Chap 3
95 cardsCe cours décrit la définition des solutions, les concepts de solubilité totale et intrinsèque, l’influence du pH, de la constante diélectrique et des co‑solvants, les méthodes de détermination de la solubilité, la solubilisation micellaire, les facteurs affectant la stabilité (pH, force ionique, température, lumière) ainsi que les procédés de formulation et de contrôle de qualité des préparations liquides.
95 cards
Un principe actif présente une solubilité pratiquement insoluble dans l'eau pure (< 0,1 mg/ml). Expliquez le mécanisme par lequel l'ajout d'un cosolvant (propylène glycol, éthanol) améliore sa solubilité,
L'ajout d'un cosolvant comme le propylène glycol (ε=29) ou l'éthanol (ε=25) à un milieu aqueux (ε=80.4) permet d'ajuster la constante diélectrique globale de la solution. Chaque substance a une demande diélectrique préférentielle pour une solubilité maximale. En ajustant le mélange de solvants pour qu'il corresponde à cette demande, on favorise la rupture des liaisons intermoléculaires du soluté, le solvant pouvant alors l'entourer et le solubiliser.
Expliquez pourquoi une micelle change de forme quand la concentration en tensioactif augmente, et les conséquences sur les propriétés de la solution (viscosité).
L'augmentation de la concentration en tensioactif au-delà de la c.m.c. entraîne une réorganisation des micelles.
D'abord sphériques, elles s'agrègent pour former des structures ellipsoïdales, puis des feuillets plans ou des phases hexagonales/cubiques.
Cette transformation structurale provoque une augmentation brutale de la viscosité de la solution, due à l'enchevêtrement des structures micellaires plus grandes et ordonnées.
Un PA peu soluble doit être formulé dans une solution parentérale.
Justifiez le choix entre :
(1) un système cosolvant avec éthanol + propylène glycol ;
(2) une complexation avec cyclodextrines ;
(3) une émulsion I/H.
Pour un PA peu soluble en solution parentérale, le système cosolvant (éthanol + propylène glycol) est souvent préféré car il permet d'ajuster la polarité du milieu pour une meilleure solubilité du PA. La complexation par cyclodextrines est efficace mais peut être coûteuse et potentiellement immunogène. Les émulsions I/H sont plutôt indiquées pour des substances très lipophiles, et leur stabilité ainsi que le risque d'embolie sont des préoccupations majeures pour une administration IV.
Décrivez le mécanisme par lequel l'augmentation de la température fait effet sur la CMC des surfactifs non-ioniques
L'augmentation de la température désolvate ( déshydrate) les chaînes polyoxyéthylènes des surfactifs non-ioniques. Cette perte d'hydratation diminue leur caractère hydrophile, favorisant l'agrégation des molécules de surfactif. La tendance à former des micelles est ainsi accrue, ce qui se traduit par une diminution de la CMC.
Cependant, le dioxane est un solvant très toxique, ce qui le rend impropre à une utilisation dans des formulations administrées in vivo. Pour ces applications, des systèmes co-solvants plus sûrs et biocompatibles sont préférés.
La tension superficielle montre un changement de pente net au-delà de la CMC. La turbidité augmente brusquement avec la formation des micelles qui dispersent la lumière. La conductivité, pour les tensioactifs ioniques, diminue car les ions sont moins mobiles dans les micelles qu'en solution libre.
La méthode la plus pratique est souvent la mesure de tension superficielle, car elle est rapide, ne nécessite pas d'équipement complexe et donne un changement de pente très clair. La turbidimétrie est également simple mais peut être moins précise pour des CMC très basses.
2 C6H8O7 + 3 Mg(HCO3)2 → 2 Mg3(C6H5O7)2 + 6 H2O + 6 CO2↑.
Le sirop, composé principalement de saccharose, peut être hydrolysé en glucose et fructose par catalyse acide.
1. Choisir un véhicule compatible : privilégier un véhicule qui maintient la solubilité du PA, potentiellement en utilisant des co-solvants (éthanol, glycérol, PEG) ou des agents de solubilisation (tensioactifs, cyclodextrins) si nécessaire.
2. Contrôler le pH : si le PA est ionisable, son profil de solubilité dépend du pH. L'ajustement du pH dans une zone de solubilité peut éviter la précipitation.
3. Utiliser des techniques de formulation spécifiques : comme les systèmes micellaires pour les PA très hydrophobes ou les dispersions solides.
L'équation s'écrit :
Expliquez les différences fondamentales entre solubilité totale (Cs) et solubilité intrinsèque (C₀), en justifiant pourquoi cette distinction est critique pour formuler une solution injectable d'une substance faiblement basique.
La solubilité totale (Cs) représente la concentration maximale de toutes les formes d'une substance (dissociées et non dissociées) dans un solvant à une température et un pH donnés. La solubilité intrinsèque (C₀), quant à elle, ne considère que la solubilité de la forme non dissociée de la substance, indépendamment du pH.
Pour une substance faiblement basique, cette distinction est critique car sa solubilité dépend fortement du pH. À un pH inférieur à son pKa, la substance sera majoritairement protonée (ionisée), augmentant sa solubilité aqueuse par rapport à sa forme non ionisée (C₀). Si l'on vise une concentration injectable supérieure à C₀ mais inférieure à Cs, il faut ajuster le pH pour maximiser la proportion de forme non ionisée tout en assurant une solubilité suffisante pour la forme ionisée présente à ce pH. Cela garantit la stabilité et la biodisponibilité du principe actif.
Pour une base faible :
Si
pH < pKa
La base est surtout protonée :
B + H⁺ → BH⁺
➡️ forme ionisée
➡️ plus soluble dans l’eau
➡️ passe moins bien les membranes
Si
pH > pKa
La base perd son proton et devient surtout non ionisée :
BH⁺ → B + H⁺
➡️ forme non ionisée
➡️ moins soluble dans l’eau
➡️ passe mieux les membranes
Donc phrase simple :
Pour une substance faiblement basique, quand le pH devient supérieur au pKa, elle est majoritairement sous forme non protonée B, donc non ionisée. Sa solubilité aqueuse diminue, mais sa perméabilité membranaire augmente.
Oui tu as raison — pour traverser les membranes, c’est surtout la forme non ionisée qui passe le mieux.
Mais ici, la question parle d’autre chose : la solubilité dans l’eau, pas le passage membranaire.
À retenir :
Forme | Solubilité dans l’eau | Passage membrane |
Non ionisée | ↓ moins soluble | ↑ passe mieux |
Ionisée / sel | ↑ très soluble | ↓ passe moins bien |
Donc pour un acide faible comme la pénicilline :
Forme libre HA = peu ionisée → passe mieux les membranes, mais peu soluble dans l’eau
Forme sel sodique A⁻ Na⁺ = ionisée → très soluble dans l’eau, mais passe moins bien les membranes
Phrase simple à dire à l’oral :
La formation d’un sel augmente la solubilité aqueuse car la molécule devient ionisée et interagit mieux avec l’eau. Par contre, cette forme ionisée traverse moins facilement les membranes lipidiques que la forme non ionisée. Donc solubilité et perméabilité membranaire ne vont pas toujours dans le même sens.
Donc si j'ai bien compris, vu qu'ici c'est une forme injectable, on cherche plutôt à avoir la forme ionisée, vu que c'est soluble dans l'eau, du coup soluble dans le sang. Mais si ça aurait été une forme orale, alors là, on aurait plutôt favorisé la forme non ionisée, c'est ça?
Oui, globalement tu as bien compris, mais avec une nuance importante.
Injectable
On veut surtout que le PA soit bien soluble dans l’eau → donc souvent on favorise la forme ionisée / sel.
➡️ Exemple : sel sodique, chlorhydrate, etc.
➡️ But : éviter précipitation, permettre une solution claire injectable.
Orale
On cherche un équilibre :
Dans le tube digestif : il faut que le PA soit assez soluble pour se dissoudre.
Pour traverser la membrane intestinale : la forme non ionisée passe mieux.
Donc on ne veut pas “uniquement non ionisé”, mais plutôt :
assez soluble pour se dissoudre + assez non ionisé pour traverser.
Phrase à retenir :
En injectable, la priorité est la solubilité aqueuse, donc on favorise souvent la forme ionisée. En voie orale, il faut un compromis entre solubilité dans les liquides digestifs et perméabilité membranaire, donc la forme non ionisée favorise l’absorption.
La meilleure stabilité est généralement celle de la teinture. L'extrait fluide, plus concentré en principes actifs et souvent avec une teneur en alcool moindre ou complété par des conservateurs, peut être moins stable à long terme, surtout si le solvant est principalement aqueux et ne contient pas d'agents conservateurs suffisants.
1. Ajustement du pH : Identifier le pKa du stéroïde. Si acide, augmenter le pH vers sa valeur de solubilité maximale (souvent au-delà du pKa). Si basique, diminuer le pH. Utiliser un système tampon approprié (ex: citrate, phosphate) pour maintenir le pH choisi et assurer la stabilité, tout en considérant l'effet du tampon sur la cinétique de dégradation.
2. Utilisation de cosolvants : Incorporer des cosolvants miscibles à l'eau tels que l'éthanol, le propylène glycol, ou les PEG liquides. Leur sélection repose sur la détermination de la constante diélectrique préférentielle du stéroïde.
3. Isotonie : Calculer et ajuster la tonicité de la solution finale, souvent avec du NaCl, du glucose ou du mannitol, pour la rendre compatible avec les fluides biologiques (isotonique au sang).
1. **Solubilisation** : Utiliser des co-solvants (ex: propylène glycol, éthanol) ou des systèmes micellaires si le PA est lipophile et peu dosé, en optimisant le pH et la constante diélectrique du véhicule.
2. **Isotonie** : Ajuster avec des agents isotonisants (NaCl, glucose) pour correspondre à la tonicité des larmes (0.9% NaCl).
3. **pH optimal** : Choisir un pH proche de celui des larmes (environ 7.4), en utilisant des tampons (ex: phosphates, borates) pour maintenir ce pH et assurer la stabilité et la tolérance du PA.
4. **Conservation** : Intégrer un conservateur antimicrobien efficace à ce pH et compatible avec les autres excipients (ex: parabènes, chlorure de benzalkonium), surtout pour les flacons multidoses.
- Ajuster le pH : Maintenir un pH acide (entre 3 et 4.5) stabilise l'adrénaline en favorisant sa forme protonée moins susceptible à l'oxydation.
- Ajouter des antioxydants : Des agents comme le disulfite de sodium ou l'acide ascorbique sont essentiels pour piéger les radicaux libres.
- Conditionner dans un emballage protecteur : L'utilisation d'ampoules en verre brun protège de la photolyse et de la lumière, tandis que le remplissage sous atmosphère inerte (azote) limite le contact avec l'oxygène.
1. Préparation de solutions tampons à différents pH.
2. Ajout de la substance amphotère en excès dans chaque tampon jusqu'à saturation, en maintenant une température constante.
3. Laisser reposer pour atteindre l'équilibre (minimum 24 heures).
4. Séparation de la phase solide non dissoute par centrifugation ou filtration.
5. Dosage de la concentration de la substance dissoute dans le surnageant par une méthode analytique appropriée (ex: spectrophotométrie UV, HPLC).
Ce profil de solubilité, représentant la solubilité totale (Cs) en fonction du pH, est crucial. Pour une substance amphotère, la solubilité est généralement minimale à son point isoélectrique (pI), où elle est sous forme zwitterionique et la moins soluble. La solubilité augmente significativement lorsque le pH s'éloigne du pI, car la substance s'ionise davantage (forme cationique à pH bas, forme anionique à pH élevé).
Le pH optimal de formulation sera donc choisi dans une zone où la solubilité de la substance est maximale et sa stabilité garantie, tout en considérant les autres contraintes de la formulation (compatibilité avec les excipients, voie d'administration). Il est généralement conseillé de formuler à un pH éloigné du pI.
Pour les **tensioactifs ioniques**, l'électrolyte agit comme un contre-ion, **neutralisant les charges** et réduisant la répulsion, ce qui favorise l'agrégation et abaisse la CMC.
Pour les **tensioactifs non-ioniques**, l'électrolyte diminue l'hydratation des chaînes hydrophiles (ex. POEt), rendant la partie hydrophobe plus
Voie Orale : Absorption gastro-intestinale, biodisponibilité influencée par le passage à travers la paroi intestinale et le métabolisme de premier passage. La solubilisation micellaire facilite l'absorption.
Voie Parentérale : Injection directe dans la circulation sanguine. Les micelles favorisent la solubilisation de PA peu hydrosolubles, permettant leur administration par voie IV ou IM. La biodisponibilité est généralement plus élevée et plus rapide.
Voie Topique : Pénétration à travers la peau. Les micelles peuvent améliorer la pénétration du PA dans les couches cutanées, mais la libération et l'absorption systémique sont plus lentes et limitées par la barrière cutanée.
Justifiez pourquoi l'équation de Noyes-Whitney explique que l'augmentation de la température et l'augmentation de la surface du solide accélèrent la dissolution d'un PA peu soluble.
L’équation de Noyes-Whitney explique que la vitesse de dissolution dépend de :
dm/dt = D · A · (Cs − Cb) / h
A = surface du solide en contact avec le liquide
D = coefficient de diffusion
Cs = concentration à saturation / solubilité
Cb = concentration déjà dissoute dans le milieu
h = épaisseur du film stagnant autour de la particule
Donc :
Si on augmente la surface A
→ par exemple en broyant le PA en particules plus fines
→ il y a plus de contact entre le solide et le liquide
→ donc dm/dt augmente
→ la dissolution est plus rapide.Si on augmente la température
→ la solubilité Cs augmente souvent
→ le coefficient de diffusion D augmente car les molécules bougent plus vite
→ donc dm/dt augmente
→ la dissolution est accélérée.
Phrase orale simple :
“Selon Noyes-Whitney, la dissolution est accélérée quand la surface de contact A augmente et quand la température augmente, car cela augmente la diffusion D et souvent la solubilité Cs. Le gradient Cs − Cb devient plus favorable, donc le PA peu soluble se dissout plus vite.”
À partir du profil de solubilité d'un acide faible en fonction du pH, expliquez pourquoi la formation d'un sel (ex. : sel sodium de la pénicilline) améliore dramatiquement sa solubilité aqueuse comparée à la forme libre.
Un acide faible, comme la pénicilline, existe principalement sous sa forme non ionisée (C0) en milieu acide.
Cette forme non ionisée a une solubilité intrinsèque limitée. En augmentant le pH, la forme acide se dissocie, formant des ions (Cs). Cependant, sa solubilité totale (Cs) reste limitée car la forme ionique, bien que plus polaire, peut encore avoir une solubilité aqueuse restreinte.
En formant un sel, par exemple le sel de sodium de la pénicilline, on crée une espèce hautement ionisée et donc beaucoup plus soluble dans l'eau. Cela est dû à la forte interaction ion-dipôle avec les molécules d'eau, surpassant la solubilité intrinsèque de la forme acide libre.
Oui tu as raison — pour traverser les membranes, c’est surtout la forme non ionisée qui passe le mieux.
Mais ici, la question parle d’autre chose : la solubilité dans l’eau, pas le passage membranaire.
À retenir :
Forme | Solubilité dans l’eau | Passage membrane |
Non ionisée | ↓ moins soluble | ↑ passe mieux |
Ionisée / sel | ↑ très soluble | ↓ passe moins bien |
Donc pour un acide faible comme la pénicilline :
Forme libre HA = peu ionisée → passe mieux les membranes, mais peu soluble dans l’eau
Forme sel sodique A⁻ Na⁺ = ionisée → très soluble dans l’eau, mais passe moins bien les membranes
Phrase simple à dire à l’oral :
La formation d’un sel augmente la solubilité aqueuse car la molécule devient ionisée et interagit mieux avec l’eau. Par contre, cette forme ionisée traverse moins facilement les membranes lipidiques que la forme non ionisée. Donc solubilité et perméabilité membranaire ne vont pas toujours dans le même sens.
Une substance amphotère (acide faible + base faible) présente sa stabilité maximale à un pH spécifique. Décrivez comment identifier expérimentalement ce pH optimal et justifiez-le théoriquement.
Pour identifier expérimentalement le pH optimal de stabilité d'une substance amphotère, on prépare des solutions à différentes valeurs de pH et on suit la diminution de la concentration du principe actif dans le temps. On détermine la constante de vitesse de dégradation (k) pour chaque pH. Le tracé de log k en fonction du pH révèle le pH de stabilité maximale.
Théoriquement, ce pH correspond au point isoélectrique (pI). À ce pH, la charge nette de la molécule est nulle, minimisant ainsi sa réactivité dans les réactions de dégradation catalysées par les ions H⁺ ou OH⁻ (catalyse acido-basique spécifique) et souvent par les tampons (catalyse générale).
Oui — par rapport à ton cours, les formules à retenir sont surtout celles de la cinétique de dégradation :
1) Constante de vitesse à chaque pH
Si dégradation d’ordre 1 :
Donc :
ou :
2) On trace ensuite :
Le pH optimal de stabilité = là où k est minimal :
3) Pour une molécule amphotère
Si ton cours parle du point isoélectrique :
Donc :
À retenir en phrase :
On calcule k à différents pH, puis on trace \log k en fonction du pH. Le pH optimal est celui où \log k est le plus bas, donc où la dégradation est minimale.
Une solution contenant un acide faible (pKa = 3,5) est formulée à pH 7. Expliquer quelle en sera la conséquence sur sa solubilité aqueuse.
Selon l'équation de Henderson-Hasselbalch, à un pH bien supérieur au pKa d'un acide faible (pH 7 >> pKa 3,5), la forme majoritaire sera ionisée (sous forme d'anion). La proportion de forme ionisée augmente avec l'écart entre le pH et le pKa.
L'augmentation de la forme ionisée, plus polaire, entraîne une augmentation significative de la solubilité aqueuse de la substance, car les espèces ioniques sont généralement plus solubles dans l'eau que les formes non ionisées.
Oui pardon — voici le texte à rajouter, sans image :
Pour un acide faible :
pH < pK_a
➡️ forme non ionisée majoritaire
➡️ pénétration membranaire ↑
➡️ solubilité aqueuse ↓
pH > pK_a
➡️ forme ionisée majoritaire
➡️ solubilité aqueuse ↑
➡️ pénétration membranaire ↓
Donc ici :
pH = 7 > pK_a = 3{,}5
➡️ l’acide faible est surtout ionisé
➡️ donc solubilité aqueuse ↑↑.
Solutions et Solubilisation des Substances en Pharmacie
Les solutions pharmaceutiques constituent une forme galénique essentielle, permettant l'administration de principes actifs (PA) sous une forme homogène et biodisponible. Ce document explore en détail les définitions, les méthodes de solubilisation, la stabilité, la préparation et le contrôle qualité des solutions et autres préparations liquides.Définitions Fondamentales
Une solution est un mélange homogène, au niveau moléculaire, de deux ou plusieurs substances. En pharmacie, il s'agit le plus souvent de solutés solides (PA, excipients) dissous dans un solvant liquide (eau, huile, solvants organiques). Ces préparations sont caractérisées par leur limpidité et la petite taille des entités solubilisées (molécules, ions), généralement inférieure à 0,001 µm (< 1 nm). L'avantage majeur des solutions est que le PA est déjà dissous, ce qui le rend directement disponible pour la résorption et l'effet pharmacologique. Les solutions sont utilisées dans de nombreuses voies d'administration : orale, topique, oculaire, nasale, otique, pulmonaire, rectale, vaginale, parentérale. Les exigences de formulation et la composition en excipients varient considérablement selon la voie d'administration (par exemple, la voie parentérale impose des critères de stérilité et d'isotonie très stricts). Les excipients courants dans les solutions incluent :- Solvants/Cosolvants : éthanol, glycols.
- Aromatisants et Édulcorants (pour voie orale) : saccharose, sorbitol, mannitol, xylitol, saccharinate de sodium, aspartame.
- Colorants.
- Conservateurs antimicrobiens (pour préparations multidoses aqueuses).
- Antioxydants.
- Agents complexants.
- Agents d'ajustement du pH : acides, alcalis, tampons.
- Isotonisants : NaCl, glucose, mannitol.
- Viscosifiants : HPMC (hydroxypropylméthylcellulose), PVA (alcool polyvinylique), PVP (polyvinylpyrrolidone), Carbomer.
- La solubilité totale () : Prend en compte la solubilité des formes dissociées et non dissociées. Elle dépend du pH, de la température (T) et du solvant.
- La solubilité intrinsèque () : Concerne uniquement la solubilité de la forme non dissociée, dépendante de T et du solvant.
- Acides faibles () : est atteinte à un pH .
- Bases faibles () : est atteinte à un pH .
- Substances amphotères : Se comportent comme des acides faibles et des bases faibles.
Modes d'Expression de la Solubilité
La solubilité peut être exprimée en diverses unités de concentration :- Molarité ()
- Molalité ()
- Normalité (mEq)
- Pourcentages : m/m (masse/masse), m/v (masse/volume), v/v (volume/volume), v/m (volume/masse).
| Termes descriptifs | Parties de solvant (volume) nécessaires pour 1 partie de substance (masse) |
|---|---|
| Très soluble (Very soluble) | Moins d’une partie |
| Facilement soluble (Freely soluble) | De 1 à 10 parties |
| Soluble (soluble) | De 10 à 30 parties |
| Assez soluble (Sparingly soluble) | De 30 à 100 parties |
| Peu soluble (slightly soluble) | De 100 à 1000 parties |
| Très peu soluble (Very slightly soluble) | De 1000 à 10 000 parties |
| Pratiquement insoluble (Practically insoluble) | Plus de 10 000 parties |
- Très soluble :
- Soluble :
- Pratiquement insoluble : (Ex: Nifédipine ; Itraconazole ).
Méthodes de Détermination de la Solubilité
La vitesse de dissolution est un facteur clé dans la détermination de la solubilité et est décrite par l'équation de Noyes-Whitney, basée sur la théorie du film stagnant : Où :- = Vitesse de dissolution de la substance.
- = Coefficient de diffusion de la substance dans le liquide.
- = Surface du solide en contact avec le milieu de dissolution.
- = Concentration à saturation (solubilité).
- = Concentration de la substance dans la solution.
- = Épaisseur de la couche de diffusion.
- = Constante des gaz parfaits.
- = Température en Kelvin.
- = Viscosité du milieu.
- = Rayon de la molécule.
- = Nombre d’Avogadro.
- Solubilité initiale (approximative) : Rapide et pratique, déterminée par turbidimétrie et néphélométrie.
- Solubilité à saturation (thermodynamique) : Méthode plus longue (nécessite > 24 heures pour atteindre l'équilibre), effectuée à température constante avec des méthodes analytiques appropriées. Permet de déterminer le profil de solubilité en fonction du pH.
Solubilisation des Substances via Systèmes Co-solvants
L'utilisation de systèmes co-solvants est une méthode très courante pour solubiliser des substances peu solubles, notamment dans les préparations parentérales. Des co-solvants miscibles à l'eau comme le propylène glycol, le glycérol, les PEGs liquides et l'éthanol sont souvent employés pour leur haut pouvoir solvant.| Acides ou bases | Solubilité | Sels | Solubilité |
|---|---|---|---|
| Tétracycline | 1 : 2500 | Tétracycline HCl | 1 : 10 |
| Épinéphrine | Prat. insoluble | Épinéphrine HCl | 1 : 3 |
| Morphine | 1 : 5000 | Morphine SO4²⁻ | 1 : 16 |
| Pénicilline | Insoluble | Pénicilline K⁺ | 1 : 1 |
| Sulfadiazine | 1 : 13000 | Sulfadiazine Na⁺ | 1 : 2 |
| Amobarbital | 1 : 1300 | Amobarbital Na⁺ | 1 : 1 |
| Diphantoïne | Insoluble | Diphantoïne Na⁺ | 1 : 66 |
| Alcools | Glycols | Solvants | |||
|---|---|---|---|---|---|
| n-décanol | 7.8 | PEG 600 | 11.4 | Diméthylacétamide | 37,6 |
| n-octanol | 10.7 | PEG 400 | 13.6 | Acétone | 21,4 |
| n-pentanol | 13.2 | PEG 200 | 19.2 | Acétate d’éthyle | 6,4 |
| n-butanol | 17.1 | Propylène glycol | 29 | Chloroforme | 4,8 |
| n-propanol | 20.5 | Glycérol | 42 | Ether éthylique | 4,3 |
| éthanol | 25 | — | — | Huile d’olive | 3,1 |
| méthanol | 32.6 | — | — | Huile de coton | 3 |
| alcool benzylique | 13.1 | — | — | Acide oléique | 2,5 |
| — | — | — | — | Huile de paraffine | 2-2,5 |
| — | — | — | — | dioxane | 2.2 |
Solubilisation Micellaire
La solubilisation micellaire repose sur l'utilisation d'agents tensioactifs (surfactifs), qui sont des molécules amphiphiles possédant une fraction polaire et une fraction non polaire. Ils sont solubles dans les phases aqueuses ou huileuses selon leur balance HLB (Hydrophilic-Lipophilic Balance) et s'adsorbent préférentiellement aux interfaces. À faible concentration, les tensioactifs hydrophiles forment une solution vraie dans l'eau. Au-delà d'une certaine concentration, la concentration micellaire critique (CMC), des micelles se forment. Ce sont généralement des sphères composées de 50 à 100 molécules de tensioactif (nombre d'agrégation, ) où les parties hydrophobes sont orientées vers l'intérieur, loin du milieu aqueux. Leur taille () varie de 30 à 100 Å (solutions colloïdales, ). Toute addition de tensioactifs au-delà de la CMC augmente le nombre de micelles. L'augmentation de la concentration en tensioactif peut modifier la forme des micelles et les propriétés physiques des solutions (ex: viscosité). On peut observer une succession de phases isotropes (solutions micellaires) et anisotropes (phases hexagonales, cubiques, lamellaires), avec une augmentation brutale de la viscosité. Des micelles inverses peuvent se former à très haute concentration. L'influence de la température est également importante :- Une augmentation de T provoque une augmentation de la vibration moléculaire, ce qui va à l'encontre de l'association micellaire.
- Elle entraîne une désolvatation des chaînes hydrophiles (ex: chaînes oxydes d'éthylènes).
- Cela peut mener à une séparation de phase, rendant la solution laiteuse (Cloud Point).
- Mesure de la tension superficielle de la solution aqueuse.
- Mesure de la tension interfaciale solution aqueuse/huile.
- Mesure de la pression osmotique.
- Mesure de la tension de vapeur.
- Mesure de la turbidité.
- Mesure de la conductivité électrique.
- Mesure de la diffraction de la lumière.
- Mesure de la solubilité dans l'eau d'une substance hydrophobe.
- L'augmentation de la longueur de la chaîne hydrocarbonée du tensioactif dans une série homologue : augmente et , et diminue la CMC. Le facteur géométrique limite le nombre d'agrégation maximal pour une forme sphérique (ex: C8 → 27, C16 → 92).
- La CMC des tensioactifs ioniques et non-ioniques augmente avec l'accroissement de la valeur HLB.
- La CMC d'un tensioactif ionique est plus élevée que celle d'un non-ionique en raison des répulsions électrostatiques.
- L'addition d'électrolytes diminue la CMC des tensioactifs ioniques (effet de contre-ion) et non-ioniques (diminution de l'hydratation des chaînes POEt), et augmente .
- L'élévation de la température augmente la CMC des tensioactifs ioniques (augmentation du mouvement brownien) mais diminue celle des non-ioniques (diminution de l'hydratation des chaînes POEt), tout en augmentant pour les non-ioniques.
| Surfactifs | C.M.C. (moles / l) |
|---|---|
| Sodium n-octyl 1 sulfate | |
| Sodium n-décyl 1 sulfate | |
| Sodium n-dodécyl 1 sulfate | |
| Bromure de n-décyltriméthylammonium | |
| Bromure de n-dodécyltriméthylammonium | |
| Bromure de n-tétradécyltriméthylammonium | |
| Bromure de n-hexadécyltriméthylammonium |
- Les PA totalement hydrophiles restent en solution aqueuse.
- Les PA lipophiles sont partagés entre la phase aqueuse et les micelles.
- À l'interface des deux régions.
- Dans la région polaire (palissadique).
- Dans la région apolaire (au centre), ce qui constitue la solubilisation micellaire proprement dite, influencée par les caractéristiques physico-chimiques du PA, la concentration en micelles et les facteurs affectant la CMC, la taille et le nombre d'agrégation.
| Polysorbates | Vitamine D (UI / ml) | Vitamine E (mg / ml) | Vitamine K3 (mg / ml) | Vitamine A (UI/ml) |
|---|---|---|---|---|
| 20 | 20 000 | 5,7 | 4,7 | 80 000 |
| 40 | 16 000 | 3,8 | 4,0 | 60 000 |
| 60 | 15 000 | 3,2 | 3,7 | 60 000 |
| 80 | 20 000 | 4,5 | 4,5 | 80 000 |
Intérêts de la Solubilisation Micellaire
La solubilisation micellaire permet la présentation en solutions aqueuses de principes actifs apolaires, souvent faiblement dosés. Exemples :- Vitamines liposolubles (A, D, E, K) et huiles essentielles : Davitamon aquosum, Protovit® gouttes buvables, D-Cure.
- Composés phénoliques : crésol, chlorocrésol, chloroxylénol, thymol.
- Iode (iodophores), stéroïdes.
Aspects Pratiques de la Préparation des Solutions Micellaires
Pour préparer des solutions micellaires :- Nature du tensioactif : Rechercher la valeur HLB préférentielle du PA. Utiliser des tensioactifs à HLB élevée (11-17), solubles dans l'eau (ex: Polysorbate 60, 80, Huile de ricin polyoxyéthylénée). Les mélanges de tensioactifs sont souvent plus efficaces.
- Quantité de tensioactif : Déterminer la quantité minimale pour obtenir une solution limpide.
- Procédure : Mélanger intimement le PA et le tensioactif (chauffer si trouble). Verser l'eau préalablement portée à la même température (sans agitation). Laisser diffuser quelques heures en remuant occasionnellement pour obtenir une solution limpide ou légèrement opalescente.
| Substances huileuses | Rapport Tween 80 / Huile | Rapport mélange Tween 80 - Tween 85 / Huile | HLB des mélanges Tween 80 - Tween 85 |
|---|---|---|---|
| Huile de maïs | 15 : 1 | 4,5 : 1 | 13,5 |
| Vit. A palmitate | 7 : 1 | 4,0 : 1 | 14,3 |
| Vit. A palmitate dans Huile de maïs (59/41) | 8 : 1 | 4,5 : 1 | 13,8 |
| Vit. D2 palmitate dans Huile de maïs | 12 : 1 | 5,0 : 1 | 13,9 |
| Vit. E acétate | 9 : 1 | 4,0 : 1* | 15,1* |
| Substances huileuses | Rapport Tween 80 / Huile | Rapport Crémophor RH60* / Huile |
|---|---|---|
| Vit. A acétate ( u.i./g), solution huileuse | 8 : 1 | 15 : 1 |
| Vit. D2 ( u.i./g), solution huileuse | 8 : 1 | 16 : 1 |
| Acétate de -tocophérol | 7 : 1 | 16 : 1 |
| Essence d’anis | 8 : 1 | 2,5 : 1 |
| Huile de cade | 8 : 1 | 2 : 1* |
Stabilité des Substances
La stabilité des substances en solution est primordiale pour la sécurité et l'efficacité des médicaments. La dégradation (chimique et physique) des PA et des excipients peut entraîner :- Une perte d'activité.
- L'apparition de produits de dégradation toxiques.
- Une modification de l'apparence physique.
- Hydrolyse : Concerne les esters, amides, lactones, lactames, imides, carbamates. Catalysée par les ions H⁺ ou OH⁻. Ex: hyosciamine, scopolamine, cocaïne, pénicilline.
- Oxydation : Concerne les groupements phénols, insaturations (réactions radicalaires). Nécessite des conditions anaérobies et des antioxydants. Ex: adrénaline, acide ascorbique, morphine.
- Décarboxylation : Ex: p-aminosalicylate Na.
- Isomérisation : Conversion en isomère optique ou géométrique (racémisation), entraînant une perte d'activité.
- Photolyse : Dégradation par la lumière (substances photosensibles comme la nifédipine, oméprazole).
- Épimérisation ou polymérisation : Ex: tétracyclines.
- Insolubilisation : Ex: gluconate de Ca, théophylline.
Cinétiques de Décomposition en Solution
Les phénomènes sont plus complexes à l'état solide ou dispersé. En solution, on suit la diminution de la concentration du PA ou l'apparition de dérivés de décomposition. = Concentration initiale ; = Concentration au temps ; = Constante de vitesse. L'ordre réactionnel dépend du nombre d'espèces dont la concentration varie. Réactions d'ordre 0 : Vitesse constante, indépendante de la concentration. Souvent en phase solide ou en suspension. (évolution linéaire de C en fonction de t, pente = ). Réactions d'ordre 1 (pseudo ordre 1) : Vitesse dépendante de la concentration d'une seule espèce. (évolution linéaire de log C en fonction de t, pente = ). (indépendant de ). Le pseudo ordre 1 s'applique souvent quand une espèce est en large excès. Réactions d'ordre 2 : Vitesse dépendante de la concentration de deux espèces. Si : (évolution linéaire de en fonction de t, pente = ). (dépend de ). Réactions d'ordre 3 : Impliquent la collision simultanée de trois espèces (ex: ampicilline). La détermination de l'ordre de la réaction peut se faire par :- Introduction des données expérimentales dans les équations des différents ordres pour trouver les les plus réguliers.
- Détermination graphique (linéarisation).
- Mesure de pour différentes : .
Facteurs Influencant la Stabilité des Substances
1. Influence du pH : Paramètre le plus important pour l'hydrolyse. Le profil de dégradation dépend du pH du milieu (catalyse spécifique par H⁺ et OH⁻) et du type de tampon (catalyse générale). Pour la catalyse acide-base spécifique, . On trace log k en fonction du pH pour trouver le pH de stabilité maximale. Pour la catalyse acide-base générale, on étudie l'influence des tampons (ex: phosphates, citrates). Si une influence est observée, le choix du meilleur tampon est crucial. 2. Influence de la Force Ionique () : L'influence sur la constante de vitesse (ordre 1) est donnée par l'équation de Bronsted-Bjerrum :- Molécule non chargée () : pas d'influence de .
- Charges identiques : augmentation linéaire de log k.
- Charges contraires : diminution linéaire de log k.
- Substances amphotères : se comportent comme neutres au pH isoélectrique.
- Molécule chargée : .
- Molécule non chargée : .
- Normales : 25°C - 60% HR (en temps réel).
- Accélérées : 40°C - 75% HR (6 mois) ou 30°C - 65% HR (12 mois).
- Nécessitent un mécanisme de dégradation linéaire sur la plage de température étudiée.
- Des températures trop élevées peuvent induire des mécanismes de dégradation différents, menant à des extrapolations erronées.
Applications des Essais de Stabilité
- Étude des paramètres influençant la stabilité (T, pH, humidité, force ionique).
- Mise en évidence des mécanismes, facteurs de stress et cinétiques de dégradation.
- Identification des produits de dégradation (études de dégradation forcée).
- Évaluation de l'influence des ingrédients de formulation.
- Détermination des conditions de conservation et de la date de péremption.
Solutés
Les solutés sont des préparations liquides, limpides, obtenues par dissolution de principe(s) actif(s) dans un solvant approprié. Exemples : Soluté de Chloroforme (eau chloroformée), Soluté d’Adrénaline au millième.Préparations Extractives
Les préparations extractives sont obtenues par épuisement d'une drogue pulvérulente par un solvant approprié. Les techniques incluent la macération, l'infusion, la décoction et la lixiviation (percolation).- Macérés, Infusés, Décoctés : Drogue/Solvant (eau) = 1/20.
- Teintures : Liquides limpides, obtenus par macération, percolation ou dilution d'un extrait. Drogue/Solvant (alcool 60-80%) = 1-2/10.
- Extraits : Obtenus par macération ou percolation avec divers solvants (eau, alcool, éther).
- Extraits fluides : Liquides, Drogue/Solvant = 1/1. Peuvent contenir des conservateurs.
- Extraits mous ou fermes : Résidu sec > 70% m/m.
- Extraits secs : Résidu sec > 95% m/m, 2 à 7 fois plus riches en PA que la drogue de départ.
- Esprits : Mise en solution d'une ou plusieurs essences dans l'alcool à 80% (ex: esprit de menthe, d'anis).
Sirops
Les sirops sont des préparations aqueuses (solutions, émulsions, suspensions) épaisses, sucrées (> 45% m/m de sucre), destinées à l'administration orale.- Sirop simple : 65% m/m de saccharose dans l'eau ().
- Sirops médicamenteux : Contiennent des principes actifs.
- Sirops secs : À préparer extemporanément pour les PA instables dans l'eau.
Autres Préparations Liquides
- Tisanes : Préparations aqueuses de plantes médicinales, réalisées et utilisées extemporanément.
- Potions : Préparations aqueuses ou hydro-alcooliques, sucrées.
- Limonades : Boissons rafraîchissantes acidulées, préparées extemporanément (ex: limonade purgative au citrate de magnésium).
- Vins médicinaux : Préparations à base de vins ou liqueurs contenant des substances actives (11-23% d'alcool).
- Huiles médicinales : Préparations à base d'huiles végétales contenant des PA.
- Alcoolats : Obtenus par distillation de l'alcool sur la drogue sèche.
- Alcoolatures : Obtenus par distillation de l'alcool sur la drogue fraîche.
- Eaux distillées florales (hydrolats) : Obtenues par entraînement à la vapeur d'eau de plantes.
- Eaux aromatisées florales (hydrolats) : Obtenues par mise en solution d'arômes dans l'eau purifiée.
- Mellites : Préparations liquides avec une forte proportion de miel.
Méthodes de Répartition des Préparations Liquides
- Par gravité : Moins précise, dépend du temps d'ouverture/fermeture du robinet.
- Par le vide : La précision dépend du volume intérieur des flacons.
- Par pompe à piston : Précise et très utilisée, le volume est réglé par la course d'une seringue ou pompe à piston.
Contrôle Qualité de Répartition des Liquides
- Uniformité de masse de la dose délivrée (dispositifs doseurs intégrés) : Sur 20 doses, aucune masse ne doit dépasser 20% de la moyenne, et au maximum 2 peuvent s'écarter de plus de 10%.
- Essai de masse ou de volume délivrable (récipients où seule une partie est utilisable) : Le contenu doit être au moins égal à la valeur indiquée sur l'étiquette.
Méthodes de Prélèvement de la Dose
- Instruments ménagers : Cuillère à café (5 ml), à dessert (10 ml), à soupe (15 ml). Attention à la variation de masse selon la densité du liquide.
Eau () Sirop () Huile () c à c (5 ml) 5 g 6.5 g 4.5 g c à d (10 ml) 10 g 13 g 9 g c à s (15 ml) 15 g 19.5 g 13.5 g - Compte-goutte officinal ou normal : Le nombre de gouttes par gramme varie (ex: eau 20 gttes/g, alcool absolu 68 gttes/g).
- Flacon muni d'un Compte-gouttes.
- Seringues, doseurs divers.
Aromatisants et Édulcorants
Ces substances sont cruciales pour améliorer l'acceptabilité et la compliance du patient au traitement. 1. Aromatisants (arômes) : Substances de qualité alimentaire utilisées pour améliorer ou masquer la saveur ou l'odeur.- Substances aromatisantes chimiquement définies (ex: Lévo-menthol).
- Substances aromatisantes obtenues par voie chimique (ex: Menthol, vanilline).
- Substances aromatisantes artificielles (ex: Ethylvanilline).
- Préparations aromatisantes à partir de produits naturels.
- Arômes de transformation (obtenus par chauffage).
- Saccharose (sucre blanc) : Principal constituant des sirops.
- Autres sucres : glucose, fructose, sucre inverti.
- Polyols : glycérol, sorbitol, xylitol.
- Édulcorants artificiels : saccharinate de sodium, aspartame.
Aspects Réglementaires
L'introduction d'aromatisants et édulcorants dans un médicament doit être justifiée au cas par cas. Certains pays disposent de listes positives.Exemples d'Applications
- Correction d'une saveur amère (par ordre décroissant du pouvoir masquant) :
- Sirop de Réglisse (USP XIII Modifiée) : Extrait fluide de réglisse, essence d'Anis, sirop simple.
- Sirop de Cannelle : Extrait de cannelle, sirop simple.
- Sirop de Cacao (USP XVI) : Cacao, saccharose, solution de glucose, NaCl, vanilline, benzoate de sodium, eau.
- Correction d'une saveur salée (ex: solution à 10% de KCl) :
- Sirop de Réglisse (USP XIII Modifiée).
- Sirop Citrique (P.B. V Modifiée) : Acide citrique, eau, alcoolature de citron, essence de citron, sirop simple.
- Correction d'une saveur acide : Utiliser des sirops à arôme fruité de saveur acide (ex: sirop de framboise, de groseille).
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