Cours complet d'urologie clinique
100 cardsCe cours couvre l'anatomie et la physiologie de l'appareil urinaire, les méthodes d'exploration clinique, la sémiologie, les principaux syndromes urologiques, ainsi que les pathologies urinaires acquises, génitales, infantiles, les traitements de la lithiase, infections, tumeurs, malformations congénitales, dialyse péritonéale et transplantation rénale.
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Introduction à l'Urologie : Anatomie, Pathologies et Explorations
L'urologie est la spécialité médicale et chirurgicale qui prend en charge les affections des reins, des voies excrétrices urinaires (uretères, vessie, urètre) et de l'appareil génital masculin. Cette synthèse aborde les rappels anatomiques et physiologiques, les méthodes d'exploration clinique, la terminologie sémiologique, les grands syndromes urologiques, ainsi que des pathologies urinaires acquises et spécifiques à l'homme et à la femme, et l'urologie infantile, incluant les techniques de dialyse et de transplantation rénale.
Chapitre I : Rappels Anatomiques et Physiologiques
L'appareil urinaire est composé de deux reins qui produisent l'urine, de deux uretères qui la drainent, d'une vessie qui l'accumule et d'un urètre qui l'évacue. Le rein est un organe rétropéritonéal, mobile, mesurant environ 13 cm chez l'homme et pesant 150g. À la coupe, on distingue une capsule fibreuse, un parenchyme avec une corticale jaunâtre périphérique et une médullaire rouge sombre contenant les pyramides de Malpighi. Les uretères mesurent 25 cm et ont un trajet oblique dans la paroi vésicale pour prévenir le reflux. La vessie comprend une partie inférieure fixe (trigone, méats urétéraux, orifice urétral) et une partie supérieure mobile (calotte vésicale). Sa musculature est constituée du détrusor et du sphincter interne.
L'urètre est différent chez l'homme et la femme : il est court (3 cm) chez la femme, favorisant les infections, et long (20 cm) chez l'homme, entourant la prostate dans sa partie haute. Le rein est très vascularisé, recevant 1200cc de sang par minute. L'urètre possède un péristaltisme qui transporte l'urine de haut en bas. Chez l'homme, les organes génitaux externes comprennent la verge (corps caverneux, corps spongieux, gland, méat urétral) et le scrotum contenant les testicules (de consistance ferme, coiffés par l'épididyme) et le cordon spermatique. Des anomalies peuvent inclure l'épispadias (méat sur la face supérieure) ou l'hypospadias (méat sur la face inférieure), des nodules des corps caverneux (maladie de Lapeyronie) ou le priapisme. Le périnée est une zone très sensible. Le toucher rectal est un examen urologique essentiel.
Chez la femme, la vessie est séparée du vagin par une mince cloison. Le méat urétral peut être mal implanté, favorisant les infections, et une cystocèle peut être visible lors de la poussée.
Chapitre II : Méthodes d’Exploration en Clinique
Le diagnostic en urologie repose sur l'interrogatoire, l'examen clinique et les examens paracliniques.
1. L'Interrogatoire
Il vise à recueillir les plaintes du patient, telles que :
- Des douleurs (lombaires, urétrales, scrotales, péniennes).
- Des troubles de la miction (dysurie, rétention complète ou incomplète).
- Des modifications qualitatives des urines (hématurie, pyurie, pneumaturie, fécalurie, chylurie).
- Des modifications de la diurèse (polyurie, oligurie, anurie).
- Des écoulements urétraux (sanglants, purulents).
- Des troubles génitaux de la libido.
- La stérilité (masculine ou féminine).
- La découverte d'une tuméfaction anormale.
2. L'Examen Clinique
Comprend :
- Inspection : morphologie du patient, examen des organes génitaux externes, observation de la miction (forme et quantité du jet, qualité des urines). L'odeur et l'aspect des urines (jaune claire, foncée, trouble) sont évalués. Un «faux trouble» disparaît au chauffage ou à l'acidification, contrairement à un «vrai trouble» (sang, pus).
- Palpation : abdomen, fosses lombaires (pour rechercher masses ou douleurs).
3. Examens Paracliniques
Essentiels pour le diagnostic :
- Cytobactériologie des urines : nécessite un prélèvement correct.
- Dosage de l'urée et de la créatinine.
- Urographie IntraVeineuse (UIV) : examen clé, mais attention aux intolérances à l'iode (contre-indication absolue en cas de maladie de Kahler).
- Échographie.
Chapitre III : Définition des Termes Sémiologiques
- Pollakiurie : augmentation de la fréquence des mictions (normale : 4-5/24h). Peut être causée par une diminution de la capacité vésicale, des états inflammatoires ou un résidu post-mictionnel.
- Dysurie : difficulté à uriner.
- Énurésie : miction inconsciente et involontaire la nuit (physiologique avant 2-3 ans, pathologique après 6-7 ans).
- Anurie : diurèse inférieure à 200 ml/24h (différencier prérénale, rénale, postrénale).
- Brûlures mictionnelles : sensation de gêne pendant la miction (cystite, prostatite).
- Miction par regorgement ou fausse incontinence : perte d'urine goutte à goutte due à une rétention chronique.
- Rétention vésicale complète : impossibilité d'uriner malgré un besoin pressant.
- Résidu post-mictionnel : sensation d'urine restante après une miction.
- Interruption du jet : arrêt brutal du jet urinaire, pouvant indiquer un calcul vésical.
- Pneumaturie : présence de gaz dans l'urine, souvent signe de fistule urinaire-intestinale.
- Distension vésicale : vessie forcée ayant abandonné la lutte contre l'obstacle (2-4 litres).
Chapitre IV : Grands Syndromes Urologiques
1. Saignements Urinaires
- Hématurie : présence de sang dans les urines. Peut être "en cours" (visible) ou "passée" (déclarée par le patient).
- Hématurie initiale : atteinte cervico-prostatique.
- Hématurie terminale : atteinte vésicale.
- Hématurie totale : atteinte rénale.
- Urétrorragie : écoulement de sang par l'urètre en dehors de la miction.
2. Pyurie
Présence de pus dans les urines. Causes : rétention urinaire, altération de l'urothélium, calculs, malformations congénitales, infections pér-organes (abcès).
3. Pollakiurie et Brûlures Mictionnelles
Souvent associées et signe de maladie basse (vésicale ou juxta-vésicale). L'association avec la pyurie est caractéristique de la cystite.
- Causes vésicales : inflammations (tuberculose, bilharziose), tumeurs malignes, traumatismes (lithiases), irradiations pelviennes, vessies de petite capacité, rétention vésicale incomplète.
- Causes juxta-vésicales : urétérocèle, calculs urétéraux, méga-uretère ; chez la femme (urétrite) ; chez l'homme (maladies prostatiques pour l'urètre postérieur, gonorrhée pour l'urètre antérieur).
4. Dysurie et Rétention d'Urines
Évoluent en deux phases : compensation (pollakiurie, jet filiforme) puis décompensation. La décompensation peut entraîner des troubles fonctionnels et organiques. La vessie développe une vessie de lutte (hypertrophie du détrusor, trabéculations, diverticules) et peut aboutir à une rétention vésicale incomplète ou complète. Le retentissement urétéral et rénal peut provoquer une insuffisance rénale. Les causes sont des obstacles (maladies du col vésical, adénome prostatique, cancer prostatique, sténose urétrale, tumeurs pelviennes) ou des dysfonctions neurologiques.
5. Incontinence Urinaire
Perte involontaire d'urine. Causes communes : distension vésicale, petites vessies scléreuses, impériosité mictionnelle, désordres neurologiques, malformations sphinctériennes, causes psychologiques (énurésie). Spécifique à l'homme : après chirurgie cervico-prostatique, épispadias. Spécifique à la femme : après opérations gynécologiques, accouchements (fistules vésico-vaginales).
6. Coliques Néphrétiques
Douleur lombaire paroxystique par distension rapide de la voie excrétrice haute. Causes : obstacles (lithiase), malformations obstructives, sténoses (tuberculose, bilharziose), tumeurs locales, compressions extrinsèques.
Chapitre V : Pathologie Urinaire Acquise
A. Tuberculose de l'Appareil Urinaire
Surtout chez l'adulte jeune, secondaire à une primo-infection. Le Bacille de Koch diffuse par voie sanguine. Lésions initiales dans la corticale rénale évoluant vers la tuberculose ulcéro-caséeuse, puis la pyonéphrose. Atteint aussi les voies excrétrices (épaississement pariétal, œdème, perte de contractilité du détrusor, petite vessie rétractile) et les organes génitaux (sténose urétrale). Clinique polymorphe : cystite aiguë (pollakiurie, brûlures, pyurie, hématurie terminale, résistante aux traitements habituels), épididymite, coliques néphrétiques sans calcul, lombalgies. Diagnostic par examen des urines (BK+), culture sur Lowenstein, UIV. Traitement médical (antituberculeux) et chirurgical (néphrectomie si destruction rénale, plasties pour rétablir le passage ou la capacité vésicale).
B. Bilharziose
Provoquée par le Schistosoma haematobium, localisée au bas appareil. Les œufs se déposent dans les veines du petit bassin et atteignent la paroi vésicale, urétérale. Provoque une inflammation avec granulations, puis sclérose rétractile de la paroi vésicale ("vessie rétractile"), pouvant dégénérer en cancer. Clinique : fièvre, frissons, courbatures, œdèmes ; signes vésicaux : pollakiurie intense, hématurie terminale. Diagnostic par œufs dans les urines, éosinophilie, intradermoréaction, cystoscopie, UIV. Traitement médical (antiparasitaires comme Biltricide) et chirurgical (réimplantation urétérale, agrandissement vésical, cystectomie en cas de cancer).
C. Filariose Urinaire
Due au Filaire de Bancroft. Signes : chylurie (rarement pure), hématurie, prurit. Diagnostic par microfilaires dans les urines/sang, intradermoréaction, UIV montrant des fistules lymphatico-urinaires. Traitement médical (anti-filaires), parfois chirurgical si destruction rénale.
D. Lithiase
Présence de calculs dans les voies excrétrices. Fréquente, surtout chez l'homme adulte (30-50 ans). Causes prédisposantes : hérédité, sédentarité, régime riche. Pathogénie : substance précipitable (cystine, xanthine, calcium), conditions favorables à la précipitation (hyperconcentration, modification du pH urinaire, stase urinaire, infection urinaire), conditions pétrifiantes (corps étrangers). Les lithiases les plus fréquentes sont rénales et urétérales.
- Lithiase Rénale : sièges variés (néphrocalcinose, calices, bassinet). Calculs d'oxalate de calcium (durs, bruns-rouges), phosphate de chaux (noirs), phosphate ammoniaco-magnésien (blancs), acide urique (jaunes). Retentissement variable : bien toléré ou obstruction, œdème, dilatation, pyonéphrose. Clinique : douleur, hématurie totale, urines troubles, HTA, oligurie.
- Lithiase Urétérale : calcul dans l'uretère. Douleur dominante (colique néphrétique), hématurie, signes vésicaux (pollakiurie, brûlures, dysurie). Peut entraîner rupture urétérale, anurie, état de mal néphrétique.
- Lithiase Vésicale : douleur hypogastrique, urétrale, pollakiurie, hématurie inconstante, dysurie (souvent avec interruption brutale du jet). Chez l'enfant : incontinence urinaire diurne et nocturne.
- Lithiase Urétrale : enclavement d'un calcul dans l'urètre. Plus fréquente chez l'homme. Douleur périnéale ou urétrale, dysurie, pollakiurie.
E. Tumeurs Épithéliales
Peuvent être pédiculées (papillome, polype), sessiles ou infiltrantes. Les tumeurs malignes donnent des métastases osseuses et pulmonaires. La tumeur de la vessie est fréquente, surtout chez l'homme, souvent sur cystites chroniques (bilharziennes). Symptômes : hématurie (dominante), rétention par caillots, troubles mictionnels, cystite rebelle. Le traitement dépend du type, du volume et de la situation de la tumeur (chirurgie : réimplantation, enterocystoplastie).
A. Traumatismes du Rein et de son Pédicule
Contusion du rein : Homme (30-50 ans), choc direct lombaire. Lésions : ruptures rénales partielles ou totales, ruptures du pédicule, fractures de côtes, déchirures péritonéales. Signes dominants : hématurie, hématome. Complications : hématonéphrose, hydronéphrose, anurie, mort. Traitement médical ou chirurgical (néphrectomie si broiement ou rupture irréparable). Les plaies du rein (armes à feu, armes blanches) sont plus graves, pouvant entraîner hémorragie, infection et néphrite suppurée.
B. Infections Non Spécifiques du Rein
- Pyélonéphrite : inflammation et infection du rein et du bassinet (souvent par colibacille). Diagnostic par clinique, urines, UIV.
- Pyonéphrite : lésion infectieuse collectée ou diffuse du parenchyme rénal (staphylocoque doré). Diagnostic par clinique, urines, UIV, hémoculture.
- Périnéphrite et Phlegmon Périnéphritique : collection suppurée de la graisse périrénale. Affection grave. Formes suraiguës, aiguës, lentes (phlegmon ligneux). Traitement : antibiotiques, drainage chirurgical.
C. Tumeurs du Rein
- Cancer du Rein : rare, chez l'adulte (40-70 ans). Aspect nodulaire ou diffus infiltrant. Épithélioma. Signes : hématurie (premier signe, totale, capricieuse), douleurs lombaires, varicocèles (à droite, diagnostic de grande valeur), pâleur. Traitement chirurgical (néphrectomie élargie ou partielle), chimiothérapie inefficace.
- Maladie Polykystique du Rein : congénitale, souvent héréditaire, bilatérale. Le rein est très augmenté de volume, bosselé par des kystes. Évolution lente vers l'insuffisance rénale. Clinique : tumeur lombo-abdominale bilatérale, lombalgies, hématuries, infections, HTA. Traitement : régime riche en NaCl, antibiotiques, ponction des kystes (opération de Rovsing), transplantation rénale.
Hydronéphrose
Dilatation aseptique des cavités excrétrices du rein. Causes : malformations congénitales de l'uretère (rétrécissement, méga-uretère), obstacles acquis (tuberculose, calcul, tumeurs pelviennes, hypertrophie prostatique), troubles fonctionnels (atonie urétérale). Clinique : douleur variable, signes associés, masse rénale augmentée de volume, ballottante. Complications : douleur forte, hématurie, infection (pyélonéphrite, pyonéphrose), anurie, rupture intrapéritonéale. Traitement causal (lever l'obstacle, drainer la poche).
Grand Kyste Solitaire
Kyste bénin, non communicant avec les voies excrétrices, contenant un liquide citrin. Souvent asymptomatique ou gêne. Peut provoquer hématurie totale, capricieuse, indolore. Diagnostic par échographie, UIV, artériographie. Traitement : abstention, ponction transpariétale ou chirurgie si gênant.
Angiome Rénal
Tumeur bénigne vasculaire. Muette si sous-capsulaire. Peut provoquer hématurie totale, capricieuse, indolore. Traitement : néphrectomie partielle ou totale.
Lésions Artérielles Sténosantes
Causes d'HTA (15-30%). Athérome de l'artère rénale, hyperplasie fibreuse, sténose congénitale. Conséquences : atrophie rénale, ischémie rénale, HTA (souvent maligne et rebelle au traitement). Diagnostic par UIV (rein petit ou muet), cathétérisme urétéral séparé, angiographie. Traitement : néphrectomie, désobstruction artérielle, pontage.
Infarctus Rénal
Nécrose du rein par ischémie aiguë. Causes : traumatisme de l'artère rénale, thrombose de la veine rénale, embolie de l'artère rénale, drépanocytose. Clinique aiguë : douleur lombaire violente, choc, oligurie, fièvre, hématurie. Traitement : néphrectomie.
Chapitre VI : Pathologie Uro-Génitale chez l'Homme
Adénome de la Prostate
Hypertrophie bénigne de la prostate, très fréquente après 60 ans. Origine hormonale probable. L'adénome naît dans la portion crâniale de la prostate. Clinique : pollakiurie diurne et nocturne, dysurie, hématurie initiale, accidents infectieux. Toucher rectal : prostate augmentée de volume, ferme, lisse, non douloureuse. Diagnostic par UIV, urétro-cystographie. Traitement : prévention (phytothérapie, Proscar), chirurgical (adénomectomie endoscopique ou trans-vésicale).
Cancer de la Prostate
Très fréquent après la cinquantaine. Siège dans la portion caudale, évolue longtemps sans symptômes. Extension vers l'intérieur de la glande, autour de la prostate, puis à distance (os, lymphatiques). Clinique tardive : douleurs sacrées, pelviennes, sciatiques, oedème, anémie, insuffisance rénale. Troubles mictionnels (dysurie rapide, pollakiurie nocturne, hématurie initiale ou terminale). Toucher rectal : prostate augmentée, dure, irrégulière, douloureuse. Examens paracliniques : radiographie (métastases osseuses), UIV, urétrographie, labo (VS, anémie, phosphatases acides), cytologie, biopsie (diagnostic de certitude). Traitement : anti-androgénique (œstrogénothérapie, castration chirurgicale), radiothérapie (moins efficace), prostatectomie (cas vus tôt).
Prostatite Non Tuberculeuse
Inflammation aiguë de la prostate. Causes : germes banaux, gonocoque, parasites, manœuvres endo-urétrales, dissémination hématogène. Clinique : signes généraux (fièvre, frissons), troubles mictionnels, toucher rectal (prostate augmentée, tendue, douloureuse). Évolution favorable sous traitement, mais possibles complications : épididymite aiguë, abcès prostatique, chronicité. Traitement : hygiéno-diététique, antibiotiques, incision-drainage si abcès.
Rupture de l'Urètre
Localisation antérieure (choc direct périnéal) ou postérieure (traumatisme, fracture du bassin). Clinique : douleur, urétrorragie, hématome (pénien, périnéal, pelvien), globe vésical. Diagnostic par urétrographie. Complications graves : infection de l'hématome, rétrécissement urétral, incontinence, impuissance, stérilité. Traitement urgent : drainer les urines, évacuer l'hématome, réparer la déchirure (sondage ou chirurgie).
Orchi-épididymite Non Tuberculeuse
Infection concomitante du testicule et de l'épididyme. Fréquente chez le jeune. Causes : gonococcie, prostatite, manœuvres endo-urétrales, infections générales (oreillons). Forme aiguë : douleur scrotale vive, fièvre, tuméfaction. Forme chronique : tuméfaction scrotale indolore. Traitement : soulager la douleur, antibiotiques.
Rétrécissement Inflammatoire Urétra
Sténose urétrale des années après la cause initiale. Causes : gonococcie mal soignée (urètre antérieur), iatrogène (sonde vésicale prolongée), sondage traumatique. Diagnostic par clinique, antécédents, exploration du canal (explorateurs à boule), urétrographie rétrograde. Traitement : dilatation (bougies, béniqués) ou urétroplastie (opération de Monseur).
Gonococcie
Maladie urétrale très contagieuse due au Neisseria gonorrhoeae. Écoulement urétral purulent, mictions fréquentes et douloureuses, œdème du prépuce. Complications : urétrite prolongée, prostatite aiguë/chronique, épididymite aiguë (pouvant laisser un noyau obstructif menant à l'azoospermie ou rétrécissement urétral). Traitement antibiotique.
Tumeurs du Testicule
Presque toutes malignes, fréquentes chez l'adulte jeune (20-35 ans). Types : séminome (le plus fréquent), embryomes (tissus étrangers), ou mixte. Clinique : augmentation de volume de l'hémibourse (sans raison, découverte fortuite), gêne, sensation de lourdeur, parfois gynécomastie. Examen : masse testiculaire grosse, déformée, sans sensibilité particulière. Diagnostic par biopsie. Dosages des prolans urinaires (pour chorio-épithéliome). Traitement : castration chirurgicale (même en cas de métastases), radiothérapie (séminomes), chimiothérapie (chorio-épithéliomes).
Varicocèle
Dilatation variqueuse des veines du cordon spermatique. Bénigne, mais peut affecter la spermatogenèse. Surtout à gauche. Clinique : souvent silencieuse, sensation de gêne, hémibourse abaissée, masse mollasse palpable qui s'atténue en position allongée. Complications : oligozoospermie, stérilité. Traitement : souvent aucun, ligature chirurgicale en cas de stérilité.
Hydrocèle
Épanchement liquidien clair dans la cavité vaginale du testicule. Peut être congénitale (avec canal péritonéo-vaginal fermé ou communicant) ou secondaire à une infection. Clinique : tuméfaction des bourses, de volume variable, rénitente, fluctuante, translucide (diagnostic différentiel avec hématocèle, hernie, cancer). Traitement : ponction évacuatrice (peu efficace, contre-indiquée si communicante), ponction avec anti-inflammatoire, ou chirurgie (retournement ou résection de la vaginale).
Infertilité Masculine
Deux mécanismes :
- Anomalie de production/maturation des spermatozoïdes (stérilité sécrétoire) : syndrome de Klinefelter, orchite ourlienne, ectopie testiculaire, varicocèle, troubles nutritionnels.
- Anomalie de progression des spermatozoïdes (stérilité excrétrice) : congénitale (absence de déférent), infectieuse (gonococcie, tuberculose), chirurgicale ou traumatique.
Diagnostic par spermogramme (anomalies quantitatives et qualitatives), dosage des gonadotrophines, des 17-cétostéroïdes, étude du métabolisme de base, biopsie testiculaire. Traitement selon l'origine.
Chapitre VII : Pathologie Urinaire de la Femme
Endométriose Vésicale
Prolifération ectopique de tissu endométrial dans la paroi vésicale, subissant des modifications cycliques. Clinique : douleurs hypogastriques, dysurie, pollakiurie, mictions impérieuses, hématurie, tous ces signes étant cycliques (apparaissent avec les règles). La cystoscopie montre une masse trigonale micropolykystique qui s'affaisse après les règles. Traitement : hormonal (Norstéroïdes) ou castration (physiothérapique ou chirurgicale).
Fistules Vésico-Génitales
Fistules vésico-utérines (rares, compliquent les césariennes : aménorrhée, hématuries cycliques) ou vésico-vaginales (plus fréquentes, complications chirurgicales ou obstétricales).
Chapitre VIII : Urologie Infantile (Anomalies Congénitales)
A. Anomalies du Rein
- Agénésie rénale : absence totale unilatérale d'un rein.
- Hypoplasie rénale : diminution congénitale du poids du rein.
- Dysplasie rénale : hypoplasie avec présence de tissus étrangers au rein.
- Rein en fer à cheval : fusion des pôles inférieurs.
B. Anomalies de l'Uretère
- Anomalies obstructives de la jonction pyélo-urétérale : ± 40% des uropathies malformatives. Diagnostic par UIV. Traitement chirurgical.
- Méga-uretère Congénital : dilatation primitive de l'uretère. Peut être total ou pelvien. Clinique : épisodes infectieux, douleurs abdominales, hématuries. Complications : lithiase, destruction rénale. Traitement chirurgical ou antibiotique prolongé.
C. Anomalies de l'Urètre et de la Vessie
- Épispadias et Exstrophie Vésicale : ouverture dorsale de l'urètre et absence de fermeture de la paroi vésicale. Souvent associées. Traitement chirurgical décevant.
- Hypospadias : ouverture ventrale du méat urétral en arrière du gland. Conséquences : troubles du jet urinaire, éjaculation, stérilité, psychologiques. Ne jamais circoncire avant la plastie.
1. Testicule Non Descendu
Peut être une ectopie testiculaire (trajet aberrant) ou une cryptorchidie (arrêt du testicule dans son trajet normal). Fréquence : 1/500 naissances. Conséquences : gêne psychologique, stérilité (atrophie), risque de cancérisation. Traitement : médical (gonadotrophines chorioniques) avant 5-10 ans, ou chirurgical (orchidopexie) entre 5 et 12 ans. Après la puberté, ablation si risque de cancérisation.
2. Phimosis et Paraphimosis
- Phimosis : sténose primitive de l'orifice préputial (impossibilité de décalottage). Clinique : urines filiformes, gonflement préputial, goutte à goutte post-mictionnel. Traitement : circoncision.
- Paraphimosis : rétraction du prépuce derrière le sillon balano-préputial (urgence). Clinique : œdème du prépuce et du gland. Traitement : réduction manuelle, section libératrice.
Vessie Neurogène par Anomalies Congénitales Vertébro-Médullaires (Spina Bifida)
Entraîne une paralysie des membres inférieurs et des troubles vésicaux.
4. Tumeurs Embryonnaires (Néphroblastomes)
Néphroblastome ou tumeur de Wilms : tumeur très fréquente chez l'enfant de moins de 5 ans. Tissu embryonnaire indifférencié. Clinique : masse palpable lombaire, douleur abdominale, altération de l'état général, anémie, HTA. Diagnostic par clinique, dosage de l'acide vanyl-mandélique (normal), Rx thorax, UIV, laparotomie. La découverte précoce est cruciale.
Torsion du Cordon Spermatique
Urgence chirurgicale. Peut être supra ou intra-vaginale. Entraîne rapidement la nécrose testiculaire, puis atrophie et risque de cancérisation. Traitement : détorsion chirurgicale immédiate si vue tôt, fixation testiculaire. Si vue tard, ablation du testicule atrophié.
Chapitre IX : Dialyse Péritonéale et Rein Artificiel
La dialyse est une méthode d'épuration du sang en cas d'insuffisance rénale. La dialyse péritonéale utilise le péritoine comme membrane de filtration. Le rein artificiel (hémodialyse) est plus maniable. Développé depuis 1944 par Kolff, les modèles modernes sont efficaces et sûrs. La transplantation rénale offre une solution durable, dépendant de la technique chirurgicale et surtout de la tolérance immunologique du receveur.
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