Infections Respiratoires UE 2.5 Semestre 3
10 cardsFiche de révision sur les infections respiratoires pour l'UE 2.5 du semestre 3. Comprend les rappels anatomiques et physiologiques, les infections des voies aériennes supérieures et inférieures, la BPCO, les pneumopathies, la COVID-19, la grippe, la tuberculose et l'empyème. Détaille les symptômes, diagnostics, traitements et signes de gravité.
10 cards
Introduction aux Infections Respiratoires
Ce document, élaboré par YATRIKA KOUMAR, PRATICIEN HOSPITALIER MALADIES INFECTIEUSES au CHU SUD REUNION, vise à fournir une synthèse structurée des infections respiratoires, de leur physiopathologie à leur prise en charge.
Rappels Anatomiques et Physiologiques
Voies Aériennes
Voies aériennes supérieures (VAS) : Nez, pharynx, larynx. Elles réchauffent et humidifient l'air, et le larynx protège la trachée des fausses routes. Elles appartiennent à la sphère ORL.
Voies aériennes inférieures (VAI) : Trachée, bronches souches, bronchioles jusqu'aux bronchioles terminales. Elles débutent sous le plan glottique (cordes vocales).
Anatomie Pulmonaire
La trachée se divise en deux bronches souches (droite et gauche) au niveau de la carène. Elle est composée de cartilages et d'une muqueuse bronchique ciliée.
Les bronches se divisent en segments de plus en plus petits (bronches, bronchioles, bronchioles terminales) jusqu'à l'unité fonctionnelle respiratoire : le lobule pulmonaire et les acini respiratoires.
La structure bronchique contient du muscle lisse et du cartilage, dont la proportion diminue distalement.
Seules la trachée et les bronches de gros calibre sont pourvues de cils vibratiles, formant l'escalator muco-ciliaire qui remonte les sécrétions.
Physiologie Respiratoire
L'inspiration est un phénomène actif, principalement dû à la contraction du diaphragme et des muscles intercostaux.
L'hématose (échanges gazeux O2/CO2) se fait au niveau de l'acinus, entre l'alvéole et les capillaires pulmonaires.
L'expiration est un phénomène passif, par relâchement du diaphragme.
Les muscles respiratoires accessoires sont sollicités lors d'efforts accrus.
Signes de Gravité
Respiratoires : Polypnée superficielle (>25-30/min), utilisation des muscles accessoires, respiration abdominale paradoxale, cyanose.
Neurologiques : Astérixis, troubles de la vigilance.
Hémodynamiques : Cœur pulmonaire aigu, signes d'hypercapnie (céphalées, hypervascularisation conjonctivale, HTA), insuffisance circulatoire (marbrures, hypotension <90mmHg, FC >120bpm, oligurie).
Infections Respiratoires Hautes (ORL)
Généralités
Elles incluent rhinopharyngite, otite, sinusite, angine, laryngite.
Symptômes ORL (rhinorrhée, odynophagie, otalgie, toux, fièvre) avec auscultation pulmonaire normale.
Le plus souvent virales, avec guérison spontanée.
Traitement symptomatique (paracétamol) et soins locaux.
Exemples Spécifiques
Otite Moyenne Aiguë (OMA) :
Indication d'antibiothérapie (amoxicilline 5-8j) si OMA purulente chez l'enfant <2 ans ou très symptomatique après 2 ans.
Otite Externe :
Traitement local (gouttes auriculaires antiseptiques ou antibiotiques).
Angine :
Inflammation des amygdales +/- oropharynx, le plus souvent virale.
Antibiothérapie (amoxicilline 6j) seulement si strepto-test positif ou forme compliquée.
Infections Respiratoires Basses : Bronchite
Généralités
Inflammation des bronches, le plus souvent virale.
Toux (sèche puis grasse avec crachats +/- jaunâtres) disparaissant en 2-3 semaines.
Absence d'atteinte du parenchyme pulmonaire ou des alvéoles.
Râles bronchiques à l'auscultation (pas de crépitants).
Diagnostic clinique (radio normale).
Évolution spontanée vers la guérison sous traitement symptomatique.
Exacerbation de BPCO (Bronchopneumopathie Chronique Obstructive)
Définition et Étiologie
Maladie respiratoire chronique caractérisée par une obstruction bronchique non complètement réversible.
Étiologies : Tabac, biomasse, exposition professionnelle.
Exacerbation : Aggravation aiguë des symptômes respiratoires (dyspnée, toux, expectoration) nécessitant une modification du traitement.
Indications d'Hospitalisation
Symptômes sévères (aggravation brutale de dyspnée de repos, FR élevée, SpO2 basse, confusion, somnolence).
Insuffisance respiratoire aiguë.
Nouveaux signes physiques (cyanose, œdèmes périphériques).
Absence de réponse au traitement initial.
Comorbidités graves.
Soutien à domicile insuffisant.
Indications d'Admission en Réanimation
Dyspnée sévère réfractaire au traitement.
Troubles neurologiques (confusion, léthargie, coma).
Hypoxémie persistante ou aggravée (PaO2 < 40 mmHg) et/ou acidose respiratoire sévère (pH < 7,25) malgré VNI.
Instabilité hémodynamique.
Nécessité de ventilation invasive.
Indications de la Ventilation Assistée Invasive
Intolérance ou échec de la VNI.
Arrêt respiratoire ou cardiaque.
Troubles de conscience, agitation.
Inhalation massive, vomissements incoercibles.
Incapacité à éliminer les sécrétions.
Instabilité hémodynamique sévère.
Troubles du rythme ventriculaires ou supraventriculaires sévères.
Hypoxie menaçant le pronostic vital.
Traitement de l'Exacerbation de BPCO
B2-mimétiques +/- anticholinergiques en nébulisations.
Corticothérapie orale (40 mg/j, <14j).
Antibiothérapie probabiliste non systématique.
Kinésithérapie respiratoire.
Oxygénothérapie (objectif SpO2 88-92%).
Ventilation Non Invasive (VNI) en cas d'hypercapnie (PaCO2 > 45 mmHg).
Anticoagulation préventive en cas d'hospitalisation.
Pneumopathie Infectieuse
Différences Cliniques : Bronchite vs. Pneumonie
Bronchite | Pneumonie |
Fièvre peu élevée | Fièvre > 37.8°C |
Brûlure rétrosternale | Tachycardie > 100/min |
Infection des voies respiratoires hautes | Polypnée > 25/min |
Auscultation normale ou râles bronchiques diffus | Douleur thoracique |
Absence d'infection des voies respiratoires hautes | |
Signes auscultatoires en foyer (râles crépitants) | |
Impression globale de gravité |
Pneumopathie Infectieuse Communautaire (PAC)
Lieu de prise en charge :
Hospitalisation si isolement social, conditions socio-économiques défavorables, inobservance, complications (épanchement, abcès), pneumonie d'inhalation, facteurs de risque de mortalité (âge > 65 ans, comorbidités, immunodépression), signes de gravité.
En ambulatoire si pas de signes de gravité (radio thorax seule).
Étiologies :
Bactéries : Pneumocoque (début brutal, tableau bruyant), Légionellose (inhalation, atteinte bilatérale sévère, signes digestifs/neurologiques), Chlamydia/Mycoplasma pneumoniae (jeune, progressif, contexte épidémique), Haemophilus influenzae, Staphylococcus aureus.
Virus : VRS, Influenza, Parainfluenzae.
Traitement :
PAC grave : C3G (IV) pour pneumocoque, Macrolide ou fluoroquinolone pour légionellose.
PAC non grave : Amoxicilline PO pour pneumocoque, macrolide ou fluoroquinolone PO pour germe atypique.
Sujet avec comorbidité : Amoxicilline/acide clavulanique PO, fluoroquinolone PO ou C3G IV.
Pneumopathie Infectieuse Nosocomiale
Survenue > 48 heures d'hospitalisation.
1ère cause de mortalité parmi les infections nosocomiales.
Diagnostic : Sécrétions purulentes, fièvre > 38°C, aggravation respiratoire, hyperleucocytose > 12000 ou leucopénie < 4000, radiologie compatible.
Forme particulière : PAVM (Pneumonie Acquise sous Ventilation Mécanique) dans 90% des cas.
Pneumopathie Infectieuse de l'Immunodéprimé
Souvent liée à une neutropénie (chimiothérapie, greffe, syndromes myélodysplasiques).
Germes : Bactéries (BGN digestifs, S. aureus), champignons (Aspergillus si neutropénie > 10j).
Conduite à tenir : Scanner thoracique, LBA (lavage broncho-alvéolaire), traitement probabiliste, surveillance, arrêt des immunosuppresseurs si possible.
Prévention des Pneumopathies
Pneumocoque : Primo-vaccination VPC13 suivie 8 semaines plus tard d'une dose de VPP23.
Grippe : Vaccination anti-grippale annuelle.
Diagnostics Différentiels
Pneumonie focalisée : Embolie pulmonaire avec infarctus pulmonaire.
Pneumonie diffuse : OAP, tuberculose, pneumocystose, pneumopathie d'hypersensibilité, pneumopathie à éosinophiles.
Pneumonie excavée : Cancer, vascularite, infarctus pulmonaire.
COVID-19
Généralités
Infection par un Coronavirus, provoquant des maladies allant du rhume au SRAS.
Transmission par gouttelettes et contact.
Présentation Clinique (souche sauvage Wuhan)
Symptômes fréquents : Fièvre, toux, dyspnée, odynophagie, rhinite, céphalées.
Autres symptômes : Anosmie/hyposmie, agueusie, douleur thoracique, éruption cutanée, diarrhée, faiblesse musculaire, myalgie, paresthésies.
Spécificités pédiatriques : Altération de l'état général, fièvre isolée chez l'enfant <3 mois.
Spécificités > 80 ans : Altération de l'état général, chutes répétées, troubles cognitifs.
Protection
Précautions complémentaires type Gouttelette et Contact.
Hygiène des mains, gants, masque à usage médical, protection oculaire.
Tablier/surblouse pour contact direct ou soin mouillant/souillant.
APR FFP2 pour gestes invasifs/aérosolisants.
Traitement
Corticothérapie (dexaméthasone 6mg pendant 10j).
Oxygénothérapie (objectif SpO2 > 90%).
Antibiothérapie non systématique.
Traitements spécifiques selon indication (PAXLOVID, VEKLURY, Plasma convalescent).
Anticoagulation préventive systématique.
Hydratation IV si polypnée/fièvre/incapacité à s'hydrater.
Mobilisation précoce.
Intubation si nécessaire.
Critères d'Alerte en Hospitalisation (transfert en réanimation)
Température > 40°C.
Fréquence respiratoire > 24 cycles/min.
SpO2 < 90% avec oxygénorequérance > 6L/min.
PaO2 < 70 mmHg.
PA systolique < 100 mmHg.
Troubles de la vigilance.
Lactates artériels > 2 mmol/L.
Évolution et Séquelles
Évolution progressive selon l'étendue des lésions, facteurs de risque, comorbidités, statut vaccinal.
Risque de séquelles respiratoires (fibrose pulmonaire, syndrome restrictif, embolie pulmonaire), cardiaques (myocardite, IC, troubles du rythme), insuffisance rénale chronique.
Syndrome COVID long : Douleurs musculaires, arthralgies, fatigue, perte de mémoire, tachycardie.
Vaccination
Rappels pour personnes à risque de forme grave (60 ans et +, immunodéprimés, femmes enceintes), enfants/adolescents à haut risque, entourage de personnes vulnérables, professionnels de santé.
Délais : 3 mois pour >80 ans, EHPAD, immunodéprimés ; 6 mois pour les autres.
Grippe Saisonnière
Généralités
Famille Orthomyxoviridae (Myxovirus influenzae types A, B, C).
Transmission directe aérienne (gouttelettes) et indirecte (surfaces contaminées).
Infection virale aiguë des voies respiratoires.
Circule en mode endémo-épidémique saisonnier (automne-hiver) et pandémique.
Rôle majeur des enfants dans la transmission.
Présentation Clinique
Phase 1 : Invasion : Début brutal, malaise général fébrile (frissons, fièvre élevée, myalgies, céphalées).
Phase 2 : État : Fièvre élevée (39-40°C), frissons, asthénie, anorexie, abattement. Syndrome fonctionnel respiratoire (congestion nasale, rhinorrhée, douleurs pharyngo-laryngées, toux sèche et douloureuse). Syndrome algique diffus.
Phase 3 : Guérison : Asthénie et toux résiduelle fréquentes (plusieurs semaines).
Diagnostic
Pas d'examen microbiologique pour grippe saisonnière non compliquée.
Si nécessaire (étiologique ou épidémiologique) : Écouvillonnage nasopharyngé profond ou prélèvements respiratoires profonds pour PCR Myxovirus Influenzae.
Prise en Charge
Traitement symptomatique : Mesures barrières, repos, hydratation, antalgiques antipyrétiques (proscrire AINS, corticoïdes, fluidifiants bronchiques).
Antibiothérapie uniquement en cas de surinfection.
Traitement antigrippal spécifique : Inhibiteur de la neuraminidase (Tamiflu®) selon indications spécifiques (personnes à risque de complications, grippe grave, hospitalisation).
Vaccination
Vaccin viral inactivé (1 injection IM) annuel à l'automne.
Prévient 70% des grippes chez l'adulte sain, réduit les complications chez le sujet âgé et immunodéprimé.
Recommandations particulières pour sujets à risque (grossesse, pathologies chroniques, immunodépression, obésité, collectivités), population générale > 65 ans, professionnels de santé.
Tuberculose
Généralités
Maladie infectieuse causée par Mycobacterium tuberculosis (Bacille de Koch).
Transmission inter-humaine par voie aérienne.
Incidence mondiale élevée, avec des zones d'endémie.
Histoire Naturelle
Infection primaire : Inhalation de bacilles, formation d'un chancre d'inoculation et d'une adénopathie satellite (complexe primaire).
Tuberculose latente : Le système immunitaire contient l'infection, mais les bacilles restent viables.
Tuberculose maladie : Réactivation de l'infection latente ou nouvelle exposition, entraînant des lésions pulmonaires ou extra-pulmonaires.
Clinique
Évolution sur plusieurs semaines.
Signes généraux : Altération de l'état général, sueurs nocturnes, fébricule à prédominance nocturne.
Signes respiratoires : Toux, hémoptysie, dyspnée rare, douleur thoracique si épanchement.
Lésions radiologiques : Classiquement lésions excavées apico-postérieures (zones bien ventilées, car BK est aérobie strict). Miliaire tuberculeuse en cas de dissémination hématogène.
Bactériologie
Recherche de BAAR (Bacilles Acido-Alcoolo-Résistants) par coloration de Ziehl-Neelsen (si > 10^3 bacilles/ml).
Culture sur milieux enrichis (solide : 3-4 semaines ; liquide : 7-14 jours).
Identification par PCR.
Antibiogramme pour rechercher les résistances (rifampicine et INH).
Traitement
Quadrithérapie :
INH (Isoniazide) : Bactéricide précoce majeur.
PZA (Pyrazinamide) : Bactéricide, actif en milieu acide.
RMP (Rifampicine) : Bactéricide, actif sur bactéries à métabolisme ralenti.
EMB (Éthambutol) : Bactériostatique.
Durée : 2 mois de quadrithérapie + 4 mois de bithérapie.
Durée prolongée (9-12 mois) pour tuberculose neuroméningée ou osseuse.
Mesures Associées
Isolement respiratoire si contagieux au diagnostic (levé après 15 jours de traitement et négativation des BAAR dans les expectorations).
Soutien nutritionnel, supplémentation vitaminique.
Surveillance biologique (hépatique ++).
Déclaration obligatoire.
Tuberculoses Multi-Résistantes (MDR et XDR)
Tuberculose MDR : Résistance à INH et RMP.
Tuberculose XDR : Résistance à INH, RMP, toutes les fluoroquinolones et au moins un des 3 ATB injectables de 2ème ligne.
Dépistage de l'Infection Tuberculeuse Latente (ITL)
Patients VIH.
Sujets contacts de tuberculoses pulmonaires.
Patients sous anti-TNFα, dialysés, en attente de greffe.
Personnel soignant.
Immigrants de pays d'endémie.
Traitement de l'ITL : INH pendant 6/9 mois ou INH + RMP sur 3 mois.
Empyème
Définition
Infection de la cavité pleurale, espace virtuel entre les feuillets viscéral et pariétal de la plèvre.
Remplissage de cet espace par un liquide infecté.
Urgence diagnostique et thérapeutique.
Traitement (4 axes)
Drainage pleural + lavage pleural.
Antibiothérapie probabiliste secondairement adaptée.
Kinésithérapie pleurale et diaphragmatique.
Prise en charge de la porte d'entrée infectieuse (dentaire ++).
Système de Drainage
Connecté à l'aspiration murale si nécessaire.
Maintenir le boîtier de recueil en dessous du thorax du patient pendant le transport.
Surveillance des oscillations dans le scellé sous eau, des bulles (pneumothorax ou brèche), et de la qualité/quantité du liquide drainé.
Conclusion Générale
Les infections respiratoires peuvent être d'étiologies virales ou bactériennes, l'antibiothérapie n'est donc pas systématique.
La recherche des critères de gravité est primordiale pour toute infection.
La décision d'hospitalisation ou de prise en charge ambulatoire dépend de la gravité et du contexte.
La gestion inclut des gestes techniques (VVP, PICC line, drains) et la gestion des isolements.
La prévention (hygiène, éducation, vaccination) est essentielle.
Précautions Standard et Complémentaires
Infections les plus fréquentes | Hygiène des mains | Gants, tablier | Matériel et linge | Bionettoyage | Chambre individuelle | Masque | Transport du patient | |
Transmission aérienne | Tuberculose bacillifère, Rougeole | Oui | Précautions standard | Oui | Oui | +++ | Masque de protection type FFP1 (à mettre et jeter HORS de la chambre) | À limiter, masque de soins au patient |
Transmission par gouttelettes | Grippe, Coqueluche, Méningocoque | Oui | Précautions standard | Oui | Oui | + (regroupement possible) | Masque de soins (à mettre à proximité du patient, 1 mètre) | À limiter, masque de soins au patient |
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