Chap 1
81 cardsCe cours retrace l’évolution historique des formes galéniques, décrit leurs principes modernes de conception, de conservation et de conditionnement, et détaille les exigences réglementaires, les bonnes pratiques de fabrication (BPF), la gestion de la qualité, le rôle des excipients, les procédures de développement, de contrôle et de rappel des médicaments, ainsi que les responsabilités des acteurs industriels et des autorités sanitaires.
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Notions sur les Formes Galéniques et les Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) des Médicaments
La pharmacie galénique est une discipline fondamentale qui s'est considérablement transformée, passant d'un art artisanal à une science industrielle hautement sophistiquée. Elle englobe la préparation, la conservation et la présentation des médicaments, incluant la conception de leurs formes, leur biodisponibilité, et leur conditionnement. L'objectif principal est de garantir la qualité, la sécurité et l'efficacité des médicaments pour les patients.
1. Contexte Historique et Évolution de la Pharmacie Galénique
L'histoire de la pharmacie est étroitement liée à celle de la médecine, évoluant depuis les pratiques ancestrales jusqu'à l'industrie moderne.
- Période Égyptienne: Préparations secrètes à base de minéraux et de végétaux (infusions, poudres, onguents) souvent accompagnées d'incantations.
- Période Grecque et Romaine: Utilisation d'infusions, décoctions, extraits, bains de bouche, gargarismes et frictions.
- Hérophile (-570 ans): Concepteur de formulaires de médicaments.
- Hippocrate (-400 ans): Célèbre médecin de l'Antiquité.
- Galien (Claudius Galenus) (131-201): Médecin grec, chirurgien et auteur de nombreux ouvrages contenant des formules de préparation de remèdes, considéré comme le père de la pharmacie. Sa doctrine prônait la polypharmacie.
- Période Médiévale (V-XVe siècle): Apparition de formulaires (dispensaires, antidotaires, pharmacopées) et confusion entre galénique et pharmacognosie.
- Renaissance et Époque Baroque (XVI-XVIIIe siècle):
- Séparation de la pharmacie et de la médecine, et de la galénique de la chimie.
- Évolution des formes (ex: pressaires en ovules, clystères en lavements), apparition des collyres.
- Introduction de nouvelles matières premières (ex: suppositoires au beurre de cacao) et d'instruments (piluliers).
- Développement des brevets sur les remèdes secrets.
- XIXe - Début XXe siècle: Accent mis sur la préparation, le choix des matières premières et la conservation des médicaments.
L'avènement de l'industrie pharmaceutique et la production de masse ont rendu la notion de qualité capitale, en raison des conséquences inacceptables d'un médicament de mauvaise qualité sur le patient, ainsi que des enjeux économiques, de concurrence, d'image de marque et de crédibilité.
La définition actuelle de la pharmacie galénique est centrée sur la préparation, la conservation et la présentation des médicaments, incluant la conception de leurs formes, leur biodisponibilité, et leur conditionnement.
2. Concepts Modernes en Pharmacie
L'évolution rapide des dernières décennies a donné naissance à de nouveaux concepts :
- Technologie pharmaceutique
- Pharmacie industrielle
- Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF)
- Pharmacotechnie
- Biopharmacie
- Génie pharmaceutique
- Préparation des produits cosmétiques
3. Définition et Réglementation des Médicaments
Selon l'OMS et la Directive européenne 65/65, un médicament est :
"Toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines. Toute substance ou composition pouvant être administrée à l’homme en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier des fonctions physiologiques chez l’homme est également considérée comme médicament."
Une spécialité pharmaceutique est un médicament préparé à l'avance, mis sur le marché sous une dénomination et un conditionnement spécifiques. Sa mise sur le marché est soumise à une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) délivrée par l'autorité compétente (ex: AFMPS en Belgique, ANSM en France, EMA en Europe, FDA aux USA).
3.1. Distinction entre Produits de Santé
Il est crucial de distinguer les médicaments d'autres produits de santé :
- Dispositif Médical (DM): Instrument, appareil, équipement ou logiciel destiné à un usage médical (diagnostic, traitement, compensation d'un handicap) sans action pharmacologique. Exemples: pansements, seringues, prothèses. Réglementation encadrée par des organismes comme l'AFMPS, avec marquage CE obligatoire (Règlement (UE) 2017/745 pour DM, Règlement (UE) 2017/746 pour DMDIV).
- Complément Alimentaire: Source concentrée de nutriments (vitamines, minéraux), plantes ou autres substances (probiotiques) destinée à compléter l'alimentation et à apporter un bénéfice nutritionnel ou physiologique. Il ne peut revendiquer aucun effet thérapeutique. La réglementation est moins stricte que pour les médicaments (pas d'AMM) et est encadrée par des normes alimentaires (SPF Santé publique, EFSA). Exemples d'allégations: "Le magnésium contribue à réduire la fatigue".
4. Forme Galénique et Composition des Médicaments
La forme galénique (ou forme pharmaceutique) est la forme finie sous laquelle les principes actifs (PA) et les excipients (matières inactives) sont incorporés pour constituer un médicament.
L'activité d'une substance active dépend non seulement de sa nature moléculaire, mais aussi de la formulation globale du produit (PA, excipients, forme galénique, voie d'administration).
4.1. Les Excipients
Les excipients sont des substances qui, en principe, sont exemptes d'effet pharmacologique ou toxique (Generally Recognized As Safe - GRAS par la FDA). Leurs fonctions sont diverses :
- Rendre le médicament plus attractif (couleur, goût, odeur).
- Améliorer la dissolution d'un principe actif.
- Modifier la libération du principe actif (libération contrôlée, ciblée).
- Déterminer la forme pharmaceutique (liquide, semi-solide, solide).
Bien qu'ils optimisent l'activité ou facilitent la prise, les excipients n'ont pas de fonctions thérapeutiques propres, mais peuvent provoquer des effets indésirables ou des réactions allergiques.
4.1.1. Excipients à Effet Notoire
Ce sont des excipients dont la présence peut nécessiter des précautions d'emploi pour certaines catégories de patients. Ils sont listés dans une ligne directrice européenne et imposent des obligations aux fabricants et pharmaciens.
| Excipient | Contre-indications et effets indésirables |
| Acide borique et sels | Contre-indiqué chez les enfants de moins de 3 ans ; toxique par voie interne ! |
| Acide benzoïque et benzoate | Irritations de la peau, des muqueuses et des yeux (locale), risque de jaunisse chez le nouveau-né (injections). |
| Acide sorbique et sels | Urticaire (locale). |
| Alcool benzylique | Contre-indiqué chez les enfants de moins de 3 ans. |
| Amidon de blé | Réactions allergiques chez les personnes allergiques au blé ou intolérantes au gluten (maladie cœliaque). |
| Aspartam | Contre-indiqué chez les personnes souffrant de phénylcétonurie. |
| Broponol | Eczéma (locale), troubles digestifs et diarrhées (orale). |
| Butylhydroxyanisole | Eczéma, irritation de la peau, des muqueuses ou des yeux (locale). |
| Butylhydroxytoluène | Eczéma, irritation de la peau, des muqueuses ou des yeux (locale). |
| Chlorure de benzalkonium | Irritation, eczéma, difficultés à respirer ; lentilles de contact endommagées. |
| Composés organomercuriels | Irritation de la peau, eczéma, troubles oculaires. |
| Éthanol (alcool) | Toxicité de l’alcool. Contre-indiqué chez les femmes enceintes, enfants de moins de 12 ans, personnes alcooliques ou épileptiques, ou atteintes de maladies du foie. Prudence pour la conduite. Irritation de la peau (locale). |
| Formaldéhyde | Eczéma (locale), troubles digestifs (orale). |
| Fructose | Troubles digestifs (intolérance). Apport calorique. |
| Galactose | Troubles digestifs (intolérance). Apport calorique. Contre-indiqué en cas de galactosémie. |
| Glucose | Troubles digestifs (intolérance). Apport calorique. |
| Glycérol | Troubles digestifs. |
| Huile d’arachide | Réactions allergiques. Déconseillée chez l’enfant de moins de 3 ans. |
| Huile de ricin et dérivés | Troubles digestifs. Eczéma (locale). Bouffées de chaleur, difficultés à respirer, chute de tension (injections). Déconseillée chez l’enfant de moins de 3 ans. |
| Huile de soja et dérivés | Réactions allergiques. |
| Huile de sésame | Réactions allergiques. |
| Lactose | Troubles digestifs (intolérance). Apport calorique. |
| Lanoline (graisse de laine) | Eczéma, allergies fréquentes. |
| Maltitol (sirop de) | Voir Fructose. |
| Mannitol | Troubles digestifs. |
| Paraformaldéhyde | Eczéma (locale), troubles digestifs (orale). |
| Parahydroxybenzoates et leurs sels | Irritation de la peau, urticaire, difficultés à respirer. |
| Polyéthylèneglycol (Macrogol) | Troubles digestifs. |
| Phénylalanine | Contre-indiqué chez les personnes souffrant de phénylcétonurie. |
| Potassium | Douleur au point d’injection, phlébite. Risque de complication en cas d’insuffisance rénale. À considérer pour les régimes pauvres en potassium. |
| Propylèneglycol, sels et esters | Eczéma. |
| Saccharose | Voir Fructose et Glucose. |
| Sodium | Apport de sodium à prendre en considération chez les personnes qui suivent un régime pauvre en sodium. |
| Sucre inverti | Voir Fructose et Glucose. |
| Sulfites (métabisulfites) | Réactions allergiques. |
| Tartrazine et colorants azoïques | Réactions allergiques. |
| Xylitol | Troubles digestifs. |
5. Développement Pharmaceutique d'un Médicament
Le développement d'une spécialité pharmaceutique est un processus long et coûteux, allant de 2 à 5 ans pour un générique et de 8 à 12 ans pour un nouveau médicament. Il comprend plusieurs phases :
- Phases de recherche préclinique (non-réglementaires)
- Études cliniques (Qualité, BPF/GMP, BPC/GCP)
- Phase d'enregistrement
- Surveillance post-commercialisation (pharmacovigilance)
5.1. Connaissance du Principe Actif
Une connaissance approfondie du principe actif est essentielle :
- Propriétés physico-chimiques: Solubilité, vitesse de dissolution, polymorphisme, stabilité.
- Devenir dans l'organisme: Biopharmacie, pharmacocinétique, pharmacodynamie, toxicité.
5.2. Préformulation et Formulation
Cette étape implique des choix justifiés :
- Forme du principe actif (polymorphisme, sel).
- Voie d'administration (fonction du PA, vitesse d'action souhaitée, type de patient).
- Forme galénique (comprimé, gélule, suppositoire) et mode de libération (immédiate, retardée, prolongée).
- Excipients et articles de conditionnement.
- Procédés de fabrication, de contrôle et d'étude de stabilité.
La Quality By Design (QBD) est une méthodologie rigoureuse basée sur la prédéfinition des objectifs, la compréhension du produit et des procédés, et la maîtrise des risques.
5.3. Fabrication du Prototype
- Transposition d'échelle et production à échelle industrielle du lot prototype.
- Validation des procédés de fabrication et des méthodes d'analyse, qualification des équipements.
- Contrôles des matières premières et produits finis, ainsi que des procédés.
- Étude de stabilité selon les directives ICH (International Conference of Harmonization), avec des conditions variables selon la zone géographique (ex: 25°C - 60% HR en temps réel, 40°C - 75% HR en accéléré sur 6 mois, 30°C - 65% HR en accéléré sur 12 mois).
5.4. Études Cliniques chez l'Homme
Ces études visent à évaluer le candidat médicament chez le volontaire sain puis chez le patient.
- Phase I: Évaluation de la tolérance (Dose Maximale Tolérée - DMT) et des paramètres pharmacocinétiques chez un faible nombre de volontaires sains (< 50). L'objectif est de confirmer la sécurité d'administration et d'identifier les doses pour la phase II.
- Phase II: Évaluation de l'effet thérapeutique chez un nombre limité de malades (50-100) pour déterminer les doses efficaces et l'intervalle d'administration.
- Phase III: Essais de grande envergure, multicentriques (1000 - 10 000 patients) pour étendre les résultats de la phase II dans des conditions plus proches de la pratique clinique. Souvent en cross-over randomisé et en double aveugle.
- Phase de surveillance post-commercialisation: Pharmacovigilance pour détecter les effets indésirables rares ou tardifs.
5.5. Autorisation de Mise sur le Marché (AMM)
L'AMM vise à garantir la qualité, la sécurité et l'efficacité du médicament. Elle est obtenue sur la base de dossiers :
- Pharmacologique
- Toxicologique
- Clinique (ou bioéquivalence)
- Pharmaceutique (formulation, fabrication, contrôles, stabilité, conservation, mode d'administration)
Les agences du médicament (FDA, EMA, AFMPS) sont responsables de l'octroi des AMM. Elles ont l'obligation de fournir des informations aux demandeurs et d'évaluer les dossiers de manière transparente, tout en assurant un suivi post-commercialisation via la pharmacovigilance.
5.5.1. Dossier d'AMM (CTD - Common Technical Document)
Le CTD est un format harmonisé pour la présentation des demandes d'AMM :
- Module 1: Partie administrative (information produit, maquettes, experts, risques environnementaux).
- Module 2: Résumés globaux et détaillés des modules 3, 4 et 5 (qualité, non-clinique, clinique).
- Module 3: Qualité (distinction substance active et produit fini, développement, procédé de fabrication, contrôle, référentiels).
- Module 4 et 5: Études non-cliniques et cliniques (efficacité et sécurité).
5.5.2. Médicaments Génériques et Bioéquivalence
Pour les médicaments génériques, la démonstration de l'interchangeabilité est cruciale, souvent par des études de bioéquivalence (clinique, in vivo) ou de dissolution comparée (in vitro).
Les études de bioéquivalence ne sont pas nécessaires dans certains cas :
- Voie parentérale (IV, IM/SC) en solution, avec même concentration de PA, composition excipients et pH.
- Voie orale: solutions, élixirs, sirops, même concentration de PA sous la même forme, excipients sans effet sur l'absorption.
- Produits à usage local (oculaire, nasal, buccal, dermique, vaginal, rectal).
- Gaz à inhaler.
5.6. Production Industrielle
La production industrielle doit aboutir à des lots homogènes, "identiques" entre eux et conformes au dossier d'AMM. D'où l'obligation d'appliquer les Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) ou Good Manufacturing Practices (GMP), qu'elles soient nationales (USA, Japon) ou internationales (OMS, UE). Elles sont essentielles pour garantir la qualité.
5.7. Médicaments Vétérinaires
Ils nécessitent un dossier d'enregistrement similaire mais adapté au VICH (équivalent vétérinaire de l'ICH), avec des exigences spécifiques :
- Sécurité pour les animaux (toxicité, effets secondaires).
- Résidus de médicament dans les denrées alimentaires (viande, lait, œufs, poissons).
- Études d'efficacité par espèce animale.
- Évaluation du risque pour la santé publique via les résidus et l'impact environnemental.
Les conditions de fabrication et d'analyse sont également soumises aux BPF, avec des adaptations spécifiques et un contrôle rigoureux des résidus. La production peut avoir lieu sur les mêmes sites que les médicaments humains, avec une séparation physique ou organisationnelle pour éviter la contamination croisée. Les organismes réglementaires incluent l'EMA - CVMP et l'AFMCA en Europe.
6. Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) Européennes
La Directive 2003/94/CE établit les principes des BPF pour les médicaments à usage humain et expérimentaux. Elle repose sur le principe de produire des médicaments adaptés à l'emploi, répondant aux exigences de l'AMM et n'exposant les patients à aucun risque lié à des carences de sécurité, qualité ou efficacité. Cela implique des locaux, du matériel et des installations adaptés, ainsi qu'un système d'Assurance de la Qualité (AQ) bien conçu et géré par un personnel compétent.
6.1. Chapitre 1: Gestion de la Qualité
La Qualité est l'ensemble des propriétés qui confèrent au produit l'aptitude à satisfaire les besoins (ISO, ICH). Pour un médicament, c'est la qualité décrite dans le dossier d'AMM.
- Contrôle de la Qualité: Mesure des caractéristiques d'un produit et comparaison aux spécifications (pharmacopées, normes internes). Il fait partie des BPF.
- BPF: Guides et recommandations pour garantir que les produits sont fabriqués et contrôlés de manière cohérente selon des normes de qualité adaptées. Elles visent la maîtrise des "5 M" :
- Milieu: Environnement intérieur et extérieur.
- Main d'œuvre: Personnel.
- Matériel: Locaux, équipements.
- Méthodes: Procédés et procédures.
- Matière: Matières premières, conditionnements, autres fournitures.
- Assurance Qualité (AQ): Ensemble des mesures organisationnelles pour s'assurer que les médicaments fabriqués sont de la qualité requise. C'est un concept très large couvrant tout ce qui influence la qualité du produit.
6.2. Chapitre 2: Personnel
Un personnel qualifié, expérimenté, consciencieux et en nombre suffisant est indispensable.
- Répartition des responsabilités: Organigramme clair, fiches de fonction pour les postes clés (responsables Production et Contrôle Qualité indépendants), fiches de postes pour les exécutants.
- Formation appropriée: Formation de base, formation aux tâches, gestion de la qualité (AQ, BPF), hygiène et sécurité (initiale et continue).
- Motivation: Information sur l'entreprise, les produits, les plans de carrière.
- Hygiène rigoureuse: Visites médicales régulières, respect des procédures d'hygiène et d'habillage (pas de contact direct avec les produits, interdiction de manger/boire/fumer, port de vêtements appropriés).
6.3. Chapitre 3: Locaux et Équipements
Ils doivent être situés, conçus, construits, adaptés et entretenus pour convenir aux opérations.
- Locaux:
- Site d'implantation et orientation des bâtiments pour éviter la pollution et la contamination extérieure.
- Conception assurant une protection contre les nuisibles, un nettoyage facile (revêtements lisses, sans fissures), et un contrôle adéquat des activités (limitation des erreurs, confusions, contaminations croisées).
- Agencement rationnel (flux unidirectionnel de la matière et du personnel).
- Matériels:
- Adaptés aux activités, entreposés dans des endroits adéquats, agencés logiquement.
- Ne doivent pas nuire à la qualité des produits.
- Étalonnés (matériel de mesure) et qualifiés (équipements : IQ, OQ, PQ) pour démontrer leur bon fonctionnement.
6.4. Chapitre 4: Documentation
Écrite ou informatisée, elle est la base de l'assurance qualité, assurant la traçabilité et limitant les contestations.
- Intérêt: Élimination des risques de transmission orale, traçabilité, base de formation.
- Types de documents:
- Spécifications: Exigences des produits.
- Formules de fabrication: Matières premières, articles de conditionnement.
- Instructions de fabrication et de conditionnement: Descriptions des opérations.
- Procédures: Description de la réalisation des opérations (nettoyage, échantillonnage).
- Relevés, comptes rendus, enregistrements: Historique des données (dossier de lot).
- Présentation: Formalisée (numéro de référence, titre, date, signatures), texte lisible, précis, sans erreurs ni retouches.
- Gestion: L'original est conservé, les copies distribuées, et les mises à jour sont programmées.
6.5. Chapitre 5: Production
Les opérations de production doivent suivre des procédures bien définies et respecter les BPF.
- Approvisionnements: Définir les critères de choix et d'agrément des fournisseurs, contrôler les produits avant usage, réaliser des audits des fournisseurs.
- Réception: Enregistrement, vérification de conformité et intégrité de l'emballage, étiquetage, fiche de réception.
- Quarantaine: Zone de stockage et de prélèvement pour contrôle.
- Stockage des produits acceptés: Dans un magasin central ou général, séparé de la quarantaine et des produits refusés, avec étiquetage clair et conditions atmosphériques appropriées.
- Pesées: Opération à risque élevé, effectuée par personnel qualifié, avec protection contre les confusions et contaminations.
- Fabrication: Doit conduire à des lots homogènes et conformes.
- Avant: Vérification de la propreté de l'atelier, des procédures, du nettoyage, des conditions d'ambiance, de l'état du matériel, et de la concordance des matières premières.
- Pendant: Surveillance des opérations, notification des données et anomalies.
- Après: Vérification du rendement, gestion des produits défectueux, nettoyage de l'atelier.
- Conditionnement: Doit éviter les erreurs et confusions.
- Avant: Vérification de l'atelier, des machines, introduction des articles de conditionnement (primaire et secondaire) et du lot.
- Pendant: Contrôle de l'apparence, des éléments, des surimpressions.
- Après: Analyse et justification de toute discordance, destruction des articles non utilisés portant le numéro du lot.
- Magasinage: Quarantaine des produits finis en attente de libération du lot (après contrôle qualité et examen du dossier).
Les procédés de production et de contrôle doivent être validés pour démontrer qu'ils donnent systématiquement un produit de la qualité requise. La validation concerne les étapes clés de fabrication (pesée, mélange, stérilisation) et de conditionnement (remplissage stérile), ainsi que les étapes critiques (nettoyage).
6.6. Chapitre 6: Contrôle de Qualité
Le contrôle de qualité participe à toutes les décisions influençant la qualité du produit.
- Évolution du contrôle: D'un simple contrôle du produit fini (limites: homogénéité, destructif) à un contrôle intégré à toutes les étapes: réception (matières premières), en cours de production (paramètres), partenariat avec les fournisseurs, maîtrise des procédés.
- Département du contrôle de la qualité: Placé sous l'autorité d'une personne qualifiée, équipé d'un laboratoire, indépendant de la production mais ayant accès aux zones pour les prélèvements et enquêtes.
- Attributions: Vérification de l'étiquetage, échantillonnage, gestion de l'échantillothèque et de la pharmacothèque, établissement des spécifications et des méthodes d'analyse, contrôle de la stabilité, gestion des documents, participation aux enquêtes sur les plaintes.
- Fonctionnement: Selon les Bonnes Pratiques de Laboratoire (BPL).
6.7. Chapitre 7: Fabrication et Analyse en Sous-Traitance
La sous-traitance doit être encadrée par un contrat écrit pour éviter les malentendus.
- Donneur d'ordre: Vérifie la capacité du sous-traitant, lui fournit les informations, s'assure de la qualité des produits reçus.
- Sous-traitant: Doit avoir une autorisation de fabrication, les capacités requises, accepter les inspections, ne pas sous-traiter sans accord, s'abstenir d'activités pouvant compromettre la qualité.
- Contrat: Précise les dispositions techniques, est en accord avec l'AMM, définit les responsabilités et autorise les audits.
6.8. Chapitre 8: Réclamations et Rappels de Médicaments
Toute réclamation concernant un médicament défectueux doit être examinée selon des procédures écrites, et un système de rappel efficace doit être en place.
- Réclamations: Plaintes sur des défauts de qualité (supposés ou réels). Un responsable est désigné, des procédures de gestion existent, et les autorités sont informées si une anomalie est confirmée.
- Rappels: Retours de produits décidés par l'industriel ou l'autorité suite à des anomalies. Ils doivent être rapides, basés sur une procédure écrite, avec un responsable désigné.
- Retour: Tout produit retourné au fabricant (mauvaise commande, péremption, etc.).
6.9. Chapitre 9: Auto-Inspection
Des auto-inspections (audits internes) sont menées pour contrôler le respect des BPF et proposer des mesures correctives.
- Elles concernent tout ou partie du système d'AQ (atelier, ligne, gestion des documents).
- Réalisées périodiquement selon un programme ou en cas d'incidents, par une équipe interne ou des auditeurs externes.
- Se terminent par un rapport détaillé.
6.10. Annexes des BPF Européennes
Ces annexes apportent des précisions sur des aspects spécifiques de fabrication ou de catégories de médicaments. Exemples :
- Annexe 1: Médicaments stériles.
- Annexe 2: Radiopharmaceutiques.
- Annexe 3: Liquides, crèmes, pommades.
- Annexe 5: Systèmes informatisés.
- Annexe 6: Échantillonnage des matières premières.
- Annexe 12: Médicaments expérimentaux.
7. Conclusion et Sites Officiels
Pour délivrer des médicaments fiables, le pharmacien doit appliquer les BPF industrielles et celles relatives à d'autres activités pharmaceutiques : préparations magistrales, officinales, hospitalières, et distribution en gros.
Lors de l'introduction d'un dossier d'enregistrement de médicaments ou la réalisation d'études cliniques, les sites officiels à consulter en Belgique incluent :
- Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé (AFMPS): Référence pour les exigences réglementaires et procédures en Belgique.
- EudraVigilance (Agence européenne des médicaments - EMA): Base de données sur les effets indésirables et procédures européennes (centralisées, pharmacovigilance).
- Système eSubmission (eCTD): Instructions pour la soumission électronique des dossiers d'enregistrement.
- Fedmed (Fédération des médicaments): Ressource pour les professionnels en Belgique.
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