Infections Sexuellement Transmissibles : Agents, Symptômes et Prévention

50 cards

Ce document traite des infections sexuellement transmissibles (IST), en détaillant les agents pathogènes, les symptômes, le diagnostic et le traitement de diverses IST comme la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis, l'herpès génital, le HPV et la trichomonase. Il aborde également les aspects épidémiologiques et préventifs, y compris la vaccination et la prophylaxie pré-exposition au VIH.

50 cards

Review
Question
Quel est le traitement de référence d'une gonorrhée non compliquée ?
Answer
Une dose unique de Ceftriaxone en IM, toujours associée à un traitement contre Chlamydia trachomatis.
Question
Pourquoi le terme IST remplace-t-il « MST » ?
Answer
En raison de la haute prévalence des porteurs asymptomatiques qui entretiennent la transmission.
Question
Quels sont les 3 principaux facteurs de risque d'IST ?
Answer
Rapports non protégés, multiplicité des partenaires (≥ 2/an), et âge jeune (≤ 25 ans).
Question
Quelle est l'IST bactérienne la plus fréquente dans les pays industrialisés ?
Answer
L'infection à Chlamydia trachomatis.
Question
Comment se présente le plus souvent une infection à Chlamydia chez la femme ?
Answer
Elle est majoritairement asymptomatique (70-90%), découverte lors d'un dépistage ou par une complication.
Question
Quelle est une complication majeure de Chlamydia non traitée chez la femme ?
Answer
La salpingite, pouvant entraîner une stérilité tubaire, une grossesse extra-utérine ou des douleurs pelviennes chroniques.
Question
Quel agent pathogène cause la gonorrhée ?
Answer
La bactérie Neisseria gonorrhoeae, un diplocoque à Gram négatif.
Question
Quel est le symptôme typique de la gonorrhée chez l'homme ?
Answer
Une urétrite aiguë avec un écoulement urétral purulent abondant ('chaude-pisse') et des brûlures mictionnelles.
Question
Quel aspect microscopique évoque une gonorrhée à l'examen direct ?
Answer
La présence de diplocoques à Gram négatif intracellulaires, décrits comme étant « en grains de café ».
Question
Qu'est-ce que le syndrome de Fitz-Hugh-Curtis ?
Answer
Une périhépatite secondaire à une salpingite (Chlamydia/Gonocoque), créant des adhérences péri-hépatiques « en cordes de violon ».
Question
Quel micro-organisme est responsable de la syphilis ?
Answer
Treponema pallidum, une bactérie spirochète non cultivable en laboratoire.
Question
Quelle est la lésion typique de la syphilis primaire ?
Answer
Le chancre syphilitique : une ulcération unique, propre, indurée, et surtout indolore, très contagieuse.
Question
Citez deux manifestations cutanées de la syphilis secondaire.
Answer
La roséole (macules roses pâles sur le tronc) et les syphilides papuleuses (lésions cuivrées, parfois palmo-plantaires).
Question
Que signifie une sérologie syphilitique avec TT positif et TNT négatif ?
Answer
Cela indique une infection ancienne et traitée (cicatrice sérologique) ou une syphilis très précoce.
Question
Que signifie une sérologie syphilitique avec TT positif et TNT positif ?
Answer
Cela confirme une syphilis active, non ou insuffisamment traitée, nécessitant une évaluation et un traitement.
Question
Quel est l'antibiotique de référence pour traiter toutes les formes de syphilis ?
Answer
La Pénicilline G. La voie d'administration et la durée varient selon le stade de la maladie.
Question
Quels sérotypes d'HPV sont responsables de 90% des verrues génitales (condylomes) ?
Answer
Les HPV à bas risque, principalement les types 6 et 11.
Question
Quels sérotypes d'HPV sont dits à haut risque oncogène ?
Answer
Les HPV 16 et 18, qui sont les causes principales des cancers du col de l'utérus.
Question
Quel est l'aspect clinique des condylomes acuminés ?
Answer
Des excroissances charnues, souvent multiples, ressemblant à des « crêtes de coq ».
Question
Décrivez les leucorrhées typiques de Trichomonas vaginalis.
Answer
Elles sont verdâtres, abondantes, spumeuses (aérées) et malodorantes, associées à un prurit intense.
Question
Quel aspect du col utérin est évocateur d'une infection à Trichomonas ?
Answer
Un aspect de colpite punctiforme, décrit comme un « col framboisé », très rouge et inflammatoire.
Question
Comment traite-t-on la trichomonose ?
Answer
Avec un antiparasitaire comme le Métronidazole ou le Secnidazole en dose unique. Le traitement du partenaire est systématique.
Question
Quelle est la principale différence clinique entre une ulcération herpétique et un chancre syphilitique ?
Answer
L'ulcération herpétique est typiquement douloureuse et multiple, alors que le chancre syphilitique est classiquement indolore et unique.
Question
Qu'est-ce que la vaginose bactérienne ?
Answer
Un déséquilibre de la flore vaginale (remplacement des lactobacilles par des anaérobies), ce n'est pas une IST.
Question
Quel est le signe pathognomonique de la vaginose bactérienne ?
Answer
Des pertes grisâtres et une odeur de « poisson pourri », notamment après ajout de potasse (sniff test).
Question
Quels sont les symptômes d'une candidose vulvo-vaginale ?
Answer
Un prurit intense et des leucorrhées blanches, épaisses et caillebottées, ressemblant à du « lait caillé ».
Question
Quel est l'examen de référence pour diagnostiquer Chlamydia et le Gonocoque ?
Answer
La détection de leur matériel génétique par TAAN (PCR) sur premier jet urinaire ou prélèvement local.
Question
Quel dépistage systématique proposer à un patient diagnostiqué avec une IST ?
Answer
Sérologies du VIH, de l'hépatite B et de la syphilis. PCR Chlamydia et Gonocoque.
Question
Que sont les infections génitales hautes (IGH) ?
Answer
Des infections de l'appareil génital interne (endométrite, salpingite), souvent une complication d'une IST basse.
Question
Quel est le traitement probabiliste d'une IGH non compliquée en ambulatoire ?
Answer
Ceftriaxone IM (dose unique), associé à Doxycycline et Métronidazole pendant 10 à 14 jours.
Question
Qu'est-ce que la lymphogranulomatose vénérienne (LGV) ?
Answer
Une infection due aux sérotypes L1, L2, L3 de Chlamydia trachomatis, causant ulcérations et adénopathies.
Question
Quelle est la cause la plus fréquente d'orchi-épididymite chez l'homme jeune ?
Answer
Une infection sexuellement transmissible, le plus souvent Chlamydia trachomatis ou Neisseria gonorrhoeae.
Question
Qu'est-ce que le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter ?
Answer
Une triade réactionnelle (non septique) à une infection à Chlamydia : arthrite, uvéite/conjonctivite et urétrite.
Question
Citez 3 méthodes de prévention des IST.
Answer
Usage systématique du préservatif, vaccination (HPV, Hépatite B) et dépistage régulier.
Question
Qu'est-ce que la réaction de Jarisch-Herxheimer ?
Answer
Une réaction inflammatoire (fièvre, frissons, myalgies) survenant quelques heures après le début du traitement de la syphilis.
Question
Qu'est-ce qui maintient l'écosystème vaginal sain ?
Answer
La flore de Döderlein (lactobacilles), qui produit de l'acide lactique pour maintenir un pH acide protecteur.
Question
Quel agent infectieux cause le chancre mou ?
Answer
La bactérie Haemophilus ducreyi. L'ulcération est douloureuse, multiple, avec un fond sale et purulent.
Question
Chez quel groupe le dépistage systématique annuel de Chlamydia est-il recommandé ?
Answer
Chez toutes les femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans.
Question
Le traitement du/des partenaire(s) est-il nécessaire pour une candidose ?
Answer
Non, le traitement du partenaire n'est pas nécessaire en l'absence de symptômes.
Question
Quel est le traitement de 1ère intention pour une infection non compliquée à Chlamydia ?
Answer
La Doxycycline par voie orale pendant 7 jours.
Question
Quel est le risque de la persistance d'une infection à HPV à haut risque ?
Answer
L'évolution vers des lésions pré-cancéreuses puis un cancer, notamment du col de l'utérus.
Question
Quelle est la particularité des urétrites à Chlamydia par rapport à celles à Gonocoque ?
Answer
L'incubation est plus longue et les symptômes sont plus discrets (écoulement clair, intermittent) ou absents.
Question
Doit-on traiter le partenaire en cas de vaginose bactérienne ?
Answer
Non, le traitement du partenaire est inutile car la vaginose est un déséquilibre de la flore et non une IST.
Question
Quel est l'objectif principal du traitement des condylomes liés à l'HPV ?
Answer
La destruction des lésions visibles. Aucun traitement ne permet d'éradiquer le virus de l'organisme.
Question
Quel examen est systématique devant une suspicion d'infection génitale haute (IGH) ?
Answer
L'échographie pelvienne par voie endovaginale, pour rechercher des signes d'atteinte tubaire (pyosalpinx, abcès).
Question
La déclaration des cas de gonorrhée est-elle obligatoire en France ?
Answer
Non, la gonorrhée ne fait plus partie des maladies à déclaration obligatoire.
Question
En plus du traitement, que faut-il conseiller après un diagnostic d'IST ?
Answer
S'abstenir de rapports sexuels non protégés pendant 7 jours, et dépister et traiter le ou les partenaires.
Question
Quel est le principal réservoir du parasite Trichomonas vaginalis ?
Answer
Le vagin chez la femme. L'homme est souvent un porteur asymptomatique.
Question
Quelle complication la syphilis peut-elle causer pendant la grossesse ?
Answer
La syphilis congénitale par transmission transplacentaire, pouvant causer de graves malformations ou la mort fœtale.
Question
Qu'est-ce que l'alcalinisation favorise dans le contexte des IST ?
Answer
Un pH vaginal moins acide (alcalin) favorise la prolifération de certains pathogènes, notamment l'HPV.

Infections sexuellement transmissibles (IST) : Mémo rapide

Les IST sont des infections transmises principalement lors des rapports sexuels. Elles représentent un enjeu de santé publique majeur en raison de leur prévalence et de leurs complications.

Généralités et épidémiologie

  • MST sont remplacées par IST : la terminologie a évolué en raison de la forte prévalence des formes asymptomatiques qui favorisent la transmission.
  • Incidence en France :
    • Syphilis : forte incidence chez les HSH (> 80%).
    • Gonocoque : forte incidence chez les hétérosexuels et HSH.
    • C. Trachomatis :
      • Cervicites et urétrites (génotype D à K) chez les femmes < 25 ans ++.
      • Lymphogranulomatose vénérienne (génotype L) chez les HSH ++.
    • Fréquentes : IST virales (HPV puis HSV).
    • IST bactériennes : **C. Trachomatis** > gonocoque > syphilis.
    • Trichomonose : prévalence élevée en Afrique et Caraïbes ++.
  • Estimations épidémiologiques difficiles : toutes les IST ne sont pas à déclaration obligatoire, et seulement 1/10 des IST à déclaration obligatoire est effectivement déclarée.

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs augmentent le risque d'acquisition ou de transmission des IST :

  • Présence d'une IST (augmente le risque de transmission du VIH +++, si ulcération).
  • IST chez un partenaire.
  • Bas niveau socio-économique.
  • Multiplicité des partenaires (2 partenaires dans l'année).
  • Rapports non protégés.
  • HSH (homosexuel masculin).
  • Jeune âge (\leq 25 ans) et rapports précoces.
  • Tabac, drogue, alcool.
  • Prostitution.
  • Incarcération.
  • Antécédents d'IST.
  • Violences sexuelles.

Manifestations cliniques générales

Les IST peuvent se manifester différemment chez l'homme et la femme, et certaines lésions sont très évocatrices.

Chez l'homme

  • Atteintes fréquentes : Urètre ; épididyme et testicule ; prostate ; gland.
  • Ulcérations : possibles sur la muqueuse balano-préputiale, pénis, testicules, marge anale (rectite possible).

Chez la femme

  • Flore vaginale : physiologie (bacilles de Döderlein) + flore transitoire (digestive, oro-pharyngée).
  • Cavité endocervicale : absence de bactéries commensales à l'état physiologique : c'est un verrou cervical.
  • 3 types d'infection :
    1. Vaginales (vaginite, vaginose).
    2. Cervicales (cervicites).
    3. Hautes (endométrite, salpingite).
  • Forte prévalence chez les femmes < 25 ans : C. Trachomatis et HPV.

Lésions spécifiques

Les IST peuvent provoquer divers syndromes cliniques :

  1. Ulcérations génitales :
    • Définition : pertes de substance muqueuses et/ou cutanées localisées sur les organes génitaux externes (OGE), uniques ou multiples.
    • Diagnostic : CLINIQUE, parfois difficile si siège profond.
    • Causes infectieuses fréquentes :
      • Herpès (HSV2, +/- HSV1) : ulcérations douloureuses.
      • Syphilis : chancre indolore.
      • Lymphogranulomatose Vénérienne (LGV) : anorectite, ulcérations anogénitales, adénopathies.
      • Infection à Haemophilus ducreyi (chancre mou) : chancre douloureux à fond sale, adénopathies suppurées.
      • Klebsiella granulomatis (donovanose) : lésions granulomateuses peu douloureuses.
    • Causes non infectieuses : caustiques, mécaniques, toxidermies, maladies inflammatoires, aphthose génitale (Behçet ++), carcinome, leucopénie.
    • Prélèvements : selon l'orientation diagnostique (TAAN pour herpès/LGV, sérologies systématiques pour syphilis).
  2. Urétrite :
    • Signes : écoulement (souvent purulent, matinal) en dehors des mictions, prurit canalaire, brûlures mictionnelles, dysurie.
    • Agents infectieux :
      • N. Gonorrhoeae : urétrite aiguë à incubation courte.
      • C. Trachomatis, M. Genitalium : infection subaiguë à incubation plus longue.
      • T. Vaginalis : rare en France.
    • Diagnostic : prélèvement de l'écoulement urétral ou 1er jet urinaire pour TAAN (Chlamydia, gonocoque).
  3. Orchi-épididymite :
    • Signes : fièvre, douleurs scrotales intenses, induration douloureuse de l'épididyme.
    • Risques : abcédation, ischémie testiculaire, infertilité (si bilatérale).
    • Étiologies :
      • Jeunes : vénériennes (gonocoque, chlamydia).
      • Sujet âgé : urinaires (entérobactéries), sur pathologie du bas appareil urinaire.
    • Diagnostic : NFS, CRP, TAAN sur 1er jet urinaire, ECBU sur 2nd jet urinaire.

Infections génitales de la femme

Les signes d'appel incluent leucorrhées, douleurs pelviennes, manifestations extra-génitales (péri-hépatite de Fitz-Hugh-Curtis, arthrite réactionnelle).

Leucorrhées

  • Définition : pertes non sanglantes de l'appareil génital féminin.
  • Physiologiques : desquamation vaginale, glaire cervicale (abondance variable selon le cycle), pas d'irritation, inodores.
  • Pathologiques : altération de la couleur, abondance, aspect, odeur.
  • Causes : infections (non transmissibles ou IST), infections génitales basses ou hautes, causes non infectieuses (néoplasie).

Vaginites et cervicites (infections basses)

  • Cervicite : souvent asymptomatique, parfois leucorrhées, pesanteur pelvienne, signes d'urétrite.
  • Vulvo-vaginite : prurit vulvaire, œdème, dyspareunie, leucorrhées. Pas de fièvre (sauf complications).
  • Étiologie :
    • Cervicite : IST.
    • Vaginite : vaginose bactérienne (non IST), candidose, vulvovaginite, hormonale, néoplasique.
  • Diagnostic : prélèvement endocervical (ED, culture, TAAN Chlamydia/gonocoque), recherche de levures et T. Vaginalis, clue-cells.

Infections génitales hautes (IGH)

  • Mécanisme : ascension de germes du vagin (asymptomatique ++).
  • Complications : séquelles tubaires, stérilité, douleurs pelviennes chroniques.
  • Facteurs favorisants : multiplicité des partenaires, faible niveau socio-économique, manœuvres endo-utérines, pose de DIU.
  • Agents infectieux : IST (gonocoque, chlamydia, mycoplasma), flore vaginale et périnéale.
  • Formes cliniques :
    • Endométrite : fièvre ++, douleurs pelviennes, douleurs à la mobilisation utérine.
    • Salpingite : fièvre inconstante, douleurs pelviennes (hypogastre), dyspareunies, métrorragies.
  • Diagnostic :
    • Biologie : NFS, CRP, b-HCG, BU/ECBU, sérologies IST (PCR sur prélèvement endocervical/vaginal), Échographie pelvienne (systématique) : épaississement tubaire.
    • Cas complexes : TDM/IRM, biopsie endométriale, cœlioscopie (référence).
  • Complications : abcès pelviens (pyosalpinx, abcès ovarien, cul-de-sac rétro-utérin), péritonite pelvienne.
  • Traitement :
    • Non compliquées : Ceftriaxone IM DU + Doxycycline 10 jours + Métronidazole 10 jours.
    • Compliquées : hospitalisation, traitement IV (Ceftriaxone, Doxycycline, Métronidazole), drainage si abcès > 3-4 cm.

IST spécifiques

Chlamydia

  • Germe : Chlamydia trachomatis (BGN intracellulaire obligatoire, immobile).
  • Sérotypes : D/K (uro-génitales), L1/L2/L3 (LGV).
  • Épidémiologie : 1ère cause d'IST bactérienne dans les pays industrialisés, 50x plus fréquente que le gonocoque. Fort portage asymptomatique.
  • Incubation : quelques jours/mois.
  • Clinique homme :
    • TYPIQUE : Urétrite (écoulement séreux +/- purulent), souvent asymptomatique.
    • Complications : prostatite chronique, épididymite.
  • Clinique femme :
    • TYPIQUE : Cervicite ++ (50-90% asymptomatique).
    • Complications : salpingite (50%++), stérilité tubaire (70%++), GEU, Syndrome de Fitz-Hugh-Curtis (périhépatite).
  • Manifestations extra-génitales : Syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter (polyarthrite, urétrite, conjonctivite), kérato-conjonctivite, pneumopathie chez le nouveau-né.
  • Diagnostic : dépistage par PCR (écouvillonnage vaginal pour femme, 1er jet urinaire pour homme).
  • Traitement : Doxycycline PO 7 jours ou Azithromycine PO DU.

Gonocoque

  • Germe : Neisseria gonorrhoeae (diplocoque GN encapsulé, intra et extracellulaire).
  • Co-infection : 15-50% avec chlamydia.
  • Incubation : 2-7 jours.
  • Clinique homme :
    • TYPIQUE : Urétrite bruyante (écoulement purulent, brûlures mictionnelles), mais peut être asymptomatique.
    • Complications : Prostatite, épididymite.
  • Clinique femme :
    • TYPIQUE : Col et vagin +++ (peu symptomatique ou asymptomatique dans 40-60% des cas).
    • Complications : Endométrite, salpingite (aiguë), pyosalpinx, abcès tubo-ovarien, péri-hépatite (Fitz-Hugh-Curtis).
  • Manifestations extra-génitales : Oropharyngite (portage asymptomatique fréquent chez HSH), manifestations cutanées (purpura pétéchial), arthrite septique.
  • Diagnostic : ED (diplocoques GN "en grains de café"), Culture sur gélose chocolat (confirme + antibiogramme).
  • Traitement : Ceftriaxone IM DU. Associé à traitement anti-chlamydia (Doxycycline).

Trichomonas Vaginalis

  • Germe : protozoaire flagellé anaérobie.
  • Transmission : sexuelle, en milieu humide.
  • Incubation : 4-28 jours.
  • Clinique :
    • Homme : le plus souvent asymptomatique. Urétrite, balanoposthite.
    • Femme : le plus souvent asymptomatique. Vulvo-vaginite ou cervico-vaginite, prurit vulvaire INTENSE, leucorrhées abondantes, spumeuses, malodorantes, verdâtres. Colpite punctiforme ("léopard").
  • Diagnostic : ED (parasite mobile), PCR.
  • Traitement : Métronidazole PO DU ou 7 jours. Traitement simultané du partenaire.

Syphilis

  • Germe : Treponema pallidum (spirochète non cultivable).
  • Épidémiologie : recrudescence chez HSH (40% co-infection VIH).
  • Incubation : 3-4 semaines.
  • Transmission : muqueuse (génitale, anale, buccale), transplacentaire.
  • Tests diagnostiques :
    • Tests tréponémiques (TT) : EIA, ELISA, TPHA (témoin de l'infection, reste positif après guérison).
    • Tests non tréponémiques (TNT) : VDRL, RPR (témoin de l'activité, se négativent après guérison).
  • Interprétation :
    • TT+ et TNT+ : syphilis non guérie.
    • TT+ et TNT- : syphilis guérie ou très récente.
    • TT- et TNT+ : faux positif du TNT.
  • Stades cliniques :
    1. Précoce (< 1 an) :
      • Primaire : chancre d'inoculation (INDOLORE), fond induré, propre, très contagieux. Association adénopathie non inflammatoire.
      • Secondaire : dissémination hématogène du tréponème (roséole syphilitique, syphilides papuleuses non prurigineuses). Grande simulatrice.
    2. Tardive (> 1 an) :
      • Tertiaire : granulomatose (gomme), lésions vasculaires (aortite), osseuses.
    3. Neurosyphilis : méningite, atteintes des paires crâniennes, formes ophtalmiques (uvéite antérieure +++), tabès.
  • Traitement : Pénicilline G (dose et durée variables selon le stade), Doxycycline en cas d'allergie.

HPV (Human Papillomavirus)

  • Prévalence : IST la plus fréquente dans les pays industrialisés. Forte prévalence chez les 16-25 ans.
  • Transmission : sexuelle ++.
  • Pouvoir pathogène : modifie le cycle cellulaire des épithéliums (*pas de manifestations inflammatoires*).
  • Types d'HPV :
    • Bas risque (HPV6, HPV11) : 90% des condylomes (verrues génitales).
    • Haut risque (HPV16, HPV18) : lésions pré-cancéreuses, carcinomes.
  • Clinique :
    • Condylomes acuminés : "Crêtes-de-coq", masses charnues kératosiques.
    • Condylomes plans : Maculo-papules isolées ou en mosaïque.
    • Néoplasie intra-épithéliale : lésions pré-cancéreuses (cervicales, vulvaires, anales, péniennes).
  • Diagnostic : CLINIQUE. Biopsie si doute ou suspicion de néoplasie.
  • Traitement : Pas de traitement curatif. Objectif : disparition des lésions macroscopiques.
    • Destruction physique : cryothérapie, laser CO2, électrocoagulation.
    • Destruction chimique : podophyllotoxine.
    • Destruction immunologique : Imiquinod.
  • Prévention : vaccination.

Autres IST

  • Hépatites virales.
  • Infection à HSV (Herpès).
  • VIH.
  • Phtiriase (morpion) et scabiose.

Prévention des IST

  • Protection des rapports sexuels par l'usage de préservatifs.
  • Vaccination préventive pour l'HPV et l'hépatite B (et hépatite A chez HSH).
  • Dépistage systématique si contexte de risque :
    • Sérologie VIH et VHB.
    • Test tréponémique (syphilis).
    • PCR urinaire ou génitale pour Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis.
    • PCR pharyngée et anale selon les pratiques sexuelles.
  • Identifier et traiter les partenaires contaminés.
  • Éducation sur les risques de recontamination.
  • Envisager la PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition) contre le VIH si prise de risque régulière.

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