Herpesviridae : classification et clinique

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Vue d'ensemble de la famille des Herpesviridae, incluant classification, biologie, transmission, latence, manifestations cliniques, diagnostics, traitements antiviraux et stratégies de prévention vaccinale.

Herpesviridae : Caractéristiques, Pathologies et Gestion

Les Herpesviridae constituent une famille de virus ubiquitaires à ADN bicaténaire, mesurant 120 à 200 nm et enveloppés. Huit d'entre eux sont strictement humains. Leur principale caractéristique est la capacité à établir une latence après la primo-infection, permettant au virus de persister à vie dans l'organisme et de se réactiver sous divers stimuli (stress, immunodépression, UV).

Illustration des Herpesviridae sous un microscope.

Classification et Principaux Types

La famille est divisée en trois sous-familles, chacune regroupant des virus spécifiques :

  • Alphaherpesvirinae :
    • HHV-1 (HSV-1) : responsable de l'herpès oral (gingivostomatite, herpès labial), oculaire (kératite, conjonctivite) et parfois génital, ainsi que d'atteintes cérébrales (encéphalite nécrosante).
    • HHV-2 (HSV-2) : principalement associé à l'herpès génital et à l'herpès néonatal.
    • HHV-3 (VZV) : cause la varicelle lors de la primo-infection et le zona en cas de réactivation.
  • Betaherpesvirinae :
    • HHV-5 (CMV) : Cytomégalovirus, pouvant entraîner fièvre, hépatite ou syndrome mononucléosique.
    • HHV-6 et HHV-7 : associés à la roséole infantile et parfois à des encéphalites ou hépatites chez les immunodéprimés.
  • Gammaherpesvirinae :
    • HHV-4 (EBV) : Virus d'Epstein-Barr, responsable de la mononucléose infectieuse et associé à certains cancers (lymphome de Burkitt, carcinome du nasopharynx, lymphomes de Hodgkin et non Hodgkinien).
    • HHV-8 : Impliqué dans la maladie de Kaposi, la maladie de Castleman et les lymphomes des séreuses.

Propriétés Biologiques et Réplication

Ces virus présentent un cycle de réplication comprenant trois phases :

  1. Phase « très précoce » : Synthèse de protéines activatrices.
  2. Phase « précoce » : Synthèse de protéines enzymatiques, dont l'ADN polymérase virale.
  3. Phase « tardive » : Synthèse des composants protéiques de la capside et des glycoprotéines d'enveloppe.

La réplication de l'ADN viral sépare les phases précoces et tardives. La latence implique la persistance de l'ADN viral sous forme épisomale dans le noyau des cellules, sans réplication active ni expression de protéines virales, permettant ainsi au virus d'échapper à la réponse immunitaire et aux traitements antiviraux.

Transmission et Épidémiologie

Les Herpesviridae sont des virus fragiles, nécessitant des contacts étroits et directs pour leur transmission. Les modes de transmission incluent :

  • Salive : HSV-1, CMV.
  • Voie respiratoire : VZV.
  • Lésions cutanées : HSV, VZV.
  • Rapports sexuels : HSV-2, CMV (HSV-2 est une IST majeure).
  • Transmission materno-fœtale/néonatale : CMV, VZV (grossesse) ; HSV-2 (accouchement) ; HSV-1 (maternage).
  • Transfusion sanguine, greffe d'organes : EBV, CMV, HHV-6, HHV-8.

La primo-infection à HSV-1 est fréquente dans l'enfance (prévalence des anticorps chez l'adulte de 70-95%), tandis que HSV-2 infecte principalement la muqueuse génitale.

Physiopathologie et Manifestations Cliniques

La primo-infection à HSV est souvent limitée aux muqueuses et à la peau, puis le virus établit une latence dans les ganglions sensitifs adjacents (ganglions trigéminés pour HSV-1 oro-pharyngé, ganglions sacrés pour HSV-2 génital). Les réactivations sont généralement d'intensité moindre que la primo-infection.

Les herpesviridae peuvent causer des affections bénignes chez les sujets immunocompétents, mais des complications infectieuses ou tumorales graves chez les immunodéprimés. Les formes graves incluent l'encéphalite herpétique (première cause d'encéphalite virale, avec une mortalité élevée et de lourdes séquelles), la kératite, l'herpès néonatal (souvent d'origine maternelle asymptomatique), et les infections progressives chez les immunodéprimés.

Le VZV provoque la varicelle, une éruption vésiculeuse généralisée et contagieuse. Sa réactivation peut entraîner le zona, une éruption vésiculeuse localisée unilatérale, souvent douloureuse, avec risque de zona ophtalmique.

L'EBV est responsable de la mononucléose infectieuse, caractérisée par fièvre, asthénie, angine, adénopathies cervicales, splénomégalie et augmentation des transaminases.

Diagnostic Biologique

Le diagnostic virologique direct est privilégié. Les prélèvements doivent être acheminés rapidement au laboratoire, être les plus précoces possible, provenir de lésions fraîches et être effectués avant toute application d'antiseptique. Ils peuvent inclure :

  • LCR (liquide céphalorachidien).
  • Prélèvements muqueux (oropharyngés, génitaux, oculaires).
  • Prélèvements cutanés (liquide vésiculaire).
  • Sang total (tube EDTA pour PCR, tube hépariné pour Ag CMV).

Traitement et Prévention

Le traitement des infections herpétiques repose sur des antiviraux :

  • HSV : aciclovir (analogue nucléosidique).
  • VZV : aciclovir ou valaciclovir. Le foscarnet et le cidofovir sont utilisés en cas de résistance à l'aciclovir.
  • CMV : ganciclovir, foscarnet, cidofovir.

Des traitements symptomatiques (antalgiques, antipyrétiques, antihistaminiques, antiseptiques locaux, antibiotiques en cas de surinfection bactérienne) peuvent compléter la prise en charge.

La prévention inclut :

  • La vaccination contre le VZV (varicelle) avec un vaccin vivant atténué (Varilrix®, Varivax®), recommandé à partir de 12 mois. Des vaccins quadrivalents RORV sont également disponibles.
  • La vaccination contre le zona est recommandée chez les personnes de plus de 50 ans (deux doses espacées de 2 à 6 mois pour les immunocompétents) pour réduire le risque de zona et de névralgies post-zostériennes.
  • Pour les infections à HSV-2, la prévention des IST est essentielle (préservatifs, dépistage et traitement du partenaire, éducation).

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