Fiche: Urgences Abdominales

50 cards

Fiche détaillée sur les urgences abdominales, incluant hernies, éventrations, traumatismes, occlusions, syndromes infectieux intrapéritonéaux (appendicite, ulcère perforé), douleurs aiguës et chroniques, hémorragies digestives et hypertension portale.

50 cards

Review
Question
À quoi correspond la lettre 'C' dans le protocole ABCDE des traumatismes ?
Answer
C (Circulation) : évaluation de la fonction circulatoire et recherche d'une hémorragie.
Question
Quelle est la "règle des trois 90" pour définir un état de choc hémorragique ?
Answer
C'est un état de gravité défini par : une fréquence cardiaque > 90/min, une pression systolique < 90 mmHg et une saturation en O₂ < 90%.
Question
Quel est le "cercle vicieux mortel" en traumatologie abdominale ?
Answer
C'est la triade coagulopathie, hypothermie et acidose, où chaque facteur aggrave les autres, conduisant rapidement au décès.
Question
En chirurgie de trauma, que signifie le "damage control" ?
Answer
Une stratégie visant à arrêter l'hémorragie le plus vite possible (ex: packing), stabiliser le patient en réanimation, puis ré-opérer dans de meilleures conditions.
Question
Qu'est-ce qu'un "packing hépatique" ?
Answer
Une technique de compression du foie avec des compresses pour arrêter une hémorragie, utilisée en chirurgie d'urgence (damage control).
Question
Quel est le principal risque à long terme après une splénectomie (ablation de la rate) ?
Answer
Le risque d'OPSI (infection fulminante post-splénectomie), une infection bactérienne très grave due à l'immunodépression.
Question
Quels sont les 4 symptômes cardinaux d'une occlusion intestinale ?
Answer
1. Douleurs abdominales
2. Vomissements
3. Arrêt des matières et des gaz
4. Météorisme (ballonnement).
Question
Quelle est la différence entre une occlusion mécanique et un iléus paralytique ?
Answer
L'occlusion mécanique est un obstacle physique, tandis que l'iléus est une paralysie de l'intestin sans obstacle, avec un "silence auscultatoire".
Question
Sur une radio de l'abdomen, comment apparaissent les niveaux hydroaériques du grêle ?
Answer
Ils sont décrits comme des images en "piles d'assiettes", plus larges que hautes et centrées.
Question
Quelle est l'utilité d'une sonde nasogastrique dans la prise en charge d'une occlusion ?
Answer
Elle permet de vider l'estomac (aspiration), ce qui réduit la distension en amont de l'obstacle et prévient les vomissements et inhalations.
Question
Quelle est la cause la plus fréquente d'occlusion intestinale chez un patient ayant déjà été opéré ?
Answer
Les brides ou adhérences post-opératoires, qui peuvent provoquer une torsion de l'intestin.
Question
Qu'est-ce qu'un volvulus ?
Answer
C'est une torsion d'un segment de l'intestin sur son propre axe (mésentère), créant une occlusion et risquant l'ischémie.
Question
Qu'est-ce qu'une péritonite ?
Answer
C'est l'inflammation du péritoine, généralement causée par la perforation d'un organe abdominal et la diffusion de germes dans la cavité.
Question
Quel signe clinique à la palpation est caractéristique d'une péritonite généralisée ?
Answer
La contracture abdominale, une rigidité involontaire et permanente de la paroi, surnommée "ventre de bois".
Question
Quelle est la complication la plus grave des varices œsophagiennes ?
Answer
Leur rupture, qui entraîne une hémorragie digestive haute massive et potentiellement mortelle.
Question
Quelle est la différence entre une défense et une contracture abdominale ?
Answer
La défense est une contraction musculaire volontaire lors de la palpation. La contracture est involontaire, permanente et invincible.
Question
Quel est l'examen d'imagerie le plus performant pour diagnostiquer une péritonite et sa cause ?
Answer
Le scanner (TDM) abdomino-pelvien avec injection de produit de contraste.
Question
Qu'est-ce que l'appendicite aiguë ?
Answer
C'est l'inflammation de l'appendice, débutant par une obstruction de sa lumière, qui peut évoluer vers l'abcès ou la péritonite.
Question
Où se situe la douleur typique de l'appendicite aiguë ?
Answer
Au point de Mc Burney, situé au tiers externe d'une ligne reliant l'épine iliaque antéro-supérieure droite et l'ombilic.
Question
À quoi correspond un "plastron appendiculaire" ?
Answer
C'est une masse dure et douloureuse due à l'agglomération d'organes (épiploon, grêle) autour d'un appendice très inflammé.
Question
Qu'est-ce que le signe du psoas dans le diagnostic de l'appendicite ?
Answer
Une douleur provoquée en fosse iliaque droite par la flexion de la hanche contre résistance, indiquant une irritation du muscle psoas par l'appendice.
Question
Quel est le traitement standard de l'appendicite aiguë ?
Answer
L'appendicectomie, le plus souvent réalisée par laparoscopie (ou coelioscopie).
Question
Quels sont les deux principaux facteurs de risque de l'ulcère gastroduodénal ?
Answer
La prise d'Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS) et l'infection par la bactérie Helicobacter pylori.
Question
Comment est décrite la douleur typique d'une perforation d'ulcère ?
Answer
Une douleur épigastrique brutale, "en coup de poignard", d'intensité maximale dès le début.
Question
Quel signe radiologique est quasi-pathognomonique de la perforation d'un organe creux ?
Answer
Le pneumopéritoine, qui correspond à la présence d'air dans la cavité péritonéale, visible sous les coupoles diaphragmatiques.
Question
Quel est le traitement chirurgical d'un ulcère perforé en péritonite ?
Answer
Une suture de la perforation par laparoscopie, suivie d'un lavage abondant de la cavité péritonéale.
Question
Qu'est-ce qu'une hématémèse ?
Answer
Un vomissement de sang rouge vif, non digéré, signant une hémorragie digestive haute (œsophage, estomac, duodénum).
Question
Qu'est-ce que le méléna ?
Answer
L'émission de selles noires, goudronneuses et nauséabondes, dues à du sang digéré provenant d'une hémorragie digestive haute.
Question
Qu'est-ce qu'une rectorragie ?
Answer
L'émission de sang rouge non digéré par l'anus, indiquant une hémorragie digestive basse (côlon, rectum) ou une hémorragie haute massive.
Question
Quelles sont les deux causes principales d'hémorragie digestive haute ?
Answer
1. L'ulcère gastroduodénal.
2. La rupture de varices œsophagiennes due à l'hypertension portale.
Question
Qu'est-ce qu'une rupture de varices œsophagiennes ?
Answer
L'éclatement de veines dilatées dans l'œsophage, complication grave de l'hypertension portale (souvent liée à la cirrhose), provoquant une hémorragie massive.
Question
À quoi correspond le syndrome de Mallory-Weiss ?
Answer
Une déchirure de la jonction entre l'œsophage et l'estomac, causée par des efforts de vomissements intenses, entraînant une hématémèse.
Question
Quelle est la cause la plus fréquente d'hémorragie digestive basse abondante ?
Answer
L'hémorragie diverticulaire, provenant de la rupture d'un vaisseau sanguin au collet d'un diverticule du côlon.
Question
Qu'est-ce que l'angiodysplasie digestive ?
Answer
Une malformation vasculaire (tache rouge) de la paroi du tube digestif, fragile et pouvant saigner de façon chronique ou aiguë.
Question
Quelle est la priorité absolue devant une hémorragie digestive avec signes de choc ?
Answer
La restauration de la volémie : poser des voies veineuses, perfuser et transfuser pour stabiliser l'état hémodynamique du patient.
Question
Comment définit-on l'hypertension portale (PHT) ?
Answer
Une augmentation anormale de la pression dans la veine porte, définie par un gradient de pression veineux hépatique (HVPG) supérieur à 5 mmHg.
Question
Quel est le premier signe, souvent biologique, de l'hypertension portale ?
Answer
L'hypersplénisme, qui se manifeste par une augmentation de la taille de la rate (splénomégalie) et une baisse des plaquettes (thrombopénie).
Question
Qu'est-ce que l'ascite ?
Answer
C'est un épanchement de liquide dans la cavité péritonéale, une complication fréquente de la cirrhose et de l'hypertension portale.
Question
Quels signes cliniques permettent de suspecter une ascite abondante ?
Answer
Un abdomen distendu avec des flancs bombés, une matité des flancs qui est mobile lors des changements de position, et le signe du flot.
Question
Quel est l'intérêt principal de la ponction d'ascite ?
Answer
Analyser le liquide pour déterminer sa nature (transsudat ou exsudat) et sa cause, et pour rechercher une infection (péritonite bactérienne spontanée).
Question
Quelle est la principale cause d'une ascite transsudative (pauvre en protéines) ?
Answer
La cirrhose hépatique est la cause la plus fréquente, due à l'hypertension portale et à l'hypoalbuminémie.
Question
À quoi correspond une douleur transfixiante ?
Answer
Une douleur "en coup de poignard" qui traverse le corps de l'avant vers l'arrière, typique des atteintes d'organes profonds comme le pancréas.
Question
Quelle est la signification d'un "cri du Douglas" au toucher rectal ?
Answer
Une douleur aiguë lors de la palpation du cul-de-sac de Douglas, indiquant une irritation ou une infection péritonéale pelvienne.
Question
Que recherche le signe de Murphy ?
Answer
Une douleur bloquant l'inspiration profonde lors de la palpation de l'hypochondre droit, caractéristique d'une cholécystite aiguë (inflammation de la vésicule biliaire).
Question
Qu'est-ce que le syndrome de König ?
Answer
Des crises de douleurs abdominales avec des bruits hydroaériques intenses (gargouillis), suivies d'une débâcle (gaz, diarrhée) qui soulage le patient. Il signe une sténose incomplète du grêle.
Question
Quelle est la différence anatomique entre une hernie inguinale et une hernie crurale ?
Answer
La hernie inguinale se situe au-dessus de l'arcade crurale, tandis que la hernie crurale se développe en dessous.
Question
Qu'est-ce qu'une éventration abdominale ?
Answer
C'est une hernie qui se développe sur une cicatrice chirurgicale due à une rupture de la paroi musculaire et aponévrotique.
Question
Quelle est la complication la plus redoutée d'une hernie ou d'une éventration ?
Answer
L'étranglement, où l'intestin souffre par manque de vascularisation, risquant la nécrose.
Question
Quel organe est le plus fréquemment lésé lors d'une contusion directe de l'abdomen ?
Answer
La rate est l'organe plein le plus fragile et donc le plus souvent touché lors d'un choc direct.
Question
Dans le protocole ABCDE, que signifient 'A' et 'B' ?
Answer
A (Airway) : libération des voies aériennes.
B (Breathing) : évaluation de la fonction respiratoire.

Introduction aux Affections Abdominales

Ce document fournit unaperçu de diverses affections abdominales, incluant les hernies, les éventrations, les traumatismesabdominaux, les occlusions intestinales, les syndromes infectieux intra-péritonéaux, et les hémorragies digestives, ainsi qu'une sectiondédiée à l'anatomie du foie et les complications associées à l'hypertension portale, telles que l'ascite.

Hernies

Les hernies se développent à travers un orifice ancien, embryologique, qui s'est reconstitué ou n'a jamais été complètement fermé.

Hernies Crurales

  • Se développent en dessous de l'arcade crurale.

  • Glissent dans le triangle de Scarpa.

  • Sont généralement petites et se développent rarement à la racine de la cuisse.

Hernies Inguinales

  • Se développent au-dessus de l'arcade crurale.

  • Glissent dans le canal inguinal.

  • Chez l'homme, elles rejoignent le scrotum.

  • Chez la femme, elles rejoignent lesgrandes lèvres.

Le traitement des hernies est chirurgical. En cas d'étranglement intestinal (douleur intense, irreductibilité), il s'agit d'une urgence pour éviter la nécrose et la résection de l'intestin.

Éventration (Hernies Incisionnelles)

Les éventrations sont causées par la rupture d'une cicatrice post-chirurgicale, entraînant le passage du contenu abdominal en raison de pressions et tensions excessives.

Facteurs Favorisants

  • Toux, vomissements (particulièrement en post-opératoire).

  • Abcès post-opératoire menant à une mauvaise cicatrisation musculo-aponévrotique.

  • Prise de poids / obésité : favorise l'augmentation de la pression abdominale et la mauvaise cicatrisation.

NB : les éventrations latérales sont plus complexes que les médiales.

Diagnostic

CLINIQUE :

  • Variable selon les circonstances.

  • Grosseur visible ou palpable dans la paroi sous la cicatrice, dont la taille augmente lors de l'effort (ex: défécation, toux).

  • Collet de l'éventration palpable.

Différencier :

  • Éventration réductible.

  • Éventration non-réductible : le contenu adhère aux parois de l'éventration.

Scanner

Aide le chirurgien pour la réparation en fournissant des informations sur :

  • L'expansion de l'éventration.

  • Le contenu du sac herniaire externe.

  • La position et la rétraction des muscles.

=> Le scanner n'est PAS pour le diagnostic initial.

Complications

  • Augmentation de la taille (surtout à l'effort).

  • Étranglement : risque de souffrance abdominale, potentiellement fatal chez les patients fragiles (obèses, diabétiques, âgés).

Traitement (TTT)

Réparation chirurgicale :

  • Pneumopéritoine préopératoire : Utilisé pour les grosses éventrations afin d'augmenter la capacité de la cavité abdominale avant de remettre le contenu en place. Rééducation respiratoire prescrite en post-opératoire.

  • Laparotomie : Opération à ventre ouvert, limitée aux petites éventrations, avec des résultats jugés moins bons.

  • Aponévroplastie simple avec prothèse non résorbable : La prothèse est insérée dans deux plans (souvent en inter-musculaire, mais intra-péritonéal est associé à plus de complications).

  • Coelioscopie : Pourles petites éventrations.

Traumatismes de l'Abdomen

Épidémiologie et Caractéristiques

  • Fréquence : Rare ( des admissions aux urgences), mais potentiellement très grave,voire mortel, surtout en cas de lésion des viscères intra-abdominaux.

  • Présentation : Variable et évolutive. Un tableau rassurant initialement peut s'aggraver rapidement.

Circonstances et Mécanismes

  • Circonstances : Accidents de la voie publique (AVP), accidents de sport, accidents de travail, accidents domestiques, tentatives de suicide.

  • Mécanismes :

    • Décélération brutale : Arrachement des organes les plus lourds (foie,rate) attachés aux gros vaisseaux, entraînant des plaies veineuses hémorragiques.

    • Contusion directe : Choc direct sur l'abdomen, affectant la rate (surtout), un estomac plein, ou la vessie.

    • Chute de hauteur : Lésions hépatiques, souvent associées à des fractures du bassin/fémur.

    • Guidon de vélo : Lésions pancréatiques.

    • AVP ceinturé : Atteinte des viscères creux (grêle, côlon).

Organes Lésés et Gravité

  • Fréquence des lésions : Organes pleins >> Organes creux.

    1. Rate : Organe fragile, souvent associée à des fractures decôtes (25%).

    2. Foie : Volumineux, donc fréquemment touché.

    3. Rétropéritoine : Gros vaisseaux, hématomes.

    4. Rein : Organe plein.

    5. Organes creux : Grêle, vessie, vaisseaux mésentériques, côlon, duodénum, pancréas (rarement).

  • Gravité : Les principales causes de décès par trauma sont les neurotraumatismes (40-50%) et les hémorragies (30-40%, dont 2/3 abdominales).

Protocole de Prise en Charge (ABCDE)

Le protocole ABCDE est crucial pour les traumatismes graves :

  • A : Airway with C-spineprotection : Libérer et protéger les voies aériennes, suspicion de lésion cervicale.

  • B : Breathing : Évaluer la fonction respiratoire (fréquence respiratoire normale: 20/min).

  • C : Circulation : Évaluer la fonction circulatoire,rechercher des hémorragies (tension, FC, pâleur).

  • D : Disability : Évaluer la fonction neurologique (mobilité, sensibilité, motricité).

  • E : Exposure, Environnement : Déshabiller, examiner complètement, prévenir l'hypothermie.

Critères de Gravité : Choc Hémorragique

Signes de choc hypovolémique/hémorragique (règle des trois 90) :

  • Tachycardie : Pouls > 90/min (normal : 60-70/min) ; peut atteindre 140/min en cas d'hémorragie sévère.

  • Hypotension : Tension artérielle systolique < 90 mmHg.

  • Hypoxie : Saturation en O2 < 90%.

Signes cliniques supplémentaires : pâleur des conjonctives, agitation, froideur des extrémités (vasoconstriction), hypothermie (signe plus tardif).

Conduites à Tenir en Cas deChoc

Un patient en choc avec signes de gravité nécessite une prise en charge urgente, souvent en "déchocage" dans un centre spécialisé.

  • Stabilisation initiale : Intubation si nécessaire, amines vasoactives, perfusion (pour maintenir la volémie), transfusion(sang O- sur le lieu de l'accident si besoin).

  • Examens Gold Standard (en < 30min) :

    • Radio pulmonaire : Recherche d'atteinte pulmonaire/thoracique.

    • Écho FAST: Recherche d'épanchement thoRaco-péritonéal.

Deux Scénarios Post-Stabilisation :

  • Patient ne répondant pas aux manœuvres : Opération dans les 30 minutes, laparotomie (incision médiale) et traitement de l'hémorragie.

  • Patient déchoqué et stable (épanchement modeste, TA > 12, FC < 90) : Scanner/TDM pour bilan plus précis.

Il faut opérer rapidement pour éviter le cercle vicieux mortel : hémorragie -> transfusion -> hypotension, lésions tissulaires, polytransfusion -> coagulopathie (perte de la capacité de coagulation aggravée par hypothermie, acidose, hypocalcémie).

Déroulement Chirurgical d'Urgence

Le but est d'arrêter l'hémorragie le plus vite, simplement et efficacement possible, puis de réchauffer le patient en réanimation pour l'opérer dans de meilleures conditions (ré-opération 12-24h après).

  • Saignement d'organes :

    • Retirer les organes si possible (ex: rate) ou contrôler le saignement.

    • Pour des organes non-retirables (ex: foie), utiliser le packing (compression péri-hépatique avec des compresses).

  • Fermeture temporaire (Laparostomie VAC) :

    • Garde l'abdomen ouvert.

    • Utilise un système d'aspiration pour maintenir les parois abdominales.

    • Permet d'éviter le syndrome du compartiment abdominal et réduit les traumatismes tissulaires.

Surveillance et Indications de Traitement

  • Patient hémodynamiquement stable : Pas d'opération immédiate, bilan complet.

  • 80% des traumas abdominaux : Surveillance en milieu chirurgical après un scanner abdominal.

  • Conditions de surveillance :

    • TA stable : >11-12.

    • Absence de doute sur une autre lésion.

    • Surveillance toutes les 4-6h pendant 24h.

    • Scanner et embolisation disponibles en permanence.

    • Chirurgie possible en moins de 30 minutes.

    => Nécessite une collaboration multidisciplinaire et une communication intense.

Surveillance du Tractus Digestif (TD)

  • Lésions du TD : Rares (3% des traumas abdominaux), difficiles à diagnostiquer au scanner, signes souvent différés.

  • Signes importants :

    • Ecchymoses pariétales : Risque d'atteinte du TD x9-10.

    • Signes de péritonite (perforation digestive) : Apparaissent en quelques heures (fièvre, modification du transit, douleur, défense, contracture).

  • Explorations : Scanner (peut avoir des faux négatifs), coelioscopie exploratrice.

Surveillance de la Rate

Surveillance accrue pour éviter la splénectomie, surtout chez l'enfant en raisondu risque d'OPSI (Overwhelming Post-Splenectomy Infection), une infection fulgurante grave nécessitant antibiothérapie et vaccination.

  • Embolisation : Réduit le risque de rupture et de splénectomie en bouchant l'artère splénique touten permettant un apport sanguin suffisant via d'autres artères.

Surveillance du Foie

  • Complications post-traumatiques :

    • Reprise de l'hémorragie : Traitement par embolisation.

    • Hématome sous-capsulaire : Douleur, opération secondaire si volumineux.

    • Bilôme et abcès : Surinfection, fuite de bile, douleur, fièvre. Traitement par radio-interventionnel.

    • Hémobilie : Sang dans les voies biliaires, caillots.

    • Fistule artério-veineuse ou bilio-veineuse (rare) : Embolisation si artério-veineuse, la bilio-veineuse se résolvant souvent spontanément.

Surveillance du Pancréas

  • Signes différés de pancréatite : Inflammation aiguë, fièvre, douleur, troubles du transit (12-24h après le trauma).

  • Diagnostic : Dosage des lipases.

  • Gravité : Atteinte du canal de Wirsung (IRM).

  • Traitement non-opératoire : Identique à une pancréatite aiguë (gestion douleur, renutrition, surveillance scanner).

  • Traitement opératoire : Si atteinte du canal de Wirsung.Pancréatectomie (si lésion à gauche de la veine porte) ou drainage (si lésion à droite).

Occlusions Intestinales

Les occlusions intestinales sont des urgences fréquentes et graves. 90% des causes principales sont les hernies, lescicatrices post-opératoires et les tumeurs.

Mécanismes et Types

  • Tumeurs : Surtout du sigmoïde, côlon et rectum (rarement grêle). Provoquent une dilatation de l'intestin en amont de l'occlusion et des vomissements fécaloïdes.

  • Anomalies anatomiques congénitales : Peuvent se développer à l'âge adulte.

  • Cicatrices et adhérences post-opératoires : L'intestin se colle à la paroi, les mouvements péristaltiques peuvent provoquer une torsion, une dilatation de l'anse et une ischémie pouvant mener à une nécrose.

  • Invagination : L'intestin rentre sur lui-même (plus fréquent chez l'enfant, chez l'adulte souvent lié à des tumeurs).

  • Ingestionde produits : Contexte psychiatrique.

  • Fécalome : Matière fécale compactée, souvent chez les personnes âgées, causant une occlusion au niveau du côlon terminal ou du rectum.

Le diagnostic peut être difficile initialement car l'air etles matières fécales persistent pendant les premières heures.

Iléus Paralytique

Diffère de l'occlusion par l'absence d'obstacle mécanique.

  • Caractéristiques : Silence à l'auscultation (intestin paralysé),pas d'arrêt mécanique.

  • Traitement : Médical, faible risque de nécrose ou de perforation.

  • Étiologies : Déséquilibre électrolytique (hypokaliémie), post-laparotomie/coelioscopie, coliques néphrétiques, pancréatite aiguë, traumatismes médullaires, médicaments (chimiothérapie, morphine), laparotomie écourtée (damage control).

Étiologies de l'Occlusion Intestinale

Exogènes

  • Bézoard : Conglomérat de fibres alimentaires.

  • Iléus biliaire : Passage d'une grosse lithiase de la vésicule biliaire vers le duodénum puis l'intestin grêle, se coinçant dans l'iléonterminal.

  • Fécalome : Accumulation et durcissement de matières fécales compactées; peut causer une péritonite par perforation.

Embryologiques (rares)

  • Malformations intestinales : Ex: volvulus du cæcum.

  • Modifications anatomiques du mésentère commun : Malrotation intestinale.

  • Diverticulite de Meckel : Petit appendice de l'iléon terminal pouvant provoquer une occlusion.

Inflammatoires

  • Maladie de Crohn : Inflammations répétées de l'intestin grêle conduisant à des rétrécissements.

  • Diverticulite : Inflammation d'un diverticule sigmoïdien entraînant une sténose cicatricielle.

Tumeurs

Plus fréquentes au niveau du côlon et du rectum, rarement du duodénumet de l'intestin grêle.

Hernies

  • Inguinales et crurales : L'intestin se coince dans le trajet (canal déférent chez l'homme, passage des vaisseaux fémoraux chez la femme).

  • Internes, intra-abdominales (rares).

Cicatrices (=brides)

Patients post-opératoires, radiothérapie, endométriose intestinale.

90% des occlusions sont dues aux hernies, aux causes post-opératoires et aux tumeurs.

Symptômes de l'Occlusion Intestinale

  • Douleur abdominale : Variable, pouvantêtre une crampe intermittente.

  • Vomissements : Les vomissements fécaloïdes sont les plus graves. Plus l'obstacle est bas, plus la couleur est foncée (gastrique < bile < intestin < fécaloïde).

  • Arrêt du transit : Partiel au début, puis complet.

  • Ballonnement abdominal.

Symptômes Secondaires :

  • Ondulations péristaltiques sous-cutanées : Visibles chez les patients minces.

  • Diminution des bruitshydro-aériques.

  • Syndrome de déshydratation : Soif, hypotension, oligurie, asthénie.

  • Pas de fièvre, sauf en cas de péritonite.

Signes Radiologiques

  • Radiosimple (abdomen sans préparation) : Montre les niveaux hydro-aériques.

  • Scanner : Plus détaillé, montre l'étiologie et les conséquences de l'occlusion, permettant un diagnostic complet.

Traitement Symptomatique etÉtiologique

  • Symptomatique :

    • Hospitalisation, jeûne strict.

    • Traitement intraveineux (hydratation en tenant compte de l'ionogramme sanguin).

    • Antalgiques.

    • Sonde naso-gastrique (SNG) : Réduit la distension, aspire les sécrétions, prévient l'inhalation.

  • Traitement selon l'étiologie :

    • Inflammation (ex: diverticulose sigmoïdienne) : Antibiothérapie IV à forte dose.

    • Tumeur : Prothèse par voie endoscopique si accessible.

    • Maladie de Crohn : Immunosuppression.

  • Chirurgie : Nécessaire si l'intestin est complètement bloqué (ischémie, nécrose). Résection de la zone nécrosée. Colostomie ou iléostomie (temporaire) si l'intestin est trop inflammatoire ou abîmé.

Examen Clinique (Abdominal)

  • Inspection : Ondulations péristaltiques ? Ballonnement ? Cicatrices ? Orifices herniaires ? Vomissements ? Contenu de la SNG ?

  • Palpation : Zones douloureuses ?

  • Interrogatoire : Début, présence de tumeur, rectorragies, amaigrissement récent ?

Diagnostic différentiel selon la localisation :

  • Occlusion haute (rare) : Pas de niveaux hydro-aériques à la radio, scanner etinterrogatoire nécessaires.

  • Occlusion de l'intestin grêle (jeune) : Hernie ou cicatrice, vomissements précoces abondants.

  • Occlusion colorectale (âgé) : Ballonnement important, vomissements tardifs, mauvaise haleine.

Une fois le diagnostic établi, mettre en place une SNG, une sonde urinaire, une perfusion et des antalgiques.

Syndrome Infectieux Intra-Péritonéal (ISS)

L'ISS est un pronostic sévère pouvant évoluer rapidement vers un choc septique. En cas de doute, l'examen doit être répété quelques heures après.

Physiopathologie de l'ISS

Pour qu'un patient développe un ISS, plusieurs phénomènes doivent se produire :

  1. Obstruction : Ex: stercorite obstruant l'appendice.

  2. Inflammation.

  3. Abcès.

  4. Perforation (= fistulisation) : Souvent dans la cavité abdominale, menant à une péritonite localisée ou généralisée. Les mouvements du diaphragme amplifient la diffusion de l'infection.

Étiologies

  • Perforations Oesophagiennes : Syndrome de Boerhaave (vomissements intenses), ulcères gastriques/duodénaux (liquides gastriques acides).

  • Cholécystites aiguës : Nécrose de la vésicule biliaire, avec ou sans perforation.

  • Diverticule de Meckel : Contient de la muqueuse gastrique, pouvant perforer.

  • Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin (MICI) : Crohn, RCUH.

  • Infarctus intestinal : Thromboses des vaisseaux mésentériques.

  • Appendicite : Péritonite au stade terminal.

  • Diverticulose sigmoïdienne : Surtout diverticulites perforées.

  • Cancer côlon/rectum : Par perforation.

  • Traumatisme abdominal : Ouvert ou fermé.

  • Ingestion accidentelle : Arrêtes depoisson, aiguilles.

  • Perforations iatrogènes : Endoscopiques (souvent bénignes) ou post-opératoires (plus graves, avec fuite au niveau des anastomoses).

Symptômes Cliniques

  • Fièvreet frissons : Minimum C (rarement péritonite sans fièvre).

  • Douleur et/ou inconfort abdominal : Aggravée par les mouvements (toux, flexion de hanche), la palpation.

  • Anorexie : Associée à nausées/vomissements.

  • Iléus : Peu de transit et de gaz. Parfois diarrhées en cas d'ischémie.

  • Palpation : Défense, défense inversée, augmentation de la tension musculaire.

Comparaison entre infection localisée et généralisée :

Infection localisée

Infection généralisée

Fièvre C.

Fièvre C.

Douleur et défense localisées (ex: appendicite à droite, sigmoïdite gauche).

Douleur diffuse.

Défense avec rebond localisée.

Teint terreux, rigidité, défense abdominale généralisée.

Choc septique : marbrures, cyanose, tachycardie.

Examen du Patient avec Douleur Abdominale

Conditions préalables :

  • Mains chaudes, environnement respectueux, empathie, explications claires.

Étapes de l'examen :

  • Inspection : Positiondu patient (fléchie), abdomen distendu, jaunisse, cicatrices.

  • Auscultation : Bruits intestinaux. Silence en cas de péritonite.

  • Percussion : Hypermatité (liquide), matité mobile (liquide).Hypersonorité hépatique (pneumopéritoine).

  • Palpation : Toujours commencer par les zones les moins douloureuses. Massa inflammatoire, défense, contracture.

  • Orifices herniaires : Rechercher des occlusions.

  • Toucher Rectal (TR) ou Vaginal (TV) : Uilisé pour rechercher des douleurs dans le pli péritonéal ou des masses inflammatoires.

Points Clés de Palpation :

  • Point de Mc Burney : externe de la ligne reliant la crête iliaque à l'ombilic (appendicite).

Variabilités des Symptômes

  • Bébés : Souvent difficiles à examiner (troubles digestifs, diarrhées, fièvre persistante, altération de l'état général). L'échographie est indiquée.

  • Personnes âgées : Altération de l'état général, peu symptomatiques.

  • Patients obèses : Examen clinique difficile (graisse importante, défense peu identifiable).

  • Patients immunodéprimés : Symptômes atténués (peu de défense, pas de fièvre). Le scanner est essentiel si douleurs abdominales.

Radiologie

  • Radio X (cliché abdo sans préparation) : Ne visualise qu'un gros pneumopéritoine.

  • Échographie : Performante pour infections localisées chez sujets minces (salpingite, cholécystite, appendicite), épanchement liquidien en cas de péritonite généralisée.

  • Scanner : Le plus performant, visualise petitsépanchements, ulcères, pneumopéritoine. Peut être négatif en cas d'infection sévère.

Biologie

  • CRP (C-Reactive Protein) : >100 en cas d'infection péritonéale, 20-50 pour appendicite.

  • Leucocytose : >12000 g/L en cas de péritonite généralisée, >10000 g/L pour appendicite.

Deux Types d'Infection Intra-Péritonéale : Appendicite et Péritonite due à Perforation d'Ulcère Gastrique

Appendicite

L'appendicite est une inflammation de la muqueuse appendiculaire, puis de la séreuse et potentiellement du péritoine.C'est la deuxième urgence abdominale chirurgicale la plus fréquente.

Évolutions possibles :

  • Guérison spontanée (mais récidives fréquentes, donc appendicectomie).

  • Phlegmon (gros abcès localisé).

  • Plastron (appendice recouvert par le grand épiploon).

  • Péritonite (contracture et défense généralisées).

Symptômes :

  • Douleur intense et permanente à la palpation du point deMc Burney.

  • Signe du Psoas : Douleur à l'extension ou flexion de la hanche droite contre résistance.

  • Signe de Blomberg : Douleur droite en palpant le côté gauche.

  • Défense localisée au pointde Mc Burney.

  • Pas de signes urinaires (sauf localisation particulière).

  • TR ou TV : Douleur localisée à droite.

Variations selon la localisation :

  • Rétro-caecale : Signe du Psoas ++, moins de péritonite généralisée.

  • Sous-hépatique : Douleur à l'hypochondre droit.

  • Pelvienne : Signes urinaires (dysurie, pollakiurie).

  • Mésocoeliaque : Diagnosticdifficile, douleur péri-ombilicale, péritonite généralisée fréquente.

  • Amyand : Passage de l'appendice dans une hernie, douleur et infection au niveau de l'aine.

Variations selon les patients :

  • Bébés : Gastro-entérite fébrile.

  • Femmes enceintes : Douleur à l'hypochondre droit, diagnostic et chirurgie complexes.

  • Personnes âgées : Appendicite sub-occlusive, transit ralenti, ballonnement, fièvre.Scanner essentiel.

  • Patients immunodéprimés : Peu de symptômes au début, tableau explosif au stade terminal.

Biologie et Radiologie :

  • Biologie : Globules blancs > 10 G/L, CRP augmentée (>15-20 au début, >100-200 en cas de péritonite).

  • Radiologie :

    • Radio pulmonaire (DD pneumopathie basale droite).

    • Échographie (enfants, sujets minces) : Appendice >1cm, douleur à la sonde, plastron, abcès, liquide intrapéritonéal (Douglas, HD).

    • Scanner : Le plus précis, mais irradiant (IRM privilégiée).

Traitement :

  • Laparoscopie : Traitement de choix. Coagulation du mésoappendice, ligature ou clip à la base de l'appendice.

  • Incision de Mc Burney (ouverte) : Siplastron appendiculaire. Moins de dégâts pariétaux, cicatrisation simple.

  • Antibiotiques (non-chirurgical) : En cas de phlegmon/plastron pour tenter d'éviter la chirurgie immédiate.

Ulcère Gastrique ou Duodénal Perforé

Provoque un tableau de péritonite généralisée.

Étiologies :

  • Prédisposition génétique, stress physiologique intense.

  • Maladie ulcéreuse connue, infection Helicobacter pylori.

  • AINS (Anti-inflammatoires non stéroïdiens) +++.

  • Tabagisme, certains cancers.

Présentation clinique :

  • Douleur épigastrique brutale, d'emblée maximale, segénéralisant (à cause du liquide gastrique acide).

  • Patient en position fœtale.

Examen :

Dépend de la taille de la perforation, de la contamination bactérienne et du délai. Plus le délai est long, plus la péritonite est généralisée.

  • Abdominal : Défense ou douleur généralisée/localisée, défense inversée, contracture abdominale généralisée (surtout sus-ombilicale).

  • Percussion :Sonorité pré-hépatique (signe de pneumopéritoine).

  • Auscultation : Intestin sidéré (iléus, pas de bruit).

  • Nausées, vomissements.

  • Symptômes de choc septique (tachycardie, hypotension, anurie, marbrures cutanées).

Mesures d'urgence :

  • Voies veineuses périphériques, traitement de la douleur.

  • Bilan biologique (NFS, électrolytes, créatinine, coagulation, amylase, lipases).

  • Hydratation, groupage sanguin.

Radio et Traitement :

  • Radio : Abdomen sans préparation (ASP) pour air libre (pneumopéritoine), scanner pour liquide et air.

  • Aspiration du contenu gastrique, drogues anti-sécrétoires (INIPOMP, MOPRAL), antibiotiques.

  • Traitement chirurgical par laparoscopie : Lavage, fermeture et suture de la perforation.

Suivi :

  • Arrêt des AINS etdu tabac.

  • Gastroscopie à 1 mois : recherche et traitement de H. pylori, dépistage de cancer.

Douleur Abdominale Aiguë : Étape Initiale

Face à une douleur abdominale aiguë, il faut évaluer lagravité : choc, tachycardie, collapsus, déshydratation, abdomen souple ou non, origine (digestive ou extra-digestive) et se méfier des antalgiques qui peuvent masquer les signes.

Interrogatoire (80% du diagnostic)

Irradiation dela douleur :

  • Transfixiante (coup de poignard) : Organes profonds (pancréas, duodénum, aorte).

  • Postérieure et ascendante (épaule droite) : Foie et voies biliaires.

  • Ascendante (épaule gauche) : Rate, hémopéritoine, queue du pancréas.

  • Basse (voies génitales) : Colique néphrétique.

Type de douleur :

  • Crampes : Contraction ou torsion fixe et permanente (estomac, pancréas).

  • Coliques : Torsions successives avec acmé et accalmie (organes creux).

  • Brûlures : Inflammation muqueuse.

Intensité :

  • Coup de poignard : Perforation, pancréatite aiguë.

  • Atroce et permanente : Ischémie des artères digestives (infarctus mésentérique).

  • Térébrante rebelle aux antalgiques : Envahissement du plexus nerveux (pancréas).

Évolutions :

  • D'emblée maximale : Grave (perforation, ischémie, rupture).

  • Rapide (quelques minutes/heures) :Obstacle, ischémie, torsion.

  • Progressive : Foyer inflammatoire digestif non compliqué, obstruction en constitution.

Facteurs :

  • Aggravants : Toux (foyer intrapéritonéal), inspiration profonde (cause sus-mésocolique, VB), marche (pelvien) etc.

  • De Soulagement : Repos (foyer intrapéritonéal), vomissements (estomac, occlusion), alimentation (ulcère), antéflexion (pancréas).

Examen Physique

Rechercher :

  • Signes généraux et de gravité.

  • Couleur de la peau (ictère, pâleur, cyanose).

  • Cicatrices abdominales (adhérences).

  • Orifices herniaires (réductibles ?).

  • Signes péritonéaux (péritonite, ventre de bois).

  • Météorisme (excès d'air, tambour à la percussion).

  • Auscultation : Souffle digestif (sténose).

TR :

  • Recherche de prostatite, cancer du rectum.

  • Cul-de-sac de Douglas : Douleur et bombement (pus) en cas de péritonite.

Palpation :

  • Point de Mc Burney (appendicite).

  • Zone de Murphy (colique biliaire).

  • Défense (conflit intra-abdominal).

  • Contracture (péritonite).

  • Tympanisme (météorisme).

Percussion :

  • Matité (liquide).

  • Silence (inquiétant : occlusion par strangulation, ischémie mésentérique, iléus paralytique).

Auscultation :

  • Bruits hydro-aériques intenses (obstacles incomplets).

  • Souffle (Anévrisme de l'Aorte Abdominale (AAA), compression vasculaire).

Étiologies des Douleurs Abdominales

Douleurs Diffuses avec Signes de Gravité (Hospitalisation)

  • Palpation anormale : Hémorragie intrapéritonéale, péritonite aiguë, syndrome occlusif, syndrome septique, AAA.

  • Abdomen souple, mais patient grave : Ischémie aiguë mésentérique, pancréatite aiguë grave.

  • Causes extra-digestives :Pneumopathie, infarctus du myocarde, dissection aortique.

Douleurs Diffuses Sans Signes de Gravité (Chercher le point de départ)

  • Hypochondre Droit (HCD) : Colique hépatique, cholécystite, colique néphrétique, pyélonéphrite aiguë, colite aiguë droite, appendicite rétro-caecale.

  • Fosse Iliaque Droite (FID) : Appendicite, iléite terminale, diverticulite caecale/côlon droit, diverticulite sigmoïdienne, tumeur caecale, abcès tubo-ovarien, rupture de GEU, torsion d'ovaire.

  • Hypochondre Gauche (HCG) : Diverticulite sigmoïdienne, pancréatite caudale, colique néphrétique,PNA, infarctus rénal, rate (infarctus, abcès, rupture).

Pièges Métaboliques et Génétiques

Génétiques (rares) :

  • Fièvre méditerranéenne, œdème angioneurotique, porphyries aiguës.

Métaboliques :

  • Acidocétose diabétique, hypercalcémie, insuffisance surrénale aiguë.

Bilan Complémentaire

  • Biologique : NFS-plaquettes (GB, CRP),ionogramme sanguin, urée, créatinine, calcémie, glycémie, TP, TCA, lipasémie, bilan hépatique, bandelette urinaire, B-HCG, ECG.

  • Échographie : Utile en urgence, mais ne suffit pas pour le diagnostic.

  • TDM (scanner) avec ou sans injection : Très performant, surtout chez les personnes âgées, immunodéprimées, obèses. Diagnostique diverticulites, pancréatites, ischémies.

Douleurs Abdominales Chroniques

Étiologie

  • Viscérales digestives : Similaires aux douleurs aiguës, mais durables. Ex: inflammation de l'iléon terminal (maladie de Crohn) pouvant causer un Syndrome de König.

  • Urologiques et Gynécologiques.

  • Métaboliques et Génétiques (rares) : Souvent des urgences masquées. Douleur diffuse, difficile à localiser, associée à constipation, vomissements, signes extradigestifs.

  • Endocriniennes : Insuffisance surrénaleaiguë, phéochromocytome, crise thyrotoxique, acidocétose diabétique.

  • Pariétales (1/10 des douleurs chroniques) : Surtout chez la femme, diagnostic difficile.

    • Signe de Carnett positif (douleur accrue par la contraction des muscles abdominaux).

    • Zona, neuropathies (diabétiques), ACNES (compression du nerf cutané abdominal), atteintes des nerfs cutanés latéraux, douleurs musculaires, rhumatologiques (fractures de côtes).

Hémorragies Digestives

Introduction

Saignement dans la lumière du tube digestif, extériorisé sous différentes formes :

  • Hématémèse : Vomissement de sang rouge.

  • Méléna : Selles noires, poisseuses, goudronneuses (sang digéré).

  • Rectorragie : Sang rouge émis par l'anus (peut provenir de plus haut, mais souvent du côlon ou du rectum).

Anémie :

  • Aiguë : Choc, hypotension, tachycardie, déshydratation.

  • Chronique : Hémorragie digestive sans extériorisation, souvent par carence martiale.

Il faut différencier d'autres causes de couleur rouge : hémoptysie (sang bronchique), épistaxis dégluti, occlusion (stase gastrique), ingestion de vin ou betterave, traitement martial (selles noires, mais non goudronneuses).

Évaluation de laGravité et Prise en Charge

  • Tolérance Hémodynamique : Pouls, tachycardie/hypotension, signes de choc, lipothymie.

Si état hémodynamique grave : Hospitalisation d'urgence, 2 voies veineuses périphériques de bon calibre, NFS (dosage de l'hémoglobine).

Prise en charge du patient :

  • Interrogatoire : Quantifier l'HD, rechercher médicaments gastrotoxiques (AINS, aspirine), antécédents (cirrhose, hypertension portale), terrain clinique.

  • Examen clinique : Signes de choc, syndrome anémique, HTP, insuffisance hépatocellulaire, état général. TR essentiel (confirmer rectorragie/méléna, recherchercancer).

Hémorragies Digestives Hautes (Oesophage, Estomac, Duodénum)

  • Hématémèse, méléna, rectorragie (signe de gravité).

  • Deux causes principales: Ulcère Gastroduodénal et Hypertension Portale.

Ulcère Gastro-Duodénal (UGD) (30%) :

  • Mortalité 10%, pas de sémiologie typique.

  • Souvent chez les personnes âgées (difficulté à verbaliser les symptômes).

  • Rechercher AINS, médicaments gastrotoxiques, Helicobacter pylori.

  • Localisations : Estomac (peut évoluer en cancer), duodénum (gravité siface postérieure du bulbe, touchant l'artère gastro-duodénale).

  • Physiopathologie : Perte de la muqueuse jusqu'à la musculeuse.

  • Traitement : Hémostase mécanique (endoscopique), adrénaline.

  • Classification de Forrest : Évalue le risque de récidive (Forrest Ia et Ib = risque 55%, nécessitent un traitement agressif).

Hypertension Portale (HTP) (20%) :

  • Mortalité 20%, cause principale : cirrhose.

  • Provoque :

    • Rupture de varices œsophagiennes : Signes d'HTP ou d'insuffisance hépatocellulaire. Traitement endoscopique (ligation, sclérose).

    • Varices cardio-tubérositaires : Saignement en jet, traitement endoscopique.

    • Gastropathie d'HTP : Saignement chronique, anémie ferriprive.

Autres étiologies :

  • Syndrome de Mallory-Weiss : Efforts de vomissements avant l'hématémèse.

  • Œsophagite peptique : RGO, brûlures, ulcérations.

  • Cancer : Œsophage (épidermoïde, adénocarcinome), estomac (polypoïde, ulcères dégénérés).

  • Gastrites AINS : Ulcères, érosions, saignements graves.

  • Fistule aorto-digestive : TDM et pose de prothèse vasculaire en urgence.

  • Angiodysplasie, exulcération simplex de Dieulafoy, hémorragies biliopancréatiques, post-actes endoscopiques.

Principales artères à surveiller : gastro-duodénale (bulbe), coronaire stomachique (petite courbure).

Hémorragies Digestives Basses (Côlon, Rectum, Anus)

  • Méléna (plutôt côlon), rectorragie.

  • Trois causes principales : Diverticulaire, Angiodysplasie, Colite Ischémique.

Diverticulaire :

  • Hernie de la muqueuse, touche les vaisseaux, saignement important mais indolore.

  • Fréquent chez les femmes âgées, aggravé par AINS, antiagrégants, AVK.

  • Arrêt spontané dans 80% des cas.

Angiodysplasie :

  • Ectasie vasculaire (tâche vasculaire) qui saigne sous pression.

  • Saignement non grave, chez l'homme âgé, insuffisant rénal, valvulopathie, sous AVK.

  • Traitement par laser endoscopique.

Colite ischémique :

  • Première cause de colite.

  • Douloureuse +++.

  • Terrain athéroscléreux et cardio-emboligène.

  • Souffrance brutale suivant le territoire de l'artère mésentérique inférieure.

  • Érythème, pertes de substance, ulcères. Confirmé par biopsie.

Autres étiologies :

  • Cancer colo-rectal ( rectorragie non grave, insidieuse).

  • Ulcération traumatique ou thermométrique (lavement, thermomètre).

  • Anorragie (hémorroïdes, fissure anale).

  • MICI (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique).

  • Rectite radique(post-radiothérapie).

  • Post-polypectomie, colite inflammatoire/infectieuse, post-endoscopie/chirurgie.

Hémorragies du Grêle

  • Méléna, rectorragie.

  • Deux causes principales : Diverticule de Meckel et Hématome du grêle.

Diverticule de Meckel :

  • Rectorragie abondante, chez homme jeune, sans autre cause.

Hématome du grêle :

  • Sub-occlusion, méléna, chez patient sous AVK.

Conduites à Tenir en Urgence

  1. Équiper le patient : Lit, repos, oxygénation, scopie, deux voies veineuses.

  2. Restaurer la volémie : Macromolécules.

  3. Traitement probabiliste spécifique (HDH) : Anti-acide IV en cas d'ulcère.

  4. Améliorer l'hémostase : Adapter les traitements anticoagulants.

  5. Surveiller le patient : Pouls, tension, état de conscience toutes les 48-72h.

  6. Endoscopie urgente : Diagnostic et thérapeutique.

  7. Adapter le TTT de l'HD haute.

  8. Surveillance armée de la récidive précoce.

Ne pas poser de SNG si risque d'inhalation. Bilans biologiques complets (Hg, coagulation, groupage, sérologies, pré-transfusionnel, ECG, radio pulmonaire).

Anatomie du Foie et Hypertension Portale (PHT)

La veine porte se divise en V Porte droite et gauche. Une augmentation de la tension portale (enraison d'une obstruction du foie ou du flux portal) entraîne une dérivation du sang vers la VCI par des anastomoses porto-caves (veines œsophagiennes, splénique, gastriques).

Définition de l'HTP

  • Mesureinvasive : HVPG > 5 mmHg.

  • Visible cliniquement uniquement si HVPG > 10 mmHg.

Signes et Symptômes de l'HTP

  1. HYPERSPLÉNISME : Splénomégalie, thrombocytopénie.

  2. ANASTOMOSES PORTO-CAVES :

    • Varices gastro-œsophagiennes (visibles en endoscopie si HVPG > 10 mmHg, risque de saignement).

    • Varices rectales.

    • Tête de méduse (anastomoses des veines para-ombilicales).

    • Maladie de Cruveilhier-Baumgarten : tête de méduse + bruits pariétaux + frissons.

    • Circulation abdominale collatérale.

  3. Autres signes :

    • Gastropathie pavimenteuse (visibles en endoscopie si HVPG > 10 mmHg).

    • Circulation hyperkinétique(vasodilatation systémique, tachycardie).

    • Ascite.

Ascite

Définition Clinique et Diagnostic

L'ascite est une accumulation de liquide dans la cavité péritonéale.

Définition clinique (Grade 3) :

  • Gonflement abdominal visible.

  • Lourdeur, pression abdominale progressive.

  • Souffle court (compression pulmonaire).

Examen physique :

  • Flancs bombés (frog's belly).

  • Percussion tympanique dans l'espace péri-ombilical.

  • Matité mobile (différence de note à la percussion, se déplace avec le patient).

  • Vague ascitique (sensation de vague d'un côté à l'autre de l'abdomen).

Diagnostic :

  • Clinique : Confirmation visuelle, analyse du liquide d'ascite par ponction (procédure invasive, respectant des règles précises).

  • Biologique : Test sanguin (albumine, coagulation, métabolites, enzymes hépatiques, NFS).

  • Ultrasons : Quantifier le liquide, détecter les thromboses.

Arbre diagnostique : Transsudat vs Exsudat

Transsudat (sérum ascitique avec Albumine < 11 g/L)

Exsudat (sérum ascitique avec Albumine > 11 g/L)

Cirrhose ++++

Tumeur ++++ (ovaire, côlon)

Insuffisance cardiaque globale

Tuberculose (ascite chyleuse)

Obstruction des veines hépatiques chroniques (Syndrome de Budd-Chiari)

Pancréatite

Kwashiorkor

Insuffisance cardiaque droite

Péricardite constrictive

Obstruction des veines hépatiques aiguë

Bilharziose

Thrombose veineuse portale en infra-hépatique

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