Évolution et critiques du droit naturel

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Le droit naturel est une notion complexe qui a évolué au fil des siècles, passant d'une conception basée sur la justice universelle dans l'Antiquité à une approche plus individualiste et axée sur les droits fondamentaux à l'époque moderne. Les penseurs comme Aristote, Cicéron, Thomas d'Aquin, Grotius, Hobbes, Locke, Rousseau et Kant ont chacun contribué à façonner cette notion, explorant ses liens avec la raison, la nature, la volonté divine et le contrat social. Cependant, le développement du positivisme juridique au 19ème siècle a remis en question la pertinence du droit naturel comme source de droit, le considérant comme trop vague, non sanctionné et potentiellement contradictoire. Malgré cela, des concepts clés du droit naturel, tels que l'égalité, la liberté et le respect des droits fondamentaux, continuent d'influencer les systèmes juridiques contemporains, comme en témoignent les déclarations des droits de l'homme.

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Review
Question
Quelle est la nature de la loi véritable selon Cicéron ?
Answer
Selon Cicéron, la loi véritable est la droite raison, conforme à la nature, éternelle et immuable.
Question
Comment Platon considère-t-il la justice par rapport au monde des Idées ?
Answer
Pour Platon, la justice est une Idée du monde intelligible, accessible par la raison, et sa perfection transcende le monde sensible.
Question
Quelle est l'opinion des sophistes sur l'existence d'un droit universel ?
Answer
Les sophistes soutiennent que le droit est une convention humaine, non une loi naturelle universelle, car les systèmes juridiques varient considérablement entre les cités.
Question
Selon Aristote, en combien de sens se dit l'homme injuste ?
Answer
Selon Aristote, l’homme injuste se dit en trois sens : celui qui viole la loi, celui qui ne respecte pas l’égalité, et celui qui prend plus que son dû.
Question
Quelle est l’influence de la Grèce sur la pensée romaine concernant le droit ?
Answer
La Grèce a influencé la pensée romaine sur le droit en introduisant des réflexions philosophiques et éthiques, contrastant avec l'approche romaine plus technique et religieuse du droit. Des philosophes comme Platon et Aristote ont eu un impact sur des penseurs romains tels que Cicéron, introduisant l'idée du droit naturel dans le paysage intellectuel romain.
Question
Quelle est la position d'Alcibiade concernant la violence et l'illégalité dans les décrets ?
Answer
Alcibiade considère que la violence et l'illégalité surviennent lorsque le plus fort contraint le plus faible sans consentement, que ce soit un tyran ou un groupe.
Question
Quelles sont les trois périodes importantes couvertes par le cours concernant le droit naturel ?
Answer
Le cours couvre l'Antiquité (justice universelle), le Moyen Âge (association à Dieu) et la période moderne (ancêtre des droits fondamentaux).
Question
Qu'est-ce que la justice politique selon Aristote ?
Answer
La justice politique selon Aristote s'applique aux citoyens libres et égaux en droits, qui forment une communauté autarcique. Elle diffère de la justice domestique ou de celle du maître envers son esclave.
Question
Quel est le rôle du droit naturel selon la Cour de Bruxelles dans le respect dû aux morts ?
Answer
Le droit naturel, illustré par l'exemple d'Antigone, fonde le respect dû aux morts sur des lois non écrites et immuables, antérieures au droit positif.
Question
Quelles sont les sources les plus anciennes du droit occidental ?
Answer
Les sources les plus anciennes du droit occidental sont l'antiquité grecque et romaine.
Question
Selon Thrasymaque, est-il plus profitable d'être juste ou injuste ?
Answer
Selon Thrasymaque, il est plus profitable d'être toujours injuste que juste. L'injustice est à soi-même avantage et profit.
Question
Quelles sont les quatre causes d'Aristote ?
Answer
Les quatre causes d'Aristote sont : matérielle, formelle, efficiente et finale.
Question
Quel philosophe stoïcien a contribué à la diffusion des réflexions sur le droit naturel à Rome ?
Answer
Cicéron a contribué à la diffusion des réflexions sur le droit naturel à Rome.
Question
Selon L. François, quelle est l'utilité indirecte de la théorie du droit pour un praticien ?
Answer
L'utilité de la théorie du droit pour le praticien est surtout indirecte, car elle forme l'esprit.
Question
Selon Calliclès, qu'est-ce qui est juste selon la nature ?
Answer
Selon Calliclès, la nature veut que le plus fort commande au plus faible et soit mieux partagé.
Question
Quelle est la distinction d'Aristote entre justice naturelle et justice légale ?
Answer
Aristote distingue la justice naturelle, qui a partout la même force et est universelle, de la justice légale, qui est d'origine conventionnelle et peut varier.
Question
Pourquoi la cité est-elle un fait de nature pour Aristote ?
Answer
Pour Aristote, la cité est naturelle, car l'homme est par nature un animal politique qui a besoin de vivre en communauté pour développer sa raison et sa parole.
Question
Pourquoi est-il important d'étudier le droit naturel selon certains arguments ?
Answer
Il est étudié comme courant de théorie du droit, par pragmatisme, et pour former l'esprit du juriste. Il justifie et légitime le droit.
Question
Quelle est la principale différence de paradigme entre le « nomos » grec et le « ius » romain ?
Answer
Le « nomos » grec lie droit, justice et nature, tandis que le « ius » romain distingue droit et justice, rattachant cette dernière à la politique.
Question
Comment le concept de droit naturel a-t-il été compris à travers le temps ?
Answer
Le droit naturel a été compris différemment selon les époques : justice universelle dans l'Antiquité, volonté divine au Moyen Âge, et ancêtre des droits fondamentaux à l'époque moderne. Son évolution continue de nos jours.
Question
Quelle distinction y a-t-il entre le droit naturel et le droit positif ?
Answer
Le droit positif est l\'ensemble des règles juridiques en vigueur, posées par une autorité compétente. Le droit naturel repose sur des principes supérieurs de justice, inscrits dans la nature des choses ou de l\'homme.
Question
Quels sont les deux types de justice distingués par Aristote ?
Answer
Aristote distingue la justice universelle, qui est le respect de la loi, et la justice particulière, qui est le respect de l'égalité.
Question
Qu'est-ce que le droit naturel selon l'association des mots et leur lien courant ?
Answer
Le droit naturel est un ensemble de règles et de principes considérés comme inhérents à la nature humaine ou à l'ordre universel, distincts du droit positif.
Question
Quelle est la vision d'Aristote concernant le droit et les sciences exactes ?
Answer
Aristote distingue le droit et les sciences exactes : le droit relève de la partie délibérante de l'âme, sujette à discussion, tandis que les sciences exactes (comme les mathématiques) appartiennent à la partie scientifique, traitant de choses immuables.
Question
Comment Saint Augustin justifie-t-il que Rome n'a jamais été une véritable République ?
Answer
Saint Augustin justifie cela en reprenant Cicéron : une république requiert un consensus sur le droit, or il n'y a droit sans justice. Rome manquait de justice véritable, donc de droit et de peuple.
Question
Pourquoi Manegold de Lautenbach considère-t-il que le pouvoir royal est conditionné ?
Answer
Manegold de Lautenbach estime que le pouvoir royal découle d'un pacte avec les sujets. Si le roi rompt ce pacte, ses sujets sont libérés de leur devoir d'obéissance.
Question
Quel changement de paradigme le christianisme introduit-il concernant l'égalité naturelle des hommes ?
Answer
Le christianisme introduit un nouveau paradigme axé sur l'égalité naturelle de tous les êtres humains, influencé par la pensée stoïcienne.
Question
Pourquoi Augustin privilégie-t-il Aristote à Platon en théologie ?
Answer
Augustin privilégie Aristote car il rejette la vision idéaliste de Platon, préférant une approche plus empirique et ancrée dans le monde réel.
Question
Quelle critique Occam adresse-t-il à la théorie de la propriété du Pape Jean XXII ?
Answer
Occam critique Jean XXII en affirmant que le terme « dominamini » se réfère à la gouvernance, non à la propriété, et que le droit d'usage est naturel, distinct du droit de propriété, qui est humain.
Question
Comment Thomas d'Aquin distingue-t-il le droit naturel du droit civil ?
Answer
Le droit naturel, commun à tous les hommes, découle de la raison. Le droit civil est propre à chaque peuple et établi par convention humaine.
Question
Quelle est la position d'Augustin sur l'obéissance aux lois injustes ?
Answer
Saint Augustin estime qu'une loi injuste n'est pas une loi, mais ne promeut pas la désobéissance civile ; il faut obéir aux lois humaines, même imparfaites, pour éviter le chaos.
Question
Comment Kelsen justifie-t-il l'existence d'une Grundnorm sans faire appel au droit naturel ?
Answer
Kelsen justifie la Grundnorm par un postulat logique qui fonde la validité du droit, sans référence métaphysique ou morale.
Question
Pourquoi Hume considère-t-il que la justice est une vertu artificielle et non naturelle ?
Answer
Pour Hume, la justice n'est pas naturelle car elle découle d'un artifice et de conventions humaines, nées de la nécessité et de l'utilité sociale, non de la raison ou d'un instinct.
Question
Quel est le rôle du libre-arbitre dans la conception augustinienne du péché ?
Answer
Le libre-arbitre permet à l'homme de choisir entre le bien et le mal, le rendant responsable du péché originel.
Question
Selon Thomas d'Aquin, comment la raison humaine accède-t-elle à la loi éternelle ?
Answer
Selon Thomas d'Aquin, la raison humaine accède à la loi éternelle par la loi naturelle, qui est une participation de cette loi divine dans la créature raisonnable.
Question
Quelle est la principale contribution de Rufin à la conception du droit naturel ?
Answer
Rufin a formulé que le droit naturel est une force instillée par la nature pour faire le bien, préfigurant le droit subjectif.
Question
Selon Hobbes, qu'est-ce qui distingue le droit de nature de la loi de nature ?
Answer
Le droit de nature est la liberté d'user de son pouvoir pour sa préservation. La loi de nature est une règle de raison interdisant de détruire sa vie ou d'omettre de la préserver.
Question
Quel est le contexte historique de la querelle des investitures et son impact sur le droit ?
Answer
La Querelle des Investitures (fin XIe siècle) opposa Roi et Église pour la nomination des évêques. Elle renforça l'idée d'un pacte entre gouvernants et gouvernés, influençant la séparation progressive Église-État.
Question
Comment les trois lois naturelles de Hume s'articulent-elles dans la formation de la justice ?
Answer
La justice naît d'une convention humaine basée sur l'utilité, visant à stabiliser les possessions. Les trois lois naturelles fondamentales sont : la stabilité de la possession, son transfert par consentement, et le respect des promesses.
Question
Quel est le paradoxe fondamental du contrat social chez Rousseau ?
Answer
Le paradoxe réside dans le fait que pour garantir la sécurité et la stabilité, l'individu doit aliéner tous ses droits à la communauté, devenant ainsi citoyen mais soumis à la volonté générale sans pouvoir en sortir.
Question
Selon Paul de Tarse, où réside le droit naturel pour les païens ?
Answer
Pour les païens sans la Loi, le droit naturel réside dans leur conscience et leur cœur, se manifestant par leurs actions naturelles.
Question
Selon Bentham, pourquoi faut-il abolir le concept de droit naturel ?
Answer
Bentham rejette le droit naturel car il le considère comme un concept vague et dangereux, sans fondement réel. Pour lui, les seuls droits valides sont ceux émanant de l'État.
Question
Comment la redécouverte des textes d'Aristote au 12-13ème siècle a-t-elle influencé la pensée médiévale ?
Answer
La redécouverte des textes d'Aristote a stimulé la pensée médiévale, influençant des penseurs comme Thomas d'Aquin et intégrant sa philosophie à la théologie et au droit.
Question
Quelle critique Hume adresse-t-il à la théorie du contrat social ?
Answer
Hume critique le contrat social car il repose sur une fiction juridique, le consentement tacite, qui ne correspond pas à la réalité vécue par les hommes.
Question
Comment la distinction kantienne entre morale et droit a-t-elle influencé le positivisme juridique ?
Answer
Kant distingue la moralité (intentions intérieures) du droit (actions extérieures), préparant le positivisme qui sépare morale et droit.
Question
Quelle vision Marsile de Padoue défend-il concernant le rapport entre l'État et l'Église ?
Answer
Marsile de Padoue défend la séparation des sphères temporelle et spirituelle, et la subordination de l'Église à l'État dans les affaires temporelles.
Question
Selon les scolastiques franciscains, quel est le rapport entre la volonté divine et le bien et le mal ?
Answer
Pour les franciscains, la volonté divine est absolue et crée le bien et le mal. Le bien et le mal ne préexistent pas à la volonté divine.
Question
Quelle est la définition de la phronesis chez Aristote ?
Answer
Chez Aristote, la phronesis est la vertu du jugement pratique, la capacité de délibérer sur ce qui est bon pour soi et pour la cité.
Question
Comment le droit de propriété est-il présenté différemment par Locke et Rousseau ?
Answer
Pour Locke, la propriété est un droit naturel découlant du travail. Pour Rousseau, elle est une fiction source de malheurs, fondée sur l'appropriation des fruits communs.
Question
Comment Gratien définit-il le droit naturel dans son Décret ?
Answer
Gratien définit le droit naturel comme étant contenu dans l'Ancien et le Nouveau Testaments, et comme une loi commune à toutes les nations par instinct naturel.
Question
Comment l'École historique allemande conçoit-elle le rapport entre droit et peuple ?
Answer
L'École historique allemande conçoit le droit comme l'expression du Volksgeist, l'esprit du peuple, évoluant des coutumes et traditions.
Question
Quel est le rapport entre la compassion naturelle et l'autoconservation chez Rousseau ?
Answer
La compassion naturelle tempère l'autoconservation en inspirant une répugnance à voir souffrir autrui, guidant ainsi les actions au-delà du seul intérêt personnel.
Question
Quelle est la position de Guillaume d'Occam concernant la propriété et le droit naturel ?
Answer
Guillaume d'Occam, nominaliste, considère que la propriété privée est un droit d'origine humaine, autorisé puis protégé par le droit naturel.
Question
Quelle est la distinction fondamentale entre la justice aristotélicienne distributive et corrective ?
Answer
La justice distributive répartit les biens selon le mérite de chacun (proportionnalité), tandis que la justice corrective rétablit l'égalité arithmétique rompue par un tort ou un contrat.
Question
Selon Thomas d'Aquin, qu'est-ce qui légitime le pouvoir politique du prince ?
Answer
Selon Thomas d'Aquin, le pouvoir du prince est légitimé par Dieu, mais il est soumis à la loi divine et naturelle, devant agir pour le bien commun.
Question
Selon Bentham, qu'est-ce qu'un droit naturel ?
Answer
Pour Jeremy Bentham, les droits naturels n'existent pas. Ce sont des fictions dangereuses qui mènent à l'erreur.
Question
Comment Locke justifie-t-il le droit de propriété par le travail ?
Answer
Locke justifie la propriété privée par le travail : ce que l'on tire de l'état de nature par sa peine et son industrie devient notre bien propre.
Question
Quelle est la position de Kant concernant un droit de résistance contre le pouvoir en place ?
Answer
Kant s'oppose à tout droit de résistance, considérant que le contrat social implique une soumission totale à l'autorité établie, sauf si la loi elle-même le prévoit.
Question
En quoi la pensée de Duns Scot se distingue-t-elle de celle de Thomas d'Aquin ?
Answer
Thomas d'Aquin concilie raison et foi, privilégiant Aristote. Duns Scot met l'accent sur la volonté divine absolue, distinguant droit et loi en commandements individuels.
Question
Quel rôle joue la vulnérabilité humaine dans la théorie hartienne du droit naturel ?
Answer
La vulnérabilité humaine, aux côtés de l'égalité, de l'altruisme limité et des ressources limitées, constitue le contenu minimum du droit naturel chez Hart.
Question
Quel est l'impact des découvertes scientifiques du 17ème siècle sur la théorie du droit naturel ?
Answer
La Révolution scientifique du 17ème siècle a déplacé la source du droit naturel de Dieu ou de la nature vers la Raison humaine et l'individu.
Question
Comment Grotius résout-il le problème de la validité du droit naturel en cas d'inexistence de Dieu ?
Answer
Grotius affirme que le droit naturel découle de la sociabilité humaine. Même sans Dieu, la raison nous dicte des règles morales immuables.
Question
Selon Austin, qu'est-ce qui distingue les lois au sens propre des lois figuratives ?
Answer
Les lois au sens propre sont des commandements assortis de sanctions. Les lois figuratives ne le sont pas.
Question
Quel est le contenu minimum du droit naturel selon Hart ?
Answer
Le contenu minimum du droit naturel inclut des principes basés sur la vulnérabilité humaine, l'égalité approximative, l'altruisme limité, les ressources limitées, et l'intelligence limitée.
Question
Comment Duns Scot conteste-t-il la thèse thomiste d'un droit naturel indépendant de la volonté divine ?
Answer
Duns Scot affirme la volonté divine absolue, où le bien et le mal dépendent de cette volonté, non l'inverse. Le droit est réduit à des commandements individuels soumis à cette volonté.
Question
Qu'est-ce que la volonté divine peut ou ne peut pas modifier selon Thomas d'Aquin concernant le droit naturel ?
Answer
Thomas d'Aquin estime que la volonté divine ne peut modifier les aspects essentiels et rationnels du droit naturel, qui sont immuables comme la distinction entre le bien et le mal.
Question
Quel est l'impact de l'arrivée des ordres mendiants sur la réflexion médiévale concernant la propriété et le droit naturel ?
Answer
L'arrivée des ordres mendiants a stimulé une réflexion sur le droit naturel, notamment en introduisant la notion de droit subjectif. Ils ont débattu de la propriété, distinguant l'usage de la possession, et ont influencé la pensée vers une conception plus individualiste du droit.
Question
Pourquoi la question de la propriété devient-elle centrale dans le débat entre le Pape Jean XXII et les franciscains ?
Answer
Le Pape Jean XXII remet en cause la bulle Exiit, affirmant que l'usage des biens consomptibles implique un droit de propriété, un droit naturel auquel on ne peut renoncer.
Question
Comment les demonstrationes de Rufin permettent-elles de justifier des institutions comme l'esclavage ou la propriété ?
Answer
Les demonstrationes de Rufin autorisent des institutions comme l'esclavage et la propriété, bien qu'elles ne soient pas imposées par le droit naturel. Ces pratiques, une fois adoptées, bénéficient de sa protection.
Question
Quelle distinction Thomas d'Aquin établit-il entre le prince et la loi sur le plan juridique versus moral ?
Answer
Juridiquement, le prince est au-dessus des lois. Moralement, il doit y obéir, car celui qui établit une loi doit s'y soumettre.
Question
Selon Saint Augustin, qu'est-ce qui distingue la Cité de Dieu de la Cité des Hommes en matière de justice ?
Answer
La Cité de Dieu est fondée sur la justice divine, tandis que la Cité des Hommes, imparfaite, ne connaît qu'une justice relative et dérobe l'homme à Dieu.
Question
Quel rôle la cause finale joue-t-elle dans la conception aristotélicienne du droit naturel médiéval ?
Answer
La cause finale, en tant que finalité ou telos d'une chose, représente le meilleur état d'épanouissement et le rôle idéal qu'un être doit atteindre, guidant ainsi le droit naturel vers cet accomplissement.
Question
Qu'est-ce que Manegold de Lautenbach affirme concernant la source du pouvoir royal pendant la Querelle des investitures ?
Answer
Manegold de Lautenbach affirme que le pouvoir royal découle d'un pacte avec les sujets. Si le roi rompt ce pacte, l'allégeance des sujets est rompue.
Question
Comment le redécouverte du Corpus Iuris Civilis au Moyen Âge influence-t-elle la pensée juridique sur le droit naturel ?
Answer
La redécouverte du Corpus Iuris Civilis a apporté une structure systématique et une précision juridique inconnues jusqu'alors, influençant la pensée médiévale vers une conception plus ordonnée du droit naturel.
Question
Quel est le rôle central de Dieu dans la conception du droit naturel chez les penseurs médiévaux ?
Answer
Dieu est la référence juridique ultime, et le droit naturel est une participation de la loi éternelle divine dans la créature raisonnable.
Question
Selon Isidore, comment le droit naturel change-t-il par rapport à la conception ulpianienne ?
Answer
Selon Isidore, le droit naturel est commun à toutes les nations, et non plus aux animaux comme chez Ulpien.
Question
Comment Thomas d'Aquin conçoit-il les quatre types de loi dans sa hiérarchie ?
Answer
Thomas d'Aquin hiérarchise quatre lois : la loi éternelle (raison divine), la loi naturelle (participation de la loi éternelle dans l'homme), la loi humaine (dérivée de la loi naturelle par les hommes) et la loi divine (révélée par Dieu pour la fin surnaturelle).
Question
Quel est le fondement du droit naturel subjectif tel que commencé à le formuler Rufin au 12ème siècle ?
Answer
Le fondement du droit naturel subjectif, selon Rufin au 12ème siècle, est une force instillée par la nature en chaque humain pour faire le bien.
Question
Comment Guillaume d'Occam distingue-t-il le droit d'usage du droit de propriété dans sa théorie ?
Answer
Occam distingue le droit d'usage, un pouvoir légal d'utiliser un objet qui ne peut être retiré sans faute, du droit de propriété, un pouvoir d'appropriation qui est d'origine humaine et peut être renoncé.
Question
Quel est l'apport du nominalisme d'Occam à l'émergence du droit naturel subjectif ?
Answer
Le nominalisme d'Occam met l'accent sur l'individu, considérant les universels comme de simples noms. Cela mène à l'idée de droit subjectif, où le droit est rattaché à l'individu.
Question
Quel problème fondamental Augustin identifie-t-il dans la définition cicéronienne de la République appliquée à Rome ?
Answer
Augustin critique la définition cicéronienne de la République, affirmant que Rome n'a jamais été une vraie République car elle manquait de justice divine.
Question
Comment le christianisme transforme-t-il la notion d'égalité naturelle par rapport à la pensée grecque antique ?
Answer
Le christianisme, influencé par le stoïcisme, introduit l'idée d'une égalité substantielle entre tous les humains, surpassant la conception grecque inégalitaire.
Question
Selon les franciscains, comment la volonté divine précède-t-elle la distinction entre le bien et le mal ?
Answer
Pour les franciscains, la volonté divine est absolue et précède la distinction entre le bien et le mal, qui en découle.
Question
Pourquoi le passage de l'inégalité naturelle à l'égalité morale est-il un tournant majeur dans la conception médiévale du droit naturel ?
Answer
Le passage de l'inégalité naturelle à l'égalité morale marque un tournant majeur, remplaçant la conception antique par une vision universelle de l'humanité, influencée par le christianisme et la pensée stoïcienne.

Chapitre 3. Le droit naturel moderne

1. Le contexte

Le 17e siècle est marqué par des crises profondes (économiques, épidémiques, politiques et religieuses, comme la guerre de Trente Ans). En Angleterre, la succession des Stuarts (Jacques Ier, Charles Ier) et leurs tentatives de monarchie absolue entrent en conflit avec la tradition de la Common Law. Le juge Edward Coke, dans l'arrêt Bonham (1610), affirme que la Common Law peut contrôler les Actes du Parlement et les annuler s'ils sont contraires au droit et au sens commun. Cette décision a parfois été interprétée comme consacrant la supériorité du droit naturel sur le droit positif, bien qu'elle fut rapidement supplantée. La "Révolution Glorieuse" de 1688, qui a vu l'instauration du Bill of Rights, a transformé l'Angleterre en une monarchie constitutionnelle. Sur le plan intellectuel, le 17e siècle est le théâtre de la Révolution scientifique, initiée par des penseurs comme Descartes. Ce dernier prône le doute méthodique pour reconstruire un savoir solide, en partant de la vérité indubitable : « Je pense, donc je suis » (Discours sur la méthode). Le 18e siècle, celui des Lumières, voit la France et l'Amérique secouées par des révolutions (Déclaration d'Indépendance américaine de 1776, Révolution française de 1789). L'idée dominante est de remplacer les coutumes traditionnelles par des règles simples fondées sur la Raison et le droit naturel. Le déclin des justifications traditionnelles (religion chrétienne) ouvre la voie à de nouvelles conceptions. Deux courants principaux émergent dans les théories du droit naturel moderne :
  • Le courant rationaliste idéaliste (inspiré par Grotius) : il conçoit le droit comme un système cohérent où la raison déduit des principes fondamentaux toutes les autres règles.
  • Le courant empiriste volontariste (représenté par Hobbes) : il se fonde sur l'expérience et la volonté, considérant le droit naturel comme un moyen de préservation de soi.
Ces approches, en coupant les racines du droit naturel de la nature (au sens aristotélicien) et de Dieu, placent l'homme seul avec sa raison, posant les jalons du positivisme juridique.

2. Grotius (1583 – 1645)

Hugo de Groot, ou Grotius, est considéré comme le père du droit international public et, pour certains, le fondateur de l'école du droit naturel moderne. Sa méthode, souvent comparée à celle de Descartes pour le droit, vise à construire un système juridique basé sur des notions claires et évidentes, débarrassées de tout fait particulier et des traditions. Grotius identifie trois significations du mot « droit » (ius) :
  1. Ce qui est juste ou ce qui n'est pas injuste, en accord avec la nature de la société des êtres doués de raison. La sociabilité naturelle de l'homme est la source du droit naturel.
  2. Une qualité morale attachée à l'individu pour posséder ou faire justement quelque chose (droit subjectif).
  3. Synonyme de loi, une règle des actions morales qui oblige à ce qui est bon et louable (droit objectif).
Grotius affirme que le droit naturel existerait « quand même nous accorderions, ce qui ne peut être concédé sans un grand crime, qu'il n'y a pas de Dieu ». Cette déclaration, radicale pour l'époque, marque une émancipation du droit naturel de la théologie. Il considère le droit naturel comme immuable, même par Dieu, car il découle de principes intrinsèquement bons ou mauvais. Cependant, Grotius n'est pas un penseur de la désobéissance civile. S'il admet un droit de résistance contre l'agresseur dans l'état de nature, il le refuse dans l'état civil pour éviter l'anarchie. Le pouvoir du roi sur ses sujets est la règle, à condition que celui-ci ne dépouille pas ses sujets de leurs droits sans juste cause.

3. Thomas Hobbes (1588-1679)

Thomas Hobbes développe une théorie politique abstraite, rompant avec la tradition en se concentrant sur l'individu comme unité d'analyse. Son œuvre majeure, le Léviathan, est publiée dans le contexte de la guerre civile anglaise (17e siècle), ce qui influence sa conception pessimiste de l'état de nature. La rupture hobbesienne repose sur l'idée que le fondement du droit naturel se trouve dans les origines et les passions de l'homme, en particulier la peur de la mort, plutôt que dans une finalité humaine vertueuse. Cette peur conduit à l'instinct de préservation de soi. Hobbes défend une conception amorale du droit naturel, où le droit à la vie est inconditionnel. Dans l'état de nature, les hommes sont égaux en facultés physiques et mentales, ce qui entraîne une égalité d'espoir et, par conséquent, une guerre de tous contre tous. Dans cet état, il n'y a ni justice ni moralité, car ces notions dépendent de l'existence d'un pouvoir coercitif. La vie y est « solitaire, indigente, dégoûtante, animale et brève ». Hobbes distingue le droit de nature (jus naturale), liberté de faire tout ce qui est nécessaire à sa survie, de la loi de nature (lex naturalis), précepte de la raison qui interdit de détruire sa vie et ordonne de rechercher la paix. La justice n'apparaît qu'avec le contrat social, qui est une transmission mutuelle du droit (par tous les hommes) pour instaurer la paix. Pour Hobbes, ce contrat est conclu entre les hommes, pas avec le Souverain, qui reste donc au-dessus des lois et ne peut être destitué pour forfaiture. Le peuple abandonne sa liberté pour la sécurité.

4. John Locke (1632 –1704)

John Locke est considéré comme le père du libéralisme politique et un précurseur de l'empirisme anglais. Il écrit dans le contexte de la Révolution anglaise de 1688, ce qui le pousse à justifier théoriquement le droit de résistance au souverain. Contrairement à Hobbes, Locke dépeint un état de nature non pas comme une guerre permanente, mais comme un état de parfaite liberté et d'égalité, où chacun est borné par la loi de la nature. Cette loi, dictée par la raison et la volonté divine, enseigne de ne nuire à personne en ce qui concerne la vie, la santé, la liberté ou les biens. Locke y ajoute le droit de punir les transgresseurs de la loi naturelle et le droit à la réparation des dommages. Cependant, l'absence d'un juge impartial et d'un pouvoir exécutif rend cet état instable et potentiellement générateur d'état de guerre. Pour sortir de cette insécurité, les hommes s'unissent par un contrat social afin de conserver leurs « propriétés » (vies, libertés, biens). Le gouvernement ainsi institué a un mandat limité : il doit gouverner selon des lois établies, connues et impartiales. Le peuple conserve le pouvoir suprême de révoquer le gouvernement s'il agit contrairement à la confiance qui lui a été accordée et ne protège plus les droits naturels. Locke légitime le droit de propriété par le travail : en mélangeant son travail avec un bien commun, on le rend sien. Il limite l'accumulation des biens périssables (pour éviter le gaspillage) mais l'autorise pour les biens durables comme l'argent.

5. Les déclarations

Les idées de Locke ont fortement influencé des textes fondamentaux :
  • La Déclaration américaine d’indépendance (1776) : affirme que tous les hommes sont créés égaux et dotés de droits inaliénables (vie, liberté, recherche du bonheur). Elle légitime le droit du peuple de modifier ou de supprimer un gouvernement qui devient destructeur de ces fins.
  • La Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen (1789) : proclame les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme (liberté, propriété, sûreté, résistance à l'oppression) comme but de toute association politique. Elle inclut la notion de volonté générale de Rousseau.
Ces déclarations marquent l'apogée du droit naturel, en légitimant les gouvernements par la défense des droits individuels.

6. Le déclin du droit naturel

Le 19e siècle voit un déclin progressif du droit naturel, notamment sous l'influence de l'École historique allemande (Savigny) qui, en réaction à l'universalisme du droit naturel, conçoit le droit comme le produit de la conscience du peuple (Volksgeist), évoluant avec les coutumes et les traditions. L'idée de Darwin sur l'évolution des espèces met également à mal la notion de lois naturelles immuables. Le positivisme juridique, qui sépare radicalement le droit et la morale, contribue également à ce déclin. Pour les positivistes, le droit est ce qui est posé par les autorités compétentes, sans considération de sa moralité. Le lien entre les droits individuels et le droit naturel devient alors superflu.

7. David Hume (1711 – 1776)

David Hume, figure majeure de l'empirisme britannique, critique l'idée d'une moralité dérivée de la raison. Selon lui, la moralité provient des impressions et des sentiments : une action est vertueuse si elle procure du plaisir et vicieuse si elle est désagréable. Hume considère la justice comme une vertu artificielle. Elle ne découle pas de la nature humaine (égoïsme et générosité limitée) ni de la raison, mais d'un artifice ou d'une convention humaine. L'origine de la justice et de la propriété réside dans la nécessité de stabiliser les possessions pour assurer la paix sociale. Les trois lois naturelles fondamentales sont :
  1. La stabilité des possessions.
  2. Le transfert de propriété par consentement.
  3. L'obligation de respecter les promesses.
Ces lois sont artificielles mais nécessaires à la coexistence humaine. Pour Hume, le gouvernement est nécessaire pour remédier à la faiblesse humaine (privilégier l'intérêt immédiat sur le long terme) et s'assurer que les lois de justice soient respectées par une minorité de magistrats. Il rejette la théorie du contrat social comme une fiction, arguant que l'obéissance au gouvernement est due à la nécessité de la paix sociale, et non à un consentement tacite. Hume est célèbre pour la guillotine de Hume ou la loi de Hume, qui stipule qu'il est impossible de dériver un « devoir être » (une norme) d'un « être » (un fait). Cette distinction entre faits et normes a été une critique fondamentale du droit naturel par les positivistes.

8. Jeremy Bentham (1748-1832)

Jeremy Bentham, fondateur de l'utilitarisme et précurseur du positivisme juridique, affirme que la nature a placé l'humanité sous le gouvernement de la douleur et du plaisir. Le principe d'utilité stipule que toute action doit viser à maximiser le bonheur du plus grand nombre. Bentham est un critique virulent du droit naturel, qu'il qualifie de « non-sens simple » et de « non-sens rhétorique sur échasses ». Il estime que l'idée de droits naturels, immuables et inaliénables, est dangereuse car elle ne permet pas au droit de s'adapter aux besoins changeants de la société pour maximiser le bonheur. Les seuls droits légitimes sont ceux créés par le souverain. Pour Bentham, le droit est un commandement du souverain assorti d'une sanction, ce qui le place comme un des pères du positivisme juridique.

9. Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778)

Jean-Jacques Rousseau est une figure complexe des Lumières, théoricien de l'éducation et de la politique. Il interroge l'origine de l'inégalité parmi les hommes. Dans son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, Rousseau décrit l'homme naturel comme un "bon sauvage", errant solitaire, sans industrie ni parole, doté de deux principes antérieurs à la raison : l'autoconservation et la compassion naturelle. L'état de nature n'est donc pas un état de guerre, mais un état paisible. C'est le développement de la raison et l'émergence de la propriété privéeCeci est à moi ») qui ont corrompu l'homme et engendré les inégalités et les malheurs de la société civile. Dans le Contrat social, Rousseau cherche une forme d'association qui protège la personne et les biens de chaque associé tout en permettant à chacun de rester aussi libre qu'auparavant. La solution réside dans l'aliénation totale des droits de chaque associé à la communauté. En échange, chacun devient une partie indivisible du tout et est soumis à la volonté générale, qui est la source de la souveraineté. Si un individu s'oppose à la volonté générale, c'est qu'il s'est trompé, et il doit s'y soumettre, justifiant potentiellement une "dictature de la majorité". Rousseau, comme Kant, se positionne comme un philosophe de la transition. Il ne nie pas l'existence du droit naturel, mais insiste sur son ineffectivité en l'absence de sanctions. L'entrée dans l'état civil neutralise le droit naturel en le subordonnant à la volonté générale.

10. Emmanuel Kant (1724-1804)

Emmanuel Kant, philosophe majeur, distingue clairement la moralité du droit. La moralité concerne les intentions et le for intérieur, tandis que le droit ne s'intéresse qu'aux actions extérieures et exige la conformité à la règle, sans considérer les motifs. Le principe universel du droit est d'agir de telle sorte que la liberté de chacun puisse coexister avec la liberté de tous les autres selon une loi générale. Kant divise le droit en droit naturel (reposant sur des principes a priori et identifié au droit privé, régissant les relations entre particuliers) et droit positif (procédant de la volonté du législateur et identifié au droit public, apparaissant dans l'état civil). Pour lui, l'état de nature est un état provisoire, juridique mais non contraignant, d'où il faut sortir pour entrer dans un état civil qui garantit la propriété et la sécurité par des lois publiques. Kant n'admet pas de droit naturel de résistance contre le souverain. Une fois le contrat social conclu, l'individu doit obéir au droit positif. Cependant, il maintient la liberté d'expression et de critique du gouvernement. Cela contribue à la transition vers le positivisme juridique en présentant le droit naturel comme provisoire et le droit civil comme achevé, et en distinguant clairement moralité et droit.

11. Le positivisme juridique

Le positivisme juridique est un courant de pensée qui se concentre sur l'étude du droit tel qu'il est, et non tel qu'il devrait être. Il récuse l'idée d'un droit supérieur (droit naturel) et sépare le droit de la morale.

a. John A. Austin (1790-1859)

John Austin est considéré comme le premier à formaliser la théorie du positivisme juridique. Il critique l'idée d'un droit découvrant progressivement la loi (Common Law) et insiste sur la certitude des lois écrites. Austin définit le droit comme un commandement du souverain, assorti d'une sanction. Il distingue quatre catégories de lois :
  1. Les lois divines (commandements de Dieu).
  2. Les lois positives (commandements des supérieurs politiques aux inférieurs politiques).
  3. La moralité positive (règles établies par l'opinion).
  4. Les lois métaphoriques ou figuratives (lois scientifiques, sans commandement).
Pour Austin, seules les lois divines et les lois positives sont des lois "au sens propre". L'objet de la science juridique est exclusivement le droit positif, en excluant toute considération morale.

b. Hans Kelsen (1881-1973)

Hans Kelsen est un représentant majeur du positivisme juridique avec sa Théorie pure du droit. Il affirme qu'une norme juridique est valide non pas par son contenu moral, mais parce qu'elle est créée d'une certaine façon, conformément à une norme fondamentale (Grundnorm) supposée. Cette Grundnorm, bien que non posée par le droit positif lui-même, est un postulat logique nécessaire pour fonder la validité de l'ensemble du système juridique. Kelsen critique les doctrines du droit naturel pour leur incapacité à fournir un critère ferme et universel de justice, les rendant inadaptées à une science du droit. Il souligne que la nature est un système de faits sans volonté, et ne peut donc poser de normes. L'idée d'une volonté divine comme source de normes est une thèse métaphysique inacceptable pour la science.

c. Herbert L.A. Hart (1907-1992)

Herbert Hart, philosophe du droit, reconnaît l'influence historique de la morale sur le développement du droit. Cependant, il soutient qu'un système juridique n'a pas nécessairement à être conforme à la morale pour être valide. La validité du droit et sa moralité sont des questions distinctes. Hart propose l'idée d'un contenu minimum de droit naturel. Ce sont des règles de conduite universellement reconnues, basées sur des « truismes » concernant la nature humaine et son environnement :
  • Vulnérabilité de l'homme
  • Égalité approximative
  • Altruisme limité
  • Ressources limitées
  • Intelligence et force de volontés limitée
Ces règles ne sont pas des commandements transcendants, mais des nécessités pratiques pour la survie de toute organisation sociale viable. Pour Hart, un concept de droit qui distingue sa validité de son immoralité permet de mieux appréhender la complexité des questions juridiques et morales, plutôt que de s'aveugler sur l'existence de lois iniques.

État des lieux du droit naturel

Après avoir régné sans partage, le droit naturel a connu un déclin progressif. Les critiques positivistes se résument souvent à l'idée que le droit naturel n'est pas du droit :
  • Il est difficilement identifiable, son contenu étant flou et variable selon les auteurs et les époques.
  • Il n'est pas garanti par une sanction, un critère essentiel pour de nombreux positivistes.
  • Il ne peut pas garantir la paix sociale, un rôle que le droit positif est censé assurer.
  • Son domaine est en constante réduction ou est dépassé par le droit positif.
Cependant, les défenseurs du droit naturel soulignent que le droit positif lui-même peut avoir des zones de flou (principes généraux non écrits), que le droit naturel peut être une source matérielle du droit positif, et que certaines de ses notions sont bel et bien consacrées par les textes légaux (ex: droit de visite des grands-parents en droit belge). La critique de l'ambiguïté du droit naturel réside dans ses deux fonctions potentiellement contradictoires : légitimation et contestation. Longtemps, il a servi à légitimer le pouvoir. C'est plus tardivement, notamment avec Locke et les grandes déclarations, qu'il a pris une dimension subversive, légitimant la résistance ou la révolution face à l'oppression. La désobéissance civile est une forme de contestation non violente, publique, collective, basée sur des principes supérieurs et acceptant la sanction, cherchant à modifier une règle spécifique plutôt que l'ensemble du système.

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