Diagnostic et prise en charge MTEV

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Les principes du diagnostic de la maladie thrombo-embolique veineuse (MTEV), incluant la thrombose veineuse profonde (TVP) et l'embolie pulmonaire (EP), sont abordés. Les points clés incluent la clinique, la stratification du risque, les examens paracliniques (D-dimères, angioscanner, échodoppler veineux), le traitement (anticoagulation, thrombolyse) et la gestion des complications.

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Question
Dans quel délai le diagnostic d'EP doit-il être établi ?
Answer
Le diagnostic d'EP doit être établi avec certitude dans les 24 heures, en combinant la probabilité clinique et les examens paracliniques.
Question
Quelle est l'incidence annuelle de la MTEV ?
Answer
L'incidence annuelle de la MTEV est de 1 à 2 cas pour 1000 habitants, augmentant significativement avec l'âge. Par exemple, elle passe de 1/10 000 avant 40 ans à 1/100 après 75 ans.
Question
Quels facteurs, bien que reconnus, ne modulent pas la durée du traitement anticoagulant ?
Answer
Bien que reconnus, l'âge supérieur à 65 ans, l'obésité et le syndrome néphrotique ne modulent pas la durée du traitement anticoagulant, contrairement au tabac et aux dyslipidémies qui influencent la décision thérapeutique.
Question
Quel est l'impact de l'âge sur l'incidence annuelle de la MTEV ?
Answer
L'incidence annuelle de la MTEV croît avec l'âge, passant de 1/10 000 avant 40 ans à 1/100 après 75 ans.
Question
Quel est le seuil d'obstruction anatomique vasculaire pulmonaire chez le sujet sain qui altère la tolérance hémodynamique ?
Answer
Le seuil d'obstruction anatomique vasculaire pulmonaire qui altère la tolérance hémodynamique chez le sujet sain est de 50 à 60%. Une obstruction au-delà de ce seuil peut entraîner une dilatation du ventricule droit, une compression du ventricule gauche, une diminution du débit cardiaque, de la tension artérielle et un état de choc.
Question
Quel est le critère diagnostique de TVP à l'Écho-Doppler veineux des membres inférieurs ?
Answer
Le critère diagnostique de TVP à l'écho-doppler est l'absence de compression veineuse profonde lors de l'examen. Une veine non compressible suggère la présence d'un caillot.
Question
Quelles sont les deux complications à long terme de la MTEV ?
Answer
Les deux complications à long terme de la MTEV sont le syndrome post-thrombotique (après une TVP) et l'hypertension pulmonaire thrombo-embolique chronique (HTP-TEC) (après une EP), entraînant une dysfonction du cœur droit persistante.
Question
Quels sont les biomarqueurs dont l'élévation indique une dysfonction ventriculaire droite ?
Answer
L'élévation des biomarqueurs tels que la Troponine I ou T et le NT-proBNP ou BNP indique une dysfonction ventriculaire droite.
Question
Quel est le trajet des veines pulmonaires par rapport à l'arbre bronchique ?
Answer
Les veines pulmonaires ne suivent pas l'arbre bronchique, leur trajet est intersegmentaire, situé dans les cloisons entre les segments pulmonaires.
Question
Quel est le seuil de D-dimères après 50 ans pour être considéré comme négatif ?
Answer
Après 50 ans, un résultat de D-dimères inférieur à (âge x 10) µg/L est considéré comme négatif. Par exemple, pour un patient de 75 ans, le seuil est de 750 µg/L.
Question
Quelles sont les contre-indications des AOD ?
Answer
Les AOD sont contre-indiqués en cas d'AOMI sévère (IPS < 0.6), d'hémorragie intracérébrale, d'allergie aux produits de contraste iodés, d'insuffisance rénale sévère et de grossesse. Ils sont aussi déconseillés en cas de thrombophilie ou d'antécédent familial de MTEV.
Question
Quels sont les autres mécanismes contribuant à la baisse de la SpO2 en cas d'EP grave ?
Answer
En cas d'EP grave, la baisse de la SpO2 est aussi due à un shunt droit-gauche par réouverture du foramen ovale, à une diminution du temps de transit capillaire et à la réduction du débit cardiaque.
Question
Dans quelles situations les D-dimères sont-ils élevés ?
Answer
Les D-dimères sont élevés dans diverses situations, notamment : cancer, infections, dissection aortique, et grossesse. Ils sont également souvent élevés chez les personnes âgées. Un test positif n'est pas spécifique.
Question
Quelle est la durée du traitement anticoagulant en présence de facteurs majeurs transitoires ?
Answer
Le traitement anticoagulant dure de 3 à 6 mois maximum en présence de facteurs majeurs transitoires.
Question
Comment les veines pulmonaires ramènent-elles le sang oxygéné ?
Answer
Les veines pulmonaires ramènent le sang oxygéné des poumons vers l'oreillette gauche. Contrairement aux artères pulmonaires, elles ne suivent pas l'arbre bronchique mais se situent dans les cloisons intersegmentaires.
Question
Citez un paramètre du score de Wells pour évaluer la probabilité clinique d'EP.
Answer
Un paramètre du score de Wells est la présence d'une FC > 100/min, qui ajoute 1,5 point. D'autres paramètres incluent des antécédents d'EP/TVP, chirurgie récente, cancer, hémoptysie, signes de TVP, ou un diagnostic alternatif moins probable que l'EP.
Question
Quelle est la prévalence d'EP si la probabilité clinique est faible ?
Answer
Si la probabilité clinique d'une EP est faible, sa prévalence est inférieure à 10%.
Question
Quelle est l'indication chirurgicale en cas d'EP à haut risque ?
Answer
L'indication chirurgicale en cas d'EP à haut risque inclut la thrombolyse, si elle échoue ou est contre-indiquée. La thrombectomie est une option d'exception dans les centres experts.
Question
Quel AVK est recommandé en première intention ?
Answer
Les AOD (rivaroxaban et apixaban) sont recommandés en première intention pour leur efficacité au moins égale et leur sécurité accrue par rapport aux AVK.
Question
Quelles sont les deux manifestations cliniques de la maladie thrombo-embolique veineuse (MTEV) ?
Answer
Les deux manifestations cliniques de la MTEV sont les thromboses veineuses profondes (TVP) et l'embolie pulmonaire (EP).
Question
Quel est le risque de décès à 30 jours si le score sPESI est de 0 ?
Answer
Le risque de décès à 30 jours si le sPESI est de 0 est de 1%.
Question
Quel score de probabilité clinique d'EP est à connaître absolument ?
Answer
Le score implicite/empirique est à connaître : 1 point = faible probabilité (<10%), 2 points = intermédiaire (30-40%), 3 points = forte probabilité (>70%). Il inclut signes cliniques évocateurs, facteurs de risque de MTEV, et absence de diagnostic alternatif.
Question
Quel est le diagnostic reposant sur l'ETT en cas d'HTP-TEC ?
Answer
En cas d'HTP-TEC, l'ETT évalue la PAPs et recherche des signes indirects tels que la dilatation et la dysfonction du VD.
Question
Quel est l'impact de la présence d'une TVP distale en cas de suspicion d'EP ?
Answer
Une TVP distale, contrairement à une TVP proximale, ne confirme pas à elle seule une suspicion d'EP. D'autres examens complémentaires sont nécessaires pour établir le diagnostic.
Question
Où se situent les veines superficielles ?
Answer
Les veines superficielles se situent juste sous la peau, au-dessus de l'aponévrose musculaire (fascia), et ne sont pas entourées de muscles profonds.
Question
Qu'est-ce qu'une EP symptomatique ?
Answer
Une EP symptomatique désigne une embolie pulmonaire chez un patient présentant des symptômes, par opposition à une embolie pulmonaire silencieuse. Le diagnostic repose sur la suspicion clinique, la probabilité clinique et les examens paracliniques.
Question
Quelle est la fréquence du syndrome post-thrombotique après TVP ?
Answer
Le syndrome post-thrombotique survient chez environ 1/3 des patients après une TVP, se manifestant par des douleurs, varices, œdèmes, et parfois des ulcères.
Question
Citez un facteur de risque persistant majeur influençant la durée du traitement anticoagulant.
Answer
Un facteur de risque persistant majeur influençant la durée du traitement anticoagulant est la présence d'un cancer actif ou une thrombophilie majeure (déficit en anti-thrombine, syndrome des anti-phospholipides).
Question
Citez un excès de protéines coagulantes parmi les thrombophilies héréditaires.
Answer
Les thrombophilies héréditaires peuvent résulter d\'un excès de protéines coagulantes, notamment par la mutation Leiden du facteur V ou la mutation G20210A du gène de la prothrombine.
Question
Quels sont les trois éléments de la Triade de Virchow ?
Answer
La Triade de Virchow comprend : stase veineuse, lésions endothéliales et coagulopathie. Ces facteurs augmentent le risque de formation de thrombus, principalement dans les membres inférieurs et le pelvis.
Question
Comment le risque de récidive est-il lié à l'absence de facteur majeur (= MTEV non provoquée) ?
Answer
L'absence de facteur majeur, aussi appelée MTEV non provoquée, est associée à un risque élevé de récidive. Les facteurs mineurs n'influencent que peu ce risque.
Question
Quelles sont les contre-indications à la réalisation d'un angioscanner ?
Answer
Les contre-indications à l'angioscanner incluent l'allergie aux produits de contraste iodés, une insuffisance rénale sévère, et la grossesse. Un examen non concluant est possible si la qualité du scanner est insuffisante.
Question
Quelle est la durée du traitement anticoagulant en présence de facteurs persistants (cancer) ou en l'absence de facteurs majeurs ?
Answer
Le traitement anticoagulant est long (≥ 6 mois, voire durée illimitée) en présence de facteurs persistants comme le cancer, ou en l'absence de facteurs majeurs de risque de récidive.
Question
Citez un item du score sPESI.
Answer
Un item du score sPESI est la présence d'un cancer. D'autres items incluent l'âge >80 ans, la SpO2 <90%, la PAS <100 mmHg, la FC >110 bpm, et une insuffisance cardiaque ou respiratoire chronique.
Question
Quel est le pourcentage de mortalité hospitalière globale pour une EP en France chaque année ?
Answer
Chaque année, 35 000 personnes sont hospitalisées en France pour une embolie pulmonaire (EP), avec un taux de mortalité hospitalière globale de 5%.
Question
Quel est l'anticoagulant d'action rapide préféré en l'absence d'insuffisance rénale sévère ?
Answer
En l'absence d'insuffisance rénale sévère, les HBPM (héparines de bas poids moléculaire) sont préférées aux HNF (héparines non fractionnées) pour leur facilité d'administration et l'absence de surveillance biologique nécessaire. Nes les AOD comme le rivaroxaban et l'apixaban sont aussi d'excellente option.
Question
Quelle est la principale contre-indication de la contention élastique ?
Answer
La principale contre-indication de la contention élastique est l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), particulièrement si elle est sévère avec un indice de pression systolique (IPS) inférieur à 0.6.
Question
Quel est l'antidote de l'HNF ?
Answer
L'antidote de l'HNF (héparine non fractionnée) est le sulfate de protamine, administré par voie intraveineuse et dont l'effet est immédiat.
Question
Quel est le risque majeur de la thrombolyse ?
Answer
Le risque majeur de la thrombolyse est une hémorragie grave, notamment intracrâniennes dans environ 2% des cas.
Question
Quels sont les deux tests de D-dimères les plus utilisés ?
Answer
Les deux tests de D-dimères les plus utilisés sont le Vidas®DD (méthode ELISA) et le Liatest® (latex quantitatif). Ces tests sont très sensibles mais peu spécifiques.
Question
Quels sont les facteurs de risque qui ne sont PAS des facteurs de MTEV ?
Answer
Les facteurs de risque qui ne sont pas des facteurs de MTEV sont le tabac et les dyslipidémies. Les facteurs mineurs, tels que la thrombophilie non majeure, influencent peu le risque de récidive.
Question
Quelle est la spécificité de l'Écho-Doppler veineux pour les veines proximales ?
Answer
L'Écho-Doppler veineux est très spécifique pour les veines proximales, car une TVP proximale détectée confirme une suspicion d'EP sans imagerie complémentaire.
Question
D'où proviennent la plupart des thrombi ?
Answer
La plupart des thrombi fibrino-cruoriques proviennent des membres inférieurs et du pelvis, comparativement à 3% d'origine des membres supérieurs. Ils se forment souvent suite à la triade de Virchow : stase veineuse, lésions endothéliales et coagulopathie.
Question
Quel est le principal signe fonctionnel évoquant une EP ?
Answer
Le principal signe fonctionnel évoquant une EP est l'hémoptysie, suivie de la douleur au mollet et des signes de TVP. L'âge et les antécédents sont également importants.
Question
Comment est définie une EP à haut risque de décès ?
Answer
Une EP est définie comme à haut risque de décès en présence d'un état de choc, avec une mortalité supérieure à 25%. Alternativement, le score sPESI ≥ 1 indique un risque de mortalité accru (11%).
Question
Pourquoi les AOD sont-ils recommandés en première intention ?
Answer
Les AOD sont recommandés en première intention car ils sont au moins aussi efficaces, plus sûrs et présentent moins de risques hémorragiques que les traitements conventionnels.
Question
Quel est le pourcentage de cas d'EP à haut risque de décès ?
Answer
Le pourcentage de cas d'EP à haut risque de décès est supérieur à 25%, caractérisé par un état de choc (hypotension artérielle).
Question
Quelles sont les conditions pour arrêter les traitements injectables lors d'un relais AVK ?
Answer
Le traitement injectable est arrêté si 5 jours minimum de chevauchement avec les AVK et si l'INR est entre 2 et 3 à 24h d'intervalle.
Question
Quelle est la principale surveillance biologique pour l'HNF ?
Answer
La surveillance biologique de l'HNF inclut le dosage des anti-Xa (objectif : 0,3 à 0,7 UI/ml) ou du TCA (objectif : 1,5 à 2,5), ainsi qu'une surveillance plaquettaire bimensuelle en raison du risque de thrombopénie induite par l'héparine (TIH).
Question
Quels sont les inconvénients de l'angioscanner ?
Answer
L'angioscanner présente des inconvénients tels que l'irradiation, la nécessité d'injecter un produit de contraste iodé, et des contre-indications comme l'allergie à ce produit, une insuffisance rénale sévère, ou potentiellement la grossesse. Il peut aussi être non concluant si la qualité de l'image est insuffisante.
Question
Citez un défaut d'anticoagulation parmi les thrombophilies héréditaires.
Answer
Un défaut d'anticoagulation parmi les thrombophilies héréditaires inclut un déficit en protéine C, protéine S ou en antithrombine.
Question
Comment la sensibilité des D-dimères est-elle influencée chez les sujets âgés ?
Answer
Chez les sujets âgés, la sensibilité des D-dimères reste inchangée si l'on utilise un score adapté, notamment avec des seuils définis après 50 ans. Ils sont à doser en cas de probabilité clinique de diagnostic (PC) non forte.
Question
Quel est un signe physique constant observé lors de l'examen clinique en cas d'EP ?
Answer
Un signe physique constant observé lors de l'examen clinique en cas d'EP est la tachypnée. D'autres signes peuvent inclure une tachycardie, des signes de TVP ou une insuffisance cardiaque droite aiguë. Parfois, l'examen clinique peut être normal.
Question
Citez une contre-indication aux AOD.
Answer
Une contre-indication absolue aux AOD est une hémorragie intracérébrale. Les contre-indications relatives incluent l'AOMI sévère (IPS < 0.6).
Question
Quelles sont les trois grandes étapes du diagnostic d'EP ?
Answer
Les trois grandes étapes du diagnostic d'EP sont : 1. Suspecter le diagnostic (faisceau d'arguments). 2. Établir une probabilité clinique (en l'absence d'instabilité hémodynamique). 3. Prescrire un examen paraclinique pour confirmer avec certitude, idéalement sous 24h.
Question
Pourquoi les D-dimères ne sont-ils pas spécifiques ?
Answer
Les D-dimères sont des marqueurs de la dégradation de la fibrine. Leur taux peut être élevé dans de nombreuses situations pathologiques non liées à une thrombose, comme un cancer, une infection, une grossesse ou une dissection aortique, ce qui explique leur manque de spécificité.
Question
Où se situent les veines profondes ?
Answer
Les veines profondes se situent sous le fascia profond, à l'intérieur des compartiments musculaires, et accompagnent fréquemment les artères principales.
Question
Quels sont les signes à l'ECG qui peuvent évoquer une EP ?
Answer
Les signes à l'ECG pouvant évoquer une embolie pulmonaire (EP) incluent la tachycardie sinusale, des signes de surcharge droite tels que l'onde S en D1 et l'onde Q en D3 (S1Q3), un bloc de branche droit, et des ondes T négatives de V1 à V3, qui peuvent cependant demander un diagnostic différentiel avec un infarctus du myocarde.
Question
Quand la fibrinolyse est-elle indiquée ?
Answer
La fibrinolyse est indiquée dans les embolies pulmonaires (EP) à haut risque, notamment si elles évoluent vers un état de choc, en cas d'échec de la thrombolyse, ou en présence d'une contre-indication absolue à celle-ci. Elle est considérée comme une urgence thérapeutique.
Question
Qu'est-ce que le signe radiologique de la bague à chaton ?
Answer
Le signe de la bague à chaton est radiologique et indique une dilatation des bronches. La bronche, élargie, prend plus de place que l'artère pulmonaire correspondante, formant un anneau (`la bague`) avec la lumière bronchique centrale (`le chaton`).
Question
Quel bilan biologique est indispensable avant le traitement anticoagulant ?
Answer
Le bilan biologique indispensable avant le traitement anticoagulant comprend : plaquettes, TP, TCA, NFS, créatinine sanguine, transaminases et bilan pré-transfusionnel, particulièrement pour les patients à risque hémorragique. Il est essentiel pour évaluer le risque, notamment en cas de coagulopathie sévère.
Question
Quelle est la valeur diagnostique des examens paracliniques en cas d'EP ?
Answer
La valeur diagnostique des examens paracliniques en cas d'embolie pulmonaire (EP) dépend de l'évaluation préalable de la probabilité clinique. Aucun examen isolé ne confirme ou n'exclut le diagnostic avec certitude. Les examens, tels que l'angioscanner thoracique ou l'échographie cardiaque, sont utilisés en combinaison avec la probabilité clinique pour établir le diagnostic dans les 24 heures. Les D-dimères sont inutiles en cas de forte probabilité clinique.
Question
Quels sont les traitements d'anticoagulation initiale recommandés en première intention ?
Answer
Les traitements anticoagulants initiaux recommandés en première intention pour la MTEV sont les AOD (anticoagulants oraux directs), ou les HBPM (héparines de bas poids moléculaire) associées aux AVK (antivitamines K) pour les EP à faible risque. Pour les EP à risque intermédiaire-élevé, les HBPM sont privilégiées pendant les 48-72 premières heures.
Question
Quel test est toujours réalisé si la probabilité clinique chez une femme enceinte est non forte ?
Answer
Si la probabilité clinique n'est pas forte chez une femme enceinte, le test des D-Dimères est toujours réalisé car il est très sensible et un résultat négatif permet d'exclure le diagnostic d'embolie pulmonaire (EP).
Question
Citez un facteur majeur de risque hémorragique sous antivitamine K.
Answer
Un facteur majeur de risque hémorragique sous antivitamine K est l'Âge > 75 ans. D'autres facteurs incluent les antécédents d'hémorragie, l'alcoolisme chronique, le diabète, la prise d'antiagrégants, l'insuffisance rénale, un mauvais équilibre des AVK et des polymorphismes du cytochrome P450.
Question
Quelles sont les indications du filtre cave temporaire ?
Answer
Le filtre cave temporaire est indiqué pour une thrombose veineuse profonde (TVP) proximale (< 1 mois) avec ou sans embolie pulmonaire (EP), mais avec une contre-indication formelle aux anticoagulants. Il peut aussi être envisagé au cas par cas pour une EP récente (< 1 mois) sans TVP, ou en cas de récidive d'EP prouvée sous anticoagulant bien conduit.
Question
Quelle est la sensibilité des D-dimères ?
Answer
Chez les personnes âgées, la sensibilité des D-dimères reste inchangée si l'on utilise le score adapté à l'âge, avec des seuils spécifiques après 50 ans. Ils doivent être dosés en cas de suspicion de pontage coronaire non formelle.
Question
Quand l'échographie cardiaque transthoracique (ETT) est-elle indiquée en première intention pour l'EP ?
Answer
L'échographie cardiaque transthoracique (ETT) est indiquée en première intention pour l'embolie pulmonaire (EP) uniquement en cas de suspicion d'EP grave, particulièrement chez un patient instable ou non transportable. Elle aide à éliminer d'autres diagnostics et peut confirmer l'EP par des signes directs (thrombus) ou indirects (dilatation du VD).
Question
Quelles sont les complications de la MTEV ?
Answer
Les complications de la MTEV incluent le décès (spécifiquement pour l'embolie pulmonaire), la récidive thrombo-embolique veineuse, et des séquelles telles que le syndrome post-thrombotique (après une TVP) et l'hypertension pulmonaire thrombo-embolique chronique (HTP-TEC), qui correspond à une dysfonction du cœur droit persistante.
Question
Quels facteurs de risque modulent la décision de durée de traitement anticoagulant ?
Answer
La décision de la durée du traitement anticoagulant est modulée par des facteurs de risque persistants (cancer, thrombophilie majeure) ou transitoires (chirurgie, fracture, immobilisation, contraception hormonale, grossesse). Ces facteurs sont classés comme majeurs ou mineurs pour guider la décision.
Question
Quels sont les principes diagnostiques pour une TVP ?
Answer
Le diagnostic repose sur la probabilité clinique (score de probabilité, ex: Wells, Genève), complétée par des D-dimères et une échographie veineuse des membres inférieurs. L\'absence de compression d\'une veine profonde à l\'écho-doppler confirme la TVP.
Question
Quel traitement anticoagulant est recommandé tout au long de la grossesse ?
Answer
Le traitement anticoagulant recommandé tout au long de la grossesse est l'utilisation d'héparines de bas poids moléculaires (HBPM). Elles sont préférées aux antivitamines K (AVK) car ces dernières sont tératogènes et contre-indiquées pendant la grossesse. Les anticoagulants oraux directs (AOD) ne sont généralement pas recommandés pendant la grossesse, bien que certaines données émergentes puissent changer cette recommandation à l'avenir.
Question
Quels sont les AOD ayant l'AMM et le remboursement en France ?
Answer
En France, seuls le Rivaroxaban et l'Apixaban, inhibiteurs directs du facteur Xa, disposent de l'AMM et du remboursement pour le traitement de 1ère intention des AOD. Ils sont administrés par voie orale à dose fixe, sans contrôle biologique, avec une action rapide et sont considérés comme plus sûrs que les AVK, notamment en raison d'un moindre risque hémorragique.
Question
Comment l'hypoxémie est-elle principalement expliquée dans le contexte de la MTEV ?
Answer
L'hypoxémie dans la MTEV est principalement expliquée par un effet **shunt**, résultant d'une ventilation réduite dans les zones embolisées du poumon.
Question
Quels diagnostics alternatifs l'ETT permet-elle d'éliminer ?
Answer
L'ETT permet d'éliminer une tamponnade, une dissection aortique et un infarctus du ventricule droit.
Question
Qu'est-ce qu'une TVP proximale ?
Answer
Une TVP proximale concerne les veines poplitées, fémorales et/ou iliaques, à la différence d'une TVP distale qui affecte les veines sous-poplitées. C'est un critère diagnostique très spécifique pour l'embolie pulmonaire.
Question
Quel est l'objectif principal du traitement de la MTEV ?
Answer
L'objectif principal du traitement de la MTEV est de prévenir la récidive thrombo-embolique veineuse grâce à une anticoagulation efficace. D'autres complications, comme le décès ou les séquelles (syndrome post-thrombotique, hypertension pulmonaire), sont également visées.
Question
Quels examens paracliniques de première intention sont indispensables pour exclure les différentiels de l'EP ?
Answer
Pour exclure les diagnostics différentiels de l’embolie pulmonaire (EP) chez un patient non instable hémodynamiquement, les examens de première intention sont l’angioscanner pulmonaire (précédé d’une créatininémie) ou un échodoppler veineux des membres inférieurs si une thrombose veineuse profonde est suspectée.
Question
Quel examen de deuxième intention peut être fait si la qualité du scanner ne permet pas une analyse suffisante ?
Answer
Si la qualité du scanner est insuffisante, un scanner non concluant peut nécessiter une scintigraphie de ventilation-perfusion ou un écho-doppler veineux comme examens de deuxième intention.
Question
Citez un paramètre du score de probabilité clinique de TVP.
Answer
Voici quelques paramètres du score de probabilité clinique de TVP : antécédents d'EP ou TVP, chirurgie récente, cancer actif, hémoptysie, fréquence cardiaque élevée, signes de TVP, ou un diagnostic alternatif moins probable.
Question
Quel est le risque de décès en cas d'EP ?
Answer
La mortalité globale hospitalière d'une EP est de 5%. Le risque de décès à 30 jours varie : 1% pour les risques faibles (sPESI=0), 3-25% pour les risques intermédiaires et >25% pour les risques élevés (état de choc).
Question
Quelles sont les étapes de la stratégie diagnostique de la MTEV ?
Answer
La stratégie diagnostique de la MTEV comporte trois étapes : 1. Suspecter cliniquement la MTEV sur un faisceau d’arguments. 2. Établir une probabilité clinique (PC). 3. Prescrire un examen paraclinique (D-dimères si PC faible, imagerie si PC forte).
Question
Comment est défini un état de choc dans l'évaluation pronostique de l'EP ?
Answer
Un état de choc est défini par une pression artérielle systolique (PAS) < 90 mmHg ou une chute de la PAS > 40 mmHg pendant au moins 15 minutes, souvent accompagné de marbrures, indiquant une embolie pulmonaire (EP) grave nécessitant un traitement rapide. La mortalité associée dépasse 25%.
Question
Citez un paramètre du score simplifié de Genève pour évaluer la probabilité clinique d'EP.
Answer
Parmi les paramètres du score simplifié de Genève, on trouve : âge > 65 ans, antécédent personnel d'EP ou TVP, chirurgie ou immobilisation, cancer actif, hémoptysie, douleur spontanée du mollet, FC entre 75-94/min, FC ≥ 95/min, ou signes de TVP.
Question
Quel est le traitement initial de la MTEV ?
Answer
Le traitement initial de la MTEV repose sur l'anticoagulation curative. Les anticoagulants oraux directs (AOD) sont recommandés en première intention, offrant une efficacité et une sécurité comparables, voire supérieures, aux héparines (HBPM, HNF) ou au fondaparinux, suivies d'un relais par AVK. Pour les EP à risque intermédiaire-élevé, les HBPM sont privilégiées initialement, avec relais par AVK ou AOD après 48-72h. Les AOD sont contre-indiqués en cas d'insuffisance rénale sévère.
Question
Citez un inconvénient des AVK.
Answer
Les AVK nécessitent des dosages réguliers de l'INR pour surveiller leur efficacité, en raison d'une fenêtre thérapeutique étroite (INR entre 2 et 3) et de nombreuses interactions médicamenteuses potentielles, notamment avec le cytochrome P450.
Question
Quels signes directs et indirects de l'EP l'ETT peut-elle montrer ?
Answer
L'ETT peut montrer des signes directs d'EP, comme un thrombus dans les cavités cardiaques droites ou le tronc de l'artère pulmonaire, ce qui est rare. Les signes indirects incluent la dilatation et la dysfonction du ventricule droit, ainsi qu'un septum paradoxal chez un patient suspect d'EP grave.
Question
Quelles sont les propriétés du rivaroxaban et de l'apixaban ?
Answer
Le rivaroxaban et l'apixaban sont des inhibiteurs directs du facteur Xa, administrés par voie orale à dose fixe sans nécessiter de contrôle biologique. Ils ont une action rapide, une courte demi-vie, sont aussi efficaces que les AVK avec un meilleur profil de sécurité (moins de risque hémorragique). Ils sont contre-indiqués en cas d'insuffisance rénale sévère, d'instabilité hémodynamique, de grossesse/allaitement et d'interactions médicamenteuses majeures.
Question
Quelles sont les conséquences hémodynamiques d'un tuyau bouché (obstruction vasculaire) dans les poumons ?
Answer
Une obstruction vasculaire pulmonaire entraîne une augmentation de la pression artérielle pulmonaire (PAP) et de la post-charge du ventricule droit (VD). Cela provoque une dilatation et une surcharge de travail du VD, augmentant sa consommation d'oxygène et pouvant causer une ischémie myocardique. Secondairement, la compression du ventricule gauche (VG) par le VD dilaté diminue la précharge du VG, résultant en une baisse du débit cardiaque et de la pression artérielle (TA), menant potentiellement à un état de choc. La tolérance dépend de l'importance de l'obstruction et de l'état cardiovasculaire préexistant.
Question
Quelles sont les contre-indications majeures à l'anticoagulation ?
Answer
Les contre-indications majeures à l’anticoagulation incluent : une hémorragie active non contrôlable, une hémorragie intracrânienne, une chirurgie majeure récente, et une chirurgie neurologique ou ophtalmique récente. De plus, une coagulopathie sévère (plaquettes < 30 000/mm³, hémophilie, TP < 30%) est une contre-indication. Les insuffisances rénales sévères excluent certains anticoagulants oraux directs. Ag(>75 ans), AVC, diabète, insuffisance rénale, prise d'antiagrégants, et alcoolisme chronique sont des facteurs de risque hémorragique relatifs.
Question
Dans quel cas la contention élastique de classe 3 est-elle indiquée ?
Answer
La contention élastique de classe 3 est indiquée en cas de thrombose veineuse profonde (TVP) isolée ou d'embolie pulmonaire (EP) avec TVP, pendant au moins 6 mois. Elle est aussi proposée pour une thrombose veineuse superficielle. Elle est contre-indiquée en cas d'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) sévère (IPS < 0.6).
Question
Citez un facteur de risque majeur transitoire influençant la durée du traitement anticoagulant.
Answer
Parmi les facteurs de risque majeurs transitoires influençant la durée du traitement anticoagulant, on trouve : la chirurgie avec anesthésie générale de plus de 30 minutes dans les 3 derniers mois, une fracture d'un membre inférieur, une immobilisation de plus de 3 jours pour motif médical aigu, ou encore la contraception œstro-progestative, la grossesse, le postpartum et le traitement hormonal de la ménopause dans les 3 derniers mois.
Question
Quand le gaz du sang est-il utile dans le contexte d'une EP ?
Answer
Le gaz du sang est utile pour évaluer la gravité de l'EP, notamment l'hypoxémie et l'hypercapnie, et pour guider la prise en charge thérapeutique. Il aide à déterminer le risque du patient (haut, intermédiaire, bas) et à ajuster le traitement, par exemple l'anticoagulation ou la thrombolyse.
Question
Quel est le critère diagnostique d'une EP à l'angioscanner ?
Answer
Le critère diagnostique d'une EP à l'angioscanner est la présence de lacunes endovasculaires ou l'absence d'opacification d'une section artérielle pulmonaire segmentaire ou plus proximale.
Question
Quel est l'objectif de l'INR sous AVK ?
Answer
L'objectif de l'INR sous AVK est de s'assurer que l'effet anticoagulant est suffisant pour prévenir la formation de caillots, tout en minimisant le risque hémorragique. La cible thérapeutique de l'INR est généralement comprise entre 2 et 3.
Question
Quel est l'impact d'un taux de D-dimères normal (négatif) si la probabilité clinique n'est pas forte ?
Answer
Un taux de D-dimères normal (négatif) chez un patient avec une probabilité clinique de faible à modérée (non forte) exclut le diagnostic d'embolie pulmonaire (EP). La sensibilité du test, même chez les personnes âgées avec seuils adaptés, reste élevée (≥ 96%).
Question
Comment le risque de récidive est-il lié à un facteur transitoire majeur ?
Answer
Un facteur transitoire majeur est associé à un faible risque de récidive de la maladie.
Question
Pourquoi le gaz du sang n'est-il pas recommandé pour le diagnostic d'EP ?
Answer
Le gaz du sang n'est pas recommandé pour le diagnostic d'EP car il manque de spécificité (les résultats peuvent être normaux) et peut être dangereux, notamment en cas de thrombolyse. Il est utile seulement en cas de détresse respiratoire aiguë pour évaluer l'hypoxémie et l'hypoperfusion.
Question
Pourquoi le diagnostic de MTEV est-il difficile ?
Answer
Le diagnostic de MTEV est difficile car les signes cliniques sont inconstants et non spécifiques, rendant l'absence de score dédié à cette première étape et nécessitant de se baser sur un faisceau d'arguments pour le suspecter.
Question
Comment les artères pulmonaires transportent-elles le sang ?
Answer
Les artères pulmonaires, issues du ventricule droit, transportent le sang désoxygéné. Elles suivent l'arbre bronchique, divisant leurs branches de manière analogue aux bronches, formant ainsi le pédicule bronchovasculaire.

Maladie Thrombo-Embolique Veineuse (MTEV)

La maladie thrombo-embolique veineuse (MTEV) est une entité clinique grave et fréquente qui se manifeste sous deux formes principales : la Thrombose Veineuse Profonde (TVP) et l'Embolie Pulmonaire (EP). Ces deux conditions représentent des facettes d'un même processus pathologique, les thrombi se formant généralement dans le système veineux profond et pouvant migrer ensuite vers la circulation pulmonaire.

I. Épidémiologie

I.A. Définitions

* La MTEV englobe les thromboses veineuses profondes (TVP) et/ou l'embolie pulmonaire (EP). * La TVP se caractérise par la présence de thrombi (caillots de sang) dans les veines profondes, majoritairement des membres inférieurs, mais aussi du pelvis, et plus rarement des membres supérieurs ( des cas). * TVP proximale : Implique les veines poplitées, fémorales et/ou iliaques. * TVP distale : Concerne les thromboses sous-poplitées (veines tibiales et péronières). * L'EP symptomatique est définie par la présence de thrombi dans les artères pulmonaires.

I.B. Incidence

La MTEV est une maladie fréquente avec une incidence annuelle de 1 à 2 cas pour 1000 habitants. Elle est grave, avec une mortalité à 3 mois estimée entre et . * Environ des cas sont des TVP isolées et des EP. * L'incidence de la MTEV est croissante avec l'âge, passant de avant 40 ans à après 75 ans. * En France, on compte environ 35 000 hospitalisations par an pour EP, avec une mortalité hospitalière globale de . * Deux présentations cliniques d'EP distinctes : * EP à haut risque de décès : Rare ( des cas), définie par un état de choc, avec une mortalité de à . * EP hémodynamiquement stables : Représentent des cas, avec une présentation clinique très polymorphe. La difficulté réside dans l'évocation diagnostique et le respect de l'algorithme.

I.C. Rappels Anatomiques de la TVP

* Les veines profondes sont situées sous le fascia profond, au sein des compartiments musculaires, souvent en accompagnement des artères principales. * Les veines superficielles sont juste sous la peau, au-dessus de l'aponévrose musculaire (fascia), et ne sont pas entourées de muscles profonds.

I.D. Rappels Anatomiques de l'EP

* Les artères pulmonaires proviennent du ventricule droit, transportent le sang désoxygéné et suivent étroitement l'arbre bronchique. Leur division correspond à celle des bronches (artère lobaire/bronche lobaire, artère segmentaire/bronche segmentaire), formant le pédicule bronchovasculaire. * Les veines pulmonaires ramènent le sang oxygéné vers l'oreillette gauche et ne suivent pas l'arbre bronchique ; leur trajet est intersegmentaire.

I.E. Facteurs de Risque

La MTEV est une maladie multifactorielle, impliquant des facteurs cliniques (acquis) et/ou biologiques (héréditaires). Dans des cas, aucun facteur n'est identifié. Il est important de noter que le tabac et les dyslipidémies ne sont pas des facteurs de risque de MTEV. Ces facteurs modulent la décision et la durée du traitement.
Traitement court Traitement long
MODULATEURS DÉCISIFS Facteurs de risque majeurs transitoires¹ Facteurs de risque persistants
Exemples Chirurgie avec anesthésie générale (AG) > 30 min dans les 3 derniers mois (DM)
Fracture d'un membre inférieur (MI) dans les 3 DM
Immobilisation >3 jours pour motif médical aigu dans les 3 DM
Contraception œstro-progestative, grossesse, post-partum, traitement hormonal de la ménopause dans les 3 DM
Cancer actif
Thrombophilie majeure (déficit en anti-thrombine, syndrome des anti-phospholipides)
Facteurs de risque mineurs² Thrombophilie non majeure
Exemples Traumatisme d'un MI non plâtré avec mobilité réduite ≥ 3 jours dans les 2 DM
Chirurgie avec AG < 30 min dans les 2 DM
Immobilisation < 3 jours pour motif médical aigu dans les 2 DM
Voyage > 6h
Maladie inflammatoire chronique intestinale ou articulaire
Déficit en protéine C, protéine S, mutation Leiden du facteur V (hétérozygote ou homozygote), mutation du gène de la prothrombine (hétérozygote ou homozygote).

¹ Les facteurs de risque de récidive sont dits majeurs s'ils ont un impact significatif sur la décision d'arrêter ou de prolonger le traitement anticoagulant. L'âge > 65 ans, l'obésité et le syndrome néphrotique sont d'autres facteurs reconnus, mais ne modulent pas la durée du traitement.

II. Physiopathologie & Conséquences

II.A. Physiopathologie

La physiopathologie de la MTEV repose historiquement sur la Triade de Virchow: 1. Stase veineuse : Ralentissement du flux sanguin, favorisant le contact prolongé des facteurs de coagulation. 2. Lésions endothéliales : Altération de la paroi des vaisseaux, exposant le sous-endothélium thrombogène. 3. Coagulopathie : Hypercoagulabilité du sang, qu'elle soit acquise ou héréditaire. La majorité des thrombi (fibrino-cruoriques) proviennent des membres inférieurs et du pelvis. Les thrombophilies héréditaires, retrouvées chez des patients, comprennent : * Des défauts d'anticoagulation : déficit en protéine C, S ou antithrombine. * Un excès de protéines coagulantes : mutation Leiden du facteur V et mutation G20210A du gène de la prothrombine. Les indications de recherche de thrombophilie constitutionnelle sont abordées au chapitre X.

II.B. Conséquences de l'Embolie Pulmonaire

L'obstruction des artères pulmonaires par un thrombus entraîne une cascade d'événements hémodynamiques et respiratoires : 1. Augmentation de la Pression Artérielle Pulmonaire (PAP) : Et donc de la post-charge du ventricule droit (VD). 2. Dilatation du VD : Le VD tente de compenser, entraînant une augmentation de son travail et de sa consommation en oxygène. 3. Ischémie du VD : Par compression des vaisseaux coronaires sous-épicardiques, ce qui altère sa contractilité. 4. Compression du ventricule gauche (VG) : Par le VD dilaté, réduisant la précharge du VG et de ce fait le débit cardiaque et la tension artérielle, pouvant mener à un état de choc. 5. La tolérance hémodynamique dépend de l'importance de l'obstruction anatomique (taille du caillot, seuil d'environ chez le sujet sain) et de l'état cardiovasculaire préexistant du patient. Sur le plan de la fonction respiratoire : * Effet espace mort initial : Des territoires sont ventilés mais non perfusés. * Effet shunt : Redistribution du débit de perfusion vers des territoires normalement ventilés. L'hypoxémie est principalement expliquée par cet effet shunt (zones où le rapport ventilation/perfusion est abaissé). * Shunt droit-gauche : Par réouverture du foramen ovale (si les pressions à droite sont supérieures à celles à gauche), aggravant l'hypoxémie. * Diminution régionale du temps de transit capillaire. * Diminution de la SpO2 secondaire à la réduction du débit cardiaque dans les EP graves.

III. Diagnostic de l'Embolie Pulmonaire (EP)

Le diagnostic d'EP est un processus en trois grandes étapes, qui doit être établi avec certitude et dans les 24 heures, en utilisant une combinaison de probabilité clinique et d'examens paracliniques. Aucun examen isolé ne permet de confirmer ou d'exclure le diagnostic.

III.A. Suspecter le Diagnostic d'EP : Faisceau d'Arguments

Il n'existe pas de score pour cette première étape qui repose sur un faisceau d'arguments cliniques et paracliniques initiaux.
Signes cliniques
* Signes fonctionnels (plaintes du patient) : * Douleur thoracique : Souvent pleurale, parfois percussive, pouvant s'accompagner d'expectorations hémoptoïques (rouges foncées, liées à l'infarctus pulmonaire). * Dyspnée isolée : Souvent brutale et inexpliquée ; l'auscultation pulmonaire est souvent normale. * État de choc : Avec ou sans signes d'insuffisance cardiaque droite. * Signes physiques (à l'examen clinique) : * Tachypnée : Constante. * Tachycardie : Moins constante. * Signes de TVP : Œdème douloureux, asymétrique d'un mollet. * Signes d'insuffisance cardiaque droite aiguë : Turgescence jugulaire, reflux hépato-jugulaire (RHJ), absence d'œdèmes des membres inférieurs (OMI) car l'installation est trop rapide. L'examen clinique peut être normal. * Présence de facteurs de risque (abordés en I.E).
Examens complémentaires de 1ère intention (non spécifiques)
* L'électrocardiogramme (ECG) : Souvent normal. Peut montrer une tachycardie sinusale ou des signes droits (onde S en D1 et onde Q en D3 = "S1Q3", bloc de branche droit (BBD), onde T négative de V1 à V3). Permet d'éliminer des diagnostics différentiels comme l'infarctus du myocarde ou la péricardite aiguë. * La radiographie thoracique : Souvent normale. Peut révéler une hyperclarté d'un champ pulmonaire, un infarctus pulmonaire (opacité alvéolaire périphérique, appuyée sur la plèvre), une grosse artère pulmonaire, un épanchement pleural, une ascension de coupole diaphragmatique, ou une atélectasie en bande. Permet d'éliminer des diagnostics différentiels comme la pneumonie, le pneumothorax ou la fracture de côte. * Exemple radiologique: hyperclarté sur un hémichamp, infarctus pulmonaire visible. * Les gaz du sang : Non recommandés en systématique car ni sensibles (parfois normaux) ni spécifiques (classiquement hypoxémie + hypocapnie), et potentiellement dangereux en cas de thrombolyse. Cependant, ils sont utiles en cas de détresse respiratoire aiguë pour évaluer l'hypoxémie (PaO2) et l'hypoxie (lactates, marqueurs d'hypoperfusion).

III.B. Probabilité Clinique (Hors Instabilité Hémodynamique)

Cette étape est cruciale car elle conditionne la valeur diagnostique des examens paracliniques. Il existe 3 classes de probabilité clinique : faible ( de prévalence d'EP), intermédiaire () et forte ().
Méthodes d'estimation
1. Score implicite/empirique (à connaître ++) * Signes cliniques évocateurs d'EP: +1 point * Un ou des facteurs de risque de MTEV: +1 point * Absence de diagnostic alternatif: +1 point * Interprétation: 1 point = probabilité faible ; 2 points = intermédiaire ; 3 points = forte. 2. Scores explicites validés : Wells et Genève (ne pas être capable de les calculer est acceptable si le tableau est connu)
Score de WELLS Score
Antécédents personnels d'EP ou TVP + 1,5
Chirurgie ou immobilisation <4 semaines + 1,5
Cancer actif + 1
Hémoptysie + 1
FC > 100/min + 1,5
Signes de TVP + 3
Diagnostic alternatif moins probable que celui d'EP + 3
Probabilité clinique : Faible (0-1), Intermédiaire (2-6), Forte ()

Score modifié simplifié de GENEVE Score
> 65 ans + 1
Antécédent personnel d'EP ou TVP + 1
Chirurgie ou immobilisation + 1
Cancer actif + 1
Hémoptysie + 1
Douleur spontanée mollet + 1
FC 75-94 /min + 1
FC /min + 2
Signes de TVP (œdème, douleur provoquée) + 1
Probabilité clinique : Faible (0-1), Intermédiaire (2-4), Forte ()

III.C. Examens Paracliniques

Ils sont prescrits selon la probabilité clinique.
1. D-dimères
* Principe : Produits de dégradation de la fibrine. Les tests les plus utilisés sont Vidas®DD (ELISA) et Liatest® (latex quantitatif). * Seuils : * ans : concentration plasmatique µg/L. * ans : < (âge x 10) µg/L (ex: 78 ans, seuil 780 µg/L). L'adaptation à l'âge est cruciale. * Sensibilité : Très élevée (). Un test négatif exclut le diagnostic d'EP si la probabilité clinique (PC) n'est pas forte. * Spécificité : Non spécifique. Un test positif n'a pas de valeur diagnostique car les D-dimères sont élevés dans de nombreuses situations (cancer, infections, grossesse, etc.). Ils sont moins interprétables chez les patients sous anticoagulants curatifs. * En pratique : Ne pas doser les D-dimères si la PC est forte (risque de faux négatifs).
2. Angioscanner spiralé thoracique
* Critère diagnostique : Lacunes/défects endovasculaires ou absence d'opacification d'une section artérielle pulmonaire sur une artère segmentaire ou plus proximale. * Avantages : Très spécifique (confirme le diagnostic quelle que soit la PC), assez sensible (un résultat négatif exclut l'EP sauf PC forte). * Inconvénients : Irradiant et nécessite l'injection de produit de contraste iodé. * Contre-indications : Allergie aux produits de contraste iodés, insuffisance rénale sévère, et potentiellement la grossesse (bien que des scanners low-dose soient possibles). * Un angioscanner non concluant jusqu'au niveau sous-segmentaire peut nécessiter des examens de 2ème intention (scintigraphie ou écho-Doppler).
3. Scintigraphie pulmonaire de ventilation/perfusion (V/Q)
* Principe : Injection d'albumine marquée au technétium 99m () et inhalation de gaz radioactif (krypton 81m ou ). On recherche un "mismatch" : zones ventilées mais non perfusées. * Indications : Contre-indication ou difficulté à réaliser un angioTDM rapide, ou en cas de forte suspicion clinique avec un angioscanner normal. * Interprétation : * Normale : Pas de défect en perfusion = EP exclue quelle que soit la PC (sensibilité , mais spécificité moindre). * Haute probabilité : défects segmentaires de perfusion sans défect ventilatoire en regard ("mismatch"). Confirme l'EP si PC forte ou intermédiaire. Non conclusive si PC faible. * Probabilité PIOPED non haute : Non conclusive. * La Tomoscintigraphie (SPECT) 3D offre une meilleure caractérisation des défects. Elle est négative si pas de défect en perfusion (EP exclue) et positive si 1 défect segmentaire ou 2 sous-segmentaires sans défect ventilatoire dans les mêmes territoires (confirme l'EP).
4. Écho-Doppler veineux des membres inférieurs
* Critère diagnostique de TVP : Absence de compressibilité d'une veine profonde. Normalement, les veines sont compressibles à la sonde. * Spécificité : Très spécifique pour les veines proximales. En cas de suspicion d'EP (quelle que soit la PC), la présence d'une TVP proximale () confirme le diagnostic d'EP, rendant une imagerie pulmonaire complémentaire inutile. Moins spécifique pour les veines distales. * Sensibilité : Non sensible. Un écho-Doppler veineux normal n'exclut pas le diagnostic d'EP.

III.D. Terrains Particuliers

1. La grossesse
* Le score de Genève doit être utilisé. * La sensibilité des D-dimères est inchangée et doit être réalisée si PC non forte (si positifs ou PC forte, réaliser un écho-Doppler veineux). * Si l'écho-Doppler est négatif, privilégier une scintigraphie de perfusion (si disponible) ou un angioscanner thoracique. * L'irradiation fœtale au TDM est très inférieure au seuil fœto-toxique, mais une surveillance des hormones thyroïdiennes néonatales est recommandée. * Le traitement repose sur les HBPM tout au long de la grossesse.
2. Les sujets âgés
* La sensibilité des D-dimères est inchangée à condition d'utiliser le seuil adapté à l'âge ( après 50 ans). Ils doivent être dosés en cas de PC non forte.
3. EP à haut risque de décès (état de choc)
* L'Échographie Cardiaque Transthoracique (ETT) est réalisée en 1ère intention pour les suspicions d'EP grave (état de choc) si le scanner n'est pas accessible ou si le patient est intransportable. Elle permet d'éliminer des diagnostics alternatifs (tamponnade, dissection aortique, infarctus du VD) et confirme l'EP s'il y a des signes directs (thrombus dans les cavités cardiaques droites ou tronc de l'AP, rare) ou indirects (dilatation du VD, septum paradoxal) chez un patient suspect d'EP grave et non transportable. * L'Angioscanner thoracique est réalisé uniquement s'il est immédiatement disponible et que le patient est stabilisé. * En cas d'impossibilité de réaliser l'angioscanner chez un patient avec EP grave non transportable et sans autre diagnostic, le traitement doit être initié (anticoagulation et thrombolyse).

III.BIS. Diagnostic de TVP

Les principes diagnostiques sont similaires à ceux de l'EP : 1. Estimation de la probabilité clinique. 2. Dosage des D-dimères. 3. Échographie veineuse des membres inférieurs.
Score de probabilité clinique de TVP (Score de Wells pour TVP) Score
Cancer actif (dernier traitement mois, ou palliatif) + 1
Paralysie, parésie ou plâtre d'un membre inférieur + 1
Alitement de plus de 3 jours ou chirurgie majeure de moins de 4 semaines + 1
Douleur sur un trajet veineux + 1
Œdème de tout le membre inférieur + 1
Circonférence du mollet atteint >3 cm par rapport au mollet controlatéral (mesuré 10 cm sous la tubérosité tibiale antérieure) + 1
Œdème prenant le godet du côté symptomatique + 1
Circulation veineuse collatérale superficielle (veines non variqueuses) + 1
Diagnostic alternatif au moins aussi probable que le diagnostic de TVP -2
Interprétation : Score probable faible, Score probable

IV. Pronostic

Les complications de la MTEV sont : 1. Le décès (pour l'EP). 2. La récidive thrombo-embolique veineuse. 3. Des séquelles permanentes.

1. Risque de décès

L'évaluation du risque de décès repose sur des paramètres cliniques et paracliniques: * Cliniques : * Pression artérielle : État de choc (PAS < 90 mmHg ou chute de PAS > 40 mmHg pendant min, +/- marbrures) = EP grave. * Index de sévérité de l'EP simplifié (sPESI) : Classe les patients en 2 catégories de risque de décès à 30 jours.
Score sPESI Mortalité à 30 jours
0 point
point

Items sPESI (Retenez : 80, 90, 100, 110, CCP) Score
Âge > 80 ans + 1
Saturation en oxygène <90% + 1
Pression artérielle systolique < 100 mmHg + 1
Fréquence cardiaque > 110 /min + 1
Cancer + 1
Insuffisance cardiaque ou respiratoire chronique + 1

* Paracliniques : * Dysfonction ventriculaire droite (VD) : Rapport VD/VG > 0,9, hypokinésie du VD. * Élévation des biomarqueurs : Troponine I ou T, NT-proBNP ou BNP. * 4 stades de sévérité de mortalité/décès : * Risque faible de mortalité : si sPESI=0 (mortalité ). * Risque intermédiaire de mortalité : si sPESI (mortalité à ). * Intermédiaire-faible : dysfonction VD ou élévation biomarqueurs, ou aucun des deux. * Intermédiaire-élevé : dysfonction VD ET élévation des biomarqueurs. * Risque élevé de mortalité : si état de choc (mortalité ) = EP grave.

2. Risque de récidive de MTEV à l'arrêt du traitement anticoagulant

Ce risque est lié aux caractéristiques des facteurs de risque: * Si facteur transitoire majeur : risque faible de récidive. * Si facteur persistant majeur : risque élevé de récidive. * Si aucun facteur majeur (MTEV non provoquée) : risque élevé de récidive. * Les facteurs mineurs (notamment une thrombophilie non majeure) influencent peu, voire pas du tout, le risque de récidive. La récidive est fréquente à l'arrêt du traitement ( à 1 an).

3. Risque de séquelles

* Syndrome post-thrombotique (SPT) après TVP ( des patients) : Douleurs chroniques, varices, varicosités, œdème, dermite ocre et ulcères variqueux. * Hypertension Pulmonaire Thrombo-Embolique Chronique (HTP-TEC) après EP (rare, à ) : Doit être évoquée devant une dyspnée persistante à distance (plus de 3 mois) d'une EP traitée. * Le diagnostic repose sur une ETT (estimant la PAPs et recherchant des signes indirects de dysfonction VD), une scintigraphie V/Q (défects perfusionnels), puis une confirmation par cathétérisme cardiaque droit.

V. Traitement Curatif Initial de la MTEV : Les Outils

Le traitement repose sur une anticoagulation à dose curative, initiée dès que le diagnostic est suspecté, sans attendre les examens complémentaires. L'EP et la TVP proximale sont des urgences thérapeutiques. L'anticoagulation est efficace mais expose à un risque hémorragique.
Considérations générales
* Les contre-indications à l'anticoagulation sont principalement relatives, et le rapport risque-bénéfice doit être évalué individuellement. * Contre-indications formelles : Hémorragie intracrânienne spontanée, hémorragie active non facilement contrôlable. * Contre-indications relatives : Coagulopathie sévère (plaquettes , hémophilie, TP ), chirurgie récente (selon type). * La Thrombopénie Induite par l'Héparine (TIH) ne contre-indique pas l'hirudine, les AVK ou le danaparoïde sodique. * Le bilan biologique indispensable avant traitement comprend : plaquettes, TP, TCA, NFS, créatinine sanguine, transaminases et bilan pré-transfusionnel, notamment pour les patients à risque hémorragique.

V.A. Anticoagulation

1. Anticoagulants Oraux Directs (AOD)
* Les AOD sont le traitement de 1ère intention. * Seuls le Rivaroxaban et l'Apixaban (inhibiteurs directs du facteur X activé, ) ont l'AMM et le remboursement en France. * Propriétés : Administration orale, à dose fixe, sans contrôle biologique. Action rapide permettant une utilisation d'emblée sans pré-traitement par héparine. Demi-vie courte. Au moins aussi efficaces et plus sûrs que les AVK, avec moins de risque d'hémorragie. * Contre-indications : * Insuffisance rénale sévère (clairance ml/min pour rivaroxaban et ml/min pour apixaban). * Instabilité hémodynamique, grossesse, allaitement. * Interactions médicamenteuses majeures impliquant le cytochrome 3A4 ou la P-glycoprotéine (rifampicine, phénobarbital, quinine, azolés, antiprotéases VIH, anti-tyrosines kinases, macrolides [sauf azithromycine]).
2. Héparines avec relais précoce par AVK
Les héparines sont des anticoagulants d'action rapide (pic à 1 heure après injection). Trois traitements avec une efficacité équivalente : HBPM, fondaparinux et HNF.
a. Héparines de Bas Poids Moléculaires (HBPM) et Fondaparinux
* Préférence : Préférés aux HNF. * Administration : Dose adaptée au poids, sous-cutanée. * Avantages : Pas de surveillance biologique nécessaire (pas de TCA, anti-Xa, ni plaquettes), risque diminué de TIH. * Inconvénients : Biodisponibilité sous-cutanée aléatoire en cas de choc. Contre-indiqués en cas d'insuffisance rénale sévère (clairance ml/min Cockcroft). Pas d'antidote efficace (le sulfate de protamine est moins efficace qu'avec l'HNF).
b. Héparine Non Fractionnée (HNF)
* Administration : IVSE (héparine sodique) ou sous-cutanée (héparine calcique). * Adaptation de la dose : Selon anti-Xa (objectif à unités anti-facteur Xa ml) ou TCA (objectif entre et ). * Surveillance : Plaquettes 2 fois/semaine (risque de TIH). * Indications : Insuffisants rénaux sévères et EP avec état de choc. * Antidote : Sulfate de protamine en IV, actif immédiatement.
c. Relais Antivitamine K (AVK) précoce
* Référence : Warfarine (recommandé en 1ère intention par rapport à la fluindione qui entraîne plus de réactions immuno-allergiques). * Délai : Débuté en même temps que le traitement injectable si MTEV non grave. * Surveillance : L'effet anticoagulant est mesuré par l'INR (cible entre et ). * Arrêt du traitement injectable : L'effet des AVK est progressif. Le traitement injectable n'est arrêté que si : * Minimum 5 jours de chevauchement entre AVK et traitement injectable. * ET INR entre et à 24 h d'intervalle. * Inconvénients des AVK : Nécessité de dosages fréquents de l'INR, interactions médicamenteuses (CYP), fenêtre thérapeutique étroite (efficacité si INR entre et ).
Facteurs majeurs de risque hémorragique sous antivitamine K : Âge > 75 ans, antécédent d'hémorragie digestive, accident vasculaire cérébral, alcoolisme chronique, diabète, prise concomitante d'antiagrégants, insuffisance rénale, AVK mal équilibré, polymorphismes sur le cytochrome P450.

V.B. Autres Mesures Thérapeutiques

1. Filtre Cave Inférieur
* Indications (3 situations) : 1. TVP proximale ( mois) EP ET contre-indication formelle aux anticoagulants. 2. Au cas par cas, EP récente ( mois) sans TVP ET contre-indication formelle aux anticoagulants. 3. Récidive d'EP prouvée sous traitement anticoagulant bien conduit. * Peut se retirer sans délai.
2. Thrombolyse (Fibrinolyse)
* Action : Permet une désobstruction vasculaire pulmonaire plus rapide. * Indication : En 1ère intention dans l'EP à haut risque. En 2ème intention dans l'EP à risque intermédiaire élevé si aggravation. * Risque majeur : Hémorragie grave, notamment intracrâniennes (). * Contre-indications : Sont relatives, sauf une hémorragie intracérébrale.
3. Embolectomie (chirurgicale ou percutanée)
* Technique : Chirurgicale sous circulation extracorporelle ou par voie percutanée. * Indication : Technique d'exception réservée aux centres experts. Indiquée dans l'EP à haut risque en cas d'échec de la thrombolyse ou de contre-indication absolue à celle-ci.
4. Contention élastique
* Indications : Bas de contention classe 3. Indiquée uniquement si TVP isolée ou EP avec TVP, pendant 6 mois minimum. Proposée en cas de thrombose veineuse superficielle. * Contre-indications : Artériopathie Oblitérente des Membres Inférieurs (AOMI) associée (sévère, avec IPS < 0,6).
5. Lever précoce
* Recommandé 1 heure après l'initiation de l'anticoagulation (héparine ou AOD) si l'état clinique le permet (EP à risque faible ou intermédiaire-faible). * L'alitement est de rigueur en cas de choc ou d'hypoxie.
6. Contraception
* La contraception œstro-progestative est contre-indiquée chez les femmes ayant eu une MTEV, en cas de thrombophilie génétique ou acquise (SAPL), ou si un apparenté au 1er degré a eu une MTEV non provoquée avant 50 ans. * En cas de MTEV chez une femme sous contraception œstro-progestative (OP) : arrêter l'OP sans urgence et relayer vers une contraception non thrombogène (micro-progestatif oral, implant progestatif, stérilet progestatif ou stérilet au cuivre).
7. Information et éducation thérapeutique
Indispensables pour le patient et son entourage: * Signes de récidive de MTEV. * Signes hémorragiques sous anticoagulants. * Importance de l'observance. * Interactions médicamenteuses. * Contre-indication à l'automédication (aspirine, AINS). * Remise d'une carte précisant le traitement anticoagulant. * Information du médecin traitant et autres professionnels de santé. * Si AVK : surveillance de l'INR (cible, périodicité, carnet de surveillance). Pas de régime alimentaire particulier avec les AVK.

VI. Stratégie Thérapeutique de l'EP Guidée par l'Évaluation Pronostique

L'évaluation pronostique, notamment le score sPESI, guide la stratégie thérapeutique.

1. EP à haut risque de mortalité (EP grave avec état de choc)

* Urgence thérapeutique : Hospitalisation en réanimation. * Anticoagulation curative : HNF IVSE en 1ère intention (car arrêtable immédiatement, contrairement aux HBPM). * Thrombolyse : D'emblée. * Embolectomie : En cas d'échec ou de contre-indication à la thrombolyse. * Symptomatiques : Oxygénothérapie, ventilation mécanique si besoin. Repos strict au lit.

2. EP à risque intermédiaire de mortalité

a. EP à risque intermédiaire-faible (sPESI , sans dysfonction VD ni biomarqueurs élevés)
* Hospitalisation en médecine. * Anticoagulation curative : AOD (1ère intention) ou HBPM/fondaparinux + AVK. * Lever précoce 1 heure après l'initiation du traitement anticoagulant. * Information-éducation thérapeutique.
b. EP à risque intermédiaire-élevé (sPESI , avec dysfonction VD ET biomarqueurs élevés)
* Urgence thérapeutique : Hospitalisation en soins intensifs. * Anticoagulation curative : HBPM sous-cutanée (1ère intention) ou HNF IVSE (si HBPM CI) pendant les 48-72 premières heures sans relais précoce par AVK. Pas d'AOD d'emblée. * Relais : AVK ou AOD à 48-72 heures après amélioration clinique. * Thrombolyse : En 2ème intention si évolution vers un état de choc. * Mesures symptomatiques : Oxygénothérapie. Repos au lit.

3. EP à faible risque de mortalité (sPESI=0)

* Hospitalisation courte ( heures). * Anticoagulation curative : AOD en 1ère intention (ou HBPM/fondaparinux + AVK). * Lever précoce 1 heure après l'initiation de l'anticoagulant. * Avant la sortie précoce, s'assurer de : la confirmation diagnostique, les modalités d'anticoagulation, l'évaluation des risques de complications et des facteurs psychosociaux, l'organisation de la surveillance, et une consultation précoce de suivi.

VII. Stratégie Thérapeutique de la TVP (& TVS)

1. Thrombose Veineuse Profonde

* La majorité des patients atteints de TVP sont traités en ambulatoire. * Hospitalisation indiquée si : * TVP sous anticoagulant. * Insuffisance rénale sévère ( ml/min). * Comorbidités (cancer, maladie cardio-respiratoire sévère, > 75 ans). * TVP sévère (phlegmatia cerulea ou phlébite bleue), bilatérale. * Hémorragie active ou risque hémorragique majeur. * Contexte médico-social défavorable.

2. Thrombose Veineuse Superficielle (TVS)

* L'échodoppler veineux est indispensable pour rechercher une TVP associée (présente dans des cas). * Si TVS isolée cm de longueur et située cm de la jonction saphéno-fémorale, le traitement médical repose sur le fondaparinux à dose préventive pendant 45 jours.

VIII. Durée du Traitement MTEV

La durée minimale est de 3 mois, identique pour une TVP proximale ou une EP. Le choix se fait entre un traitement court ou non limité. * Traitement court (3 à 6 mois) : * 1ère EP ou TVP proximale provoquée par un facteur majeur transitoire. * MTEV non provoquée chez une femme de ans. * Si risque hémorragique élevé. * Traitement non limité (pas de prévision d'arrêt) : * EP ou TVP proximale non provoquée récidivante. * EP ou TVP proximale avec facteur persistant majeur. * 1ère EP à haut risque de décès non provoquée. * Si risque hémorragique faible ou modéré. * Durée incertaine (6 mois minimum ou non limitée) : * 1ère EP à risque faible ou intermédiaire de décès. * TVP proximale isolée, non provoquée avec ou sans facteur mineur.

IX. Cas Particulier Néoplasie

* Sur les 3 à 6 premiers mois du traitement d'une MTEV associée à un cancer, les HBPM ou l'apixaban sont recommandés en 1ère intention. Le rivaroxaban est suggéré en 2ème intention (sauf cancer digestif ou uro-génital). Les AVK restent une option en cas de contre-indications aux HBPM ou AOD (insuffisance rénale sévère). * Le traitement anticoagulant (par HBPM, AOD ou AVK) est poursuivi tant que le cancer est actif ou traité (chimiothérapie, hormonothérapie). * En cas de thrombopénie induite par chimiothérapie (plaquettes ), le traitement par HBPM est stoppé et repris quand la numération plaquettaire est .

X. Bilan Étiologique

1. Recherche de cancer occulte

* Indication : MTEV non provoquée. * Méthodes : Examen clinique complet (touchers pelviens), interrogatoire, NFS, plaquettes, radiographie thoracique (si pas d'angioscanner). Dépistages recommandés (sein, colon, prostate). Autres examens paracliniques sur point d'appel clinique.

2. Bilan de thrombophilie

* Indications : * MTEV non provoquée < 50 ans et antécédents familiaux de MTEV au 1er degré. * MTEV récidivante dont un épisode < 50 ans. * TVP de sites atypiques (splanchnique, membre supérieur, cérébral). * Dosages : Réalisés à distance de l'épisode aigu (1 mois après). * Protéine C, S (sans AVK). * Antithrombine (sans héparines ou AOD). * Mutation Leiden du facteur V et mutation G20210A du gène de la prothrombine. * Anticoagulant lupique (sans anticoagulation), Ac anticardiolipine et anti--glycoprotéine I : répétés à M3 pour confirmer un syndrome des antiphospholipides. * Un consentement écrit est nécessaire pour le dépistage de thrombophilies héréditaires. * Utilité : * Syndrome des antiphospholipides : Traitement par AVK à durée illimitée. * Déficit en antithrombine : Anticoagulation à durée illimitée et dépistage familial. * Déficit en protéine C, S, mutations Leiden et prothrombine : Utilité modérée pour la durée de traitement et le dépistage familial.

XI. Traitement Prophylactique

En milieu médical

* Indications : 1. IDM, AVC ischémique, insuffisance cardiaque ou respiratoire aiguë. 2. Affection rhumatologique, ou maladie inflammatoire intestinale, ou infection AVEC facteur de risque additionnel (âge > 75 ans, cancer, ATCD MTEV, obésité, varices, œstroprogestatif, insuffisance respiratoire ou cardiaque chronique).

En post-opératoire

Risque faible Risque modéré Risque élevé
- Chirurgie générale ou mineure + âge < 40 ans sans facteur de risque Chirurgie générale + âge > 40 ans sans facteur de risque - Chirurgie de hanche ou du genou
- Chirurgie carcinologique
- Anomalie de coagulation
- Âge > 40 ans + antécédent de MTEV
Pas de prévention HNF, HBPM ou Fondaparinux à dose préventive HNF, HBPM, Fondaparinux à dose préventive, ou AOD à dose préventive

XII. Take Home Message

* La MTEV (TVP + EP) est fréquente et des cas sont graves. * L'EP à haut risque est une urgence vitale nécessitant thrombolyse ou embolectomie. * Le diagnostic est raisonné : Évaluation clinique de la probabilité, puis examens paracliniques et traitement. * L'anticoagulation doit être précoce, sa durée variant selon les facteurs (transitoires : 3-6 mois ; persistants : prolongée). * La prévention et le suivi sont essentiels : thromboprophylaxie, éviction des œstro-progestatifs, surveillance des récidives et de l'HTAP.

XIII. Quiz

Question 1 : Vous recevez aux urgences une femme de 64 ans, pour dyspnée et douleur thoracique. Vous évoquez une embolie pulmonaire avec une probabilité clinique intermédiaire. La pression artérielle est normale. Quel examen à visée diagnostique demandez-vous en première intention pour éliminer le diagnostic d'embolie pulmonaire ? A. une radiographie thoracique B. des D-dimères C. un écho-doppler veineux des membres inférieurs D. un angioscanner thoracique E. une scintigraphie pulmonaire de ventilation-perfusion Réponse : B. En cas de probabilité clinique intermédiaire, le dosage des D-dimères est l'examen de 1ère intention pour un processus d'élimination. Leur négativité permet d'exclure l'EP. Question 2 : Une patiente de 55 ans consulte pour dyspnée. Elle revient récemment d'un voyage aux Antilles. Elle vous rapporte l'émission de quelques crachats de sang noir trois jours plus tôt. À l'examen clinique vous avez noté quelques crépitants en base droite et une saturation à en air ambiant, elle présente des crachats hémoptoïques. Il n'y a pas de signe clinique de thrombose veineuse profonde. Elle vous fournit le scanner réalisé en ville dont sont extraites les coupes les plus représentatives (image non fournie). Quel est votre diagnostic ? A. Pneumonie aiguë communautaire B. Tuberculose C. Dilatations de bronches D. Embolie pulmonaire E. Cancer bronchique Réponse : D. La dyspnée, l'hémoptysie (sang noir), la désaturation et le contexte de voyage récent (facteur de risque) sont très évocateurs d'une embolie pulmonaire. Question 3 : En cas d'embolie pulmonaire associée à des signes de choc, quelle(s) proposition(s) est/sont exacte(s) ? A. La mortalité est de l'ordre de B. Une thrombolyse doit être réalisée en urgence en l'absence de contre-indication C. Une embolectomie percutanée ou chirurgicale est proposée en cas d'échec ou de contre-indication à la thrombolyse D. L'anticoagulation est impérativement une héparine non fractionnée E. Le risque d'hypercapnie est majeur et l'oxygénothérapie est adaptée pour obtenir une SpO2 entre et Réponse : B, C, D. A. Faux. La mortalité d'une EP avec signes de choc est . B. Vrai. La thrombolyse est le traitement de 1ère intention dans l'EP à haut risque. C. Vrai. L'embolectomie est indiquée en cas d'échec ou de contre-indication à la thrombolyse. D. Vrai. L'HNF est préférée dans l'EP grave avec choc car elle est rapidement réversible. E. Faux. Le risque d'hypocapnie est fréquent, l'objectif de SpO2 est généralement plus élevé (>92% voire >95%), et la BPCO est une exception pour la cible SpO2. Question 4 : En cas d'EP de risque intermédiaire élevé survenant chez une jeune femme de 24 ans sans antécédent, en post-partum, n'allaitant pas, quelle(s) proposition(s) est/sont exacte(s) ? A. La patiente doit être hospitalisée en unité de soins intensifs B. Une thrombolyse doit être réalisée en urgence C. Les héparines de bas poids moléculaires sont le traitement de première intention D. Un relais précoce par antivitamine K est recommandé E. Le traitement anticoagulant court (3 à 6 mois) est indiqué. Réponse : A, C, E. A. Vrai. Un risque intermédiaire élevé nécessite une hospitalisation en USI. B. Faux. La thrombolyse est en 2ème intention si évolution vers un état de choc. C. Vrai. Les HBPM sont le traitement de 1ère intention pour un risque intermédiaire-élevé, sans AOD d'emblée. D. Faux. Pas de relais précoce par AVK pour un risque intermédiaire élevé les 48-72h. E. Vrai. Le post-partum est un facteur transitoire majeur, indiquant un traitement de 3 à 6 mois. Question 5 : Un homme de 61 ans, sous traitement pour un cancer colique est admis aux urgences pour une dyspnée et une douleur bas-thoracique droite évoluant depuis 4 jours. A son arrivée : pouls 98/min, PA 110/72 mmHg, FR 25/min, SpO2 , T° , score de Glasgow 15/15. Quelle est votre première mesure thérapeutique ? Réponse : Oxygénothérapie (supplément en oxygène). Aparté du prof pour l'oxygénothérapie : La prudence avec l'oxygénothérapie à haut débit est réservée aux patients BPCO en hypercapnie chronique où une stimulation respiratoire est médiatisée par l'hypoxie. Un patient avec une SpO2 à doit recevoir de l'oxygène, même si c'est un BPCO, car le risque lié à l'hypoxémie aiguë l'emporte. Question 6 : La suite de la question 5 : Vous l'examinez : l'auscultation pulmonaire est normale, les bruits du cœur sont normaux en dehors de la tachycardie, il n'existe pas de marbrures mais un œdème asymétrique douloureux du mollet droit (dont il se plaint spontanément depuis 5 jours). La radiographie demandée en urgence est normale. Quelle est votre première hypothèse ? Réponse : Embolie pulmonaire. (Détresse respiratoire à poumon normal = embolie pulmonaire jusqu'à preuve du contraire). Question 7 : La suite de la question 6 : Quels sont parmi les examens suivants ceux que vous proposez pour explorer l'hypothèse d'embolie pulmonaire ? (3 réponses) A. dosage plasmatique des D-dimères B. NFS C. TP/TCA D. créatininémie E. transaminases F. gaz du sang artériel G. lactates H. échographie cardiaque au lit I. ECG J. dosage du BNP K. dosage de la Troponine plasmatique L. angioscanner pulmonaire M. scintigraphie pulmonaire de ventilation/perfusion N. un échodoppler veineux des membres inférieurs Réponse : L, N, (H, J, K ou C, D, E pour le bilan pré-thérapeutique). Commentaire : Le patient présente un score implicite de 3 (probabilité forte : signes cliniques évocateurs d'EP (dyspnée, douleur thoracique, désaturation) + un FdR (cancer colique, œdème mollet droit = TVP) + absence de diagnostic alternatif). Un examen diagnostique doit être proposé d'emblée, sans D-dimères (inutiles en PC forte). Soit directement un angioscanner (précédé d'une créatininémie), soit un écho-Doppler veineux des membres inférieurs compte tenu des signes cliniques de TVP (une TVP proximale diagnostiquée pose le diagnostic d'EP si celle-ci est suspectée). Pour l'évaluation pronostique, une échographie cardiaque au lit, BNP et Troponine sont pertinents. Les éléments C, D, E, B sont nécessaires pour le bilan pré-thérapeutique.

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