Insuffisance Rénale Chronique : Surveillance Infirmière
20 cardsSurveillance infirmière de l'insuffisance rénale chronique : signes cliniques, biologiques, nutrition, complications et éducation thérapeutique.
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Insuffisance Rénale Chronique (IRC) : Une Approche Exhaustive
L'insuffisance rénale chronique (IRC) est une condition pathologique caractérisée par une perte progressive et irréversible des fonctions rénales. Typiquement, cette détérioration s'étend sur une période prolongée, allant de plusieurs mois à plusieurs années. Les reins perdent progressivement leur capacité à filtrer efficacement le sang pour éliminer les déchets métaboliques et l'excès d'eau, entraînant une accumulation de toxines dans l'organisme et des déséquilibres multiples.1. Fonctions Essentielles des Reins
Les reins, organes vitaux, remplissent plusieurs fonctions critiques pour le maintien de l'homéostasie corporelle. Lorsque l'IRC s'installe, toutes ces fonctions sont altérées :- Filtration du sang : La fonction la plus connue des reins est l'élimination des déchets métaboliques tels que l'urée et la créatinine. Ces substances, produits du métabolisme, deviennent toxiques lorsqu'elles s'accumulent dans le sang.
- Régulation des électrolytes : Les reins maintains des niveaux stables de minéraux essentiels comme le sodium, le potassium, et le calcium. Un déséquilibre de ces électrolytes peut avoir des conséquences graves, notamment des troubles cardiaques (hyperkaliémie) ou des problèmes osseux (calcium, phosphore).
- Maintien de l'équilibre acido-basique : Les reins jouent un rôle crucial dans le maintien du sanguin à un niveau optimal en éliminant les acides en excès et en réabsorbant les bicarbonates. L'incapacité à le faire mène à l'acidose métabolique.
- Production d'hormones :
- Érythropoïétine (EPO) : Cette hormone stimule la production des globules rouges dans la moelle osseuse. Une baisse de production d'EPO est une cause majeure d'anémie chez les patients IRC.
- Rénine : Impliquée dans le système rénine-angiotensine-aldostérone, elle joue un rôle prépondérant dans la régulation de la pression artérielle.
- Vitamine D active : Les reins transforment la vitamine D inactive en sa forme active (calcitriol), essentielle pour l'absorption du calcium et la santé osseuse.
2. Étiologies de l'Insuffisance Rénale Chronique
L'IRC est rarement une maladie primaire ; elle est le plus souvent la conséquence d'autres pathologies chroniques qui endommagent progressivement les reins. Identifier la cause est crucial pour le traitement :- Diabète (Néphropathie Diabétique) : C'est la première cause d'IRC. Une glycémie élevée et non contrôlée endommage les petits vaisseaux sanguins (capillaires glomérulaires) des reins, altérant leur capacité de filtration.
- Hypertension Artérielle (HTA) : L'hypertension mal contrôlée exerce une pression constante sur les vaisseaux sanguins rénaux, les épaississant et les rétrécissant, réduisant ainsi l'apport sanguin et la fonction rénale sur le long terme. C'est la deuxième cause la plus fréquente.
- Glomérulonéphrites : Il s'agit d'un groupe de maladies caractérisées par l'inflammation des glomérules, les unités de filtration des reins. Elles peuvent être d'origine auto-immune ou infectieuse.
- Polykystose Rénale : Une maladie génétique héréditaire qui entraîne la croissance de multiples kystes remplis de liquide dans les reins, augmentant leur taille et réduisant progressivement la fonction rénale.
- Néphropathies Obstructives : Elles résultent d'une obstruction chronique des voies urinaires, ce qui provoque un reflux d'urine et une pression excessive sur les reins. Exemples :
- Calculs rénaux (lithiase rénale) récidivants ou non traités.
- Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) qui bloque le flux urinaire chez les hommes.
- Tumeurs utérines ou abdominales comprimant les uretères.
- Maladies Vasculaires :
- Athérosclérose : Le durcissement et le rétrécissement des artères rénales réduisent considérablement l'apport sanguin aux reins, entraînant une ischémie et une détérioration fonctionnelle.
- Sténose de l'artère rénale : Un rétrécissement de l'artère qui alimente le rein.
- Utilisation de médicaments néphrotoxiques : L'abus ou l'utilisation inappropriée de certains médicaments, comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou certains antibiotiques, peut causer des lésions rénales aiguës ou chroniques.
3. Classification et Stades de l'IRC
L'IRC est classée en 5 stades, basés sur le Taux de Filtration Glomérulaire (TFG), qui est la meilleure estimation de la fonction rénale. Un TFG normal est généralement supérieur à . La surface corporelle de est une valeur standard pour normaliser le TFG.| Stade | TFG () | Description | Implications cliniques |
|---|---|---|---|
| Stade 1 | Fonction rénale normale ou augmentée avec lésions rénales avérées (protéinurie, hématurie, anomalies structurelles). | Souvent asymptomatique. Nécessite le traitement de la cause sous-jacente et la prévention de l'aggravation. | |
| Stade 2 | Légère diminution de la fonction rénale avec lésions. | Généralement asymptomatique. Une surveillance plus rapprochée est nécessaire. Stratégies de ralentissement de la progression. | |
| Stade 3 | Diminution modérée de la fonction rénale. Ce stade est souvent subdivisé en 3a () et 3b (). | Des symptômes peuvent commencer à apparaître (fatigue, hypertension). Début de complications (anémie, problèmes osseux). | |
| Stade 4 | Diminution sévère de la fonction rénale. | Symptômes plus prononcés. Préparation à la thérapie de remplacement rénal (dialyse ou transplantation) est indispensable. | |
| Stade 5 | Insuffisance rénale terminale (IRT). | Nécessite impérativement une thérapie de remplacement rénal (dialyse ou transplantation) pour maintenir la vie. |
4. Manifestations Cliniques et Symptomatologie
Les symptômes de l'IRC apparaissent souvent à des stades avancés (Stades 3-5), car les reins possèdent une grande capacité de compensation et peuvent maintenir une homéostasie relative même avec une fonction réduite. * Fatigue et faiblesse : Symptômes très courants, souvent liés à l'anémie et à l'accumulation de toxines. * Œdèmes : Rétention d'eau et de sodium due à l'incapacité rénale d'éliminer l'excès de liquide. Apparaissent généralement au niveau des jambes, chevilles, pieds, et parfois du visage (périorbitaire, surtout le matin). Peut conduire à un œdème pulmonaire. * Symptômes gastro-intestinaux : Nausées, vomissements, perte d'appétit, et un goût métallique dans la bouche (dysgueusie) sont fréquents en raison de l'accumulation de métabolites toxiques. * Hypertension artérielle : Souvent difficile à contrôler, elle est à la fois une cause et une conséquence de l'IRC. Les reins ne peuvent plus réguler efficacement les volumes liquidiens et les hormones vasopressives. * Essoufflement (Dyspnée) : Principalement dû à l'œdème pulmonaire (accumulation de liquide dans les poumons) ou à l'anémie sévère. * Prurit et peau sèche : Démangeaisons intenses et généralisées sont fréquentes, souvent liées à l'accumulation de phosphore et d'autres toxines urémiques, ainsi qu'à la sécheresse cutanée. * Anémie : Carence en érythropoïétine entraînant une réduction de la production de globules rouges. Se manifeste par de la pâleur, de la fatigue et de l'essoufflement. * Modifications urinaires : L'aspect, la quantité et la fréquence des mictions peuvent changer.- Mousses (protéinurie) : Indiquent une fuite de protéines dans l'urine.
- Hématurie : Présence de sang dans l'urine (microscopique ou macroscopique).
- Oligurie/Anurie : Diminution ou arrêt de la production d'urine à des stades très avancés.
- Nycturie : Mictions fréquentes la nuit, car les reins perdent leur capacité à concentrer l'urine pendant le sommeil.
5. Diagnostic de l'Insuffisance Rénale Chronique
Le diagnostic repose sur une combinaison de tests sanguins, urinaires et d'imagerie. * Test de la créatinine sanguine : La créatinine est un produit de déchet musculaire filtré par les reins. Une concentration sérique élevée de créatinine indique une altération de la fonction rénale car elle n'est pas suffisamment éliminée. Il est important de noter que le taux de créatinine peut être influencé par la masse musculaire et l'alimentation. * Calcul du Taux de Filtration Glomérulaire (TFG) : C'est le marqueur le plus précis de la fonction rénale. Il est estimé à partir de la créatinine sérique, de l'âge, du sexe et de l'ethnie du patient, à l'aide de formules spécifiques (par exemple, CKD-EPI). Il est crucial pour stadifier l'IRC. * Protéinurie / Albuminurie : La présence anormale de protéines, en particulier d'albumine, dans les urines (détectée par bandelette urinaire ou rapport albumine/créatinine urinaire) est un signe précoce de lésion glomérulaire et un indicateur de la progression de l'IRC. * Échographie rénale : Examen d'imagerie non invasif qui permet de visualiser la taille (souvent des reins petits et atrophiques en IRC avancée, sauf en cas de polykystose ou d'amylose où ils peuvent être augmentés), la forme et la structure des reins. Elle peut détecter des obstructions (calculs, tumeurs), des kystes ou d'autres anomalies structurelles. * Biopsie rénale : Réalisée dans certains cas pour obtenir un diagnostic histologique précis de la maladie rénale sous-jacente (ex: glomérulonéphrite) et évaluer l'étendue des lésions. Elle est invasive et comporte des risques. * Analyses sanguines supplémentaires :- Électrolytes (sodium, potassium, calcium, phosphore).
- Gaz du sang artériel (pour évaluer l'équilibre acido-basique).
- Hémoglobine et hématocrite (pour le diagnostic et le suivi de l'anémie).
- Parathormone (PTH) (pour les troubles du métabolisme phosphocalcique).
6. Complications Majeures de l'IRC
L'IRC est une maladie systémique qui affecte de nombreux organes et prédispose à des complications graves et parfois mortelles. * Maladies cardiovasculaires : L'IRC est un facteur de risque majeur et indépendant d'événements cardiovasculaires (infarctus du myocarde, AVC, insuffisance cardiaque). L'hypertension, l'inflammation chronique, l'acidose, les troubles métaboliques (dyslipidémie, calcifications vasculaires dues aux troubles phosphocalciques) contribuent à cette morbi-mortalité élevée. * Hyperkaliémie : L'incapacité des reins à excréter le potassium entraîne une augmentation de sa concentration dans le sang. Une hyperkaliémie sévère () est une urgence médicale pouvant provoquer des arythmies cardiaques mortelles (fibrillation ventriculaire, asystolie). * Anémie rénale : Causée par la diminution de production d'érythropoïétine (EPO) par les reins malades, par une carence en fer fréquente, et parfois par une inflammation chronique. Elle contribue à la fatigue, à la dyspnée et à l'insuffisance cardiaque. * Ostéodystrophie rénale (MVO-CKD) : Un terme regroupant les anomalies du métabolisme minéral et osseux. Elle résulte d'un déséquilibre complexe entre le calcium, le phosphore, la vitamine D active et la parathormone. Cela peut entraîner une fragilité osseuse (fractures), des douleurs osseuses, et des calcifications vasculaires (calciphylaxie). * Acidose métabolique : Les reins n'arrivent plus à excréter les acides produits par le métabolisme, ni à régénérer le bicarbonate. Ceci peut aggraver la dégradation protéique, la perte osseuse et l'inflammation. * Dysfonction immunitaire et infections : Les patients atteints d'IRC ont un système immunitaire affaibli (état d'immunosuppression), ce qui les rend plus vulnérables aux infections bactériennes, virales et fongiques, notamment pulmonaires et urinaires, ainsi qu'aux infections liées aux accès vasculaires pour la dialyse. * Malnutrition : Fréquente, due à l'anorexie, aux nausées, aux restrictions diététiques et à l'état catabolique induit par l'inflammation et l'acidose. * Neuropathie urémique : Peut se manifester par des syndromes des jambes sans repos, des paresthésies ou des douleurs nerveuses.7. Prise en Charge Thérapeutique de l'IRC
Le traitement de l'IRC vise à ralentir la progression de la maladie, à gérer les symptômes et les complications, et à améliorer la qualité de vie du patient.7.1 Mesures Non Pharmacologiques et Modifications du Mode de Vie
Ces mesures sont fondamentales à tous les stades de l'IRC. * Régime alimentaire adapté :- Faible en sel (sodium) : Pour contrôler l'hypertension et la rétention hydrique. Recommander .
- Contrôle des protéines : À des stades avancés (Stades 3-5), une restriction modérée peut ralentir la progression de l'IRC et réduire l'accumulation de déchets azotés, mais il faut éviter la dénutrition. Typiquement .
- Faible en potassium : Pour prévenir l'hyperkaliémie, surtout aux stades avancés. Éviter les fruits secs, bananes, avocats, pommes de terre, chocolat, etc.
- Faible en phosphore : Pour prévenir l'hyperphosphatémie et l'ostéodystrophie rénale. Éviter les produits laitiers, les noix, les viandes transformées.
- Gestion des apports hydriques : Restreindre la consommation de liquides aux stades avancés (surtout si oligurie) pour éviter la surcharge volémique et l'œdème pulmonaire. Ce contrôle doit être individualisé et ajusté en fonction de la diurèse résiduelle.
7.2 Traitements Pharmacologiques
* Antihypertenseurs :- Inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IEC) (ex: ramipril) ou Bloqueurs des récepteurs de l'angiotensine II (ARA II) (ex: valsartan) : Ces médicaments sont de première ligne car, en plus de réduire la pression artérielle, ils ont un effet néphroprotecteur en réduisant la protéinurie et en ralentissant la progression de l'IRC. Ils nécessitent une surveillance étroite de la créatinine et de la kaliémie.
- Autres classes : diurétiques (thiazidiques, de l'anse), bêta-bloquants, inhibiteurs calciques.
7.3 Thérapies de Remplacement Rénal (pour le stade 5)
Lorsque l'IRC atteint le stade terminal (), une thérapie de remplacement rénal devient indispensable pour maintenir la vie. * Dialyse :- Hémodialyse : Consiste à filtrer le sang en dehors du corps à travers une machine (rein artificiel). Le sang est pompé hors du corps, passe à travers un dialyseur (filtre) pour éliminer les déchets et l'excès de liquide, puis est réinjecté. Cela est généralement effectué 3 fois par semaine, pendant 3 à 5 heures, dans un centre de dialyse. Nécessite un accès vasculaire (fistule artério-veineuse ou cathéter).
- Dialyse péritonéale : Utilise le péritoine (la membrane qui tapisse l'abdomen) comme filtre naturel. Une solution de dialyse est introduite dans la cavité abdominale via un cathéter permanent, où elle reste pendant plusieurs heures, absorbant les déchets et l'excès de liquide. La solution est ensuite drainée et remplacée. Peut-être effectuée à domicile, manuellement (DPCA) ou par une machine pendant la nuit (DPA).
8. Prévention de l'IRC
Bien que certaines causes soient irréversibles, la prévention se concentre sur la gestion des facteurs de risque modifiables. * Contrôle strict de la glycémie pour les patients diabétiques. * Contrôle rigoureux de la pression artérielle chez les hypertendus. * Maintien d'un poids sain grâce à une alimentation équilibrée et une activité physique. * Surveillance régulière des fonctions rénales chez les personnes à risque (diabétiques, hypertendus, antécédents familiaux d'IRC). * Éviter les médicaments néphrotoxiques et toujours consulter un professionnel de santé avant de prendre de nouveaux médicaments.9. Rôle de l'Infirmière dans la Prise en Charge de l'IRC
L'infirmière joue un rôle central et multifacette dans la surveillance, l'éducation et le soutien des patients atteints d'IRC.9.1 Surveillance Clinique
* Évaluation de l'état général : Observation des signes de fatigue, essoufflement, prurit, troubles du sommeil, pâleur, modifications cutanées (sécheresse, pigmentation). * Prise de poids quotidienne : Une prise de poids rapide et inexpliquée ( en ) peut indiquer une rétention d'eau et une surcharge volémique. * Évaluation des œdèmes : Localisation (membres inférieurs, sacrés, faciès), caractère (blanc, mou, godet), et extension. * Mesure des signes vitaux :- Tension artérielle : Surveiller l'HTA, à domicile et en milieu hospitalier. Éduquer le patient à l'auto-mesure.
- Fréquence cardiaque et respiratoire : Surveiller les arythmies (hyperkaliémie), la tachypnée (œdème pulmonaire, acidose).
- Température : La fièvre peut indiquer une infection, fréquente chez ces patients.
9.2 Surveillance Biologique
* Prélèvements sanguins réguliers : Interpréter et suivre les résultats pour :- Créatinine et Urée : Indicateurs clés de la fonction rénale et de l'efficacité de la dialyse (si pratiquée).
- Électrolytes (potassium, sodium, calcium, phosphore) : Détecter et prévenir les déséquilibres dangereux.
- Gaz du sang : Évaluer le et les bicarbonates pour l'acidose métabolique.
- Hémoglobine et Hématocrite : Suivre l'anémie.
- Albumine et autres marqueurs nutritionnels (préalbumine, CRP) : Évaluer l'état nutritionnel et l'inflammation.
- Parathormone (PTH) : Suivi des troubles osseux et minéraux.
- Glycémie : Chez les diabétiques.
9.3 Suivi Nutritionnel
* Apports hydriques : Contrôler la consommation de liquide en fonction de la diurèse et de la présence d'œdèmes. Éduquer le patient sur les "liquides cachés". * Suivi alimentaire : Adapter les apports en protéines, potassium, phosphore et sodium selon les recommandations diététiques individualisées. L'infirmière peut travailler en collaboration avec une diététicienne. * Évaluation de l'apport en protéines et en calories : Dépister la malnutrition, fréquente chez ces patients, surtout aux stades avancés de l'IRC.9.4 Surveillance des Traitements Spécifiques (Dialyse, Transplantation)
* Suivi de la dialyse :- Accès vasculaires (Fistule Artério-Veineuse, cathéter) : Surveiller les signes d'infection (rougeur, chaleur, douleur, pus), d'inflammation, de dysfonctionnement (oedème du membre, thrill/souffle altéré), de thrombose. Assurer les soins d'hygiène rigoureux de l'accès.
- Poids sec et tolérance à la dialyse : Évaluer l'état clinique du patient avant, pendant et après la séance (hypotension, crampes, nausées, céphalées) pour ajuster le poids sec cible et la dialyse.
- Pour la dialyse péritonéale : Surveiller les signes de péritonite (douleur abdominale, liquide de dialyse trouble), les fuites au site du cathéter.
9.5 Prévention des Infections
* Les patients en IRC sont immunodéprimés. L'infirmière doit enseigner et pratiquer une hygiène rigoureuse (lavage des mains, soins des accès vasculaires) et surveiller attentivement les signes de fièvre ou d'infection.9.6 Éducation Thérapeutique du Patient
Au-delà des soins directs, le rôle éducatif de l'infirmière est primordial pour que le patient devienne un acteur éclairé de sa prise en charge. * Éducation sur l'alimentation : Expliquer les restrictions spécifiques (potassium, phosphore, sel, protéines, liquides) et pourquoi elles sont nécessaires. Fournir des listes d'aliments à privilégier ou à éviter. * Informations sur les médicaments : Sensibiliser à l'importance de chaque médicament, au schéma posologique, aux éventuels effets secondaires et aux interactions. * Gestion des symptômes : Apprendre au patient et à sa famille à reconnaître les signes d'alarme (aggravation des œdèmes, essoufflement nouveau ou augmenté, fatigue intense, signes d'hyperkaliémie, fièvre) et à savoir quand consulter. * Hygiène de vie : Encourager l'arrêt du tabac et la réduction de l'alcool, souligner l'importance d'une activité physique adaptée. * Compréhension de la maladie et de sa progression : Expliquer clairement l'IRC, ses causes et ce à quoi le patient doit s'attendre, pour favoriser son adhésion au traitement.9.7 Soutien Psychologique et Social
L'IRC est une maladie lourde qui peut générer un stress important, de l'anxiété, et parfois une dépression. * L'infirmière doit faire preuve d'une écoute attentive, reconnaître les signes de détresse psychologique. * Proposer un soutien psychologique par un professionnel si nécessaire. * Faciliter le contact avec des groupes de soutien de patients. * S'assurer que le patient a accès aux aides sociales (reconnaissance de maladie chronique, aides au transport, etc.). * Aider le patient à s'adapter à son état et à préserver au maximum sa qualité de vie.Conclusion
L'insuffisance rénale chronique est une maladie complexe, progressive et irréversible qui nécessite une prise en charge multidisciplinaire et individualisée. Sa gestion repose sur une surveillance rigoureuse, un traitement précoce des complications, une éducation thérapeutique approfondie et un soutien continu. Le rôle de l'infirmière est fondamental à chaque étape, de la détection précoce à la gestion de la thérapie de remplacement rénal et au soutien psychologique, garantissant ainsi une meilleure qualité de vie et un ralentissement de la progression de la maladie vers l'insuffisance rénale terminale.Insuffisance Rénale Chronique (IRC) : Fiche Mémo
L'Insuffisance Rénale Chronique est une perte progressive et irréversible des fonctions rénales, entraînant l'accumulation de toxines.
I. Rôle des Reins
Les reins sont essentiels pour :
Filtration du sang (urée, créatinine)
Régulation des électrolytes (sodium, potassium, calcium)
Maintien de l'équilibre acido-basique
Production d'hormones : érythropoïétine (globules rouges) et rénine (pression artérielle)
II. Causes Principales de l'IRC
L'IRC est souvent secondaire à d'autres pathologies :
Diabète (néphropathie diabétique)
Hypertension artérielle chronique
Glomérulonéphrites (inflammation des glomérules)
Polykystose rénale (maladie génétique)
Néphropathies obstructives (calculs, hypertrophie de la prostate)
Maladies vasculaires (athérosclérose)
III. Stades de l'IRC (selon le TFG)
Le Taux de Filtration Glomérulaire (TFG) est la mesure clé (normalement ).
Stade 1 : TFG (lésions rénales présentes)
Stade 2 : TFG (légère diminution)
Stade 3 : TFG (diminution modérée)
Stade 4 : TFG (diminution sévère)
Stade 5 : TFG (Insuffisance rénale terminale = dialyse ou transplantation)
IV. Symptômes de l'IRC (souvent tardifs)
Fatigue et faiblesse
Œdèmes (rétention d'eau) : jambes, chevilles, visage
Nausées, vomissements, perte d'appétit
HTA difficile à contrôler
Essoufflement (œdème pulmonaire)
Prurit (démangeaisons) et peau sèche
Anémie (défaut d'érythropoïétine)
Modifications des urines (mousseuses, hématurie, oligurie)
Confusion mentale (accumulation de toxines)
Hyperkaliémie, IONO perturbé
V. Diagnostic
Créatinine sanguine élevée
Calcul du TFG
Protéinurie (protéines dans les urines)
Échographie rénale (obstruction, anomalies)
Biopsie rénale (si nécessaire, pour la cause)
VI. Complications de l'IRC
L'IRC augmente les risques de :
Maladies cardiovasculaires (AVC, infarctus)
Hyperkaliémie (troubles du rythme cardiaque)
Anémie
Ostéodystrophie rénale (déséquilibre Ca/P)
Acidose métabolique
Infections (système immunitaire affaibli)
VII. Traitement et Gestion
Le traitement vise à ralentir la progression et gérer les symptômes.
A. Mesures Non Pharmacologiques
Régime alimentaire adapté : faible en sel, protéines, potassium
Contrôle du diabète et HTA
Arrêt du tabac et alcool
Activité physique régulière
B. Traitements Médicamenteux
Antihypertenseurs (IEC, ARA II)
Diurétiques (œdèmes)
Agents liants le phosphate (hyperphosphatémie)
Suppléments de calcium et vitamine D
Érythropoïétine (anémie)
C. Traitements de l'Insuffisance Rénale Terminale (Stade 5)
Dialyse :
Hémodialyse : filtration du sang par machine
Dialyse péritonéale : filtration par la cavité abdominale
Transplantation rénale : greffe de rein
D. Prévention de la Progression
Contrôle strict de la glycémie (diabète)
Contrôle de la pression artérielle
Maintien d'un poids santé
Surveillance régulière des fonctions rénales (personnes à risque)
Éviter les médicaments néphrotoxiques (AINS, certains antibiotiques)
VIII. Surveillance Infirmière
A. Surveillance des Signes Cliniques
État général : fatigue, essoufflement, prurit, troubles du sommeil, œdèmes, peau.
Prise de poids quotidienne (rétention d'eau).
Œdèmes (jambes, chevilles, visage).
Signes vitaux :
Tension artérielle (HTA fréquente).
Fréquence cardiaque et respiratoire.
Diurèse (quantité et fréquence des mictions).
B. Surveillance Biologique
Prélevements sanguins réguliers :
Créatinine et urée
Électrolytes (potassium, sodium, calcium)
Acidose métabolique (pH, bicarbonates)
Anémie (hémoglobine, hématocrite)
Albumine et marqueurs nutritionnels
C. Suivi Nutritionnel
Apports hydriques contrôlés (éviter la surcharge).
Adaptation des apports : protéines, potassium, phosphore, sodium.
Évaluation de l'apport en protéines et calories (la malnutrition est fréquente).
D. Surveillance Spécifique
Surveillance de la dialyse (si applicable) :
Accès vasculaires (fistule, cathéter) : infection, dysfonctionnement.
Poids sec et tolérance post-dialyse.
Suivi des traitements : adhérence aux chélateurs de phosphate, vitamine D, érythropoïétine.
Prévention des infections : hygiène rigoureuse, surveillance des signes.
IX. Rôle Infirmière dans l'Éducation Thérapeutique
L'infirmière est clé pour l'autonomie du patient :
Éducation alimentaire : éviter les excès (K, Na, P).
Informations sur les médicaments : importance, administration, effets secondaires.
Gestion des symptômes : reconnaître les signes d'alarme (œdèmes, essoufflement, fatigue).
Hygiène de vie : réduction alcool/tabac, activité physique adaptée.
X. Soutien Psychosocial
L'IRC est source de stress, anxiété, dépression. Un soutien psychologique est essentiel pour l'adaptation du patient.
IRC = Surveillance rigoureuse et soins continus.
Gestion des facteurs de risque et des complications essentielle pour une meilleure qualité de vie et retarder le stade terminal.
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