Fonction et appareil respiratoires : Anatomie, Mécanique, Échanges gazeux, Transport, Régulation et Exploration
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Introduction au Système Respiratoire
Le système respiratoire assure les échanges d'O2 et de CO2 entre l'air atmosphérique, le sang et les cellules de l'organisme.
Objectifs principaux :
Maintenir l'hématose (transformation du sang veineux en sang artériel).
Maintenir constantes les concentrations en O2, CO2 et le pH sanguin (homéostasie).
Fonctionnement conjoint : Le système respiratoire travaille en étroite collaboration avec le système cardiovasculaire, qui assure le transport des gaz entre les poumons et les tissus. Une défaillance de l'un de ces systèmes peut rapidement entraîner l'anoxie cellulaire et la mort.
Autres rôles : Filtration de l'air, olfaction, phonation, thermorégulation.
Composantes Anatomiques de l'Appareil Respiratoire
Zones Fonctionnelles
Zone de conduction :
Ensemble des conduits acheminant l'air jusqu'aux bronches et leurs ramifications.
Comprend les voies aériennes supérieures jusqu'aux bronchioles terminales.
Zone respiratoire :
Structures microscopiques où se déroulent les échanges gazeux.
Comprend les bronchioles respiratoires, les canaux alvéolaires et les alvéoles.
Structures annexes : Muscles respiratoires, cage thoracique, plèvres (impliquées dans la mécanique respiratoire).
Système Respiratoire Supérieur
Squelette Nasal
Fosses nasales : Deux cavités osseuses dans le massif facial.
Orifice antérieur : Narines.
Orifice postérieur : Choanes, s'ouvrant sur le rhinopharynx.
Nez externe : Charpente osseuse (os propres du nez) et cartilagineuse.
Septum nasal : Sépare les fosses nasales, composé d'une lame cartilagineuse antérieure et de structures osseuses postérieures (lame perpendiculaire de l'ethmoïde, vomer).
Toit des cavités nasales : Formé par les os sphénoïde et ethmoïde. La lame criblée de l'ethmoïde est perforée pour le passage des filets nerveux olfactifs.
Plancher des cavités nasales : Constitue le palais (palais dur osseux antérieur, palais mou ou voile du palais mobile postérieur).
Cornets et Méats
Cornets : Trois lames osseuses recourbées (inférieur, moyen, supérieur) situées latéralement dans les cavités nasales.
Délimitent des passages appelés méats.
Recouverts d'une muqueuse très innervée et vascularisée, se gonflant alternativement (cycle nasal toutes les 3 à 5 heures).
Rôle : Orienter, filtrer, réchauffer et humidifier le flux aérien.
Méats : Espaces entre les cornets, lieux de drainage des sinus. Le méat inférieur reçoit le canal lacrymal.
Sinus Para-nasaux
Types : Maxillaires, frontaux, ethmoïdaux, sphénoïdaux.
Description : Cavités pneumatiques creusées dans les os de la face et du crâne, en communication avec les fosses nasales et recouvertes d'une muqueuse respiratoire.
Rôles : Réchauffent et humidifient l'air inspiré, produisent du mucus, servent de cavités de résonance pour la voix, allègent le poids des os du crâne.
Muqueuse Nasale (Pituitaire)
Tapisse les surfaces osseuses et cartilagineuses, pénètre dans les sinus.
Muqueuse olfactive : Partie supérieure, contient les cellules du nerf olfactif.
Muqueuse respiratoire : Partie inférieure.
Produit du mucus (97% d'eau, enzymes antibactériennes comme le lysozyme, défensine).
Possède des cils vibratiles.
Contient des terminaisons nerveuses (réflexe d'éternuement).
Richement vascularisée pour le réchauffement de l'air inspiré.
Fonctions en synthèse : Filtre, réchauffe, humidifie l'air.
Pharynx : Carrefour Aéro-digestif
Conduit musculo-membraneux de 13 cm.
Rhinopharynx (cavum, nasopharynx) : Étage supérieur, en arrière des fosses nasales. Contient les végétations adénoïdes et les trompes d'Eustache (équilibration de la pression de l'oreille moyenne).
Oropharynx : Étage moyen, contient la luette et les amygdales palatines.
Hypopharynx (laryngopharynx) : Étage inférieur, en arrière de l'épiglotte, siège de la déglutition.
Déglutition
Phase orale (volontaire) : La langue pousse le bol alimentaire vers le pharynx.
Phases réflexes (pharyngée et œsophagienne) :
Le palais mou et la luette s'élèvent pour fermer le rhinopharynx.
L'épiglotte se referme sur la trachée pour empêcher les fausses routes.
Ouverture du sphincter supérieur de l'œsophage, permettant le passage du bol alimentaire.
Larynx
Conduit de 5 cm entre le pharynx et la trachée.
Structure rigide ostéo-cartilagineuse, ligamentaire et musculaire.
Fonctions :
Protection des voies aériennes inférieures (fermeture par l'épiglotte, réflexe de toux).
Phonation (grâce au cartilage thyroïde et aux cordes vocales).
Cartilages principaux :
Thyroïde : Protège les cordes vocales.
Cricoïde : Anneau complet, base du larynx.
Épiglottique : Se rabat sur l'entrée du larynx pendant la déglutition.
Aryténoïdes : Ancrage des cordes vocales.
Cordes vocales : Fines fibres musculaires qui vibrent à l'expiration pour produire des sons.
Muscles du larynx :
Constricteurs, dilatateurs de la glotte, tenseurs des cordes vocales.
Modifient la longueur des cordes vocales et la dimension de la glotte.
Innervation : Issu du nerf vague (X).
Nerf laryngé supérieur : Rôle sensitif.
Nerf laryngé inférieur (récurrent) : Rôle moteur (sa lésion entraîne une paralysie de la corde vocale correspondante).
Trachée
Conduit fibro-cartilagineux de 12 cm de long (de C6 à T5), 2 cm de diamètre.
Structure :
16 à 20 anneaux cartilagineux en forme de C (ouverts postérieurement) qui maintiennent la lumière ouverte.
Tissu conjonctif élastique entre les anneaux (flexibilité, mobilité, élasticité).
Face postérieure membraneuse (facilite le passage du bol alimentaire dans l'œsophage).
Muqueuse : Épithélium cilié avec cellules à mucus.
Carène : Bifurcation de la trachée en bronches souches.
Rapports anatomiques :
En haut : Larynx.
En arrière : Œsophage.
En avant : Isthme thyroïdien.
Latéralement : Glande thyroïde, artères carotides primitives, veines jugulaires internes, poumons.
Vascularisation : Artères thyroïdiennes inférieures et bronchiques, retour veineux par les veines thyroïdiennes inférieures.
Innervation :
Parasympathique : Contraction de la trachée.
Sympathique : Dilatation de la trachée.
Bronches
La trachée se divise en deux bronches primaires ou bronches souches (BS) qui entrent dans les poumons au niveau du hile.
Bronche souche droite : Plus courte (2,5 cm), plus verticale. Se divise en 3 bronches lobaires (inférieure, moyenne, supérieure). L'inhalation de corps étrangers ou l'intubation sélective est préférentiellement à droite.
Bronche souche gauche : Plus longue (5 cm), plus oblique. Se divise en 2 bronches lobaires (inférieure et supérieure).
Divisions bronchiques : 20 à 25 ordres de conduits aériens, se ramifiant jusqu'aux bronchioles. La surface alvéolaire totale est d'environ 150 m².
Histologie et Subdivisions Bronchiques
La structure histologique des bronches se modifie à mesure qu'elles se subdivisent :
Diminution progressive du cartilage et des cellules ciliées.
Augmentation de la proportion de muscle lisse.
Les bronchioles sont entièrement entourées de muscle lisse circulaire et exemptes de cartilage.
Innervation Bronchique
Les parois bronchiques contiennent des fibres musculaires lisses innervées par le système nerveux végétatif (SNV).
Sympathique : Bronchodilatateur.
Parasympathique : Bronchoconstricteur.
Bronchomotricité : Capacité des bronches à modifier leur calibre sous l'effet du SNV.
La musculature lisse répond également aux variations de CO2 :
Bronchodilatation en cas de concentration élevée de CO2.
Bronchoconstriction en cas de faible concentration de CO2.
Poumons
Organes mous, spongieux, pesant 600 à 700 g chacun.
Constitués de tissu conjonctif élastique (stroma ou interstitium pulmonaire) avec des fibres d'élastine et de collagène.
Séparés par le médiastin.
Enveloppés par la plèvre.
Faces : Interne (hile pulmonaire), externe (contre la paroi thoracique).
Base : Repose sur le diaphragme.
Sommet (apex) : Dépasse la clavicule de 2 cm.
Segmentation Pulmonaire
Les scissures délimitent les lobes pulmonaires.
Poumon droit : 3 lobes (supérieur, moyen, inférieur).
Poumon gauche : 2 lobes (supérieur, inférieur) avec la lingula.
Chaque lobe est divisé en segments (10 par poumon).
Le lobule est l'unité anatomique et physiologique, comprenant une bronchiole terminale, une artériole, une veinule, des bronchioles respiratoires, des canaux alvéolaires, des sacs alvéolaires et des alvéoles.
Alvéole : Unité Fonctionnelle
Environ 300 millions d'alvéoles, offrant une superficie alvéolaire de 150 m².
Paroi alvéolaire très mince, réseau capillaire très dense, favorisant les échanges gazeux.
Paroi Alvéolaire / Histologie
Pneumocytes de type I : Cellules épithéliales plates formant la paroi alvéolaire (interface air/sang de 0,5 à 2 µm).
Macrophages alvéolaires : Fonction de nettoyage à l'intérieur de l'alvéole.
Pneumocytes de type II : Synthétisent le surfactant (à partir du 7ème mois de grossesse).
Le Surfactant
Lipoprotéine tensioactive tapissant la surface interne des alvéoles.
Rôles essentiels :
Diminue la tension superficielle dans les alvéoles, réduisant la force qui tend à les faire se replier.
Augmente la distensibilité pulmonaire (compliance), facilitant les échanges gazeux.
Diminue le travail des muscles inspiratoires.
Maintient les alvéoles ouvertes pendant l'expiration.
Permet la coexistence d'alvéoles de tailles différentes.
Une déficience en surfactant est associée à la maladie des membranes hyalines chez le nouveau-né.
La Plèvre
Séreuse des poumons, composée de deux feuillets indépendants :
Feuillet viscéral : Solidaire des poumons.
Feuillet pariétal : Tapisse la cage thoracique, le médiastin et le diaphragme.
Cavité pleurale : Espace virtuel entre les deux feuillets, contenant une fine lame liquidienne.
Rôles :
Facilite le glissement des feuillets lors des mouvements respiratoires.
S'oppose à leur décollement.
Le feuillet pariétal suit le mouvement de la cage thoracique, et le vide pleural transmet ce mouvement aux poumons.
Notion de Pression Intrapleurale
Le poumon a une propension naturelle à s'affaisser (rétraction élastique).
La pression intrapleurale négative (environ 756 mm Hg au repos, inférieure à la pression alvéolaire de 760 mm Hg) permet au poumon de rester accolé à la paroi thoracique.
Cette différence de pression maintient le poumon contre la paroi thoracique et l'empêche de se rétracter sur lui-même.
Pneumothorax : Pénétration d'air dans l'espace intrapleural, annulant la pression négative et entraînant l'affaissement du poumon.
Vascularisation Pulmonaire
Deux systèmes indépendants :
Circulation fonctionnelle (pulmonaire) :
Assure l'oxygénation du sang (hématose).
Circulation lente à basse pression (TA 15 à 25 mm Hg dans l'artère pulmonaire).
Le ventricule droit (VD) pompe le sang veineux vers les artères pulmonaires, qui se subdivisent en capillaires autour des alvéoles.
Le sang artériel est ramené par les veines pulmonaires vers l'oreillette gauche (OG).
Débit sanguin pulmonaire : 6 L/min.
Circulation nutritive (bronchique) :
Assure la nutrition du tissu broncho-pulmonaire (sauf les alvéoles).
Circulation systémique à haute pression (TA 120/60 mm Hg dans l'aorte).
Les artères bronchiques proviennent de l'aorte thoracique et amènent du sang oxygéné sous haute pression.
Elles suivent le trajet des bronches jusqu'aux bronchioles.
Les veines bronchiques rejoignent les veines azygos, puis la veine cave inférieure.
Comprend également des vaisseaux lymphatiques.
Structures de la Mécanique Respiratoire
Étude des forces qui mobilisent les poumons et la cage thoracique, et des résistances qui s'y opposent.
La Cage Thoracique
Composée de 12 paires de côtes, du sternum et des vertèbres thoraciques.
Côtes :
7 vraies côtes (reliées au sternum par leur cartilage).
3 fausses côtes (unies au cartilage de la 7ème côte).
2 côtes flottantes (terminées par un cartilage libre).
Structure élastique et mobile grâce aux articulations costo-vertébrales (arrière) et cartilages costo-sternaux (avant).
La mobilité de la cage thoracique est fondamentale pour la ventilation.
Rôle : Protection des poumons, du cœur, de la rate, des reins.
Mouvements des côtes : Agissent comme des bras de levier. L'élévation des côtes (par les muscles inspiratoires) projette le sternum vers l'avant et le haut, augmentant le périmètre thoracique (inspiration). L'abaissement est passif.
Muscles Respiratoires
Contiennent des fibres résistantes à la fatigue, se contractant régulièrement.
Participent à : Ventilation, protection du gril costal, tonus de posture, toux, parole, efforts de vomissements.
Muscles Inspiratoires
Diaphragme : Muscle inspiratoire fondamental.
Sépare le thorax de l'abdomen, en forme de double coupole.
Sa contraction abaisse les viscères abdominaux et augmente le volume thoracique (hauteur et diamètre latéral).
Assure 75 à 85 % du volume courant en ventilation calme.
Innervé par le nerf phrénique.
Muscles intercostaux externes et para-sternaux :
Assurent 25 % du volume courant.
Leur contraction soulève les côtes et pousse le sternum vers le haut.
Muscles inspiratoires accessoires : (Interviennent lors d'effort ou d'insuffisance respiratoire)
Scalènes : Fixés sur les cervicales, font levier sur les 2 premières côtes.
Sterno-cléido-mastoïdiens : Attirent le manubrium vers le haut et l'avant.
Favorisent le tirage respiratoire en cas d'insuffisance respiratoire.
Muscles Expiratoires
L'expiration est un phénomène passif en ventilation calme (retour élastique de la cage thoracique).
Elle devient active lors de l'expiration forcée ou de la toux :
Muscles de la paroi abdominale : Transverse et grand droit de l'abdomen, obliques, carré des lombes, petit dentelé. Leur contraction déplace le diaphragme vers le haut, abaisse les dernières côtes, refoule les viscères abdominaux et augmente la pression intra-abdominale.
Muscles intercostaux internes : Abaissent l'arc costal. Ne participent pas à la ventilation calme, mais à l'hyperventilation volontaire ou à l'exercice.
Le Cycle Respiratoire
Inspiration (active) : Contraction du diaphragme et des intercostaux externes. Le thorax s'élargit, les poumons se dilatent.
Expiration (passive) : Relâchement musculaire. La rétraction élastique des poumons et de la cage thoracique ramène l'air vers l'extérieur.
Mécanisme des Échanges Gazeux
Étapes de la Respiration
Ventilation : Arrivée et sortie de l'air dans les poumons (renouvellement de l'air alvéolaire).
Étape alvéolaire : Échanges gazeux entre les alvéoles et le sang par diffusion.
Étape sanguine : Transport des gaz par le système circulatoire.
Étape tissulaire : Échanges gazeux entre le sang des capillaires tissulaires et les cellules.
Mécanique Respiratoire
Étude des forces (contraction musculaire) et des résistances (statiques : compliance ; dynamiques : écoulement de l'air, frottements tissulaires).
Un flux d'air est créé par une différence de pression entre les alvéoles (pression alvéolaire) et l'air extérieur (pression atmosphérique).
Loi de Boyle-Mariotte : À température constante, la pression d'un gaz est inversement proportionnelle à son volume (PV = constante).
Ventilation Pulmonaire et Pressions
La ventilation est un processus mécanique basé sur des variations de volume pulmonaire, entraînant des variations de pression et l'écoulement des gaz.
L'air se déplace toujours des zones de haute pression vers les zones de basse pression.
Pressions en jeu : Pression atmosphérique (760 mm Hg), pression alvéolaire, pression pleurale (756 mm Hg au repos).
Inspiration (Mécanisme Actif)
Contraction des muscles inspiratoires → augmentation du volume de la cage thoracique → augmentation du volume intrapulmonaire → diminution de la pression alvéolaire.
Lorsque la pression alvéolaire devient inférieure à la pression atmosphérique, l'air entre dans les poumons jusqu'à égalisation des pressions.
La ventilation spontanée se fait en pression négative.
Expiration (Phénomène Passif)
Relâchement musculaire → retour de la cage thoracique à sa position initiale → rétraction des poumons (élasticité) → diminution du volume pulmonaire → augmentation de la pression alvéolaire.
Lorsque la pression alvéolaire devient supérieure à la pression atmosphérique, l'air sort des poumons.
En fin d'expiration, la pression alvéolaire redevient égale à la pression atmosphérique.
Facteurs Influant sur la Ventilation
Propriétés élastiques du parenchyme pulmonaire :
Compliance pulmonaire : Facilité du poumon à se laisser distendre (150-200 ml/cm H2O chez l'adulte sain). Une compliance élevée facilite l'inspiration. Elle diminue en cas de fibrose, obstruction (BPCO, asthme) ou pathologie pleurale.
Élastance : Propriété inverse de la compliance, capacité du poumon à revenir à sa position de départ.
Tension superficielle alvéolaire : Force dirigée vers l'intérieur qui tend à faire se replier les alvéoles. L'intégrité du surfactant est cruciale pour la réduire.
Résistance des conduits à l'écoulement des gaz : Friction entre l'air et la surface des voies aériennes. Dépend du diamètre des conduits (augmentée en cas d'asthme, BPCO).
50% des résistances totales proviennent des voies aériennes supérieures.
Les petites voies aériennes (< 2 mm) génèrent peu de résistances.
Modalités de Transport des Gaz
La Cascade de l'O2
Décrit la diminution progressive de la pression partielle d'O2 depuis l'air atmosphérique jusqu'aux cellules.
Étape Alvéolaire : Diffusion des Gaz
Loi de Dalton : La pression totale d'un mélange gazeux est la somme des pressions partielles de chaque gaz. La pression partielle d'un gaz est proportionnelle à son pourcentage dans le mélange.
Composition de l'air alvéolaire : Diffère de l'air atmosphérique car il est filtré, réchauffé, humidifié et mélangé avec l'air résiduel.
Ventilation alvéolaire (VA) : Quantité de gaz atteignant l'alvéole (VA = (Vt – VD) x FR, où VD est l'espace mort physiologique).
Loi de Fick : Chaque gaz diffuse à travers la membrane alvéolo-capillaire selon son propre gradient de pression partielle (d'une zone de Pp élevée vers une zone de Pp basse) jusqu'à égalisation.
Le CO2 est beaucoup plus soluble que l'O2, ce qui compense son gradient de pression plus faible.
Facteurs influençant les échanges gazeux : Superficie des échanges, solubilité et nature du gaz, qualité du surfactant, minceur et intégrité de la membrane alvéolo-capillaire, rapport ventilation/perfusion (VA/Q).
Espace Mort (VD)
Espace mort anatomique : Volume contenu dans les voies aériennes conductrices (environ 150 ml) qui ne participe pas aux échanges gazeux. Rôle physiologique de réchauffement, humidification et filtration.
Espace mort alvéolaire : Alvéoles ventilées mais non perfusées (physiologique ou pathologique).
Espace mort d'appareillage : Volume ajouté par les dispositifs respiratoires.
Zones de West
Localisations du poumon selon le rapport ventilation/perfusion (VA/Q) :
Zone 1 (sommet) : Ventilation > Perfusion.
Zone 2 (partie moyenne) : Zone d'équilibre (alvéoles perfusées et ventilées).
Zone 3 (partie inférieure) : Perfusion > Ventilation.
Étape Sanguine : Transport de l'O2
Loi de Henry : Quand un mélange de gaz est au contact d'un liquide, chaque gaz se dissout en proportion de sa pression partielle et de son coefficient de solubilité. Seule la fraction dissoute participe à la pression partielle.
Formes de transport de l'O2 :
O2 dissous dans le plasma : Faible quantité (0,3 ml d'O2 pour 100 ml de plasma pour une PaO2 de 100 mm Hg). C'est la seule forme directement utilisable par les cellules.
O2 lié à l'hémoglobine (Hb) : 97% de l'O2 est transporté par l'Hb.
L'Hb est une protéine avec 4 chaînes de globine et 4 atomes de fer (hèmes) qui fixent l'O2.
Chaque atome de fer fixe 1 molécule d'O2. Si les 4 sites sont occupés, l'Hb est saturée (SaO2 = 97-100%).
Oxyhémoglobine (HbO2) : Forme de stockage et de transport de l'O2 (liaison réversible).
Désoxyhémoglobine (Hb réduite) : Hb qui a libéré son O2 aux tissus lorsque la PaO2 diminue.
Capacité de fixation d'O2 par l'Hb (pouvoir oxyphorique) : 1 g d'Hb fixe 1,34 ml d'O2. Pour 15 g/dl d'Hb, la capacité est de 20,1 ml d'O2 pour 100 ml de plasma. Au total, le sang transporte environ 20,4 ml d'O2 pour 100 ml de plasma.
Courbe de Barcroft (courbe de dissociation de l'oxyhémoglobine) :
Montre la variation de la saturation de l'Hb en O2 en fonction de la PaO2.
Zone en plateau : PaO2 et SaO2 élevées (capillaires artériels pulmonaires), fixation maximale d'O2 par l'Hb.
Pente raide : PaO2 basse (capillaires tissulaires), perte d'affinité de l'Hb pour l'O2, libération facile d'O2 aux tissus.
Facteurs déplaçant la courbe de Barcroft :
Vers la droite : pH acide, hypercapnie, hyperthermie, augmentation du 2,3-DPG. Diminution de l'affinité de l'Hb pour l'O2, meilleure libération d'O2 aux tissus.
Vers la gauche : Alcalose, hypocapnie, hypothermie, diminution du 2,3-DPG. Augmentation de l'affinité de l'Hb pour l'O2, libération plus difficile d'O2 aux tissus.
Transport du CO2
Le CO2 émis par les cellules passe dans le sang sous 3 formes :
CO2 dissous dans le plasma : 5% (PCO2).
Lié à l'hémoglobine (HbCO2 ou carbhémoglobine) : 30% (combinaison réversible).
Sous forme de bicarbonates (HCO3-) : 65%.
Le CO2 réagit avec l'eau pour former de l'acide carbonique (H2CO3), qui se dissocie en H+ et HCO3-.
Cette réaction est catalysée par l'anhydrase carbonique dans les globules rouges.
Les ions bicarbonates diffusent ensuite dans le plasma et constituent la principale forme de transport du CO2.
Le CO2 est régulé par la respiration, les bicarbonates par les reins (système tampon).
Étape Tissulaire
Échanges gazeux entre les capillaires et les cellules par diffusion selon un gradient de concentration.
O2 : La PO2 sanguine (97 mm Hg) est supérieure à la PO2 cellulaire (40 mm Hg) → l'oxyhémoglobine libère l'O2 qui diffuse dans la cellule.
CO2 : La PCO2 cellulaire (45 mm Hg) est supérieure à la PCO2 sanguine (40 mm Hg) → le CO2 cellulaire pénètre dans le capillaire pour être transporté vers les poumons ou former des bicarbonates.
Éléments de Régulation de la Ventilation
La respiration est autonome, permanente, cyclique et adaptée aux besoins métaboliques. Objectif : maintenir constantes les valeurs de PaO2, PaCO2, pH.
Contrôle de la Respiration
Centres respiratoires : Responsables de la genèse du rythme respiratoire.
Tronc cérébral :
Centre pneumotaxique (protubérance) : Régulation fine, module l'activité des centres bulbaires, adapte la ventilation aux variations de PaO2, PaCO2, émotions, fièvre, etc.
Centres bulbaires : Responsables de l'automatisme respiratoire.
Groupe respiratoire dorsal : Neurones inspiratoires, intègre les informations périphériques.
Groupe respiratoire ventral : Neurones inspiratoires et expiratoires, contient le complexe générateur du rythme.
Cortex : Contrôle volontaire de la respiration.
Automatisme respiratoire : Assuré par les centres bulbaires (15-20 inspirations/min).
Inspiration : Activation des neurones inspiratoires bulbaires → contraction des muscles inspiratoires.
Expiration (calme) : Arrêt de l'activation des neurones inspiratoires.
Expiration (forcée) : Activation des neurones expiratoires → contraction des muscles expiratoires.
Adaptation de l'Activité par des Récepteurs
Mécanorécepteurs (régulation mécanique) : Impliquent les fibres afférentes du nerf vague.
Muqueuse nasale (éternuements), laryngo-trachéal (toux, constriction), pharynx, bronchique (hyperpnée, bronchoconstriction).
Réflexe de Hering-Breuer : Récepteurs à la distension pulmonaire inhibent l'inspiration pour éviter l'hyperinflation.
Récepteurs alvéolaires (pression liquide interstitiel) et thoraciques (adaptent la force de contraction musculaire).
Chémorécepteurs : Transmettent des informations aux centres respiratoires.
Périphériques (crosse de l'aorte, glomus carotidien) : Sensibles aux variations de PaO2, ions H+, acide lactique.
Centraux (bulbe rachidien) : Sensibles aux variations chimiques du LCR, PaCO2, ions H+, acidose.
Réponse ventilatoire :
CO2 : L'hypercapnie stimule l'hyperventilation alvéolaire. L'hypocapnie entraîne l'hypoventilation. Le CO2 est le facteur chimique le plus puissant et le plus étroitement contrôlé.
pH : Une diminution du pH (acidose) stimule l'hyperventilation.
O2 : Une PaO2 < 60 mm Hg stimule les centres respiratoires et entraîne une hyperventilation.
Application chez l'insuffisant respiratoire chronique : La PaCO2 est élevée en permanence, le stimulus principal de la ventilation devient la diminution de la PaO2. L'oxygénothérapie doit être prudente pour ne pas supprimer ce stimulus.
Définitions
Hypoxie : Quantité d'O2 délivrée aux tissus insuffisante par rapport aux besoins cellulaires.
Hypoxémie : Quantité d'O2 transportée dans le sang diminuée (↓ PaO2).
Anoxie : Absence d'apport d'O2 aux cellules.
Causes de l'Anoxie
Anoxie hypoxémique : Défaut d'apport d'O2 par la ventilation.
Anoxie anémique : Défaut de transport de l'O2 (anémie, hémorragie, intoxication au CO, Hb anormale).
Anoxie ischémique : Défaut d'apport de sang aux tissus (ischémie, collapsus).
Anoxie cytotoxique : Pathologie cellulaire empêchant l'utilisation de l'O2 (intoxication au cyanure).
Exploration de la Fonction Ventilatoire
Symboles et Abréviations
PaO2 : Pression partielle artérielle en O2.
PAO2 : Pression partielle alvéolaire en O2.
FIO2 : Fraction inspirée en O2.
EtCO2 : CO2 en fin d'expiration (end tidal).
PaCO2 : Pression partielle artérielle en CO2.
PACO2 : Pression partielle alvéolaire en CO2.
SaO2 : Saturation de l'Hb en O2 dans le sang artériel.
SpO2 : Saturation de l'Hb en O2 mesurée par oxymètre de pouls.
Volumes Pulmonaires
Volume Courant (Vt) : Volume d'air mobilisé à chaque respiration calme (300 à 500 ml au repos, 7 ml/kg).
Volume de Réserve Inspiratoire (VRI) : Volume supplémentaire inspiré au-delà du Vt (2500 à 3000 ml).
Volume de Réserve Expiratoire (VRE) : Volume expiré de façon forcée après une expiration normale (1000 ml).
Volume Résiduel (VR) : Volume statique non mobilisable restant dans les poumons après une expiration forcée (1000 ml). Contribue au maintien de l'ouverture des alvéoles.
Capacités Pulmonaires
Capacité Vitale (CV) : Volume maximal mobilisé d'une inspiration forcée à une expiration forcée (Vt + VRE + VRI = 5000 ml). Une CV < 80% de la valeur théorique est anormale.
Capacité Pulmonaire Totale (CPT) : Somme de tous les volumes (CV + VR = 6000 ml). Volume total que les poumons peuvent contenir.
Capacité Résiduelle Fonctionnelle (CRF) : Volume pulmonaire après une expiration normale (VRE + VR = 2000 à 3000 ml). Le système respiratoire est à l'équilibre.
Spirométrie (Mesure des Débits)
Ventilation minute (VM) : Vt x Fr (fréquence respiratoire). Adulte au repos : 0,5 L x 15 = 7,5 L/min.
Volume Expiratoire Maximum par Seconde (VEMS) : Volume maximal d'air expiré pendant la 1ère seconde d'une expiration forcée après une inspiration forcée (environ 4000 ml). Explore le calibre bronchique et la force expiratoire.
Rapport de Tiffeneau (VEMS/CV) : Normalement 75% de la CV.
Maladies restrictives : VEMS et CV diminués, rapport normal.
Maladies obstructives : VEMS diminué, rapport VEMS/CV inférieur à la normale.
Explorations Fonctionnelles Respiratoires (EFR)
Pneumopathies obstructives : Obstruction des petites voies aériennes, augmentation des résistances. Augmentation de la CRF, CPT et VR (distension pulmonaire). Test aux Bêta-2 mimétiques (Salbutamol) pour évaluer la réversibilité.
Pneumopathies restrictives : Diminution de la capacité pulmonaire totale, de la capacité vitale, CRF et VR (volumes amputés).
Gaz du Sang Artériel (GDS)
Mesure l'efficacité de l'échangeur pulmonaire :
PaO2 : Quantité d'O2 dissoute dans le sang (80-100 mm Hg, dépend de l'âge).
PaCO2 : Quantité de CO2 dissoute dans le sang (35-45 mm Hg, dépend du niveau de ventilation).
pH : Équilibre acido-basique (7,35-7,45).
Bicarbonates : 22-27 mmol/L.
SaO2 : Pourcentage d'O2 transporté par l'Hb par rapport à son maximum (97-100%).
Interprétation :
Hypoventilation : ↓ PaO2, ↑ PaCO2, ↓ pH.
Hyperventilation : ↑ PaO2, ↓ PaCO2, ↑ pH.
DLCO (Diffusion de l'Oxyde de Carbone)
Apprécie la qualité de la membrane alvéolo-capillaire et explore le système respiratoire dans sa globalité (ventilation, diffusion, circulation, hémoglobine).
Une altération du DLCO oriente vers des maladies infiltratives pulmonaires, l'emphysème, ou des maladies vasculaires pulmonaires.
En Synthèse : Intérêt des EFR
Appréciation de la fonction respiratoire.
Diagnostic de l'insuffisance respiratoire.
Distinction entre syndrome obstructif et restrictif.
Évaluation de l'évolution des pathologies et de l'efficacité des thérapeutiques.
Conclusion
L'hématose dépend de plusieurs facteurs interdépendants :
La disponibilité du carburant (O2).
L'intégrité des éléments constitutifs du système respiratoire.
L'efficacité du transporteur d'O2 (hémoglobine).
La performance du moteur (débit cardiaque).
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