Immunité : barrières, antigènes et réponses
No cardsLe système immunitaire se compose de trois lignes de défense : des barrières physiques (1ᵉ ligne), des réponses innées rapides (2ᵉ ligne) et une immunité acquise spécifique (3ᵉ ligne) orchestrée par les lymphocytes B et T. Il distingue le « soi » du « non‑soi » grâce aux antigènes et aux molécules du CMH, déclenchant des réactions humorales (production d’anticorps) ou cellulaires (destruction de cellules infectées) avec mémoire immunitaire pour des réponses plus rapides lors de réexpositions.
Système Immunitaire : Généralités et Mécanismes de Défense
Le corps humain est constamment exposé à une multitude d'agents pathogènes présents dans l'environnement, tels que des bactéries, des virus, des champignons, des toxines, des parasites, ainsi que des cellules internes anormales comme les cellules cancéreuses. Pour se protéger contre ces menaces et maintenir son intégrité, l'organisme dispose d'un système de défense complexe et sophistiqué : le système immunitaire. Sa fonction primordiale est de distinguer le «soi» (les cellules et molécules de l'organisme) du «non-soi» (les agents étrangers ou modifiés) afin d'éliminer ces derniers. Il participe également à l'élimination des cellules mortes et des débris cellulaires.I. Types d'Immunité et Lignes de Défense
L'organisme possède deux types principaux d'immunité, qui travaillent en synergie pour assurer une protection efficace. Ces immunités se déploient en trois lignes de défense successives.I.1. Immunité Innée (Non Spécifique)
L'immunité innée est la première réponse de l'organisme face à une agression. Elle est caractérisée par les points suivants :- Elle ne distingue pas les spécificités des différents agents infectieux, mais agit contre un large éventail de microorganismes.
- Elle est présente dès la naissance et agit très rapidement.
- Elle représente les 1ère et 2ème lignes de défense.
I.2. Immunité Acquise (Adaptative ou Spécifique)
L'immunité acquise est une réponse plus élaborée et spécialisée :- Elle ne se développe qu'après exposition à des agents pathogènes.
- Elle est plus lente à se mettre en place (nécessite environ 10 jours pour une première exposition).
- Elle est très efficace et spécifique, capable de distinguer des agents pathogènes même très similaires.
- Elle garde en mémoire les pathogènes déjà rencontrés, permettant une réponse plus rapide et plus intense lors d'une réexposition (mémoire immunitaire).
- Elle représente la 3ème ligne de défense.
I.3. Les Trois Lignes de Défense
- 1ère ligne de défense (Innée, non spécifique) : Elle est constituée de barrières physiques et chimiques qui empêchent l'entrée des agents pathogènes dans l'organisme. Exemples : la peau, les muqueuses, les sécrétions (larmes, salive, mucus).
- 2ème ligne de défense (Innée, non spécifique) : Elle intervient si l'agent pathogène réussit à pénétrer les barrières. Elle comprend des réactions internes rapides visant à détruire l'agent pathogène. Exemples : phagocytes, cellules tueuses naturelles (NK), réaction inflammatoire, substances antimicrobiennes (protéines du complément, interférons), fièvre.
- 3ème ligne de défense (Acquise, spécifique) : Elle est mobilisée si les deux premières lignes sont insuffisantes. Elle repose sur des cellules spécialisées (lymphocytes B et T) capables de reconnaître et d'éliminer spécifiquement l'agent pathogène, avec une mémoire à long terme.
II. Distinction entre le Soi et le Non-Soi
Pour que le système immunitaire fonctionne efficacement, il doit être capable de faire la distinction entre les cellules et molécules appartenant à l'organisme (le soi) et celles qui lui sont étrangères (le non-soi). Il tolère le soi et déclenche une réaction immunitaire contre le non-soi. Cette reconnaissance est essentielle et implique deux catégories de molécules : les antigènes et les récepteurs à la surface des cellules du soi (molécules du CMH).II.1. Antigènes
Les antigènes (Ag) sont des molécules (souvent des protéines, mais aussi des lipides ou des polysaccharides) capables de provoquer une réaction immunitaire. La plupart sont des macromolécules complexes, considérées comme des intrus par le système immunitaire.- Antigènes du soi : Les membranes plasmiques de nos cellules comportent des antigènes (ex: glycoprotéines des globules rouges, appelées agglutinogènes, qui déterminent les groupes sanguins). Le système immunitaire apprend à les reconnaître comme appartenant au soi et ne réagit pas contre eux (tolérance du soi). Cependant, ces antigènes sont fortement immunogènes pour un autre individu, ce qui explique le rejet des greffes.
- Antigènes du non-soi :
- Antigènes membranaires : Présents à la surface des microorganismes (bactéries, virus).
- Antigènes libres : Molécules dissoutes dans le liquide extracellulaire, comme les toxines bactériennes.
- Antigènes exogènes : Proviennent de microorganismes situés à l'extérieur de nos cellules ou de toxines.
- Antigènes endogènes : Proviennent de microorganismes ayant pénétré nos cellules. Nos cellules infectées présentent alors les antigènes du pathogène à leur surface. Les cellules cancéreuses sont un exemple de «soi modifié» car leurs antigènes de surface sont altérés.
II.2. Récepteurs du CMH (Complexe Majeur d'Histocompatibilité)
Les molécules du CMH (ou HLA chez l'humain pour "Human Leucocytes Antigens") sont des glycoprotéines membranaires essentielles à la reconnaissance du soi. Elles sont codées par une famille de gènes sur le chromosome 6 et sont uniques à chaque individu (sauf jumeaux homozygotes).- CMH de classe I (CMH I) : Présentes sur toutes les cellules nucléées de l'organisme (sauf les globules rouges). Elles présentent des fragments d'antigènes endogènes (produits à l'intérieur de la cellule, par exemple par un virus) aux lymphocytes T cytotoxiques (LTC).
- CMH de classe II (CMH II) : Présentes uniquement sur les cellules présentatrices d'antigène (CPA), comme les monocytes/macrophages, les cellules dendritiques et les lymphocytes B. Elles présentent des fragments d'antigènes exogènes (ingérés par phagocytose) aux lymphocytes T auxiliaires (LTA).
III. Origines des Cellules de l'Immunité
Les cellules immunitaires, principalement les leucocytes, proviennent des cellules souches hématopoïétiques pluripotentes (hémocytoblastes) de la moelle osseuse rouge. Ces cellules se différencient en deux lignées :- Cellules souches lymphoïdes : donnent naissance aux lymphocytes (B et T).
- Cellules souches myéloïdes : donnent naissance aux autres leucocytes (monocytes, granulocytes neutrophiles, basophiles, éosinophiles) et aux érythrocytes et thrombocytes.
III.1. Organes Lymphoïdes
Le système immunitaire est distribué dans divers organes :- Moelle osseuse : Site de production de tous les leucocytes et de maturation des lymphocytes B.
- Thymus : Organe où les lymphocytes T immature (thymocytes) maturent et acquièrent leur immunocompétence.
- Ganglions lymphatiques : Filtrent la lymphe, interceptent les agents pathogènes et les cellules endommagées. Lieu de rencontre et d'activation des lymphocytes.
- Rate : Filtre le sang, élimine les agents pathogènes, les cellules endommagées et les globules rouges âgés.
- Amygdales (tonsilles) : Interceptent les agents pathogènes dans le pharynx.
- Follicules lymphatiques agrégés (plaques de Peyer, appendice) : Présents dans l'intestin grêle, ils détruisent les agents pathogènes intestinaux et produisent des lymphocytes mémoire.
IV. Immunité Innée ou Non Spécifique (1ère et 2ème lignes de défense)
Cette immunité est active dès la naissance, agit immédiatement et ne distingue pas les spécificités des agents infectieux.IV.1. 1ère Ligne de Défense : Barrières Physiques et Chimiques
Elle vise à empêcher les agents pathogènes d'entrer dans l'organisme.- La peau : Barrière physique robuste grâce à sa couche de cellules mortes et étroitement connectées (kératine). Son pH légèrement acide (4-5) et les sécrétions des glandes sébacées (sébum) et sudoripares (sueur) inhibent la prolifération bactérienne.
- Les muqueuses : Tapissent les cavités ouvertes vers l'extérieur (tube digestif, voies respiratoires, voies uro-génitales). Elles sécrètent du mucus visqueux qui piège et tue les pathogènes. Exemples :
- Muqueuse gastrique : pH acide (2) et enzymes tuent les microorganismes.
- Voies génitales féminines : pH acide (4) inhibe la croissance microbienne.
- Voies respiratoires : Cellules ciliées et mucus collant repoussent les microorganismes vers le pharynx.
- Muqueuse gastrique : pH acide (2) et enzymes tuent les microorganismes.
- Poils et cils : Les poils du nez filtrent l'air, les cils des voies respiratoires évacuent les poussières et microorganismes vers le pharynx.
- Larmes et salive : Nettoient les yeux et la bouche, contiennent du lysozyme (enzyme détruisant les microorganismes).
- Activités réflexes : Toux, éternuements, vomissements, miction éliminent mécaniquement les agents pathogènes.
- Le microbiote : Population de microorganismes inoffensifs résidant sur la peau et les muqueuses. Il limite la prolifération des pathogènes par compétition pour les ressources ou par sécrétion de toxines antibactériennes.
IV.2. 2ème Ligne de Défense : Réactions Internes
Elle se déclenche lorsque les microorganismes ont pénétré l'organisme, visant à les détruire avant leur multiplication excessive.a) Les phagocytes
Ce sont des leucocytes capables d'engloutir et de digérer les agents pathogènes par phagocytose. Ce sont principalement les monocytes (qui deviennent macrophages dans les tissus) et les granulocytes neutrophiles.- Chimiotactisme : Les phagocytes sont attirés par des molécules chimiques vers les tissus infectés.
- Diapédèse : Ils sortent des vaisseaux sanguins pour rejoindre le site d'infection.
- Mécanisme de la phagocytose : Le phagocyte déploie des pseudopodes pour englober le pathogène dans une vacuole (phagosome). Ce phagosome fusionne avec un lysosome qui libère des enzymes pour dégrader le pathogène. Les débris sont ensuite expulsés.
b) Les cellules tueuses naturelles (Cellules NK)
Ce sont des lymphocytes qui font partie de l'immunité innée. Elles circulent dans le sang et la lymphe et détectent les cellules anormales (cancéreuses ou infectées par des virus/bactéries) grâce à des arrangements anormaux de glycoprotéines membranaires associées au CMH I.c) La réaction inflammatoire
Toute lésion des tissus (infection, traumatisme, irritation chimique) déclenche une réaction inflammatoire visant à éliminer les agents pathogènes et les débris, et à empêcher leur propagation. Elle est caractérisée par : rougeur, chaleur, œdème (gonflement) et douleur.- Détection : Cellules lésées et leucocytes sentinelles (macrophages, mastocytes, cellules dendritiques) détectent l'agent pathogène et produisent des médiateurs chimiques (histamine, cytokines).
- Vasodilatation : L'histamine et les cytokines provoquent la dilatation des vaisseaux sanguins (rougeur et chaleur) et augmentent le débit sanguin, apportant plus de nutriments, d'oxygène et de facteurs de coagulation.
- Augmentation de la perméabilité vasculaire : Favorise la sortie du plasma (œdème), diluant les toxines et apportant les facteurs de coagulation pour isoler la lésion.
- Recrutement de leucocytes : Les leucocytes phagocytaires (neutrophiles, monocytes devenant macrophages) sont attirés par chimiotactisme vers la zone lésée (diapédèse) pour phagocyter les pathogènes et les débris.
- Douleur : L'œdème peut faire pression sur les terminaisons nerveuses, causant de la douleur.
d) Les substances antimicrobiennes
Ce sont des protéines produites par l'organisme pour détruire les pathogènes ou empêcher leur reproduction.- Protéines du complément : Environ 30 protéines produites par le foie. Activées par la liaison à une cellule étrangère (souvent en lien avec des anticorps), elles forment un complexe d'attaque membranaire qui lyse la cellule. Elles intensifient aussi l'inflammation et facilitent la phagocytose par opsonisation (recouvrent les cellules étrangères d'une substance collante).
- Interférons : Petites protéines assurant une défense innée contre les infections virales. Une cellule infectée par un virus produit et sécrète des interférons qui diffusent vers les cellules voisines non infectées. Ces dernières synthétisent alors des protéines antivirales qui dérèglent la multiplication virale. Les interférons activent également les cellules NK.
e) La fièvre
Une température corporelle anormalement élevée, déclenchée par des messagers chimiques (cytokines) en réponse aux pathogènes ou à l'inflammation. Une fièvre modérée est bénéfique car elle :- Accélère le métabolisme.
- Favorise la migration et la phagocytose des leucocytes.
- Limite la prolifération bactérienne en séquestrant des nutriments essentiels (fer, zinc).
V. Immunité Acquise, Adaptative ou Spécifique (3ème ligne de défense)
C'est la défense la plus élaborée, activée après exposition à des pathogènes et caractérisée par sa spécificité, son efficacité accrue et sa mémoire immunitaire. Elle est systémique, ne se limitant pas au site de l'infection. Elle se met en place en environ 10 jours lors d'une première rencontre.V.1. Cellules Présentatrices d'Antigène (CPA)
Les CPA (macrophages, cellules dendritiques) sont des leucocytes qui phagocytent un pathogène, le dégradent et exposent un fragment de cet antigène à leur surface, associé à des récepteurs du CMH de classe II.- Macrophage : Cellule phagocytaire de l'immunité innée, mais aussi CPA clé pour l'immunité acquise, activant les lymphocytes T auxiliaires. Sécrète des cytokines qui stimulent la prolifération des LTA et recrutent d'autres leucocytes.
- Cellule dendritique : CPA les plus efficaces pour activer les lymphocytes T auxiliaires. Présentes dans les tissus en contact avec l'environnement, elles migrent vers les ganglions lymphatiques après avoir capté un antigène pour activer les lymphocytes T naïfs.
V.2. Lymphocytes
Les lymphocytes B et T sont les acteurs centraux de l'immunité acquise. Ils acquièrent leur immunocompétence (capacité à reconnaître un antigène spécifique) avant toute exposition, dans la moelle osseuse (lymphocytes B) ou le thymus (lymphocytes T). Les gènes déterminent la variété aléatoire des récepteurs antigéniques. Les lymphocytes portant des récepteurs reconnaissant le soi sont détruits (tolérance du soi).- Cellules effectrices : Courte durée de vie, agissent directement pour éliminer l'agent pathogène.
- Cellules mémoire : Longue durée de vie (parfois des décennies), permettent une réponse immunitaire secondaire beaucoup plus rapide, efficace et durable lors d'une réexposition au même antigène (mémoire immunitaire).
a) Les lymphocytes B
Responsables de l'immunité humorale. Ils agissent contre les agents pathogènes (toxines, virus, bactéries) circulant librement dans les liquides extracellulaires (sang et lymphe).- Récepteurs : Ressemblent aux anticorps, en forme de Y, avec deux chaînes lourdes et deux chaînes légères. Possèdent deux sites de fixation à l'antigène. La partie variable confère la spécificité.
- Activation et différenciation : Après reconnaissance de l'antigène (souvent avec l'aide d'un LTA), le lymphocyte B se multiplie et se différencie en :
- Plasmocytes : Cellules effectrices qui sécrètent des anticorps spécifiques (immunoglobulines). Un plasmocyte peut sécréter jusqu'à 2000 molécules d'anticorps par seconde.
- Lymphocytes B mémoire : Assurent la mémoire immunitaire.
b) Les lymphocytes T
Responsables de l'immunité cellulaire. Ils ne fabriquent pas d'anticorps et agissent contre des cibles cellulaires (cellules infectées, cancéreuses, étrangères).- Récepteurs : En forme de I, composés de deux polypeptides (chaînes et ). Possèdent un seul site de fixation à l'antigène.
- Types de lymphocytes T :
- Lymphocytes T auxiliaires (LTA ou CD4) : Ne tuent pas directement, mais agissent comme régulateurs ("chefs d'orchestre"). Ils activent les réponses humorale et cellulaire.
- Lymphocytes T cytotoxiques (LTC ou CD8) : Détruisent directement les cellules cibles (infectées, cancéreuses, étrangères).
V.3. Immunité Humorale : Anticorps et Modes d'Action
Elle implique les lymphocytes B et les anticorps qu'ils produisent.V.3.1. Principe général
La rencontre d'un lymphocyte B naïf avec son antigène spécifique (souvent dans un organe lymphatique) provoque sa multiplication et la formation de plasmocytes (sécréteurs d'anticorps) et de lymphocytes B mémoire.V.3.2. Anticorps : Caractéristiques et Rôles
Les anticorps ont une structure en Y avec quatre chaînes (deux lourdes, deux légères), des régions variables (sites de fixation à l'antigène) et des régions constantes.| Classe | Structure générale | Région où cette classe se trouve | Fonction biologique |
|---|---|---|---|
| IgM | Pentamère dans le plasma, monomère lié aux lymphocytes B | Liée à un lymphocyte B ; libre dans le plasma. | Récepteur d'antigènes sur les lymphocytes B ; première classe d'Ig libérée lors de la réaction immunitaire primaire ; puissant agent agglutinant ; fixe le complément. |
| IgA | Dimère dans les sécrétions, monomère dans le plasma | Forme monomère dans le plasma (limitée) ; forme dimère dans les sécrétions (salive, larmes, suc intestinal, lait maternel). | Recouvre les muqueuses et empêche les agents pathogènes de s'y attacher. |
| IgD | Monomère lié aux lymphocytes B | Presque toujours attachée à un lymphocyte B. | Récepteur d'antigènes sur les lymphocytes B immunocompétents ; rôle important dans l'activation des lymphocytes B. |
| IgG | Monomère | Anticorps majoritaire dans le plasma (75-85% des anticorps circulants). | Principal anticorps des réactions immunitaires primaire et secondaire ; traverse le placenta (immunité passive du fœtus) ; fixe le complément. (Ex: anticorps anti-Rhésus) |
| IgE | Monomère | Sécrétée par les plasmocytes dans la peau, muqueuses gastro-intestinales et respiratoires, amygdales. | Se lie aux mastocytes et basophiles, déclenchant la libération d'histamine (réactions inflammatoires, réactions allergiques). |
- Neutralisation : Empêchent les agents pathogènes (ex: virus, toxines) d'infecter les tissus en bloquant leurs sites de liaison.
- Opsonisation : Facilitent la phagocytose en recouvrant les pathogènes d'une substance collante, les rendant plus facilement reconnaissables par les phagocytes.
- Agglutination : Forment des agrégats de pathogènes (par le fait qu'ils possèdent deux sites de fixation), ce qui facilite leur élimination. Ex: agglutination des globules rouges en cas de transfusion incompatible.
- Activation du système du complément : Mène à la lyse de la cellule étrangère ou à son opsonisation.
- Accentuation de la réaction inflammatoire.
V.3.3. Immunité Humorale : Réaction Primaire et Secondaire
- Réaction immunitaire primaire : Première exposition à l'antigène. Phase de latence d'environ 10 jours, production d'anticorps maximale après 2 semaines, puis décroissance.
- Réaction immunitaire secondaire : Réexposition au même antigène. Réponse beaucoup plus rapide (2-3 jours), plus efficace (taux d'anticorps plus élevés) et plus durable, grâce aux cellules mémoire.
V.3.4. Immunité Humorale Active
Production active d'anticorps et de cellules mémoire par l'organisme en réponse à un antigène.- Naturelle : Lors d'une infection réelle.
- Artificielle : Par vaccination. Un vaccin contient un agent pathogène mort, atténué, un fragment de pathogène ou des gènes/ARN codant pour des protéines du pathogène. Il stimule la production d'anticorps et la mémoire immunitaire sans provoquer la maladie. Les rappels intensifient ou réactivent la réponse.
V.3.5. Immunité Humorale Passive
Transfert d'anticorps préformés d'une autre source. La protection est immédiate mais temporaire (pas de cellules mémoire).- Naturelle : Anticorps IgG de la mère traversant le placenta vers le fœtus, ou anticorps via le lait maternel au nouveau-né.
- Artificielle : Injection de sérum contenant des anticorps (immunoglobulines) provenant d'un donneur immunisé ou synthétisés en laboratoire. Utilisée en urgence (ex: tétanos, rage, morsure de serpent) lorsque l'organisme n'a pas le temps de développer sa propre immunité.
V.4. Immunité Cellulaire
Elle fait intervenir les lymphocytes T et est dirigée contre des cellules cibles.V.4.1. Principe général
Les lymphocytes T ne reconnaissent un antigène que s'il est présenté à la surface d'une cellule, associé à une molécule du CMH (double reconnaissance : CMH + antigène).V.4.2. Lymphocytes T auxiliaires (LTA ou CD4)
Ce sont les "chefs d'orchestre" de l'immunité acquise. Ils ne tuent pas directement mais régulent la réponse immunitaire.- Activation : Une CPA (macrophage, cellule dendritique) présente un fragment d'antigène (exogène) sur son CMH II à un LTA naïf spécifique. La reconnaissance est confirmée par la protéine CD4 du LTA.
- Production de cytokines : La CPA et le LTA activé sécrètent des cytokines qui stimulent la multiplication clonale du LTA en LTA effecteurs et LTA mémoire.
- Rôles des LTA activés :
- Incitation des lymphocytes B déjà liés à leur antigène à se diviser et à former plus rapidement des plasmocytes et des lymphocytes B mémoire (participation indirecte à l'immunité humorale).
- Stimulation de la croissance et de la multiplication des lymphocytes T cytotoxiques spécifiques de l'antigène.
- Attraction d'autres globules blancs (granulocytes) vers le site d'invasion.
- Augmentation de la capacité des macrophages à phagocyter.
- Incitation des lymphocytes B déjà liés à leur antigène à se diviser et à former plus rapidement des plasmocytes et des lymphocytes B mémoire (participation indirecte à l'immunité humorale).
V.4.3. Lymphocytes T cytotoxiques (LTC ou CD8)
Ils sont responsables de la destruction directe des cellules cibles.- Cibles :
- Cellules infectées par des agents pathogènes intracellulaires (virus, certaines bactéries) qui présentent des antigènes endogènes sur leur CMH I.
- Cellules étrangères (greffes).
- Cellules cancéreuses (soi modifié) qui présentent des antigènes anormaux sur leur CMH I.
- Mécanisme d'action :
- Reconnaissance : Le LTC naïf reconnaît une cellule cible grâce à la double reconnaissance (CMH I + antigène endogène) et la protéine CD8.
- Activation et multiplication : Le LTC est activé et se multiplie en LTC effecteurs et LTC mémoire. Cette prolifération est fortement stimulée par les cytokines des LTA.
- Destruction de la cible : Les LTC activés se lient à la cellule cible et libèrent deux types de protéines :
- Perforines : Créent des trous dans la membrane plasmique de la cellule cible.
- Granzymes : Pénètrent la cellule et induisent son apoptose.
V.4.4. Immunité Cellulaire : Réaction Primaire et Secondaire
L'immunité cellulaire suit le même schéma que l'immunité humorale concernant les réponses primaires et secondaires :- Réaction primaire : Première rencontre avec l'antigène présenté, phase de latence d'environ 10 jours.
- Réaction secondaire : Réponse plus rapide, efficace et durable lors d'une nouvelle exposition, grâce aux lymphocytes T auxiliaires mémoire et T cytotoxiques mémoire.
V.4.5. Immunité Cellulaire Active
La fabrication de cellules effectrices et mémoire est active, suite à la rencontre avec l'antigène présenté.- Naturelle : Lors d'une infection virale ou bactérienne.
- Artificielle : Par vaccination. Le vaccin active les lymphocytes T auxiliaires et cytotoxiques spécifiques, produisant des cellules mémoire pour une protection future.
VI. Dysfonctionnements du Système Immunitaire
Malgré son efficacité, le système immunitaire peut subir des dérèglements.VI.1. Allergies (Hypersensibilités)
Les allergies sont des réactions immunitaires anormalement vigoureuses à des substances inoffensives (allergènes), causant des lésions tissulaires. La reconnaissance des allergènes dépend de facteurs génétiques et environnementaux. Les IgE sont les anticorps principalement impliqués.- Phase de sensibilisation : Première exposition à l'allergène, production d'IgE qui se fixent sur les mastocytes (et basophiles).
- Réactions subséquentes : Lors d'une nouvelle exposition, l'allergène se lie aux IgE fixées sur les mastocytes, déclenchant une libération massive d'histamine et d'autres médiateurs chimiques.
- Effets de l'histamine : Vasodilatation, augmentation de la perméabilité capillaire (œdème), écoulement nasal, larmoiement, démangeaisons, rougeurs.
- Localisation des symptômes : Dépend de la voie d'entrée de l'allergène (respiratoire -> asthme, digestif -> troubles digestifs).
- Choc anaphylactique : Réaction allergique systémique grave, souvent par introduction directe de l'allergène dans le sang (piqûre d'insecte, médicament). Libération massive d'histamine entraînant une contraction des bronchioles, une dilatation généralisée des vaisseaux sanguins et une chute brutale de la pression sanguine, pouvant être fatale. L'adrénaline est le traitement d'urgence.
VI.2. Greffe d'Organes
La compatibilité des molécules du CMH/HLA est cruciale pour la réussite d'une greffe. La combinaison antigène-CMH étant unique à chaque individu (sauf jumeaux homozygotes), la plupart des greffes induisent une réponse immunitaire chez le receveur. Les lymphocytes T cytotoxiques reconnaissent le greffon comme non-soi et le détruisent (phénomène de rejet). Pour éviter ce rejet, les patients greffés doivent prendre des médicaments immunosuppresseurs à vie. Il existe quatre types de greffes :| Terminologie | Caractéristiques du donneur et du receveur | Résultats |
|---|---|---|
| Autogreffe (greffe autologue) | Même sujet (tissu prélevé et transplanté sur le même individu). | Succès |
| Isogreffe (greffe isologue, syn-génique) | Donneur génétiquement identique au receveur (vrais jumeaux). | Succès |
| Allogreffe (greffe homologue, allogénique) | Donneurs et receveurs de la même espèce mais génétiquement différents (membres d'une même famille ou individus avec CMH proches). Les plus fréquentes. | Rejet moins rapide (nécessite immunosuppresseurs) |
| Xénogreffe (greffe hétérologue, xénogénique) | Donneurs et receveurs d'espèces différentes. | Rejet rapide (très peu de chances de succès) |
VI.3. Maladies Auto-immunes
Ces maladies surviennent lorsque le système immunitaire perd sa capacité à distinguer le soi du non-soi et attaque les propres tissus de l'organisme. Il produit des auto-anticorps ou des lymphocytes T sensibilisés contre le soi. Ces pathologies peuvent être localisées ou généralisées et sont souvent multifactorielles (génétique, environnement, hormones). Exemples :- Diabète de type I : Les lymphocytes T cytotoxiques détruisent les cellules du pancréas, empêchant la production d'insuline.
- Sclérose en plaques (SEP) : Maladie inflammatoire chronique du système nerveux central où les lymphocytes T cytotoxiques détruisent la gaine de myéline entourant certains neurones, entraînant des atteintes neurologiques.
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