Droit de l'entreprise : Fondamentaux

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Ce cours aborde les fondements essentiels du droit de l'entreprise en Belgique, incluant la personnalité juridique, la notion d'entreprise, le droit des affaires et sa spécificité, ainsi que la vie et la mort d'une entreprise, le tout dans le respect de la méthodologie juridique.

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Review
Question
Expliquez le système du Registre central des interdictions de gérer (Just-Ban) mis en vigueur en août 2023.
Answer
Le Registre central des interdictions de gérer (Just-Ban), entré en vigueur le 1er août 2023, centralise les décisions judiciaires d'interdiction de gérer pour renforcer la transparence.
Question
Quels sont les obligations principales du preneur dans un contrat de bail?
Answer
Le preneur doit user de la chose prudemment et conformément à sa destination, et payer le loyer convenu.
Question
Qu'est-ce qu'une personne morale et en quoi diffère-t-elle d'une personne physique selon le Code de droit économique?
Answer
Une personne morale est une fiction juridique, distincte de ses membres, dotée de la personnalité juridique. Une personne physique est un être humain, dont la personnalité juridique coïncide avec son existence biologique.
Question
Quelles sont les cinq raisons pour lesquelles un droit spécifique à l'activité économique s'est développé?
Answer
Les raisons incluent le souci de rapidité et simplicité des échanges, l'importance du crédit et de la confiance, la démultiplication de rapports dépersonnalisés, la dimension internationale des échanges, et la cohésion sociale propre au monde des affaires.
Question
Énumérez et décrivez les trois catégories d'éléments composant le fonds de commerce.
Answer
Les trois catégories sont : les éléments corporels (stock, matériel), les éléments incorporels (clientèle, nom commercial, droit au bail) et les droits (brevets, marques).
Question
Décrivez les droits du consommateur en matière de contrats hors établissement.
Answer
Les consommateurs ont un droit de rétractation de 14 jours. Le contrat doit être clair et le vendeur doit fournir des informations sur le prix, le délai de livraison et le droit de rétractation.
Question
Qu'est-ce que l'éviction dans le contexte du bail commercial?
Answer
Dans le bail commercial, l'indemnité d'éviction est la compensation financière versée au preneur si le bailleur refuse son renouvellement légitime, visant à réparer la perte de clientèle.
Question
Qu'est-ce qu'un bail commercial classique et quels en sont les principaux caractères distinctifs?
Answer
Le bail commercial classique est régi par la loi du 30 avril 1951. Il s'applique à un immeuble utilisé pour une entreprise commerciale ou artisanale en contact direct avec le public. Il a une durée minimale de 9 ans et offre une protection renforcée au preneur.
Question
Qu'est-ce qui caractérise un bail commercial de courte durée selon le décret wallon de 2018?
Answer
Le bail commercial de courte durée est soumis au Décret wallon du 15 mars 2018. Sa durée ne peut excéder un an, tant initialement que par prolongations.
Question
Expliquez les trois objectifs fondamentaux du livre VI du Code de droit économique.
Answer
Le Livre VI du Code de droit économique vise à assurer une concurrence loyale, à protéger les consommateurs et à garantir le bon fonctionnement du marché.
Question
Qu'est-ce qu'une pratique commerciale agressive et quels en sont les éléments constitutifs?
Answer
Une pratique commerciale est agressive si elle altère la liberté de choix du consommateur par harcèlement, contrainte ou influence injustifiée, l'amenant à une décision commerciale non prise autrement. Les éléments constitutifs incluent le harcèlement, la contrainte, la force physique, ou l'influence injustifiée.
Question
Décrivez la structure et le fonctionnement du raisonnement par déduction en droit.
Answer
Le raisonnement par déduction juridique utilise le syllogisme. Il part d'une règle générale de droit (majeure), l'applique à des faits spécifiques (mineure), pour aboutir à une conclusion logique.
Question
Expliquez le régime de la faillite en droit belge, notamment ses conditions cumulatives d'application.
Answer
Le régime de la faillite en droit belge s'applique à une entreprise en cessation persistante de paiements et en ébranlement de crédit.
Question
Expliquez le rôle et le fonctionnement du registre des gages.
Answer
Le registre des gages est un système informatisé qui rend les sûretés réelles mobilières opposables aux tiers. Il permet d'enregistrer, modifier ou consulter un gage sur fonds de commerce, assurant sa publicité.
Question
Définissez la cession de fonds de commerce et expliquez ses règles générales.
Answer
La cession de fonds de commerce est le transfert d'une universalité de biens mobiliers corporels et incorporels affectés à l'exploitation d'une activité économique. Elle est régie par le droit commun de la vente, impliquant les obligations de délivrance, de garantie des vices cachés et d'éviction (non-concurrence) pour le cédant.
Question
Expliquez le droit de rétractation du consommateur dans un contrat à distance.
Answer
Le consommateur peut se rétracter durant 14 jours sans justification. Le délai court dès la conclusion du contrat pour les services, ou dès la réception du bien pour les ventes.
Question
Qu'est-ce que le droit de la concurrence déloyale et en quoi diffère-t-il du droit de la protection de la concurrence?
Answer
Le droit de la concurrence déloyale protège les entreprises contre les agissements fautifs de leurs concurrents. Le droit de la protection de la concurrence (ou droit antitrust) vise à assurer une concurrence saine sur le marché en interdisant les abus de position dominante ou les ententes illicites.
Question
Expliquez le régime de clause abusive dans les contrats entre entreprises (liste noire et grise).
Answer
Dans les contrats B2B, le régime de clauses abusives distingue une liste noire (clauses interdites, nulles de plein droit, art. VI.91/4) et une liste grise (clauses présumées abusives sauf preuve contraire, art. VI.91/5).
Question
Qu'est-ce qu'une interdiction professionnelle et quelles sont les principales hypothèses de son prononcé?
Answer
L'interdiction professionnelle est une sanction privant une personne d'exercer une activité entrepreneuriale. Les hypothèses de prononcé incluent la condamnation pour infractions graves (faux, escroquerie, etc.) ou les faillites frauduleuses.
Question
Décrivez les fondements philosophiques et économiques de la liberté d'entreprendre en droit belge.
Answer
La liberté d'entreprendre repose sur les principes du droit des affaires, une branche du droit privé organisant la vie du marché. Ses fondements économiques sont liés à la compétitivité et à la qualité des biens et services.
Question
Qu'est-ce qu'une incompatibilité professionnelle et donnez trois exemples concrets.
Answer
Une incompatibilité professionnelle est une interdiction légale ou déontologique d'exercer une activité d'entreprise, visant à préserver l'intégrité. Exemples : avocats ne peuvent faire de négoce ; notaires ne peuvent exploiter d'entreprise hors étude ; magistrats ne peuvent exploiter d'entreprise.
Question
Énumérez les informations substantielles que le vendeur doit communiquer au consommateur.
Answer
Le vendeur doit communiquer : les caractéristiques essentielles du produit/service, son identité et adresse, le prix, les frais de livraison éventuels, les modalités de paiement/livraison/exécution, l'existence/modalités du droit de renonciation, les frais de restitution, le coût de la technique de communication, la durée de validité de l'offre, et la durée du contrat si durable.
Question
Expliquez la distinction entre droit positif et droit subjectif.
Answer
Le droit positif est l'ensemble des règles applicables dans un lieu et temps donnés. Le droit subjectif est la prérogative qu'une personne tire de ces règles.
Question
Définissez le concept d'entreprise selon l'article I.1.1° du Code de droit économique et énumérez ses trois catégories principales.
Answer
L'entreprise est toute organisation qui exerce une activité professionnelle à titre indépendant (personne physique), toute personne morale, ou toute autre organisation sans personnalité juridique. Les trois catégories sont : personnes physiques indépendantes, personnes morales, et organisations sans personnalité juridique.
Question
Décrivez le rôle et les missions de la Banque Carrefour des Entreprises (BCE).
Answer
La Banque-Carrefour des Entreprises (BCE) centralise les informations sur les entreprises belges pour simplifier l'administration et améliorer l'efficacité des services publics.
Question
Décrivez l'obligation de non-concurrence du cédant envers le cessionnaire.
Answer
Le cédant doit s'abstenir de toute concurrence susceptible de priver le cessionnaire de la clientèle, sans clause expresse. Cette obligation est implicite et limitée dans le temps, l'espace et les activités.
Question
Expliquez le régime de la cession du bail commercial concomitante à la cession du fonds.
Answer
En cas de cession du fonds, le bail commercial peut être cédé même si le bail l'interdit. Le preneur doit notifier le bailleur, qui a 30 jours pour s'opposer motivé. Le cédant reste solidaire des obligations du bail.
Question
Décrivez comment formuler les conditions légales d'une règle de droit.
Answer
Une règle de droit comprend deux parties : les conditions légales (le SI) et les conséquences juridiques (l'ALORS). Les conditions sont les faits ou situations qui doivent être remplis pour que la règle s'applique.
Question
Énumérez les trois conditions cumulatives nécessaires pour qualifier un contrat de bail commercial.
Answer
Trois conditions cumulatives sont requises : un immeuble ou partie d'immeuble, l'exploitation d'une entreprise commerciale/artisanale, et un contact direct avec le public.
Question
Expliquez la notion de fonds de commerce selon la définition doctrinale.
Answer
Il s'agit d'une universalité de fait, regroupant des éléments matériels et immatériels affectés à une activité économique pour créer et maintenir une clientèle.
Question
Expliquez la période d'inopposabilité de la cession du fonds de commerce.
Answer
La période d'inopposabilité commence à la notification de la cession aux administrations et se termine le mois suivant cette notification.
Question
Qu'est-ce qu'une pratique commerciale trompeuse et quels en sont les éléments constitutifs?
Answer
Une pratique commerciale trompeuse induit ou est susceptible d'induire le consommateur en erreur par de fausses informations ou omissions, altérant sa décision commerciale. Les éléments constitutifs sont la fausseté ou l'omission d'informations sur le prix, le marketing, ou la confusion avec des concurrents.
Question
Qu'est-ce qu'un syllogisme juridique et quelles en sont les trois parties constitutives?
Answer
Un syllogisme juridique est un raisonnement déductif utilisé par les juristes. Il comprend trois parties : la majeure (règle de droit), la mineure (faits de l'affaire) et la conclusion (conséquence logique).
Question
Décrivez le droit de renouvellement du bail commercial en Région wallonne.
Answer
Le preneur a un droit de préférence pour la continuation de la même entreprise, renouvelé pour 9 ans. La demande doit être notifiée entre 18 et 15 mois avant l'échéance.
Question
Expliquez la notion de date certaine et son importance pour la transmission du bien loué.
Answer
La date certaine d'un bail sous seing privé est acquise lors de son enregistrement, du décès d'un signataire, ou de sa reconnaissance par acte public. Elle rend le bail opposable à l'acquéreur, protégeant ainsi le locataire.
Question
Énumérez quelques exemples de clauses abusives interdites par le CDE.
Answer
Quelques exemples : clauses réservant un engagement irrévocable, clauses donnant le droit unilatéral d'interpréter, clauses faisant renoncer à un recours, ou constatant une connaissance non effective de clauses.
Question
Décrivez les effets de la cession du fonds de commerce sur les contrats de travail du personnel.
Answer
La cession du fonds de commerce entraîne le transfert automatique des contrats de travail au cessionnaire, qui reprend le personnel avec maintien des droits acquis (ancienneté, salaire, etc.).
Question
Qu'est-ce qu'une profession réglementée et quelles sont les modalités de preuve des compétences professionnelles?
Answer
Une profession réglementée est une activité dont l'accès et l'exercice sont encadrés par des règles spécifiques. Les compétences professionnelles se prouvent par des diplômes, des certificats, ou une expérience reconnue, variant selon les régions (Wallonie, Bruxelles) et les professions.
Question
Qu'est-ce qu'un gage avec ou sans dépossession et quelles en sont les différences?
Answer
Un gage avec dépossession implique que le bien gagé est remis au créancier. Sa preuve est libre (sauf pour les consommateurs), et l'opposabilité aux tiers se fait par la remise effective. Le gage sans dépossession permet au débiteur de conserver le bien. Sa preuve nécessite un écrit, et l'opposabilité aux tiers se fait par enregistrement au registre des gages.
Question
Qu'est-ce qu'une publicité comparative et quelles sont ses conditions de validité?
Answer
La publicité comparative compare des biens/services similaires. Elle est valide si elle n'est pas trompeuse, compare objectivement des caractéristiques, n'engendre pas de confusion, et ne dénigre pas un concurrent.
Question
Qu'est-ce que le goodwill et comment se différencie-t-il de la valeur cumulée des éléments du fonds?
Answer
Le goodwill est la valeur de l'entreprise au-delà de la somme de ses actifs corporels et incorporels. Il se distingue des éléments du fonds car il représente la valeur intrinsèque de l'entreprise (sa réputation, sa clientèle fidèle), non directement quantifiable.
Question
Qu'est-ce que la gérance libre d'un fonds de commerce et quelles sont ses caractéristiques?
Answer
La gérance libre consiste pour un gérant à exploiter un fonds de commerce, en y mettant sa force de travail et ses compétences. Le gérant n'acquiert aucun droit immobilier ni sur le bail commercial.
Question
Décrivez le phénomène de vente forcée et son interdiction par le CDE.
Answer
La vente forcée consiste à envoyer un produit sans commande préalable et à exiger un paiement. Le Code de droit économique (CDE) l'interdit, stipulant que le consommateur n'a aucune obligation de payer ni de renvoyer le produit non sollicité.
Question
Expliquez la distinction entre conditions d'établissement et formalités d'établissement d'une entreprise.
Answer
Les conditions d'établissement sont les prérequis légaux (capacités, autorisations) pour exercer une activité. Les formalités d'établissement sont les démarches administratives à réaliser (inscription BCE, TVA) une fois les conditions remplies.
Question
Qu'est-ce qu'une universalité de fait et comment s'applique ce concept au fonds de commerce?
Answer
L'universalité de fait désigne l'ensemble des éléments corporels et incorporels nécessaires à l'exploitation d'une entreprise. Ce concept s'applique au fonds de commerce, qui englobe la clientèle, le nom, l'enseigne, le droit au bail, et le mobilier, entre autres.
Question
Énumérez les conditions de formation et les modalités de durée d'un bail commercial de courte durée.
Answer
Le bail commercial de courte durée requiert un écrit et sa durée initiale est d'un an maximum. Les prolongations sont possibles, mais la durée totale ne doit pas excéder un an, sous peine de requalification en bail classique de 9 ans.
Question
Qu'est-ce qu'une vente en solde et quelles sont ses caractéristiques principales?
Answer
Les **ventes en solde** visent le renouvellement saisonnier de l'assortiment par un écoulement accéléré à prix réduits. Elles ont lieu du 3 au 31 janvier et du 1er au 31 juillet. Les produits vendus doivent être détenus depuis au moins 30 jours.
Question
Qu'est-ce que le dessaisissement dans une procédure de faillite et quels en sont les effets?
Answer
Le dessaisissement prive le failli de la gestion de ses biens ; il ne peut plus effectuer ni recevoir de paiements, mais conserve la propriété. Les biens acquis après le jugement ne sont pas inclus dans la masse.
Question
Énumérez les trois obligations principales du cédant envers le cessionnaire.
Answer
Le cédant doit : mettre le fonds à disposition, garantir contre les vices cachés, et offrir la garantie d'éviction (non-concurrence).
Question
Qu'est-ce qu'un contrat à distance et quelles sont les informations obligatoires à fournir?
Answer
Un contrat à distance lie un vendeur et un consommateur sans leur présence simultanée, utilisant des techniques de communication à distance. Les informations obligatoires incluent les caractéristiques essentielles, l'identité et l'adresse du vendeur, le prix, les frais de livraison, les modalités de paiement et de livraison, l'existence d'un droit de renonciation, et les coûts de communication.
Question
Expliquez les différentes formes de louage énumérées à l'article 1711 du Code civil.
Answer
L'article 1711 du Code civil distingue le bail à loyer (biens meubles ou immeubles), le bail à ferme (héritages ruraux) et le bail à cheptel (animaux avec partage de profit).
Question
Décrivez le régime juridique du gage sur fonds de commerce selon la loi du 11 juillet 2013.
Answer
La loi du 11 juillet 2013 modifie le Code civil. Elle abroge la loi du 25 octobre 1919 sur la mise en gage du fonds de commerce.
Question
Expliquez la reconduction tacite d'un contrat de service et les droits du consommateur.
Answer
La reconduction tacite est le renouvellement automatique d'un contrat de service à durée déterminée. Le consommateur peut résilier ce contrat sans indemnité après la reconduction, sous préavis maximal de deux mois.
Question
Qu'est-ce qu'une conclusion du syllogisme juridique et comment la structurer?
Answer
La conclusion est la conséquence logique des prémisses majeure (règle de droit) et mineure (faits). Elle répond à la question posée par le syllogisme.
Question
Quelle est la principale distinction entre la définition générale et la définition particulière de l'entreprise dans le CDE?
Answer
La définition générale identifie qui est soumis au droit de l'entreprise (personnes physiques, morales, organisations sans personnalité juridique), tandis que la définition particulière détermine ce que fait une entreprise (activité économique durable).
Question
Qu'est-ce que le know-how et pourquoi constitue-t-il un élément important du fonds de commerce?
Answer
Le know-how représente les connaissances techniques et savoir-faire non brevetables. Il est un élément clé du fonds de commerce car il contribue à attirer et fidéliser la clientèle.
Question
Décrivez la procédure concrète pour éviter la responsabilité solidaire lors d'une cession.
Answer
Le cessionnaire doit obtenir des certificats attestant l'absence de dettes fiscales et sociales, puis notifier la cession aux administrations concernées avec une copie conforme du contrat et des certificats.
Question
Expliquez les différentes formes de recours en cas de pratique déloyale (cessation, réparation collective, médiation).
Answer
Face à une pratique déloyale, les recours incluent : une action en cessation pour stopper l'infraction, une action en réparation collective pour indemniser les victimes, et la médiation pour régler le litige à l'amiable.
Question
Qu'est-ce que l'abus de position dominante selon le droit de la concurrence?
Answer
L'abus de position de dépendance économique survient lorsqu'une entreprise impose des conditions inéquitables, limite la production, applique des conditions inégales ou subordonne des contrats à des prestations supplémentaires.
Question
Énumérez les trois grandes branches du droit positif belge et leurs subdivisions principales.
Answer
Le droit positif belge se divise en droit privé (incluant le droit civil, le droit des affaires et le droit social) et droit public.
Question
Qu'est-ce que la prémisse mineure dans un syllogisme juridique et comment l'établir?
Answer
La prémisse mineure expose les faits de l'affaire qui permettent d'appliquer la règle générale énoncée en majeure. Elle s'établit en extrayant du cas pratique les éléments factuels pertinents pour résoudre le problème juridique posé.
Question
Définissez le contrat de bail et ses principes généraux selon l'ancien Code civil.
Answer
Le contrat de bail, selon l'ancien Code civil (art. 1708), est un louage de choses où une partie s'engage à faire jouir l'autre d'une chose pendant un temps, moyennant un prix convenu.
Question
Expliquez le droit du preneur à effectuer des transformations dans les lieux loués.
Answer
Le preneur peut transformer les lieux loués si le coût est inférieur ou égal à un an de loyer, sauf interdiction contractuelle. Il doit respecter les normes et informer le bailleur par recommandé. Le bailleur peut s'y opposer sous 10 jours.
Question
Définissez les différentes types de bons de valeur et leurs conditions de validité.
Answer
Un bon de valeur permet une réduction de prix en espèces. Il doit mentionner l'entreprise émettrice, le montant remboursé, la durée de validité (si applicable) et les modalités de remboursement.
Question
Décrivez les trois grandes distinctions terminologiques du concept de concurrence en droit des affaires.
Answer
Le droit des affaires distingue : concurrence déloyale (actions visant à tromper le consommateur ou à nuire à un concurrent), concurrence illicite (violation de règles spécifiques comme les ententes), et abus de position dominante (exploitation abusive d'un pouvoir de marché).
Question
Qu'est-ce que la qualification des faits et son rôle dans le raisonnement juridique?
Answer
La qualification des faits consiste à identifier et caractériser les éléments d'une situation pour les faire correspondre à une règle de droit. Son rôle est de permettre l'application du syllogisme juridique en formulant la prémisse mineure.
Question
Décrivez le mécanisme de révision du loyer dans un bail commercial classique.
Answer
Le loyer peut être révisé à l'expiration de chaque triennat, si des circonstances nouvelles entraînent une modification de la valeur locative d'au moins 15%. La demande doit être faite dans les trois derniers mois du triennat.
Question
Quels sont les obligations principales du bailleur dans un contrat de bail?
Answer
Le bailleur doit délivrer le bien, l'entretenir en état d'usage, et garantir la jouissance paisible au preneur.
Question
Qu'est-ce que la location d'un fonds de commerce et en quoi diffère-t-elle de la cession?
Answer
La location-gérance permet à un gérant d'exploiter un fonds de commerce appartenant à autrui, en contrepartie d'une redevance. La cession transfère la pleine propriété du fonds de commerce.
Question
Définissez la position de dépendance économique et les conditions de son abus.
Answer
La dépendance économique survient lorsqu'une entreprise est soumise à une autre sans alternative viable. L'abus se caractérise par l'exploitation de cette position pour imposer des conditions déséquilibrées ou entraver l'activité de l'autre partie.
Question
Énumérez les six motifs classiques de refus du renouvellement d'un bail commercial.
Answer
• Occupation personnelle ou familiale.
• Changement d'affectation.
• Reconstruction importante.
• Manquements graves du preneur.
• Offre d'un loyer supérieur par un tiers.
• Absence d'intérêt légitime du preneur.
Question
Qu'est-ce que la garantie d'éviction dans le cadre d'une cession de fonds de commerce?
Answer
La garantie d'éviction impose au cédant de s'abstenir de toute concurrence envers le cessionnaire, assurant ainsi la jouissance paisible du fonds cédé.
Question
Expliquez la notion d'omission trompeuse dans les pratiques commerciales déloyales.
Answer
L'omission trompeuse survient quand une information essentielle, nécessaire à la décision du consommateur, est omise, dissimulée, ou présentée de manière peu claire.
Question
Qu'est-ce que le droit objectif et le droit subjectif selon le Code civil belge?
Answer
Le droit objectif est l'ensemble des règles générales et abstraites organisant la vie en société. Le droit subjectif est la prérogative qu'une personne tire de ces règles.
Question
Expliquez la procédure de demande de renouvellement d'un bail commercial.
Answer
Le preneur doit notifier sa demande au bailleur, par exploit d'huissier ou lettre recommandée, entre 18 et 15 mois avant l'expiration du bail. La demande doit mentionner les conditions du nouveau bail et le délai de réponse du bailleur.
Question
Décrivez les obligations d'indication des prix selon le CDE.
Answer
Le CDE impose l'indication du prix total, frais inclus. Les réductions de prix doivent être annoncées par rapport au prix le plus bas des 30 derniers jours.
Question
Expliquez les étapes de la méthode de résolution de casus selon le syllogisme juridique.
Answer
La méthode implique: 1. La majeure (règle générale de droit), 2. La mineure (faits de l'affaire), et 3. La conclusion (conséquence logique).
Question
Qu'est-ce qu'une clause abusive et quel est son régime juridique?
Answer
Une clause abusive crée un déséquilibre manifeste entre les droits et obligations des parties. Le régime juridique varie : liste noire (toujours interdites), liste grise (présomption d'abus), ou catégorie générale (déséquilibre manifeste).
Question
Décrivez le Service de Médiation pour le consommateur et son rôle.
Answer
Le Service de Médiation pour le consommateur réceptionne les demandes de règlement extrajudiciaire des litiges de consommation et les transmet aux entités compétentes. Il informe les parties dès réception d'une demande complète. La date de réception suspend la prescription et les procédures judiciaires de recouvrement.
Question
Qu'est-ce que l'indemnité d'éviction et quand le preneur y a-t-il droit?
Answer
L'indemnité d'éviction est une compensation financière due au preneur lorsque le bailleur refuse le renouvellement de son bail commercial sans motif légitime ou pour un motif non exécuté. Le preneur y a droit après avoir valablement demandé le renouvellement et subi un refus du bailleur.
Question
Expliquez la notion de clientèle comme pierre angulaire du fonds de commerce.
Answer
La clientèle est l'élément le plus important du fonds de commerce, car elle représente la source principale des profits et la raison d'être de l'activité.
Question
Qu'est-ce qu'une vente en liquidation et dans quels cas est-elle autorisée?
Answer
Une vente en liquidation vise à écouler rapidement un stock. Elle est autorisée dans des cas spécifiques comme une décision judiciaire, le décès du vendeur, la reprise d'entreprise, ou la cessation d'activité.
Question
Qu'est-ce que la prémisse majeure dans un syllogisme juridique?
Answer
La prémisse majeure est la règle de droit générale applicable au cas analysé.
Question
Quels sont les effets principales de la cession du fonds de commerce selon le droit civil?
Answer
Le cédant doit la délivrance effective du fonds, garantir contre les vices cachés, et assurer la jouissance paisible via la garantie d'éviction (obligation de non-concurrence).
Question
Qu'est-ce qu'une pratique commerciale déloyale et quelles en sont les deux principales catégories?
Answer
Une pratique commerciale déloyale est celle qui est contraire aux exigences de la diligence professionnelle et altère le comportement économique du consommateur. Les deux principales catégories sont les pratiques commerciales trompeuses et les pratiques commerciales agressives.
Question
Expliquez le régime des réductions de prix et les conditions d'annonce selon le CDE.
Answer
L'annonce de réduction de prix est soumise à des conditions spécifiques. Les annonces de réduction de prix sont interdites durant la période d'attente précédant les soldes dans certains secteurs (habillement, maroquinerie, chaussure).
Question
Qu'est-ce qu'une action en cessation et quels en sont les objectifs?
Answer
Une action en cessation permet au président du tribunal de constater une pratique déloyale et d'en ordonner l'arrêt. Son objectif est que l'infraction cesse, et non d'obtenir réparation.
Question
Expliquez les trois grandes étapes du raisonnement juridique selon la méthode du syllogisme.
Answer
Les trois étapes sont : la prémisse majeure (règle de droit générale), la prémisse mineure (faits spécifiques de l'affaire), et la conclusion (déduction logique des deux prémisses).
Question
Qu'est-ce que la responsabilité solidaire du cessionnaire vis-à-vis des administrations fiscales et sociales?
Answer
Le cessionnaire est solidairement responsable du paiement des dettes fiscales et sociales du cédant, à concurrence des sommes déjà payées.
Question
Qu'est-ce qu'une action en réparation collective et quelles sont les conditions de son exercice?
Answer
L'action en réparation collective vise à obtenir réparation pour des consommateurs victimes d'une violation de lois, par des associations de défense des consommateurs. Elle est plus efficiente que le droit commun.

Droit de l'Entreprise : Fondamentaux, Établissement, Exploitation, Transmission, et Régulation des Marchés

Le droit de l'entreprise est une branche spécialisée du droit privé qui régit les droits et obligations des entités économiques et organise le fonctionnement du marché. Il s'appuie sur le Code civil, mais y déroge ou le complète par des législations spécifiques comme le Code de droit économique (CDE) et le Code des sociétés et des associations (CSA). Ce domaine vise à encadrer l'activité économique depuis sa création jusqu'à sa transmission ou sa disparition, tout en régulant les pratiques de marché et protégeant les consommateurs.

Titre I : Fondamentaux du Droit des Affaires

I.I. Positionnement du Droit des Affaires dans l'Ordre Juridique

Le droit des affaires s'inscrit au sein du droit positif belge, qui est l'ensemble des normes applicables sur un territoire donné à un moment donné.
1. Le Concept de Droit Positif
Le droit positif se décompose en deux visions :
  • Le droit objectif : Ensemble de règles générales et abstraites organisant la vie en société et dont le respect est assuré par des sanctions.
  • Le droit subjectif : Prérogative ou avantage spécifique qu'une personne tire de la règle de droit et dont elle peut se prévaloir (ex : droit de propriété, droit de créance).
2. Les Divisions du Droit Positif Belge
Le droit belge est traditionnellement divisé en trois grandes branches :
  • Droit privé : Régit les relations entre personnes privées.
    • Droit civil : Droit commun du droit privé, régissant les rapports de la vie privée (contrats, obligations).
    • Droit des affaires : Sous-branche du droit privé régissant les entreprises et le marché, s'appuyant sur le Code civil mais le complétant par des règles spécifiques.
    • Droit social : Régit les relations employeurs-travailleurs et la sécurité sociale.
    • Droit des assurances : Régit les contrats d'assurance.
  • Droit public : Organise l'État et ses institutions, et régit les relations entre l'État et les personnes (physiques ou morales) de droit privé (Droit constitutionnel, administratif, fiscal, pénal).
  • Droit mixte : Comprend notamment le droit judiciaire, qui organise les cours et tribunaux et les modes de résolution des litiges.
3. Spécificités du Droit des Affaires
Le droit des affaires repose sur deux piliers :
  • Droit de l'entreprise : Concerne l'activité économique (que fait l'entreprise et sous quelles règles ?), ses relations avec les partenaires et la régulation du marché.
  • Droit des sociétés et des associations : Concerne la forme juridique de l'entreprise (sous quelle structure juridique l'entreprise agit-elle ?), sa création, son organisation et la gouvernance de ses membres.
Exemple : Exploiter un restaurant relève du droit de l'entreprise pour les relations commerciales, la concurrence, la protection du consommateur. Le choix de l'exercer en personne physique, en SRL ou en ASBL relève du droit des sociétés.

I.II. Pourquoi un Droit Spécifique à l'Activité Économique ?

Les relations économiques diffèrent des relations civiles par leur rapidité, la nécessité de confiance, la démultiplication des rapports dépersonnalisés, la dimension internationale et la cohésion sociale.
  1. Rapidité et Simplicité des Échanges : Le droit des affaires adapte les règles pour permettre des transactions plus rapides (ex : preuve par facture, modèles contractuels standardisés comme les Incoterms, effets de commerce).
  2. Crédit, Confiance et Sécurité : Il renforce la sécurité juridique (ex : publicité des entreprises via la BCE, dépôt des comptes annuels, responsabilité limitée des sociétés, mécanismes de faillite).
  3. Démultiplication de Rapports Dépersonnalisés : L'usage de conditions générales de vente ou d'achat standardise les relations.
  4. Dimension Internationale : Adapté aux échanges transnationaux (transport, garanties bancaires spécifiques comme le crédit documentaire, propriété intellectuelle, arbitrage international).
  5. Cohésion Sociale : Organisation collective (fédérations professionnelles), juridictions spécialisées (tribunal de l'entreprise avec juges consulaires), reconnaissance des usages et coutumes comme sources de droit.
    • Usage : Pratique habituelle sans conviction d'obligation juridique.
    • Coutume : Usage juridique non écrit, constant, généralisé et accepté comme obligatoire (opinio juris), reconnu comme source de droit (Art. 1.1 Code civil).

I.III. Les Sujets de Droit : La Personnalité Juridique

Être sujet de droit signifie disposer de la personnalité juridique, c'est-à-dire la capacité d'être titulaire de droits et d'obligations.
1. Les Personnes Physiques
Ce sont les êtres humains. Leur personnalité juridique commence à la naissance et s'éteint au décès.
2. Les Personnes Morales
C'est une fiction juridique, une entité abstraite distincte de ses membres, qui peut agir en son nom propre.
  • Sociétés : Personnes morales constituées pour exercer une activité économique et réaliser un avantage patrimonial.
  • Associations : Poursuivent un but désintéressé (ex : ASBL), peuvent exercer des activités économiques si elles servent leur objet social.
  • Fondations : Créées par l'affectation irrévocable d'un patrimoine à un but désintéressé.
On distingue les personnes morales de droit privé (créées par initiative privée, intérêt privé, autonomie de gestion) et de droit public (créées par un pouvoir public, missions d'intérêt public). Exemples : SRL, SA, ASBL, fondations privées (droit privé) ; Région wallonne, État fédéral (droit public). Le Lion de Peugeot. Création de notre imagination collective, fiction de droit, entité juridique.

Peugeot est une création de notre imagination collective. Les juristes parlent de « fiction de droit ». On ne saurait la montrer du doigt ; ce n'est pas un objet matériel. En revanche, elle existe en tant qu'entité juridique. Au même titre que vous et moi, elle est liée par les lois des pays dans lesquels elle opère. Elle peut ouvrir un compte en banque et posséder des biens. Elle paie des impôts, elle peut être poursuivie, même indépendamment des personnes qui la possèdent ou qui travaillent pour elle.

Peugeot appartient à un genre particulier de fictions juridiques, celle des « sociétés anonymes à responsabilité limitée ». L'idée qui se trouve derrière ces compagnies compte parmi les inventions les plus ingénieuses de l'humanité. Des millénaires et des millénaires durant, Homo sapiens a vécu sans elles.

Y. Noah Harari, Sapiens, une brève histoire de l'humanité
3. Conditions d'Acquisition de la Personnalité Juridique
Subordonnée à un fondement légal et au respect des formalités (statuts, dépôt, publication).
4. Attributs et Comparaison
Toute personne juridique possède : un Nom, une Adresse, une Nationalité, et un Patrimoine. Le patrimoine d'une personne morale est distinct de celui de ses membres. Note : Des évolutions juridiques mondiales visent à octroyer la personnalité juridique à la nature (ex : fleuve Whanganui en Nouvelle-Zélande). Paysage fluvial, personnalité juridique à la nature

I.IV. La Notion d'Entreprise

1. La Réforme du Droit de l'Entreprise (1er novembre 2018)
La loi du 15 avril 2018 a profondément réformé le droit des entreprises, remplaçant la notion de "commerçant" par une définition large de l'"entreprise" dans le CDE. Cette réforme visait à moderniser et unifier le droit applicable aux activités économiques, soumettant un large éventail d'acteurs à un cadre juridique cohérent. Le tribunal de commerce est devenu le tribunal de l'entreprise.
2. Les Définitions du Concept d'Entreprise
2.1. Introduction : Les Différentes Acceptions
En économie, l'entreprise est une organisation de production. En droit, sa signification est strictement légale et varie selon le texte applicable. Le juriste doit identifier la définition légale pertinente.
2.2. La Définition Générale (Art. I.1.1° CDE)
L'article I.1.1° du CDE définit l'entreprise comme l'une des organisations suivantes :
  1. Toute personne physique qui exerce une activité professionnelle à titre indépendant (sans lien de subordination, caractère durable et organisé, sans restriction sur la nature de l'activité).
  2. Toute personne morale (sauf exceptions pour les personnes morales de droit public ne proposant pas de biens ou services sur un marché).
  3. Toute autre organisation sans personnalité juridique (ex : sociétés simples) qui poursuit un but de distribution ou procède effectivement à une distribution d'avantage patrimonial à ses membres.
Sont exclues de la définition générale :
  • Organisations sans personnalité juridique qui ne poursuivent pas de but de distribution et ne procèdent pas à une distribution.
  • Personnes morales de droit public qui ne proposent pas de biens ou services sur un marché.
  • L'État fédéral, les régions, communautés, provinces, communes, etc. (Art. I.1.1° (c) CDE).
L'application de cette définition est cruciale pour déterminer la compétence du tribunal de l'entreprise et les règles en matière de comptabilité et d'insolvabilité.
2.3. La Définition Particulière (Art. I.7 CDE)
Utilisée pour certains livres du CDE (concurrence, pratiques de marché), cette définition est fonctionnelle : « toute personne physique ou personne morale poursuivant de manière durable un but économique, y compris ses associations. » Le but économique est entendu comme l'offre de biens ou de services sur un marché de manière durable. Cette définition est plus restrictive que la générale car elle exige un but économique. Exemple : Une ASBL est une entreprise au sens général (personne morale), mais seulement au sens particulier si elle a un but économique.
2.4. Définition de l'Entreprise au Niveau Européen
S'inspire de la jurisprudence de la CJUE : toute entité exerçant une activité économique, indépendamment de son statut juridique et mode de financement.
3. Distinction entre l'Entreprise et la Société
  • Entreprise : Catégorie juridique large qui désigne à qui s'applique le droit de l'entreprise.
  • Société : Mode d'organisation juridique spécifique (ex : SRL, SA), régi par le Code des sociétés et des associations, qui suppose des apports et un avantage patrimonial.
Une société est toujours une entreprise, mais une entreprise n'est pas toujours une société (ex : personne physique indépendante, ASBL sans but économique, organisation sans personnalité juridique).

I.V. Vie et Mort d'une Entreprise

Le cours suit le cycle de vie de l'entreprise : création, installation, développement du fonds de commerce, transmission, et disparition.
1. Aperçu Général du Régime de la Faillite
La faillite est une procédure qui vise l'extinction organisée de l'entreprise en cas d'insolvabilité, sous le contrôle d'un curateur qui liquide les biens pour payer les créanciers.
  • Déclaration : Par jugement du tribunal de l'entreprise, initiée par le débiteur, un créancier, le ministère public, ou un administrateur provisoire. (Art XX.100 CDE)
  • Conditions (Art XX.99 CDE) :
    1. Être une entreprise (personne physique indépendante, personne morale ou organisation sans personnalité juridique).
    2. Être en cessation persistante de paiements.
    3. Être en ébranlement de crédit (perte de confiance des créanciers).
2. Effets Principaux de la Faillite
  • Dessaisissement (Art XX.110 CDE) : Le failli perd la gestion de ses biens mais en conserve la propriété. La masse de la faillite est limitée aux biens présents au jour du jugement.
  • Situation de concours : Cristallisation du passif pour l'égalité des créanciers.
  • Suspension des poursuites individuelles (Art XX.119 CDE) : Le curateur centralise les actions.
3. Sort du Failli et Seconde Chance
Le failli personne physique peut recommencer une activité.
  • Effacement des dettes (Art XX.173 CDE) : Possible pour le failli personne physique, sous conditions (demande au tribunal, aucune faute grave et caractérisée). Certaines dettes sont exclues (alimentaires, dommages corporels). Ne s'applique pas aux sociétés.
  • Délais : Demande d'effacement dans les trois mois de la publication du jugement de faillite. Opposition des créanciers dans les trois mois.

I.VI. Le Code de Droit Économique (CDE) et Méthodologie

1. Le Code Larcier HELMo
Volume n°5, "Droit des affaires", contient la sélection de textes législatifs pour le cours.
2. Textes Législatifs Principalement Utilisés
Le CDE est la base, complété par d'autres lois et arrêtés royaux (ex: exercice des activités professionnelles indépendantes par les étrangers, promotion de l'entreprise indépendante). Le Code civil est le droit par défaut.
3. Structure et Logique Interne du CDE
Le CDE est une loi codifiée, composée de 20 livres (I à XX). Le Livre I contient les définitions générales, le Titre II les définitions spécifiques à certains livres. La numérotation des articles recommence à chaque livre (ex : Art. XX.173 CDE).
4. Règles de Référencement Légal
  • CDE : Art. [Livre en chiffres romains].[Article en chiffres arabes] C.D.E. (ex : Art. XX.173 C.D.E.)
  • CSA : Art. [Livre en chiffres arabes] : [Article] C.S.A. (ex : Art. 2:30 C.S.A.)
  • Autres actes législatifs : Art. [numéro] de la [nature de l'acte] du [date] [intitulé] (ex : Art. 2 de la loi du 2 août 2002).
Ne jamais citer un numéro de page d'un code.

Titre II : L'Établissement d'une Entreprise

II.I. Le Principe : La Liberté d'Entreprendre

La liberté d'entreprendre est garantie par le CDE (Art. II.2 et II.3), les traités internationaux et le droit de l'UE.
1. Fondements Philosophiques et Économiques
Racines dans le libéralisme économique (Adam Smith), favorisant l'allocation efficace des ressources, l'innovation, la création d'emplois et de richesses.
2. La Liberté d'Entreprendre et le Droit de l'Union Européenne
Renforcée par les articles 49 (droit d'établissement) et 56 (libre prestation de services) du TFUE, garantissant cette liberté au niveau européen.
3. Lien avec d'Autres Libertés Fondamentales
  • Liberté du commerce et de l'industrie (décret d'Allarde 1791, loi Le Chapelier 1791).
  • Liberté de concurrence (Livre IV CDE).
  • Droit de propriété (Art. 16 Constitution).
  • Droit au travail (Art. 23 Constitution).
4. Restrictions et Conditions à la Liberté d'Entreprendre
La liberté d'entreprendre n'est pas absolue et est soumise à des restrictions légales.
4.1. Sources des Restrictions
Traités internationaux, cadre normatif de l'UE, règles de l'union monétaire, lois d'ordre public et de protection des bonnes mœurs, dispositions impératives du droit belge (fiscales, sociales, environnementales).
4.2. Impact de la Régionalisation
Les Régions (Wallonie, Bruxelles, Flandre) fixent les règles d'accès aux professions.
  • En Wallonie et Bruxelles : L'ancienne législation fédérale reste en vigueur pour certaines professions.
  • En Flandre : Lois abrogées et système propre, souvent plus souple.
4.3. Exceptions à la Compétence Régionale
Certaines professions restent réglementées au niveau fédéral (ex : professions intellectuelles prestataires de services : agents immobiliers, notaires, avocats) ou communautaire (ex : professions de soins de santé).

II.II. Les Conditions d'Établissement d'une Entreprise

1. Introduction
Les conditions d'établissement visent à garantir les compétences et la capacité de gestion des entrepreneurs pour prévenir les faillites et assurer la qualité des biens et services.
1.3. Débats Actuels
Débats sur la régulation vs. dérégulation, les barrières à l'entrée et la facilitation pour les jeunes entrepreneurs et étrangers.
1.4. Distinction entre Conditions et Formalités d'Établissement
  • Conditions : Critères préalables à remplir (capacités entrepreneuriales, autorisations).
  • Formalités : Démarches administratives obligatoires (inscription BCE, TVA, caisse d'assurances sociales).
2. Les Conditions d'Établissement Liées à la Personne
  • Majorité (18 ans, sauf émancipation).
  • Capacité légale (non sous tutelle).
  • Nationalité (belge ou EEE, sinon carte professionnelle).
  • Droits civils et politiques (non déchu).
  • Pas d'interdiction professionnelle.
Le régime des interdictions professionnelles vise à sanctionner les comportements gravement répréhensibles (ex : Art. XX.229 et suiv. CDE en cas de faillite pour faute grave). Un Registre central des interdictions de gérer (Just-Ban) centralise et publie ces décisions.
3. Les Capacités Entrepreneuriales
Les exigences varient selon les Régions. En Région wallonne et Bruxelles-Capitale, des compétences professionnelles sont toujours requises pour certaines activités réglementées, prouvées par titres, expérience ou autre mode de preuve. La loi du 10 février 1998 pour la promotion de l'entreprise indépendante s'applique aux PME.
  • Qui prouve ? Le chef d'entreprise (personne physique), l'organe de la personne morale (personne morale), ou un salarié qualifié.
  • Qui vérifie ? Le guichet d'entreprise.
  • Sanctions : Amende, fermeture, irrecevabilité des actions en justice.
4. Professions Libérales et Intellectuelles
Ces activités (ex : avocats, notaires, huissiers, architectes) ont des conditions spécifiques d'exercice et/ou de port de titre, souvent régies par le SPF Économie ou le SPF Santé. Réunion officielle, contexte juridique
5. Port du Titre Professionnel
Titre protégé (ex : avocat, notaire), signifiant que seules les personnes remplissant les conditions peuvent l'utiliser.
6. Autorisations sur la Base de Réglementations Spécifiques
Certaines activités nécessitent une agréation, autorisation ou licence (ex : boucher-charcutier, carte professionnelle pour étrangers non-EEE, autorisation AFSCA pour activités alimentaires). Infographie de l'AFSCA Le tableau suivant résume les types d'autorisations AFSCA :
Enregistrement Autorisation Agrément
Nécessaire pour tous les opérateurs dans la chaîne alimentaire (ex: bed & breakfast) Demande, examen administratif (ex: restauration, friterie, boulangerie) Demande, visite préalable (infra, équipement), visite de vérification (conditions d'exploitation) (ex: abattoir)
7. Les Incompatibilités
Interdiction pour les membres de certaines professions d'exploiter une autre entreprise (ex : avocats, notaires, architectes, magistrats). Sanctions possibles : pénale, disciplinaire, nullité des actes.

II.III. Formalités Principales pour l'Établissement d'une Entreprise en Belgique

2. Inscription à la Banque Carrefour des Entreprises (BCE)
Toute entreprise doit s'inscrire à la BCE pour obtenir un numéro d'entreprise unique (Art. III.15 CDE).
  • Objectifs : Simplification administrative, efficacité des services publics, diffusion d'informations.
  • Entités enregistrées (Art. III.16 CDE) : Personnes physiques indépendantes (sauf exceptions), personnes morales, organisations sans personnalité juridique, établissements publics autonomes.
  • Quand ? Avant le démarrage de l'activité.
  • Sanction : Irrecevabilité des actions en justice sans inscription.
  • Rôle des Guichets d'Entreprises : Organismes agréés qui gèrent les inscriptions et modifications (Art. III.18 CDE).
3. Immatriculation à la TVA
Obligatoire pour les activités soumises à la TVA (Code de la TVA, Art. 4 et suiv.).
4. Affiliation à une Caisse d'Assurances Sociales
Obligatoire pour tout indépendant afin de cotiser pour sa sécurité sociale (Loi du 27 juin 1969).
5. Affiliation à une Mutuelle
Permet le remboursement des soins de santé et indemnités d'incapacité (Loi du 14 juillet 1994).
6. Ouverture d'un Compte Bancaire Professionnel
Obligatoire pour les transactions professionnelles (Art. III.82 CDE).
7. Respect des Obligations Comptables
Toute entreprise doit tenir une comptabilité (simplifiée ou en partie double) (Livre III CDE).
8. Souscription à une Assurance Responsabilité Civile
Obligatoire pour certaines professions réglementées.

Titre III : L'Installation d'une Entreprise dans un Lieu : Les Baux Commerciaux

I. Le Bail : Le Régime Général (Anc. Cciv., art. 1707 et suiv.)

Le Code civil ancien régit le droit commun du bail, applicable si pas de règles spéciales.
2. La Notion de Louage et ses Différentes Formes
Deux catégories : louage de choses (Art. 1709, contrat synallagmatique, à titre onéreux, à exécution successive) et louage d'ouvrage.
3. Les Subdivisions du Louage (Art. 1711)
Pour le louage de choses : bail à loyer, bail à ferme, bail à cheptel.
4. Les Règles Générales du Louage de Choses (Art. 1713 et suiv.)
Applicables aux baux d'immeubles, sauf dérogations spécifiques (ex : bail commercial).
5. Formation du Contrat de Bail
Peut être écrit (avec mentions obligatoires) ou oral.
  • Enregistrement : Formalité fiscale donnant une date certaine au contrat (Art. 8.22 Cciv.).
  • Transcription : Formalité plus lourde inscrivant le bail aux registres hypothécaires (baux > 9 ans, à vie, ou avec quittance de 3 ans de loyer). Nécessite un acte authentique. Sanction : réduction de la durée du bail ou de la quittance.
  • Rôle du Notaire : L'acte authentique donne date certaine et caractère exécutoire.
6. Terminologie Juridique : Bailleur et Preneur
  • Bailleur : Celui qui donne le bien en location.
  • Preneur : Celui qui prend le bien en location.
7. La Cession et la Sous-location (Art. 1717)
En principe autorisées, sauf interdiction contractuelle.
8. Les Obligations du Bailleur (Art. 1719)
Délivrer la chose, l'entretenir, garantir la jouissance paisible, garantir contre les vices, responsabilité en cas de destruction (Art. 1722), et le preneur doit tolérer les réparations urgentes (Art. 1724).
9. Les Obligations du Preneur (Art. 1728)
User de la chose en bon père de famille, payer le loyer.
  • Indexation du loyer (Art. 1728bis) : Possible si prévue, une fois par an à la date anniversaire, selon la formule légale : .
  • Frais et charges (Art. 1728 ter) : Doivent correspondre à des dépenses réelles, sauf forfait contractuel.
10. État des Lieux (Art. 1730 et 1731)
Obligatoire, établi de manière contradictoire. À défaut, le preneur est présumé avoir reçu le bien en bon état.
11. Responsabilité du Preneur
Répond des dégradations, de l'incendie (sauf preuve contraire), des faits des occupants (Art. 1732, 1733, 1735). Tenu des réparations locatives (menu entretien) (Art. 1754).
12. Durée et Fin du Bail (Art. 1736 à 1742)
  • Durée indéterminée (présumé au mois) ou déterminée.
  • Prend fin par perte de la chose, inexécution contractuelle (mais pas par décès).
  • Résiliation fautive (Art. 1760) : Loyer dû pendant le temps nécessaire à la relocation + dommages et intérêts.
13. L'Aliénation du Bien Loué (Art. 1743 à 1745)
  • Bail authentique ou date certaine : Opposable à l'acquéreur (ne peut expulser le locataire).
  • Bail sans date certaine : Non opposable à l'acquéreur (peut expulser), sauf clause de maintien.
  • Clause d'expulsion (Art. 1744) : Le bailleur peut se réserver le droit d'expulser le preneur en cas de vente, même si le bail est opposable.
  • Indemnisation du preneur (Art. 1744 et 1745) : Le bailleur doit indemniser le preneur expulsé (indemnité légale = loyer dû pendant le préavis).

II. Le Bail Commercial « Classique » (Loi du 30 avril 1951)

Régime spécial et impératif protégeant le fonds de commerce des entreprises en contact avec le public.
1. Champ d'Application et Conditions de Qualification (Art. 1)
Trois conditions cumulatives :
  1. Immeuble ou partie d'immeuble.
  2. Exploitation d'une entreprise commerciale ou artisanale.
  3. Contact direct avec le public (le lieu est le point de contact principal avec la clientèle). Exclut les entrepôts, bureaux, usines non ouverts au public.
3. Durée et Fin du Bail Commercial (Art. 3)
  • Durée minimale légale : Neuf ans (nullité pour durée plus courte). Structuré en triennats.
  • Résiliation amiable : Possible par accord, constaté par acte notarié ou déclaration devant juge (enregistrement en Wallonie).
  • Résiliation unilatérale preneur : À chaque triennat, préavis de six mois par recommandé/huissier.
  • Résiliation unilatérale bailleur : Sous conditions strictes (clause expresse, fin de triennat, occupation personnelle/familiale, préavis d'un an).
4. Le Droit au Renouvellement du Bail Commercial (Région wallonne) (Art. 13)
Droit de demander le renouvellement (pas automatique) pour 9 ans, limité à trois renouvellements.
  • Demande (Art. 14) : Notifiée 18 à 15 mois avant l'expiration du bail, par huissier/recommandé, indiquant les conditions et la mention d'acceptation présumée en cas de silence du bailleur.
  • Réaction du bailleur : Trois mois pour accepter, proposer des conditions différentes, refuser (motifs légaux) ou se prévaloir d'une offre de tiers. Silence = acceptation.
  • Causes de refus (Art. 16) :
    • Occupation personnelle ou familiale.
    • Changement d'affectation (plus commercial).
    • Reconstruction importante (coût > 3 ans de loyer).
    • Manquements graves du preneur.
    • Offre d'un loyer supérieur par un tiers (si le preneur ne s'aligne pas).
    • Absence d'intérêt légitime du preneur.
    • Refus "hors motifs" possible mais entraîne une indemnité de 3 ans de loyer.
  • Indemnité d'éviction : Compensation financière due au preneur en cas de refus de renouvellement sans juste motif ou pour certains motifs (1, 2 ou 3 ans de loyer selon le motif).
  • Absence de demande : Si le preneur ne demande pas le renouvellement, le bail prend fin. S'il reste, nouveau bail à durée indéterminée.
  • Désaccord et Juge : Le juge de paix statue en équité.
Remarque – Extension des règles relatives à la durée et au renouvellement du bail commercial (Art. 4)
S'appliquent aux locaux d'habitation faisant partie de l'ensemble commercial et aux locaux accessoires nécessaires à l'exploitation, si l'affectation commerciale est mentionnée au bail.
5. Transformations du Bien
  • Principe : Le preneur peut transformer si utile à l'entreprise, coût limité (< 3 ans de loyer), respect du bâtiment et information préalable du bailleur (plans, devis).
  • Réaction bailleur : 30 jours pour répondre. Silence = accord tacite. Opposition motivée.
  • Travaux sans procédure : Le bailleur peut faire arrêter les travaux par ordonnance du juge de paix.
  • Sort des transformations à la fin du bail :
    • Autorisées : Bailleur choisit entre remboursement valeur des matériaux/main-d'œuvre ou paiement plus-value.
    • Non autorisées : Bailleur peut exiger remise en état. Pas d'indemnité si le bailleur les conserve.
6. Révision du Loyer (Art. 6)
Possible à l'expiration de chaque triennat si des circonstances nouvelles ont modifié la valeur locative normale du bien d'au moins 15%. Le juge de paix statue en équité. Action possible uniquement les 3 derniers mois du triennat.
8. La Transmission du Bien Loué (Art. 12)
Régime dérogatoire au droit commun. L'acquéreur ne peut expulser le preneur librement. Expulsion limitée à des motifs précis et légaux (Art. 16, 1°, 2°, 3°, 4°). Congé dans les 3 mois de l'acquisition, préavis d'un an, congé motivé. Protection étendue même pour les baux sans date certaine si occupation > 6 mois.
9. Les Recours et la Procédure en Matière de Bail Commercial (Art. 29 à 31)
Le juge de paix est exclusivement compétent. Possibilité de conciliation préalable. Les jugements sont susceptibles d'appel, exécutoires par provision sauf refus de renouvellement ou fixation d'indemnité d'éviction.

III. Le Bail Commercial de Courte Durée (Décret wallon de 2018)

Régime dérogatoire au bail commercial classique, offrant flexibilité pour les commerces "pop-up".
1. Conditions de Formation et Forme du Contrat
Doit être établi par écrit (Décret du 15 mars 2018, Art. 2, 3, 6).
2. La Durée du Bail
Durée initiale un an. Prend fin de plein droit au terme. Durée totale (initiale + prolongations) ne peut dépasser un an. Si dépassement, requalification en bail commercial classique de neuf ans.
3. Modes de Résiliation Anticipée
Par accord mutuel (écrit). À l'initiative du locataire : résiliation unilatérale par recommandé, préavis d'un mois, sans indemnité.
4. Aménagements et Transformations du Bien
Autorisées si coût un an de loyer et respect des normes, sauf interdiction contractuelle. Information préalable au bailleur. Droit d'opposition du bailleur dans les 10 jours. En fin de bail : bailleur peut exiger suppression ou conserver sans indemnité.
5. Cession et Sous-location
Interdites par principe, sauf accord exprès des parties.

Titre IV : Le Développement du Fonds de Commerce de l'Entreprise

1. Place du Fonds de Commerce dans l'Entreprise

Le fonds de commerce regroupe les moyens mis en œuvre pour exploiter l'activité et générer des profits. C'est un concept doctrinal, sans définition légale unique, mais mentionné dans diverses législations.

2. Définition Doctrinale du Fonds de Commerce

Une universalité de fait composée d'éléments d'actifs, matériels et immatériels, affectés à l'exploitation d'une activité économique pour constituer et maintenir une clientèle.

3. Nature Juridique du Fonds de Commerce

  • Universalité de fait, non de droit.
  • Pas de personnalité juridique propre.
  • Composante du patrimoine unique de l'entreprise.
  • Bien meuble immatériel, composé d'éléments corporels (mobilier, stock) et incorporels (nom commercial, enseigne, brevets, savoir-faire).
  • Non consomptible et non fongible.

4. Le Caractère Variable du Contenu du Fonds de Commerce

La composition varie selon la nature de l'activité. Les parties doivent le déterminer précisément lors d'opérations juridiques.
  • Éléments essentiels : Indispensables à l'exploitation (nom commercial, licences, brevets, droit au bail si déterminant).
  • Éléments accessoires : Ne mettent pas fin à l'exploitation (mobilier, outillage).
  • Éléments généralement exclus : Créances et dettes (sauf contrats en cours), droit de propriété sur un immeuble (bien que la jurisprudence l'ait remis en cause).

5. Analyse de Quelques Éléments Particuliers

  • La clientèle : Pierre angulaire du fonds. Pas de droit de propriété, mais espoir de maintien. Mécanismes de préservation : droit de présentation, obligation implicite de non-concurrence du cédant.
  • Le nom commercial : Nom sous lequel l'entreprise exerce son activité. Droit d'usage prioritaire basé sur l'exploitation effective.
  • L'enseigne : Signe visible identifiant et localisant le fonds.
  • Licences, autorisations ou agréments : Sans eux, l'activité est interdite.
  • Brevets et autres droits de propriété intellectuelle : Droits exclusifs sur des créations de l'esprit, éléments essentiels du fonds.
  • Le know-how : Connaissances pratiques, techniques ou commerciales non protégées formellement, mais ayant une valeur économique.
  • Le stock : Évalué séparément, souvent exclu de la valeur du fonds.
  • Le bail commercial : Essentiel pour la poursuite de l'activité si le local est loué.
La valeur du fonds de commerce ne se limite pas à la somme de ses éléments, mais inclut le goodwill (survaleur économique liée à la notoriété, réputation, organisation efficace).

Chapitre 3 – Le Financement de l'Entreprise par la Mise en Gage du Fonds de Commerce

1. Cadre Légal
Loi du 11 juillet 2013 modifiant le Code Civil concernant les sûretés réelles mobilières (LSRM), en vigueur depuis le 01/01/2018.
2. Notion de Gage sur Fonds de Commerce
Mécanisme par lequel un débiteur affecte un bien meuble (ici le fonds de commerce) en garantie d'une dette. C'est une sûreté réelle mobilière conventionnelle. Le créancier gagiste bénéficie d'un droit de préférence (Art. 1 LSRM).
3. Validité, Preuve et Opposabilité
  • Avec dépossession : Le constituant se dessaisit du bien. Preuve par toute voie de droit (écrit si consommateur). Opposabilité par mise en possession (Art. 39 LSRM).
  • Sans dépossession : Le constituant conserve la possession. Preuve par écrit obligatoire (Art. 4 LSRM). Opposabilité par enregistrement dans le registre des gages (Art. 15 et 29 LSRM).
Le registre des gages est une application électronique transparente, accessible à tous, pour enregistrer et consulter les gages. L'enregistrement est valable 10 ans, renouvelable.

Chapitre 4 - L'Exploitation du Fonds de Commerce par un Tiers

1. La Location du Fonds de Commerce
Location globale de l'ensemble des éléments du fonds. Le locataire exploite pour son propre compte et verse un loyer. Soumise au droit commun du louage de choses. Peut être accompagnée d'une sous-location des locaux. Le propriétaire est tenu d'une obligation de non-concurrence.
2. La Gérance du Fonds de Commerce
Le gérant exploite le fonds pour le compte du propriétaire.
  • Gérance salariée : Sous lien de subordination (contrat de travail).
  • Gérance libre : Sans lien de subordination (contrat de service).
Le gérant n'acquiert aucun droit immobilier, ni sur le bail commercial.

Titre V : La Transmission de l'Entreprise

Chapitre 1 – Les Différents Types de Transmission

La transmission peut se faire par cession du fonds de commerce (envisagé comme une universalité) ou par cession des titres de la société (régie par le droit des sociétés). Ce cours se concentre sur la cession du fonds de commerce analysée comme une vente.

Chapitre 2 – Régime Juridique de la Cession de Fonds de Commerce

Le fonds de commerce n'ayant pas de réglementation spécifique, sa cession est régie par les règles générales du droit civil (Livre V Code civil) et le droit spécial de la vente (Anc. Cciv. Art. 1582 à 1685). La cession se réalise par accord sur la chose et le prix entre le cédant (vendeur) et le cessionnaire (acheteur). Il est crucial que tous les éléments essentiels du fonds soient compris dans la cession. Certains éléments peuvent être soumis à des régimes de cession spécifiques (immeubles, bail commercial, droits de propriété intellectuelle).

Chapitre 3 – Effets de la Cession

1. L'Obligation de Délivrance
Le cédant doit mettre le fonds à la disposition du cessionnaire pour qu'il puisse l'exploiter effectivement (ex : transmission de fichiers clients, codes d'accès, formation pour le savoir-faire, présentation à la clientèle).
2. La Garantie des Vices Cachés
Le cédant garantit le cessionnaire contre les vices cachés qui rendent le fonds impropre à son usage (Art. 1641 Code civil). Si le cédant connaissait le vice, il doit des dommages et intérêts.
3. La Garantie d'Éviction et l'Obligation de Non-Concurrence
Le cédant doit garantir la jouissance paisible du fonds. Cela se traduit par une obligation de non-concurrence implicite, limitative dans le temps, l'espace et les activités, pour permettre au cessionnaire de s'approprier la clientèle.
4. Taxe sur la Valeur Ajoutée
La cession d'un fonds de commerce (avec ensemble d'actifs suffisant pour attirer et retenir la clientèle) n'est pas soumise à la TVA (Art. 11 Code TVA).

Chapitre 4 – Effets de la Cession sur les Contrats et Autres Relations Juridiques

1. La Cession du Bail Commercial Concomitante à la Cession du Fonds de Commerce
L'Art. 10 de la loi sur les baux commerciaux permet la cession du bail commercial même si le contrat l'interdit, afin de faciliter la transmission de l'activité économique.
  • Exception : L'interdiction de cession reste applicable si le bailleur ou sa famille occupe une partie de l'immeuble.
  • Procédure : Notification du projet au bailleur par recommandé/huissier. Le bailleur a 30 jours pour s'opposer. Silence = accord.
  • Solidarité du cédant : Le cédant reste solidairement tenu des obligations du bail pour toute sa durée.
2. Transfert du Personnel
Si la cession du fonds de commerce constitue un transfert d'entreprise (activité poursuivie), la CCT 32bis s'applique : les contrats de travail sont transférés automatiquement au cessionnaire avec maintien des droits acquis. Licenciement interdit pour motif lié au transfert. Cédant et cessionnaire sont solidairement responsables des obligations salariales.
3. Transfert des Autres Contrats
La cession du fonds transfère les actifs mais pas les dettes, sauf accord des créanciers.
  • Cession de créances : Possible (Art. 5.179 Code civil).
  • Cession de contrats en cours : Nécessite le consentement du cocontractant.
    • Cession parfaite : Avec consentement du cocontractant, le cédant est libéré.
    • Cession imparfaite : Sans consentement, cédant et cessionnaire restent solidairement tenus.

Chapitre 5 – Opposabilité de la Cession du Fonds de Commerce aux Administrations Fiscales et Sociales

1. Principe de la Responsabilité Solidaire du Cessionnaire
Le cessionnaire est solidairement responsable du paiement des dettes fiscales et sociales du cédant au moment de la cession, à concurrence des sommes déjà payées au cédant.
2. La Période d'Inopposabilité
Période pendant laquelle l'administration peut se retourner contre le cessionnaire, débutant à la notification de la cession et se terminant un mois après.
3. Comment Éviter la Responsabilité Solidaire ?
Le cessionnaire doit obtenir des certificats d'absence de dettes fiscales et sociales du cédant et notifier la cession aux administrations concernées dans les 30 jours de validité des certificats.
4. La Procédure Concrète
  • Demande de certificats d'absence de dettes auprès du SPF Finances, INASTI, ONSS.
  • Si certificats délivrés : signature du contrat et notification aux administrations avec copie certifiée conforme du contrat et des certificats.
  • Si pas de certificats : Le cessionnaire prend un risque. Il peut suspendre le paiement du prix de cession ou prévoir des déductions en cas de réclamation de l'administration.

Titre VI : Les Pratiques de Marché et la Protection des Consommateurs

VI.I. Introduction

Le Livre VI du CDE a un triple objectif :
  1. Protection minimale du consommateur (partie faible) par des obligations d'information et des droits spécifiques.
  2. Régulation des pratiques du marché (droit de la concurrence déloyale) pour garantir un fonctionnement loyal entre entreprises.
  3. Encadrement des relations entre entreprises (depuis la loi du 4 avril 2019) pour limiter les déséquilibres.

VI.II. Dispositions Légales Applicables

Le Livre VI est structuré autour de l'information du marché (prix, étiquetage, publicité, promotions), des contrats avec les consommateurs (à distance, hors établissement, offres conjointes, clauses abusives, reconduction), des pratiques déloyales (trompeuses, agressives) et d'autres pratiques (ventes pyramidales, ventes à perte, abus de position de dépendance économique/dominante).

VI.III. Champ d'Application de la Loi

  • L'entreprise (Art. I.8, 39°) : Toute personne physique ou morale poursuivant de manière durable un but économique, y compris ses associations.
  • Le consommateur (Art. I.1, 2°) : Toute personne physique agissant à des fins n'entrant pas dans le cadre de son activité professionnelle.
  • Les produits (Art. I.1, 4°) : Biens, services, immeubles, droits, obligations.

VI.IV. L'Information du Marché

Le vendeur doit fournir des informations correctes et utiles (Art. VI.2).
1. Indication des Prix (Art. VI.3)
Écrite, non équivoque, lisible, apparente, globale (toutes taxes comprises), en euros.
2. Dénomination, Composition, Étiquetage (Art. VI.8)
Mentions dans une langue compréhensible pour le consommateur moyen.
3. Indication des Quantités (Art. VI.11)
Pour les biens conditionnés, indication de la quantité nominale.
4. Publicité Comparative (Art. VI.17 et s.)
Toute publicité qui identifie un concurrent ou ses produits. Autorisation sous conditions : non trompeuse, comparaison objective de caractéristiques essentielles, pas de confusion/dénigrement, pas de profit indu de notoriété.
5. Des Promotions en Matière de Prix
5.1. et 5.2. Principe et Conditions
Annonce de réduction si non-vente à perte. Le prix de référence est le prix le plus bas des 30 jours précédents (Art. VI.18).
5.3. Cas Particuliers
  • Ventes en liquidation (Art. VI.22 et s.) : Offre en vue d'écoulement accéléré d'un stock, en principe interdite sauf motifs légaux (décision judiciaire, décès vendeur, reprise d'entreprise, cessation d'activité, travaux, sinistre, etc.). Notification préalable au ministre. Durée : 5 mois (exception : 12 mois pour retraite). Les ventes à perte sont permises (Art. VI.117 §1er, 1°).
  • Ventes en solde (Art. VI.25 et s.) : Pour renouvellement saisonnier d'assortiment. Produits détenus depuis au moins 30 jours. Dates fixes : 3 au 31 janvier et 1er au 31 juillet. Ventes à perte permises. Périodes d'attente (pré-soldes) : 1 mois avant les soldes, interdiction d'annoncer des réductions dans les secteurs de l'habillement, maroquinerie, chaussure.
  • Bons de valeur (Art. VI.31) : Document gratuit donnant droit à une réduction. Conditions : coordonnées émetteur, montant remboursé, validité, modalités. Interdits durant les périodes d'attente.
  • Bons d'achat (Art. VI.34) : Obligation pour le vendeur de délivrer un bon si stock épuisé après annonce de réduction limitée dans le temps, sauf exceptions.

VI.V. Des Contrats avec les Consommateurs (Art. VI.37)

Clauses claires et compréhensibles. Interdiction de faire signer une lettre de change ou de facturer des appels pour exécution de contrat.
1. Contrats à Distance (Art. VI.45 et s.)
Pas de présence simultanée. Mentions obligatoires (caractéristiques, identité, prix, frais, modalités de paiement/livraison, droit de renonciation, etc.). Droit de rétractation : 14 jours sans justification (sauf exceptions, ex : produits personnalisés, services après exécution). Délai de livraison max 30 jours (Art. VI.43). Places de marché en ligne : informations spécifiques.
2. Ventes Conclues en Dehors de l'Entreprise du Vendeur (Art. VI.64)
Présence physique simultanée, mais hors du lieu habituel d'activité du vendeur (salons, foires, domicile du consommateur). Informations obligatoires dans un contrat écrit. Droit de rétractation de 14 jours, sauf exceptions.
3. Offre Conjointe de Produits ou de Services (Art. VI.80 et s.)
Acquisition (gratuite ou non) de produits/services liée à l'acquisition d'autres. Autorisées si ne constituent pas une pratique commerciale déloyale.
4. Clauses Abusives (Art. VI.82 et s.)
Toute clause qui crée un déséquilibre manifeste entre droits et obligations. Liste de clauses interdites et nulles de plein droit (Art. VI.83). Le consommateur ne peut y renoncer.
5. Reconduction du Contrat de Services (Art. VI.91)
Pour les contrats à durée déterminée avec clause de reconduction tacite, le consommateur peut résilier sans indemnité après reconduction, avec un préavis max 2 mois. Clause spécifique à mentionner en gras.

VI.VI. Des Contrats entre Entreprises (Art. VI.91/1 et suiv.)

Depuis la loi du 4 avril 2019, des règles régissent les contrats entre entreprises (B2B).
1. Rédaction Claire (Art. VI.91/2)
Un contrat écrit doit être clair et compréhensible.
2. Les Clauses Abusives (Art. VI.91/3 et suiv.)
  • Liste noire (Art. VI.91/4) : Quatre clauses toujours interdites (ex : engagement irrévocable sous condition de la volonté unilatérale de l'entreprise, droit unilatéral d'interprétation).
  • Liste grise (Art. VI.91/5) : Huit clauses présumées abusives sauf preuve contraire (ex : modification unilatérale sans raison valable, prorogation tacite sans délai raisonnable de résiliation).
  • Catégorie générale (Art. VI.91/6) : Toute clause créant un déséquilibre manifeste entre droits et obligations.

VI.VII. Les Pratiques Interdites car Déloyales à l'Égard du Consommateur

Pratiques commerciales déloyales si contraires à la diligence professionnelle et altèrent le comportement économique du consommateur moyen (Art. VI.93).
  • Pratiques commerciales trompeuses (Art. VI.97 et s.) : Informations fausses ou induisant en erreur (tromperie par fait ou omission). Liste noire de pratiques toujours déloyales (Art. VI.100).
  • Pratiques commerciales agressives (Art. VI.101 et s.) : Altèrent la liberté de choix par harcèlement, contrainte ou influence injustifiée. Liste noire de pratiques toujours agressives (Art. VI.103) (ex : vente forcée).

VI.VIII. Pratiques de Marché Déloyales entre Entreprises

Loi du 4 avril 2019.
  • Interdiction générale de pratiques de marché trompeuses (Art. VI.105 et VI.105/1) et de publicité trompeuse (Art. VI.106).
  • Ventes en « pyramides » (Art. VI.107) : Interdites.
  • Ventes à perte (Art. VI.116) : En principe interdites, mais l'interdiction est jugée contraire au droit européen par la Cour de Cassation.
  • Abus de position de dépendance économique (Art. IV.2/1) : Interdit. Ne sanctionne pas la dépendance, mais son abus.
  • Abus de position dominante : L'entreprise utilise son pouvoir économique pour fausser la concurrence.

VI.IX. Recours

  • Règlement extrajudiciaire des litiges de consommation : Traitement en entreprise, puis Service de Médiation pour le consommateur (gratuit).
  • Action en cessation (Art. XVII.1 et s.) : Par le président du tribunal de l'entreprise pour faire cesser une pratique déloyale.
  • Action en réparation collective (Art. XVII.35 et s.) : Devant les tribunaux de Bruxelles pour violation du CDE ou d'un règlement européen, par des associations de défense des consommateurs. Microsoft, par exemple, ne peut faire renoncer à ces actions collectives.

Titre VII : Développer des Savoir-Faire : Raisonner en Droit

Introduction : Considérations Générales sur les Études de Droit

Apprendre le droit, c'est apprendre à construire un raisonnement juridique, pas seulement mémoriser des solutions.

Qu'est-ce qu'un Raisonnement ?

ManIère dont les idées s'enchaînent.
  • Raisonnement déductif : Part d'une idée générale pour en déduire une conséquence particulière (ex : syllogisme). Prédominant en droit.
  • Raisonnement inductif : Part d'observations particulières pour élaborer une généralisation.

Le Syllogisme

Mode de raisonnement déductif rigoureux à trois propositions : deux prémisses (majeure et mineure) et une conclusion logique. Exemple classique : « Tous les hommes sont mortels, or Socrate est un homme ; donc Socrate est mortel ».

Le Syllogisme Juridique

Outil fondamental pour les juristes et étudiants. Il permet d'organiser le raisonnement et la déduction logique pour résoudre des problèmes de droit.
  • Majeure : Règle générale de droit (références légales précises, conditions légales).
  • Mineure : Faits de l'affaire appliqués aux conditions légales (qualification).
  • Conclusion : Conséquence logique de l'application des conditions légales aux faits.
Cette méthode est applicable à toutes les branches du droit.

Titre VIII : Engagements Pédagogiques UE Droit des Affaires

Cette unité d'enseignement (UE) vise à introduire le droit des affaires, mobilisant des connaissances en fondements du droit, droit civil et droit judiciaire. L'accent est mis sur le raisonnement juridique. Elle est composée du droit de l'entreprise et du droit des sociétés et des associations. Les apprentissages sont évalués par une épreuve intégrée écrite (QCM et cas pratiques/questions ouvertes) avec code autorisé. Les supports de cours sont disponibles sur HELMo Learn, un Code de droit économique et un Code civil à jour sont indispensables.

Méthode de résolution de casus : Résumé

  1. Faits : Résumé des faits importants.
  2. Question à résoudre : Reformulation claire du problème juridique.
  3. Branche du droit et matière visée : Identification de la ou des branches et des concepts juridiques pertinents.
  4. Références légales : Recherche et citation précise des articles de loi pertinents.
  5. Conditions légales : Reformulation des règles de droit en format "SI... ALORS...", distinguant conditions et conséquences.
  6. Application au cas d'espèce : Vérification si les conditions légales sont remplies à partir des faits.
  7. Conclusion : Réponse claire et concrète à la question posée, basée sur l'application des conséquences juridiques.

Annexes : Notions de Concurrence et d'Éviction

Annexe 1 : La Notion de Concurrence

Le terme "concurrence" a différentes acceptions juridiques.
Contexte juridique Sens du terme concurrence Finalité Exemples vus au cours Références légales
Liberté d'établissement Principe économique de libre concurrence. Favoriser l'innovation et la prospérité. Art. II.2 CDE
Relations contractuelles entre entreprises Conditions d'un marché sain. Éviter les déséquilibres, pratiques déloyales entre entreprises. Clauses abusives B2B, abus de dépendance économique, abus de position dominante. Art. VI.91/1 et suiv. CDE, Art. IV.2/1 CDE
Cession de fonds de commerce Protection de la clientèle du cessionnaire. Garantir la jouissance paisible du fonds. Obligation implicite de non-concurrence du cédant. Art. 1628 Anc. C. civ. (par analogie)
Pratiques de marché Loyauté des pratiques commerciales. Protéger consommateurs et entreprises d'actes déloyaux. Publicité comparative, ventes à perte. Art. VI.17 CDE, Art. VI.116 CDE
Régulation du marché Maintien d'un niveau suffisant de concurrence. Lutter contre les ententes et abus de position dominante. Livre IV CDE, Art. IV.2 CDE

Annexe 2 : La Notion d'Éviction

Le terme "éviction" a également plusieurs significations selon le contexte.
Contexte juridique Sens du terme éviction Finalité Exemples vus au cours Références légales
Bail commercial Privation de la jouissance du bien loué. Protection du preneur et de son fonds de commerce. Refus de renouvellement du bail, expulsion par l'acquéreur. Art. 16 Loi 30 avril 1951, Art. 12 Loi 30 avril 1951
Droit de la vente Perte de la propriété ou de la jouissance de la chose vendue. Garantir l'acheteur contre les troubles de droit ou de fait. Art. 1625 et suiv. Anc. C. civ.
Cession de fonds de commerce Perte de la clientèle du fonds cédé. Assurer au cessionnaire la jouissance utile du fonds. Obligation de non-concurrence du cédant. Art. 1628 Anc. C. civ. (par analogie)
Autres hypothèses ?

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