comment lutter contre le chomage
No cardsAnalyse des causes conjoncturelles et structurelles du chômage, y compris le rôle des institutions, de l'appariement et des asymétries d'information, ainsi que les différentes politiques publiques pour le combattre.
Introduction
Le chômage, en augmentation depuis les années 1980, est un enjeu économique et social majeur. Les économistes s'efforcent d'en comprendre les causes pour y remédier, compte tenu de ses conséquences sur les individus (perte de revenu, moindre intégration sociale). Pour aborder ce sujet, il est essentiel de définir les termes clés et de comprendre les mécanismes qui conduisent à cette situation.
La population active comprend les personnes ayant un emploi et les chômeurs, c'est-à-dire celles qui travaillent ou souhaitent travailler. Selon le Bureau International du Travail (BIT), une personne est considérée comme chômeur si elle n'a pas d'emploi, est disponible sous 15 jours et cherche activement un emploi. En France, le taux de chômage était de 7,3% en 2022, signifiant que 7,3% de la population active était sans emploi. Le taux d'emploi était de 70% pour les 15-64 ans. Le sous-emploi désigne les personnes occupant un emploi à temps partiel contre leur gré.
I. Les sources du chômage
A. Les causes du chômage conjoncturel
Le chômage conjoncturel est lié aux fluctuations conjoncturelles, c'est-à-dire les variations à court terme de la situation économique (PIB, prix, chômage). Selon John Maynard Keynes, les entreprises adaptent leur production et leurs embauches en fonction de leurs anticipations de la demande. Si elles anticipent une demande faible, elles embauchent moins ou licencient, augmentant ainsi le chômage.
B. Les causes du chômage structurel
Le chômage structurel est la part du chômage qui dépend de la structure du marché du travail, indépendamment de la conjoncture économique. Il n'est jamais nul, même en période de bonne santé économique.
1/ Les institutions causent du chômage structurel
Les institutions encadrant le marché de l'emploi peuvent dissuader les entreprises d'embaucher. Le salaire minimum (SMIC en France, 1400€/mois) peut rendre certaines activités peu profitables non rentables pour les entreprises si elles doivent payer au moins ce seuil, les incitant à ne pas embaucher. De même, les règles de protection de l'emploi (délai de préavis, indemnités de licenciement, recours juridiques) rendent le licenciement coûteux et complexe, poussant les entreprises à la prudence et à moins embaucher.
Cependant, les institutions peuvent avoir des effets positifs. Dans un contexte de monopole d'employeur, l'instauration d'un salaire minimum peut rehausser les salaires, rendant le travail plus attractif et réduisant le chômage.
2/ les problèmes d'appariement
Les problèmes d'appariement surviennent lorsqu'il y a une inadéquation entre les offres d'emploi des entreprises et les compétences ou la localisation des demandeurs d'emploi. Plusieurs facteurs y contribuent :
Inadéquation spatiale : les candidats sont dans une région différente de celle où se trouvent les emplois disponibles (ex: chômage élevé dans le Nord, emplois saisonniers dans le Sud).
Inadéquation des qualifications : les compétences des chômeurs ne correspondent pas aux exigences des postes (ex: emplois en informatique sans candidats qualifiés).
Frictions sur le marché du travail : le délai nécessaire pour qu'un travailleur retrouve un emploi (temps de recherche, candidatures, entretiens).
3/ l'asymétrie d'information entre les travailleurs et les entreprises qui les emploient
L'asymétrie d'information existe lorsque l'employeur dispose de moins d'informations que le travailleur sur la productivité de ce dernier.
Avant la signature du contrat : C'est la sélection adverse. Si l'entreprise propose un salaire moyen par incertitude sur l'efficacité du candidat, les candidats très efficaces refuseront, tandis que les moins efficaces accepteront, conduisant l'entreprise à embaucher des travailleurs moins performants.
Après la signature du contrat : C'est l'aléa moral. L'employeur a du mal à évaluer l'effort du salarié, ce qui peut inciter certains à réduire leur productivité (tirer au flanc) sans craindre de sanctions.
Le salaire d'efficience, un salaire supérieur au marché, est une solution à ces problèmes. Il attire les candidats les plus productifs avant l'embauche et motive les salariés à être plus performants après, par crainte de perdre un emploi bien rémunéré. Cependant, un salaire d'efficience élevé peut entraîner une hausse du chômage structurel, car les entreprises embauchent moins de travailleurs si elles les paient plus cher.
II.
Les politiques de lutte contre le chômage
A. Politiques macroéconomiques de soutien de la demande globale
Pour contrer le chômage conjoncturel, les pouvoirs publics cherchent à relancer la demande globale via deux leviers :
Politique monétaire expansionniste : La banque centrale abaisse les taux d'intérêt directeurs, facilitant l'accès au crédit pour les ménages et les entreprises. Cela stimule la consommation et l'investissement, augmentant la demande globale et incitant les entreprises à produire davantage et à embaucher.
Politique budgétaire expansionniste : L'État augmente ses dépenses (infrastructures, embauches de fonctionnaires, subventions) et/ou diminue ses recettes (baisse d'impôts). Ces mesures augmentent la demande sur les marchés de biens et services, ce qui pousse les entreprises à accroître leur production et leurs embauches, réduisant le chômage conjoncturel.
B. Politiques d'allègement du coût du travail
Le coût du travail pour une entreprise inclut le salaire net et les cotisations sociales. Un coût du travail élevé peut inciter les entreprises à réduire les embauches, investir dans des machines pour remplacer la main-d'œuvre, ou délocaliser la production. Les politiques d'allègement du coût du travail visent à réduire ce coût, principalement en diminuant les cotisations sociales, pour encourager les embauches.
C. Politiques de formation
Les politiques de formation visent à améliorer l'adéquation entre les compétences des travailleurs et les besoins des entreprises, réduisant ainsi le chômage structurel lié aux problèmes d'appariement. Elles peuvent inclure :
L'ajustement des filières universitaires aux besoins du marché.
La promotion des stages et de l'alternance.
L'encouragement à la formation continue (ex: Compte Personnel de Formation - CPF) pour la montée en compétences ou la reconversion.
D. Politique de flexibilisation du marché du travail
Les politiques de flexibilisation du marché du travail permettent aux entreprises d'ajuster plus facilement le volume d'heures travaillées en fonction de la demande. Elles peuvent être de deux types :
Flexibilité externe : Facilité à embaucher ou licencier (ex: CDD, intérim, réduction du délai de préavis, réduction des indemnités de licenciement).
Flexibilité interne : Ajustement du nombre d'heures travaillées par les salariés (ex: assouplissement des règles sur les heures supplémentaires).
Ces politiques visent à réduire le chômage structurel en diminuant les rigidités du marché du travail, mais peuvent également rendre les emplois plus précaires.
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