Ce document explore la dérivation et l'intégration des fonctions numériques réelles. Il introduit les concepts fondamentaux tels que les fonctions injectives, surjectives, bijectives, les polynômes, la parité, la périodicité, la monotonie, et les opérations sur les fonctions. Il aborde également les fonctions trigonométriques, leurs propriétés, formules et applications géométrie.
Ce cours explore les fonctions numériques de variable réelle (R dans R) sous l'angle de la dérivation et de l'intégration, en s'appuyant sur les connaissances acquises au lycée. Il vise à développer rapidement des techniques de calcul, en admettant certaines définitions et résultats qui seront approfondis ultérieurement.
Notations et Définitions Fondamentales
Application vs. Fonction
Notation a) (Application) : Pour tout x∈D, il existe un unique f(x)∈E.
Notation b) (Fonction) : Pour tout x∈D, on associe soit aucun élément de E, soit un unique élément f(x)∈E.
Remarque : En pratique, les termes « application » et « fonction » sont souvent utilisés de manière interchangeable, le contexte étant déterminant pour distinguer leur usage précis.
Fonctions Numériques
Lorsque D=E=R, on parle d'applications ou de fonctions numériques.
Domaine de Définition
Sous la notation b), le domaine de définition de f, noté Df, est l'ensemble des x∈D pour lesquels f(x) est calculable. C'est l'ensemble des entrées valides pour la fonction.
Exemple : Pour f(x)=x−42−x, avec D=E=R, Df=[2,4[.
Image et Antécédent
Soit f une application de D dans E (notation a)) :
Pour tout A⊂D, f(A)={f(x)/x∈A}.
Si y=f(x), y est l'image de x par f, et x est un antécédent de y par f.
Sous la notation a), tout x∈D a une image unique. Sous la notation b), un x∈Df a une image unique, tandis qu'un x∈D∖Df n'en a aucune. Un y∈E peut n'avoir aucun antécédent ou plusieurs.
Restriction et Corestriction
Soit f:D⟶E (notation a)) :
Restriction : Si D′⊂D, f∣D′ est l'application de D′ dans E qui à x associe f(x).
Corestriction : Si f(D)⊂E′, f∣D′E′ est l'application de D dans E′ qui à x associe f(x).
Représentation Graphique
La représentation graphique (ou graphe) de f, notée Cf, est l'ensemble des points (x,f(x)) du plan, où x décrit Df (notation b)) ou D (notation a)).
Dans un repère orthonormé (O,,), si f:R→R :
Cf={xf(x)amp;amp;/x∈Df}.
Propriétés des Fonctions
Surjectivité
Une application f:E⟶F (notation a)) est surjective si et seulement si tout élément de F possède au moins un antécédent dans E.
∀y∈F,∃x∈E,y=f(x).
Injectivité
Une application f:E⟶F (notation a)) est injective si et seulement si tout élément de F possède au plus un antécédent dans E. Autrement dit, des images égales impliquent des antécédents égaux.
∀x,y∈E,[f(x)=f(y)⟹x=y].
Bijectivité
Une application f:D⟶E (notation a)) est bijective si elle est à la fois injective et surjective. Cela signifie que tout élément de E possède un unique antécédent dans D.
Si f est bijective, elle admet une bijection réciproquef−1:E⟶D, telle que f∘f−1=IdE et f−1∘f=IdD.
Le graphe de f−1 est le symétrique du graphe de f par rapport à la droite d'équation y=x.
Composition de Fonctions
Si f:D⟶E et g:E⟶F sont deux applications (notation a)), leur composéeg∘f est une application de D dans F définie par (g∘f)(x)=g(f(x)).
La composition de fonctions est associative : h∘(g∘f)=(h∘g)∘f.
Exemple : Si f(x)=x1 et g(x)=x+1, alors (f∘g)(x)=x+11 et (g∘f)(x)=x1+1.
Polynômes
Un polynômeP (à coefficients réels) est une application de R dans R (notation a)) de la forme x⟼a0+a1x+⋯+anxn, où n∈N (degré) et ai∈R.
Une racineα de P vérifie P(α)=0. Si α est une racine, P(x)=(x−α)Q(x) pour un polynôme Q.
Un polynôme non nul de degré n a au plus n racines.
Parité, Imparité et Périodicité
Soit f:D⟶R une fonction numérique (notation b)) :
f est paire si ∀x∈Df,[−x∈Df]∧[f(x)=f(−x)]. Son graphe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées.
f est impaire si ∀x∈Df,[−x∈Df]∧[f(−x)=−f(x)]. Son graphe est symétrique par rapport à l'origine.
f est T-périodique (pour T>0) si ∀x∈Df,[x+T∈Df]∧f(x+T)=f(x). Son graphe est invariant par translation de vecteur T.
Exemples : x⟼e−x21 est paire ; x⟼sinx est impaire et 2π-périodique.
Monotonie
Soit f:D⟶R une fonction numérique :
f est croissante si ∀x,y∈D,[x≤y⟹f(x)≤f(y)].
f est strictement croissante si \forall x,y\in D, [x < y \Longrightarrow f(x) < f(y)].
f est décroissante si ∀x,y∈D,[x≤y⟹f(x)≥f(y)].
f est strictement décroissante si \forall x,y\in D, [x < y \Longrightarrow f(x) > f(y)].
f est monotone si elle est croissante ou décroissante.
f est strictement monotone si elle est strictement croissante ou strictement décroissante.
Fonctions Majorées, Minorées et Bornées
f:D⟶E est majorée si ∃M∈R tel que ∀x∈D,f(x)≤M.
f est minorée si ∃m∈R tel que ∀x∈D,f(x)≥m.
f est bornée si elle est à la fois majorée et minorée, ce qui équivaut à dire que ∣f∣ est majorée.
Opérations sur les Fonctions
Soit f,g:R⟶R (notation b)) et λ∈R :
Somme : (f+g)(x)=f(x)+g(x), Df+g=Df∩Dg.
Produit par un scalaire : (λf)(x)=λf(x), Dλf=Df.
Produit : (fg)(x)=f(x)×g(x), Dfg=Df∩Dg.
Valeur absolue : ∣f∣(x)=∣f(x)∣, D∣f∣=Df.
Des définitions similaires existent pour f−g, f1, gf.
Fonctions Trigonométriques
Fonction Exponentielle Complexe
La fonction exponentielle complexe est définie par :
∀z∈C,ez=n→+∞limk=0∑nk!zk.
Propriétés :
[ez]=e[z]
ez×ez′=ez+z′
Pour tout θ∈R, ∣eiθ∣=1 (le complexe eiθ est sur le cercle unité).
Définition de cos et sin
Pour tout θ∈R :
cos(θ)=Re(eiθ)etsin(θ)=Im(eiθ).
Formules d'Euler : Pour tout θ∈R :
cosθ=2eiθ+e−iθetsinθ=2ieiθ−e−iθ.
Propriétés :
La fonction cos est paire ; la fonction sin est impaire.
2π est la plus petite période de cos et sin.
sinθ=0⟺θ≡0[π]
cosθ=0⟺θ≡2π[π]
Fonctions Tangente et Cotangente
Définitions :
tanθ=cosθsinθetcotθ=sinθcosθ.
Dtan=R∖(2π+πZ).
Dcot=R∖πZ.
Ces fonctions sont π-périodiques et impaires.
Interprétation géométrique dans un triangle rectangle : SOH CAH TOA.
Formules Trigonométriques Clés
Formule circulaire : cos2θ+sin2θ=1.
Formules d'addition :
cos(a+b)=cosacosb−sinasinb
sin(a+b)=sinacosb+cosasinb
cos(a−b)=cosacosb+sinasinb
sin(a−b)=sinacosb−cosasinb
tan(a+b)=1−tanatanbtana+tanb
tan(a−b)=1+tanatanbtana−tanb
Formules de duplication :
cos(2a)=cos2a−sin2a=2cos2a−1=1−2sin2a
sin(2a)=2sinacosa
tan(2a)=1−tan2a2tana
Formules de linéarisation :
cos2a=2cos(2a)+1
sin2a=21−cos(2a)
Formules de factorisation (sommes en produits, p,q réels) :
cosp+cosq=2cos2p+qcos2p−q
cosp−cosq=−2sin2p+qsin2p−q
sinp+sinq=2sin2p+qcos2p−q
sinp−sinq=2sin2p−qcos2p+q
Formules de l'arc moitié (en posant u=tan(2θ)) :
cosθ=1+u21−u2
sinθ=1+u22u
tanθ=1−u22u
Valeurs Remarquables
θ
0
π/6
π/4
π/3
π/2
cosθ
1
23
22
21
0
sinθ
0
21
22
23
1
tanθ
0
33
1
3
non défini
Résolution de Systèmes Trigonométriques
Pour résoudre le système (cosx=c)∧(sinx=s) :
Si c2+s2=1, le système n'a pas de solution.
Si c2+s2=1, il existe un unique x0∈[0,2π[ tel que cosx0=c et sinx0=s. L'ensemble des solutions est alors x0+2πZ.
Exemple : cosx=22=−sinx⟺x∈−4π+2πZ.
Points Clés à Retenir
Distinguer application et fonction par leur domaine de définition est crucial.
Les propriétés comme la parité, l'imparité, la périodicité et la monotonie se traduisent graphiquement par des symétries.
Maîtrisez les formules trigonométriques clés (Euler, addition, duplication, linéarisation, arc moitié) et sachez les retrouver.
Comprenez l'interprétation géométrique des fonctions trigonométriques sur le cercle unité.
Le graphe d'une fonction et celui de sa réciproque sont symétriques par rapport à la droite y=x.