Fonctionnement des marchés imparfaitement concurrentiels
No cardsAnalyse des structures de marché, des stratégies des entreprises et du rôle des pouvoirs publics dans la régulation de la concurrence.
Les marchés sont des endroits où se rencontrent des acheteurs et des vendeurs. Quand il n'y a pas beaucoup de vendeurs pour un produit donné, ils peuvent parfois se mettre d'accord pour que les prix restent élevés. Ce chapitre va expliquer comment cela se passe et ce que font les autorités pour protéger les acheteurs.
I. Comment les structures de marché permettent-elles aux entreprises de renforcer leur pouvoir de marché ?
Pour comprendre comment les entreprises ont du pouvoir sur le marché, il faut regarder la façon dont le marché est organisé. Si les vendeurs sont peu nombreux, cela change tout.
1. Des structures de marché où il y a peu de vendeurs donnent du pouvoir de marché aux entreprises
Le pouvoir de marché, c'est quand une entreprise peut décider du prix de vente. Plus elle en a, plus elle peut vendre cher. En "concurrence pure et parfaite" il y a plein de vendeurs d'un même produit mais ici , les entreprises sont "preneuses de prix" : elles ne peuvent pas influencer le prix, elles doivent suivre celui que le marché fixe. Si l'une vend plus cher, personne n'achète chez elle.
Mais si les vendeurs sont peu nombreux, c'est différent :
En monopole, il n'y a qu'un seul vendeur.
En oligopole, il y a quelques vendeurs.
En concurrence monopolistique, il y a plusieurs vendeurs, mais leurs produits sont un peu différents les uns des autres.
Dans ces cas-là, les entreprises ne sont plus "preneuses de prix" mais "faiseuses de prix" : elles peuvent fixer leurs prix plus haut.
Exemple : La SNCF était en monopole pour le transport ferroviaire. Elle pouvait donc décider de ses prix. Mais même un monopole n'est pas totalement libre : si ses prix sont trop élevés, les clients peuvent prendre l'avion, le bus ou la voiture. Donc, un peu de concurrence existe toujours indirectement.
2. Les obstacles à l'entrée donnent du pouvoir de marché aux entreprises
Les barrières à l'entrée sont des difficultés qui empêchent de nouvelles entreprises de rentrer sur le marché. Cela réduit la concurrence et aide les entreprises déjà présentes à garder leur pouvoir de marché. Il y a plusieurs types de barrières :
Les barrières structurelles viennent des caractéristiques du marché.
Les barrières stratégiques sont créées par les entreprises déjà en place pour décourager les nouvelles entreprises.
a. Un exemple de barrière structurelle : les coûts de production
Certains secteurs (téléphonie mobile, chemins de fer, électricité, automobile) demandent des investissements de départ énormes. On appelle ça des coûts fixes très importants. Quand on produit beaucoup, le coût de chaque unité diminue, c'est ce qu'on appelle les économies d'échelle.
Exemple : Pour un opérateur téléphonique, installer des antennes partout coûte très cher. Ce coût est le même, qu'il ait 100 ou 1 million de clients. Il faut donc avoir beaucoup de clients pour rentabiliser ces coûts. Une nouvelle entreprise aurait du mal à atteindre ce niveau rapidement, car elle commencerait avec peu de clients mais des coûts fixes très élevés. Les entreprises déjà implantées, avec leurs nombreux clients, peuvent vendre moins cher tout en étant rentables, ce qui décourage les nouveaux arrivants.
b. Un exemple de barrière stratégique : les prix prédateurs
Les entreprises déjà en place peuvent utiliser des stratégies pour empêcher d'autres entreprises d'entrer sur le marché.
Exemple : La compagnie aérienne American Airlines a baisser très fortement ses prix et même augmenter le nombre de ses vols quand une nouvelle petite compagnie aérienne est arrivée sur l'une de ses lignes.Le but n'était pas de gagner de l'argent sur le moment, mais de pousser la petite compagnie à quitter le marché. Une fois la concurrence éliminée, American Airlines a pu de nouveau augmenter ses prix. Cette tactique, est souvent interdite car elle nuit aux consommateurs à long terme.
Ces stratégies permettent à l'entreprise de renforcer son pouvoir de marché à l'avenir.
3. Les ententes permettent aux entreprises d'obtenir un pouvoir de marché
Une entente ou un cartel, c'est un accord entre plusieurs entreprises (souvent peu nombreuses) pour limiter la concurrence. Elles peuvent, par exemple, se mettre d'accord sur les prix ou se partager le marché.
Exemple : plusieurs supermarchés se mettent d'accord pour que le prix des machines à laver ne descende jamais en dessous de 499 euros. Cela est illégal. Ces ententes font augmenter les prix pour les consommateurs.
Pour qu'une entente dure, il faut que tous les membres la respectent. S'il y en a un qui vend moins cher en secret pour attirer plus de clients, l'entente risque de s'effondrer. Donc , Parfois, les entreprises mettent en place des systèmes pour surveiller leurs concurrents, comme proposer de rembourser la différence si un client trouve moins cher ailleurs. Cela leur permet de savoir si l'un d'eux ne respecte pas l'accord.
Le cas du "cartel des yaourts" en France a montré comment des fabricants s'étaient mis d'accord secrètement sur les prix des produits laitiers, ce qui a fait monter les prix pour les consommateurs. Mais L'une des entreprises, Yoplait, a dénoncé l'entente aux autorités pour éviter des sanctions (c'est la "procédure de clémence").
Sur les marchés (oligopolistiques), ces ententes illicites permettent d'augmenter les profits des entreprises en évitant la concurrence sur les prix, mais au détriment des consommateurs.
II. Comment caractériser un marché en monopole ?
1. Les différents types de monopoles
Un monopole, c'est un marché où il n'y a qu'un seul vendeur face à plein d'acheteurs. Ce vendeur est un "faiseur de prix". Il peut y avoir plusieurs raisons à cette situation :
Le monopole institutionnel est créé par une loi qui autorise une seule entreprise (ou limite le nombre de vendeurs).
Le monopole d'innovation vient d'une nouvelle invention, souvent protégée par un brevet.
Le monopole naturel apparaît quand les coûts de départ sont très élevés, comme pour les grands réseaux (eau, électricité).
a. Monopole institutionnel
Exemple : En France, seules les pharmacies peuvent vendre des médicaments. C'est un monopole institutionnel. Cette règle est justifiée par la sécurité et les conseils médicaux nécessaires. Cependant Leclerc et des associations de consommateurs critiquent ce monopole, en disaient que cela maintient les prix des médicaments élevés et qu'il devrait
être possible d'ouvrir le marché à plus de concurrence tout en garantissant la sécurité (par exemple, en employant des pharmaciens en grande surface).
b. Monopole naturel
Un monopole naturel existe quand les coûts fixes sont très importants et créent des économies d'échelle.
L'entreprise la plus grande est donc la plus rentable rendant la concurrence inefficace.
Exemple : Google est en situation de quasi-monopole sur les moteurs de recherche. De même pour BlablaCar : plus il y a de trajets proposés, plus les utilisateurs sont attirés, ce qui rend difficile l'entrée pour de nouveaux concurrents.
c. Monopole d'innovation
Ce monopole est lié à la création d'un nouveau produit ou service. L'innovation est souvent protégée par un brevet, qui accorde un droit exclusif d'exploitation pendant une certaine durée (souvent 20 ans).
Exemple : Les laboratoires pharmaceutiques qui découvrent de nouveaux médicaments obtiennent des brevets. Cela les motive à innover, car ils sont sûrs de pouvoir rentabiliser leurs coûteuses recherches pendant la durée du brevet. (Cependant, cela peut aussi rendre les médicaments très chers, ce qui pose des questions d'accès aux soins, surtout pour les populations les plus pauvres).
2. Les monopoles sont-ils efficaces ?
Non, car l'équilibre en situation de monopole n'est pas le plus efficace pour l'ensemble de la société.
En (CPP), le prix est bas et la quantité produite est élevée. Le surplus du consommateur et le surplus du producteur sont donc maximisés.
En monopole, l'entreprise, n'ayant pas de concurrence, peut augmenter ses prix et vendre une quantité moindre Conséquence :
Le surplus du consommateur diminue (ils paient plus cher).
Le surplus du producteur augmente (l'entreprise fait plus de profit).
Mais en additionnant les deux, le surplus total diminue. Donc l'ensemble de la société perd du bien-être. On appelle cette perte la perte sèche.
De plus, sans concurrence, le monopole n'est pas toujours poussé à innover ou à améliorer la qualité de ses produits. Comme il est le seul sur le marché, il n'a pas besoin de faire d'efforts pour attirer les clients.
III. Comment caractériser les oligopoles ?
Un oligopole est un marché où il y a un petit nombre de grandes entreprises qui se partagent le marché.
1. Des stratégies non coopératives
Dans un oligopole, les entreprises peuvent se faire une concurrence féroce. Elles peuvent par exemple baisser leurs prix pour attirer les clients des concurrents, c'est ce qu'on appelle une "guerre des prix".
Exemple : Le marché de la téléphonie mobile en France a longtemps été un oligopole avec seulement trois grands opérateurs (Orange, SFR, Bouygues). L'arrivée de Free a chamboulé ce marché car ils ont proposé des prix beaucoup plus bas. Les autres opérateurs ont été obligés de baisser leurs tarifs. Les gagnants ont été les consommateurs, qui ont payé moins cher. Les opérateurs ont perdu une partie de leurs profits mais ont dû s'adapter en proposant des offres différentes ou en améliorant d'autres services.
2. Des stratégies coopératives
Les entreprises en oligopole peuvent aussi choisir de coopérer, c'est-à-dire de s'entendre entre elles pour éviter la concurrence sur les prix (formation d'un cartel).
Comprendre avec le dilemme du prisonnier
Le dilemme du prisonnier est un exemple qui montre pourquoi deux entreprises peuvent choisir de ne pas coopérer, même si coopérer serait mieux pour eux à long terme.
Exemple :
Imaginons SFR et Bouygues. S'ils gardent tous les deux leurs prix élevés, ils gagnent chacun 3 milliards d'euros. Si un seul baisse ses prix, il gagne 4 milliards et l'autre perd 1 milliard. S'ils baissent tous les deux leurs prix (guerre des prix), ils gagnent chacun 1 milliard.
Chaque entreprise a intérêt à baisser ses prix, quoi que fasse l'autre. Pcq résultat ? Ils perdent tous les deux l'opportunité de gagner plus, ils finissent par gagner seulement 1 milliard chacun. La meilleure option pour eux serait de s'entendre pour maintenir des prix élevés, mais cela est illégal.
Ainsi, le dilemme du prisonnier explique pourquoi les entreprises en oligopole ont un fort intérêt à s'entendre (même si c'est interdit) pour éviter une guerre des prix qui leur ferait perdre beaucoup de profits.
IV. Comment les pouvoirs publics augmentent-ils le surplus du consommateur en luttant contre les pratiques anticoncurrentielles ?
Pour protéger les consommateurs et assurer un bon fonctionnement des marchés, des autorités (comme la Commission européenne ou l'Autorité de la concurrence en France) interviennent. Elles luttent contre les pratiques qui faussent la concurrence (ententes, abus de position dominante) et contrôlent les rachats entre entreprises (fusions-acquisitions).
1. La lutte contre les pratiques anticoncurrentielles : ententes et abus de position dominante
Une entente, c'est un accord entre des entreprises pour agir ensemble et limiter la concurrence (par exemple, en fixant les prix).
Un abus de position dominante, c'est quand une entreprise très puissante sur un marché utilise sa force pour empêcher la concurrence ou bloquer l'arrivée de nouvelles entreprises.
Exemple : Les autorités de la concurrence infligent des amendes très lourdes aux entreprises qui ne respectent pas les règles.
Google a été sanctionné à plusieurs reprises pour abus de position dominante. Par exemple, sur les smartphones Android, Google obligeait les fabricants à installer par défaut ses applications (Chrome, Google Search) et à avantager son comparateur de prix (Google Shopping) dans les résultats de recherche. Cela limitait le choix des consommateurs et entravait la concurrence pour les autres entreprises. Même si les amendes sont très élevées (plusieurs milliards d'euros), elles ne sont parfois pas assez dissuasives pour des géants comme Google, car les bénéfices tirés de ces pratiques illégales peuvent être encore plus importants.
2. Le contrôle des fusions-acquisitions
Une fusion-acquisition, c'est quand deux entreprises se regroupent pour n'en former qu'une. Les autorités de la concurrence contrôlent ces opérations pour s'assurer qu'elles ne vont pas trop réduire la concurrence sur le marché.
Exemple : La Commission européenne a refusé la fusion entre Alstom et l'allemand Siemens, deux grands acteurs du ferroviaire en Europe. Le but des entreprises était de devenir plus fortes pour mieux concurrencer les géants mondiaux (comme le chinois CRRC). Mais la Commission pensais que cette fusion aurait créé un quasi-monopole en Europe, ce qui aurait été mauvais pour les consommateurs, car les prix auraient pu augmenter. Cette décision a été critiquée par les gouvernements français et allemand, qui pensent eux que l'Europe a besoin de plus grandes entreprises pour rivaliser avec la concurrence mondiale. ( chinoise en l'occurrence ici)
Schéma de synthèse
Pour lutter contre les problèmes de concurrence, des politiques de concurrence sont mises en place par des autorités comme la Commission européenne ou l'Autorité de la concurrence. Elles ont deux missions principales :
Elles luttent contre les pratiques anticoncurrentielles :
Les ententes (par exemple, des entreprises qui se mettent d'accord pour augmenter leurs prix). Elles infligent des amendes aux entreprises fautives. La politique de clémence est très efficace : une entreprise qui dénonce un cartel peut échapper aux sanctions.
Les abus de position dominante, quand une entreprise très puissante limite la concurrence. Par exemple, la Commission européenne a condamné Google à une lourde amende pour avoir abusé de sa position dominante en ligne en obligeant les fabricants à installer par défaut ses applications (Chrome, Google Search) et à avantager son comparateur de prix (Google Shopping) dans les résultats de recherche ce qui limiter les choix des consommateurs et empêcher la concurrence.
Elles contrôlent les fusions-acquisitions. Les entreprises doivent demander l'autorisation de fusionner. Cependant, il est difficile d'évaluer les conséquences de ces fusions. Elles risquent soit de refuser une fusion qui aurait pu être bénéfique (en aidant les entreprises européennes à affronter la concurrence mondiale), soit d'autoriser une fusion qui aura des effets négatifs (augmentation des prix, moins d'innovation). C'est pourquoi la Commission européenne a refusé la fusion entre Alstom et Siemens.
Key Takeaways
Les marchés où le nombre de vendeurs est limité (monopole, oligopole) donnent aux entreprises un grand pouvoir de marché, leur permettant d'influencer les prix.
Des barrières à l'entrée (coûts fixes élevés, prix prédateurs) protègent les entreprises existantes de la concurrence.
Les ententes illicites (cartels) entre entreprises réduisent la concurrence et augmentent les prix pour les consommateurs.
Le monopole est inefficace pour la société : il augmente les prix, réduit les quantités produites et crée une perte sèche de bien-être.
Dans un oligopole, le dilemme du prisonnier explique pourquoi les entreprises ont intérêt à s'entendre illégalement pour éviter la concurrence des prix.
Les pouvoirs publics luttent contre ces pratiques par la politique de la concurrence, en sanctionnant les ententes et les abus de position dominante, et en contrôlant les fusions-acquisitions, pour protéger les consommateurs.
Le chapitre 3 des sciences économiques et sociales, partie Économie, aborde le fonctionnement des marchés imparfaitement concurrentiels. Il explore les différentes structures de marché où la concurrence est limitée et analyse les stratégies des entreprises pour acquérir et maintenir un pouvoir de marché. Ce chapitre examine également le rôle des pouvoirs publics pour réguler ces marchés et protéger les consommateurs.
I. Comment les structures de marché permettent-elles aux entreprises de renforcer leur pouvoir de marché ?
Pour qu'une entreprise puisse exercer un pouvoir de marché, c'est-à-dire influencer le prix de ses produits au-delà de ce que permettrait la concurrence pure et parfaite, plusieurs facteurs liés à la structure du marché peuvent entrer en jeu.
1. Des structures de marché au nombre d'offreurs limités permettent aux entreprises d'obtenir un pouvoir de marché
Le pouvoir de marché est la capacité d'une entreprise à influencer le prix du marché. Plus ce pouvoir est grand, plus l'entreprise peut imposer un prix supérieur à celui qui s'établirait en concurrence pure et parfaite.
Les différentes structures de marché
Les structures de marché se distinguent principalement par deux critères : le nombre d'entreprises présentes sur le marché et la différenciation des produits.
Concurrence Pure et Parfaite (CPP) : un grand nombre d'offreurs et de demandeurs, produits homogènes, information parfaite, libre entrée et sortie, fluidité du marché. Les agents sont des Price-takers (preneurs de prix) car aucun acteur ne peut influencer le prix du marché.
Monopole : un seul offreur face à de nombreux demandeurs. Le monopole est un faiseur de prix (Price-maker). Exemples : distribution de l'eau (certaines villes), SNCF (avant 2023 pour le transport de voyageurs en France).
Oligopole : quelques offreurs face à de nombreux demandeurs. Ces entreprises ont un pouvoir de marché significatif. Exemples : opérateurs téléphoniques (Orange, SFR, Bouygues, Free), producteurs d'électricité.
Concurrence Monopolistique : de nombreux offreurs proposant des produits différenciés. Chaque entreprise a un certain pouvoir sur le prix de son produit spécifique. Exemples : producteurs de stylos, producteurs de déodorants.
Les entreprises possèdent un pouvoir de marché dans toutes les structures autres que la concurrence pure et parfaite, car le nombre limité d'offreurs ou la différenciation des produits leur confère la capacité d'influencer les prix.
Malgré un pouvoir de marché apparent, les entreprises ne sont pas totalement faiseuses de prix. Par exemple, la SNCF, bien qu'en situation de quasi-monopole sur certains trajets, doit faire face à la concurrence des transports aériens, routiers (autocars, covoiturage, voiture individuelle) ou, dans certaines agglomérations, des services de mobilité partagée (vélos, trottinettes). Ces alternatives peuvent limiter sa capacité à fixer des prix exorbitants.
Les conditions de la concurrence pure et parfaite sont rarement remplies, donnant lieu à des marchés imparfaits où les entreprises disposent d'un pouvoir de marché, leur permettant d'influencer le prix et de le fixer au-delà du prix d'équilibre de la CPP.
2. Les barrières à l'entrée permettent aux entreprises d'obtenir un pouvoir de marché
Les barrières à l'entrée sont tous les obstacles qui limitent ou retardent l'arrivée de nouvelles entreprises sur un marché, réduisant ainsi la concurrence et consolidant le pouvoir de marché des entreprises déjà présentes. Elles peuvent être de deux types : structurelles ou stratégiques.
a. Un exemple de barrière structurelle : les coûts de production
Les barrières structurelles découlent des caractéristiques intrinsèques du marché, souvent liées aux coûts de production.
Coûts fixes importants : Certains secteurs, comme la téléphonie mobile, le transport ferroviaire, la production et distribution d'électricité, ou l'industrie automobile, exigent des investissements initiaux massifs (antennes, réseaux, usines, R&D). Ces coûts fixes ne varient pas avec la quantité produite.
Plus les coûts fixes sont élevés, plus il est nécessaire de produire en grande quantité pour les amortir. Cela favorise les grandes entreprises ayant déjà une clientèle établie, leur permettant de proposer des prix faibles tout en restant rentables. Un nouvel entrant, avec peu de clients au début, ne pourrait pas rivaliser, ce qui constitue une barrière significative.
Économies d'échelle : Dans ces secteurs, le coût unitaire de production diminue à mesure que la quantité produite augmente. Les entreprises de grande taille bénéficient d'un avantage absolu sur les coûts, rendant difficile la rentabilité pour un nouveau concurrent qui n'atteindrait pas rapidement une part de marché significative.
b. Un exemple de barrière stratégique : les prix prédateurs
Les barrières stratégiques sont délibérément mises en œuvre par les entreprises établies pour dissuader ou évincer de nouveaux entrants.
Stratégie de prix prédateurs : Une entreprise dominante baisse fortement et temporairement ses prix, parfois même en dessous de ses coûts de production, pour éliminer un concurrent ou décourager son entrée. Une fois le concurrent parti, elle peut revenir à des prix plus élevés. L'exemple d'American Airlines contre Vanguard Airlines illustre cette tactique, où American a non seulement baissé ses prix mais aussi augmenté le nombre de ses vols pour écraser son rival.
Autres barrières stratégiques : Proposer des garanties annulées en cas d'utilisation de produits concurrents (ex: cartouches d'imprimantes non-officielles), campagnes publicitaires agressives, acquisition de brevets clés pour bloquer les concurrents, etc.
Ces stratégies, bien que potentiellement bénéfiques à court terme pour les consommateurs via la baisse des prix, sont généralement néfastes à long terme, car elles visent à éliminer la concurrence pour permettre à l'entreprise dominante de devenir un Price-maker et de réaliser des profits importants par la suite.
Exercice d'évaluation formative :
Barrière structurelle : L'importance des investissements à réaliser au départ sur le marché automobile peut décourager les nouveaux entrants.
Barrière institutionnelle/légale : Pendant de longues années, Nespresso est parvenu à protéger par brevet les dosettes à café compatibles avec sa machine. La marque disposait donc d'un monopole. (Bien que liée à l'innovation, la protection par brevet est une barrière légale accordée par une institution.)
Barrière institutionnelle/légale : Les débits de tabac et de boissons (alcool) sont soumis à autorisation administrative. Cela empêche d'éventuels concurrents de s'installer librement.
Barrière stratégique : Les marques d'imprimantes menacent leurs clients qui utiliseraient des cartouches provenant d'autres marques d'annuler la garantie de l'imprimante.
Barrière stratégique (via branding/image) : La notoriété et l'image de marque, que Coca-Cola ou Nutella ont réussi à se forger, leur permettent d'être quasiment indétrônable.
Barrière structurelle (effet réseau) : Blabla cars s'est rapidement imposé sur le marché du covoiturage. Grâce à sa communauté, c'est l'entreprise qui propose le plus de trajets. Il est donc difficile pour des jeunes entreprises de se lancer sur ce type de marché car elles ne disposent pas d'un réseau assez important.
3. Les ententes permettent aux entreprises d'obtenir un pouvoir de marché
Sur les marchés oligopolistiques, où le nombre d'offreurs est faible, les entreprises peuvent être tentées de former des ententes illicites, appelées cartels, pour réduire la concurrence et augmenter leurs profits.
Définition d'un cartel : Un cartel est un accord entre entreprises (souvent peu nombreuses) visant à réduire la concurrence, généralement en fixant un prix plus élevé que celui du marché concurrentiel et/ou en se partageant les parts de marché.
Impossibilité en CPP : En concurrence pure et parfaite, les ententes sont impossibles en raison du trop grand nombre de producteurs.
Préjudice pour les consommateurs : Les ententes sont préjudiciables aux consommateurs car elles entraînent une augmentation des prix, réduisant ainsi leur pouvoir d'achat et la quantité demandée.
Soutenabilité à long terme : Pour qu'un cartel soit durable, il faut qu'il n'y ait pas de produits de substitution immédiats et que tous les membres de l'entente respectent l'accord. Cependant, chaque membre est tenté par le comportement de free rider (passager clandestin) : baisser légèrement les prix pour capter une plus grande part de marché et augmenter ses profits.
Les cartels doivent donc mettre en place des mécanismes de surveillance et de dissuasion pour s'assurer du respect de l'accord, comme le détection des prix des concurrents via des consommateurs ou des menaces de non-livraison.
Exemple : le cartel des yaourts : Des fabricants de yaourts français ont conclu un accord secret pour fixer les prix de certains produits laitiers (yaourts, fromages frais, crèmes dessert de marques distributeurs) entre 2006 et 2012, ce qui a entraîné une forte augmentation des prix (6% pour les yaourts, 10% pour la crème fraîche, etc.). L'entreprise Yoplait a dénoncé l'entente aux autorités de la concurrence, bénéficiant ainsi de la procédure de clémence, tandis que les autres entreprises ont été lourdement amendées.
Les ententes permettent aux entreprises de pratiquer des prix identiques (supérieurs à ceux de la CPP), de vendre les mêmes produits ou de se répartir les parts de marché, augmentant ainsi leur profit au détriment des consommateurs.
II. Comment caractériser un marché en monopole ?
Le monopole est une structure de marché caractérisée par la présence d'un vendeur unique face à un grand nombre d'acheteurs. Ce vendeur unique est un faiseur de prix (Price-maker).
1. Les différents types de monopoles
On distingue trois types principaux de monopoles.
Monopole institutionnel (ou légal) : Il est créé par une décision administrative ou une loi, souvent pour des raisons de sécurité, de service public ou de régulation.
Exemple : La vente de médicaments en pharmacie en France est un monopole institutionnel, justifié par la nécessité d'un conseil médical et de sécurité. Des acteurs comme Leclerc contestent ce monopole, arguant qu'il maintient des prix élevés et que la grande distribution pourrait offrir les mêmes garanties avec des pharmaciens diplômés.
Exemple : La Française des jeux (FDJ) pour les jeux à gratter.
Le lobbying est souvent utilisé par les entreprises (comme Leclerc) pour influencer les décideurs politiques et défendre leurs intérêts.
Monopole naturel : Il résulte des caractéristiques du marché, notamment des coûts fixes très élevés et de l'existence d'économies d'échelle ou d'effets de réseau. Dans ce cas, une seule entreprise peut servir l'ensemble du marché à un coût unitaire plus faible que plusieurs entreprises concurrentes.
Exemple : Google sur le marché des moteurs de recherche (92% des requêtes en 2018). Son monopole s'explique par :
Des coûts fixes considérables pour la conception et la maintenance de ses algorithmes.
Des effets de réseau : plus les utilisateurs sont nombreux, plus le service s'améliore, et plus il attire de nouveaux utilisateurs et de publicitaires, créant une boucle de rétroaction positive.
Exemple : SNCF ou GRDF (Gaz Réseau Distribution France) pour les infrastructures de réseau ferroviaire ou de distribution de gaz.
Exemple : BlaBlaCar, grâce à son vaste réseau d'utilisateurs, rend difficile l'entrée de nouveaux concurrents.
Monopole d'innovation : Il est obtenu par une entreprise qui a développé un nouveau produit ou procédé et qui le protège souvent par un brevet ou d'autres droits de propriété intellectuelle.
Exemple : Les laboratoires pharmaceutiques qui produisent des médicaments innovants bénéficient d'un monopole temporaire grâce aux brevets (durée maximale de 20 ans). Cela leur permet de rentabiliser les coûts importants de recherche et développement (R&D).
Risques : Les monopoles d'innovation peuvent entraîner des prix exorbitants, soulevant des questions éthiques (ex : accès aux médicaments). Ils peuvent aussi générer des "guerres de brevets" qui ralentissent l'innovation.
Ce monopole est souvent temporaire, car le brevet arrive à expiration. Cependant, l'entreprise innovante peut parfois maintenir une position dominante grâce à une image de marque forte (Doliprane, Coca-Cola) ou un réseau important (Google, BlablaCar).
Exercice d'évaluation formative :
Monopole d'innovation : Le laboratoire Roche est le seul à produire le médicament « Avastin » contre le cancer du côlon.
Monopole institutionnel : La Française des jeux (FDJ) sur le marché des jeux à gratter.
Monopole naturel : Le Gaz Réseau Distribution France achemine du gaz à près de 10 000 communes.
Monopole d'innovation / naturel (effet réseau) : BlaBlaCar est la première entreprise à avoir proposé un service de covoiturage, elle est donc celle qui possède le plus grand réseau ce qui lui confère un monopole.
Monopole naturel : Sncf réseau dispose du monopole des infrastructures de voies ferrées.
2. Les monopoles sont-ils efficaces ?
La théorie économique montre que le monopole n'est généralement pas une structure de marché efficace.
Analyse graphique des pertes dues au monopole
L'équilibre du monopole n'est pas efficace par rapport à la concurrence pure et parfaite.
En Concurrence Pure et Parfaite (CPP) : Le prix est P* et la quantité échangée Q*.
Le surplus du consommateur est représenté par la zone AEP (gains des consommateurs).
Le surplus du producteur est représenté par la zone BEP (gains des producteurs).
Le surplus total est la somme des deux (zone ABE).
En situation de monopole : L'entreprise en monopole agit en faiseur de prix. Pour maximiser son profit, elle fixe un prix Pm plus élevé que P* et réduit la quantité produite à Qm (Qm < Q*). L'équilibre se déplace de E à C.
Le surplus du consommateur diminue et devient la zone ACPm. Les consommateurs perdent du bien-être face à la hausse des prix.
Le surplus du producteur augmente et devient la zone BCPm. L'entreprise monopolistique réalise des profits plus importants.
Inefficacité du monopole : Le surplus total diminue en situation de monopole. Les gains supplémentaires du producteur ne compensent pas entièrement les pertes du consommateur. La perte de bien-être pour la société est appelée perte sèche (ou perte d'efficacité). Le monopole vend plus cher, la quantité vendue est alors plus faible car des consommateurs se retirent du marché. La société dans son ensemble subit une perte de bien-être.
Manque d'incitation à innover : En l'absence de concurrents, un monopole peut être moins incité à innover ou à améliorer ses produits, car sa position dominante est assurée.
Exercice d'évaluation formative :
Vrai | Faux | |
Le consommateur est gagnant dans une situation de monopole | ✓ | |
En situation de monopole, le producteur est Price maker (faiseur de prix) | ✓ | |
Une situation de monopole est plutôt défavorable aux innovations | ✓ | |
Le surplus total est plus élevé en situation de concurrence qu'en situation de monopole | ✓ |
III. Comment caractériser les oligopoles ?
Un oligopole est un marché caractérisé par un faible nombre d'entreprises qui doivent interagir stratégiquement. Leurs décisions sont interdépendantes.
1. Des stratégies non coopératives
Dans un oligopole, les entreprises peuvent adopter des stratégies non coopératives, c'est-à-dire qu'elles agissent dans leur propre intérêt sans chercher à collaborer avec leurs concurrents. Ces stratégies peuvent mener à des "guerres des prix".
Exemple de l'oligopole de la téléphonie mobile : Avant 2012, le marché français était un oligopole à trois acteurs (Orange, SFR, Bouygues Télécom), avec des prix élevés (ex : forfait illimité à 200€/mois en 2010). L'arrivée de Free Mobile en 2012 a chamboulé le marché en lançant une stratégie agressive de "guerre des prix" (forfaits à 19,99€).
Conséquences : Cette stratégie a été bénéfique pour les consommateurs (baisse significative des prix, offres plus lisibles). Pour les opérateurs historiques, cela a entraîné une perte de parts de marché et l'obligation de s'adapter en baissant leurs prix et en se différenciant par la qualité de service ou d'autres attributs (nombreuses boutiques, service client, etc.).
Les stratégies non coopératives augmentent la concurrence mais sont souvent défavorables aux profits des entreprises.
2. Des stratégies coopératives
Bien que les stratégies non coopératives existent, les entreprises en oligopole ont un fort intérêt à "coopérer", notamment en formant des ententes illicites (cartels) pour éviter la "guerre des prix" et augmenter leurs profits. Le dilemme du prisonnier permet d'expliquer ce phénomène.
Le dilemme du prisonnier : Ce modèle de la théorie des jeux illustre comment deux individus rationnels agissant dans leur propre intérêt peuvent aboutir à une situation sous-optimale pour les deux.
Deux voleurs, A et B, sont interrogés séparément.
Si A dénonce B et B se tait : A est libre (prime), B prend 10 ans.
Si B dénonce A et A se tait : B est libre (prime), A prend 10 ans.
Si les deux se dénoncent : les deux prennent 5 ans.
Si les deux se taisent : les deux sont libres.
Sans communication, le choix rationnel pour chaque prisonnier est de dénoncer l'autre, car c'est la meilleure stratégie quelle que soit la décision de l'autre ("stratégie dominante"). Cependant, cette issue (5 ans chacun) est moins bonne que s'ils s'étaient tus (libres). Pour atteindre la meilleure issue collective (liberté), il faudrait qu'ils aient un accord préalable et une confiance mutuelle.
Application aux oligopoles : Prenons l'exemple des abonnements de téléphones portables avec SFR et Bouygues.
Si SFR et Bouygues maintiennent leurs prix à 30€ : +3 Md€ chacun.
Si un seul baisse à 15€ : celui qui baisse gagne +4 Md€, l'autre perd -1 Md€.
Si les deux baissent à 15€ : +1 Md€ chacun (guerre des prix).
Dans ce scénario, chaque entreprise a un intérêt individuel à baisser ses prix, quelle que soit la décision de l'autre, car cela maximise son gain ou minimise sa perte. Si elles agissent individuellement, elles finiront toutes deux par baisser leurs prix et gagneront seulement 1 milliard d'euros chacune.
Cependant, la situation la plus satisfaisante collectivement pour elles serait de maintenir leurs prix (3 Md€ chacune). Pour y parvenir, elles devraient passer un accord (illicite) pour ne pas se faire concurrence sur les prix. Le dilemme du prisonnier montre pourquoi les firmes sont incitées à former des ententes pour éviter la guerre des prix.
Les entreprises en oligopole sont confrontées à un dilemme : soit se livrer à une concurrence agressive (guerre des prix), soit risquer une entente illicite. Le dilemme du prisonnier illustre pourquoi l'entente, bien qu'illégale, est souvent l'option la plus profitable collectivement pour les entreprises, permettant l'augmentation des profits au détriment des consommateurs.
IV. Comment les pouvoirs publics augmentent-t-ils le surplus du consommateur en luttant contre les pratiques anticoncurrentielles ?
Les politiques de la concurrence, mises en œuvre par des autorités comme la Commission européenne ou l'Autorité de la concurrence en France, ont pour objectif de veiller au libre jeu de la concurrence et d'augmenter le surplus du consommateur en luttant contre les pratiques anticoncurrentielles.
1. La lutte contre les pratiques anticoncurrentielles : ententes et abus de position dominante
Ces autorités contrôlent et sanctionnent deux types de pratiques :
Ententes illicites : Un accord entre plusieurs entreprises pour limiter la concurrence, par exemple en fixant des prix plus élevés, en se partageant les marchés ou en restreignant la production.
Exemple : Le cartel des yaourts, où les fabricants se sont accordés sur les prix.
Les entreprises qui participent à des ententes s'exposent à des amendes importantes. Cependant, le mécanisme de clémence permet à une entreprise membre d'un cartel de le dénoncer en échange d'une réduction, voire d'une exemption de sanction, ce qui est souvent plus efficace pour démanteler ces cartels.
Abus de position dominante : Une entreprise qui détient une part de marché importante utilise sa force pour limiter la concurrence, évincer des rivaux ou empêcher de nouveaux entrants.
Exemple : Google a été sanctionné par la Commission européenne pour abus de position dominante à deux reprises.
En forçant les fabricants de smartphones utilisant Android à pré-installer Google Search et Chrome.
En avantageant illégalement son propre comparateur de prix (Google Shopping) dans les résultats de recherche, au détriment de ses concurrents.
Conséquence pour les consommateurs : Ces comportements limitent le choix et peuvent empêcher l'accès à des produits ou services potentiellement meilleurs et moins chers.
Limites des sanctions : Même des amendes record (plusieurs milliards d'euros pour Google) peuvent ne pas être suffisamment dissuasives si les gains tirés de l'abus de position dominante sont supérieurs au montant de l'amende. Le calcul coût/avantage incite alors l'entreprise à poursuivre ces pratiques.
2. Le contrôle des fusions-acquisitions
Les autorités de la concurrence contrôlent également les opérations de fusions-acquisitions (rachats d'entreprises ou mise en commun de patrimoines) entre entreprises de grande taille. L'objectif est de s'assurer que ces rapprochements ne vont pas porter atteinte à la concurrence en créant des monopoles ou des quasi-monopoles.
Procédure : Les entreprises doivent demander une autorisation préalable aux autorités.
Exemple : Le refus de la fusion Alstom-Siemens : La Commission européenne a refusé la fusion envisagée entre les deux géants ferroviaires européens (Alstom français et Siemens allemand).
Motivation des entreprises : Créer un "champion européen" face à la concurrence mondiale, notamment chinoise (CRRC).
Décision de la Commission : Elle a estimé que cette fusion aurait créé un monopole européen sur certains segments (signalisation, trains à grande vitesse), ce qui aurait été défavorable aux consommateurs (hausse des prix, moins d'innovation).
Débat sur les critères : Les gouvernements français et allemand ont jugé ce refus comme une erreur, arguant que la Commission aurait dû prendre en compte la concurrence à l'échelle mondiale plutôt qu'européenne. Ils estiment que des règles de concurrence trop strictes en Europe désavantagent les entreprises européennes face aux géants mondiaux.
Complexité de l'évaluation : Il est difficile pour les régulateurs d'estimer précisément les conséquences d'une fusion. Ils risquent soit de refuser une fusion qui aurait pu être bénéfique (en permettant de créer des entreprises plus compétitives à l'échelle mondiale), soit d'autoriser une fusion aux effets préjudiciables (en réduisant la concurrence et en augmentant les prix ou en freinant l'innovation).
Exercice d'évaluation formative :
Entente illicite : Plusieurs entreprises s'accordent pour augmenter leur prix de 5%.
Opération de fusion-acquisition : Une grande entreprise rachète une start-up.
Abus de position dominante : Une entreprise leader sur son marché oblige ses fournisseurs à ne pas livrer une entreprise concurrente.
Opération de fusion-acquisition : Deux entreprises décident de mettre en commun leur patrimoine.
Abus de position dominante : Le plus gros fournisseur de jouets menace certaines boutiques de ne plus les fournir si elles vendent des jouets d'entreprises concurrentes.
Schéma de synthèse : La lutte contre les entraves à la concurrence
Pour lutter contre les entraves à la concurrence, des politiques de la concurrence sont mises en place par des autorités nationales (comme l'Autorité de la concurrence en France) ou internationales (comme la Commission européenne). Ces politiques ont deux axes principaux :
Lutte contre les pratiques anticoncurrentielles :
Lutte contre les ententes injustifiées (accords sur les prix, partage de marché). En cas d'entente, les entreprises sont passibles d'une amende. La politique de clémence encourage la dénonciation des cartels.
Lutte contre les abus de position dominante (une entreprise dominante utilise sa position pour restreindre la concurrence). La Commission européenne a par exemple infligé une lourde amende à Google pour avoir favorisé son comparateur de prix.
Contrôle des fusions-acquisitions :
Les États et la Commission européenne contrôlent les projets de fusions-acquisitions pour s'assurer qu'ils ne nuisent pas à la concurrence.
Ces autorités doivent estimer les conséquences des fusions, une tâche difficile. Elles risquent de refuser une fusion qui aurait pu être bénéfique (ex : créer un leader mondial) ou d'autoriser une fusion aux effets préjudiciables (ex : hausse des prix, frein à l'innovation).
C'est pour ces raisons que la Commission européenne a refusé la fusion entre Alstom et Siemens, craignant un monopole européen.
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