Approches structuralistes et sémiologiques
58 cardsAnalyse des théories de Saussure, Jakobson et Barthes sur la linguistique, la communication et la sémiologie, incluant les concepts de signe, fonctions linguistiques et connotations.
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Sémiotique et Narration : De la Langue aux Récits Complexes
La sémiotique est la science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale. Elle s'intéresse à la manière dont le sens est construit et interprété, qu'il s'agisse de signes linguistiques ou non-linguistiques. Cette discipline est essentielle pour comprendre la communication sous toutes ses formes.
Ferdinand de Saussure et la Linguistique Structurale
Ferdinand de Saussure, linguiste suisse, est considéré comme le père de la linguistique structurale, puis de la sémiologie. Son approche, bien que n'ayant jamais été publiée directement par lui (ses étudiants l'ont fait), a révolutionné la compréhension de la langue.
- Contexte Historique :
- Aux USA, l'information était quantifiée et basée sur des signaux codés, sans intérêt pour la signification.
- En Europe, l'analyse de la langue visait à comprendre le sens produit par l'arrangement des signes.
- Approche Structuraliste :
- Décrire les relations et les unités de base d'un système, comme le langage.
- Initialement, peu d'intérêt pour l'utilisation concrète de la langue ou le contexte. La langue était vue comme une structure logique, indépendante de son utilisation.
- Progressivement, cette approche a évolué vers des questions de communication.
- Le Circuit de la Parole (Schéma Mécaniste) :
- Décrit un processus linéaire, même entre deux humains, où la communication se fait "de bouche à oreille". Saussure s'intéresse à la langue comme un code.
- Le signe linguistique est une association entre :
- Signifiant : La dimension matérielle (image acoustique, son).
- Exemple : Le son "arbre", "chien", "bonheur".
- Signifié : La dimension immatérielle (le concept, la pensée).
- Exemple : L'idée d'arbre, de chien, ou de bonheur que le son évoque.
- Signifiant : La dimension matérielle (image acoustique, son).
- Arbitraire du signe : Le rapport entre signifiant et signifié est une pure convention. Il n'y a pas de lien "naturel" ou objectif.
- Exemple : "chien", "dog", "Inu" désignent tous le même concept par des signifiants différents. Il s'agit d'un accord collectif au sein d'une société donnée.
- La Langue et la Parole :
- Langue : Une institution sociale, l'ensemble des signes et des règles.
- Parole : L'acte individuel d'utiliser la langue pour s'exprimer.
- Limites de l'Approche Structuraliste :
- Pas d'intérêt pour les sujets parlants ou la parole en contexte.
- Peu d'intérêt pour l'interaction et la relation.
- La langue est vue comme un système "fermé".
Roman Jakobson et les Fonctions du Langage
Roman Jakobson, linguiste russe et fondateur du "cercle linguistique de Prague", a prolongé l'approche structuraliste, tout en prenant ses distances avec la coupure radicale entre langue et parole.
- Intérêt pour l'Utilisation du Langage : Jakobson s'intéresse au langage comme moyen d'expression personnelle et comme instrument d'action sur autrui.
- Communiquer n'est pas seulement transmettre des informations, c'est aussi agir ou inciter à agir.
- Exemple : Dire "il y a trop de bruit dans l'auditoire" n'est pas qu'une information, c'est une invitation à se taire.
- La Communication Réciproque : Il insiste sur les relations qui s'établissent entre le locuteur et l'auditeur. Un acte de parole implique un message et quatre éléments clés : l'émetteur, le receveur, le thème (référent) et le code. Le message requiert un contact pour maintenir la communication.
- Schéma de Jakobson (1963) : Décrit six fonctions linguistiques pour caractériser la communication, chacune centrée sur un élément du processus communicatif.
Fonction Élément Centré Description Exemples Expressive / Emotive Destinateur Expression de l'attitude, de la personnalité, des pensées du locuteur. "C'est joli !", "Je pense que..." Référentielle Contexte Transmettre des informations objectives sur le monde. "Bruxelles est la capitale de la Belgique", "Il est midi." Conative Destinataire Cherche à influencer le destinataire, à lui faire adopter un comportement. "Garde à vous !", "Silence en auditoire !" Poétique Message Met l'accent sur la forme du message, son esthétique. Extraits littéraires (Zola, Germinal) Phatique Contact Établir, maintenir ou interrompre le contact communicationnel. "Allô ?", "Comment ça va ?", "Quel temps !" Méta-linguistique Code Utiliser le langage pour parler du langage lui-même. "Que voulez-vous dire ?" - Apports de Jakobson :
- La communication est réciproque, incluant sujets, contact et contexte.
- Le langage est un moyen d'action.
- Prend en compte la relation, l'esthétique et les intentions.
Roland Barthes et la Sémiologie de la Signification
Roland Barthes, un sémiologue français, a étendu la sémiologie de Saussure en s'intéressant non seulement aux signes linguistiques mais aussi aux signes non-linguistiques, intentionnels ou non, qui composent notre culture.
- La Sémiologie comme Science des Signes Sociaux : Il vise à débusquer les "sens seconds" et l'idéologie sous-jacente à tout objet social, ce qu'il appelle les "mythologies".
- Exemple : Une voiture, une coupe de cheveux racontent des choses sur nous, sur notre culture.
- Dénotation et Connotation : Barthes distingue deux niveaux de signification.
- Dénotation : Le sens littéral, objectif, universellement perçu.
- Exemple : Rouge dénote "une couleur".
- Connotation : Le sens subjectif, culturel, émotionnel, qui s'ajoute à la dénotation.
- Exemple : Rouge connote "passion, sang, amour, interdiction".
- Dénotation : Le sens littéral, objectif, universellement perçu.
- Applications dans la Publicité : Les publicitaires jouent sur les connotations pour vendre des produits.
- Exemple : La bouteille d'Evian dénote "montagne, blanc, bleu, dégradé", mais connote "pureté, nature".
- Exemple : La bouteille de Contrex dénote "corps de femme, représentation mince, rose", mais connote "beauté, minceur".
- Conseil pratique : Lors de la communication, il est crucial de considérer non seulement le sens littéral (dénotation), mais aussi les sens implicites et culturels (connotations) qui peuvent être transmis.
Le Storytelling et les Modèles Sémiotiques des Récits
Le storytelling (narration) est un processus fondamental dans l'évolution humaine, basé sur l'anthropologie structurale et l'étude des mythes.
- Claude Lévi-Strauss : S'intéresse aux mythes et contes populaires, cherchant les structures universelles qui se ressemblent à travers le monde. Il identifie des éléments invariants et inconscients qui structurent les sociétés humaines. Les mythes apportent des réponses aux angoisses existentielles.
- Récits Média : Aujourd'hui, les médias construisent les récits organisateurs de la société, rendant le storytelling un outil puissant, mais à manier avec prudence. Les frontières entre réalité, mise en récit et fiction sont complexes.
- Modèles Sémiotiques des Récits :
- Vladimir Propp (1928) - La morphologie du conte :
- Analyse des contes merveilleux russes pour identifier des structures récurrentes.
- Il a identifié 31 "fonctions des personnages" qui se succèdent toujours dans le même ordre, quel que soit le conte.
- Exemples de fonctions : Éloignement, Interdiction, Transgression, Demande d'aide, Combat, Victoire, Mariage.
- Ces fonctions peuvent être regroupées en trois séquences : préparatoire, d'action, et de retour à l'ordre/récompense.
- Il a également identifié 7 rôles types : Agresseur, Donateur, Auxiliaire magique, Objet de quête, Mandateur, Héros, Faux Héros.
- Algirdas Julien Greimas (1966) - Schéma actanciel :
- Un modèle généraliste pour analyser la structure de tout récit, basé sur six "actants" (rôles sémantiques thématiques) :
- Sujet (Héros) : Qui agit.
- Objet (Quête) : Ce que le sujet cherche à atteindre.
- Destinateur (Mandateur) : Qui motive le sujet.
- Destinataire (Bénéficiaire) : Pour qui l'action est menée.
- Adjuvant : Aide le sujet.
- Opposant : Fait obstacle au sujet.
- Chaque récit passe par trois axes fondamentaux : transmission (connaissance), pouvoir (apparition du méchant), vouloir (persévérance du héros).
- Un modèle généraliste pour analyser la structure de tout récit, basé sur six "actants" (rôles sémantiques thématiques) :
- Critiques des Modèles (Propp et Greimas) :
- Apports : Progrès significatifs pour l'étude des récits, approche descriptive systématique.
- Limites : Peu d'intérêt pour les acteurs concrets (auteurs, lecteurs), analyse du récit comme un objet linguistique "clos", mécaniste.
- Vladimir Propp (1928) - La morphologie du conte :
Umberto Eco et la Coopération Interprétative
Umberto Eco, dans son œuvre "Lector in fabula" (1979), a déplacé l'attention de l'analyse du texte vers l'analyse de la lecture, soulignant le rôle actif du lecteur dans la construction du sens.
- Le Texte Paresseux : Le texte est un "mécanisme paresseux" qui exige un "travail coopératif acharné" du lecteur pour "remplir les espaces non-dits ou de déjà-dits".
- La Coopération Interprétative :
- Un texte est "virtuel", offrant une série d'opportunités et de contraintes interprétatives organisées par l'auteur.
- Il est truffé de blancs, de trous, d'implicites que le lecteur doit combler.
- Exemple : "Jean entra dans la pièce. 'Tu es revenu alors !', s'exclama Marie, radieuse." Le lecteur infère que Jean et Marie sont humains, que Jean était parti, que Marie est surprise et contente de son retour.
- Rôle du Lecteur :
- Actif, il ne fait pas que décoder, il participe à l'activation des interprétations en mobilisant son imagination et en formulant des hypothèses.
- Construit un "monde possible" basé sur les traces de l'auteur et sa propre expérience, ainsi que sa "mémoire collective partagée" (codes culturels).
- Rôle de l'Auteur : L'auteur organise les traces pour orienter l'interprétation, en prévoyant un "lecteur modèle" capable d'interpréter le texte comme souhaité.
- Limites selon Eco : Il reconnaît qu'il existe toujours une multiplicité de lecteurs et d'interprétations. Le lecteur peut sur-interpréter, sous-interpréter ou produire des interprétations nouvelles.
- Conseils pratiques : Ne pas chercher à tout contrôler dans la communication. Il y a une marge d'interprétation de la part du récepteur. Il faut être attentif à cette coopération interprétative.
Les Cultural Studies et la Réception des Médias
Les Cultural Studies s'intéressent aux hiérarchies culturelles et à la réception des médias, notamment par les classes populaires.
- Richard Hoggart (1957) - The Use of Literacy :
- Les médias n'ont pas un pouvoir radical sur la culture populaire. Leurs exhortations se heurtent à la culture du groupe (intérêts, styles de vie, codes sociaux).
- Les effets médiatiques sont des "glissements subtils".
- Il y a une "résistance" des classes populaires, caractérisée par une méfiance vis-à-vis des médias de masse.
- Attitude oblique : Le public n'est pas toujours attentif, l'exposition est souvent rapide et superficielle.
- Consommation nonchalante : Le plaisir se mêle à une prise de distance, empêchant une identification forte.
- James Lull (1980) - "The Social Use of Television" : Étudie comment la télévision s'insère dans la vie quotidienne.
- Usages structurels : La télévision organise la vie quotidienne (bruit de fond, régulation du temps).
- Facilitation de la communication : Permet d'illustrer des expériences, d'introduire des conversations difficiles.
- Affiliation et évitement : Prétexte de contact ou d'évitement au sein de la famille.
- Apprentissage social : Fournit des modèles de comportement et aide à la prise de décision.
- Compétence et pouvoir : Renforce les rôles sociaux, permet d'affirmer son autorité.
- Conclusions : Le public est actif, transforme les médias avec ses connaissances et idéologies. La réception est un processus de négociation et de co-construction du sens, souvent collectif.
Edgar Morin et la Rumeur d'Orléans
Edgar Morin, sociologue et philosophe, a étudié le concept d'organisation et de système, particulièrement en lien avec la communication.
- L'Organisation Active : L'organisation est l'agencement des relations entre les composants d'un système qui lui donne sa cohérence. La communication est capitale pour comprendre ces systèmes.
- L'Affaire d'Orléans (1969) : Étude d'une rumeur antisémite selon laquelle des commerçants juifs enlevaient des jeunes filles dans des cabines d'essayage.
- Origine : Un article de magazine, le lancement d'un rayon de vêtements modernes.
- Propagation : Commence dans la jeunesse féminine, puis se propage dans le monde adulte, amplifiée par des éléments comme les "souterrains" imaginaires, l'achat de la police, etc.
- Mécanismes : La rumeur est nourrie par des phraséologies comme "Certifié de source sûre" ou "pas de fumée sans feu".
- Interprétation : La rumeur révèle des fantasmes (traite des Blanches, piqûre hypnotique), un antisémitisme latent, et une inquiétude face à la modernité, l'émancipation féminine.
- Leçons : Le public est actif, transformant les médias avec ses connaissances, expériences et idéologies. La réception est un processus de négociation et de co-construction du sens, souvent influencé par des cadres d'interprétation collectifs.
L'École de Palo Alto et la Communication Interpersonnelle
L'École de Palo Alto, groupe de chercheurs interdisciplinaires fondé par Gregory Bateson dans les années 1950, a révolutionné l'analyse de la communication interpersonnelle, en la liant à la psychiatrie.
- Démarche Systémique : La communication est un objet complexe où de nombreux composants sont en relation et évoluent constamment.
- Idée Centrale : La communication est la clé de tous les comportements humains, la "matrice dans laquelle sont enchâssées toutes les activités humaines".
- Objectif : Développer une théorie, une méthode de changement et une pratique thérapeutique pour les troubles psychiques, vus comme des perturbations de la communication.
- Hypothèses Essentielles :
- L'essence de la communication réside dans les processus relationnels et interactionnels.
- Tout comportement humain a une valeur communicative.
- Les troubles psychiques sont des perturbations de la communication.
- Grands Propos de "Une Logique de la Communication" (1967) par Paul Watzlawick :
- "On ne peut pas ne pas communiquer" : Tout comportement est un message, même l'absence d'activité ou le silence.
- Contenu et Relation : Toute communication présente un aspect "contenu" (ce qui est dit) et un aspect "relation" (comment c'est dit et ce que cela implique sur la relation). La relation englobe le contenu et est une métacommunication.
- Exemple : Un cours apprécié est perçu comme plus intéressant.
- Ponctuation de la Séquence d'Événements : La communication est un processus circulaire. Les interlocuteurs "ponctuent" le flux de communication pour interpréter les échanges, chacun ayant tendance à attribuer l'origine du problème à l'autre.
- La communication n'a ni début ni fin.
- Communication Analogique et Digitale :
- Analogique : Basée sur des ressemblances (dessins, gestes, non-verbal). Repose sur le contexte et joue sur la relation.
- Digitale : Basée sur des conventions (mots écrits ou parlés). Abstraite et complexe.
- L'humain est la seule espèce à utiliser les deux modes.
- Interaction Symétrique et Complémentaire :
- Symétrique : Les partenaires minimisent les différences, agissent en miroir ("œil pour œil").
- Complémentaire : Les partenaires maximisent les différences (une personne est en position haute, l'autre en position basse).
- Apports et Limites :
- Apports : Vision de la communication comme système, interprétation comme co-production, analyse de situations réelles, prise en compte du contexte.
- Limites : Fortement orientée vers la thérapie, focalisation sur les individus et la communication interindividuelle, moins sur l'espace social plus large ou la communication médiatique.
- Conseils pratiques : Adapter sa communication (minimiser ou maximiser les différences) en fonction du public, soigner la communication analogique et digitale, et prendre en compte la relation.
Sémiotique Pragmatique et Théories de l'Énonciation
La sémiotique pragmatique dépasse les limites de la linguistique structuraliste en étudiant le sens non seulement du côté de la langue, mais aussi de son usage concret en situation, du contexte et des personnes qui interagissent.
- Énoncé et Énonciation :
- Énoncé : Le contenu du message, ce qui est dit.
- Énonciation : La manière de dire, de formuler l'énoncé, l'"apparition située" du message. Elle produit du sens sur la relation entre locuteur et allocutaire.
- Exemple : "Interdiction de fumer" peut être dit de différentes manières selon le locuteur, l'interlocuteur et la situation (hôpital, restaurant, entre amis). Le sens de la relation et du contexte sera très différent, même si le fond de l'énoncé est le même.
- Déictiques : Mots dont le sens dépend de la situation d'énonciation (pronoms personnels comme "je", "tu", "nous" ; adverbes spatiaux "ici", "là" ; adverbes temporels "maintenant", "demain" ; démonstratifs "ceci").
- Exemple : La campagne "Ouvrez les yeux pour que le SIDA ne vous les ferme pas" (deuxième personne du pluriel, public indifférencié) versus "Ta santé est aussi celle des autres" (deuxième personne du singulier, plus direct).
- Émile Benveniste : Histoire et Discours :
- Discours : Contient des "embrayeurs" (déictiques) qui indiquent qui parle, à qui, où et quand. La réception est une mise à distance et une réflexion.
- Histoire/Récit : Évoque des faits indépendants de la situation d'énonciation, sans marques d'adresse. La réception est alors une identification et une projection.
- Théories des Actes de Langage (John L. Austin "Quand dire c'est faire", 1962) :
- Beaucoup d'énoncés ne servent pas qu'à décrire la réalité, ils servent à agir.
- Actes performatifs : En énonçant la phrase, le locuteur accomplit une action ("Je vous parie 5 euros", "Je vous déclare mari et femme", "Je promets"). Ils visent à avoir une influence sur le monde.
- Actes constatifs : Décrivent un état de choses ("La porte est bleue").
- La communication est souvent implicite, le sens étant construit par inférence et association d'idées (métaphores comme "Mon fils est un cochon").
- Apports et Limites :
- Apports : Distinction énoncé/énonciation, prise en compte du contexte et de la relation, actes de langage.
- Limites : Les actes de langage peuvent être trop figés par les conventions, travail d'interprétation des interlocuteurs rudimentaire.
Anthropologie de la Communication
L'anthropologie de la communication (années 1960) s'intéresse aux actes de communication en situation sociale et culturelle, allant au-delà de l'individu pour inclure les codes et les rituels sociaux.
- Reconstitution des Règles et Rites : Elle vise à comprendre l'ensemble des règles, des rites et des normes socioculturelles qui structurent la communication.
- Ray Birdwhistell et la Kinésique :
- S'intéresse à la communication non-verbale et aux systèmes de mouvements corporels.
- Exemple : Étude des rituels amoureux et des différences culturelles dans l'approche amoureuse (un baiser à la fin au UK, au début aux USA).
- La kinésique est divisée en :
- Prékinésique : Mouvements corporels inconscients (cligner des yeux).
- Microkinésique : Éléments isolables et lisibles des mouvements corporels ("kinés").
- Sociokinésique : Étude des mouvements corporels en situation sociale et leurs interprétations.
- Son objectif est de créer une grammaire des gestes.
Culture Participative et Transmédia Storytelling
L'arrivée du numérique et des nouveaux médias a conduit à une "culture de la convergence", caractérisée par la coopération entre industries, le flux de contenu et le comportement migrateur des publics.
- Henry Jenkins et le Transmédia Storytelling : Décrit un processus où les éléments d'une fiction sont dispersés sur diverses plateformes médiatiques pour créer une expérience unifiée, chaque médium apportant sa propre contribution à l'histoire (ex : Star Wars). L'objectif est de susciter la participation.
- La Figure du "Pro-sumer" : Le fan devient à la fois producteur et consommateur de médias, créant des fanfictions, artworks, vidéos, etc.
- Communautés de Fans : L'interprétation des médias est un processus collectif qui passe par des communautés. Les fans se distinguent et se relient, développant leurs propres valeurs et interprétations, voire des formes d'activisme (ex : Sonic).
- Apports et Limites :
- Apports : Remise en avant de la relation producteurs/récepteurs, le pouvoir des fans, l'interprétation collective.
- Limites : Vision idéalisée d'un public hyperactif, focalisation sur la fiction/divertissement, risque d'instrumentalisation des fans par les industries.
- Conseils pratiques : Réfléchir à la cohérence, au storytelling, multiplier les canaux, accepter la critique et faire participer la communauté.
Synthèse et Conclusion
L'étude des Sciences de l'Information et de la Communication (SIC) permet de dépasser les idées reçues sur les médias et la communication. Elle offre une expertise documentée, distanciée et critique, se nourrissant de multiples disciplines (sociologie, psychologie, histoire, etc.). Elle ne se limite pas au journalisme ou à la publicité, mais englobe aussi la médiation des savoirs, la communication des organisations, et les interactions homme-machine. La communication est fondamentalement un système complexe où interagissent de nombreux acteurs et éléments.
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