Droit social - Manuel et Applications 2025-2026
100 cardsManuel et applications de droit social pour l'année 2025-2026.
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Le Droit Social : Cadre Complet et Applications
Le droit social est une discipline juridique en constante évolution, visant à encadrer les relations de travail et à assurer la protection sociale des individus. Cet ensemble de règles, réaliste et dynamique, s'adapte aux contextes économiques et sociaux, tout en conservant un caractère impératif. Il se divise en deux grands axes : le droit du travail, qui régit les relations individuelles et collectives entre employeurs et salariés, et le droit de la protection sociale, qui couvre les risques sociaux pour l'ensemble de la population.
1. Introduction au Droit du Travail : Définition et Sources
Le droit du travail se concentre sur les personnes travaillant pour le compte et sous la direction d'autrui, excluant les travailleurs indépendants et les fonctionnaires. Il encadre les relations individuelles (salaire, temps de travail) et collectives (grève, syndicats) au sein de l'entreprise.
1.1. Caractéristiques du Droit Social
Jeune et réaliste: Né au début du XXe siècle, il est pragmatique et s'adapte aux situations concrètes.
Autonome et particulier: Il vise à rééquilibrer les rapports asymétriques employeur-salarié et sécuriser les parcours professionnels.
Extensif et dynamique: Ses domaines d'application s'élargissent, notamment via la négociation collective, pour répondre aux attentes sociales et économiques.
Impératif: Majoritairement d'ordre public, avec de rares dérogations.
1.2. Évolutions et Principes Récents
Le droit du travail intègre des principes modernes face aux mutations sociétales et économiques:
Égalité de traitement: L'employeur doit traiter de manière identique les salariés en situation similaire, sauf justification objective. Ex: "à travail égal, salaire égal".
Non-discrimination: Interdiction de fonder une décision (recrutement, exécution, rupture du contrat) sur des critères tels que l'origine, le sexe, la religion, l'apparence, l'orientation sexuelle, l'âge, etc.
Égalité femmes-hommes: Politique de GRH visant l'égalité salariale et l'égalité des perspectives de carrière, avec des outils comme l'Index Egapro. La directive européenne 2023/970 impose une transparence des rémunérations.
1.3. Sources du Droit Social
Les sources sont multiples et hiérarchisées, du national à l'international.
a. Sources Supranationales
Droit international: OIT (conventions), Nations Unies (pactes), Conseil de l'Europe (CESDH), CEDH (jurisprudence).
Droit de l'Union européenne: Traités, règlements, directives (qui laissent le choix des modalités de mise en œuvre aux États), décisions, avis, recommandations, et jurisprudence de la CJUE.
b. Sources Nationales
Constitution: Préambule de 1946 (droit de grève, négociation collective), articles 34 et 37 (répartition des compétences législatives/réglementaires).
Loi: Notamment le Code du travail.
Jurisprudence: Ensemble des décisions des tribunaux, avec une influence particulière de la Cour de cassation.
Sources professionnelles:
Conventions collectives et accords collectifs: Négociés entre partenaires sociaux. La convention collective couvre l'ensemble des conditions de travail, tandis que l'accord collectif porte sur des sujets déterminés.
Sources de l'entreprise:
Usage professionnel: Règle coutumière (générale, constante, immuable) qui peut être dénoncée par l'employeur. Ex: jour de congé supplémentaire la veille de Noël.
Engagement unilatéral: Décision de l'employeur, dénonçable.
Règlement intérieur (RI): Obligatoire pour les entreprises de 50 salariés et plus.
Recommandation patronale: Obligatoire pour les employeurs adhérents.
1.4. Conflits de Normes
Les conflits sont arbitrés selon des règles spécifiques :
Conflits internationaux et nationaux: Conventions internationales primant, sinon loi de l'État ou juge. Conventions de Bruxelles et de Lugano pour la compétence judiciaire, Convention de Rome pour la loi applicable.
Conflits entre normes nationales:
Hiérarchie des normes: Normes inférieures doivent respecter les supérieures.
Principe d'ordre public social: Application de la règle la plus favorable au salarié, même si elle déroge à la hiérarchie classique.
Exceptions à l'ordre public social:
Ordre public absolu: Aucune dérogation possible (ex: interdiction d'indexer le salaire sur le SMIC).
Ordre public conditionnel: La convention collective peut déroger à la loi au détriment du salarié pour maintenir l'activité.
Accord impératif ou dérogatoire: La convention de branche peut prévoir des dispositions impératives empêchant un accord d'entreprise moins favorable. Les ordonnances de 2017 ont listé 13 domaines où la convention de branche est impérative (salaires minima, durée du travail, période d'essai, etc.).
2. Le Contrôle de l'Application du Droit Social
Divers organes veillent au respect des règles du droit social.
2.1. L'Inspecteur du Travail
Il est indépendant, ses missions sont vastes et son pouvoir d'action significatif.
Statut: Placé sous la DREETS, il agit en toute indépendance et est assermenté. Tout obstacle à sa mission constitue un délit d'obstacle.
Rôle:
Contrôle: Application de la loi, conventions et accords collectifs (harcèlement, santé/sécurité).
Décisions administratives: Autorisation de licenciement de salarié protégé, retrait de clause du RI.
Conseil et conciliation: Informer, trancher les litiges prud'homaux, avis, conciliation collective.
Pouvoirs et moyens d'action:
Accès à tout document et locaux (secret professionnel du plaignant).
Observations écrites, mise en demeure, procès-verbal (PV) transmis au procureur.
Sanctions administratives (depuis 2016), arrêt temporaire de chantier (danger grave et imminent).
2.2. L'URSSAF
Elle contrôle les déclarations et le recouvrement des cotisations.
Statut: Inspecteurs du recouvrement, assermentés, soumis au secret professionnel.
Modalités du contrôle:
À tout moment, précédé d'un avis 30 jours avant (sauf travail dissimulé).
Porte sur l'année en cours et les trois précédentes (cotisations, taux, calcul).
Charte du cotisant contrôlé (nouvelle version 2024).
Droit à l'erreur (loi ESSOC 2018) en cas de bonne foi.
Rescrit social: Demande à l'Urssaf sur sa situation, réponse sous 3 mois.
Effets du contrôle:
Lettre d'observations (30 à 60 jours pour répondre).
Recouvrement par mise en demeure ou contrainte.
Recours possible devant la CRA puis le pôle social du TJ.
Sanction financière en cas d'obstacle au contrôle.
2.3. Le Contrôle du Travail Dissimulé
Il vise à lutter contre les formes illicites de travail.
Organes de contrôle: Police judiciaire, impôts, organismes de Sécurité sociale, inspecteurs du travail.
Formes d'infraction:
Dissimulation d'activité: Activité lucrative non déclarée.
Dissimulation d'emploi salarié: Salariés employés sans bulletin de paie ou DPAE.
Pouvoirs et sanctions:
Pouvoirs d'investigation (copie documents, auditions, identité).
PV dressés.
Sanctions pénales (3 ans prison, 45 000 euros amende, aggravées pour personnes vulnérables) et administratives (suppression aides publiques).
3. Les Conflits Contentieux et Non Contentieux nés de la Relation de Travail
Les litiges peuvent être réglés par voie contentieuse ou alternative.
3.1. Les Conflits de Travail Contentieux
a. Le Conseil de Prud'hommes (CPH)
Juridiction paritaire compétente pour les litiges individuels employeur-salarié.
Composition: Conseillers employeurs et salariés, désignés pour 4 ans.
Sections: Cinq sections autonomes (encadrement, industrie, commerce, agriculture, activités diverses).
Compétences:
d'attribution: Litiges individuels nés de la relation de travail (CDI, CDD, etc.).
Territoriale: CPH de l'établissement, domicile, lieu d'engagement ou siège social (au choix du salarié).
Procédure prud'homale: Saisie par requête, audience de conciliation obligatoire, puis jugement.
Défenseur syndical: Salarié autorisé à assister un autre salarié.
Délais de prescription: Varient selon le litige (5 ans discrimination, 3 ans salaires, 2 ans exécution, 12 mois rupture).
b. Les Autres Contentieux
Pôle social du Tribunal Judiciaire (TJ): Litiges Sécurité sociale (employeur/Urssaf, salarié/organismes).
Tribunal Judiciaire (TJ): Interprétation conventions collectives, litiges hors contrat de travail (intéressement, participation), élections du personnel, délit d'entrave. Le président du TJ est le juge des référés.
Tribunal Administratif (TA): Contentieux des décisions de l'inspecteur du travail (licenciement de salariés protégés, extension d'accords).
Tribunal de police/correctionnel: Infractions au droit du travail (contraventions/délits).
3.2. Les Conflits de Travail Non Contentieux
a. La Grève
Droit constitutionnel protégé.
Définition: Cessation totale, collective et concertée de toute activité par les salariés en vue de revendications professionnelles.
Caractéristiques du mouvement licite:
Cessation totale du travail (grèves tournantes, débrayages autorisés).
Cessation collective (même par une minorité, salarié unique si appel national).
Cessation concertée.
But professionnel.
Non nécessaire: Préavis ni avertissement.
Mouvements illicites: Grève politique, grève perlée (ralentissement), grève du zèle (application exagérée), grève de solidarité (si hors entreprise). Grève avec occupation illicite.
Conséquences:
Salariés grévistes: Suspension du contrat de travail (pas de salaire). Protection contre les sanctions sauf faute lourde.
Salariés non grévistes: Maintien du contrat et rémunération. Interdiction de prime de non-participation.
Employeur: Doit permettre aux non-grévistes de travailler. Recrutement en CDI ou sous-traitance autorisée (CDD/intérim interdits pour remplacer grévistes).
b. Le Lock-out
Décision de fermeture temporaire de l'entreprise par l'employeur à la suite d'une grève.
Autorisé si force majeure ou impossibilité d'assurer la sécurité des salariés.
Conséquence: Suspension temporaire du contrat des salariés non-grévistes, pas de salaire.
c. Modes Alternatifs de Règlement des Différends (MARD)
Pour éviter le recours au juge.
Conciliation: Appel à une commission pour un accord. Gratuit.
Médiation: Appel à un médiateur tiers pour proposer une solution acceptée par les parties.
Arbitrage: Appel à un arbitre tiers qui impose une solution motivée et s'imposant aux parties.
Convention de procédure participative: Engagement des parties à œuvrer amiablement, assistées par avocats.
4. Le Marché du Travail et le Recrutement
Ce chapitre aborde les mécanismes du marché de l'emploi et les règles encadrant le processus de recrutement.
4.1. Le Marché du Travail et l'Emploi
Définition: Lieu de rencontre de l'offre et la demande de force de travail.
Liberté professionnelle: Droit d'exercer l'activité de son choix, d'entreprendre ou non. Encadrée par des limites (clause de non-concurrence, d'exclusivité).
Principe de non-discrimination: Interdit de baser des décisions liées à l'emploi sur des caractéristiques personnelles non pertinentes.
Rôle de l'État: Assurer l'égalité (entre salariés, employeurs, employeurs/salariés) et l'ordre public (politique d'immigration, lutte contre le trafic de main-d'œuvre et le travail dissimulé).
Acteurs: France Travail (ancien Pôle emploi) pour l'offre et la demande, les ministères, les conventions collectives.
Typologie des emplois: Ouvrier, employé, cadre, mandataire social. Emplois périphériques (temps partiel, CDD, CTT, sous-traitance, portage salarial).
4.2. Les Modes de Recrutement
Recrutement direct:
En interne: Avantages (connaissance entreprise, motivation), inconvénients (pas de renouvellement, tensions).
En externe: Avantages (large choix), inconvénients (coût, intégration).
Recrutement indirect ou par intermédiaire: France Travail, agences de recrutement, ETT, groupements d'employeurs.
4.3. Limites à la Liberté d'Embauche
Protection de la vie privée du candidat: Réglementation RGPD, information du candidat sur les techniques de collecte, interdiction de questions discriminatoires ou non pertinentes (santé, opinions, état de grossesse).
Restrictions légales: Âge (pas moins de 16 ans sauf exceptions), nationalité (titre de séjour/travail), respect du congé maternité (pas d'embauche 6 semaines après accouchement), travaux interdits (femmes enceintes).
Priorité d'emploi: Salariés de l'entreprise (temps plein/partiel, nuit, télétravailleurs, inaptes), anciens salariés (licenciement économique, démission pour élever enfant), salariés en CDD (droit d'information sur CDI disponibles).
Discrimination à l'embauche: Sanctionnée pénalement. La charge de la preuve est aménagée (le candidat apporte des faits, l'employeur justifie).
Discrimination positive: Autorisation de certaines discriminations pour protéger des groupes "inégalitaires de fait" (handicapés, femmes, alternants).
5. Formation du Contrat de Travail et Formalités Liées à l'Embauche
Le contrat de travail, comme tout contrat, doit respecter des conditions de validité, complétées par des formalités spécifiques à l'embauche.
5.1. Conditions de Formation du Contrat de Travail
Conditions de fond:
Consentement non vicié: Absence d'erreur (sur l'objet, la personne, qualité essentielle), de dol (manœuvres frauduleuses), ou de violence (abus de position).
Capacité: Employeur (personne physique ou morale) et salarié (personne physique, avec dérogations pour mineurs ou majeurs incapables). Un étranger doit avoir une autorisation de travail.
Contenu licite et certain: Prestation de travail pour le salarié et rémunération pour l'employeur. Ne doit pas être contraire aux bonnes mœurs ou à l'ordre public.
Conditions de forme:
CDI à temps complet: Ne nécessite pas d'écrit, mais une directive européenne (transposée 2023) impose la remise d'informations essentielles par écrit sous 7 jours.
DPAE: Vaut écrit dans certains cas.
Distinction Offre/Promesse de contrat de travail (depuis 2017):
Offre de contrat: L'employeur propose un engagement avec des éléments précis, le contrat n'est formé qu'avec l'acceptation expresse du salarié. Rétractation possible avant acceptation (dommages et intérêts si préjudice).
Promesse unilatérale de contrat: L'employeur s'engage irrévocablement, seul le consentement du bénéficiaire est manquant. Rétractation n'empêche pas la formation du contrat.
Qualification de contrat de travail: Se fait par la Cour de cassation sur trois critères cumulatifs: prestation de travail, rémunération, lien de subordination.
Charge de la preuve: Celui qui conteste l'existence du contrat en cas de contrat apparent. Présomption légale d'absence de contrat dans certains cas.
5.2. Formalités Liées à l'Embauche
Préalables à l'embauche:
Déclaration Préalable à l'Embauche (DPAE): À l'Urssaf, 8 jours avant l'embauche au plus tard. Regroupe 6 formalités. Sanctions pénales et civiles en cas de non-respect.
Suivant l'embauche:
Registre Unique du Personnel: Obligatoire (quel que soit l'effectif), peut être informatisé, doit être mis à jour. Sanction pénale en cas de non-respect.
Déclaration Sociale Nominative (DSN): Obligatoire mensuellement depuis 2017.
Visites médicales: Visite d'information et de prévention sous 3 mois (obligatoire, même en CDD). Suivi régulier (tous les 5 ans, 3 ans pour risques). Visite de mi-carrière à 45 ans. Pénalement sanctionné en cas de non-respect.
Simplification des formalités: Titre Emploi Service Entreprise (TESE), Chèque Emploi Associatif (CEA), Chèque Emploi-Service Universel (CESU).
6. Contenu du Contrat de Travail et Recours au CDI
Le CDI est le contrat de travail de droit commun. Son contenu est composé de clauses essentielles et de clauses spécifiques facultatives, dont la validité est strictement encadrée.
6.1. Contenu du Contrat de Travail
a. Clauses Essentielles
Certaines mentions sont obligatoires pour un contrat écrit (identité parties, poste, date, rémunération, lieu de travail, durée, congés payés, convention collective).
Toute modification d'une clause essentielle requiert l'accord des deux parties.
b. Clauses Spécifiques (Facultatives)
Période d'essai: Évaluation des compétences du salarié. Durée maximale légale (2 mois ouvriers/employés, 3 mois agents/techniciens, 4 mois cadres), renouvelable une fois sous conditions. Rupture libre mais avec délai de prévenance.
Clause de non-concurrence: Interdit au salarié d'exercer une activité concurrente après rupture. Conditions de validité cumulatives (limitée dans le temps et l'espace, indispensable, contrepartie financière, ne doit pas empêcher de retrouver un emploi).
Clause d'exclusivité: Interdit au salarié d'exercer une autre activité durant le contrat. Valable si indispensable aux intérêts de l'employeur, proportionnée et justifiée par la tâche.
Clause de dédit-formation: Engagements du salarié de rester après une formation spécifique (coût employeur).
Clause de mobilité: Accepte à l'avance une modification du lieu de travail au-delà du secteur géographique. Doit être précise et ne pas causer préjudice.
Clause de quota (ou d'objectifs): Fixe des objectifs de résultat. Doit être raisonnable et compatible avec le marché. L'insuffisance de résultats seule n'est pas une cause de licenciement.
6.2. Recours au CDI
CDI: Contrat de droit commun. Pas de condition de forme écrite pour sa validité, mais obligation de remettre un écrit précisant les informations essentielles.
CDI d'opération (ou de chantier): Conclu pour la durée d'une mission, se termine à sa réalisation. Constitue un motif de licenciement pour cause réelle et sérieuse.
CDI intérimaire (CDII): Conclu entre ETT et salarié. Rémunération garantie en inter-missions.
7. La Diversité des Contrats de Travail
Au-delà du CDI, il existe une variété de contrats répondant à des besoins spécifiques des entreprises et des salariés.
7.1. Le Contrat de Travail à Durée Déterminée (CDD)
Le CDD est strictement encadré par la loi et ne peut être utilisé que pour un besoin temporaire.
Modalités de recours autorisés (article L. 1242-2 Code du travail):
Remplacement d'un salarié temporairement absent (maladie, maternité, congés). Possibilité expérimentale de remplacer plusieurs salariés avec un seul CDD (jusqu'au 13/04/2025).
Attente d'un salarié en CDI.
Accroissement temporaire d'activité (commande exceptionnelle, saison, usage constant).
Emplois d'insertion ou politiques de l'emploi.
Cas de recours interdits: Emploi durable lié à l'activité normale, remplacement de gréviste, travaux dangereux, suppression de poste après licenciement économique (sauf exceptions).
Durée: Maximum 18 mois (renouvellements inclus) par défaut, peut être fixée par convention de branche. Terme précis ou imprécis (avec durée minimale).
Délai de carence: Obligatoire entre deux CDD sur le même poste (sauf exceptions). Calculé en fonction de la durée du CDD précédent.
Forme du CDD: Obligatoirement écrit, signé, remis sous 2 jours, mentions obligatoires. La non-conformité peut entraîner une requalification en CDI.
Exécution et rupture: Exécution jusqu'au terme. Rupture anticipée limitée (accord parties, faute grave, force majeure, CDI, inaptitude). Indemnité de fin de contrat (10%) et égalité de traitement avec CDI.
Période d'essai: Calcul spécifique (1 jour/semaine jusqu'à 2 semaines pour CDD < 6 mois; 1 mois si > 6 mois).
7.2. Les Contrats de Travail Spécifiques
a. Le Contrat de Travail Temporaire (CTT ou Intérim)
Relation triangulaire entre le salarié, l'Entreprise de Travail Temporaire (ETT) et l'entreprise utilisatrice.
Principes: ETT fournit des salariés contre rémunération (monopole ETT).
Réglementation ETT: Déclaration préalable, justification garantie financière.
Entreprise utilisatrice: Respecte les cas de recours autorisés/interdits (idem CDD). Responsable des conditions de travail du salarié intérimaire.
Contrat de mission (ETT-Salarié): Identique règles CDD, avec mentions supplémentaires. Période d'essai spécifique. Indemnités de fin de mission et de congés payés.
b. Le Contrat de Travail à Temps Partiel
Durée de travail inférieure à la durée légale/conventionnelle.
Mise en place: À l'initiative employeur (avis représentants) ou salarié. Priorité des salariés de l'entreprise.
Forme: Écrit, mentions obligatoires (qualification, rémunération, durée, répartition).
Durée minimale: 24 heures/semaine par défaut (sauf dérogations).
Heures complémentaires: Ne peuvent porter le temps de travail au-delà de la durée légale. Majorées.
Répartition horaires: Conventionnelle (pas plus d'une coupure de 2h/jour).
Droits: Égaux à temps plein (rémunération, congés, ancienneté).
c. Les Contrats en Faveur de l'Emploi
Contrats en alternance (apprentissage, professionnalisation): Acquisition de compétences en alternance travail/formation. Bénéficiaires, durée, temps de travail, rupture et rémunération spécifiques.
Contrat Unique d'Insertion (CUI): Pour personnes en difficulté d'emploi (CUI-CIE secteur marchand, CUI-CAE ou PEC secteur non marchand). Aides financières pour l'employeur.
Mesures pour les jeunes: PACEA (désormais Contrat d'Engagement Unifié), CEJ (idem).
8. Les Cas de Suspension du Contrat de Travail
La suspension du contrat de travail implique un arrêt temporaire des obligations principales (travail, rémunération), mais le maintien du lien juridique.
8.1. La Notion de Suspension du Contrat de Travail
Définition: Le salarié refuse de travailler ou l'employeur ne fournit pas de travail.
Effets généraux: Obligations principales suspendues, secondaires maintenues (discrétion, loyauté). Le salarié reste dans les effectifs.
Conséquences sur l'ancienneté et les congés payés: En principe, la suspension n'entre pas dans le calcul de l'ancienneté, sauf exceptions (AT/MP, maternité/paternité, CP). Depuis la loi 2024-364, les arrêts maladie (quelle que soit leur origine) donnent droit à des congés payés.
8.2. Les Cas de Suspension du Contrat de Travail
a. La Maternité
Protection renforcée de la femme enceinte.
Protection avant le congé: Aménagements de poste / horaires sans baisse de rémunération, interdiction de certaines tâches, absences autorisées pour examens.
Congé de maternité: 16 semaines min. (6 prénatal, 10 postnatal), dates préfixes. Assimilé à temps de travail effectif pour CP et ancienneté. Interdiction de licencier pendant le congé de maternité et 10 semaines après. Protection même si l'employeur ne connaissait pas la grossesse.
Congé Parental d'Éducation (CPE): Père ou mère, temps plein ou partiel, après l'arrivée de l'enfant. Durée 1 an renouvelable (max 3 ans). Conditions d'ancienneté. Non rémunéré, impacts sur ancienneté/CP.
Congé de paternité et d'accueil de l'enfant: 25 jours (dont 4 obligatoires) pour le père, conjoint, pacsé. Indemnisé par CPAM.
b. La Maladie et l'Accident
Obligations du salarié: Informer employeur et CPAM sous 48h. Obligation de loyauté (pas d'activité concurrente).
Obligations de l'employeur: Attestation de salaire, versement d'indemnité complémentaire (sous conditions d'ancienneté et de durée).
Protection contre le licenciement:
Maladie/accident non professionnel: Licenciement possible si perturbation grave de l'entreprise et nécessité de remplacement définitif.
Maladie/accident professionnel: Licenciement interdit pendant suspension, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat.
Visite de reprise: Met fin à la suspension du contrat. Obligatoire après certains arrêts de travail.
Inaptitude: Constatée par médecin du travail. Obligations de reclassement pour l'employeur. Licenciement si reclassement impossible ou refusé par salarié.
c. Les Autres Causes de Suspension
Congé de présence parentale: Enfant à charge malade/handicapé.
Congés payés: Droit à 2,5 j/mois (5 semaines/ an).
Congé de formation: Pour poursuivre une formation non prévue par l'entreprise.
Congé sabbatique: Convenances personnelles, 6 à 11 mois. Conditions d'ancienneté.
Congé pour création d'entreprise: 12 mois max.
Grève.
Lock-out, activité partielle, décision de justice.
Mise à pied (disciplinaire ou conservatoire).
9. La Modification du Contrat de Travail
La modification de la situation du salarié peut concerner le contrat de travail lui-même ou les conditions de travail, avec des conséquences juridiques différentes.
9.1. La Notion de Modification
Modification du contrat de travail: Porte sur un élément essentiel (rémunération, fonctions, durée du travail annualisée) contractualisé. Nécessite l'accord du salarié.
Modification des conditions de travail: Concerne un élément non essentiel. Peut être imposée par l'employeur en vertu de son pouvoir de direction.
Distinction: La jurisprudence évalue l'importance de l'élément modifié et sa contractualisation.
Modification des dispositions collectives/usages: S'impose au salarié si règles respectées (sauf avantages individuels acquis liés à la rémunération, maintenus depuis loi "Travail" 2016 si accord non remplacé).
9.2. Régime de la Modification du Contrat de Travail
Motifs: Économique (licenciement si refus), personnel (pas de procédure si refus), disciplinaire (procédure disciplinaire si refus).
Procédure: Proposition de modification (pas notification), délai raisonnable pour le salarié. En cas de motif économique, LRAR et 1 mois pour répondre (silence vaut acceptation).
Acceptation: Novation dans les rapports contractuels.
Refus: L'employeur doit soit maintenir le contrat aux conditions initiales, soit licencier (motif à l'origine du refus, non le refus lui-même, sauf APC).
Licenciement: Adapté au motif initial (économique, faute, etc.).
9.3. Régime de la Modification des Conditions de Travail
Acceptation: Le contrat se poursuit avec les nouvelles conditions.
Refus: Faute du salarié (abandon de poste -> licenciement pour faute grave, présumé démission depuis 2022 si non justifié).
Cas particuliers:
CDD: Refus de modification de CDI ne permet pas licenciement, mais refus de modification de conditions de travail peut être faute grave.
Temps partiel: Modifications d'horaires/durée sont modifications du contrat sauf clause spécifique.
Salarié protégé: Accord nécessaire pour toute modification des conditions de travail.
9.4. Le Transfert d'Entreprise
Maintien des contrats de travail en cas de changement d'employeur sous certaines conditions (article L. 1224-1 Code du travail).
Champ d'application: Transfert d'une entité économique autonome (ensemble organisé de moyens, activité économique stable). Existence d'un lien de droit ou non entre employeurs successifs (interprétation large). Maintien de l'identité de l'entité. Existence du contrat au moment du transfert.
Modalités: Transfert automatique et impératif des contrats. Usages et engagements unilatéraux transférés. Dénonciation des accords collectifs (avantages acquis maintenus).
Exécution: Le nouvel employeur a les mêmes droits et obligations. Peut proposer des modifications justifiées.
Particularité: Le transfert du salarié protégé requiert l'autorisation de l'inspecteur du travail.
10. La Durée du Travail
La durée du travail est un élément central de la relation contractuelle, strictement réglementée pour protéger le salarié et organiser l'activité de l'entreprise.
10.1. Les Normes en Matière de Durée du Travail
a. Durée Légale et Durées Maximales
Temps de travail effectif: Période où le salarié est à disposition de l'employeur sans pouvoir vaquer à ses occupations. Définition essentielle pour le calcul des heures supplémentaires.
Situations non considérées comme temps de travail effectif (mais parfois rémunérées): Pauses, temps d'habillage/déshabillage, temps de douche, temps de trajet (au-delà du normal), astreintes (seule l'intervention est temps effectif).
Durées maximales: 10h/jour (12h par accord), 48h/semaine, 44h/semaine sur 12 semaines (46h par accord). S'appliquent même en cas de cumul d'emplois.
b. Les Heures Supplémentaires
Définition: Heures travaillées au-delà de la durée légale (35h/semaine).
Non considérées comme heures supplémentaires: Heures d'équivalence, heures récupérées, heures modulées.
Recours: Décision de l'employeur. Le salarié ne peut refuser (sauf abus).
Contingent annuel d'heures supplémentaires: Limite d'heures effectuées après simple information du CSE. Au-delà, consultation du personnel.
Contrepartie:
Majoration de salaire: 25% les 8 premières heures, 50% au-delà (peut être 10% par accord).
Repos compensateur de remplacement: Remplace la majoration salariale (par accord).
Repos compensateur de complément: S'ajoute à la majoration, obligatoire au-delà du contingent annuel (taux selon effectif).
c. Les Cadres et les Conventions de Forfait
Convention de forfait: Accord écrit entre employeur/salarié pour une rémunération forfaitaire incluant HS. Différentes catégories (heures, jours; hebdomadaire, mensuel, annuel).
Catégories de cadres:
Dirigeants: Hors réglementation durée du travail.
Intégrés: Suivent l'horaire collectif, forfait en heures possible.
Autonomes/Intermédiaires: Autonomie réelle, forfait en heures ou jours possible.
Conditions de validité: Accord collectif préalable (sauf forfait heures semaine/mois), convention individuelle.
10.2. L'Aménagement du Temps de Travail
a. La Répartition Collective ou Individuelle
Travail en équipe: Succéder plusieurs équipes (relais, roulement, suppléance). Compenses par conventions collectives.
Horaires individualisés: Plages horaires flexibles pour salariés, avec présence obligatoire. Demande des salariés, avis CSE.
b. La Répartition Hebdomadaire, Annuelle ou Journalière
Répartition sur la semaine: Sur jours ouvrables (4 à 6 jours). Avis CSE pour 4/4.5 jours.
Aménagement sur plusieurs semaines: Permet variation horaires sans HS (annuel, jours de repos, horaires cycliques). Par accord collectif ou décret. Ne constitue plus modification du contrat de travail.
Travail de nuit: De 21h à 7h. Conditions cumulatives (accord collectif, justification continuité, prise en compte santé). Statut spécifique et contreparties (repos obligatoire, salaire majoré). Nouvelle notion de travail en soirée (21h-minuit) dans les ZTI.
11. Les Repos et Congés
Le droit du travail prévoit des périodes de repos obligatoires et des droits à congés pour les salariés.
11.1. Le Repos Hebdomadaire
Principe: Un jour de repos par semaine (24h + 11h de repos quotidien), le dimanche.
Exceptions/Dérogations:
De plein droit: Entreprises à contraintes de production, biens/services indispensables (hôtels, pharmacies), commerces de détail alimentaire (jusqu'à 13h, majoration 30% si > 400m²), non-alimentaire en zones spécifiques (ZTI, touristiques, commerciales, gares).
Autorisation préfectorale (max 3 ans).
Accord collectif/Inspecteur travail (entreprises industrielles, équipes de suppléance).
Autorisation du maire (12 dimanches/an pour commerces non-alimentaires).
Dans tous les cas d'accord du salarié, son refus ne peut être sanctionné.
11.2. Les Congés Annuels ou Congés Payés (CP)
Définition: Jours non travaillés mais rémunérés, acquis en fonction du travail effectif.
Acquisition et ancienneté: 2,5 j/mois de travail effectif (max 30j/an). Pas de condition d'ancienneté.
Période de référence: 1er juin N-1 au 31 mai N.
Report: Possible (5e semaine pour sabbatique/création entreprise, CET). Les arrêts maladie (quelle que soit leur origine) donnent droit à CP (loi 2024).
Mise en place: Fixée par l'employeur (affichage 2 mois avant, ordre de départ).
Fractionnement: Droit à congés supplémentaires si fractionnement hors période légale (1er mai-31 oct).
Indemnité de CP: Calculée selon la méthode la plus favorable : maintien du salaire ou 1/10e de la rémunération brute totale de la période de référence.
Maladie pendant les CP: Pas de prolongation/report si maladie survient pendant les CP. Indemnités journalières SS + indemnité CP. Si maladie avant CP, report possible.
Compte Épargne-Temps (CET): Accumuler droits à congés rémunérés, mis en place par accord collectif.
11.3. Les Jours Fériés
Liste: 11 jours (1er janvier, Pâques, 1er mai, 8 mai, Ascension, Pentecôte, 14 juillet, Assomption, Toussaint, 11 novembre, Noël).
Chômage: Seul le 1er mai est obligatoirement chômé et payé (sauf activités non interrompables). Les autres peuvent être travaillés.
Rémunération:
Jour férié travaillé: 1er mai majoré 100%. Autres jours: majoration possible par convention collective.
Jour férié chômé: Maintenu si jour habituellement travaillé et 3 mois ancienneté (pas de condition ancienneté pour 1er mai).
12. La Rémunération
La rémunération du salarié est un élément essentiel du contrat de travail, encadré par des règles légales et conventionnelles strictes.
12.1. La Notion de Salaire
Définition: Comprend le salaire de base et tous les avantages/accessoires payés directement/indirectement (primes, avantages en nature, pourboires). Exclut les frais professionnels, indemnités réparatrices, intéressement.
Formes:
Salaire au temps/rendement: Au temps (par heure, jour, mois), au rendement (selon résultats, sous conditions).
Compléments: Gratifications (libéralités ou part du salaire), primes (périodicité), pourboires (même régime juridique que salaire).
En espèces/nature: Avantages en nature (logement, nourriture) intégrés au salaire pour calcul.
12.2. Le Montant du Salaire
a. Le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC)
Définition: Salaire horaire minimum légal (11,88 € brut en 2025).
Champ d'application: Salariés secteur privé de +18 ans, aptitude physique normale. Taux réduits pour apprentis/professionnalisation/mineurs.
Vérification: Calcul sur le temps de travail effectif, incluant compléments de salaire, excluant remboursements frais, majorations HS, primes d'ancienneté, participation/intéressement.
Revalorisation: Annuelle (1er janvier) et automatique (si inflation +2%).
Non-respect: Amende, rappel de salaire, dommages et intérêts.
b. Le Salaire Conventionnel
Négociation collective: Conventions collectives fixent salaires minima professionnels par catégorie, révisables régulièrement. Accords d'entreprise peuvent être plus favorables.
Ordre public salarial:
Interdiction d'indexation des salaires sur le SMIC/prix.
Principe d'égalité et non-discrimination (à travail égal, salaire égal).
12.3. Le Paiement du Salaire
a. Pour l'employeur solvable
Régularité: Salaire quérable. Mensualisation (sauf exceptions). Paiement non jour de repos hebdo. Prescription triennale pour actions en paiement.
Sécurité: Paiement en monnaie légale, chèque, virement. Compte du salarié obligatoire depuis 2021.
Bulletin de salaire: Obligatoire, simplifié depuis 2018. Mentions obligatoires (salaire brut, net, cotisations), interdites (droit de grève). Le montant net social est une nouvelle mention depuis 2024.
b. Pour l'employeur insolvable
Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS): Assure paiement des salaires en cas de procédure collective. Limité par plafond.
Privilèges: Privilège (6 derniers mois) et superprivilège (60-90 derniers jours) pour paiement prioritaire.
c. Obstacles au paiement
Saisie sur salaire: Par tranches selon revenu et personnes à charge. Fraction insaisissable (min. RSA). Procédure devant TJ.
Compensation: Interdite pour fournitures à crédit.
13. La Formation du Salarié
La formation professionnelle est un droit et une obligation, visant l'adaptation des salariés et le développement de leurs compétences.
13.1. Cadre Institutionnel de la Formation
a. Les Différents Types d'Actions de Formation
Catégories: Formations de base (illettrisme), évolution professionnelle (développement compétences, perfectionnement, promotion, reconversion).
Bilan de compétences: Évaluation des compétences et aspirations.
Validation des Acquis de l'Expérience (VAE): Obtenir un diplôme/certification par l'expérience. Création de France VAE (2022).
Alternance: Formation et travail en entreprise (apprentissage, professionnalisation).
b. Les Partenaires de la Formation Professionnelle
Rôle de l'État/Régions: Fixer les grandes orientations, compétence de principe pour les régions.
Partenaires sociaux: Négociation collective et gestion des fonds (France Compétences, OPCO, CPIR/ATPro).
Financement: Contribution unique à la formation professionnelle (Urssaf).
Conseil en Évolution Professionnelle (CEP): Accompagnement gratuit et personnalisé.
13.2. Droits et Obligations de Formation
a. L'Obligation d'Adaptation de l'Employeur
Origine: Jurisprudence, bonne foi du contrat.
Portée: Obligation de résultat (adaptation au poste), de moyens (maintien employabilité), simple faculté (développement compétences).
Plan de Développement des Compétences (PDC): Pour répondre à ces obligations.
Entretiens individuels: Entretien d'évaluation (annuel, facultatif), Entretien professionnel (tous les 2 ans, obligatoire). Bilan sexennal.
b. Le Compte Personnel de Formation (CPF)
Bénéficiaires: Tous les salariés (CDI, CDD, etc.), demandeurs d'emploi.
Alimentation: 500 €/an (max 5000 €). Abondement par employeur/France Travail/branches possible.
Utilisation: À l'initiative du salarié. Sans accord employeur (hors temps travail, socle compétences). Avec accord employeur (pendant temps travail).
c. Le Droit à Congé de Formation ou Projet de Transition Professionnelle (PTP)
Objectifs: Accéder à niveau supérieur, changer d'activité.
Conditions: Ancienneté (24 mois dont 12 dans l'entreprise). Délai de franchise. Demande écrite.
Report: Possible (effectifs simultanément absents, motif d'organisation).
13.3. Le Statut du Salarié en Formation
Formation assimilée à temps de travail effectif: Adapter au poste, maintenir dans l'emploi. Rémunérée.
Formation hors temps de travail: Non rémunérée.
Congés de formation: Suspension du contrat. Maintien lien subordination. Rémunération par organisme paritaire (ATPro) si conditions remplies.
14. Le Pouvoir Disciplinaire de l'Employeur
L'employeur dispose d'un pouvoir disciplinaire pour sanctionner les fautes de ses salariés, encadré par des règles strictes de fond et de forme.
14.1. Les Moyens d'Exercice du Pouvoir Disciplinaire
a. Le Règlement Intérieur (RI)
Obligation: Entreprise de 50 salariés et plus pendant 12 mois consécutifs.
Contenu légal: Hygiène/sécurité, discipline, sanctions, harcèlement, lanceurs d'alerte. Peut affirmer principe de neutralité.
Clauses interdites: Contraires aux lois/règlements/accords, restreignant droits/libertés sans justification, discriminatoires.
Élaboration: Unilatérale par employeur, consultation du CSE, dépôt à l'inspecteur du travail (contrôle administratif).
Contrôle: Administratif (inspecteur du travail, DREETS), judiciaire (CPH pour sanctions, TJ pour nullité clauses).
b. Les Autres Moyens Réglementaires
Notes de service, circulaires, directives considérées comme adjonctions au RI si elles fixent règles générales. Peuvent être appliquées immédiatement si urgence mais doivent être communiquées au CSE et inspecteur du travail.
14.2. L'Encadrement de l'Exercice du Pouvoir Disciplinaire
a. Les Garanties de Fond
Faute disciplinaire: Tout agissement du salarié jugé fautif. Doit être liée à l'exécution du travail, l'obligation non respectée doit être licite, distinguée de l'insuffisance professionnelle.
Catégories de fautes: Simple, grave (rend impossible maintien pendant préavis), lourde (intention de nuire).
Délai de prescription: 2 mois à partir de la connaissance des faits par l'employeur.
Sanction disciplinaire: Toute mesure (sauf observation verbale) affectant la situation du salarié. Interdiction de sanctions pécuniaires (sauf effets pécuniaires). Doit être prévue au RI, non discriminatoire, proportionnée.
b. Les Garanties de Forme
Procédure simplifiée: Avertissement/blâme (notification écrite).
Procédure normale: Autres sanctions (convocation, entretien, notification). Mise à pied conservatoire (faute grave).
Procédure renforcée: Licenciement disciplinaire.
14.3. Le Contrôle Judiciaire de la Sanction Disciplinaire
Recours: Le salarié peut saisir le CPH.
Objet du contrôle: Régularité de la procédure, existence et qualification de la faute (le doute profite au salarié), licéité de la sanction (pas interdite, proportionnée).
Effets du contrôle: Annulation de la sanction (le juge ne peut la modifier), dommages et intérêts.
15. Les Libertés Fondamentales du Salarié et sa Protection Physique
L'employeur, dans l'exercice de son pouvoir de direction, doit respecter les libertés fondamentales du salarié et assurer sa protection physique.
15.1. Les Libertés Fondamentales du Salarié
L'équilibre entre le pouvoir de l'employeur et les droits des salariés doit être respecté.
a. Les Moyens de Surveillance
Principes: Atteinte à la vie privée proportionnée et justifiée par intérêt légitime de l'employeur. Information préalable du salarié et consultation du CSE.
Exemples: Fouille (préventive, décente, justifiée), contrôle téléphone (factures OK, écoutes avec information), caméra (information, intérêt légitime), lecture courriers personnels (interdite), contrôle informatique (dossiers personnels protégés).
Non-respect: Moyens illicites, preuve non valable, sanction nulle.
Données personnelles: Respect RGPD.
b. La Lutte contre les Discriminations
Discrimination: Traiter inégalement sur des motifs subjectifs.
Moments et motifs: Recrutement, licenciement, sanction, rémunération (motifs illicites listés à L. 1132-1 Code du travail).
Charge de la preuve: Salarié apporte éléments factuels, employeur justifie objectivement.
Sanctions: Civile (nullité, dommages et intérêts), pénale (prison, amende), disciplinaire (pour l'auteur).
c. La Protection contre le Harcèlement
Harcèlement moral: Agissements répétés dégradant les conditions de travail (dignité, santé, avenir pro.).
Harcèlement sexuel: Propos/comportements à connotation sexuelle/sexiste répétés ou pressions graves, même non répétées, pour obtenir acte sexuel. Inclut "agissements sexistes".
Protection du salarié: Contre licenciement/sanction pour avoir subi/témoigné.
Obligation de l'employeur: Moyens renforcés. Responsabilité même sans être l'auteur. Procédure d'enquête.
Charge de la preuve: Salarié apporte éléments factuels, l'auteur prouve l'absence de volonté de harcèlement.
Sanctions: Disciplinaire, civile (nullité, DI), pénale (prison, amende).
15.2. La Protection Physique du Salarié
a. L'Hygiène et la Sécurité
Obligation employeur: Moyen renforcé (prévention, DUERP, information, formation).
Droits et devoirs du salarié: Obligation de vigilance, devoir de signalement ou d'alerte, droit de retrait (danger grave et imminent).
Hygiène: Locaux propres, vestiaires sécurisés, eau potable, contrôle alimentation.
Pénibilité: Compte Professionnel de Prévention (C2P) pour facteurs de pénibilité.
b. La Santé au Travail
CSE: Rôle en matière de santé/sécurité (missions, réunions, enquêtes, consultation RI).
Inspecteur du travail: Contrôle le respect des règles.
Service de Prévention et de Santé au Travail (SPST): Prévention des risques, conseil, campagnes. Médecin du travail (statut protégé), examens médicaux (Visite d'information et de prévention, mi-carrière, CV de reprise).
16. Le Licenciement
Le licenciement est la rupture du contrat de travail à l'initiative de l'employeur, soumise à des conditions strictes selon son motif (personnel ou économique).
16.1. Le Licenciement pour Motif Personnel
Définition: Rupture unilatérale pour causes inhérentes à la personne du salarié, liées à l'exécution du contrat.
Procédure:
Convocation à entretien préalable: LRAR, délai 5 jours ouvrables mini, objet, date, lieu, possibilité d'assistance. Non mention des motifs.
Entretien: Employeur (assisté) expose motifs, salarié (assisté) se défend.
Notification: LRAR, 2 jours ouvrables mini après entretien. Mentionne motifs précis. Possibilité de préciser griefs sous 15 jours.
Sanction: Non-respect procédure -> indemnité max 1 mois de salaire.
Cause réelle et sérieuse: Cause objective, existante et exacte, revêtant une gravité rendant impossible la poursuite du travail sans dommages. Peut être une faute (légère, simple, grave, lourde) ou absence de faute (insuffisance pro., absences répétées). Le doute profite au salarié.
Sanctions du licenciement injustifié: Réintégration (rare), indemnité entre min et max (en fonction ancienneté/effectifs), remboursement allocations chômage (non pour petites entreprises ou courte ancienneté).
Licenciements prohibés: Discriminatoire, droit de grève, maladie/maternité/paternité, harcèlement, lanceur d'alerte, clause automatique.
16.2. Le Licenciement Économique
Définition: Rupture unilatérale pour motif indépendant du salarié, impliquant suppression/transformation d'emploi ou modification refusée d'un élément essentiel du contrat. Motivée par difficultés éco, mutations technologiques, réorganisation entreprise (pour compétitivité). Appréciation au niveau national/groupe.
Procédure: Varie selon nombre salariés (< 10 ou >= 10).
Individuel (< 10): Entretien, convocation, notification.
Collectif (>= 10): Consultation CSE (avis, propositions), information DREETS. Délais spécifiques.
Mesures sociales d'accompagnement: Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) (obligatoire si >= 50 salariés et >= 10 licenciements). Congé de Reclassement Personnalisé (CRP), Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP). Priorité de réembauche.
Contrôle de la cause réelle et sérieuse: Juge vérifie réalité des faits invoqués et lien causal avec le licenciement.
17. Les Autres Modes de Rupture du Contrat de Travail
Au-delà du licenciement, d'autres modes de rupture du contrat de travail existent, qu'ils soient à l'initiative du salarié, de l'employeur ou d'un commun accord.
17.1. La Démission
Définition: Rupture à l'initiative unilatérale du salarié, sans motif ni autorisation.
Conditions de validité: Acte unilatéral, volonté libre, claire et non équivoque. Appréciation au cas par cas par le juge.
Limites: Abus de droit (DI pour l'employeur), limites conventionnelles (clause de dédit-formation).
Préavis: Peut être prévu par loi, convention, usages.
ARE: En principe pas de droits, sauf démissions légitimes. L'abandon de poste est présumé démission depuis 2022.
17.2. Les Accords de Rupture
a. La Rupture Conventionnelle Homologuée
Définition: Rupture d'un commun accord entre salarié et employeur (CDI uniquement).
Procédure: Entretiens, signature convention (indemnité min légale, date rupture), délai de rétractation 15 jours, homologation par DREETS (silence vaut acceptation).
Effets: Indemnité spécifique, droit à ARE. Recours CPH sous 12 mois.
b. Les Accords Collectifs
Rupture Conventionnelle Collective (RCC): Rupture de contrats des salariés volontaires par accord collectif majoritaire, sans motif économique.
Congé de Mobilité: Pour favoriser le retour à l'emploi par formation, à l'issue d'un accord collectif.
17.3. La Retraite
Retraite: Rupture à cause de l'âge du salarié.
Mise à la retraite: Décision employeur. Consultation annuelle, mise d'office à partir de 70 ans. Préavis, indemnité min légale.
Départ à la retraite: Décision salarié. Âge légal. Indemnité de départ. Préavis.
17.4. La Force Majeure et la Résiliation Judiciaire
Force majeure: Événement imprévisible, insurmontable, extérieur. Rupture immédiate sans préavis ni indemnité (sauf indemnité si sinistre). Rarement reconnue.
Résiliation judiciaire (à l'initiative salarié): Salarié demande rupture devant CPH pour manquements graves de l'employeur. Assimilée à licenciement sans cause réelle et sérieuse si acceptée.
Prise d'acte de la rupture: Salarié rompt le contrat unilatéralement, puis demande requalification en licenciement si manquements graves de l'employeur. Si refusée, assimilée démission.
18. Les Effets de la Rupture du Contrat de Travail
La rupture du contrat de travail entraîne un ensemble de conséquences, notamment en termes de préavis, d'indemnités et de documents à remettre.
18.1. Le Préavis ou Délai-Congé
Définition: Période précédant la rupture définitive. Applicable en cas de rupture unilatérale (retraite, démission, licenciement). Non dû en cas de faute grave, force majeure, rupture conventionnelle.
Caractéristiques:
Source: Loi, convention collective, usages, contrat (si plus favorable).
Durée: Variable selon ancienneté et type de rupture.
Conditions: Min 6 mois ancienneté, pas de faute grave.
Déroulement:
Préavis travaillé: Maintien obligations, droit à temps libre pour recherche d'emploi.
Dispense de préavis: Décision employeur (versement indemnité compensatrice) ou accord.
Inobservation fautive: Indemnité pour la partie fautive.
18.2. Le Règlement des Comptes
Indemnités liées à la rupture:
Indemnité légale de licenciement: Après 8 mois ancienneté, sauf faute grave/lourde. Calculée sur salaire et ancienneté.
Indemnités conventionnelles: Peuvent être plus favorables.
Indemnité compensatrice de CP: Pour congés non pris.
Reçu pour solde de tout compte: Rélevé des sommes versées. Facultatif. Dénonçable sous 6 mois (pour les sommes mentionnées).
Transaction: Contrat pour régler un litige. Conditions: Conclue après rupture, concessions réciproques. Effets: Force de chose jugée.
18.3. Les Attestations
Certificat de travail: Document remis à l'expiration du contrat (quérable). Contenu précis (identité, emplois, dates).
Attestation d'emploi (France Travail): Permet au salarié de faire valoir ses droits au chômage.
19. Les Institutions Représentatives du Personnel (IRP) – Le CSE
Les IRP défendent les intérêts des salariés auprès de l'employeur. Le CSE est l'instance unique depuis 2020.
19.1. La Mise en Place du CSE
Conditions: Entreprise de 11 salariés et plus pendant 12 mois consécutifs.
Niveau de représentation: Établissement (si >= 11 salariés), UES, groupe, interentreprises (même site), européen.
Autres IRP:
Conseil d'entreprise: Remplace CSE et négocie accords collectifs (par accord majoritaire).
CSSCT: Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (obligatoire si >= 300 salariés ou risques).
Élections professionnelles: Tous les 4 ans.
Organisation: Employeur informe, négociation protocole préélectoral (double majorité).
Électeurs: +16 ans, 3 mois ancienneté, contrat travail, pas de condamnation.
Éligibles: +18 ans, 1 an ancienneté, pas de lien familial avec employeur, pas de délégation d'autorité.
Déroulement: 2 tours (1er réservé OSR, 2nd ouvert). Quorum au 1er tour.
Contentieux électoral: Devant le TJ (délais spécifiques).
19.2. Le Rôle du CSE
Missions: Représenter personnel, réclamations, consultation (congés, RI, formation, emploi). Droit d'alerte (atteinte droits/santé/libertés, situation économique préoccupante).
Consultations obligatoires: Stratégie, économie, conditions de travail, santé/hygiène/sécurité.
Base de Données Économiques, Sociales et Environnementales (BDESE): Obligatoire si >= 50 salariés. Accès CSE.
Moyens:
Crédit d'heures: Pour chaque titulaire (temps de travail rémunéré).
Matériels: Local, panneau d'affichage, convention collective.
Financiers: Subvention fonctionnement, contribution activités sociales/culturelles.
Experts: Comptable, technologie.
Formation: Économique, santé/sécurité.
Fonctionnement: Président (employeur, non votant), secrétaire. Réunions régulières.
19.3. La Protection des IRP
Salarié protégé: Procédure spécifique pour toute décision de l'employeur (licenciement, modification contrat).
Bénéficiaires: Représentants élus, candidats, salariés demandant élections, anciens représentants (pendant des durées limitées).
Moyens de protection: Autorisation administrative de l'inspecteur du travail (licenciement DS). Nullité du licenciement sans autorisation.
Délit d'entrave: Obstacles à la désignation, fonctionnement, licenciement des IRP. Sanctions pénales (prison, amende).
20. Le Statut et le Rôle des Syndicats
Les syndicats sont des organisations qui défendent les intérêts des salariés, bénéficiant d'une liberté fondamentale et de prérogatives spécifiques.
20.1. La Liberté Syndicale
Individuelle: Droit d'adhérer ou non au syndicat de son choix. L'employeur ne peut tenir compte de l'appartenance syndicale pour ses décisions (principe de non-discrimination).
Collective: Liberté de constitution sans autorisation, fonctionnement autonome. Pluralisme syndical dans l'entreprise.
20.2. L'Organisation Syndicale
Constitution: Conditions de fond (exercice profession similaire, objet défense intérêts) et de forme (statuts, dépôt mairie).
Capacité juridique: Syndicat déclaré a la personnalité juridique (droits patrimoniaux, d'ester en justice, percevoir cotisations, etc.).
Représentativité: 7 critères cumulatifs (valeurs républicaines, indépendance, transparence financière, ancienneté, audience électorale, influence, effectifs/cotisations). Audience électorale (10% suffrages 1er tour élection pro ou 8% branche). Organisation Syndicale Représentative (OSR) essentielle pour élections et négociation collective. Contestable devant TJ.
20.3. La Représentation Syndicale dans l'Entreprise
Section Syndicale: Groupement de salariés, initié par un syndicat (au moins 2 adhérents). Peut exister même si le syndicat n'est pas représentatif.
Représentant de la Section Syndicale (RSS): Désigné par syndicat non représentatif pour animer section.
Délégué Syndical (DS): Désigné par un syndicat représentatif. Représente et défend les salariés, négocie.
Moyens d'action: Droit d'expression (panneau, tracts), réunions, moyens matériels (local si >200 salariés), moyens financiers (cotisations), heures de délégation (pour DS/RSS).
20.4. La Protection des Syndicats
Double protection:
Individuelle: Statut de salarié protégé pour RSS, DS, représentants syndicaux au CSE.
Collective: Délit d'entrave à l'exercice du droit syndical (sanctions pénales).
21. La Négociation Collective et les Catégories d'Accords
La négociation collective est un pilier du droit social, permettant aux partenaires d'adapter les règles du travail aux spécificités des secteurs et entreprises.
21.1. Le Droit Commun de la Négociation Collective
Acteurs: OSR (via DS), organisations d'employeurs ou employeurs individuels. À défaut de DS, négociation avec membre du CSE (mandaté ou non), ou salarié non élu mandaté, ou consultation directe des salariés.
Accords: Convention collective (ensemble conditions de travail), accord collectif (sujets déterminés).
Obligation de négociation: Au niveau de l'entreprise (si OSR), sur rémunération, temps de travail, égalité pro, GEPP. Au niveau de la branche.
Modalités d'adoption:
Branche: Signature par OSR 30%, pas d'opposition des OSR majoritaires.
Entreprise: Signature par OSR 50% OU signature par OSR 30% et référendum majorité simple des salariés.
Formalités de publicité: Écrit, signature, dépôt, affichage, informations aux salariés.
Modalités d'application:
Champ d'application: Territorial et professionnel (activité principale).
Appartenance de l'employeur: Signataire, membre groupement signataire, ou application volontaire.
Durée: Déterminée (max 5 ans, tacite reconduction) ou indéterminée (dénonçable).
Dénonciation: Par parties signataires, selon procédure.
Révision: Par avenant, mêmes conditions que texte initial.
Effets: Immédiat, impératif (sauf clause contrat plus favorable), automatique.
Contentieux: Recours collectif ou individuel devant TJ ou CPH.
Contrôle du travail: L'inspecteur du travail veille à l'application.
21.2. Les Règles Spécifiques
Transfert d'entreprise: Motif de dénonciation des accords collectifs (négociation accords de substitution ou d'adaptation possibles).
Étendue/Élargissement: Arrêté d'extension (rend obligatoire pour tous du champ), arrêté d'élargissement (étend application hors champ initial). Procédure par arrêté du ministre du Travail.
Accords nationaux interprofessionnels (ANI): Signés au niveau national, concernent toutes les professions.
Accords de branche: Adaptent règles aux spécificités du métier, encadrent négociation d'entreprise.
Accords d'entreprise: Peuvent être dérogatoires à l'accord de branche.
22. La Participation des Salariés aux Performances et le Bilan Social
Différents dispositifs visent à associer les salariés aux résultats de l'entreprise et à promouvoir l'épargne salariale. Le bilan social offre une vue d'ensemble des données sociales de l'entreprise.
22.1. La Participation des Salariés aux Performances
a. La Participation aux Résultats
Accord de participation: Obligatoire pour entreprises de 50 salariés et plus pendant 5 ans consécutifs si bénéfice net > 5% des capitaux propres. Volontaire pour les autres.
Mise en place: Négociation d'accord collectif, accord CSE ou ratification salariés.
Bénéficiaires: Tous les salariés (sauf ancienneté < 3 mois).
Réserve spéciale de participation (RSP): Calculée selon formule légale. Répartition selon critères accord.
Indisponibilité: Sommes bloquées 5 ans (ou 8 ans si pas d'accord) sauf cas de déblocage anticipé.
b. L'Intéressement
Accord d'intéressement: Volontaire, prime calculée sur résultats/performances.
Bénéficiaires: Tous salariés et dirigeants (sauf ancienneté < 3 mois).
Mise en place: Accord collectif (1 à 5 ans).
Droits: Montant aléatoire, plafonné. Répartition selon critères fixés. Non bloqué.
c. Les Plans d'Épargne Collective
Plan d'Épargne Entreprise (PEE): Épargne collective pour valeurs mobilières. Facultatif. Alimenté par intéressement, participation, CET, versements volontaires salariés, abondement employeur. Bloqué 5 ans.
Plan d'Épargne Interentreprises (PEI): Fonctionne comme PEE mais pour plusieurs entreprises.
Plan d'Épargne Retraite (PER): Épargne pour la retraite. 3 catégories (individuel, entreprise obligatoire, entreprise collectif). Remplacent anciens PERCO.
Prime de Partage de la Valeur (PPV): Versée 2 fois/an (depuis 2023), exonérée SS.
22.2. Le Bilan Social
Définition: Document récapitulant les données sociales de l'entreprise.
Obligation: Entreprises de 300 salariés et plus (durant 12 mois consécutifs).
Contenu: Emploi, rémunération, hygiène/sécurité, formation, relations pro.
Élaboration et diffusion: Par chef d'entreprise, avis CSE. Mis à disposition salariés, transmis inspecteur du travail et actionnaires.
23. Introduction au Droit de la Protection Sociale
La protection sociale vise à protéger les individus contre les risques sociaux, via des mécanismes d'assurance et d'assistance.
23.1. La Notion de Protection Sociale
Définition: Techniques protégeant les individus contre les risques sociaux (perte de revenu, augmentation des charges).
Double redistribution: Horizontale (entre individus), verticale (entre riches et pauvres).
Sécurité sociale: Régimes de base (assurance sociale).
Quatre niveaux de protection: Techniques indifférenciées (entraide), assurance sociale (Sécurité sociale, chômage), assistance (aide sociale), assurances privées (complémentaires).
Inspirations: Modèle Bismarck (assurances obligatoires, financement par cotisations), Rapport Beveridge (universalité, unité, uniformité, financement par impôt).
23.2. Vue d'Ensemble de la Sécurité Sociale
a. L'Architecture du Système
Sources: Supranationales (DUDH, OIT, CESDH, UE) et nationales (Constitution, LFSS, Code SS, Conventions collectives).
Régimes de Sécurité sociale:
Général: Salariés privés, indépendants (depuis 2018), personnes non couvertes.
Spéciaux: Certaines professions (fonctionnaires, SNCF...).
Autonomes: Agricole (MSA), certaines professions libérales.
Branches: Organisation administrative par catégorie de prestations (Maladie, Retraite, Famille, etc., sauf AT/MP).
Organismes compétents: CNAM, CNAV, CNAF, CNSA, Urssaf aux niveaux national/régional/local.
Statut: Organismes de droit privé gérant service public.
b. L'Affiliation au Régime Général
Affiliation/Assujettissement: Rattachement à régime légal (obligatoire si critères remplis). Immatriculation: Attribuer un numéro.
Critères d'affiliation: Contrat/prestation personnelle de travail, rémunération, lien de subordination. Présomption d'assimilation pour certaines professions (VRP, mannequins).
PUMA: Protection Universelle Maladie (toute personne résidant stablement/régulièrement en France).
c. Notions de Financement
Autonomie financière des branches: Tempérée par centralisation recettes (Urssaf) et gestion des déficits (CADES).
Cotisation sociale: Assurances sociales. Sur salaires.
Impôts: CSG notamment.
23.3. Contentieux de la Sécurité Sociale
Spécificités: Phase amiable obligatoire (CRA/CMRA), pôle social du TJ.
Domaines de compétence du pôle social du TJ: Affiliation, cotisations, prestations.
24. Le Régime Général de la Sécurité Sociale
Le régime général de la Sécurité sociale couvre les principaux risques de la vie des salariés.
24.1. L'Assurance Maladie et Maternité
Conditions d'ouverture des droits: Affiliation + montant/durée min. de cotisations/emploi (pour prestations en espèces).
Prestations:
Prestations en nature: Remboursement soins (au moins partielle). PUMa (100% à partir 6e mois grossesse, ALD).
Prestations en espèces: Indemnités journalières (compense perte revenu). 50% salaire de réf. Délai de carence 3j.
Principes de la médecine libérale (et limites): Liberté d'installation, choix du médecin (parcours coordonné), prescription (bonnes pratiques), fixation honoraires (conventionnement), secret professionnel.
Maternité: Déclaration grossesse. Prestations 100% frais SS (6e mois). Indemnités 100% salaire de réf.
Paternité: Congé allongé.
24.2. L'Assurance Retraite
Principe: Répartition (cotisations actifs financent pensions retraités).
Pension de base:
Conditions: Âge (min 64 ans), demande liquidation.
Calcul: P = S x t x d/D. S (salaire de réf. sur 25 meilleures années), t (taux de liquidation), d (durée d'assurance réelle en trimestres), D (durée d'assurance théorique).
Pension de réversion: Droit dérivé pour conjoint survivant (conditions de mariage, ressources, âge).
24.3. Les Accidents du Travail et les Maladies Professionnelles
Accident du Travail (AT): Accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail (avec lésion, date certaine).
Lien avec le travail: AT au sens strict, AT de mission, AT de trajet. Présomption d'imputation.
Procédure: Salarié informe employeur (24h), employeur déclare CPAM (48h).
Réparation: Forfaitaire (sans prouver faute employeur). Prestations en nature améliorées, espèces (60% puis 80%). Augmentée si faute inexcusable/intentionnelle de l'employeur.
Maladie professionnelle (MP): Maladie occasionnée par activité pro. Reconnue si figure dans tableaux officiels (présomption simple) ou prouvée par victime (lien, taux incapacité >25%).
24.4. La Protection de la Famille
Prestations familiales: Variées. Versées à large population.
Conditions d'attribution: Charge d'enfant (effective et permanente), résidence en France, ressources (la plupart).
25. L'Assurance Chômage et les Autres Formes de Protection Sociale
Outre la protection maladie et retraite, le système social français intègre l'assurance chômage, l'aide sociale et les régimes complémentaires pour une couverture globale.
25.1. Le Chômage
Gouvernance: Unédic (indemnisation), France Travail (recherche d'emploi). Convention collective nationale.
Chômage total: Pour salariés involontairement privés d'emploi.
Conditions d'éligibilité: Perte involontaire d'emploi (sauf démissions légitimes), inscription France Travail, durée affiliation suffisante, recherche effective d'emploi, aptitude physique, pas atteint âge retraite.
Allocation de Retour à l'Emploi (ARE): Calculée sur base journalière par rapport au SJR. Durée max variable (2 ans, modulable si chômage < 9%).
Chômage partiel (activité partielle): Dispositif pour entreprises en difficulté (fermeture, réduction activité). Allocation de l'État, indemnité de l'employeur.
Minima sociaux: Pour personnes n'ayant plus droits ARE (ASS, AAH, RSA, etc.).
Indépendants: Exclus ARE, mais cotisations volontaires possibles ou Allocation Chômage des Travailleurs Indépendants (ATI) sous conditions.
25.2. L'Aide Sociale
Définition: Droit subjectif octroyé en fonction de situations individuelles de besoin/pauvreté. Dernier filet de sécurité.
Caractéristiques: Dépend des ressources. Subsidiaire et temporaire. Financée par impôt. Non soumise cotisations sociales.
Minima sociaux: AAH, RSA (versé par CAF sous conditions de ressources/âge/résidence, avec dispositif réinsertion via France Travail).
25.3. La Protection Sociale Complémentaire
Régimes complémentaires obligatoires: Complètent le régime de base (retraite, prévoyance).
Retraite complémentaire: AGIRC-ARRCO (salariés privés). Fonctionnement par points.
Prévoyance collective: Assurance décès (cadres), maintien de salaire, mutuelle santé (socle minimal obligatoire, modulable).
Régimes complémentaires facultatifs: Mutuelles, sociétés d'assurance, institutions de prévoyance. Couverture individuelle ou collective.
Mise en place: Décision unilatérale employeur, accord collectif ou référendum.
Portabilité: Maintien des droits après rupture du contrat.
25.4. Les Autres Régimes Sociaux
Régime des indépendants: Concerne les travailleurs non salariés (TNS) comme artisans, commerçants, professions libérales. Intégré au régime général mais avec prestations spécifiques. Géré par CPSTI.
Régime agricole: Géré par la MSA (guichet unique: santé, famille, AT/MP, retraite).
Droit Social : Synthèse et Essentiels
Le droit social encadre les relations de travail et la protection sociale. Il est un domaine en constante évolution, caractérisé par son aspect impératif et son adaptation aux réalités économiques et sociales.
I. Introduction au Droit du Travail
A. Définition et Sources du Droit Social (Chapitre 1)
Le Droit du Travail s'applique aux salariés sous lien de subordination, distinct des indépendants ou fonctionnaires.
Le Droit de la Protection Sociale couvre les individus contre les risques sociaux.
Caractéristiques du Droit Social : jeune, réaliste, autonome, particulier, extensif, dynamique et impératif (principe d'ordre public).
Sources Internationales et Communautaires :
OIT, Nations Unies, Conseil de l'Europe (CESDH), Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).
Traités de l'UE, Règlements, Directives, Jurisprudence CJUE.
Sources Nationales :
Constitution (Préambule 1946, articles 34 et 37).
Code du Travail (lois et décrets).
Jurisprudence (notamment Cour de cassation).
Sources Professionnelles : Conventions collectives et Accords collectifs.
Sources d'Entreprise : Usage professionnel, Engagement unilatéral, Règlement intérieur.
Conflits de Normes :
En droit social, la règle la plus favorable au salarié prime (principe d'ordre public social), sauf exceptions (ordre public absolu, conditionnel, accords impératifs de branche).
Conflits de juridictions : Conventions de Bruxelles/Lugano (domicile du salarié ou lieu d'exécution).
Conflits de lois : Convention de Rome (choix des parties, sous réserve des dispositions impératives).
B. Contrôle de l'Application du Droit Social (Chapitre 2)
Inspecteur du Travail :
Rôle : Contrôle (application des lois/conventions), décision administrative (retrait clause RI, autorisation licenciement protégé), conseil, conciliation.
Moyens d'Action : Observations écrites, mise en demeure, PV (transmis au procureur), amende administrative, décision d'arrêter un chantier (danger grave/imminent).
Secret Professionnel et Confidentialité de la plainte sont respectés.
Délit d'obstacle : Sanctionné pénalement (1 an prison, 37 500 € amende).
URSSAF :
Inspecteurs de recouvrement : Contrôlent les déclarations des employeurs et indépendants.
Déroulement : Avis 30 jours avant (sauf travail dissimulé), loi ESSOC (droit à l'erreur), rescrit social (avis préalable de l'URSSAF engageant).
Issue : Lettre d'observations (30/60 jours pour répondre), rapport, recouvrement (mise en demeure/contrainte). Recours amiable (CRA) puis devant le Pôle social du TJ.
Pénalité en cas d'obstacle (3 750 € particulier, 7 500 €/salarié employeur).
Contrôle du Travail Dissimulé :
Formes : Dissimulation d'activité (non-déclaration) ou d'emploi salarié (pas de bulletin de paie/DPAE).
Organes : Police judiciaire, Impôts, Sécurité sociale, Inspection du Travail, URSSAF.
Sanctions : Pénale (3 ans prison, 45 000 € amende, renforcée si vulnérable), administrative (suppression subventions).
C. Conflits Contentieux et Non Contentieux (Chapitre 3)
Juridictions :
Conseil de Prud'hommes (CPH) : Compétent pour les litiges individuels entre salarié et employeur (composition paritaire, 5 sections, bureau de conciliation et de jugement). Procédure accélérée au fond (ancien référé). Comptétences d'attribution (contrat de travail) et territoriale (établissement/domicile). Délai de prescription variable.
Tribunal Judiciaire (TJ) : Contentieux collectif (conventions collectives, élections IRP, etc.), et social (Sécurité Sociale), après recours préalable obligatoire devant la CRA (Commission de Recours Amiable).
Tribunal de Police : Contraventions au droit du travail.
Tribunal Correctionnel : Délits au droit du travail (délit d'entrave, travail clandestin).
Conflits Non Contentieux :
Grève : Cessation totale, collective et concertée du travail, dans un but professionnel. Droit constitutionnel, pas de préavis obligatoire.
Grèves Illicites : Politique, perlée, de zèle. Occupation des locaux illicite si empêche non-grévistes.
Effets de la Grève : Suspension du contrat de travail, pas de rémunération (sauf accord fin de conflit), interdiction de sanctionner sauf faute lourde.
Lock-out : Fermeture temporaire de l'entreprise par l'employeur (si défaut de sécurité ou impossibilité fonctionnement).
Modes Alternatifs de Règlement des Différends (MARD) : Conciliation, Médiation, Arbitrage. Font appel à un tiers, effets différents. Convention de procédure participative possible.
II. Aspects Individuels du Droit du Travail
A. Le Marché du Travail et le Recrutement (Chapitre 4)
Marché du Travail : Rencontre offre/demande d'emploi.
Libertés : Liberté professionnelle (d'entreprendre/travailler), avec limites (clauses de non-concurrence/exclusivité).
Principes :
Non-discrimination (interdiction de critères personnels, s'applique partout).
Égalité de traitement (entre salariés, employeurs, employeurs/salariés).
Interventions de l'État : Politique d'immigration, Lutte contre travail illégal (délit de trafic de main-d'œuvre, travail dissimulé).
Acteurs : France Travail (ancien Pôle Emploi), agences de recrutement, groupements d'employeurs.
Catégories d'Emplois : Ouvrier, Employé, Cadre, Mandataires sociaux.
Typologie des Recrutements :
Direct (interne/externe) : Avantages (connaissance/choix large), inconvénients (tensions/contraintes légales).
Indirect (par intermédiaire).
Encadrement du Recrutement :
Protection de la vie privée (Loi Informatique et Libertés, RGPD).
Information du candidat et du CSE sur les méthodes de recrutement.
Questions interdites (santé, opinions, etc.).
Limites à l'embauche : Âge, nationalité, congé maternité, santé/sécurité.
Priorité d'emploi : Salariés de l'entreprise, anciens licenciés économiques.
Discrimination à l'embauche : Sanctions civiles/pénales. Charge de la preuve facilitée pour le salarié.
Discrimination positive : Autorisée pour protéger des personnes, ex. handicapés, femmes, alternants.
B. Formation du Contrat de Travail et Formalités (Chapitre 5)
Conditions de Formation :
Consentement : non vicié (erreur, dol, violence).
Capacité : des parties (mineurs ↔ autorisation légale, étrangers ↔ titre de travail).
Contenu licite et certain : prestation de travail ↔ salaire, non contraire à l'ordre public.
Non-respect → nullité pour l'avenir.
Offre de Contrat et Promesse Unilatérale :
Offre de contrat : proposition d'engagement (emploi, rémunération, date), rétractable avant acceptation.
Promesse unilatérale : engagement ferme de l'employeur (idem info), rétractation n'empêche pas formation du contrat.
Qualification du Contrat de Travail :
Critères : prestation de travail, rémunération, lien de subordination (critère essentiel : pouvoir de direction, contrôle, sanction).
S'applique Code du Travail, CPH, régime général SS.
Présomption simple de non-assujettissement pour indépendants.
Formalités d'Embauche :
Déclaration Préalable à l'Embauche (DPAE) : Document unique (8 jours avant au plus tôt, dernier jour ouvrable avant au plus tard). Sanctions si non-respect.
Registre Unique du Personnel : Obligatoire, informations détaillées sur salariés.
Déclaration Sociale Nominative (DSN) : Mensuelle, remplace plusieurs déclarations.
Suivi Médical : Visite d'information et de prévention (3 mois après embauche), sauf exceptions.
Simplification : TESE (Titre Emploi Service Entreprise), CEA (Chèque Emploi Associatif), CESU (Chèque Emploi-Service Universel).
C. Contenu du Contrat de Travail et Recours au CDI (Chapitre 6)
Clauses Essentielles : Identité parties, description poste, date effet, rémunération, lieu, durée travail, congés payés, convention collective.
Clauses Spécifiques (Facultatives) : Juge fixe les conditions de validité.
Période d'essai : Évaluation mutuelle, rupture sans motif/indemnité. Durée max légale et renouvellement encadrés (ex. : cadres 4 mois, renouvelable 1x pour 8 mois). Délai de prévenance à respecter. Abus de droit sanctionné. Distincte de la période probatoire.
Non-concurrence : Après contrat, limitée temps/espace, indemnité financière significative. Nullité n'a pas effet rétroactif.
Exclusivité : Pendant contrat, interdit autre activité. Valide si indispensable aux intérêts de l'entreprise, proportionnée, justifiée par nature tâche.
Dédit-formation : Salarié rembourse formation si départ avant durée définie. Valide si frais réels, indemnité non excessive, convention préalable.
Mobilité : Salarié accepte à l'avance modification lieu travail hors secteur géographique. Refus = faute grave si clause valide et conditions respectées.
Quota (ou objectifs/résultats) : Objectifs raisonnables, compatibles marché. Insuffisance de résultats seule ne justifie pas licenciement.
CDI : Contrat de droit commun, pas de condition de forme obligatoire pour validité, mais écrit par loi (infos essentielles en 7 jours).
CDI Spécifiques :
CDI d'opération/de projet : Pour chantier/mission, fin == fin projet. Cause réelle et sérieuse de licenciement.
CDII : intérimaire, contrat entre ETT et salarié. Garanties mensuelles, durée missions plus limitée.
D. La Diversité des Contrats de Travail (Chapitre 7)
CDD :
Cas de recours limitatifs (L. 1242-2) : Remplacement salarié (parfois plusieurs temporairement, expérimental), accroissement temporaire d'activité, emplois saisonniers/d'usage.
Interdictions : Emploi durable/permanent, remplacement gréviste, travaux dangereux, poste supprimé éco < 6 mois.
Terme : Précis ou imprécis (minimum durée).
Durée : Max 18 mois (renouvellements inclus), sauf accord branche (2 renouvellements max). Dispositions spécifiques (export, urgence, CDD cadres).
Délai de Carence : Entre 2 CDD sur même poste (1/3 durée > 14 jours, 1/2 durée < 14 jours), sauf exceptions.
Forme : Obligatoirement écrit, mentions obligatoires, remis sous 2 jours. Non-respect → requalification en CDI.
Exécution/Rupture : Exécuté jusqu'à terme. Rupture anticipée limitée (accord, faute grave, force majeure, CDI, inaptitude).
Fin de contrat : Indemnité de précarité (10% rémunération brute), sauf exceptions.
Égalité de Traitement avec CDI.
CTT (Contrat de Travail Temporaire / Intérim) :
Relation triangulaire : ETT, entreprise utilisatrice, travailleur temporaire.
Cas de recours/interditions : Idem CDD.
Contrat de mise à disposition (ETT → utilisatrice) et Contrat de mission (ETT → salarié), tous deux écrits et mentions obligatoires.
Période d'essai fixée par convention ou selon durée de mission.
Rupture : Par ETT (nouveau contrat si pas faute grave/force majeure) ou salarié.
Rémunération : Égale à salarié utilisatrice, indemnité CP et précarité.
Responsabilités : Utilisatrice (conditions travail), ETT (aptitude salarié).
Autres contrats similaires : ETTP (Entreprise de Travail à Temps Partagé), Portage salarial.
Contrat de Travail à Temps Partiel :
Durée inférieure durée légale/conventionnelle.
Écrit, mentions obligatoires.
Durée minimale : 24h/semaine (sauf dérogations).
Heures complémentaires : Au-delà temps travail, max 1/10è durée hebdo. Majorées 10% ou 25%.
Répartition horaires : Fixée par contrat, modifiable si clause prévue.
Mêmes droits que temps plein.
Contrats en Alternance : Apprentissage et Professionnalisation.
Contrats en Faveur de l'Emploi : CUI (Contrat Unique d'Insertion), PEC (Parcours Emploi Compétences), CEJ (Contrat d'Engagement Jeune).
E. Évolution du Contrat de Travail (Chapitre 8 et 9)
Suspension du Contrat de Travail (Chapitre 8) :
Définition : Salarié refuse prestation travail ou employeur s'abstient de fournir travail.
Effets : Obligations principales suspendues, secondaires maintenues (loyauté, discrétion). Maintien lien entreprise (effectifs, électeur).
Cas de suspension :
Maternité : Protection enceinte (embauche, exécution), aménagements possibles, congé maternité (16 sem, dates préfixes), protection post-accouchement. Nullité licenciement si non-respect. Congé parental d'éducation (CPE). Congé paternité (28j).
Maladie/Accident : Obligations salarié (info employeur/CPAM, loyauté), employeur (attestation salaire, indemnité complémentaire si 1 an ancienneté). Licenciement possible si perturbation grave pour entreprise (maladie non-pro). Visite de reprise obligatoire. Inaptitude : Reclassement privilégié.
Autres : Congé de présence parentale, sabbatique, création entreprise, grève.
Suspension par Employeur : Lock-out, activité partielle, décision de justice (sécurité).
Modification du Contrat de Travail (Chapitre 9) :
Modification du Contrat : Concerne un élément essentiel (rémunération, fonctions, durée travail) ou contractualisé. Nécessite accord salarié.
Modification des Conditions de Travail : Relève du pouvoir de direction de l'employeur, s'impose au salarié.
Refus par Salarié (modification contrat) : Pas de sanction. Employeur doit proposer autre solution ou licencier (motif origine modif).
Refus par Salarié (modification conditions) : Faute (abandon de poste si cesse travail), → licenciement faute grave.
Cas Particuliers : CDD (modification limitée), temps partiel (clause obligatoire), salarié protégé (pas d'imposition unilatérale).
Transfert d'Entreprise (L. 1224-1 C. trav) : Maintien des contrats de travail si transfert d'une entité économique autonome (activité stable), lien de droit entre employeurs, maintien identité, contrat existant au moment transfert. Transfert automatique et impératif.
F. Le Temps de Travail, les Repos et Congés et la Rémunération (Chapitre 10, 11 et 12)
Durée du Travail (Chapitre 10) :
Temps de Travail Effectif (TTE) : Salarié à disposition employeur et ne peut vaquer persos. (pauses, habillage, trajet, astreinte peuvent être rémunérés ou compensés).
Durées Max : 10h/jour, 48h/semaine, 44h/12 sem (ou 46h si accord).
Heures Supplémentaires : Au-delà durée légale. Employeur décide. Contingent annuel (220h/an si pas d'accord, info CSE au-delà). Majoration salaire (25/50%) ou repos compensateur.
Conventions de Forfait : Écrite, rémunération forfaitaire (heures/jours, hebdo/mensuelle/annuelle). Cadres dirigeants (hors réglementation), intégrés (TTE, forfait en heures), autonomes (TTE, forfait en jours/heures annuels).
Aménagements du TTE : Travail en équipe (relais, roulement, suppléance), horaires individualisés (flexibles), aménagement annuel.
Travail de Nuit : Entre 21h-7h, encadré (accord collectif, justification économique/sociale, mesures protection). Durée limitée.
Repos et Congés (Chapitre 11) :
Repos Hebdomadaire : Min 24h + 11h quotidien, le dimanche en principe. Dérogations (contraintes production, biens essentiels, commerces). Sanctions si non-respect.
Congés Payés (CP) : Droit (2.5j/mois, max 30j/an). Période référence. Employeur fixe période/ordre. Indemnité CP (maintien salaire ou 1/10e rémunération). Maladie pendant CP → pas de report/prolongation. Maladie avant CP → report possible.
Jours Fériés : 11 jours légaux. 1er mai obligatoirement chômé et payé. Rémunération si travaillé (1er mai +100%). Maintien salaire si chômé (condition ancienneté).
Compte Épargne Temps (CET) : Accumuler droits à congé rémunéré.
Rémunération (Chapitre 12) :
Notion de Rémunération : Salaire, avantages, accessoires (pas frais professionnels, indemnités SS).
Formes : Salaire au temps, au rendement. En espèces/nature. Compléments (gratifications, primes, pourboires).
Montant :
SMIC : Min légal horaire. Indexé sur prix/croissance. Taux réduit possible (apprentis, mineurs). Vérification de l'assiette (éléments inclus/exclus). Non-respect → sanctions.
Salaire Conventionnel : Minima professionnels, coefficients hiérarchiques. Négociation annuelle obligatoire (NAO).
Principe d'Ordre Public Salarial : Interdiction indexation sur SMIC/prix, égalité/non-discrimination (à travail égal, salaire égal → justification objective possible).
Paiement :
Employeur solvable : régulier (mensuel), sécurisé (virement), vérifiable (bulletin de paie). Prescription (3 ans).
Bulletin de Paie : Obligatoire, mentions obligatoires/interdites. Dématérialisé possible. Remis en mains propres ou envoyé.
Employeur insolvable : Protection (AGS, privilège/superprivilège salarial).
Obstacles au paiement : Saisie-arrêt sur salaire (tranches, insaisissabilité min), compensation.
G. La Formation du Salarié (Chapitre 13)
Cadre Institutionnel :
Actions de Formation : Base, développement compétences, bilan, VAE (Validation des Acquis de l'Expérience), alternance.
Acteurs : État (orientations), partenaires sociaux (ANI, gestion paritaire fonds), France Compétences, OPCO (Opérateurs de Compétences), CPIR (Commissions Paritaires Interprofessionnelles Régionales / ATpro).
Droits et Obligations :
Contributions Employeur : Pourcentage masse salariale (0,55% ou 1%), collecte par URSSAF.
Obligation d'Adaptation : Employeur doit maintenir employabilité salarié (jurisp.), via Plan de Développement des Compétences (PDC).
Entretiens Individuels : Évaluation (facultatif), Professionnel (obligatoire tous les 2 ans, bilan tous les 6 ans. Abondement CPF si non-respect).
Compte Personnel de Formation (CPF) : Droits acquis (500€/an, max 5000€). Utilisation à l'initiative du salarié, accord employeur si sur temps de travail.
Projet de Transition Professionnelle (PTP) : Ancien droit à congé de formation. Financer reconversion via CPF-TP. Conditions d'ancienneté. Employeur ne peut refuser si conditions remplies, mais peut reporter.
Statut du Salarié en Formation :
Formation assimilée TTE : Maintien salaire/contrat (adaptation au poste, maintien emploi).
Formation hors TTE (non-obligatoire) : Pas de rémunération obligatoire. Salarié peut refuser.
Congés de Formation (PTP) : Suspension du contrat, maintien lien subordination, rémunération si organisme agréé.
H. Le Pouvoir Disciplinaire de l'Employeur (Chapitre 14)
Moyens d'Exercice :
Règlement Intérieur (RI) : Obligatoire dès 50 salariés. Établi unilatéralement par employeur (avec procédure : avis CSE, dépôt IT). Contenu strictement réglementé (hygiène/sécurité, discipline, harcèlement...). Clauses interdites (contraires lois/libertés non justifiées, discriminatoires).
Autres Moyens : Notes de service, circulaires, directives.
Encadrement du Pouvoir :
Faute Disciplinaire : Agissement salarié que l'employeur juge fautif (lié au travail, violation licite, distinct de l'insuffisance pro/santé). Faute simple, grave, lourde (intention de nuire).
Prescription : 2 mois après connaissance des faits.
Sanction Disciplinaire : Toute mesure (sauf observations verbales) affectant carrière/rémunération. Interdiction pécuniaire pure. Proportionnée à la faute. Pas 2x même faute.
Procédure : Simplifiée (avertissement/blâme), normale (convocation/entretien/notification), renforcée (si licenciement disciplinaire).
Contrôle Judiciaire : CPH (annule sanction, octroie DI, ne modifie pas). TJ (annule clause RI). Juge des référés (mesures conservatoires).
I. Libertés Fondamentales du Salarié et Protection Physique (Chapitre 15)
Libertés Fondamentales :
Moyens de Surveillance : Proporionnés, justifiés, informés (salarié, CSE). (Fouille, téléphone, caméra, informatique). Courrier personnel → interdit.
Dossier Salarié : Infos pro, droit accès/rectification salarié, accès limité.
Lutte contre Discriminations : Inégalités pour motifs subjectifs (énumérés L. 1132-1 C. trav.). S'applique recrutement, exécution, rupture. Sanctions civiles/pénales/disciplinaires.
Protection contre Harcèlement : Moral (agissements répétés, dégradation conditions travail) ou sexuel (propos/comportements sexistes/sexuels répétés, ou pression grave). Employeur a obligation de moyens renforcée. Procédure de médiation possible. Sanctions civiles/pénales/disciplinaires.
Protection Physique :
Hygiène et Sécurité : Obligation de sécurité de moyens renforcée de l'employeur (DUERP, info/formation salariés).
Devoirs Salarié : Vigilance, devoir de signalement/alerte (danger grave/imminent).
Droit de Retrait : Quitter poste si danger grave/imminent, sans sanction.
Pénibilité : Prévention (C2P, 6 facteurs).
Acteurs : CSE (rôle essentiel, missions/moyens selon effectif), Inspecteur du Travail, SPST (Service de Prévention et de Santé au Travail, avec médecins du travail).
J. Le Licenciement (Chapitre 16)
Licenciement pour Motif Personnel :
Définition : Rupture unilatérale, cause inhérente à la personne du salarié, faits dans l'exécution.
Procédure : Convocation (5j ouvrables min), entretien, notification (LRAR, 2j ouvrables min après entretien, max 1 mois si disciplinaire).
Cause Réelle et Sérieuse : Objective, existante, exacte. Sérieuse (gravité, ex. faute légère/simple/grave/lourde, ou motif personnel non fautif).
Sanctions : Réintégration (rare), indemnité légale (min/max selon ancienneté/effectif), remboursement allocations chômage.
Licenciements Prohibés : motifs discriminatoires, exercice droit de grève, maladie/maternité, harcèlement.
Licenciement Économique :
Définition : Rupture unilatérale, motif non inhérent au salarié (→ difficultés éco, mutations techno, réorganisation), suppression/transf. emploi, ou modif. essentielle refusée. Appréciation au niveau national/groupe.
Procédure : Consultation CSE (si projet restructuration emplois). Information DDTEFP/DREETS.
Types : Individuel (1 salarié), collectif (2-9 salariés ou 10+ salariés sur 30j).
Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) : Obligatoire dès 50 salariés licenciement 10+. Éviter/limiter licenciements. Validé (accord) ou homologué (décision unilatérale) par DREETS. Reclassement, recherche repreneur.
Mesures Sociales : Congé de Reclassement Personnalisé (CRP), Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP).
Priorité de Réembauche : 1 an pour salarié licencié éco.
Contrôle du Juge : Réalité cause et lien causal.
K. Autres Modes de Rupture du Contrat de Travail (Chapitre 17)
Démission :
Définition : Volonté unilatérale et libre du salarié. Clair et non équivoque.
Régime : Libre, sans motif, sauf abus de droit (DI pour employeur). Préavis possible (loi, conv coll, usages).
ARE non garantie, sauf démission légitime (17 cas). Abandon de poste → présumé démission.
Accords de Rupture :
Rupture Conventionnelle Homologuée (RCH) : Accord commun employeur/salarié (CDI). Procédure (entretien, conv, homologation DREETS). Non valable pour CDD ou contourner licenciement éco.
Rupture Conventionnelle Collective (RCC) : Accord collectif pour rupture volontaire (sans difficultés éco).
Congé de Mobilité : Actions formation et périodes travail pour retour à l'emploi.
Retraite :
Mise à la Retraite (employeur) : À partir âge légal SS (67 ans), d'office à 70 ans. Préavis, indemnité.
Départ à la Retraite (salarié) : À partir âge légal (62 ans). Préavis, indemnité.
Force Majeure : Événement imprévisible, insurmontable, extérieur. Rupture immédiate, pas de préavis/indemnité (rarement reconnu).
Résiliation Judiciaire et Prise d'Acte :
Résiliation Judiciaire : Salarié demande au juge le non-respect des obligations employeur. Contrat maintenu jusqu'à décision du juge.
Prise d'Acte de la Rupture : Salarié rompt unilatéralement, demande au juge de requalifier en licenciement (manquement grave employeur). Contrat déjà rompu.
L. Les Effets de la Rupture du Contrat de Travail (Chapitre 18)
Préavis ou Délai-Congé :
Définition : Période avant rupture définitive.
Sources/Durée : Loi (licenciement/retraite), convention collective, usages.
Conditions : Ancienneté (min 6 mois). Pas de faute grave (rend impossible maintien pendant préavis).
Déroulement : Travaillé (maintien obligations, temps libre recherche emploi) ou non (dispense employeur → indemnité compensatrice; demande salarié → pas d'indemnité).
Règlement des Comptes :
Indemnités : Légale de licenciement (min 8 mois ancienneté, calcul selon ancienneté/salaire). Conventionnelle plus favorable. Indemnités CP si non pris.
Remboursement France Travail si licenciement abusif.
Reçu pour Solde de tout Compte : Relevé des sommes. Libératoire pour sommes mentionnées après 6 mois.
Transaction : Contrat pour mettre fin à une contestation (post-rupture, concessions réciproques). N'annule pas l'imputabilité de la rupture.
Attestations :
Certificat de Travail : Obligatoire, quérable.
Attestation d'Emploi (France Travail) : Indispensable pour indemnisation chômage.
III. Aspects Collectifs du Travail
A. Institutions Représentatives du Personnel (IRP) - le CSE (Chapitre 19)
Mise en Place :
Seuil : Obligatoire dès 11 salariés pendant 12 mois consécutifs.
Niveaux : Établissement, entreprise, UES (Unité Économique et Sociale), interentreprises, groupe, européen (CEE).
Autres IRP : Conseil d'entreprise (remplace IRPs), CSSCT (Commission Santé, Sécurité, Conditions de Travail, obligatoire dès 300 salariés).
Élections Professionnelles : Tous les 4 ans, organisées par employeur. Dépôt PV de carence si pas de candidat.
Conditions : Électorat (16 ans, 3 mois ancienneté), Éligibilité (18 ans, 1 an ancienneté, pas de lien familial avec employeur).
Contentieux Électoral : TJ compétent. Annulation si irrégularité influe sur résultat.
Rôle du CSE :
Missions : Représenter personnel (réclamations), consulté (RI, congés, formation), suggestions, interlocuteur IT, droit d'alerte (atteinte droits/santé personnes, économiques).
Consultations : Obligatoires sur organisation, gestion, marche générale entreprise (incluant environnement), volume effectifs, DUERP. Consultation annuelle (stratégies, éco/finances, politique sociale).
BDESE (Base de Données Économiques, Sociales et Environnementales) : Obligatoire dès 50 salariés, accès aux infos pour CSE.
Réunions : Mensuelles, ou bimestrielles (< 300 sal.). 4 réunions/an sur santé/sécurité.
Moyens : Crédit d'heures (augmente avec effectif), local/affichage, accès doc obligatoires, liberté de déplacement, formation économique.
Ressources Financières : Subvention fonctionnement, contribution activités sociales/culturelles.
Protection des IRP :
Salariés Protégés : Représentants élus, candidats aux élections, demandeurs d'élections, anciens RP (durée variable).
Moyens de Protection : Autorisation administrative pour décision de l'employeur (licenciement, modif contrat/conditions). Refus → nullité licenciement.
Délit d'Entrave : Obstacle à désignation, fonctionnement ou licenciement des IRP. Sanctions pénales.
B. Le Statut et le Rôle des Syndicats (Chapitre 20)
Liberté Syndicale : Constitutionnelle.
Individuelle : Droit d'adhérer/se retirer, non-discrimination syndicale (charge preuve employeur).
Collective : Liberté constitution/fonctionnement, pluralisme syndical.
Organisation Syndicale :
Conditions de Constitution : Fond (exercice/similitude profession, objet défense intérêt), Forme (statuts écrits, dépôt mairie).
Capacité Juridique : Droits patrimoniaux, contractuels, action justice.
Représentativité : 7 critères cumulatifs (valeurs républicaines, indépendance, transparence, ancienneté 2 ans, audience électorale - 10% 1er tour élections pro ou 8% branche -, influence, adhérents/cotisations).
Représentation Syndicale en Entreprise :
Section Syndicale : Groupement de salariés, animée par un syndicat. Création sans forme, si 2 adhérents. Missions (nég. protocole préélectoral, liste candidats, assister RP, négocier accords). Moyens (affichage, diffusion tracts, local, crédit heures).
Représentant de la Section Syndicale (RSS) : Syndicats non représentatifs, 4h délégation.
Délégué Syndical (DS) : Désigné par syndicat représentatif (1 par syndicat, durée indéterminée, sans cumul). Missions (réclamations, négociation annuelle). Moyens : Heures délégation (12h, 18h, 24h selon effectif), déplacements, documents, participation au CSE.
Protection : Statut de salarié protégé pour RSS, DS, etc. Délit d'entrave si obstacle à droit syndical.
C. La Négociation Collective et les Accords (Chapitre 21)
Acteurs de la Négociation : OSR des salariés (via DS), organisations employeurs. En l'absence de DS, négociation avec membre CSE mandaté, non mandaté (si majorité suffrages), non élu mandaté, ou consultation directe des salariés (moins 20 sal.).
Textes : Convention collective (étendue conditions emploi, travail, garanties sociales), Accord collectif (sujets déterminés).
Obligation de Négociation (NAO) : Employeur doit négocier chaque année (rémunération, temps travail, égalité pro, GEPP si +300 sal.). Non-respect → pénalité. Péridocité (annuelle, triennale, quinquennale).
Modalités d'Adoption :
Branche : Signé par OSR ≥ 30%, et pas d'opposition OSR majeure.
Entreprise : Signé par OSR > 50%, ou OSR ≥ 30% approuvé par référendum salariés (majorité simple).
Formalités de Publicité : Écrit, rédigé en français, affichage, remis au personnel, dépôt DREETS via TéléAccords.
Modalités d'Application :
Conditions : Champ d'application (territorial, professionnel), appartenance employeur (signataire, adhérent, extension/élargissement, volontaire), durée (déterminée max 5 ans, indéterminée dénonçable).
Effets : Immédiat, impératif (sauf clause contrat plus favorable), automatique. Non-respect → dommages et intérêts.
Dénonciation : Dépend de la durée. Procédure encadrée. Transfert d'entreprise.
Révision : Avenant.
Droit Particulier de Négociation :
ANI : National, interprofessionnel.
Accords de Branche : Adapter conditions travail, encadrer négociation entreprise.
Conflits entre Conventions : Pluralité activités → primauté activité principale. Niveaux différents → plus large, sauf favorable.
D. Participation des Salariés aux Performances et Bilan Social (Chapitre 22)
Participation aux Performances :
Participation : Obligatoire dès 50 salariés pendant 5 ans consécutifs. Bénéfice > 5% capitaux propres. Non bloquées si > 80€. Exempt d'impôts.
Intéressement : Facultatif. Prime calculée résultats/performances. Durée 1-5 ans. Non bloquées.
PEE (Plan d'Épargne Entreprise) : Épargne collective, valeurs mobilières. Facultatif. Blocage 5 ans (sauf cas spécifiques).
PEI (Plan d'Épargne Interentreprises) : PEE pour plusieurs entreprises.
PER (Plan d'Épargne Retraite) : Épargne pour retraite (capital/rente). Facultatif. Blocage jusqu'à retraite (sauf cas spécifiques). Succède au PERCO.
Prime de Partage de la Valeur (PPV) : Obligatoire pour 11-49 salariés, si bénéfice net fiscal positif.
Bilan Social :
Définition : Document récapitulatif données sociales (emploi, rémunération, hygiène/sécurité, formation).
Obligation : Entreprises ≥ 300 salariés.
Élaboration : Chef d'entreprise. Avis CSE.
Diffusion : Salariés qui le demandent, IT, actionnaires.
Sanction : Délit d'entrave si non-présentation au CSE.
IV. Protection Sociale
A. Introduction au Droit de la Protection Sociale (Chapitre 23)
Notion : Ensemble des techniques protégeant individus contre les risques sociaux (diminution revenus, augmentation charges).
Organisation : 4 niveaux de protection (entraide, Sécurité Sociale - assurance sociale, aide sociale - assistance, assurances classiques).
Systèmes : Modèle Bismarck (assurances sociales, obligatoire, financé cotisations, gestion paritaire), Rapport Beveridge (universalité, unité, uniformité).
Plan Français 1945 : Régime général unique (travailleurs et familles).
Sources : Supranationales (DUDH, OIT, CEDH, règlements UE) et nationales (Constitution, LFSS, CSS, conventions collectives).
Régimes de Sécurité Sociale :
Régime Général : Salariés privés, indépendants, non couverts.
Régimes Spéciaux : Fonctionnaires, SNCF (souvent retraite).
Régimes Autonomes : Agricoles, professions libérales.
Branches : Organisation administrative selon type de prestations. Autonomie administrative/financière.
Organismes Compétents : CNAM, CNAV, CNAF, CNSA, URSSAF Caisse Nationale, CARSAT, CPAM, CAF, MSA...
Statut Organismes SS : Droit privé, mission service public, gestion paritaire.
Affiliation/Assujettissement : Rattachement à un régime. Critères RG : contrat, rémunération, subordination.
Financement : Cotisations sociales (employeur/salarié). Impôts (CSG).
Contentieux SS : Phase amiable obligatoire (CRA/CMRA), puis Pôle social du TJ.
B. Le Régime Général de la Sécurité Sociale (Chapitre 24)
Assurance Maladie et Maternité :
Conditions d'Ouverture des Droits : Affiliation + montant/durée minimale cotisations (pour prestations en espèces).
Prestations : En nature (remboursement frais : consultations, soins), en espèces (indemnités journalières compensant perte revenu).
Médecine Libérale : Principes (liberté installation/choix/prescription/honoraires/secret pro), tempérés par maîtrise dépenses santé (parcours coordonné, RMO).
Maladie : Indemnités journalières (50% salaire référence), après 3j carence.
Maternité : Déclaration grossesse, examens. Prestations nature (100% dès 6e mois), espèces (100% salaire référence). Congé paternité (28 jours).
Assurance Retraite :
Pension de Base : Principe de répartition. Liquidation (64 ans, trimestres cotisés). Calcul : P = S t d/D.
Pension de Réversion : Pour conjoint survivant (marié), si ressources < plafond et âge min 55 ans.
Accidents du Travail et Maladies Professionnelles (AT/MP) :
Accident du Travail (L. 411-1 CSS) : Survenu par/à occasion travail, à date certaine, lésion. Reconnu si survenu pendant temps/lieu de travail, mission, trajet.
Maladie Professionnelle : Occasionnée par activité professionnelle. Reconnue si figure tableaux officiels ou lien prouvé.
Réparation : Forfaitaire (sans preuve faute employeur), prestations nature (100% soins), espèces (60-80% rémunération).
Faute Inexcusable Employeur : Conscience du danger non prévenu. → réparation intégrale/majorée.
Protection de la Famille : Prestations familiales (allocations, large champ, conditions charge enfant, résidence, ressources).
C. Assurance Chômage et Autres Formes de Protection Sociale (Chapitre 25)
Chômage :
Gestion : Unédic (indemnisation), France Travail (gestion demandeurs d'emploi).
Indemnisation Chômage Total : Conditions (perte involontaire, inscription FT, durée affiliation suff, recherche active, apte, pas âge retraite, résidence France). ARE (Allocation de Retour à l'Emploi).
Activité Partielle : Chômage partiel. Dispositif pour entreprises en difficultés éco. Compensation si baisse heures/suspension activité. Indemnité à 60% rémunération brute.
Autres Régimes : ATI (Allocation Travailleurs Indépendants) sous conditions.
Aide Sociale :
Définition : Droit subjectif, si besoin. Subsidiaire et temporaire.
Prestations : Minima sociaux (AAH, RSA).
Protection Sociale Complémentaire :
Régimes Obligatoires : Retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO).
Régimes Facultatifs : Couverture individuelle ou collective (avantages sociaux/fiscaux si collective).
Mise en place : Décision unilatérale employeur, accord collectif, référendum.
Couverture obligatoire : Décès cadres, maintien salaire, maladie/maternité/accident.
Autres Régimes Sociaux Autonomes : Régime des indépendants (TNS et professions libérales), Régime agricole (MSA).
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