Congruences arithmétiques et propriétés

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Explore la relation de congruence modulo n, ses propriétés de relation d'équivalence et sa compatibilité avec les opérations arithmétiques usuelles.

Division Euclidienne

  • Définition : Pour a,bZa, b \in \mathbb{Z} avec b0b \neq 0, il existe un unique couple (q,r)Z2(q, r) \in \mathbb{Z}^2 tel que a=bq+ra = bq + r et 0 \leq r < |b|.
  • Rôle du reste : Le reste rr est toujours positif et strictement inférieur à la valeur absolue du diviseur bb.
  • Exemple : La division euclidienne de 114 par 8 est 114=8×14+2114 = 8 \times 14 + 2.
    Attention : 114=8×13+10114 = 8 \times 13 + 10 n'est pas une division euclidienne car 10810 \not< 8.
  • Conséquence : Tout entier aa peut s'écrire sous la forme a=bq+ra = bq + r, créant des partitions d'entiers (ex: pairs/impairs pour b=2b=2).

Divisibilité

  • Définition : aa divise bb (noté aba|b) s'il existe kZk \in \mathbb{Z} tel que b=kab = ka.
  • Propriétés :
    • ab(a)ba(b)(a)(b)a|b \Longleftrightarrow (-a)|b \Longleftrightarrow a|(-b) \Longleftrightarrow (-a)|(-b).
    • Si aba|b et bcb|c, alors aca|c (Transitivité).
    • Si aba|b et aca|c, alors a(b+c)a|(b+c) et a(bc)a|(b-c).
    • Attention : Si aca|c et bcb|c, alors (a+b)c(a+b)|c est faux (ex: 262|6 et 363|6 mais 565 \nmid 6).
  • Critères de divisibilité :
    • Par 3 : La somme des chiffres est divisible par 3.
    • Par 5 : Le chiffre des unités est 0 ou 5.
    • Par 9 : La somme des chiffres est divisible par 9.
    • Par 11 : La somme alternée des chiffres est divisible par 11.

Congruences

  • Historique : Introduite par Gauss en 1801.
  • Définition : ab(modn)a \equiv b \pmod{n} si aa et bb ont le même reste dans la division euclidienne par nn.
    Équivalence clé : ab(modn)    n(ab)a \equiv b \pmod{n} \iff n | (a-b).
  • Propriétés (Relation d'équivalence) :
    • Réflexivité : aa(modn)a \equiv a \pmod{n}.
    • Symétrie : Si ab(modn)a \equiv b \pmod{n}, alors ba(modn)b \equiv a \pmod{n}.
    • Transitivité : Si ab(modn)a \equiv b \pmod{n} et bc(modn)b \equiv c \pmod{n}, alors ac(modn)a \equiv c \pmod{n}.
  • Compatibilité des opérations : Si aa(modn)a \equiv a' \pmod{n} et bb(modn)b \equiv b' \pmod{n}, alors :
    • a+ba+b(modn)a+b \equiv a'+b' \pmod{n} (addition).
    • abab(modn)ab \equiv a'b' \pmod{n} (multiplication).
    • ap(a)p(modn)a^p \equiv (a')^p \pmod{n} pour pNp \in \mathbb{N}^* (puissance).
  • Inverse modulo nn : aa est inversible modulo nn s'il existe bb tel que ab1(modn)ab \equiv 1 \pmod{n}. Cet inverse est unique modulo nn.

Plus Grand Commun Diviseur (PGCD)

  • Définition : Le PGCD de aa et bb, noté aba \wedge b, est le plus grand élément de l'ensemble D(a,b)\mathcal{D}(a,b) des diviseurs positifs communs à aa et bb.
    Notation : ab=aba \wedge b = |a| \wedge |b| et ab1a \wedge b \geq 1.
  • Propriétés :
    • ab=b    baa \wedge b = b \iff b|a.
    • Homogénéité : kakb=k(ab)ka \wedge kb = k(a \wedge b) pour k0k \neq 0.
    • L'ensemble des diviseurs communs à aa et bb est l'ensemble des diviseurs de aba \wedge b. Autrement dit, D(a,b)=D(ab)\mathcal{D}(a,b) = \mathcal{D}(a \wedge b).
  • Méthode de calcul (Algorithme d'Euclide) :
    • Permet de trouver le PGCD de deux entiers aa et bb (0<ba0 < b \leq a) par divisions euclidiennes successives.
    • Le PGCD est le dernier reste non nul obtenu.
    • Exemple : PGCD(3596,3393)=29PGCD(3596, 3393) = 29.

Nombres Premiers Entre Eux

  • Définition : Deux entiers aa et bb sont premiers entre eux si ab=1a \wedge b = 1.
  • Conséquence sur les fractions : Une fraction ab\frac{a}{b} est irréductible si aa et bb sont premiers entre eux. Toute fraction peut être rendue irréductible en divisant le numérateur et le dénominateur par leur PGCD.

Théorèmes Fondamentaux

Égalité de Bézout

  • Théorème : Pour a,bZa, b \in \mathbb{Z} non nuls, d=abd = a \wedge b. Alors il existe u,vZu, v \in \mathbb{Z} tels que au+bv=dau + bv = d.
  • Cas particulier (Théorème de Bachet-Bézout) : aa et bb sont premiers entre eux     \iff il existe u,vZu, v \in \mathbb{Z} tels que au+bv=1au + bv = 1.
  • Algorithme d'Euclide Étendu : Permet de trouver les coefficients uu et vv en "remontant" les étapes de l'algorithme d'Euclide.
    Exemple : Pour 47u+35v=147u + 35v = 1, on trouve u=3,v=4u=3, v=-4.
  • Note Historique : Énoncé par Bachet pour les entiers, puis démontré par Bézout pour les polynômes.

Théorème de Gauss

  • Théorème : Si abca|bc et ab=1a \wedge b = 1, alors aca|c.
  • Hypothèse primordiale : L'hypothèse ab=1a \wedge b = 1 est indispensable. (Ex: 36×73|6 \times 7 mais 373 \nmid 7).
  • Corollaire : Si aca|c, bcb|c et ab=1a \wedge b = 1, alors abcab|c.

Équations Diophantiennes

  • Définition : Équation de la forme ax+by=cax + by = c avec (x,y)Z2(x, y) \in \mathbb{Z}^2.
  • Condition d'existence des solutions : L'équation (E):ax+by=c(E): ax + by = c admet des solutions     \iff abca \wedge b | c.
  • Forme des solutions (quand ab=1a \wedge b = 1) : Si (x0,y0)(x_0, y_0) est une solution particulière, les solutions de (E)(E) sont de la forme : {x=x0+bky=y0ak,kZ.\left\{ \begin{array}{l} x = x _ {0} + b k \\ y = y _ {0} - a k \end{array} \right., \quad k \in \mathbb {Z}.
  • Méthode de résolution (Analyse-Synthèse) :
    1. Vérifier l'existence : Calculer d=abd = a \wedge b. Si dcd \nmid c, pas de solution. Sinon, simplifier l'équation par dd.
    2. Trouver une solution particulière (x0,y0)(x_0, y_0) : Souvent via l'algorithme d'Euclide étendu.
    3. Analyse : Utiliser le théorème de Gauss pour exprimer xx et yy en fonction de x0,y0x_0, y_0 et un paramètre kk.
    4. Synthèse : Vérifier que les expressions obtenues sont bien solutions de l'équation.
  • Exemple : Pour 12x+5y=312x + 5y = 3, une solution particulière est (x0,y0)=(6,15)(x_0,y_0)=(-6,15). Les solutions générales sont (x,y)=(6+5k,1512k)(x,y)=(-6+5k, 15-12k), pour kZk \in \mathbb{Z}.

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