Cours 9
76 cardsCe cours présente les principes fondamentaux des poudres utilisées en pharmacie, incluant la granulométrie, la forme des particules, la densité apparente, le comportement au tassement, les propriétés d'écoulement, les agents glissants, les procédés de broyage (martelés, à billes, jet d'air) et les techniques de caractérisation (tamisation, microscopie, diffusion laser, PCS, Coulter), ainsi que les méthodes de mélange, d'échantillonnage et de validation des processus de fabrication des formes sèches.
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Les méthodes indirectes évaluent les caractéristiques de tassement, comme l'indice de Carr (dt-d0)/dt ou le taux de tassement (V0-Vt)/V0. Un autre exemple est la mesure de l'angle de repos drainé (tg α = h/r), où un angle faible indique un bon écoulement (ex : lactose 100 mesh), et un angle élevé un mauvais écoulement (poudre cohésive).
Pour les lots de grande taille, lors de l'utilisation de sondes à logettes, il faut prendre plusieurs précautions :
1. Utiliser des sondes dont la longueur et la taille des logettes sont adaptées au conteneur.
2. Effectuer des prélèvements à différents endroits (centre, périphérie) et à différentes hauteurs pour capturer toute hétérogénéité.
3. Éviter de perturber le lot lors des prélèvements pour ne pas altérer sa structure.
4. Idéalement, mélanger le lot entier avant prélèvement, ou sélectionner un nombre suffisant de conteneurs (
Il est crucial de suivre l'évolution du CV% car un CV% faible indique un mélange homogène, donc une bonne distribution du PA. Suivre le % moyen en PA est important pour détecter d'éventuelles pertes de PA par collage aux parois du mélangeur.
Pour les formes pulmonaires, le dae est crucial car il détermine le site de dépôt des particules dans les voies respiratoires. Les particules avec un dae compris entre **0,5 et 5 µm** sont celles qui atteignent le plus efficacement les alvéoles pulmonaires, site d'absorption privilégié pour de nombreux principes actifs administrés par voie inhalée.
En revanche, d[4, 3] représente le diamètre moyen volume-massique. Dans ce cas, les grosses particules ont une influence prépondérante sur la détermination du diamètre moyen, car la pondération est basée sur le volume ou le poids de chaque particule. Cette valeur est souvent obtenue par des méthodes comme la diffraction laser ou le compteur Coulter.
Elle est utilisée car elle simplifie la caractérisation des populations de particules, permettant d'utiliser des méthodes d'analyse standardisées et de comparer des données. Elle est essentielle pour prédire le comportement des poudres (dissolution, écoulement, biodisponibilité, sédimentation).
Trois exemples de diamètres sphériques équivalents (ESD) sont :
- Diamètre volume (dv) : diamètre de la sphère ayant le même volume que la particule.
- Diamètre de Stokes (dst) : diamètre de la sphère ayant la même vitesse de sédimentation.
- Diamètre aérodynamique (dae) : diamètre d’une sphère de densité 1 ayant la même vitesse de sédimentation dans l'air que la particule.
Il est crucial de suivre le CV% pour évaluer l'homogénéité de la distribution du PA. Un faible CV% indique un bon mélange. Le suivi du pourcentage moyen de PA permet de détecter d'éventuelles pertes par collage aux parois du mélangeur.
En comparaison, des particules sphériques et lisses facilitent le glissement, améliorant l'écoulement. Cependant, lors du tassement, leur forme régulière limite l'empilement, créant davantage de vides et donc un volume apparent plus élevé.
Pour une poudre cohésive, les fortes attractions interparticulaires entraînent un mauvais écoulement, un angle α plus grand et donc un tg α plus élevé.
Inversement, une poudre fluide a de faibles forces d'attraction, un bon écoulement, un angle α plus petit et un tg α plus faible.
Formes Sèches : Généralités sur les Poudres et Formes Conventionnelles
Les formes sèches constituent une catégorie essentielle de produits pharmaceutiques, notamment les comprimés, gélules et poudres. Leur fabrication repose sur la maîtrise des propriétés des poudres et des processus associés comme le broyage, l'échantillonnage, l'écoulement et le mélange. Une compréhension approfondie de ces aspects est cruciale pour garantir la qualité, l'efficacité et la reproductibilité des produits finis.I. Généralités sur les Formes Sèches
Les formes unitaires sèches sont majoritairement obtenues à partir de mélanges de poudres homogènes, via des procédés de remplissage volumétrique. Ces processus incluent le remplissage de chambres de compression pour les comprimés, l'utilisation de compresso-doseurs pour les gélules, et l'écoulement libre pour le remplissage de sachets ou bouteilles. Plusieurs caractéristiques intrinsèques des poudres influencent grandement ces procédés :- Granulométrie : La taille et la distribution des particules sont primordiales.
- Forme et propriétés de surface : L'aspect géométrique et la nature des surfaces des particules affectent leur comportement.
- Propriétés d'écoulement : La capacité de la poudre à s'écouler librement est un facteur clé.
- Densité et volume apparents, caractéristiques de tassement : Ces paramètres déterminent la compacité et la maniabilité de la poudre.
II. Procédés de Broyage des Poudres
Le broyage vise à réduire la taille des particules par application d'une contrainte suffisante pour provoquer leur fracture. Ce processus est essentiel pour plusieurs raisons :- Améliorer les propriétés d'écoulement de la poudre.
- Faciliter les opérations de mélange.
- Accroître la vitesse de dissolution d'un principe actif (PA), et par conséquent, sa biodisponibilité.
- Cibler un organe particulier, par exemple pour des poudres inhalées.
Types de Broyeurs
Broyeurs à Marteaux (Hammer mills)
Ces broyeurs sont principalement utilisés pour des fragments végétaux desséchés ou des poudres cristallines. Leur efficacité est limitée, produisant généralement des particules d'un diamètre supérieur à . Le broyage est obtenu par des chocs intenses entre les particules et les marteaux tournant à haute vitesse. Les particules broyées sortent à travers un tamis.
- Points critiques : La différence de vitesse entre les particules et les marteaux, ainsi que la distance entre marteaux et déflecteurs, sont cruciales.
- Amélioration : L'utilisation de surfaces internes crénelées améliore l'efficacité.
Granulateurs Oscillants (Frewitt®)
Ces dispositifs, munis d'un bras oscillant, forcent la poudre à traverser un tamis (mailles de ). Ils sont surtout utilisés pour l'émottage de grains (cassure d'agglomérats) ou dans la granulation humide. Leur efficacité de broyage de particules est quasi inexistante.
Broyeurs à Billes ou à Boulets (Ball mills)
Le principe repose sur une jarre en rotation contenant des billes. Le broyage est dû aux percussions entre les billes et les particules lors de la chute des billes sous l'effet de la pesanteur.
- Conditions d'utilisation :
- Volume de remplissage des billes : 30-50% du volume de la chambre.
- Remplir avec la poudre jusqu'à couvrir les billes.
- La vitesse de rotation de la jarre doit être optimisée, généralement 60-80% de la vitesse critique ( où est le diamètre de la jarre en pieds), qui correspond à la vitesse à laquelle les billes restent collées à la paroi.
- Limitations :
- Broyage peu efficace et très lent, avec une limite de taille de quelques dizaines de micromètres. L'efficacité diminue considérablement à mesure que la taille des particules diminue.
- Formation d'une couche dure (cake) sur la paroi avec certains matériaux, empêchant le broyage.
- Des broyeurs à billes plus performants utilisent un mouvement accéléré, y compris planétaire (ex: Retsch), pour augmenter l'énergie cinétique et permettre la micronisation. Il existe également des broyeurs à circulation de billes pour des particules en suspension.
Broyeurs à Jet d'Air (Fluid energy mills, Jet mills)
Ces dispositifs sont les plus efficaces pour l'obtention de poudres micronisées à l'échelle industrielle. L'air circule à très haute vitesse dans la chambre de broyage. Les particules sont introduites progressivement (effet Venturi) et broyées par des chocs inter-particulaires intenses, ré-accélérées par des orifices d'air comprimé.
- Réglages : La vitesse d'entrée des particules et les pressions d'air sont cruciales.
- Efficacité : Dépend de la différence de vitesse entre les particules et des distances inter-particulaires. Un équilibre doit être maintenu entre l'entrée et la sortie des particules.
- Récolte : Après broyage, les particules arrivent dans un cyclone. Les fines particules sont aspirées et récoltées par un filtre. Un système de classificateurs de particules peut faire recirculer les particules insuffisamment broyées pour affiner la distribution granulométrique.
Autres méthodes de broyage ou de préparation de particules micronisées
- Moulins colloïdaux, homogénéisation à haute pression, sonication (pour systèmes dispersés comme les liposomes).
- Atomisation (à partir d'une solution).
III. Méthodes d'Échantillonnage des Poudres
L'échantillonnage vise à obtenir un échantillon représentatif d'un lot de poudre. Cela implique souvent une réduction de la taille du lot.Techniques de réduction de taille
- Cone and Quarter (Quartage) : Méthode manuelle consistant à former un cône de poudre, l'aplatir, le diviser en quatre et prélever des quarts alternés.
- Sondes à Logettes : Des sondes spécifiques, adaptées à la taille du conteneur, sont utilisées. Il est important de prélever à différents endroits (centre, périphérie) et à différentes hauteurs pour assurer la représentativité.
Stratégies d'échantillonnage selon la taille du lot
- Lots de petite taille : Après homogénéisation, le lot entier peut être considéré ou réduit par des techniques comme le quartage.
- Lots de grande taille : Les méthodes sont classées par ordre de préférence :
- Mélanger le lot entier et prélever avec une sonde à logettes. Mélanger tous les prélèvements pour obtenir un échantillon composite.
- Si le lot est trop important pour être mélangé en une fois, sélectionner aléatoirement conteneurs ( = nombre total de conteneurs), mélanger leur contenu, puis procéder comme en 1.
- Comme en 1 ou 2, mais après mélange, replacer la poudre dans les conteneurs et prélever avec une sonde.
- Prélever avec une sonde dans tous les conteneurs sans mélange préalable du lot entier, puis combiner les prélèvements.
- Sélectionner conteneurs au hasard, puis procéder comme en 4.
IV. Comportement au Tassement et Volume Apparent des Poudres
Le comportement au tassement et le volume apparent (porosité) sont cruciaux pour la distribution pondérale des formes unitaires.La Porosité ()
La porosité est la proportion de vide dans la poudre. où est le volume total apparent et est le volume d'air. On peut aussi l'exprimer comme , où est la densité apparente (poids/volume total) et est la densité réelle des particules solides (mesurée par pycnomètre à air).
Rapport d'Hausner () et Indice de Carr
Ces indices évaluent le comportement au tassement et sont liés aux propriétés d'écoulement. où et sont la densité apparente et le volume après tassement, et et sont les mêmes avant tassement.
- Taux de tassement : .
- Indice de Carr : .
- Indice de Carr < 25 : bon écoulement.
- Indice de Carr > 40 : mauvais écoulement.
Facteurs influençant le tassement et le volume apparent
- Granulométrie : Les particules sphériques peuvent s'empiler de manière cubique (48% de vide) ou rhomboédrique (26% de vide). Les poudres cohésives (fines) forment des voûtes, augmentant les espaces vides et le volume apparent.
- Forme des particules : Plus la forme s'éloigne de la sphéricité, plus le tassement est marqué.
- Structure de surface : Les surfaces régulières et lisses facilitent le glissement (tassement moindre), tandis que les surfaces rugueuses augmentent le tassement.
V. Écoulement des Poudres
L'écoulement des poudres est fondamental, notamment lors du remplissage des trémies distributrices.Types d'écoulement
- Écoulement en "Mass Flow" : Toutes les couches de poudre s'écoulent ensemble en "bloc", réduisant le risque de ségrégation. C'est le type d'écoulement recherché. Il survient lorsque les frictions particules-paroi sont inférieures aux frictions particules-particules.
- Écoulement en "Non-Mass Flow" : Formation d'un effet de cheminée, où seules les particules centrales s'écoulent. Risque élevé de ségrégation, car les grosses particules s'écoulent plus rapidement.
Facteurs influençant l'écoulement
Outre la granulométrie, la forme et la structure de surface, l'humidité résiduelle joue un rôle clé.
- Granulométrie :
- Particules fines : Blocage dû à une cohésion élevée.
- Particules grosses : Blocage si le diamètre est supérieur à 1/5 du diamètre de l'orifice (encombrement stérique).
- Orifice : Un orifice plat et non biseauté est préférable.
- Forme des particules : Les particules régulières (sphériques) ont un meilleur écoulement (inverse du tassement).
- Humidité résiduelle :
- 1-5% d'humidité : favorable (effet lubrifiant).
- Humidité élevée : provoque l'agglomération et ralentit/arrête l'écoulement.
- Très faible humidité (~0%) : engendre des charges électrostatiques et des répulsions interparticulaires.
Agents de Glissement (Glidants)
Ces excipients améliorent l'écoulement des poudres, notamment en compression directe. Ils conduisent à une meilleure régularité de remplissage et à un volume apparent réduit.
- Caractéristiques : Ce sont de très petites particules avec une grande surface spécifique, qui recouvrent les particules de poudre. Ils agissent comme des "roulements à billes", formant idéalement une couche monoparticulaire.
- Concentration optimale : Dépend de la granulométrie de la poudre et de l'agent d'écoulement.
- Exemples :
- Silice colloïdale (Aerosil® 200) : Hydrophile, diamètre géométrique , surface spécifique . Concentrations usuelles : 0.1 – 0.5%.
- Aerosil® R972 : Dérivé méthylé hydrophobe, utile pour les PA hygroscopiques ou en atmosphère humide.
- Talc : Agent anti-adhérent, constitué de particules effilées facilitant le glissement si bien orienté. Concentrations usuelles : 0.2 – 1% (à limiter en unités injectables).
- Agents antistatiques : L'alumine colloïdale (Alumine C) (, ) agit comme glidant et élimine les charges électrostatiques, qui apparaissent par frottement, surtout en faible humidité résiduelle (
Détermination des caractéristiques d'écoulement
Deux approches principales sont utilisées :
- Méthode directe : Mesure de la vitesse et de la régularité d'écoulement à travers un orifice (entonnoir, trémie), exprimée en g/sec ou g/min. La régularité est évaluée par l'enregistrement des variations de poids/temps.
- Exemple : L'Emcompress® spécial (hydrogénophosphate de calcium) montre un meilleur écoulement pour sa fraction entière que pour ses fractions fines (cohésion) ou grosses (encombrement), ou sa forme anhydre (charges électrostatiques).
- Méthodes indirectes :
- Évaluation du tassement : Détermination de l'indice de Carr et du taux de tassement. L'évolution de l'indice d'Hausner () est suivie en fonction du nombre de tassements. Un plateau rapide et un faible taux de tassement indiquent un bon écoulement. Permet de déterminer la concentration optimale d'un agent de glissement.
- Détermination de l'angle de repos drainé : En soulevant un tube rempli de poudre, un cône se forme. L'angle de repos () est mesuré. Un élevé indique une poudre cohésive et un mauvais écoulement ; un faible indique un bon écoulement ("Free flowing", ex: lactose 100 mesh). Cette méthode permet aussi d'optimiser la concentration d'un agent de glissement.
VI. Le Mélange des Poudres
L'objectif principal du mélange est d'obtenir une distribution aussi homogène que possible de tous les ingrédients (PA + excipients) dans l'ensemble de la masse.Degré de Mélange ()
Le degré de mélange tend progressivement vers un "mélange parfait" (théorique, jamais réellement atteint) en fonction du temps. Il s'agit d'une asymptote.
Mécanismes principaux du mélange
Le mélange implique le déplacement de particules individuelles ou de groupes de particules. Un volume libre suffisant (40-70% v/v) dans le mélangeur est essentiel pour l'expansion du lit de poudre.
- Diffusion : Mouvement aléatoire de particules individuelles.
- Convection : Transfert d'agglomérats ou de groupes de particules.
- Cisaillement : Mouvement de groupes de particules imposé par un organe interne du mélangeur.
Types de mélanges
- Mélanges randomisés (au hasard) : Les particules sont distribuées aléatoirement. Obtenus lorsque les constituants ont des granulométries comparables.
- Mélanges ordonnés : Distribution homogène de particules fines (souvent le PA) par "accrochage" autour de particules plus grossières d'un deuxième ingrédient. Nécessite des interactions entre les ingrédients.
- Exemples : PA micronisé autour d'excipients, ajout d'un agent d'écoulement.
- Obligatoires : Pour les mélanges faiblement dosés en PA, en présence de PA cohésifs, ou de PA cohésifs et faiblement dosés.
- Ils limitent la ségrégation et cassent les agglomérats. Il est important d'utiliser des excipients avec une distribution de taille étroite.
Étapes du mélange et mode d'incorporation
- Prémix : Le PA est mélangé avec une fraction du diluant (10-15x en volume) et l'agent de glissement.
- Mode "sandwich" : Incorporer le PA entre deux couches de diluant (½ diluant, PA, ½ diluant).
Validation du processus de mélange
Cette validation est cruciale pour s'assurer qu'un mélange homogène est obtenu de manière reproductible avec une formulation, un mélangeur et un mode opératoire donnés. Elle est obligatoire pour chaque nouvelle formulation, changement de mélangeur, ou modification des conditions de mélange.
- Mode opératoire :
- Incorporation des constituants (en sandwich) à .
- Prélèvements à des temps définis (ex: 2, 4, 8, 16, 32 minutes) après arrêt du mélangeur.
- À chaque temps, 10 prélèvements sont effectués à différents endroits avec une sonde à logettes. La masse de poudre prélevée doit être équivalente au poids unitaire de la forme finie.
- Quantification du PA dans chaque prélèvement par une méthode validée.
- Détermination du pourcentage moyen de PA, de la déviation standard et du Coefficient de Variation (CV%) à chaque temps. Le CV% représente l'homogénéité du mélange.
- Interprétation : Un mélange est d'autant plus homogène que le CV% est faible. Il faut aussi suivre l'évolution du pourcentage moyen de PA pour détecter d'éventuelles pertes par collage. La validation détermine la durée de mélange nécessaire.
Validation de la stabilité des mélanges
Vérifie si le mélange conserve son homogénéité après diverses manipulations (ex: simulation de transfert, vibrations). Ceci est particulièrement important pour les mélanges ordonnés.
VII. Les Mélangeurs
Il existe des mélangeurs à cuve fixe et à cuve mobile (Tumbler mixers), disponibles en différentes tailles pour la transposition d'échelle. Le taux de remplissage et les paramètres de mélange sont essentiels.Types de Mélangeurs
- Cylindres sur rouleaux : Très peu efficaces, mélanges hétérogènes.
- Cubes mobiles autour d'un axe : Problèmes de collage dans les coins et d'angles morts.
- Mélangeurs en V et à double cône : Bons mélangeurs, sans angles morts. Le mélange est divisé, créant un cisaillement. Des bras internes peuvent être ajoutés pour augmenter le cisaillement, utile pour les poudres cohésives.
- Mélangeur Turbula® : Mélangeur à cuve mobile très efficace avec un double mouvement, mais cisaillement limité (pas d'organe interne).
- Mélangeur planétaire : Mélangeur à cuve fixe. Une palette tourne autour d'un axe, balayant la masse de poudre. Peut inclure un bras racloire. Inconvénient : pas de couvercle étanche, risque de contamination.
- Mélangeurs à rubans et à lames en S : Génèrent un cisaillement très important, efficaces pour les poudres cohésives.
- Mélangeur conique à vis : Excellent cisaillement.
- Mélangeurs-granulateurs à haute vitesse (High Shear Mixers - Diosna, Gral, Glatt) : Les plus efficaces pour les poudres cohésives.
- Peuvent réaliser mélange, granulation (humide ou thermoplastique) et séchage (sous vide, micro-ondes) dans un seul équipement ("Tout en un").
- Comportent un bras principal de mélange (Impeller, ) et un couteau (Chopper, ).
- La cuve peut être à simple ou double paroi, avec un fond plat ou arrondi et un couvercle étanche.
- Tous les paramètres critiques sont enregistrés.
VIII. Analyse de la Taille des Particules
Une population de particules est caractérisée par sa granulométrie, sa forme et son nombre. L'intérêt en pharmacie est lié aux propriétés moyennes d'une population plutôt qu'aux particules individuelles.Intérêt de la caractérisation des particules en pharmacie
- Stabilité des systèmes dispersés : Affecte le crémage, la sédimentation, la floculation selon la relation de Stokes ().
- Croissance cristalline : Phénomène de mûrissement d'Ostwald.
- Vitesse de dissolution : Selon l'équation de Noyes-Whitney (), où est la surface, le coefficient de diffusion, l'épaisseur de la couche limite, la solubilité, la concentration dans le bulk.
- Absorption gastro-intestinale (biodisponibilité) : La micronisation peut augmenter la biodisponibilité (ex: Digoxine, Griséofulvine). Cependant, une réduction excessive de taille peut entraîner agglomération ou dégradation.
- Ratio surface/volume (masse) : Pour des particules sphériques, . Si diminue, augmente fortement.
- Propriétés d'écoulement/tassement des poudres.
- Processus de mélange des poudres.
- Ciblage d'organes : Poudres pour aérosols (dae à ) pour voie pulmonaire.
Caractérisation de la forme des particules
Complexe pour les particules non sphériques, souvent par microscopie et analyse fractale.
- Degré de sphéricité () : , où est l'aire de la sphère de même volume que la particule, et l'aire de la particule.
- Ratio d'élongation (longueur/largeur) ou d'aplatissement (largeur/épaisseur).
- Rugosité : Périmètre de la particule incluant les irrégularités / périmètre d'une courbe lisse.
Classification générale des particules par taille
| Catégorie | Taille |
|---|---|
| Poudres grossières | |
| Poudres "conventionnelles" | |
| Particules fines/micronisées | |
| Particules submicroniques | |
| Particules ultrafines |
Définition et Caractérisation d'une particule
La première étape est de définir le rayon ou diamètre de la particule. Pour les particules irrégulières, la théorie de la sphère équivalente est utilisée, où la particule est assimilée à une sphère ayant la même propriété géométrique ou physique (volume, poids, surface projetée, vitesse de sédimentation).
- Diamètres sphériques équivalents (ESD) :
- Diamètre volume () : diamètre de la sphère ayant le même volume.
- Diamètre projeté () : diamètre de la sphère ayant la même surface projetée.
- Diamètre surface () : diamètre de la sphère ayant la même surface.
- Diamètre volume-surface () : diamètre de la sphère ayant le même rapport V/S (surface spécifique).
- Diamètre tamis () : diamètre de la plus grosse sphère passant le même tamis.
- Diamètre de Stokes () : diamètre de la sphère ayant la même vitesse de sédimentation.
- Diamètres microscopiques (mesure d'une longueur sur une surface projetée 2D) :
- Diamètre de Feret () : moyenne de la distance entre deux tangentes parallèles aux extrémités.
- Diamètre de Martin () : longueur de l'axe qui divise la particule en deux.
- Diamètre circulaire équivalent () : diamètre du cercle ayant une surface équivalente à la surface projetée de la particule.
Aspects statistiques de l'analyse de taille
Quelle que soit la technique, l'analyse doit être réalisée sur un grand nombre de particules (échantillonnage représentatif).
- Représentation des résultats : Population découpée en classes, représentée par tableaux, histogrammes, courbes de distribution des fréquences (normales, log-normales, Poisson, binomiales) ou fréquences cumulées.
- Moyennes statistiques :
- Moyenne arithmétique : Pour distributions en nombre (microscopie). Chaque particule a la même pondération ().
- Moyenne pondérée (par volume/poids) : Pour distributions en volume/poids (tamisage, diffraction laser). Les grosses particules ont un impact plus important sur la moyenne ( pour diamètre moyen volume-massique).
- Médiane : Valeur du diamètre qui divise la population en deux.
- Mode : Valeur du diamètre correspondant à la fréquence maximale.
- Écarts-types : pour la déviation standard. La moyenne couvre 68% de la population, couvre 90%, et couvre 99.7%.
Principales méthodes d'analyse et choix
Il n'existe pas de méthode universelle. Le choix dépend de la sensibilité, du domaine de taille mesurable, et des besoins (dénombrement, volume, surface).
Méthodes microscopiques (optique, électronique)
- Seule technique permettant une visualisation directe (taille, forme, état d'agglomération).
- Distribution en nombre.
- Limitations : Lente, fastidieuse (même avec analyse d'image), limites de taille de (lumière visible) à plusieurs mm. Nécessite des échantillons de très petite taille et une préparation longue.
- Représentativité : Un échantillon de 1g peut contenir des milliards de particules ( pour , pour ), rendant la représentativité difficile.
- Convient pour la caractérisation morphologique.
- Préparation des échantillons : Suspension à 1% dans un liquide (ex: huile de paraffine), dilution, dispersion homogène, contrôle de la viscosité et de la température.
- Pratique : Préparer au moins 3 lames, choisir une méthode de balayage et un axe de mesure, compter 200-300 particules réparties en au moins 10 classes.
- Expression des résultats : Tableaux et figures. Si la distribution est symétrique, .
- Pour des distributions log-normales, utiliser une échelle semi-log et calculer le diamètre géométrique moyen et l'écart type géométrique ().
Analyse granulométrique par tamisage
- Distribution en poids (poids retenu par tamis).
- Principe : Utilisation de tamis superposés avec des ouvertures de maille déterminées (en ou mesh). Le nombre de mesh est le nombre de fils par pouce linéaire.
- Standardisation : Tamis standard (normes ISO) de à .
- Limitations : Faible résolution (nombre de classes limité), reproductibilité variable. Limité pour les poudres fines ( à sec) et les poudres cohésives.
- Le tamisage Alpine utilise des classificateurs à courant d'air ().
- Le tamisage en milieu liquide permet de descendre à .
- Pratique : Utiliser des tamis propres et secs, empiler par ordre croissant d'ouverture, peser un échantillon (50-100g), faire vibrer, peser les tamis individuellement.
- Résultats : Présentation similaire à la microscopie, mais en considérant le poids retenu.
Équations de Hatch et Choate
Permettent de calculer différents diamètres (en nombre ou en poids) à partir de distributions log-normales, en utilisant le diamètre géométrique moyen et l'écart type géométrique.
- À partir d'une distribution en nombre :
- À partir d'une distribution en poids :
Compteur Coulter : Méthode conductimétrique
- Comptage de particules ou distribution en volume (poids), donnant le diamètre volume .
- Limites de détection : à . Convient pour particules monomodales et insolubles dans un électrolyte (ex: NaCl 1%).
- Applications : Biologie clinique (éléments figurés du sang), milieux naturels, microbiologie, détermination de taille d'émulsions, suspensions, poudres, injectables.
- Principe : Les particules passent à travers un orifice dans une sonde, créant une impulsion électrique proportionnelle à leur volume (différence de constante diélectrique entre la particule et l'électrolyte).
- Calibration : Non absolue, nécessite une calibration avec des particules monodisperses standards (ex: latex). Peut sous-évaluer le diamètre pour les particules allongées.
- Dilution : Nécessaire pour éviter les risques de coïncidence (mesure de doublets/triplets). Des corrections statistiques et dilutions successives sont appliquées.
- Traitement des données : L'impulsion électrique est proportionnelle au volume ou au diamètre. Des filtres électroniques permettent de diviser la population en classes.
- Exemples : Dénombrement de globules rouges () et plaquettes ().
Analyse granulométrique par diffraction laser (lumière monochromatique)
- Distribution en volume ou en poids, donnant le diamètre moyen volume-massique . Pas de comptage.
- Avantages : Méthode absolue (pas de calibration), très larges limites de détection (), flexibilité (échantillons en suspension, poudres, sprays), rapidité, reproductibilité, résolution.
- Système optique : Rayon laser He-Ne (monochromatique, ), source de lumière bleue (), filtre spatial et lentille de Fourrier.
- Détecteurs : Couches de silicone photosensibles (16-32) réparties le long du banc optique.
- Principe : Basé sur les interactions entre particules et lumière.
- Théorie de Fraunhofer : Valable pour les particules de diamètre . Décrit la diffraction de la lumière au contact des particules.
- Théorie de Mie : Valable aussi pour les petites particules, considère toutes les interactions (diffraction, absorption, réflexion).
- La lumière diffractée par les petites particules a une faible intensité et un grand angle, tandis que celle des grosses particules a une forte intensité et un petit angle. .
- Limitation : Risque de masquage des petites particules par les plus grosses.
- Diamètres mesurables : , , , .
Photon Correlation Spectroscopy (PCS) ou Dynamic Light Scattering
Mesure de très petites particules () animées du mouvement Brownien. La mesure se fait à de très grands angles (laser à 90° des détecteurs) avec des photomultiplicateurs pour détecter de très faibles intensités lumineuses. L'intensité du rayonnement diffusé varie moins rapidement pour les grosses particules (moins mobiles) que pour les petites.
Méthodes de mesure de taille basées sur la sédimentation des particules
La taille des particules est déterminée en fonction de leur vitesse de migration (sédimentation ou crémage) sous l'effet de la gravité ou par centrifugation (relation de Stokes). Cela donne le diamètre de Stokes ().
Détermination du diamètre aérodynamique ()
Utilisation des impacteurs à cascades (Pharmacopée Européenne), notamment pour les formes pulmonaires. Le diamètre aérodynamique est le diamètre d'une sphère parfaite, de densité , ayant la même vitesse de sédimentation dans l'air immobile que la particule. Où est le diamètre de la sphère équivalente (même volume), est la densité de la particule ( est la densité de référence) et est un facteur géométrique.
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