Classification et Effets des Substances Psychoactives
No cardsLes différentes classifications et usages des substances psychoactives et leurs effets sur le cerveau.
UE 10 : Addiction à l'alcool, au tabac et autres substances psychoactives
Le 26 janvier 2025
1. L'Addiction: Définition et Caractéristiques
L'addiction est une pathologie psychiatrique chronique caractérisée par une perte de contrôle de l'usage d'une substance ou d'un comportement, malgré des conséquences négatives.
1.1. Étymologie et Évolution du Concept
- Origine latine : addictus désignait l'esclave pour dettes.
- Moyen Âge : "être addicté" = condamné à travailler pour payer ses dettes.
- Époque contemporaine : "accroc" à une passion moralement répréhensible.
- Psychiatrie actuelle : Regroupe dépendances aux substances et addictions comportementales.
1.2. Définition de Goodman (1990)
"L'addiction est un processus dans lequel est réalisé un comportement qui peut avoir pour fonction de procurer du plaisir et d'écarter ou d'atténuer une sensation de malaise interne, et qui se caractérise par l'échec répété de contrôler ce comportement et sa poursuite en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives."
1.3. Types d'Addictions (selon CIM-11 OMS)
- Addictions aux substances psychoactives (SPA) : quelle que soit leur légalité.
- Addictions sans substances (comportementales) :
- Addiction au sport
- Jeu pathologique
- Achats compulsifs
- Troubles du comportement alimentaire (boulimie)
- Cyberdépendance
- Addiction au travail
- Possibilité de co-addictions et de passage d'une addiction à une autre.
1.4. Les Voies de la Récompense Cérébrale
Impliquent des aires cérébrales clés :
- Cortex préfrontal
- Aire tegmentale ventrale
- Nucleus accumbens
Ces structures sont interconnectées par des neurones dopaminergiques, modulés par d'autres neuromédiateurs. Les substances psychoactives dérèglent ce circuit méso-cortico-limbique (directement comme la cocaïne ou indirectement comme le cannabis).
2. Substances Psychoactives (SPA)
Les SPA sont des substances qui modifient l'activité cérébrale.
2.1. Classifications des SPA
2.1.1. Classification Historique (selon les effets sur le SNC)
- Dépresseurs (psycholeptiques) : calment, antalgiques.
- Dérivés de l'opium (opioïdes) : morphine, codéine, fentanyl, tramadol, buprénorphine (médicaments) ; héroïne (stupéfiant).
- Benzodiazépines et autres sédatifs.
- Stimulants (psychoanaleptiques) : excitation physique et psychique.
- Stupéfiants : cocaïne, crack, amphétamines psychostimulantes.
- Licites : nicotine, caféine.
- Stupéfiant de prescription : méthylphénidate (Ritaline).
- Perturbateurs (psychodysleptiques) : altération des perceptions, hallucinations, troubles cognitifs.
- Illlicites/stupéfiants : cannabis, amphétamines hallucinogènes (ecstasy), LSD, plantes/champignons hallucinogènes.
- Stupéfiant de prescription : kétamine.
- Licites : protoxyde d'azote.
- Cas particulier de l'alcool : peut avoir des effets dépresseurs, stimulants ou perturbateurs.
2.1.2. Classification Récente (NPS)
- Ne tient pas compte du statut légal (licite/illicite).
- Exemple des stimulants : méthylphénidate (médicament), caféine (consommation courante), cocaïne (interdite).
- Pas de distinction scientifique entre "drogue dure" et "drogue douce".
Un produit stupéfiant est une SPA illicite ou une SPA de prescription soumise à des réglementations strictes (ex: morphine, fentanyl).
2.2. Le Potentiel Addictif des SPA
Toutes les SPA agissent sur le circuit de la récompense.
- Intensité du potentiel addictif :
- Forte : héroïne, cocaïne, nicotine.
- Intermédiaire : alcool.
- Faible : cannabis, amphétamines.
- Facteurs pharmacodynamiques : Intensité de la stimulation dopaminergique (directe ou indirecte).
- Facteurs pharmacocinétiques :
- Recherche d'un effet de pic (rapide et intense).
- Influencés par la voie d'administration (injectable > pulmonaire > nasale > orale).
- Forme galénique, dose absorbée (attention aux produits de coupe).
3. Types d'Usage et Dépendance
Classification selon la CIM-11 (OMS).
3.1. Non-Usage
- Absence de consommation (temporaire, durable, définitive).
- Primaire : jamais consommé.
- Secondaire : abstinence après une période de consommation.
3.2. Usage Simple
Mode de consommation sans pathologie, modulable, sans complication ni dommage.
- Usage expérimental : essai ponctuel.
- Usage occasionnel : circonstances particulières (convivialité, détente).
- Usage récréatif : de groupe, loisirs, recherche de plaisir / sensations fortes.
- Usage régulier : quotidien, automédication (anxiété).
Ces consommations sont généralement socialement réglées.
3.3. Trouble de l'Usage
Conduite de consommation caractérisée par :
- Usage à risque : consommation susceptible d'entraîner des complications.
- Situationnel : grossesse, conduite, machines.
- Quantitatif/individuel : excès (ivresse, overdose), initiation précoce, polyconsommation.
- Usage nocif : mode de consommation préjudiciable à la santé (physique/psychique) dont les conséquences sociales, judiciaires, professionnelles ou familiales ne suffisent pas à établir un diagnostic de dépendance.
- Dépendance : au moins 3 manifestations sur 12 mois.
3.4. Critères de Dépendance (au moins 3 sur 12 mois)
- Tolérance : nécessité d'augmenter les doses pour obtenir les mêmes effets.
- Non durable et non spécifique.
- Disparaît avec l'arrêt.
- Sevrage : symptômes observés à l'arrêt.
- Non durable et non spécifique.
- Symptômes psychiques constants (malaise, angoisse) ; physiques inconstants et variables.
- Temporaires, mais poussent à re-consommer. Peut engager le pronostic vital (alcool).
- Craving : désir puissant et irrépressible de consommer.
- Critère durable, central et spécifique de l'addiction.
- Entraîne la perte de contrôle.
- Intensité variable (entre individus et au cours du temps).
- Valeur pronostique et prédictive de la rechute.
- Difficultés à contrôler la consommation.
- Abandon progressif d'autres sources de plaisir au profit de la substance (centration).
- Poursuite de la consommation malgré la connaissance des conséquences nocives.
3.5. Symptômes liés aux troubles addictifs
- Pharmacologiques : Tolérance, Sevrage.
- Comportementaux : Craving, envahissement de la vie quotidienne par la recherche du produit.
- Médicaux et sociaux :
- Complications somatiques : spécifiques à la substance (cardiaques, neurologiques, etc.) ou générales (carence nutritionnelle, baisse immunitaire).
- Complications sociales : isolement, marginalisation, perte d'emploi.
- Complications psychologiques : anxiété, dépression, troubles de l'humeur, insomnie.
3.6. Polyconsommation
- Usage régulier d'au moins deux SPA.
- Très fréquent ; motivations : renforcement ou modulation des effets.
- Risque accru de dépendance et majoration des risques médicaux, sanitaires et sociaux.
4. Facteurs de l'Addiction (Schéma Trivarié)
L'addiction résulte de l'interaction entre un individu, un environnement et une substance psychoactive.
4.1. Facteurs liés à l'Individu
- Tempérament : ensemble stable d'attitudes et comportements (origine génétique).
- Recherche de sensations/nouveauté, difficulté à gérer le stress, faible évitement du danger.
- Hypoactivité/Hyperactivité, faible estime de soi, impulsivité, déficit attentionnel.
- Difficultés interpersonnelles.
- Caractère : acquis par l'éducation et les expériences sociales (moins stable).
- Personnalité : résultante du tempérament et du caractère.
- Pathologies psychiatriques : TDAH, troubles de l'humeur/anxieux, TCA, troubles de la personnalité, schizophrénie.
- Événements de vie : deuils, ruptures.
- Sexe : risque supérieur chez l'homme.
- Exposition prénatale : alcool, cannabis → risque accru de dépendance.
- Facteur génétique : prédisposition (tabac, alcool, opioïdes) mais nécessite la rencontre avec la substance et un environnement donné.
- Âge : l'adolescence est une période à fort risque (prise de risque, nouveauté, cerveau en maturation tardive du cortex préfrontal).
4.2. Facteurs liés à l'Environnement
- Facteurs familiaux : famille dysfonctionnelle, parents/fratrie consommateurs, permissivité.
- Facteurs culturels : permissivité sociétale, publicité, normes sociales (vitesse, performance, plaisir).
- Environnement social : chômage, exclusion scolaire, précarité, marginalisation, délinquance.
- Rôle des pairs :
- Adolescence : initiation, transgression, pression de groupe.
- Âge adulte : maintien de la consommation (groupe pro/familial).
- Sujet âgé : isolement peut favoriser les consommations.
5. L'Alcool
Alcool éthylique (éthanol) issu de la fermentation des glucides (fruits, céréales). Toxique très répandu.
5.1. Contextualisation Française
- Forte consommation (parmi les plus élevées d'Europe/monde), mais en diminution depuis les années 60 (surtout le vin).
- Poids économique de la filière viticole.
- Usage banalisé et permissivité sociale.
- Décès : 41 000/an (7% des décès), 2ème cause de mortalité évitable après le tabac.
- Causes principales : cancers, maladies cardiovasculaires/digestives, accidents, maladies mentales (démence).
- Morbidité : cancers, troubles cardiovasculaires/hépatiques, troubles mentaux/comportementaux (dépendance), accidents, Syndrome d'Alcoolisation Fœtale (SAF).
5.2. Modalités de Consommation
- Consommation quotidienne : hommes 65-75 ans.
- Ivresses régulières (binge drinking) : hommes 18-24 ans.
- "Très gros buveurs" (10% des 18-75 ans) consomment 58% de l'alcool.
5.3. Degré Alcoolique et Unité Standard
- Degré alcoolique (%) : volume d'éthanol/100 volumes de boisson. > 1,2% légalement alcoolisé.
- Ex : cidres/bières (3-7°), vins (9-13°), distillés (40-60°).
- 1 unité = 1 verre standard = 10g d'alcool pur (contenant adapté au degré).
5.4. Effets de l'Alcoolisation Aiguë
- Faibles doses : euphorie, confiance en soi, accélération du débit verbal, agressivité.
- Doses importantes : incoordination motrice, troubles de l'équilibre/attention/mémoire, désorientation, confusion, troubles de la conscience, hypothermie, décès possible.
5.5. Complications de l'Alcoolisation Aiguë
- Psychiatriques (hallucinations, agressivité), neurologiques (convulsions), digestives (gastrites), traumatismes, médico-légales.
- Binge drinking (biture express) :
- Absorption rapide d'une grande quantité d'alcool (> 60g en < 2h).
- Jeunes (15-25 ans), contexte festif, effet de groupe.
- Risques majeurs : black-out, coma éthylique, accidents, dépendance.
5.6. Complications de l'Alcoolisation Chronique
- Digestives (cancers, insuffisance hépatique), neurologiques (encéphalopathies, AVC), psychiatriques (humeur, anxiété), cardiovasculaires (HTA, troubles du rythme).
- Syndrome d'Alcoolisation Foetale (SAF) :
- Passage transplacentaire de l'éthanol.
- Toxicité liée à la chronicité, quantité et épisodes de binge drinking.
- Symptômes : retard de croissance, anomalies faciales/cérébrales (persistant à vie).
5.7. Dépendance à l'Alcool
- Fréquence et tolérance élevées, craving important.
- Syndrome de sevrage : intensité variable, delirium tremens (urgence vitale).
- Co-addictions fréquentes (tabac, benzodiazépines).
6. Opioïdes
Substances activant les récepteurs opioïdes (endogènes).
6.1. Terminologie
- Opiacés : dérivés de l'opium.
- Opioïdes : toute substance (naturelle, semi-synthétique, synthétique) activant les récepteurs opioïdes. Morphine = opioïde de référence (naturel).
6.2. Source : Le Pavot Somnifère (Papaver somniferum)
- Culture légale (pharmaceutique, alimentaire) ou illégale (héroïne).
- Parties utilisées :
- Opium : latex (sève sèche de la capsule) riche en alcaloïdes (morphine, codéine).
- Paille : tiges et capsules sèches (matière première pour l'industrie pharmaceutique).
- Graines : industrie alimentaire (ne contiennent plus de sève).
6.3. Types d'Opioïdes
- Médicaments antalgiques : morphine, codéine, Fentanyl, Oxycodone, tramadol.
- Médicaments de substitution (pour limiter le craving de l'héroïne) : buprénorphine, méthadone.
- Produits illicites : héroïne.
- Attention : un médicament de substitution peut entraîner une addiction.
6.4. Modalités de Consommation
- Intraveineuse (IV) : "shoot", "fix" (héroïne, morphine).
- Orale/per os (comprimé, sirop) : morphine, méthadone.
- Nasale (sans chauffage) : "sniff" (héroïne).
- Pulmonaire (inhalation de vapeur) : "chasser le dragon" (héroïne).
6.5. Effets des Opioïdes
Variables selon la substance, la dose, la voie, l'usage.
- Phénix ("Flash") : bien-être intense et immédiat (< 30 min).
- Phase stuporeuse : somnolence, apathie, analgésie (2 à 5h).
- "Descente" : troubles cognitifs/mnésiques, anxiété.
6.6. Signes Physiques de Consommation
- Somnolence, bradypnée (diminution de la respiration), myosis (pupille fermée), hypothermie, troubles digestifs, prurit, sécheresse muqueuse.
6.7. Surdosage (Overdose)
- Augmentation accidentelle, TS, rechute après abstinence (tolérance disparue).
- Décès par arrêt respiratoire +++++ (urgence vitale).
6.8. Syndrome de Sevrage
- Tentative de sevrage volontaire/arrêt d'approvisionnement.
- Manifestations : anxiété, agitation, insomnie, douleurs diffuses, crampes.
6.9. Complications à Long Terme
- Infectieuses (partage de matériel stérile), neurologiques, digestives, cardiovasculaires.
- Sociales : perte d'emploi/logement, délinquance, prostitution.
- Psychiatriques : troubles anxieux/humeur, TS.
6.10. Dépendance aux Opioïdes
- Variations d'intensité selon le produit, tolérance majeure.
- Craving marqué.
- Dépendance physique et psychique rapide.
- Syndrome de sevrage marqué.
- Co-addictions fréquentes (cocaïne, alcool).
7. Cocaïne et Crack
Stupéfiants extraits du cocaïer.
7.1. Présentation
- Cocaïne : cristaux blancs, coupée.
- Crack : petits cailloux bruns ("rochers", "cocaïne base").
7.2. Modalités de Consommation
- Cocaïne :
- Nasale (sniffer) : usage ponctuel, récréatif, peu de dépendance.
- Intraveineuse : plus de dépendance, polysconsommateurs.
- Crack :
- Inhalation (vaporisation à la chaleur) : véritable usage addictif, dépendance rapide et sévère.
7.3. Manifestations Cliniques
- Sensation immédiate de plaisir, suivie d'une forte excitation (physique et psychique).
- Excitation physique : accélération verbale, insomnie, anorexie, agitation.
- Excitation psychique : acuité mentale, amélioration humeur, disparition fatigue, toute-puissance.
- Effets plus marqués pour le crack.
7.4. Complications
- ORL (perforation cloison nasale, cocaïne), infectieuses, psychiatriques (paranoïa, dépression), cardiovasculaires (infarctus, AVC), neurologiques (convulsions), respiratoires (crack lung).
- Syndrome de sevrage marqué : anxiété, irritabilité, craving majeur, troubles dépressifs, comportements compulsifs (crack).
- Dépendance rapide et sévère pour le crack, moins marquée pour la cocaïne.
8. Amphétamines
Produits de synthèse.
8.1. Définition et Utilisation
- Chef de file : amphétamine (Alpha-Méthyl-PhenEthyAMINE).
- Anciennes utilisations thérapeutiques (fatigue, dépression, perte de poids).
- Actuellement sur la liste des stupéfiants.
8.2. Classification des Amphétamines
- Agonistes de la dopamine : Amphétamine ("Amphé", "Speed") → psychostimulants purs.
- Agonistes dopamine, sérotonine, adrénaline : MDMA (méthamphétamine, "Ecstasy", "Speed", "Crystal", "Ice") → entactogènes (facilite communication, empathie) et hallucinogènes.
- Agonistes de la sérotonine : DOM, DOB, DOET ("STP", "Golden eagle") → hallucinogènes (rares en France).
8.3. Types d'Usage
- Usage festif : contexte de groupe, danse, sociabilité.
- Usage récréatif : transition du public au privé.
- Usage dopant : amélioration de la performance (sport, études), diminution fatigue.
8.4. MDMA (Ecstasy)
- MDMA est l'amphétamine la plus consommée.
- Formes : comprimés, poudre blanche, cristal.
- Voies : orale ("gobée"), nasale ("sniffée"), injectable (effets plus rapides/intenses).
- Consommation faible en France, souvent associée à d'autres substances (polyconsommation).
- Effets recherchés : intensification des émotions, confiance en soi, amélioration communication/empathie, euphorie, désinhibition, suppression fatigue/faim/douleur, modification des perceptions.
8.5. Complications de la MDMA
- Physiques : hyperthermie maligne (urgence vitale), hépatites, encéphalopathies, troubles cognitifs.
- Psychiatriques : troubles anxieux/dépressifs, confusion, hallucinations, délire de persécution.
Potentiel addictif modéré mais réel, dépendance psychique, risque de polyconsommation.
Syndrome de sevrage : troubles de l'humeur, anxiété, craving, insomnie, agitation, paranoïa.
9. Tabac
Nicotiana tabacum, plante néotropicale. Alcaloïde majoritaire : nicotine.
9.1. Types de Tabac
- Tabacs bruns (séchage à l'air libre) : cigarettes brunes, cigares, tabac à priser/mâcher.
- Tabacs blonds (séchage à l'air chaud) : cigarettes.
- Tabacs orientaux (séchage au soleil) : mélangés.
9.2. Formes de Consommation
- Cigarette manufacturée : feuilles hachées, aromatisées, papier, filtre.
- Cigare : feuilles roulées dans une cape en diagonale.
- Tabac à pipe : mélange de tabacs purs.
- Tabac à rouler : moins cher, plus concentré et nocif (plus de goudrons et nicotine).
- Tabac à priser : poudre absorbée par voie nasale.
- Tabac à mâcher : feuilles compressées.
- Autres : Bidies (cigarettes indiennes artisanales), Snus (sachets de poudre illégaux en France), Pipe à eau (chicha), cigarette électronique.
9.3. La Fumée du Tabac
- Trois courants :
- Primaire (principal) : inhalé par le fumeur.
- Secondaire (latéral) : dégagé par la combustion lente, inhalé par l'entourage.
- Tertiaire : exhalé par le fumeur, participe au tabagisme passif.
- Composition :
- Phase particulaire : alcaloïdes (nicotine), cancérigènes (goudrons), irritants, métaux, substances radioactives.
- Phase gazeuse : CO (monoxyde de carbone), composés organiques volatils.
- > 6000 substances différentes.
9.4. Substances Clés
- Nicotine :
- Atteint le cerveau en quelques secondes.
- Psychostimulant dopaminergique.
- Responsable de la dépendance (potentiel addictif majeur).
- Faible toxicité somatique (tachycardie, HTA). N'est pas directement cause des cancers.
- Monoxyde de carbone (CO) :
- Se fixe sur l'hémoglobine (carboxyhémoglobine) à la place de l'O2 (affinité 200x).
- Provoque hypoxie chronique.
- Toxicité cardiovasculaire.
- Irritants : (aldéhydes) → augmentent le mucus, résistence bronchique.
- Cancérigènes : (benzopyrène, dérivés nitrés) → causent mutations cellulaires.
9.5. Épidémiologie
- Âge moyen première cigarette : 14 ans.
- 24% de fumeurs quotidiens (2019).
- 49% des fumeurs réguliers sont dépendants.
- 5 millions de décès/an mondialement, 75 000 en France.
- 1ère cause de décès évitable en France.
9.6. Dépendance et Sevrage
- Dépendance rapide et puissante (surtout snus et tabac à priser).
- Craving important.
- Syndrome de sevrage : fatigue, humeur dépressive, insomnie, irritabilité, anxiété, trouble concentration, prise de poids.
9.7. Cancers et Maladies liées au Tabac
- Cancers :
- 1 cancer sur 4 est dû au tabac.
- Poumon : 90% des cancers pulmonaires (risque x10), pas de seuil, dépend de la quantité et ancienneté.
- Autres : voies aérodigestives supérieures (larynx, œsophage), pancréas, rein, vessie, ORL.
- Maladies :
- Cardiovasculaires (infarctus, HTA, AVC).
- Respiratoires (asthme, BPCO).
- Cutanées (vieillissement).
- Psychiatriques (anxiété, dépression).
- Baisse de fertilité, accouchements prématurés.
9.8. Tabagisme Passif
- Inhalation involontaire de fumée secondaire et tertiaire.
- Concerne l'entourage et l'enfant à naître.
- Conséquences :
- In utero : fausse couche, prématurité, retard de croissance, petit poids.
- Enfant : mort subite du nourrisson, otites, bronchites, asthme.
- Adulte : accidents cardiaques, AVC, cancers.
9.9. Chicha (Pipe à Eau)
- Pratique d'origine africaine/asiatique, répandue en Occident.
- Fonctionnement : tabamel (28% tabac, 70% mélasse, miel, arômes) et charbon incandescent chauffent l'eau.
- Ajout possible de cannabis/alcool.
- Sessions : 45 min-1h, usage de groupe avec partage d'embout (risque infectieux).
- Public : plus jeunes que les fumeurs de cigarettes, attrait pour la nouveauté, convivialité, fausse idée d'innocuité.
- Risques par rapport à la cigarette : plus de goudrons, CO, métaux, nicotine.
- 1 séance de chicha = 1,5 cigarettes (nicotine), 20 cigarettes (CO), 26 cigarettes (goudrons), 40 cigarettes (fumée globale).
- Risques spécifiques : maladies infectieuses (herpès, hépatites, tuberculose).
9.10. Cigarette Électronique (Vapoteuse)
- Jetable ou rechargeable, design proche de la cigarette, coût inférieur.
- Composants : batterie, chambre de vaporisation, capteur, embout, microprocesseur.
- E-liquide : nicotine (< 20mg/ml), solvants (glycérine, propylène glycol de qualité pharmaceutique), arômes. Impuretés possibles (métaux).
- Sans tabac (
THCinterdit en France). - Fumée : moins de cancérigènes, formaldéhyde, toluène que la cigarette. Présence de propylène glycol, glycérol, arômes.
- Substitut nicotinique efficace mais pas dénué de toxicité.
- Motivations : réduction tabac/risques, curiosité, coût, effet de groupe/mode (surtout ados).
- Risques : initiation/addiction au tabac, pneumopathies, toxicité CV probable, tabagisme passif probable, accidents par ingestion d'e-liquide.
10. Cannabis
Première substance illicite consommée mondialement (France 1er consommateur européen). Forte prévalence chez ados, garçons +++, diminue après 45 ans.
10.1. Types de Chanvre
- Chanvre textile (Cannabis sativa var. sativa) : grands plants, fibres, pas de détournement d'usage.
- Chanvre indien (Cannabis sativa var. indica) : petits plants, riches en principes actifs (feuilles et sommités fleuries des femelles).
- Δ9-tétrahydrocannabinol (Δ9-THC) : principal composé psychoactif, teneur variable et en augmentation.
- Cannabidiol (CBD) : protège des effets négatifs du THC, antiémétique, anxiolytique, etc. Produit psychoactif à part entière avec effets indésirables.
10.2. Formes de Consommation
- Herbe ("kif", "marijuana", "beuh") : mélange de feuilles et sommités fleuries, 5-25% de THC.
- Résine ("haschich", "shit") : poudre compressée, 10-30% de THC.
- Concentrés : huile, extraits, cires (très concentrés en THC ou CBD).
10.3. Modes de Consommation
- Inhalation :
- Joints/pipes à eau : mélange herbe/résine avec tabac (toxicité cumulée). Combustion très élevée (500-700°C).
- Fumer un joint est plus dangereux qu'une cigarette (inhalation plus longue, plus de goudrons/CO).
- Vaporisation : huiles/extraits concentrés, passage gazeux sans combustion (230°C). Moins toxique.
- Orale : "space cakes", "édibles" (préparations industrielles).
- Sublinguale : usages thérapeutiques.
10.4. Types d'Usage
- Récréatif : pour effets psychoactifs (THC élevé).
- Bien-être : produits CBD (THC < 0,2%), hors prescription.
- Thérapeutique/médical : médicaments à base de THC/CBD (industrie pharmaceutique).
10.5. Effets du Cannabis
- Faible dose : euphorie, bien-être, détente, sociabilité.
- Dose élevée : exaltation, distorsion perceptions (pas hallucinations), troubles mémoire/humeur/anxiété.
- Grande variabilité inter/intra-individuelle (état psychique, dose, mode, ancienneté).
10.6. Complications du Cannabis
- Psychiatriques : troubles anxieux/dépressifs, schizophrénie, hallucinations, suicides, TCA, syndrome amotivationnel (troubles intellectuels, indifférence affectionnelle).
- Somatiques (usagers réguliers) : cardiovasculaires (infarctus, HTA), respiratoires (bronchites, pneumothorax, cancers), baisse fertilité masculine, immunodépression.
- Troubles addictifs : syndrome de sevrage moins marqué (hypersudation, maux de tête, irritabilité, nervosité, anorexie, troubles du sommeil).
10.7. Cannabis et Accidents
Altération des perceptions, troubles mémoire/coordination/attention, temps de réaction augmenté, anomalies décisionnelles, altération apprentissage. Risque+++ pour activités à haute vigilance (conduite).
11. Protoxyde d'Azote (N₂O)
Oxyde nitreux, gaz hilarant. Incolore, goût sucré. Stable, plus lourd que l'air.
11.1. Usages
- Médical : anesthésique, analgésique.
- Industriel : gaz propulseur (cartouches chantilly), agent comburant.
- Récréatif : usage croissant.
11.2. Statut Réglementaire
- Médical : Liste I des substances vénéneuses.
- Vente libre industrielle, mais vente aux mineurs interdite depuis juin 2021 (loi renforçant l'interdiction de vente aux mineurs, et interdisant la vente aux majeurs en bars/boîtes).
- Obtention facile pour usage récréatif (cartouches, bonbonnes "Smartwhips"), prix très faible.
11.3. Modalités de Consommation Récréative
- Transfert dans un ballon de baudruche via un cracker → aspiration par la bouche.
- Effets presque instantanés, très brefs (2-3 min) : euphorie intense ("hilarante"), distorsion voix/visuelle/auditive, hallucinations.
- Contexte festif, fort potentiel addictif.
11.4. Risques
Tableau récapitulatif des risques immédiats et en cas d'utilisation régulière :
| Risques psychiques | Risques neurologiques | Risques hématologiques | |
|---|---|---|---|
| Immédiats | Brûlures (froid) par inhalation directe (-55°C) Hypoxie/anoxie → décès Abolition réflexes (toux, déglutition) Vomissements (risque inhalation) Troubles rythme cardiaque Barotraumatisme (pneumothorax, perforation tympanique) |
Anxiété, hallucinations, amnésie | |
| Usage régulier | Troubles de l'humeur Hallucinations Idées suicidaires |
Troubles mémoire Sclérose combinée de la moelle (dégénérescence, parésie due à carence B12) Encéphalopathies Troubles cognitifs |
Carence vitamine B12 (anémie, thrombopénie, leucopénie) Troubles cardiovasculaires (hypotension) |
12. Nouveaux Produits de Synthèse (NPS)
Ensemble hétérogène de molécules synthétiques ("research chemicals", "designer drugs").
12.1. Caractéristiques
- Multiplication très rapide (synthèse facile).
- Mimique les effets du cannabis, amphétamines, opioïdes.
- Effets souvent plus puissants, potentiel addictif variable.
- Vente en ligne sous noms chimiques ou commerciaux détournés ("épices", "sels de bain", "encens").
- Détournement de la législation ("Legal Highs") avec mentions "Not for human use".
12.2. Principales Classes
- Cannabinoïdes de synthèse : agonistes forts des récepteurs ; effets psychoactifs plus puissants, risque d'hallucinations/toxicité somatique plus important.
- Cathinones de synthèse (méphédrone) : mimiquent cocaïne/amphétamines, utilisées pour le "chemsex".
- Opioïdes de synthèse (certains très puissants).
- Benzodiazépines de synthèse.
- Phénétylamines, Pipérazines, Tryptamines.
13. Médicaments Psychotropes
Enjeu majeur de santé publique : France a la consommation la plus élevée d'Europe.
13.1. Ordre de Consommation en France
Anxiolytiques > hypnotiques > antidépresseurs > neuroleptiques.
13.2. Catégories de Médicaments à Risque Addictif
- Sédatifs (benzodiazépines, antihistaminiques).
- Analgésiques (morphiniques).
- Anesthésiques (propofol, kétamine, protoxyde d'azote).
- Psychostimulants (méthylphénidate).
- Autres (antimigraineux, corticoïdes, etc.).
13.3. Mécanismes de Détournement/Usage Addictif
- Chez le patient présentant une addiction : polyconsommation, substitution sauvage, gestion des effets d'autres substances, recherche de nouvelles sensations.
- Escalade médicamenteuse à l'insu du patient : suites de prescriptions (post-chir, cancer, stress), persistance symptômes, augmentation doses, associations, nomadisme médical ("doctor shopping").
- Surconsommation volontaire : recherche de plaisir, sédation, gestion du stress/sommeil. Ordonnances falsifiées, nomadisme, professions exposées (médical, travail de nuit).
14. Récapitulatif des Usages
- Usage simple : consommation sans complication, occasionnelle.
- Usage nocif : consommation répétée avec dommages (physiques, psycho-affectifs, sociaux) sans dépendance.
- Dépendance : incapacité à ne pas consommer sous peine de souffrance, vie focalisée sur la recherche du produit.
Introduction aux Addictions et Substances Psychoactives
L'addiction est une pathologie psychiatrique chronique caractérisée par une perte de contrôle de l'usage d'un objet de gratification (substance ou comportement), malgré la connaissance de ses conséquences négatives.
Étymologie et Définition du Terme "Addiction"
- Origine latine : addictus désignait celui qui était condamné à l'esclavage pour dettes.
- Moyen Âge : "être addicté" = payer ses dettes par le travail suite à un jugement.
- Époque contemporaine : "accroc" à quelque chose (passion moralement répréhensible).
- Psychiatrie : Concept élargi incluant dépendances aux substances (anciennes toxicomanies) et addictions comportementales (sans substances).
Définition de Goodman (1990) : "L'addiction est un processus où un comportement procure plaisir ou atténue un malaise interne, caractérisé par l'échec répété de contrôler ce comportement et sa poursuite malgré les conséquences négatives."
La perte de contrôle se manifeste par un besoin compulsif ou craving.
Champ des Addictions
L'addiction regroupe :
- Addictions aux substances psychoactives (SPA) : quelle que soit leur légalité.
- Addictions sans substances (comportementales) : sport, jeu pathologique, achats compulsifs, T.C.A (boulimie), cyberdépendance, addiction au travail.
- Possibilité de co-addictions et de passage d'une addiction à une autre.
Neurobiologie des Addictions : Le Circuit de la Récompense
Le circuit de la récompense implique :
- Le cortex préfrontal
- L'aire tegmentale ventrale
- Le nucleus accumbens
Ces structures sont interconnectées par des neurones dopaminergiques et modulées par d'autres neuromédiateurs. Les SPA entraînent une dérégulation du circuit méso-cortico-limbique, directement (ex: cocaïne) ou indirectement (ex: cannabis, opioïdes).
Substances Psychoactives (SPA)
Les SPA sont des substances capables de modifier l'activité cérébrale.
Classifications des SPA
1. Classification Historique (Effets sur le SNC)
- Produits Dépresseurs (psycholeptiques) : calment.
- Produits Stimulants (psychoanaleptiques) : excitent.
- Produits Perturbateurs (psychodysleptiques) : altèrent les perceptions.
Cette classification est imparfaite (ex: l'alcool peut avoir les 3 effets selon la dose).
2. Classification Recent (NPS)
- Ne tient pas compte du statut légal (licite/illicite).
- Regroupe des SPA licites (médicaments, caféine) et illicites (cocaïne).
- Rejette la distinction "drogue dure/douce" (non scientifique).
Un produit stupéfiant est une SPA interdite ou une SPA de prescription soumise à réglementation stricte (ex: morphine, fentanyl).
Types de SPA
A. Dépresseurs
Effets : sédatifs (calmants) et/ou antalgiques (contre la douleur).
- Opioïdes :
- Médicaments : tramadol, buprénorphine.
- Stupéfiants : héroïne.
- Stupéfiants de prescription : morphine, méthadone, fentanyl.
- Autres médicaments : benzodiazépines (Valium, Seresta) et autres sédatifs.
B. Stimulants
Effets : excitation physique et psychique.
- Stupéfiants : cocaïne et crack, amphétamines psychostimulantes.
- Licites : nicotine, caféine.
- Stupéfiant de prescription : méthylphénidate (Ritaline pour l'hyperactivité).
C. Perturbateurs
Effets : altération des perceptions temporo-spatiales, hallucinations, perturbations cognitives (troubles de la mémoire, ralentissement de la pensée).
- Produits illicites/stupéfiants : cannabis, amphétamines hallucinogènes (ecstasy), LSD.
- Plantes et champignons hallucinogènes : datura, mescaline, belladone, psilocybes.
- Médicaments : kétamine (anesthésique, stupéfiant de prescription).
- Licite : protoxyde d'azote.
Nouvelle Classification des NPS (Nouveaux Produits de Synthèse)
S'adapte à l'apparition de nouvelles molécules, selon les effets cliniques : opioïdes de synthèse, stimulants, empathogènes, entactogènes, hallucinogènes, dissociatifs, cannabinoïdes de synthèse, dépresseurs.
Types d'Usage des SPA (CIM-11, OMS)
1. Non-usage
Absence de consommation (temporaire, durable, définitive), soit primaire (jamais consommé) soit secondaire (abstinence après consommation).
2. Usage Simple
Consommation sans caractère pathologique, ne provoquant ni complication ni dommage, modulable.
- Usage expérimental : essai ponctuel.
- Usage occasionnel : convivialité, détente, bien-être, désinhibition.
- Usage récréatif : en groupe, plaisir, transgression, sensations fortes.
- Usage régulier : quotidien, lutte contre anxiété, automédication.
→ Ce sont des consommations socialement réglées.
3. Trouble de l'Usage
Conduite de consommation avec :
- Usage à risque : complications potentielles (situationnel : grossesse, conduite ; quantitatif : excès, ivresse aiguë, précocité, polyconsommation).
- Usage nocif : préjudiciable à la santé physique/psychique, sans que les conséquences sociales, judiciaires, professionnelles ou familiales suffisent à diagnostiquer une dépendance.
- Dépendance : incapacité à ne pas consommer sous peine de souffrance.
Critères de la Dépendance (au moins 3 sur 12 mois)
- Tolérance : nécessité d'augmenter les doses.
- Sevrage : symptômes lors de l'arrêt.
- Craving : désir puissant et irrépressible de consommer.
- Difficultés à contrôler la consommation.
- Abandon progressif d'autres plaisirs (centration).
- Poursuite de la consommation malgré les conséquences nocives.
Craving vs Tolérance vs Sevrage
| CRAVING | CRITÈRE DURABLE, CENTRAL ET SPÉCIFIQUE de l'addiction. Besoin irrépressible, perte de contrôle, perçu comme inapproprié. Intensité variable selon l'individu et les circonstances. Forte valeur prédictive de rechute. |
| TOLÉRANCE | NON DURABLE ET NON SPÉCIFIQUE. Nécessité d'augmenter les doses pour le même effet. Disparaît avec l'arrêt. |
| SEVRAGE | NON DURABLE ET NON SPÉCIFIQUE. Ensemble de symptômes psychiques (malaise, angoisse) et parfois physiques lors de l'arrêt. Symptômes temporaires, pouvant être mortels (ex: alcool). |
Symptômes des Troubles Addictifs
- Pharmacologiques : Tolérance, Sevrage.
- Comportementaux : Craving, envahissement de la vie par la recherche du produit.
- Médicaux et Sociaux :
- Complications somatiques : spécifiques (cardiaques, neurologiques, digestives) ou générales (carences, baisse immunité).
- Complications sociales : isolement, marginalisation, perte d'emploi.
- Complications psychologiques : anxiété, dépression, troubles de l'humeur, insomnie.
Polyconsommation
Usage régulier d'au moins deux SPA. Phénomène très fréquent, motivé par le renforcement ou la modulation des effets. Risque accru de dépendance et majoration des risques médicaux, sanitaires et sociaux.
Facteurs des Addictions : Schéma Trivarié
L'addiction résulte de l'interaction entre un individu, un environnement et une substance psychoactive.
A. Facteurs Liés à l'Individu
- Tempérament : stable, origine génétique (recherche de sensations, faible évitement du danger, impulsivité).
- Caractère : acquis, évolue avec expériences (estime de soi, gestion du stress).
- Personnalité : résultante du tempérament et du caractère.
Facteurs de Risque
- Tempérament et personnalité : recherche de nouveauté, difficulté à gérer le stress, faible estime de soi, impulsivité, déficit attentionnel.
- Pathologies psychiatriques : TDAH, troubles de l'humeur/anxieux, TCA, troubles de la personnalité, schizophrénie.
- Événements de la vie : deuils, divorce.
- Sexe : risque supérieur chez l'homme.
- Exposition prénatale : alcool, cannabis.
- Facteurs génétiques : prédisposition (tabac, alcool, opioïdes), interaction forte avec l'environnement.
- Âge : adolescence période à risque élevé (prise de risque, nouveauté, cerveau en maturation tardive).
B. Facteurs Liés à l'Environnement
- Familiaux : familles dysfonctionnelles, parentalité toxicomane, permissivité.
- Culturels : permissivité sociétale, publicité, normes sociales (vitesse, performance, plaisir).
- Sociaux : chômage, exclusion scolaire, précarité, marginalisation, délinquance.
- Rôle des pairs :
- Adolescence : initiation, transgression, pression de groupe.
- Adulte : maintien de la consommation.
- Sujet âgé : l'isolement peut favoriser les consommations.
C. Facteurs Liés à la Substance Psychoactive (Potentiel Addictif)
Toutes les SPA agissent sur le circuit de la récompense.
- Efficacité à engendrer une dépendance :
- Forte : héroïne, cocaïne, nicotine.
- Intermédiaire : alcool.
- Faible : cannabis, amphétamines.
- Facteurs pharmacodynamiques : Intensité de stimulation de la dopamine (directe ou indirecte).
- Facteurs pharmacocinétiques :
- Effet de pic recherché (réponse rapide et intense).
- Influencé par la voie d'administration (injectable > pulmonaire > nasale > orale).
- Forme galénique, dose absorbée.
Focus sur l'Alcool
L'alcool éthylique (éthanol) provient de la fermentation des glucides. C'est un toxique très répandu.
Exception Française
- Consommation élevée (diminue depuis 1960).
- Poids important de la filière viticole.
- Usage banalisé, permissivité sociétale.
2e cause de mortalité évitable après le tabac (41 000 décès/an en France).
Causes :
- Cancers (TAD, foie).
- Maladies cardiovasculaires.
- Maladies digestives.
- Accidents.
- Maladies mentales (démence).
Morbidité : Cancers, troubles cardio-vasculaires, pathologies hépatiques, troubles mentaux, dépendance, accidents, syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF).
Modes de Consommation et Unités
- Consommation quotidienne : hommes 65-75 ans.
- Ivresse régulière (binge drinking) : hommes 18-24 ans.
Le degré alcoolique est le volume d'éthanol/100 volumes de boisson (> 1,2% pour être alcoolisée).
1 verre standard = 1 unité = 10g d'alcool pur, quelle que soit la boisson (ex: 25cl bière à 5°, 10cl vin à 12°, 3cl spiritueux à 40°).
Effets de l'Alcool
- Faibles doses : ivresse, euphorie, confiance en soi, accélération verbale, agressivité.
- Doses importantes : incoordination motrice, troubles de l'équilibre/attention/mémoire, désorientation, confusion, troubles de la conscience, hypothermie, décès possible.
Complications (Alcoolisation aiguë)
- Psychiatriques : hallucinations, agressivité.
- Neurologiques : convulsions, encéphalopathies.
- Digestives : gastrites, pancréatites.
- Traumatismes et accidents.
- Médico-légales : coups et blessures, comportements sexuels à risque.
Binge drinking : absorption rapide (> 60g en < 2h), recherche de "défonce", jeunes (15-25 ans), contexte festif. Risques : black-out, coma éthylique, accidents, troubles cognitifs, dépendance.
Complications (Alcoolisation chronique)
- Digestives : cancers (foie, œsophage, pancréas), insuffisance hépatique, pancréatite chronique.
- Neurologiques : encéphalopathies, AVC.
- Psychiatriques : troubles de l'humeur/anxieux.
- Cardiovasculaires : HTA, troubles du rythme.
- Syndrome d'Alcoolisation Fœtale (SAF) : l'éthanol traverse le placenta, toxicité en fonction de la chronicité et quantité ingérée. Symptômes à la naissance : retard de croissance, anomalies faciales/cérébrales (persistent toute la vie).
Addiction à l'Alcool
Fréquence élevée. Tolérance importante, craving marqué. Syndrome de sevrage intense, incluant le delirium tremens (urgence vitale). Co-addictions fréquentes (tabac, benzodiazépines).
Focus sur les Opioïdes
Opiacés : dérivés de l'opium activant les récepteurs aux opiacés endogènes.
Opioïdes : toute substance (naturelle, semi-synthétique, synthétique) activant les récepteurs opioïdes (ex: morphine, opioïde de référence).
Classification des Opioïdes
Selon :
- Nature (naturels, semi-synthétiques, synthétiques).
- Statut légal (licite/illicite).
- Action pharmacologique.
Pavot à Opium (Papaver somniferum)
Plante cultivée légalement (pharmacie, alimentaire) ou illégalement (héroïne).
- Opium : latex (sève sèche), riche en alcaloïdes (morphine, codéine).
- Paille : tiges et capsules sèches, matière première pour l'industrie pharmaceutique.
- Graines : utilisées en industrie alimentaire.
Exemples d'Opioïdes
- Médicaments antalgiques : Morphine, Codéine, Fentanyl, Oxycodone, Tramadol.
- Médicaments de substitution : Buprénorphine, Méthadone (pour gérer le craving de l'héroïne). Peuvent entraîner une addiction.
- Produits illicites : Héroïne.
Modes de Consommation
- Intraveineuse (IV) : héroïne, morphine.
- Orale (comprimé, sirop) : morphine, méthadone.
- Nasale ("sniff") : héroïne.
- Pulmonaire ("chasser le dragon") : héroïne.
Les effets varient selon l'opioïde, la dose, la voie d'administration et la fréquence d'usage. Les produits de coupe sur le marché illicite altèrent la pureté.
Manifestations Cliniques/Effets Recherchés
- Flash : bien-être intense et immédiat (< 30 min).
- Phase stuporeuse : somnolence, apathie, analgésie (2-5h).
- Descente : troubles cognitifs, mnésiques, anxieux.
Signes d'une Surdose/Intoxication
- Somnolence, bradypnée (dépression respiratoire).
- Myosis (pupille fermée), hypothermie.
- Troubles digestifs, prurit, sécheresse muqueuse.
L'overdose est une URGENCE VITALE (arrêt respiratoire), causée par augmentation accidentelle de dose, tentative de suicide, ou rechute après abstinence (perte de tolérance).
Syndrome de Sevrage
Lors d'un arrêt volontaire ou rupture d'approvisionnement : anxiété, agitation, insomnie, douleurs diffuses, crampes.
Complications au Long Cours
- Infectieuses, neurologiques, digestives, cardiovasculaires.
- Sociales : perte d'emploi/logement, délinquance, prostitution.
- Psychiatriques : troubles anxieux/humeur, troubles de la personnalité, tentatives/suicides.
Addiction aux Opioïdes
- Tolérance majeure, craving marqué.
- Dépendance physique et psychique rapide.
- Syndrome de sevrage marqué.
- Co-addictions fréquentes (cocaïne, alcool).
Focus sur la Cocaïne et le Crack
Stupéfiants extraits des feuilles de cocaïer. La cocaïne est issue du traitement chimique des feuilles, le crack est un dérivé de la cocaïne ("cocaïne base").
- Cocaïne : cristaux blancs, mélangés à des produits de coupage.
- Crack : petits cailloux bruns ("rochers").
Modes de Consommation
- Cocaïne :
- Nasale (sniffer) : usage occasionnel, récréatif, peu de dépendance.
- Intraveineuse : plus de dépendance, polysconsommateurs (héroïne/cocaïne).
- Crack : inhalation (après vaporisation). Dépendance rapide et sévère.
Manifestations Cliniques
Sensation immédiate de plaisir, suivie d'une forte excitation physique et psychique.
- Excitation physique : accélération verbale, insomnie, anorexie, agitation.
- Excitation psychique : acuité mentale augmentée, euphorie, disparition de la fatigue, sentiment de toute-puissance.
Effets plus marqués avec le crack qu'avec la cocaïne.
Complications
- ORL (cocaïne) : perforation cloison nasale.
- Infectieuses : VIH, hépatite (par partage de paille), IST.
- Psychiatriques : paranoïa, syndrome délirant, dépression, anxiété, TS.
- Cardiovasculaires : troubles du rythme, infarctus, thromboses.
- Neurologiques : AVC, convulsions, déficit cognitif.
- Respiratoires (crack) : bronchospasme, pneumothorax, détresse respiratoire aiguë ("crack lung").
Syndrome de sevrage marqué : anxiété, irritabilité, fatigue, craving majeur, troubles dépressifs, comportements compulsifs de recherche du produit. Dépendance rapide et sévère pour le crack.
Focus sur les Amphétamines
Produits de synthèse (Alpha-Méthyl-PhenEthyAMINE, "Amphé", "Speed"). Historiquement utilisés pour fatigue, dépression, perte de poids. Inscrits sur la liste des stupéfiants.
Classification :
- Agonistes de la dopamine : Amphétamine (psychostimulants purs).
- Agonistes dopamine, sérotonine, adrénaline : MDMA (Ecstasy/Crystal) = entactogènes et hallucinogènes.
- Agonistes de la sérotonine : DOM, DOB, DOET (hallucinogènes).
Usages :
| USAGE FESTIF | Contexte de groupe (fête, musique), sociabilité. |
| USAGE RÉCRÉATIF | Transition de l'usage festif au cadre privé. |
| USAGE DOPANT | Amélioration des performances (sportives, intellectuelles), diminution de la fatigue (contexte professionnel). |
MDMA (Ecstasy) est l'amphétamine la plus consommée. Comprimés, poudres, cristaux. Consommée oralement, nasalement ou par injection (plus rapide/intense). Faible consommation en France, souvent associé à alcool/cannabis/opioïdes.
Effets Recherchés (MDMA)
- Intensification des émotions et sensations (effet entactogène).
- Confiance et estime de soi, amélioration communication, empathie.
- Euphorie, désinhibition, hypervigilance.
- Suppression fatigue/faim/douleur.
- Modification perception de l'environnement.
Complications (MDMA)
| PHYSIQUES | Hyperthermie maligne (urgence vitale), hépatites, encéphalopathies, convulsions, troubles cognitifs. |
| PSYCHIATRIQUES | Troubles anxieux/dépressifs, syndrome confusionnel, hallucinations, délire de persécution. |
Potentiel addictif modéré mais réel (dépendance psychique), risque de polyconsommation. Syndrome de sevrage : troubles de l'humeur, anxiété, craving, insomnie, agitation, paranoïa.
Focus sur le Tabac
Nicotiana tabacum, plante tropicale. Nicotine est l'alcaloïde majoritaire, stockée dans les feuilles. Ces feuilles sont séchées, transformées et commercialisées.
Types de Tabacs
| TABACS BRUNS | Séchage à l'air libre, grandes feuilles. Cigarettes brunes, cigares, tabac à priser/mâcher. |
| TABACS BLONDS | Séchage à l'air chaud. Majorité des cigarettes (blondes). |
| TABACS ORIENTAUX | Séchage au soleil. Utilisés en mélange. |
Autres types :
- Cigarette manufacturée (feuilles hachées, filtre).
- Cigare (feuilles enroulées en diagonale).
- Cigarillos (mélange de tabacs purs).
- Tabac à rouler : moins cher, plus concentré et nocif (goudrons, nicotine).
- Tabac à priser (poudre absorbée par voie nasale).
- Tabac à mâcher (feuilles compressées).
- Bidies (artisanales indiennes, tabac dans feuille d'eucalyptus).
- Snus (sachets de poudre, interdit en France).
- Pipe à eau (chicha, narguilé), cigarette électronique.
La Fumée du Tabac
Trois Courants :
| COURANT PRIMAIRE (PRINCIPAL) : S1 | Inhalé par le fumeur. |
| COURANT SECONDAIRE (LATÉRAL) : S2 | Dégagé par la combustion lente, inhalé par le fumeur et l'entourage. |
| COURANT TERTIAIRE : S3 | Exhalé par le fumeur, participe au tabagisme passif. |
Composition :
Plus de 6000 substances issues d'une combustion incomplète (> 900°C).
- Phase particulaire : nicotine, cancérigènes, irritants, métaux, substances radioactives, cyanure.
- Phase gazeuse : monoxyde de carbone (CO), composés organiques volatils.
Fumée inhalée fonctionne comme un aérosol absorbé par les alvéoles pulmonaires.
Substances Clés
- NICOTINE : Principal alcaloïde, atteint le cerveau en secondes. Psychostimulant (augmente dopamine). Responsable de la dépendance majeure. Toxicité somatique faible (tachycardie, HTA).
- MONOXYDE DE CARBONE (CO) : Se fixe sur l'hémoglobine (200x plus que O2) et la myoglobine cardiaque. Provoque hypoxie chronique et toxicité cardiovasculaire.
- IRRITANTS : Aldéhydes, acroléine... augmentent le mucus, irritent les voies aériennes.
- CANCÉRIGÈNES : Hydrocarbures (benzopyrène), nitrosamines.
Épidémiologie et Effets Recherchés
- Age moyen 1ère cigarette : 14 ans.
- Prévalence en baisse. 49% des fumeurs réguliers sont dépendants.
- 1ère cause de décès évitable en France (75 000 décès/an).
Effets recherchés : plaisir, vigilance, concentration, amélioration humeur, diminution anxiété/faim, perte de poids.
Dépendance et Sevrage
Dépendance rapide et puissante (surtout Snus, tabac à priser). Craving important. Syndrome de sevrage marqué : fatigue, humeur dépressive, insomnie, irritabilité, anxiété, troubles concentration, augmentation appétit, prise de poids.
Cancers et Maladies Liées au Tabac
- Cancers : 1 cancer sur 4 est dû au tabac.
- Poumon : 90% des cas, risque multiplié par 10. Pas de seuil de risque.
- Autres : VADS (larynx, oropharynx, œsophage), pancréas, rein, vessie, ORL.
- Maladies cardiovasculaires : infarctus, HTA, AVC.
- Maladies respiratoires : asthme (aggravé), BPCO.
- Maladies cutanées : vieillissement cutané, coloration ongles.
- Maladies psychiatriques : anxiété, dépression, schizophrénie, troubles bipolaires.
- Fertilité : hypofertilité, accouchements prématurés.
Tabagisme Passif
Inhalation involontaire de fumée par l'entourage (familial, professionnel) et l'enfant in utero.
Conséquences :
- In utero : fausses couches, prématurité, retard de développement fœtal, petit poids de naissance.
- Enfant : risque de mort subite, otites, rhinopharyngites, bronchites, asthme.
- Adulte : accidents cardiaques, AVC, cancers pulmonaires et ORL.
Chicha (Pipe à Eau)
Origine africaine/asiatique, très répandue en Occident. Session de 45-60 min en groupe. Tabamel : 28% tabac, 70% mélasse, miel, arômes. Possibilité d'ajout de cannabis/alcool. Attrait pour les jeunes : convivialité, réputation erronée d'innocuité.
Risques : plus de goudrons, CO, métaux, nicotine qu'une cigarette. 1 session de chicha = 1,5 cigarettes (nicotine), 20 cigarettes (CO), 26 cigarettes (goudrons), 40 cigarettes (fumée).
Risques spécifiques : maladies infectieuses (partage d'embout) : herpès, hépatites, tuberculose.
Cigarette Électronique (Vapoteuse)
Jetable ou rechargeable. Coût inférieur à la cigarette classique. Contient : batterie, chambre de vaporisation, microprocesseur.
Composition e-liquide :
- Nicotine (< 20mg/ml en France).
- Solvants (glycérine, propylène glycol - qualité pharmaceutique).
- Arômes, impuretés, parfois alcool, CBD, THC (interdit en France).
Composition de la fumée : concentration nicotine comparable, mais 40x moins de cancérigènes, 9x moins de formaldéhyde, 120x moins de toluène que la cigarette classique. Présence de propylène glycol, glycérol, arômes.
Bon substitut nicotinique mais pas dépourvue de toxicité (études en cours).
Raisons d'usage :
- Réduction/sevrage tabagique, réduction des risques.
- Curiosité (risque d'initiation au tabac).
- Coût, effet de groupe/mode (populaire chez les ados).
Risques :
- Initiation/addiction au tabac.
- Pneumopathies liées au vapotage (mécanisme inconnu).
- Toxicité cardiovasculaire probable.
- Tabagisme passif probable.
- Accidents par ingestion d'e-liquide.
Focus sur le Cannabis
Ne pas confondre avec :
- Endocannabinoïdes (organismes mammifères).
- Exocannabinoïdes (phytocannabinoïdes = cannabis, règne végétal).
- Cannabinoïdes de synthèse (NPS, industrie chimique).
1ère substance illicite consommée au monde. France 1er consommateur européen. Forte prévalence chez les adolescents (garçons > filles).
Chanvre
- Chanvre textile : grand, fibres textiles, non détourné d'usage.
- Chanvre indien : petit, riche en principes actifs (feuilles et sommités fleuries des femelles).
- Δ9-tétrahydrocannabinol (Δ9-THC) : principal composé psychoactif, teneur variable et en augmentation.
- Cannabidiol (CBD) : protecteur contre effets négatifs du THC, antiémétique, anti-inflammatoire, anxiolytique.
Formes de Consommation
- Herbe : "kif, marijuana, ganja, beuh". Mélange de feuilles et sommités fleuries hachées/séchées. 5-25% de THC.
- Résine : "haschich, hasch, shit". Poudre compressée. 10-30% de THC.
- Concentrés : huiles, extraits, cires, teintures. Très concentrés en THC ou CBD.
Modes de Consommation
- Inhalation :
- Cigarettes ("joints") ou pipes à eau : mélange avec tabac (toxicité cumulée). Température combustion très élevée (500-700°C). Plus dangereux qu'une cigarette classique (inhalation longue, dégagement CO/goudron supérieur).
- Vaporisation : huiles/extraits concentrés, sans combustion (< 230°C). Moins toxique que la fumée, pas de goudron/CO. (Vaporisateurs, e-cigarettes pour cette usage).
- Voie orale : space cakes, edibles (préparations alimentaires industrielles).
- Voie sublinguale : usages thérapeutiques.
Types d'Usage
| RÉCRÉATIF | Effets psychoactifs, teneurs en THC élevées. Légal dans certains pays (pas la France). |
| BIEN-ÊTRE | Produits à base de CBD (tisanes) pour qualité de vie (< 0,2% THC). Hors prescription. |
| THÉRAPEUTIQUE/MÉDICAL | Médicaments à base de THC et/ou CBD, industrie pharmaceutique. Études en cours en France. |
Effets du Cannabis
- Faible dose : euphorie, bien-être, détente, sociabilité.
- Dose élevée : exaltation, distorsion perceptions temporo-spatiales, troubles mémoire/humeur, troubles anxieux.
Variabilité inter/intra-individuelle importante (état psychique, dose THC, mode, ancienneté).
Complications
| PSYCHIATRIQUES | Troubles anxieux/dépressifs, schizophrénie, hallucinations, suicides (jeunes), TCA. Syndrome amotivationnel : troubles intellectuels, indifférence affective, déficit professionnel/scolaire chez les usagers réguliers. |
| SOMATIQUES | Usagers réguliers : troubles cardiovasculaires (infarctus, HTA), respiratoires (bronchites, cancers bronchopulmonaires), diminution fertilité masculine, immunodépression. |
| TROUBLES ADDICTIFS | Syndrome de sevrage moins marqué mais existant : hypersudation, céphalées, irritabilité, nervosité/anxiété, anorexie, troubles du sommeil. |
Cannabis et accidents : perceptions sensorielles altérées, erreurs d'appréciation temps/espace, troubles mémoire/coordination, déficit attentionnel, temps de réaction augmenté, prise de décision altérée. Risque élevé pour activités à haute vigilance (ex: conduite).
Focus sur le Protoxyde d'Azote (N₂O)
Gaz hilarant, incolore, goût sucré. Très stable, plus lourd que l'air, puissant gaz à effet de serre.
Usages
- Médical : Anesthésique, analgésique (liste I substances vénéneuses).
- Industriel : gaz propulseur (chantilly), agent comburant.
- Récréatif : via bonbonnes de gaz propulseur ou cartouches ("Smartwhips"). Coût très faible, vente libre (avant 2026).
Transfert dans ballon de baudruche, aspiration. Effets quasi instantanés, très brefs (2-3 min) : euphorie, rires, voix grave, distorsions visuelles/auditives, hallucinations. Potentiel addictif élevé.
Complications
| IMMÉDIATES | Brûlures graves (-55°C) par inhalation directe (lèvres, oropharynx), œdème pulmonaire létal. Hypoxie/Anoxie et décès par manque d'oxygène. Abolition réflexes, vomissements (risques d'inhalation). Barotraumatisme (pneumothorax). Manifestations neuropsychiatriques (anxiété, hallucinations, amnésie). |
| UTILISATION RÉGULIÈRE |
|
Nouveaux Produits de Synthèse (NPS)
Ensemble hétérogène de molécules synthétiques ("research chemicals", "designer drugs"). Multiplication rapide, synthèse facile. Miment les effets du cannabis, amphétamines, opioïdes. Effets souvent plus puissants, potentiel addictif variable.
Vendus en ligne sous noms chimiques ou commerciaux ("épices", "sels de bain", "encens"). Détournement de législation ("Legal Highs") : inscrits "Not for human use".
Principales Classes :
- Cannabinoïdes de synthèse.
- Cathinones de synthèse.
- Opioïdes de synthèse (certains très puissants).
- Benzodiazépines de synthèse.
- Phénétylamines, Pipérazines, Tryptamines.
Cannabinoïdes de Synthèse
Nombreux dérivés, vendus comme euphorisants légaux. Agonistes forts des récepteurs cannabinoïdes : effets psychoactifs plus puissants que le cannabis, risque d'hallucinations plus important, toxicité somatique plus élevée. Décès répertoriés (toxicité directe/indirecte). Risques à long terme inconnus.
Cathinones de Synthèse
Dérivent de la cathinone naturelle (Khat). Plus de 50 molécules (méphédrone, méthcathinone). Préparées en poudres/gélules, vendues comme sels de bain/engrais. Effets stimulants (mimant cocaïne/amphétamines), consommées en chemsex. Accidents somatiques et psychiatriques.
Addiction aux Médicaments Psychotropes
Enjeu majeur de santé publique en France (plus forte consommation d'Europe).
Ordre : anxiolytiques > hypnotiques > antidépresseurs > neuroleptiques.
Classes de molécules concernées :
- Sédatifs (benzodiazépines, antihistaminiques).
- Analgésiques (morphiniques).
- Anesthésiques (propofol, kétamine, protoxyde d'azote).
- Psychostimulants (méthylphénidate).
- Autres (antimigraineux, corticoïdes, etc.).
Mécanismes d'Apparition des Conduites Addictives
- Sujets présentant une addiction : polyconsommateurs, substitution sauvage, gestion des effets d'autres molécules, recherche de sensations.
- Escalade médicamenteuse à l'insu du patient : prescription médicale (post-chirurgie, douleurs chroniques), persistance des symptômes, augmentation progressive des doses, associations de produits, nomadisme médical ("doctor shopping").
- Surconsommation médicamenteuse volontaire : recherche de plaisir/sédation, ordonnances falsifiées, nomadisme médical et pharmaceutique, marché clandestin. Professions exposées (médicales, voyages, travail de nuit).
Synthèse : Types d'Usage
- Usage simple : consommation sans complication, ponctuelle, occasionnelle.
- Usage nocif : consommation répétée avec dommages (physiques, psychiques, sociaux) pour le sujet ou son environnement.
- Dépendance : incapacité à ne pas consommer sous peine de souffrance, vie focalisée sur la recherche et la prise de produit. Installation rapide ou progressive selon la substance.
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