Économie : Besoins, Biens et Marchés
20 cardsCe cours d'économie explore les concepts fondamentaux de l'activité économique, incluant la nature des besoins humains, la classification des biens et services, le fonctionnement des marchés, les acteurs économiques et les principes de la comptabilité nationale. Il aborde également les notions de monnaie, de politique monétaire, et analyse la formation des prix dans divers types de marchés.
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Économie générale : Synthèse des concepts fondamentaux
L'économie est l'étude de la manière dont les sociétés allouent des ressources rares pour satisfaire des besoins humains illimités. Elle cherche à comprendre les choix des individus et leurs conséquences sur la société.1. L'activité économique et les besoins
L'activité économique vise à produire des biens et services rares pour satisfaire les besoins illimités des individus.1.1 La notion de BESOIN
Un besoin est une sensation de manque accompagnée du désir de le combler.- Besoins primaires : Indispensables à la survie (ex: faim, soif).
- Besoins secondaires : Liés aux envies personnelles, non essentiels, variables et subjectifs.
1.2 La notion de BIENS
Un bien est tout ce qui peut satisfaire un besoin.- Biens libres (naturels) : Gratuits et illimités (ex: air).
- Biens économiques : Rares, utiles, disponibles et produits par l'activité humaine.
- Biens complémentaires : L'un ne fonctionne pas sans l'autre (ex: voiture et carburant).
- Biens substituables (concurrents) : Peuvent satisfaire le même besoin (ex: différents sodas).
- Produit (matériel) vs. Service (immatériel) : Un produit peut être stocké, un service est consommé au moment de sa production.
- Bien de consommation finale : Satisfait directement un consommateur.
- Bien de consommation intermédiaire : Transformé ou détruit dans le processus de production (ex: farine pour le boulanger).
- Bien de production : Utilisé par les entreprises pour produire d'autres biens (ex: machines).
- Biens marchands : Vendus sur un marché à un prix.
- Biens non-marchands : Fournis gratuitement ou à un prix inférieur à la moitié du coût de production (objectif non lucratif).
- Biens publics : Produit par l'État, consommation non rivale, accessibles au plus grand nombre (financés par impôts).
- Biens privés : Fournis par des entreprises privées, accessibles seulement à ceux qui paient (objectif de profit).
1.3 Les actes économiques fondamentaux
- La consommation : Utilisation des biens pour satisfaire directement un besoin.
- La production : Transformation de ressources (inputs: facteurs financiers, travail, matières premières, biens d'équipement) en biens ou services (outputs). La fonction de production exprime cette relation.
- Coût total moyen
- Coût marginal
- Recette totale
- Recette marginale
- Profit
1.4 Les acteurs/agents économiques
Un agent économique prend des décisions de production, consommation ou échange.- Ménages : Consomment, épargnent, travaillent. Leur épargne finance les investissements.
- Entreprises : Produisent des biens et services pour réaliser un profit. Elles sont réparties en secteurs :
- Primaire (liée à la nature : agriculture, pêche).
- Secondaire (transformation : industrie, construction).
- Tertiaire (services : hôtellerie).
- Quaternaire (recherche, nouvelles technologies, services aux entreprises).
- État : Légifère, produit des services publics, régule l'économie et redistribue les revenus (via méthodes sociales comme l'ONSS et fiscales comme les impôts). Les impôts des personnes physiques sont progressifs, les impôts indirects (TVA, accises) sont prélevés sur la consommation.
- Reste du monde : Englobe les relations commerciales (importations, exportations). La balance commerciale est la différence entre exportations et importations. La division internationale du travail incite les pays à se spécialiser.
- Institutions financières.
2. Le fonctionnement d'une économie de marché
Une économie de marché repose sur la liberté d'entreprendre, où le marché (via l'offre et la demande) détermine les prix et quantités. L'État régule.2.1 La formation des prix en concurrence parfaite
Pour une concurrence parfaite, quatre conditions doivent être réunies :- Atomicité du marché : Nombreux acheteurs et vendeurs, aucun ne peut influencer les prix.
- Fluidité du marché : Absence de barrières à l'entrée ou à la sortie.
- Transparence du marché : Accès à toutes les informations (prix, quantités, qualités).
- Homogénéité des produits : Produits identiques, seul le prix guide le choix.
2.2 La demande pour un bien : la courbe de demande
La loi économique de la demande stipule que la quantité demandée d'un bien augmente lorsque son prix diminue, et inversement. La courbe de demande est généralement décroissante.2.3 L'offre pour un bien : la courbe de l'offre
La loi économique de l'offre indique que la quantité offerte d'un bien augmente lorsque son prix augmente. La courbe d'offre est généralement croissante.2.4 La position d'équilibre entre l'offre et la demande
Le marché atteint un prix d'équilibre lorsque la quantité demandée égale la quantité offerte.- Si prix > prix d'équilibre, il y a excédent . La concurrence entre vendeurs fait baisser les prix.
- Si prix < prix d'équilibre, il y a pénurie . La concurrence entre acheteurs fait monter les prix.
2.5 Les chocs exogènes
Un choc exogène (ex: technologie, catastrophe naturelle, changement de goûts) modifie l'offre ou la demande, déplaçant les courbes et entraînant un nouvel équilibre.- Choc de demande : Un déplacement de la courbe de demande (droite pour une augmentation, gauche pour une diminution) affecte le prix et la quantité d'équilibre.
- Choc d'offre : Un déplacement de la courbe d'offre (droite pour une augmentation, gauche pour une diminution) affecte également le prix et la quantité d'équilibre.
2.6 La notion d'élasticité
L'élasticité mesure la sensibilité d'une variable à la variation d'une autre. Le taux de variation se calcule par .- L'élasticité-prix de la demande mesure la variation en % de la demande suite à une variation de 1% du prix. Elle est généralement négative.
ÉLASTICITÉ Description Effet en % sur la demande d'une augmentation de 1 % du prix Ed = 0 Parfaitement inélastique Aucun Inélastique ou rigide Diminution de moins de 1% Ed = -1 Élasticité unitaire Diminution de 1% Élastique Diminution de plus de 1% Parfaitement élastique Diminution infinie - L'élasticité-prix de l'offre mesure la variation en % de l'offre suite à une variation de 1% du prix. Elle est positive.
ÉLASTICITÉ Description Effet en % sur l'offre d'une augmentation de 1 % du prix Parfaitement inélastique Aucun Inélastique ou rigide Augmentation de moins de 1% Élasticité unitaire Augmentation de 1% Élastique Augmentation de plus de 1% Parfaitement élastique Augmentation infinie
2.7 Les différentes situations d'un marché avec une concurrence imparfaite
- Monopole : Un seul vendeur face à de nombreux acheteurs. L'entreprise est "price maker" et peut influencer les prix. Il existe des monopoles naturels, d'innovation (protégés par brevets), pharmaceutiques et locaux.
- Oligopole : Petit nombre d'entreprises offreuses. Elles peuvent manipuler les prix via des ententes, des cartels ou des collusions (interdites). Le duopole est la plus petite forme d'oligopole. L'oligopsone est un marché avec peu d'acheteurs.
- Concurrence monopolistique : Grand nombre d'entreprises cherchant à se différencier par la qualité, l'image de marque ou l'innovation pour créer une situation de quasi-monopole temporaire sur un segment de marché.
| Un acheteur | Quelques acheteurs | Beaucoup d'acheteurs | |
|---|---|---|---|
| Un vendeur | Monopole bilatéral | Monopole contrarié | Monopole |
| Quelques vendeurs | Monopsone contrarié | — | Oligopole |
| Beaucoup de vendeurs | Monopsone | Oligopsone | Concurrence parfaite |
3. Notions de comptabilité nationale
La comptabilité nationale permet d'évaluer la santé économique d'un pays.3.1 Rappel de différentes mesures utilisées en économie
- Le chiffre d'affaires : Montant des ventes en valeur.
- L'évolution en % .
- Les indices : Mesurent les évolutions par rapport à une année de référence (indice 100).
- La part relative : Proportion d'un élément par rapport à un tout.
3.2 La valeur ajoutée
La valeur ajoutée est la richesse créée par une entreprise, calculée comme la différence entre le prix de vente des biens et services et le coût des consommations intermédiaires.- Valeur ajoutée .
- Le Produit Intérieur Brut (PIB) est la somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises sur le territoire national, quelle que soit leur nationalité, sur un an.
- Le Produit National Brut (PNB) est la somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises nationales, quelle que soit leur localisation, sur un an.
3.3 L'analyse dans le temps : des prix courants aux prix constants
Pour des comparaisons fiables dans le temps, il faut utiliser des prix constants en corrigeant les prix courants (mesurés sans inflation) de l'effet de l'inflation. Cela s'appelle la déflation. .3.4 Indice des prix à la consommation, pouvoir d'achat et indice santé
L'Indice des Prix à la Consommation (IPC) mesure l'évolution des prix et donc le coût de la vie. Le panier ménager est un ensemble de produits et services représentatif des habitudes de consommation. L'inflation est une hausse généralisée et durable des prix, entraînant une perte de pouvoir d'achat. La déflation est une baisse généralisée des prix. Le taux d'inflation se calcule par . Le pouvoir d'achat est la quantité de biens et services que l'on peut acheter avec ses revenus. L'indice santé est l'IPC moins certains produits (tabac, alcool, essence, diesel). L'indexation ajuste les salaires, loyers, etc., pour maintenir le pouvoir d'achat face à l'inflation.3.5 La croissance économique et le développement économique
- La croissance économique est un phénomène quantitatif : l'accroissement durable de la production de biens et services (augmentation du PIB en volume). Le taux de croissance du PIB . La conjoncture économique décrit l'état de l'activité économique (expansion, récession, dépression).
- Le développement économique est un phénomène qualitatif : transformations économiques, sociales et politiques pour améliorer le niveau de vie. L'Indice de Développement Humain (IDH) mesure le développement en se basant sur la santé, l'éducation et le niveau de vie (PIB par habitant).
4. La monnaie
4.1 Définitions et formes actuelles de la monnaie
La monnaie est l'ensemble des moyens de paiement.- La monnaie fiduciaire : Pièces et billets émis par les banques centrales. Sa valeur repose sur la confiance.
- La monnaie scripturale : Immatérielle, constituée de dépôts bancaires et transférée par écritures (virements, cartes bancaires). Elle représente 90% de la monnaie en circulation.
4.2 Les fonctions de la monnaie
- Unité de compte : Instrument de mesure de la valeur des biens.
- Instrument d'échange : Moyen de paiement universellement accepté.
- Instrument de réserve de valeur : Permet de transférer ou conserver le pouvoir d'achat.
- Moyen de régulation économique.
4.3 Banques commerciales et banques centrales
- Les banques commerciales : Collectent l'épargne des particuliers, gèrent les dépôts et prêtent cet argent aux acteurs économiques, générant des revenus via les taux d'intérêt.
- La Banque Centrale (ex: BNB) : Est la banque des banques et des États. Elle accorde des crédits aux banques commerciales et agit comme prêteur de dernier ressort.
- La Banque Centrale Européenne (BCE) : Gère l'euro et la politique monétaire de la zone euro.
4.4 Les déséquilibres monétaires
L'inflation est une hausse généralisée et durable des prix, qui fait perdre de la valeur à la monnaie. La BCE vise à maintenir une inflation inférieure à 2% pour assurer la stabilité des prix. Les causes de l'inflation peuvent être :- Par les coûts (hausse des coûts de production).
- Par la demande (trop d'argent en circulation par rapport à l'offre).
- Par les prix (entreprises augmentent les prix pour augmenter les bénéfices).
- Importée (hausse des prix des biens importés).
4.5 La politique monétaire
La politique monétaire est gérée par la BCE pour la zone euro. Ses objectifs sont de limiter l'inflation (cible de 2%) et de soutenir l'activité économique. La BCE utilise deux instruments principaux :- Le taux d'intérêt directeur : Si la BCE le baisse, les emprunts sont moins chers, la demande augmente. Si elle l'augmente, les emprunts sont plus chers, la demande et l'inflation diminuent.
- Le coefficient de réserve : Pourcentage des dépôts que les banques commerciales doivent garder. Plus il est élevé, moins les banques peuvent prêter, limitant l'expansion économique.
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