 1g/j ou Céfotaxime 3g/j pdt 7j.

    • Pas de vaccin disponible.

8.8 Enterobacteriaceae (Entérobactéries)

  • Caractéristiques : Bacilles à Gram (-), mobiles (ciliature péritriche) ou immobiles, non sporulés.

  • Métabolisme : Aérobies et anaérobies facultatives. Cultivent bien sur milieux ordinaires.

  • Biochimie : Fermentent le glucose (avec ou sans gaz). Nitrate réductase (+). Oxydase (-) (permet distinction avec Pseudomonas, Vibrio). Catalase (+) (sauf *Shigella dysenteriae* sérotype I).

  • Comparaison : Différentes de *Pseudomonas* (aérobies stricts, oxydatif), *Vibrio/Aeromonas* (oxydase +, péritriches).

  • Habitat : Tropisme digestif. Certaines isolées du sol, végétaux (*Enterobacter agglomerans*, *Erwinia*).

  • Structures : Fimbriae (pili communs), pili sexuels (conjugaison). Certaines capsulées (*E. coli* type K, *Klebsiella*) donnent des colonies muqueuses.

  • Culture : Croissent sur milieux complexes (bouillon ou gélose ordinaire) à 37°C, 18h.

    • Formes S ("Smooth") : Colonies lisses, bombées, brillantes, humides. Bouillon trouble homogène.

    • Formes R ("Rough") : Colonies rugueuses, sèches, irrégulières, mates. Bouillon grumeleux.

    • Colonies muqueuses (*Klebsiella*, *E. coli*, *Salmonella Paratyphi B*).

    • Colonies naines.

  • Antigènes :

    • Antigènes O : Lipopolysaccharidiques (LPS) de la paroi, thermostables, résistants alcool/acide.

    • Antigènes H : Flagellaires (protéine flagelline), chez souches mobiles.

    • Antigènes K : Capsulaires (polysaccharidiques), enveloppent antigène O.

    • Antigène Kunin : Commun à toutes les entérobactéries (intérêt taxonomique).

8.8.1 Genre Escherichia (*Escherichia coli*)

  • Habitat : Espèce dominante de la flore aérobie du tube digestif (homme et animaux). Généralement commensale.

  • Pathologies :

    • Infections urinaires : Plus souvent en cause (*E. coli* pathogènes urologiques).

    • Méningites et septicémies : Essentiellement chez le nourrisson (souches avec antigène K, semblable au méningocoque B).

    • Infections intestinales :

      • Entérite épidémique du nourrisson.

      • Syndrome cholériforme.

      • Syndrome dysentérique.

  • Facteurs de Virulence :

    • Capsule K : Polysaccharidique (80 variétés). Rend la phagocytose difficile, inhibe le complément. K1 (semblable méningocoque B) est peu immunogène. Majorité des infections néonatales dues à *E. coli* K1.

    • Adhésines : Permettent l'adhésion aux GR ou cellules épithéliales. La plupart sont des fimbriae.

    • Toxines : Hémolysine, entérotoxines (thermolabile LT ou thermostable ST), *Shiga-like toxin* (SLT ou STx).

  • Souches Entéropathogènes :

    • EPEC (*E. coli* entéro Pathogène) : Adhèrent aux cellules épithéliales par fimbriae, effacement des microvillosités. Sécrètent protéines via un système de sécrétion.

    • ETEC (*E. coli* entéroToxigène) : Adhésines + 2 entérotoxines. Causes fréquentes de diarrhées dans pays en développement (enfants, voyageurs).

    • ECEH (*E. coli* entéroHémorragique) : Adhèrent fortement, libèrent Shiga-like toxin (STx). Ingestion d'aliments contaminés (souvent animaux). Colite hémorragique. Syndrome hémolytique et urémique (SHU) chez l'enfant (diffusion de STx).

    • EIEC (*E. coli* entéroInvasif) : Proches de *Shigella dysenteriae*. Capacité d'envahir cellules du côlon. Diarrhée liquide.

    • EAggEC (*E. coli* entéroAgrégatif) : Adhèrent et forment agrégats (fimbriae). Augmentent sécrétion de mucus. Diarrhées prolongées (pays en développement).

    • DAEC (*E. coli* adhérant Diffusément) : Adhèrent aux cellules intestinales de façon diffuse. Causes possibles de diarrhées.

  • Traitement :

    • Sensibles aux AB actifs sur Gram (-) (souches sauvages).

    • Résistance acquise fréquente (production de bêta-lactamases). Antibiogrammes nécessaires.

    • 1ere intention : cotrimoxazole, fluoroquinolones (sauf enfants), céphalosporines de 3ème génération (courte durée).

8.8.2 Genre Shigella

  • Définition : Entérobactéries responsables de la dysenterie bacillaire et de diarrhées. Immobiles.

  • Espèces (4) : *S. dysenteriae*, *S. flexneri*, *S. sonnei*, *S. boydii*. *S. dysenteriae* et *S. flexneri* sont les plus pathogènes.

  • Habitat : Bactéries spécifiques de l'homme (pathogènes stricts). Tube digestif. Porteurs sains possibles (selles).

  • Transmission : Voie digestive (main), indirecte (aliments/eaux souillées).

  • Pathologies :

    • Dysenterie bacillaire : Forme la plus sévère (*S. dysenteriae* sérotype I).

      • Incubation 1-2 jours.

      • Douleurs abdo, fièvre, selles afécales (muco-sanguinolentes).

    • Syndrome diarrhéique : Forme chronique. Épisodes de diarrhées (parfois sanglantes). Possibilité de SHU.

    • Épidémies dans collectivités à mauvaises conditions sanitaires.

    • Localisation : gros intestin. Passage dans sang rare.

  • Mécanisme d'action : Envahissent le côlon (partie distale), réaction inflammatoire, ulcérations.

  • Toxine : *S. dysenteriae* produit une toxine de Shiga (polypeptidique, chaîne A et 5 chaînes B). Empêche synthèse protéique, mort cellulaire. Impliquée dans SHU.

  • Diagnostic : Isolement de la bactérie dans les selles (coproculture) sur milieux sélectifs (*Salmonella-Shigella*).

  • Traitement :

    • Réhydratation (symptomatique). Antibiothérapie.

    • Souches sauvages sensibles aux AB sur Gram (-). Résistance acquise nécessite antibiogramme.

    • Cotrimoxazole, pénicilline A, fluoroquinolone (déconseillée chez enfants).

8.8.3 Genre Salmonella

  • Problème de santé publique mondial (pays en développement).

  • Catégories :

    • Salmonelles typhiques/typhoïdiques.

    • Salmonelles non typhiques.

  • Classification historique : Kauffman (par sérotype).

  • Nouvelle Taxonomie (biologie moléculaire) : Une seule espèce, *Salmonella enterica*.

    • 7 sous-espèces (*enterica*, *salamae*, *arizonae*, *diarizonae*, *houtenae*, *bongori*, *indica*).

    • Sous-espèce I (*S. enterica subsp. enterica*) : 99,5% des souches pathogènes.

    • Subdivisées en sérovars (sérotypes) basés sur antigènes O, H, Vi.

  • Antigènes :

    • O : Somatique, oligosaccharidique.

    • H : Flagellaire, protéique.

    • Vi (k) : Capsulaire, polysaccharidique.

  • Habitat : Intestin (homme, animaux vertébrés).

    • Typhiques/Paratyphiques (*S. Typhi*, *S. Paratyphi A, B, C*) : Strictement humains.

    • Non typhiques : Ubiquitaires (homme, animal, environnement : sols humides, eaux, aliments).

    • Contamination alimentaire fréquente (charcuteries, poissons fumés, fromages).

  • Transmission : Ingestion d'eaux et d'aliments contaminés.

  • Manifestations Cliniques : 3 aspects.

    • Fièvres Typhoïdes et Paratyphoïdes (formes septicémiques) :

      • Dues à *S. Typhi* et *S. Paratyphi A, B* (rarement C).

      • Départ lymphatique. Incubation 7-10 jours.

      • Troubles digestifs, obnubilation (typhus).

      • Complications : hémorragies, perforations intestinales. Mortalité 10-20% sans traitement.

    • Gastro-entérites :

      • Diarrhées et vomissements associés à fièvres.

      • Début 12-48h après ingestion. Guérison en quelques jours.

      • Causes principales de diarrhées bactériennes.

    • Formes Extra-digestives : (Nombreuses)

      • Infections urinaires, pulmonaires, osseuses (ostéomyélite chez drépanocytaires), spondylodiscites, artérielles (personnes âgées), méningées (nourrissons).

      • Arthrities réactionnelles post-digestives.

  • Diagnostic :

    • Direct (culture et isolement) : Indispensable pour épidémiologie et antibiogramme.

      • Hémoculture, coproculture, culture autres produits (urines, pus).

      • Biologie moléculaire (PCR).

    • Sérodiagnostic de Widal et Félix : Méthode indirecte (recherche agglutinines O et H). Utile pour fièvres typhoïdes/paratyphoïdes.

  • Traitement :

    • Curatif : Antibiogramme essentiel (pas de résistance naturelle, résistances acquises fréquentes).

      • AB actifs *in vitro* (aminosides) peuvent être inactifs *in vivo* (localisation intracellulaire).

      • AB de choix : bonne concentration dans ganglions lymphatiques.

      • Pays en développement : Chloramphénicol, cotrimoxazole (coût).

      • Pays développés : Fluoroquinolones, céphalosporines de 3ème génération (hautes posologies).

      • Ampicilline : bonne élimination biliaire, moins bonne concentration.

      • Fluoroquinolones déconseillées chez enfants/nourrissons.

      • Entérites/Toxi-infections : formes sévères traitées (nourrisson, vieillard). Sinon, traitement symptomatique.

    • Préventif :

      • Vaccination : TAB (bactéries entières, mal toléré), TYPHIM Vi, TYPHERIX (polyosides capsulaires de *S. Typhi*, protection 60-72%).

      • Hygiène collective : Contrôle eau potable, assainissement, qualité alimentaire.

      • Hygiène individuelle : Détection porteurs sains (cuisiniers).

8.8.4 Genres *Citrobacter*, *Levinea*, *Klebsiella*, *Enterobacter*, *Hafnia*, *Serratia* (KEHS)

8.8.4.1 *Citrobacter* et *Levinea*

  • Caractéristiques : Utilisent citron comme seule source de carbone.

  • Classification : *Citrobacter freundii* (espèce type), *C. koseri* (*Levinea malonalytica*, *C. diversus*).

  • Habitat :

    • *Citrobacter* : commensaux tube digestif (homme, animaux). Isolées urines, sécrétions respiratoires, sang (rarement pathogènes, sauf immunodéprimés).

    • *Levinea* : bactéries environnementales, pathogènes opportunistes. Infections urinaires/pulmonaires. Méningo-encéphalites néonatales.

  • Traitement :

    • Résistance naturelle aux aminopénicillines et C1G, souvent étendue à d'autres β-lactamines.

    • Carbapénèmes généralement actifs. Aminosides et fluoroquinolones souvent efficaces.

    • *Levinea* : résistent à l'ampicilline et carboxypénicillines.

8.8.4.2 KEHS (pour *Klebsiella*, *Enterobacter*, *Hafnia*, *Serratia*)

  • Caractéristiques communes : Fréquemment responsables d'infections hospitalières. Réaction de Voges-Proskauer (VP+) (produisent acétyl-méthyl-carbinol).

8.8.4.3 *Klebsiella*

  • Caractéristiques : Entérobactéries immobiles, capsulées. Fortes colonies muqueuses, luisantes sur milieux solides. Antigènes K capsulaires (marqueurs épidémio).

  • Espèces : *K. pneumoniae* (pneumobacille de Friedlander, espèce type), *K. oxytoca*.

  • Habitat : Très répandu (eaux, sols). Commensales du tube digestif (animal, homme), oropharynx.

  • Pouvoir Pathogène :

    • Infections respiratoires (*K. pneumoniae*).

    • Infections urinaires.

    • Bactériémies.

    • Infections neuro-méningées (post-traum/chir).

    • Plus fréquentes en milieu hospitalier (réanimation).

  • Traitement : Antibiothérapie adaptée par antibiogramme.

    • Résistance naturelle aux amino- et carboxypénicillines (pénicillinase constitutive).

    • β-lactamases à spectre étendu (BLSE) rendent résistantes à toutes les β-lactamines (sauf céphamycines, carbapénèmes).

8.8.4.4 *Enterobacter*

  • Espèces : *E. cloacae* (espèce type), *E. aerogenes*.

  • Habitat : Environnement, commensaux du tube digestif.

  • Pouvoir Pathogène : Pathogènes opportunistes, surtout hospitaliers.

    • Infections urinaires, bactériémies, méningites, suppurations diverses.

  • Traitement :

    • *E. cloacae* : Résistance naturelle aux pénicillines A et C1G. Souvent poly-résistance (production de céphalosporinase déréprimée).

    • Autres espèces : Plus sensibles, sauf si acquisition de résistances plasmidiques (BLSE par *E. aerogenes*).

8.8.4.5 *Hafnia*

  • Caractéristiques : Seule bactérie digestive humaine/animale. Ressemble à *Salmonella* (caractères biochimiques voisins), distinction par bactériophages spécifiques.

8.8.4.6 *Serratia*

  • Caractéristiques : Entérobactéries VP+. Très protéolytiques, liquéfient la gélatine, produisent une lipase.

  • Espèces : *Serratia marcescens* (espèce type, seule fréquemment isolée chez l'homme). D'autres espèces environnementales.

  • Identification : Biovars et sérovars utiles pour épidémiologie. Certains produisent pigment rouge.

  • Pouvoir Pathogène : Longtemps considérée saprophyte, maintenant pathogène opportuniste. Causes d'infections nosocomiales (urinaires, pulmonaires, cutanées, bactériémiques).

  • Traitement :

    • Résistance naturelle aux AB polypeptidiques.

    • Souvent multirésistantes, expliquant isolément fréquent à l'hôpital.

8.8.5 Genre *Yersinia*

  • Découverte : Yersin (1894), identification bacille peste. Nom officialisé par Van Loghem (1944), puis 1974.

  • Espèces : *Y. pestis*, *Y. enterocolitica*, *Y. pseudotuberculosis*.

  • Caractéristiques Générales : Bacillaires/coccobacillaires (Gram -).

  • Mobilité : Immobiles à 37°C, mobiles (< 30°C) grâce à flagelles péritriches (sauf *Y. pestis*).

  • Métabolisme : Aéro-anaérobies facultatives. Croissance lente.

  • Biochimie : Oxydase (-), Catalase (+). Fermentent glucose sans gaz. Réduisent nitrates. ONPG (+). Uréase (+) (sauf *Y. pestis*).

  • Antigènes : Possèdent l'antigène commun des entérobactéries (Ag de Kunin).

  • Tropisme : Tissus lymphoïdes.

  • Habitat : Divers espèces animales (rongeurs). Ni capsulés, ni sporulés.

8.8.5.1 *Yersinia pestis*

  • Agent de : La peste (maladie des rongeurs, transmissible à l'homme).

  • Caractéristiques : Bacille court, immobile. Température de croissance optimale : 28°C.

  • Habitat : Rat (habitat naturel).

  • Transmission :

    • Puce du rat (à l'homme, bubonique).

    • Interhumaine par voie aérienne (épidémies, pulmonaire).

    • Persistance et multiplication dans le sol.

  • Pathologies Humaines :

    • Peste bubonique (ganglionnaire) :

      • Succède à piqûre d'ectoparasite infecté.

      • Incubation 2-5 jours. Adénopathie inflammatoire, syndrome toxi-infectieux grave.

      • Atteinte ganglions circulation sanguine. Mortalité 65-70% sans traitement.

    • Peste pulmonaire :

      • Inhalation du bacille. Incubation courte (qq heures).

      • Début brutal. Mortalité ~100% sans traitement.

    • Peste septicémique.

  • Diagnostic : Recherche de bactérie dans :

    • Ponctions ganglionnaires, hémoculture, crachats.

    • Laboratoire doit être prévenu.

  • Traitement : Urgence.

    • Streptomycine (de choix), ou autre aminoside. Tétracyclines.

    • β-lactamines déconseillées.

    • Chloramphénicol, sulfamides actifs.

    • Pas de souche résistante à streptomycine signalée.

    • AB a bouleversé le pronostic.

  • Prévention :

    • Maladie à déclaration obligatoire. Isolement des malades.

    • Vaccination des personnes exposées. Éradication des rats.

8.8.5.2 *Yersinia enterocolitica*

  • Habitat : Intestin de nombreuses espèces animales (porc).

  • Types :

    • Souches "adaptées" : Uniquement chez organismes malades ou porteurs sains (homme, micromammifères). Certains biotypes spécifiques.

    • Souches "non adaptées" : Largement répandues dans environnement (eaux, sol, légumes, micromammifères, oiseaux).

  • Transmission : Ingestion d'aliments contaminés (origine animale).

  • Manifestations Cliniques :

    • Infection digestive :

      • Diarrhée fébrile (2 semaines sans TTT), surtout chez l'enfant.

      • Aspect de syndrome pseudo-appendiculaire.

      • Peut être suivie d'arthrites réactionnelles ou érythème noueux.

    • Septicémies (rares) : Terrains spécifiques (immunodéprimés, surcharge en fer, transfusion de sang contaminé).

  • Diagnostic : Isolement bactérie (selles, sang). Sérologie peu fiable.

  • Traitement : Céphalosporines de 3ème génération et fluoroquinolones généralement actives.

    • Production de β-lactamases qui inactivent pénicillines et C1G (résistance).

8.8.5.3 *Yersinia pseudotuberculosis*

  • Habitat : Homme, animaux malades (ganglions, fèces, sang), porteurs sains (homme, rongeurs). Milieu extérieur (sol).

  • Transmission : Contact direct avec individu ou animaux infectés.

  • Pathologies Humaines :

    • Septicémies graves (formes généralisées).

    • Formes localisées : oculaires, pulmonaires (portes d'entrée spécifiques).

    • Adénite mésentérique : Avec symptomatologie appendiculaire (forme la plus répandue). Peut être suivie d'érythème noueux.

    • Contamination par voie digestive. Incubation silencieuse (~2 semaines).

    • Les germes traversent paroi intestinale (iléon), provoquent chancre d'inoculation envahissement ganglions mésentériques.

  • Pathologie Vétérinaire : Rôle important.

  • Traitement :

    • Sensible aux AB actifs sur bacilles à Gram (-).

    • Formes bénignes (érythème noueux secondaire). Antibiothérapie indispensable dans formes septicémiques.

    • AB de choix : Streptomycine.

    • Autres actifs : tétracyclines, néomycine, gentamicine, kanamycine, colistine.

    • β-lactamines : peu d'effet.

8.8.6 Genre *Helicobacter* (*Helicobacter pylori*)

  • Caractéristiques : Bacilles à Gram (-), incurvés (C, V, S), mobiles (4-6 flagelles polaires).

  • Métabolisme : Micro-aérophiles, croissance difficile. Oxydase (+).

  • Autres espèces : *H. mustelae*, *H. cinaedi*, *H. fenneliae*, *H. heilmanii*.

  • Habitat : *Helicobacter pylori* est spécifiquement humain (seul réservoir connu). Estomac et duodénum.

  • Transmission : Contact direct entre individus, souvent pendant l'enfance. Voie orale-orale (salive) ou fécal-orale.

  • Facteurs favorisants : Mauvaise hygiène, bas niveau socio-économique, mauvaise qualité eau potable.

  • Pathologies :

    • Facteur causal des ulcères duodénaux et gastriques.

    • Rôle indirect dans adénocarcinome et lymphome gastrique.

    • Coresponsabilité dans dyspepsies non ulcéreuses et reflux gastro-œsophagien.

  • Diagnostic :

    • Méthodes Invasives (biopsie muqueuse gastrique via endoscopie) :

      • Analyse anatomo-pathologique (colorations spéciales).

      • Recherche uréase par test rapide.

      • Isolement par culture et identification biochimique (méthode de choix).

      • Amplification génique (PCR).

    • Méthodes Non Invasives :

      • Test respiratoire à l'uréase.

      • Sérologie.

  • Traitement :

    • Inhibiteur de la pompe à protons + association d'antibiotiques.

    • Clarithromycine (macrolide) + métronidazole ou amoxicilline.

    • Résistances acquises possibles.

8.9 *Listeria monocytogenes*

  • Découverte : Murray (1926).

  • Caractéristiques : Petits bacilles à Gram (+), aéro-anaérobies facultatifs.

  • Morphologie : Courtes, bouts arrondis, parfois incurvés. Isolés ou en courtes chaînes (palissade, lettres).

  • Mobilité : Mobiles à 20°C.

  • Culture : Facile sur milieux usuels. Se multiplie lentement à +4°C (psychrophile).

  • Biochimie : Catalase (+), Oxydase (-). Fermente glucose (acide lactique).

  • Habitat : Saprophyte, ubiquitaire. Sols humides, eaux, végétaux, lait/dérivés, charcuteries, poissons fumés.

  • Transmission :

    • Homme : Aliments contaminés.

    • Transmission materno-fœtale possible.

  • Pathologie (Listériose) : Peu fréquente mais grave. Formes sporadiques > épidémiques.

    • Listériose fœto-maternelle :

      • Femme enceinte : État fébrile pseudo-grippal. Avortement (début grossesse), accouchement prématuré (plus tardif).

      • Enfant : Septicémie généralisée (avec/sans méningite). Infections pulmonaires/conjonctivales rares. Infection tardive : méningite comparable adulte (pronostic moins sombre).

    • Listériose de l'adulte :

      • (Âgé, immunodéprimé, hémopathies malignes, cancers, immunosuppresseurs, diabétiques, cirrhotiques).

      • Formes neuro-méningées : méningo-encéphalite, encéphalopathies.

  • Diagnostic :

    • Nouveau-né : liquide gastrique, sang, LCR, prélèvements périphériques.

    • Mère : placenta, liquide amniotique.

    • Adulte : LCR, sang, matières fécales (isolement indique portage).

    • Recherche anticorps anti-listériolysines (surtout chez mère si cultures négatives).

  • Traitement : Curatif ou préventif.

    • Curatif : Sensible aux AB actifs sur Gram (+).

      • AB principaux : β-lactamines (aminopénicillines, ex: ampicilline) + aminosides.

      • Résistance naturelle aux céphalosporines de 3ème génération (mauvaise activité).

      • Sensible cotrimoxazole, rifampicine (même si résistances ont été décrites).

    • Préventif : Surveillance bactériologique aliments, enquêtes épidémiologiques.

8.10 Genre *Bacillus* (*Bacillus anthracis*)

  • Caractéristiques : Bâtonnets à Gram (+), généralement mobiles, sporogènes. Gros bacilles.

  • Habitat : Milieu naturel : le sol.

  • Espèces : Une vingtaine. *Bacillus anthracis* (le plus important médicalement).

8.10.1 *Bacillus anthracis*

  • Agent de : Le charbon (bactéridie charbonneuse).

  • Caractéristiques : Gros bacille trapu, bouts carrés. Facile à isoler sur milieu ordinaire.

  • Pathogénie : Très pathogène (homme, animal).

  • Contexte : Peste presque disparue, mais potentiel de bio-terrorisme (USA 2002). Spores : arme biologique potentielle.

  • Transmission :

    • Contact avec animaux malades (herbivores) ou sous-produits (spores).

    • Porte d'entrée cutanée (pustule maligne) septicémie.

    • Forme pulmonaire : inhalation de spores. Évolution rapidement fatale sans traitement.

  • Facteurs de Virulence :

    • Capsule : Polymère d'acide D-glutamique, inhibe la phagocytose.

    • Toxine complexe : Protéique (3 protéines), codée par un plasmide.

  • Diagnostic : Isolement au niveau lésion ou hémoculture.

  • Traitement : Antibiothérapie (Pénicilline sensible).

8.10.2 *Erysipelothrix rhusiopathiae*

  • Caractéristiques : Bacille à Gram (+).

  • Habitat : Très répandu dans règne animal (commensal ou pathogène). Agent du rouget du porc.

  • Transmission : Manipulation de viandes/poissons (activités pro). Infections humaines rares.

  • Pathologie Humaine :

    • Voie cutanée : érysipéloïde (lésion).

    • Rares cas : septicémie, endocardite.

  • Diagnostic : Isolement sur milieu enrichi (gélose au sérum/ascite).

  • Traitement : Antibiothérapie (Pénicillines, Macrolides sensibles).

8.11 Spirochètes (Genre *Treponema*)

  • Caractéristiques générales : Bactéries souples, hélicoïdales (spirale), mobiles.

  • Mobilité : Appareil locomoteur interne : fibrilles axiales (flagelles périplasmiques) entre l'enveloppe et le cylindre protoplasmique.

  • Genres Pathogènes (3 principaux) : *Treponema*, *Borrelia*, *Leptospira*. *Spirillum* (moindre importance).

8.11.1 *Treponema pallidum*

  • Espèces / Sous-espèces :

    • *T. pallidum subsp. pallidum* : agent de la syphilis vénérienne.

    • *T. pallidum subsp. endemicum* : agent de la syphilis endémique non vénérienne (bejel).

    • *T. pallidum subsp. pertenue* : agent du pian.

    • *T. pallidum subsp. carateum* : agent du caraté (pinta).

8.11.1.1 *Treponema pallidum subsp. pallidum* (Tréponème Pâle)

  • Agent de : La syphilis.

  • Caractéristiques : Spécifiquement humaine.

  • Transmission : Presque toujours vénérienne. Possible transplacentaire, exceptionnellement transfusion sanguine.

  • Co-infection : Souvent associée à autres IST.

  • Évolution Clinique : Incubation silencieuse (~3 semaines). 3 stades classiques.

    • Syphilis primaire :

      • Chancre (ulcération incolore, indurée) au point d'inoculation (2-3 semaines post-contact).

      • Localisation : organes génitaux (pénis, grandes lèvres, col utérin), extra-génitales (anorectale, labiale, buccale).

      • Accompagnée d'adénopathie satellite. Guérison spontanée (1-2 mois) sans traitement.

    • Syphilis secondaire :

      • ~2 mois après contact.

      • Lésions cutanées et muqueuses (éruption diffuse : paumes, plantes, plaques muqueuses).

      • Localisations viscérales (méninges). Syndrome infectieux, polyadénopathies.

      • Disparition spontanée (1-2 ans).

    • Syphilis latente : Asymptomatique et non contagieuse (après disparition signes secondaires). Diagnostic sérologique seul possible. Peut durer des années.

    • Syphilis tertiaire :

      • Après des années.

      • Lésions graves : cardio-vasculaires (aortite, anévrysme), cutanées (gommes), neurologiques (abcès, paralysie générale).

  • Syphilis Congénitale : Transmission materno-fœtale si mère syphilitique évolutive. Atteinte septicémique du fœtus mort fœtale ou manifestations de syphilis congénitale.

  • Syphilis Endémique : En Afrique, Antilles. Contact dans enfance. Pas de complications viscérales tardives.

  • Antigènes (Structure Complexe) : 4 groupes.

    • Cardiolipine : Phosphatidyl glycérol de la membr. plasmique. Commun à tous tréponèmes. Associé à protéines tréponémiques, devient antigénique. Anticorps = réagines.

    • Antigène du groupe tréponémique : Commun à tous tréponèmes. Utilisé dans réactions de floculation du complément.

    • Antigène spécifique de *T. pallidum* : Induit anticorps réagissant en immunofluorescence.

    • Antigènes du test de Nelson : Antocorps très spécifiques de *T. pallidum*.

  • Diagnostic Biologique :

    • Recherche directe (lésions primaires/secondaires, congénitale) :

      • Microscope à fond noir.

      • Coloration Fontana-Tribondeau.

      • Immunofluorescence directe.

    • Sérologie (systématique) : Complète recherche directe.

      • Ancienne : BW (Bordet-Wassermann), maintenant abandonnée (manque de sensibilité).

      • Groupe 1 (Antigène cardiolipidique) : KLINE, VDRL, RPR.

      • Groupe 2 (Antigène tréponémique) : TPHA, FTA, ELISA.

  • Traitement :

    • Pénicilline (Pénicilline G, Benzathine pénicilline G, Procaïne pénicilline G).

  • Prévention : Pas de vaccin.

    • Dépistage précoce, traitement (y compris partenaires).

    • Dépistage sérologique prénuptial et pendant grossesse.

8.12 Genre *Clostridium*

  • Caractéristiques : Bacilles à Gram (+), sporulés, anaérobies stricts.

  • Identification : Utilisation des propriétés des spores : résistance à 70°C/10min, éthanol 95%/45°C.

  • Distinction : Permet de les différencier des bacilles à Gram (+) anaérobies stricts non sporulés (*Eubacterium*, *Propionibacterium*).

  • Classification schématique (4 groupes) : (Basée sur propriétés protéiques et fermentation glucides)

    • Groupe A : *C. botulinum* (A, B, F), *C. sporogenes*, *C. sordellii*. Protéolytiques et glucidolytiques.

    • Groupe B : *C. histolyticum*. Protéolytique, non glucidolytique.

    • Groupe C : *C. perfringens*, *C. botulinum* (C, D, E, G). Glucidolytiques, faiblement protéolytiques.

    • Groupe D : *C. tetani*. Non glucidolytique ni protéolytique.

  • Habitat : Telluriques (sol). Isolées dans intestin et selles (homme, animaux). Indicateurs de contamination (eaux, aliments).

  • Morphologie : Bacilles Gram (+), contiennent acide mésodiamino pimélique. Mobiles (ciliature péritriche) ou immobiles. Endospores ovales/sphériques (peuvent déformer bactérie).

  • Métabolisme : Anaérobies stricts (certaines poussent avec peu d'O₂ sans sporuler). Catalase (-). Produisent acides organiques, alcools.

  • Pouvoir Pathogène : Lié à toxines extrêmement nocives et/ou activités enzymatiques. Toxinogènes.

  • Maladies : Intoxications alimentaires, gangrène gazeuse, entérite nécrosante, tétanos, botulisme, colite pseudo-membraneuse.

  • Traitement : Sérum antitoxique essentiel (neutralise toxine). Antibiothérapie si germes au point d'inoculation.

8.12.1 *Clostridium botulinum*

  • Agent de : Le botulisme (neuro-intoxication). Bacille du botulisme (spore subterminale).

  • Toxine : Résistante au suc gastrique (nocive par voie digestive), mais sensible à la chaleur (cuisson évite intoxication).

  • Conditions de contamination : Ingestion d'une quantité suffisante de toxine produite si spore survit dans l'aliment et produit la toxine sous forme végétative.

  • Source de contamination : Viande (abattage en digestion, souillure par contenu intestinal).

  • Facteurs favorisant production de toxine :

    • Mauvaise conservation, stérilisation insuffisante (< 100°C).

    • Salure insuffisante, température ambiante, (aliments hydratés).

    • Anaérobiose dans aliments, présence de glucides, pH > 4.5.

  • Formes de botulisme : Intoxication et toxi-infection.

  • Action de la toxine : Système nerveux périphérique (diffère toxine tétanique CNS).

    • Diminution activité nerf vague, nerfs de contraction vésicale, organes sécrétoires, oculomoteurs, motoneurones.

    • Empêche transmission cholinergique (acétylcholine) en inhibant sa libération (bloque activation par Ca²⁺).

    • 3 étapes : fixation, internalisation, inhibition de libération neurotransmetteurs.

  • Sensibilité humaine : Types A, B, E (plus sensibles). C, D faiblement. F, G rares.

  • Traitement :

    • Symptomatique : Hospitalisation en réanimation (prévenir arrêt respiratoire, intubation, respiration assistée), prévention infections (désinfection).

    • Spécifiques : Sérothérapie spécifique (polyvalente puis monovalente) neutralise toxine circulante (ne mobilise pas la toxine fixée). Chlorhydrate de guanidine réduit manifestations neurologiques.

8.12.2 *Clostridium tetani* (Bacille du Tétanos)

  • Agent de : Le tétanos (toxine-infection redoutable).

  • Caractéristiques : Bacille à Gram (+) sporulé, anaérobie strict. Libère neurotoxine.

  • Classification : Non protéolytique, non glucidolytique.

  • Habitat : Sol (spore persiste indéfiniment). Rare en zones non habitées. Intestin et déjections (homme, chevaux, bovidés).

  • Pathogénie :

    • Spores introduites par blessure, plaie, piqûre.

    • Transformation en bacilles dans zone lésée (favorisé par hémorragie, hématome, autres bactéries).

    • Produit 2 exoprotéines : hémolysine (tétanolysine) et neurotoxine (tétanospasmine).

  • Manifestations Cliniques :

    • Incubation variable (3-30 jours, souvent 3-15 jours). Souvent silencieuse.

    • Symptôme inaugural : Trismus (contracture masséters).

    • Généralisation des contractures : faciès sardonique, muscles vertébraux, nuque, tronc.

    • Ventre "de bois", membres (sup en flexion, inf en extension). Rachis en opisthotonos.

    • Maladie non fébrile.

    • Formes spéciales : tétanos céphalique, localisé, post-abortum, ombilical (néonatal), post-infection.

  • Prévention :

    • Vaccination (la meilleure). Absence de vaccination ou rappels anciens.

    • Sérothérapie préventive (associée à vaccination).

  • Traitement : Centres spécialisés, réanimation.

    • Spécifique :

      • Traitement porte d'entrée.

      • Antibiothérapie (Pénicilline G, 4 MUI/j adulte, 5-7j).

      • Sérothérapie curative (immunoglobulines IM : 500U).

      • Vaccination (le tétanos n'est pas immunisant).

    • Symptomatique :

      • Isolement sensoriel, sédatifs (barbituriques, benzodiazépines).

      • Réanimation respiratoire, hydro-électrolytique, nutritionnelle. Traitement anticoagulant.

8.13 Mycobactéries

  • Famille : Mycobacteriaceae, genre unique *Mycobacterium*.

  • Terminologie : "*Bâtonnet-champignon*", peut former extensions filamenteuses (rares).

  • Caractéristiques Communes :

    • Bacilles acido-alcoolo-résistants (BAAR) : Ne se décolorent ni par acides, ni par alcool après coloration (Ziehl-Neelsen, fluorochrome).

    • Aérobies, croissance plus ou moins lente.

    • Propriétés tinctoriales dues aux acides mycoliques dans paroi.

    • Culture sur milieux spécifiques (ex: milieu de Löwenstein-Jensen).

  • Espèces Pathogènes :

    • *Mycobacterium tuberculosis* : tuberculose.

    • *M. leprae* : lèpre.

    • Nombreuses espèces opportunistes : mycobactéries atypiques.

8.13.1 *Mycobacterium tuberculosis* (Bacilles de la Tuberculose)

  • Espèces humaines : *M. tuberculosis* (la plus fréquente), *M. bovis*, *M. africanum*.

  • Découverte : Koch (1882).

  • Croissance : Lente (3-4 semaines sur solide). Temps de génération ~20 heures.

  • Habitat : Infecte essentiellement l'homme. Tropisme pulmonaire.

  • Transmission : Essentiellement par voie aérienne.

    • Homme : réservoir naturel et agent de transmission.

    • Malades avec caverne pulmonaire : principaux disséminateurs par gouttelettes (Pfügge).

    • Favorisée par promiscuité. Facteurs de risque : sidéens, toxicomanes, sans-abris.

    • 1/3 population infectée, 3-5% développent tuberculose pulmonaire. 10 millions décès/an.

  • Pathologie :

    • Primo-infection tuberculeuse (tuberculose primaire) :

      • Inhalation foyer infectieux pulmonaire (chancre d'inoculation).

      • Peut s'accompagner d'adénopathie (ganglions trachéo-bronchiques).

      • 90% des cas résolution. Distinction infection vs maladie.

    • Tuberculose pulmonaire : (voir ci-dessus)

    • Tuberculose extra-pulmonaire :

      • Par dissémination hématogène (aiguë ou chronique).

      • Atteint séreuses (pleurésie, péricardite, péritonite, méningite), appareil génito-urinaire, ganglions lymphatiques, ostéo-articulaire.

      • Plus fréquente chez personnes VIH+.

  • Diagnostic Biologique :

    • Examen direct et culture : Conditions d'hygiène rigoureuses.

      • Prélèvements pulmonaires : crachats (matinaux, 5-10 ml), tubage gastrique. Répéter pour augmenter chances. Aspiration bronchique.

      • Prélèvements extra-pulmonaires : selon localisation (urines, sang, tissus, liquides pleuraux/péritonéaux, pus, liquides articulaires).

      • Cultures : milieux solides ou liquides.

    • Intradermoréaction à la tuberculine (IDR) :

      • Administration intradermique de tuberculine (protéines de *M. tuberculosis*).

      • Réponse positive : infection par mycobactérie, réponse immune T-dépendante. Ne détermine pas moment d'infection.

  • Traitement (Antibiothérapie) :

    • Bactéries résistantes à plupart des AB usuels.

    • Association de 3-4 médic. en début de traitement (prévient émergence résistance).

    • Schéma thérapeutique classique :

      • 2 premiers mois : Rifampicine, Isoniazide, Pyrazinamide, Éthambutol.

      • 4 derniers mois : Rifampicine, Isoniazide.

    • Meningite, localisations osseuses, immunodéficience (VIH) : traitement prolongé.

  • Prévention :

    • Vaccination BCG (Bacille de Calmette et Guérin) :

      • Souche atténuée de *M. bovis*. Obligatoire dans certains pays.

      • Protection ~80% formes graves (méningite), 50% formes communes.

    • Éviter les conditions de promiscuité.

8.13.2 *Mycobacterium leprae* (Bacille de Hansen)

  • Agent de : La lèpre.

  • Caractéristiques : Pathogène strict de l'homme. Non cultivable *in vitro* (réplicable chez l'armadillo).

  • Prévalence : Surtout Afrique et Asie. Forte régression.

  • Pathologie : Lésions de la peau et des nerfs périphériques.

  • Sites de multiplication : Macrophages de la peau, cellules de Schwann.

  • Aspects cliniques : Variables selon réponse immune.

    • Forme lépromateuse (évolutive) : Nombreux BAAR dans lésions cutanées. Réponse lépromine négative.

    • Forme tuberculoïde : Bacilles rares. Réponse lépromine positive.

  • Diagnostic : Injection intradermique de lépromine (préparation bactéries tuées).

  • Traitement : Antibiothérapie (sulfones (dapsone), rifampicine, clofazimine).

8.14 Genre *Vibrio* (*Vibrio cholerae*)

  • Caractéristiques générales : Bacilles à Gram (-), isolés, droits ou incurvés, courts (1.5-3.0 µm), parfois coccobacillaires.

  • Mobilité : Mobiles (flagelles polaires gainés). Généralement monotriches, parfois multitriches.

  • Ciliature mixte : Possible en milieux solides (flagelles polaires et latéraux). Accompagné de *swarming*.

  • Métabolisme : Chimio-organotrophes, anaérobies facultatives. Métabolisme respiratoire et fermentatif.

  • Biochimie : Ne fixent pas l'azote, non dénitrifiants. Pas d'exigences nutritives particulières.

  • Culture : Croissance abondante sur milieux peptonés simples. Température 18-38°C, pH optimal 6-9.

  • Halophile/Halotolérante : Certaines espèces.

  • Espèce pathogène principale : *Vibrio cholerae*.

8.14.1 *Vibrio cholerae*

  • Agent de : Le choléra. Espèce type du genre *Vibrio*.

  • Culture : Facile sur milieu usuel. Grande variété d'antigènes O.

  • Réservoir : Homme (malade ou porteur sain), eaux contaminées (rivières, étangs, estuaires, zooplancton), aliments frais (lait, poisson).

  • Transmission :

    • Ingestion d'eau ou d'aliments contaminés (eau d'arrosage/lavage, coquillages, zooplancton infecté).

    • Mains de porteur de la bactérie ("maladie des mains sales").

    • Favorisée par promiscuité, bas niveau socio-économique, mauvaises conditions hygiène/habitat.

    • Zones sèches : interhumaine. Zones humides : mixte (interhumaine et hydrique).

  • Pathogénie :

    • Franchit barrière gastrique multiplication dans intestin.

    • Adhère aux entérocytes (iléon) via antigènes d'attachement.

    • Entérotoxine (Cholera toxin, CT) libérée : protéine oligomérique thermolabile (type A-B).

    • CT augmente AMP cyclique dans entérocytes fuite d'eau et électrolytes dans lumière intestinale.

    • Cause perte massive de liquide et électrolytes : jusqu'à 20L/jour, selles isotoniques ("eau de riz").

  • Variabilité antigénique : Souches *V. cholerae* O:1 et non O:1.

  • Manifestations Cliniques :

    • Maladie strictement humaine. Incubation : quelques heures à 5 jours.

    • Formes graves (O:1) :

      • Début brutal : douleurs épigastriques/abdom., malaise, diarrhée importante, risque déshydratation aiguë.

      • Selles "eau de riz", sans odeur. Vomissements, pas de fièvre.

    • Formes bénignes : Diarrhées simples (1-20/j), douleurs abdo, sans vomissement. Déshydratation modérée/nulle.

    • Formes atypiques : Chez l'enfant (pseudo-méningées). Adulte âgé/débilité : "choléra sec" (mort avant diarrhée). Formes typhoïdiques possibles.

    • Mortalité : 1-5% avec traitement, >50% sans.

    • Infections à *V. cholerae* non O:1 : Gastroentérites, diarrhées simples/cholériformes. Manifestations extra-digestives (immunodéprimés). Infections plaies/oreilles (contact eau de mer).

  • Diagnostic : Culture à partir des selles.

  • Traitement :

    • Préventif : Mesures d'hygiène, vaccins anticholériques, chimioprophylaxie.

    • Curatif :

      • Réhydratation massive (parentérale ou orale).

      • Antibiothérapie orale : Tétracyclines (de choix), cotrimoxazole, fluoroquinolones.

      • Résistances : support plasmidique. Résistances aux tétracyclines/sulfamides signalées. Souches O:139 résistantes au cotrimoxazole/streptomycine/furazoline (mais pas tétracyclines). Souches El Tor résistantes colistine/polymyxine.

      • Antibiogramme recommandé.

  • Autres Vibrions : *V. parahaemolyticus*, *V. alginolyticus*, *V. vulnificus*.

8.15 Genre *Pseudomonas* (*Pseudomonas aeruginosa*)

  • Caractéristiques générales : Bacilles à Gram (-), mobiles (ciliature polaire), rarement immobiles, non sporulés.

  • Métabolisme : Chimio-organotrophes, aérobies stricts (métabolisme respiratoire). Oxydase (+).

  • Respiration nitrate : Certaines espèces utilisent nitrate en anaérobiose (synthèse nitrate réductase).

  • Culture : Facile sur milieux usuels. Bâtonnets fins et droits (0.5-1.3 µm). Mobilité vive en aérobiose.

  • Dépendance O₂ : Rendement de croissance strictement dépendant de concentration O₂ dissous (agitaiton).

  • Famille : Pseudomonadaceae (5 genres : *Pseudomonas*, *Comamonas*, *Xanthomonas*, *Frateuria*, *Zoogloea*). Très répandues dans nature.

8.15.1 *Pseudomonas aeruginosa* (Bacille Pyocyanique)

  • Agent de : Infections opportunistes. Espèce type du genre.

  • Découverte : Gessard (1882). Nom pyocyanique, du grec "pus" et "bleu foncé", pour ses pigments.

  • Habitat : Saprophyte dans eau, sol humide, végétaux. Commensal du tube digestif (homme, animaux).

  • Capacité : Extraordinaire survie et multiplication dans variés liquides, supports (surtout humides).

  • Pathogène Opportuniste : Impliquée dans les infections nosocomiales.

  • Culture : Facile en aérobiose (37°C ou 30°C). Odeur aromatique.

  • Transmission :

    • Milieu (direct ou indirect par matériel lavé/rincé à l'eau du réseau).

    • Interhumaine (sujet colonisé).

    • Pression de sélection des AB en milieu hospitalier augmente risque de colonisation.

  • Diagnostic :

    • Isolement et identification sur milieux de culture.

    • Contexte clinique aide à distinguer infection vs colonisation.

    • Oxydase (+). Cultive à 37°C et 41°C, pas à 4°C.

    • Aspect des colonies (3 types) :

      • L : larges, contour régulier.

      • Sm : petites, mates, bombées, bord circulaire.

      • M (muqueuses) : bombées, opaques, visqueuses (spécifique infections urinaires chroniques, pulmonaires).

  • Pigments : Caractéristique pour identification. Fluorescents ou non.

    • Pyoverdine : Jaune-vert fluorescent, soluble dans eau, insoluble chloroforme. Inhibition par ions Na+, favorisé par milieux pauvres en fer.

    • Pyocyanine : Soluble eau et chloroforme. Spécifique de *P. aeruginosa*. Indicateur de pH : rouge (pH 3), bleu (neutre/alcalin). Diminué par excès P et Na+.

  • Facteurs de Virulence : Protéines et substances toxiques pour homme/animal/plantes.

    • Enzymes : protéases, phospholipases.

    • Toxines protéiques.

    • Virulence multifactorielle.

  • Pouvoir Pathogène : Peu virulente normalement, mais redoutable si défenses immunitaires faibles/altérées.

    • Infections pulmonaires (primaires/secondaires à septicémie, pneumopathies).

    • Ostéoarticulaires (10% ostéites, 20% arthrites septiques).

    • Oculaires (ulcérations cornéennes, fontes purulentes de l'œil).

    • ORL (otites externes, oreille des plongeurs, otites post-op).

    • Méningites (post-neurochirurgicales).

    • Cutanées (onyxis - ongle vert, infections interdigitales, intertrigo, ecthyma gangrenosum).

    • Bactériémies (14% nosocomiales, 25% Gram (-)), septicémies (mortalité >50%).

    • Endocardites (1% des cas, tricuspides chez toxicomanes).

    • Entérites (épidémies pouponnières, post-AB large spectre, typhlite/colite nécrosante, entérite hydrique).

  • Traitement : Antibiothérapie adaptée.

    • Résistance naturelle à de nombreuses β-lactamines.

    • Souches sauvages sensibles aux uréido-pénicillines, certaines céphalosporines de 3ème génération (cefsulodine, ceftazidime, céfépime), imipénème.

    • Sensible aux aminosides et fluoroquinolones.

    • Acquisition de résistances croissante.

  • Prévention : Mesures d'hygiène (lutte contre infections hospitalières).

8.15.2 Autres germes de l'environnement (infections nosocomiales)

  • *Xanthomonas (Stenotrophomonas) maltophilia*, *Burkholderia cepacia*, *Acinetobacter baumannii*, *Chryseobacterium*, *Aeromonas*, *Alcaligenes*, *Sphingomonas*.

8.16 Genre *Mycoplasma*

  • Caractéristiques : Plus petites formes de vie autonome connues.

  • Particularité : Dépourvues de paroi (non colorables par Gram). Eubactéries (Achea), Mollicutes.

  • Structure : Limitées par seule membrane cytoplasmique.

  • Culture : Milieux spécifiques, croissance lente.

  • Espèces Pathogènes Humaines (3) : *Mycoplasma pneumoniae*, *Mycoplasma hominis*, *Mycoplasma genitalium*.

8.16.1 *Mycoplasma pneumoniae*

  • Habitat : Muqueuses des voies respiratoires.

  • Transmission : Interhumaine, voie aérienne.

  • Pathologie : Pneumonie atypique, à agglutinines froides.

    • Incubation longue (12-35 jours).

    • Le plus souvent : pharyngite ou bronchite.

    • Fréquente en saisons froides, enfants >5 ans, adolescents, jeunes adultes.

    • Pneumopathies graves chez personnes âgées ou immunodéprimées.

    • Accompagnée parfois de :

      • Manifestations cutanées éruptives (érythème polymorphe, Steven-Johnson).

      • Manifestations ORL, sanguines (anémie hémolytique), cardiaques, articulaires, pancréatiques.

      • Manifestations neurologiques/méningées (Guillain-Barré, méningite aseptique). Septicémies rares.

  • Diagnostic :

    • Mise en évidence de la bactérie : Sécrétions pharyngées de préférence. Éviter expectorations (contamination). Brossages endo-bronchiques, lavages alvéolaires.

    • Amplification génique (PCR).

    • Culture difficile, peu pratiquée.

    • Sérologie : Recherche d'agglutinines froides (non spécifique). Mesure des anticorps anti-*M. pneumoniae* (augmentation indique infection récente).

  • Traitement : Antibiothérapie.

    • Éviter β-lactamines (résistance naturelle due à l'absence de paroi).

    • Sensible aux tétracyclines, fluoroquinolones, macrolides.

8.16.2 Mycoplasmes génitaux (*M. hominis*, *M. genitalium*, *Ureaplasma urealyticum*)

  • Caractéristiques : Commensaux des voies génitales, rôle pathogène difficile à attribuer.

  • Pathologies :

    • Hommes : Urétrites non gonococciques (dûes à *M. genitalium*, *U. urealyticum*).

    • Femmes : *M. hominis*, *U. urealyticum* (surtout activité sexuelle).

      • Vaginites non spécifiques.

      • Salpingites (stérilité).

      • Fièvres du post-partum (endométrite), bactériémies.

      • Pyélonéphrites.

  • Diagnostic Biologique : Culture, sérologie, amplification génique.

    • Prélèvement pour culture : mettre aussitôt dans milieu de transport.

    • Interprétation : tenir compte du caractère commensal.

8.17 Genre *Rickettsia* (*Rickettsia prowazekii*)

  • Caractéristiques : Bacilles à Gram (-), intracellulaires obligatoires. Petite taille (comparable gros virus).

  • Classification : 2 groupes.

    • Groupe typhus : *Rickettsia* du typhus épidémique et murin.

    • Groupe boutonneux pourpré : Fièvres éruptives. 20 espèces (ex: *R. rickettsii*, *R. prowazekii*, *R. conorii*).

8.17.1 *Rickettsia prowazekii*

  • Habitat : Essentiellement humaine.

  • Transmission : Interhumaine par les poux de corps. Épidémies en conditions de promiscuité (guerres), mauvaise hygiène.

  • Pathologie : Agent du typhus exanthématique.

    • Incubation ~1 semaine.

    • Syndrome infectieux sévère, suivi d'éruption maculo-papuleuse.

    • Régression en 2 semaines (cas favorables). Mortalité élevée sans traitement.

  • Diagnostic :

    • Mise en évidence de la bactérie : Culture (laboratoires spécialisés), sang ou lésions cutanées. Ensemencement de cultures cellulaires. PCR.

    • Sérologie : Réaction d'agglutination de Weil-Felix. Immunofluorescence indirecte (préférable).

  • Traitement :

    • Curatif : Tétracyclines (première intention). Chloramphénicol, rifampicine actifs.

    • Préventif : Maladie à déclaration obligatoire. Lutte contre les poux.

8.18 Genre *Chlamydia* (*Chlamydia trachomatis*)

  • Caractéristiques : Bactéries avec plusieurs particularités. Intracellulaires obligatoires.

  • Particularité : Dépourvues de paroi (impossible de se multiplier sur milieux artificiels). Réplication uniquement dans cellules animales (forment inclusions intracellulaires).

  • Famille : Chlamydiaceae. 4 espèces : *C. trachomatis*, *C. pneumoniae*, *C. psittaci*, *C. pecorum*. 3 premières importantes chez l'homme.

8.18.1 *Chlamydia trachomatis*

  • Biovars : 3 biovars. 2 spécifiquement humains : trachoma, LGV (lymphogranulomatose vénérienne). Sous-divisions en sérovars.

  • Habitat : Biovars humaines uniquement chez l'homme.

  • Transmission :

    • Trachome (conjonctivite) : mains, mouches.

    • Infections génitales : relations sexuelles.

    • Mère nouveau-né (accouchement).

  • Pathologies :

    • Infections oculaires (trachome) :

      • Conjonctivite endémique en zones intertropicales. Lié à malnutrition, sous-dévelop., manque hygiène. Surtout enfants.

      • 500 millions infectés, 1ère cause de cécité.

      • Bénigne, mais infections multiples destruction cornée.

    • Infections génitales :

      • Hommes : Principale étiologie des uréthrites non gonococciques ou post-gonococciques. Incubation 2 semaines. Complications : épididymites. Infection inapparente possible.

      • Femmes : Cervicite souvent discrète. Complications : salpingites, péritonites (PID, périhépatite). Infertilité tubaire, grossesses extra-utérines.

      • Nouveau-né : Conjonctivite ou pneumopathie.

      • Arthrite réactionnelle (rare).

      • Lymphogranulomatose vénérienne : Forme particulière. Lésion initiale génitale/rectale (souvent inaperçue) adénite suppuration fistulisation.

  • Diagnostic :

    • Méthode de référence : Culture cellulaire et identification biochimique.

    • Immunologique : détection antigènes.

    • Techniques de détection des anticorps.

  • Traitement :

    • Très sensible aux tétracyclines et macrolides.

    • Rifampicine, fluoroquinolones actifs.

    • Traitement du partenaire essentiel en cas d'infection génitale.

8.19 Genre *Haemophilus* (*Haemophilus influenzae*)

  • Caractéristiques : Coccobacilles à Gram (-), polymorphes, immobiles, non sporulés.

  • Métabolisme : Aéro-anaérobies facultatifs.

  • Exigences : Nécessitent facteurs de croissance présents dans le sang (Facteur V, Facteur X).

8.19.1 Facteurs de Croissance et Culture

  • Facteur V (NAD ou NADP) : Thermolabile.

  • Facteur X (Hémine) : Thermostable.

  • Milieux adaptés : Doivent contenir Facteur X et/ou Facteur V.

    • Base : bouillon ou gélose enrichis.

    • Sang frais : ne convient pas (Facteur V intradlobulaire, DNase).

    • Sang chauffé (75°C) ou "sang cuit" : apporte Facteurs X et V (hémine thermostable, DNase détruite, NAD résiste). Gélose au sang cuit = gélose chocolat.

    • Extrait Fildes : digestion peptique de sang de mouton (X et V), milieux transparents.

    • Phénomène de satellitisme : Culture possible sur gélose au sang frais à côté de *Staphylococcus aureus* (fournit V).

    • Extrait de levure : source de Facteur V.

    • Concentrations finales X et V : 0.5 - 25 mg/ml.

    • Milieux sélectifs : antibiotiques (bacitracine, vancomycine).

8.19.2 Espèces et Habitat

  • Classification : Basée sur exigences en facteurs de croissance et caractères biochimiques.

  • Espèces : *H. parainfluenzae*, *H. influenzae*, *H. haemolyticus*, *H. ducreyi* (agent chancre mou).

  • Habitat : Flore des muqueuses (homme, mammifères, oiseaux). Pas dans la nature.

    • Homme : pharynx, bouche, plaque dentaire, intestin (moindre), appareil urogénital.

8.19.3 Pouvoir Pathogène

  • *Haemophilus influenzae* : de loin la plus impliquée chez l'homme, surtout l'enfant.

  • Autres espèces (parainfluenzae, haemolyticus) : commensales, opportunistes. Infections ORL, septicémies (immunodéprimés), endocardites.

  • *Haemophilus aegypticus* (bacille de Weeks) : Conjonctivites.

8.19.4 *Haemophilus influenzae* (Bacille de Pfeiffer)

  • Historique : Cru responsable de la grippe ("influenza") avant découverte virus grippal.

  • Caractéristiques : Coccobacille polymorphe, Gram (-), immobile, non sporulé. Parfois capsulé. Nécessite Facteurs X et V.

  • Biochimie : Catalase (+), Oxydase (+). Fermente glucose, maltose, ribose, xylose (pas lactose/saccharose). 8 biotypes (I à VIII), Biotype I le plus fréquent.

  • Antigènes :

    • Souches capsulées : polysaccharide capsulaire (6 sérovars a-f, sérovar b le plus fréquent). Identifiés par réactions immunologiques.

    • Autres structures de surface : Pili (adhésines), oligosaccharides du LPS (core central), protéines de surface. Pas de spécificités O.

  • IgA protéases : Produit une enzyme clivant les IgA (paralyse défenses locales des muqueuses).

  • Facteurs de Virulence : Polysaccharide capsulaire, pili (adhésines), IgA protéases.

  • Pouvoir Pathogène : Bactérie pyogène, infections variées (plus sévères chez enfant/fragiles).

    • Infections invasives (bactériémie) : Souches capsulées (sérovar b, biotype I).

    • Enfant :

      • Méningites : Souvent précédées d'infections respiratoires/ORL. Septicémie. Nourrisson 3-30 mois.

      • Épiglottite : Enfants 2-7 ans. Début brutal, signes septicémie, détresse respiratoire.

      • États septicémiques fébriles (arthrite, otite, ostéite, pneumonie).

    • Infections non invasives (sans bactériémie) : Souches non capsulées.

      • Otites moyennes aiguës, ORL, broncho-pulmonaires, conjonctivites.

    • Nouvel-né : Infection généralisée sévère (contamination accouchement).

    • Adulte : Souches non capsulées.

      • Respiratoires : broncho-pneumonies (post-bronchite chronique), pneumonies (parfois bactériémie).

      • Méningites : rares, sujets âgés.

      • Autres : articulaires, osseuses, ORL, oculaires, génito-urinaires.

      • Infections puerpérales : localisation vaginale cause infection nouveau-né.

  • Épidémiologie : Était 1ère cause méningite enfant (3-mois), maintenant rare (vaccin). 2ème cause otites moyennes aiguës.

  • Habitat : Hôte exclusif humain. Transmission interhumaine. Enfants contaminés (>2 mois).

    • Portage fréquent. Nourrissons sensibles aux souches capsulées (pas d'anticorps).

    • Adultes : anticorps protègent de généralisation. IgA sécrétoires protègent muqueuses.

    • Colonisation muqueuse pharyngée/respiratoire (favorisée par infection virale) inflammation locale.

    • Si défenses faibles/souche virulente envahissement ganglions propagation bactériémique.

  • Diagnostic Bactériologique :

    • Examen direct (morphologie évocatrice).

    • Culture rapide (germes fragiles) sur gélose au sang cuit (gélose chocolat) ou milieux sélectifs. Incubation 36°C. Colonies petites, blanc-grisâtres, luisantes (capsulées).

    • Identification : morphologie, exigences Facteurs X et V (test de satellitisme, disques imprimés X/V/X+V).

    • Biochimie (uréase, ornithine décarboxylase, indole) pour biotypes.

    • Sérotypage (agglutination sur lame avec sérums spécifiques).

    • Diagnostic rapide : détection antigènes solubles (LCR, sérum, urines) par particules de latex + anticorps spécifiques.

  • Traitement (Antibiothérapie) :

    • Émergence de souches résistantes à l'ampicilline (bêta-lactamase). Résistances associées aux tétracyclines, chloramphénicol, kanamycine.

    • Sensibilité aux pénicillines A + inhibiteur bêta-lactamases, céphalosporines 2ème/3ème génération, quinolones fluorées, gentamicine.

    • Rares souches résistantes au cotrimoxazole. Lincosamides inactifs, macrolides inefficaces.

    • Antibiogramme et recherche bêta-lactamase systématiques.

  • Prévention (Vaccination) :

    • Polysaccharides capsulaires comme vaccin. PRP (polyribosyl-ribitol-phosphate) du sérotype b peu immunogène seul.

    • Vaccins conjugués : PRP associé à protéines (anatoxine diphtérique PRP.D, protéine OM méningocoque PRP.OMP, anatoxine tétanique PRP-T).

    • En France : PRP.T (HIB ou Act-HIB).

    • Recommandé chez nourrissons (3-12 mois) : 3 injections + rappel an 1. Associé à autres vaccins (hexavalent).

    • Réduction significative des méningites à Haemophilus.

8.20 Petits Bacilles à Gram Négatif Fermentaires Exigeants (Groupe HACEK)

  • Caractéristiques : Fermentent glucose. Croissance lente, difficile sur milieux enrichis (gélose au sang). Taxonomie mal codifiée.

  • Groupes : Voisins des Haemophilus (*Cardiobacterium hominis*, *Eikenella corrodens*, *Actinobacillus actinomycetemcomitans*), des Pasteurella (*Capnocytophaga*), des Neisseria (*Kingella*).

  • Habitat : Commensaux des voies respiratoires, bouche, tube digestif. Pas dans la nature.

  • Pathologie : Infections diverses, endocardites (post-infections dentaires, porteurs de prothèses valvulaires).

  • Groupe HACEK : *Haemophilus aphrophilus*, *Actinobacillus*, *Cardiobacterium*, *Eikenella*, *Kingella*.

  • Identification : Morphologie. Caractères bioch./enzymatiques (oxydase, catalase, indole, nitrate-réductase).

  • Traitement : Assez sensibles aux AB (Pénicilline-Aminoside). Traitements longs (plusieurs semaines).

8.21 Genre *Bordetella* (*Bordetella pertussis*)

  • Espèces :

    • *Bordetella pertussis* (agent coqueluche).

    • *Bordetella parapertussis* (coqueluches atténuées).

    • *Bordetella bronchiseptica* (animaux, syndromes para-coquelucheux chez l'homme).

    • *Bordetella avium* (oiseaux).

    • *Bordetella holmesi*.

  • Habitat : *B. pertussis* et *B. parapertussis* sont des hôtes exclusifs de l'homme.

8.21.1 *Bordetella pertussis* (Bacille de Bordet-Gengou)

  • Caractéristiques : Coccobacille à Gram (-), isolé, diplobacilles, courtes chaînettes. Fragile.

  • Métabolisme : Aérobie strict. Oxydase (+). Métabolisme respiratoire.

  • Culture : Exigeante, sur milieux spéciaux (sang frais, milieu de Bordet-Gengou).

    • Colonies "gouttelettes de mercure" (petites, luisantes, bombées).

    • Aspect se modifie avec subcultures (phase I à IV), perte de capsule.

  • Facteurs de Virulence (Constituants antigéniques) :

    • Toxine pertussique (PTX) : Thermolabile, protéique, exotoxine. Maj. antigène d'immunité anticoagulucheuse.

      • Effets biologiques : Facteur promoteur de lymphocytose (LPF), Facteur histamino-sensibilisant (HSF), Facteur activant îlots de Langerhans (INF).

    • Hémagglutinine filamenteuse (FHA) : Sur fimbriae, rôle crucial dans adhésion aux cellules ciliées respiratoires.

    • Agglutinogènes protéiques de surface : Classent les souches en sérotypes.

    • Pertactine : Protéine d'adhésion aux cellules hôtes.

    • Adénylate-cyclase-hémolysine : Enzyme perturbant cellules hôtes, altère pouvoir bactéricide PN/macrophages.

    • Toxine dermonécrotique : Protéique, nécrose au point d'injection.

    • Cytotoxine trachéale : Glycoprotéine, inhibe synthèse ADN.

    • Endotoxine lipopolysaccharidique : Faibles effets.

    • Riche équipement antigénique excellent adjuvant d'immunité.

  • Pouvoir Pathogène (Coqueluche) :

    • Affection aiguë des voies respiratoires supérieures.

    • Phase catarrhale (toux sèche) période des quintes ("chant du coq"), sans fièvre.

    • Convalescence longue.

    • Adultes : penser à coqueluche devant toux sèche >21 jours.

  • Pathogénie :

    • Pénétration par voie aérienne. Fixation par fimbriae (FHA) aux épithéliums ciliés (trachée, bronches).

    • Toxine pertussique, adénylate-cyclase, cytotoxine trachéale paralysent cils.

    • Multiplication en surface (pas d'invasion muqueuse, pas de bactériémie).

    • Libération toxines réaction inflammatoire locale, infiltrat lymphocytaire (LPF), perturbation cellulaire (adénylate-cyclase).

    • Hypersécrétion de mucus, toux (débris tissulaires, bactéries).

    • Densité bactérienne diminue pendant quintes (lyse/élimination), mais toxines entretiennent perturbations.

  • Habitat naturel et Transmission :

    • Strictement humain, transmission exclusivement interhumaine.

    • Touches tous âges, mais plus fréquente chez enfants <6 ans (peu immunisés).

    • Guérison = immunité.

  • Diagnostic Biologique :

    • Identification basée sur caractères culturaux (tests biochimiques classiques souvent négatifs, sauf oxydase).

    • Recherche sur frottis par immunofluorescence directe (si conjugué spécifique).

    • Recherche adénylate-cyclase dans prélèvements nasopharyngés (fiable, rapide, mais isotopique).

    • PCR : détection séquences ADN.

    • Diagnostic indirect (sérologie) : Tardif.

      • Anticorps agglutinants : facile, peu sensible, utile pour vaccinal.

      • ELISA (suspensions bact. inactivées) : peu spécifique.

      • Western-Blot : spécifique, long, coûteux.

      • Préparations antigéniques purifiées (adénylate cyclase hémolysine, toxine pertussique) pour ELISA/WB sensibles et spécifiques (réactifs non commercialisés).

    • Signes biologiques non spécifiques : hypoglycémie (AF), hyperlymphocytose (LPF).

  • Traitement (Antibiothérapie) :

    • Sensible aux macrolides, sulfamides, tétracyclines, aminosides.

    • Résistant aux β-lactamines.

    • AB ont peu d'effets sur durée/intensité des quintes (utilisés si surinfection).

  • Prévention (Vaccination) :

    • Premier vaccin : suspension de bacilles tués (à germes entiers).

    • Souvent associé (anatoxines antidiphtérique/antitétanique, vaccin antipoliomyélitique, anti-*H. influenzae* b, anti-hépatite B) = vaccin hexavalent.

    • Administré tôt (coqueluche redoutable nourrisson) : 3 injections (2, 3, 4 mois) + rappel (16-18 mois). Recommandé pour primo-vaccination nourrisson.

    • Inconvénient : mauvaise réputation, accidents rares.

    • Vaccins acellulaires (abactériens) : Toxine ou hémagglutinine filamenteuse. Mieux tolérés, mais moindre immunité. Réservés aux rappels ultérieurs (11-13 ans), ou alternative rappel 16-18 mois.

    • Chimioprophylaxie : Érythromycine ou josamycine pour "sujets contacts".

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