Anatomie fonctionnelle : Psychomotricité 2ème année
76 cardsCe document présente le cours d'anatomie fonctionnelle de 2ème année de psychomotricité à Sorbonne Université, abordant l'organisation structurelle du corps, le tonus, la posture, les principes du mouvement, les chaînes musculaires, l'axe vertébral, les membres inférieurs et supérieurs, ainsi que la respiration et le thorax. Il met l'accent sur les liens entre structure et fonction, l'importance de la perception corporelle et les aspects dynamiques du mouvement.
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Introduction - Généralités
Ce chapitre présente les objectifs, les contenus et le contexte du cours d'Anatomie Fonctionnelle, destiné aux étudiants de 2ème année de Psychomotricité. Il souligne l'importance de l'expérimentation pratique et de la compréhension globale du corps en mouvement.
Objectifs du cours
- Expérimenter et comprendre les principes de la posture et du mouvement, en s'appuyant sur l'anatomie descriptive de 1ère année.
- Analyser la mobilité des unités fonctionnelles du corps.
- Établir les liens entre les physiologies articulaires, le fonctionnement musculaire, la posture et le tonus.
- Envisager le mouvement selon ses lois organiques et ses interprétations individuelles.
- Mettre en évidence les schémas de coordination et la fonction des structures corporelles.
- Apprendre à observer et analyser la posture et le mouvement, en décryptant les tensions musculaires et les pertes de mobilité.
- Évoquer les modalités de ré-information vers la mobilité, avec des exemples cliniques.
Contenus des cours
Théorie
- Brefs rappels d'anatomie descriptive essentiels à la compréhension de la physiologie étudiée.
- Présentation des connaissances sur la physiologie du mouvement.
Pratique
- Repérage morpho-anatomique.
- Application et repérage, sur soi, des principes de mouvement (analytiques et globaux).
- Observation et analyse (en binôme ou sous-groupes) :
- Des caractéristiques globales interpersonnelles de la région étudiée.
- Des postures ou situations mettant en évidence la physiologie des structures.
- Des mobilités et de leurs amplitudes (tests d'extensibilité/tonicité).
- Des organisations personnelles (analyse posturale).
Thèmes de travail
La progression du programme est topographique, mais introduite par des notions générales pour faciliter la synthèse et souligner les liens entre structure et fonction du mouvement.
- Structures corporelles, Fonction musculaire et Mouvement : spatialité du mouvement, principes de l'activité musculaire, chaînes musculaires, organisations des musculatures.
- Tonus et Posture : tonicités, activité posturale, dynamiques et contrôle de la posture, gravité et équilibre, tendances posturales individuelles.
- Axe vertébral et Verticalité : courbures rachidiennes, statique vertébrale, mobilités de la colonne, dynamiques de l'axe, enroulement, déroulement et auto-grandissement.
- Ceinture pelvienne ; Membres inférieurs : dynamique globale du membre inférieur, appuis et influences sur la posture, marche et démarches.
- Ceinture scapulaire ; Membres supérieurs : complexe de la ceinture scapulaire, coordinations de base du membre supérieur, gestuelle et préhensions.
- Thorax et Fonction respiratoire : morphologies et mobilités thoraciques, physiologie et dynamiques respiratoires, respiration et liens avec tonus, posture et mouvement.
Contexte du cours
Le corps est abordé dans sa dimension physique et structurelle, en gardant à l'esprit ses dimensions psychologique, imaginaire et symbolique. L'accent est mis sur l'aspect dynamique liant structure et mouvement.
L'anatomie fonctionnelle étudie la fonction du mouvement, assurée par le système locomoteur, dans son aspect dynamique de physiologie ou d'analyse du mouvement. Ce domaine est en constante évolution, et les informations présentées sont des connaissances à approfondir plutôt que des vérités définitives.
Conseils de documentation
- Anatomie pour le mouvement ; Blandine Calais-Germain (Éd. Désiris)
- Physiologie articulaire ; I.A. Kapandji (Éd. Maloine)
- La tête aux pieds / les pieds à la tête ; Odile Rouquet (Analyse du Mouvement Dansé)
- Les chaînes musculaires et articulaires ; Godelieve Struyf-Denys
- Les chaînes musculaires ; Léopold Busquet (Éd. Frison Roche)
Être : Organisation Structurelle du Corps
La fonction et la structure du corps sont interdépendantes. Comprendre le mouvement nécessite de connaître la "forme" du corps, qui porte le sens de notre dynamique.
Références Anatomo-Physiologiques
La dénomination des parties du corps et de leurs mouvements en anatomie est spécifique pour éviter les confusions.
Positions de référence
- Position de référence anatomique : debout, pieds joints et parallèles, paumes vers l'avant.
- Position de référence physiologique : debout, talons joints, pieds en angle ouvert, paumes vers l'axe du corps.
Axes et plans de mouvement
- Axes :
- Axe vertical
- Axe transversal (horizontal droite/gauche)
- Axe antéro-postérieur (horizontal avant/arrière)
- Plans :
- Plan sagittal (parallèle à la cloison nasale)
- Plan frontal (parallèle au front)
- Plan transversal (parallèle aux plateaux vertébraux)
Mouvements de base
Les mouvements sont décrits comme des rotations autour d'axes dans des plans spécifiques :
- Flexion / Extension : dans le plan sagittal, autour d'un axe transversal. La flexion porte le segment vers l'avant, l'extension vers l'arrière.
- Abduction / Adduction : dans le plan frontal, autour d'un axe antéro-postérieur. L'abduction éloigne le segment de l'axe corporel, l'adduction le rapproche. Les mouvements de l'axe lui-même sont des inclinaisons.
- Rotation latérale (externe) / médiale (interne) : dans le plan transversal, autour d'un axe vertical (ou long du segment). Les mouvements de l'axe lui-même sont des rotations droite ou gauche.
Ces paramètres peuvent être regroupés en :
- Reploiement-rapprochement : flexion, adduction, rotation médiale.
- Déploiement-éloignement : extension, abduction, rotation latérale.
Constitution du Système Locomoteur
Le système locomoteur comprend le squelette ostéo-articulaire, les fascias et les muscles.
Squelette ostéo-articulaire
Le squelette est la structure de base du corps, assurant le maintien de la forme et le soutien postural. Il est composé d'os et d'articulations.
- Les os :
- Matière densifiée et minéralisée, conférant solidité et résistance.
- Possède une certaine plasticité, plus importante chez le nouveau-né.
- La densité osseuse est entretenue par le mouvement, les pressions et les tractions.
- La modélisation de l'os dépend de l'exercice du mouvement, créant tubérosités et travées de renforcement.
- Les articulations :
- Systèmes de jonctions mobiles entre les os, centres de mouvement.
- Leur conformation détermine le type de mobilité et les degrés de liberté.
- Elles concilient liberté de mouvement et stabilité.
- Riches en capteurs proprioceptifs, elles jouent un rôle majeur dans la perception du mouvement.
- Les dysfonctionnements ostéo-articulaires s'expriment souvent au niveau des articulations.
Fascias
Les fascias sont des tissus conjonctifs fibro-élastiques, continus dans tout le corps, formant des enveloppes et des liens conducteurs entre les systèmes.
- Riches en récepteurs proprioceptifs, ils participent à la conscience du corps.
- Conduisent le tonus et le mouvement, harmonisant les fonctionnements musculaires en chaînes.
- Lient les structures ostéo-musculaires et les viscères, créant une interdépendance.
- Peuvent perdre leur plasticité et souplesse en cas d'adhérences ou de manque de sollicitation, entraînant des restrictions de mobilité.
- Différentes formes selon la localisation : plèvre, aponévroses, capsules, ligaments, méninges.
- Trois structures singulières :
- Fascia superficiel : enveloppe le corps sous la peau.
- Tendon central : relie crâne, cervicales, sternum, diaphragme et lombaires, assurant un lien mécanique direct.
- Fascia postérieur : rôle postural important dans la verticalité, constitué de ligaments et aponévroses.
Muscles : fonction musculaire et organisation
Les muscles sont les éléments actifs du système locomoteur, capables de changer de longueur pour mobiliser les os.
- Rôle postural : assurer la posture, le redressement et la rééquilibration.
- Rôle dynamique : assurer le mouvement et le déplacement des segments et du corps dans l'espace.
Principales situations ou états du muscle
- Relâchement : diminution du niveau de contraction, retour au repos.
- Étirement : allongement du muscle, déterminant son élasticité et la souplesse articulaire. Peut être passif ou avec résistance.
- Contraction : augmentation du tonus.
- Isotonique concentrique : raccourcissement du muscle (ex: soulever une charge).
- Isométrique : sans changement de longueur (ex: maintenir une charge).
- Isotonique excentrique : allongement du muscle sous tension (ex: redescendre une charge lentement).
Le muscle travaille toujours en synergie :
- Avec ses agonistes (même action).
- Avec ses antagonistes (stabilisation, régulation de force et vitesse).
- Avec les muscles de la même "chaîne" (transmission de l'activité tonique).
Le muscle travaille toujours contre une résistance minimale (poids, tension des antagonistes, force extérieure).
Les organisations de la musculature
Quatre principes d'organisation en "groupes musculaires" :
- Musculatures "posturale / dynamique" :
- Posturale : fibres peu fatigables, action lente et prolongée, muscles profonds, courts, mono-articulaires. Rôle de maintien, équilibration, stabilité.
- Dynamique : fibres fatigables, action rapide et brève, muscles superficiels, longs, poly-articulaires. Rôle de mouvement, dynamique, amplitude.
Ces deux musculatures interagissent constamment. Des perturbations peuvent entraîner une hypertonicité de la musculature dynamique si la posturale est déficiente.
- Musculatures "centrale / périphérique" :
- Centrale : musculatures abdominales et lombaires (transverse, obliques, carré des lombes), formant une "ceinture abdomino-lombaire". Participe à la fonction posturale, soutient le rapport bassin-thorax, coordonne les actions musculaires. Effet centripète.
- Périphérique : située au niveau des ceintures et membres. Permet l'engagement du mouvement dans l'espace et l'amplitude. Effet centrifuge.
- Groupes musculaires "de reploiement / déploiement" :
- De fermeture ou de reploiement/enroulement : flexion et rotation médiale, situés antérieurement. Liés à l'enroulement fœtal, au recentrage, à la protection. Travaillent dans la précision.
- D'ouverture ou de déploiement/déroulement : extension et rotation latérale, situés postérieurement. Permettent l'ouverture, le redressement, l'exploration de l'extérieur. Travaillent dans la puissance.
- Chaînes musculaires : circuits d'action servant de base aux coordinations (cf. chapitre dédié).
Ces organisations sont fonctionnelles. Le mouvement résulte d'un jeu subtil entre contraction, étirement, relâchement et résistance de nombreux muscles.
Autres Structures "Alliées"
Le système locomoteur est en interrelation étroite avec d'autres systèmes, notamment nerveux et sensoriel.
- Relations avec le système nerveux :
- Les câblages neuromoteurs sont des coordinations réelles.
- L'apprentissage du mouvement construit des circuits neuronaux plastiques.
- Les informations sur les états du corps participent à l'élaboration du schéma corporel.
- L'environnement est perçu en fonction du projet moteur.
- Les "neurones-miroirs" sont à l'interface entre sensorialité et kinesthésie.
- La motricité participe aux fonctions cognitives (choix, prédiction, jugement, mémoire).
- Relations avec le système sensoriel :
- Sens vestibulaire : perception de la verticale, des directions de mouvement, orientation du corps. Essentiel pour le contrôle postural.
- Tactile : appréhension de l'environnement, sensorialité du mouvement, appuis. Les étirements de la peau complètent la proprioception (sens haptique).
- Visuel : mesure de l'espace, distances, rapports spatiaux. Aide à déterminer la verticale, point d'appui sur des objets extérieurs. Fondamental pour l'anticipation du mouvement.
- Relations avec le viscéral :
- La mobilité du contenant peut solliciter la viscéroception.
- Le système viscéral, lié aux émotions, occupe une place importante dans le schéma corporel et l'image du corps.
- Le tube digestif est un axe organisateur du corps, impliqué dans les premières relations affectives.
Dysfonctionnements de l'Appareil Locomoteur
Les atteintes ostéoarticulaires ou musculaires peuvent être d'origines diverses :
- Pathologies traumatiques : fractures, entorses, luxations.
- Pathologies orthopédiques : malformations, déformations (varus, valgus, scolioses, pieds plats).
- Pathologies neurologiques : atteintes du système nerveux affectant le tonus musculaire.
- Rhumatologie :
- Troubles fonctionnels : atteinte de la fonction sans lésion anatomique décelable.
- Troubles structurels : atteinte lésionnelle de la structure (arthrite, tendinites, arthroses).
Il existe souvent une progression du fonctionnel vers le structurel, les désordres posturaux étant à l'origine des dysfonctions ostéoarticulaires.
Être Présent : Tonus et Posture
Le tonus et la posture sont intimement liés, influencés par les affects, les émotions et les interactions avec l'environnement. Le tonus est le carrefour entre le psychique et le somatique.
Tonus
Le tonus est l'état de contraction ou de tension de la musculature, d'origine neurologique réflexe et lié aux fibres collagènes. Il confère au muscle une résistance à l'étirement (extensibilité).
- Concerne la musculature lisse viscérale et squelettique, se répercutant sur la toile fasciale.
- S'organise selon un schéma de base personnalisé, repérable dans la morphologie, mais variable.
Rôles du tonus
- Cohésion du corps : densité tissulaire, coaptation articulaire, rassemblement segmentaire.
- Soutien et expression : éveil, vigilance, motivation, intention, en lien avec les facteurs psycho-émotionnels.
- Maintien des positions antigravitaires et de la posture.
- Préparation à la contraction phasique (mouvement) par mise en tension de l'élasticité musculaire.
- Base de la motricité globale, du langage, de la communication non verbale et de l'expressivité.
Types de tonus
- Tonus de fond (ou de base) :
- Légère tension des muscles, réflexe, isométrique, involontaire et permanent.
- Participe à la vigilance musculaire proprioceptive et à l'état d'éveil.
- Maintient la cohésion qualitative du corps et le sentiment d'unité corporelle.
- Tonus postural :
- Activité tonique minimale pour le maintien des formes corporelles et des équilibres statiques/dynamiques.
- Garantit un niveau de contraction optimal pour l'action.
- Sous commande réflexe mais contrôlable volontairement, régulé par le tronc cérébral.
- Lié à la vigilance et à l'éveil, porte la charge expressive du mouvement.
- Tonus d'action :
- Contraction musculaire phasique permettant l'action et le mouvement.
- Peut être volontaire, réflexe ou automatique.
Ces types de tonus sont interdépendants et se modifient graduellement. La richesse des modulations toniques se trouve dans la respiration.
Évolution et régulation du tonus
- L'activité tonique est régulée par le système nerveux, notamment sous-cortical.
- Le réflexe myotatique entretient le tonus de base.
- Le contrôle volontaire est possible grâce aux interconnexions corticales et sous-corticales.
- L'appréciation globale du tonus passe par l'observation de la posture, de l'engagement spatial et rythmique, et de la motricité.
- L'étude précise s'appuie sur les manœuvres de ballant et d'extensibilité.
- Le développement du tonus suit la maturation neurologique (céphalique-caudal, proximo-distal).
- L'évolution du tonus et du mouvement est liée aux expériences, apprentissages moteurs, sensorialité et contexte psychoaffectif.
- Chez l'adulte, l'organisation tonique s'inscrit en "tendances posturales".
- Les états toniques peuvent être modifiés par la relaxation, enrichissant la conscience du corps.
Posture
La posture est la disposition relative des segments corporels et le maintien de cette organisation dans l'espace. Elle est un moment "posé" entre deux séquences de mouvement.
- Déterminée par l'organisation tonique spécifique du moment (tonus postural), sous-tendue par l'émotion.
- Souvent "pré-enregistrée" dans les automatismes, entraînant une "perte de contact" avec les sensations internes.
- Désigne une "façon de se tenir" et une "façon d'être", corporelle et psychique.
Nuancier des termes relatifs aux formes du corps
- Position : organisation spatiale préétablie, commune (debout, assis, couché). Statique.
- Posture : plus adaptative, dépend de l'activité, des habitudes, de l'état du moment. Plus modulable et dynamique.
- Attitude : plus personnalisée, traduction qualitative de la position, expressive d'un état psychique. Plus stable.
- Tendance posturale : résume ces nuances, aspect évolutif du fond postural.
La posture est déterminée par les "bases d'appui postural" et l'activité posturale dépend du tonus musculaire. Toute l'activité posturale est organisée par rapport à la gravité.
Gravité et équilibre
- La gravité est une force d'attraction terrestre, mais aussi un allié pour le relâchement et certains aspects du mouvement.
- Le centre de gravité dépend de la répartition des masses et de la position corporelle.
- L'équilibre correspond à la projection du centre de gravité dans le "polygone de sustentation".
- Une position plus dynamique (centre de gravité en périphérie) offre plus de mouvement mais moins de stabilité.
- L'équilibre n'est pas figé, mais perpétuellement compromis et retrouvé par le mouvement.
- La fonction posturale est un dialogue avec la gravité, permettant de "décoller" du sol et de trouver la mobilité.
- La verticalité humaine favorise la mobilité. L'équilibre stable debout s'installe tardivement chez l'enfant.
- La statique debout est maintenue par des micro-oscillations permanentes.
Contrôle de la posture
L'activité posturale est au carrefour des fonctions motrices, sensitives et sensorielles, majoritairement automatisée mais contrôlable volontairement.
- Gérée par le système extrapyramidal (muscles extenseurs) et le réflexe myotatique (muscles antigravitaires).
- Dépendante des perceptions, coordonnée par le cervelet à la motricité volontaire.
- Au carrefour des fonctions :
- Motrices : actions musculaires engagées.
- Intéroceptives-proprioceptives : perception de la configuration spatiale du corps (voûte plantaire, cou).
- Vestibulaires : enregistrent les changements de direction et d'orientation du corps, déclenchent le réflexe tonique labyrinthique.
- Sensorielles (extéroception) :
- Tact : gravicepteurs (pressions cutanées), réflexe tonique postural.
- Audition : repérage du champ spatial.
- Vision : détermination de la verticale, "point d'appui" sur objets extérieurs, anticipation du mouvement.
Ces sensorialités participent à l'intégration d'un sens de la verticale, essentiel pour la mobilité. L'activité posturale est articulée à l'intégration du schéma corporel.
Activité posturale
Travail musculaire pour assurer certains positionnements de référence.
- Maintien et stabilisation de toute position immobile (équilibre statique), avec réactions antigravitaires, élargissement des appuis, égalisation de la pression, redressement.
- Maintien de l'équilibre dynamique, solidaire du mouvement.
- Actions et réactions pour la stabilité de la position de base, de façon rétroactive ou anticipative ("ajustement postural" préparatoire ou "pré-mouvement").
- Assure la cohérence du déroulement du mouvement, grâce aux positionnements directionnels du corps et à la stabilisation des segments.
Ces ajustements posturaux sont le résultat d'une planification du mouvement, d'anticipation, d'expérience et d'apprentissage. Chez l'enfant, pas de mouvement finalisé sans acquisition de la fonction posturale.
Dynamiques de la posture debout
L'accès à la position debout est une étape du processus de verticalisation, qui intègre les trois dimensions de l'espace.
- La posture debout comporte une fonction de soutien (antigravitaire) et une fonction d'auto-grandissement (qualitative).
- Fonction antigravitaire :
- Repousser du sol pour maintenir soulevées des parties du corps.
- Intervention du squelette osseux, des fascias (plan postérieur) et de la musculature antigravitaire (extenseurs profonds).
- Fonction d'auto-grandissement :
- Dynamique de la posture debout, allongement, ouverture, dé-tassement vertébral.
- Soutenue par les chaînes musculaires (GDS, Busquet), les rotateurs externes des ceintures et la ceinture abdomino-lombaire.
L'efficacité de ces fonctions suppose une proprioception fine, une disponibilité articulaire et une vigilance tonique suffisante. La musculature posturale est constituée des paravertébraux, de la ceinture abdomino-lombaire et des extenseurs des membres inférieurs.
La verticalisation chez l'enfant se construit par la tonicité axiale. La qualité de cette verticalisation dépend des premiers rapports avec l'appui et la sécurité.
Être "debout" signifie être stable, disponible à la mobilité et ouvert à l'espace relationnel.
Tendances Posturales Individuelles
Les tendances posturales racontent l'histoire de l'individu, se traduisant par un équilibre personnel des tonicités musculaires et une attitude de base spécifique.
- Le schéma tonique de base est une forme préférentielle de présence, constamment négociée avec les sollicitations internes ou externes.
- Liées à la morphologie, à l'héritage corporel, aux événements de santé, aux traumatismes, aux activités physiques et aux habitudes gestuelles.
- Les tensions musculaires chroniques peuvent entraîner une perte d'élasticité et de souplesse.
- Liées aux tendances comportementales, aux attitudes, aux gestuelles habituelles, aux rétentions émotionnelles.
- Liées aux représentations, à l'histoire psychoaffective, à l'imaginaire.
Ces aspects sont interdépendants en psychomotricité. Les tendances posturales sont plastiques et modifiables. Le travail de "réouverture" des zones corporelles fermées doit concerner les dimensions affectives, émotionnelles et psychiques.
Se Mouvoir : Principes du Mouvement et Coordinations
Le mouvement est la modification du rapport des segments corporels, entraînant un changement de posture ou un déplacement. Il est plus ou moins finalisé, volontaire, réflexe, automatisé, conscient.
- Fonctions : déplacement, orientation, recherche d'informations, actions sur l'environnement, satisfaction des besoins, communication, expression.
- Les fondamentaux de la motricité humaine sont la marche, la préhension et la parole.
- Le mouvement est aussi un "organe de perception" (espace, temps, soi, autrui).
Organisations de Base du Mouvement
- La construction du système locomoteur est la première condition du mouvement.
- La gravité est une condition externe constante avec laquelle il faut dialoguer.
- La tonicité musculaire est le support nécessaire, la posture le point de départ.
- Le mouvement est une transformation de l'équilibre, impliquant des adaptations de la posture.
- Caractérisé par son amplitude, sa force, son aisance, sa fluidité, son rythme.
- S'inscrit dans l'espace et le temps. Les "fondamentaux du mouvement" de Laban-Bartenieff considèrent les "domaines du corps" et l'"Effort".
- Un mouvement "fonctionnel" est efficace, aisé, économique et confortable.
- Le mouvement concilie stabilité et mobilité.
- S'organise d'abord au sein des "unités fonctionnelles" (colonne, membres) avant de devenir global.
Aspects mécaniques
- Le mouvement est basé sur les mobilités spécifiques des "unités motrices fonctionnelles".
- Le développement psychomoteur coordonne ces unités selon le mode "centre-périphérie".
- La coordination est l'association de jeux musculaires au service d'un mouvement organisé.
- Elle est le fruit d'un apprentissage intégrant la sensorialité et l'environnement.
- L'exécution la plus ajustée de la coordination est une trajectoire courbe, exempte de saccades.
Principe du "mouvement spiralé"
Le mouvement "organique" s'inscrit dans un espace tridimensionnel, se traduisant par des mouvements de spirales.
- Lisible à plusieurs niveaux : forme des os, conformation des articulations, localisation des insertions musculaires, trajet des muscles.
- Soutenu par le fonctionnement musculaire en "chaînes", permettant de restituer l'énergie cinétique avec un minimum d'effort.
- Transforme les mouvements discontinus en mouvements continus et circulaires.
- Autorise des coordinations efficaces, économiques et harmonieuses.
- Présent dès l'embryogenèse.
Développement du Mouvement
Le mouvement coordonné n'est pas inné et suit une évolution après la naissance. La motilité commence in utero.
Embryologie
- Les "premiers mouvements" sont des changements de formes liés aux croissances tissulaires.
- Organisation autour d'un centre vers la structuration d'un axe, puis mobilité centre/périphérie et axialisée.
- Formations primitives : tube digestif (axe d'espace), colonne vertébrale (axe d'orientation), peau (unification).
- Double enroulement du disque embryonnaire (transversal et longitudinal).
- Rotation des membres et mouvements globaux.
Évolution du mouvement après la naissance
Du réflexe à la motricité mature, volontaire, consciente et coordonnée, par l'apprentissage et l'installation de schèmes de mouvement.
- Les schèmes neuromoteurs archaïques s'organisent à partir de réflexes simples.
- Progression de la motricité selon la maturation neurologique :
- Proximo / distal : diffusion des mobilités axiales vers la périphérie.
- Céphalo / caudal : investissements d'activités de la tête aux pieds (bouche, yeux, main, pied).
- Trois plans de l'espace :
- Stade "homologue" : mouvements coordonnés haut/bas, enroulement/déroulement.
- Stade "homolatéral" : mouvements coordonnés bras/jambe du même côté, abduction/adduction.
- Stade "controlatéral" : mouvements coordonnés bras/jambe opposés, espace croisé, tridimensionnalité, mouvements spiralés.
Pour chaque stade, le mouvement peut être de "se repousser" ou "d'aller vers". La latéralité se construit, avec une différenciation de rôle pour chaque main. La coordination la plus efficiente utilise le paramètre de rotation/spirale.
Se relâcher dans l'appui, s'organiser autour du centre et de l'axe, s'enrouler/dérouler, s'orienter, se repousser et aller vers, sont les compétences de base pour une motricité intégrée et riche.
S'Organiser : Les Chaînes Musculaires
Un muscle ne travaille jamais seul, il participe à un "enchaînement" en succession de muscles, formant des chaînes musculaires qui unifient le corps et servent de base aux coordinations.
Deux principes principaux sont présentés : ceux de Godelieve Struyf-Denys (GDS) et de Léopold Busquet.
Principe de Chaînes de Godelieve Struyf-Denys (GDS)
Méthode globale de kinésithérapie et d'approche comportementale, basée sur l'observation clinique et le portrait postural.
- Décrit les chaînes musculaires et articulaires.
- Insiste sur les rapports entre tonicités et "formes" corporelles.
- Établit le lien entre "dominance" de chaîne et "pulsion psycho-comportementale".
- Démarche pédagogique préventive et thérapeutique.
Principe
Cinq chaînes musculaires (et articulaires) réparties dans le corps, unifiant de la tête aux mains et aux pieds.
- 3 chaînes fondamentales (verticales) : concernent le tronc, la "structure personnelle de base".
- 2 chaînes complémentaires (horizontales ou latérales) : concernent les membres, l'axe relationnel et dynamique.
Une "dominance" de chaîne est fréquente, caractérisée par une activité plus importante, entraînant un raccourcissement et des pertes de souplesse. Cette dominance se traduit par une posture caractéristique et reflète la structure psychique de l'individu.
Chaînes verticales
Présentes et actives principalement au niveau du tronc, se prolongeant dans les membres.
- Antéro-Médiane ("AM") :
- Située sur le plan antérieur et médian du tronc, du coccyx à la mâchoire inférieure.
- Dominance : posture d'enroulement, type "statique" (flexion des genoux, rétroversion du bassin, appui sur talons).
- Correspondance : sensibilité végétative et affective, stabilité, intériorisation, réceptivité. Typologie "Affective".
- Postéro-Médiane ("PM") :
- Située sur le plan postérieur et médian du tronc, du sacrum au frontal.
- Dominance : posture de redressement, type "dynamique" (extension dorso-lombaire, antéversion du bassin, appui sur l'avant-pied).
- Correspondance : sensibilité intellectuelle, attitudes exploratoires, actives, volontaires. Typologie "Cérébrale".
- Postéro-Antérieure / Antéro-Postérieure ("PA-AP") :
- Située en profondeur du tronc, lien entre chaînes antérieure et postérieure.
- PA (allongement vertical de la colonne) : dominance d'effacement des courbures, rectitude. Correspondance : sensibilité intuitive, disponibilité. Typologie de "Réceptivité".
- AP (rythmicité et coordination des autres chaînes) : dominance d'accentuation des courbures. Correspondance : mobilité, réactivité, créativité. Typologie d'"Émotivité".
Chaînes horizontales
Présentes et actives principalement au niveau des membres, se prolongeant dans le tronc. Dites "de relation", exprimant la structure verticale vers l'extérieur.
- Antéro-Latérale ("AL") :
- Située en partie antérieure et latérale des membres, muscles adducteurs et/ou rotateurs internes.
- Dominance : fermeture au niveau des ceintures en rotation médiale.
- Correspondance : attitude de repli, de réserve, d'introversion.
- Postéro-Latérale ("PL") :
- Située en partie postérieure et latérale des membres, muscles abducteurs et/ou rotateurs externes.
- Dominance : ouverture au niveau des ceintures en rotation latérale.
- Correspondance : attitude d'"aller vers", de sociabilité, d'extraversion.
La "dominance" de chaîne ne donne jamais une typologie "pure", mais des associations nuancées.
Principe de Chaînes de Léopold Busquet
Kinésithérapeute/ostéopathe travaillant sur les inter-influences entre postures et physiologies viscérale et crânienne.
- Conception basée sur la dynamique (posture, équilibre, mouvement).
- Mise en évidence de l'organisation des enchaînements musculaires selon leur continuité anatomique.
- Observation de leur interdépendance avec les systèmes crânien et viscéral.
Principe
Le fonctionnement corporel doit répondre aux lois d'équilibre, d'économie et de confort. Les désordres entraînent des compensations musculaires. Ces chaînes "de mouvement" sont au nombre de quatre (droite et gauche pour chaque).
- Chaînes de Flexion - Extension :
- Chaînes de Flexion : trajet antérieur, vertical et médian pour le tronc ; sinusoïde antéro-postéro-antérieur pour le membre inférieur. Rôles : enroulement, flexion globale.
- Chaînes d'Extension : trajet postérieur, vertical et médian pour le tronc ; sinusoïde postéro-antéro-postérieur pour le membre inférieur. Rôles : déroulement, extension globale.
L'action coordonnée équilibre flexion et extension, notamment pour l'auto-grandissement de l'axe vertébral.
- Chaînes d'Ouverture - Fermeture :
- Chaînes d'Ouverture : trajet postérieur et oblique pour le tronc (croisée postérieure) ; spiralé externe-interne pour le membre inférieur. Rôles : torsion postérieure du tronc, rotation latérale globale du membre inférieur.
- Chaînes de Fermeture : trajet antérieur et oblique pour le tronc (croisée antérieure) ; spiralé interne-externe pour le membre inférieur. Rôles : torsion antérieure du tronc, rotation interne globale du membre inférieur.
Les muscles relais du tronc vers la tête et les membres sont importants (sterno-cléido-mastoïdien, trapèze, grand dorsal, pectoraux, psoas-iliaque, grand fessier).
Conclusion
Les différences entre les principes GDS et Busquet mettent en relief des aspects nuancés. Toutes les chaînes musculaires sont reliées au diaphragme, carrefour essentiel de la posture et du mouvement.
- Une dominance de chaîne peut être partielle ou unilatérale, expliquant les caractéristiques individuelles.
- Les chaînes musculaires permettent tous les mouvements, à condition de conserver élasticité et liberté.
- Cette approche doit rester ouverte, évitant les catégorisations restrictives et les interprétations simplistes.
- Une "tendance posturale" est toujours plastique et modifiable.
Se Redresser : Axe Vertébral et Verticalité
L'axe vertébral est l'axe principal d'orientation et de soutien du corps, portant le plan de symétrie droite/gauche. Il est constitué de la colonne vertébrale.
Structure Anatomique de la Colonne
La colonne est un mât articulé de vertèbres mobiles, haubané par la musculature.
Système ostéo-articulaire
- Constituée de vertèbres, ossifiées à partir de centres médians, confirmant son rôle d'axe central.
- Nombre de vertèbres : 24 mobiles (5 lombaires, 12 thoraciques, 7 cervicales), 5 soudées (sacrum), 3 à 4 coccygiennes.
- Les vertèbres lombaires sont volumineuses, les thoraciques ont des facettes articulaires pour les côtes, les cervicales sont moins massives.
- L'étage supérieur (C1, C2, occiput) a des mobilités spécifiques.
- La relation articulaire entre vertèbres se fait par le joint discal (amortissement, micro-mobilités) et les apophyses articulaires (guidage du mouvement).
- Les courbures vertébrales (cyphose thoracique, lordoses lombaire et cervicale) amortissent les pressions.
- Le positionnement des étages vertébraux varie dans le plan sagittal.
- Le système axial est une "double colonne" fonctionnelle :
- Antérieure : corps vertébraux (support du poids), disques intervertébraux (répartiteurs de pressions).
- Postérieure : arcs et apophyses (protection nerveuse), apophyses articulaires (guidage du mouvement).
Musculature
Classée en musculature profonde et superficielle, selon leurs rôles postural ou dynamique.
- Musculature profonde :
- Postérieure : paravertébraux (muscles toniques, stabilisateurs, extenseurs), courts (entre vertèbres voisines) et longs (entre vertèbres ou côtes).
- Antérieure : muscles insérés directement sur la colonne (long du cou, psoas).
- Musculature superficielle :
- Postérieure : des vertèbres vers les structures périphériques (grand dorsal, trapèze, rhomboïde).
- Antérieure : sans insertion directe sur les vertèbres (abdominaux superficiels, muscles antérieurs de l'épaule), influençant indirectement la colonne.
Mobilités de la Colonne
Chaque unité articulaire de la colonne permet un mouvement dans les trois plans de l'espace. Les amplitudes s'additionnent pour les grands mouvements.
- Flexion / extension : mouvements d'enroulement/déroulement, régulant les courbures. Plus amples au niveau cervical et lombaire.
- Inclinaisons : "flexions latérales", plus amples aux niveaux thoracique et cervical. L'équilibre musculaire assure l'alignement frontal.
- Rotations : dans le plan horizontal. Limitées au niveau lombaire, plus amples pour les cervicales et thoraciques basses. Mouvement élaboré, guidé par la sensorialité.
Particularités des cervicales et de la zone lombo-pelvienne
- Vertèbres cervicales :
- C0-C1 : petits mouvements de flexion-extension.
- C1-C2 : mouvements préférentiels de rotation.
- L'étage cervical supérieur est une zone/pivot pour les mouvements du crâne (équilibre, vision).
- L'étage inférieur : mouvement mixte de rotation/inclinaison homolatérales.
- L'équilibre de la tête est assuré par la tonicité des muscles postérieurs.
- Le contrôle cervical commence tôt chez le nourrisson.
- Zone lombo-pelvienne :
- Influence prépondérante du bassin sur la mobilité de l'axe, rôle de lien pour la stabilisation.
- La ceinture pelvienne participe au tronc et au membre inférieur.
- Les relations entre lombaires et bassin passent par la charnière L5-S1.
- La "physiologie externe" du bassin concerne sa relation aux segments voisins.
- La "physiologie interne" du bassin concerne la relation sacrum-iliaques.
- Les positions usuelles influencent le comportement de la colonne, notamment lombaire.
- L'intégration de cette zone est la dernière étape du contrôle de l'axe vertébral.
Physiologie Générale de l'Axe
L'axe vertébral est un enchaînement d'unités de mouvement, assurant des fonctions fondamentales dans la construction et la mobilité corporelles.
Notion d'axe vertébral
La colonne est engagée dans sa relation aux trois volumes du tronc : bassin, thorax, crâne.
- Chaque sphère (bassin, thorax, tête) a un rôle protecteur, une pièce osseuse médiane, un "appendice" mobile et un diaphragme.
- Chaque sphère est porteuse d'une polarité psycho-motrice :
- Bassin : vocation posturale, lié aux instincts, émotions, affects pulsionnels.
- Thorax : appui au membre supérieur, rôle dans la respiration et la phonation, lieu du sentiment et de l'âme.
- Tête : pôle cérébral, neurosensoriel, abrite les organes des sens, impliquée dans la mastication, déglutition, expression.
- Les courbures de l'axe :
- Primaires : cyphoses (occiput, thoraciques, sacrum), stabilité, protection des organes.
- Secondaires : lordoses (lombaires, cervicales), mobilité, se forment par le mouvement et le développement.
L'intégration du sacrum et de l'occiput à l'axe vertébral souligne l'importance des articulations sacro-iliaques et de l'unité fonctionnelle C0-C1-C2.
Rôles de la colonne
- Protection : moelle épinière et racines nerveuses.
- Amortisseur : courbures (absorbent chocs et pressions) et disques intervertébraux (élasticité, compressibilité).
- Liaison fonctionnelle : entre bas et haut du corps, ajustements constants entre influences montantes (appuis) et descendantes (tête, membres supérieurs). Le diaphragme est au centre de ce lien.
- Référentiel spatial : organise les espaces du corps (avant/arrière, droite/gauche, haut/bas).
- Avant/arrière : direction pour la marche, orientation des sens, espace d'action. L'arrière est support postural, zone d'appui.
- Droite/gauche : jonction/coordination des deux moitiés du corps, alternance.
- Haut/bas : orientation selon la verticale, perception de la gravité, développement tonique des extenseurs.
- Fonction "statique" ou posturale : pilier central, structure d'appui des mouvements périphériques. Verticalisation optimale référée à une ligne de gravité.
- Fonction dynamique : au service de la mobilité en amplitude. Mouvements initiés et conduits par les orientations des sphères tête, thorax et bassin.
La "verticalité" est un processus d'apprivoisement, un allongement/ouverture dans la disponibilité des courbures. Les morphotypes "dynamiques" (courbures accentuées) et "statiques" (courbures atténuées) reflètent l'investissement dynamique.
La verticalisation chez l'enfant se fait céphalo-caudalement. La dynamique rachidienne est malléable et évolutive, influencée par les expériences et les âges de la vie.
Les dysfonctionnements toniques entraînent des pertes de mobilité et de liberté de la colonne.
Dysfonctionnements du rachis
Les souffrances rachidiennes sont fréquentes, souvent avec une part psychosomatique.
- Anomalies de courbure : augmentation ou diminution du rayon de courbure, ou présence de courbures frontales (scoliose).
- Conséquence : hyperpression sur les disques ou apophyses articulaires.
- Lombaire : hyperlordose (tension paravertébraux/quadriceps/psoas), délordose (tension abdominaux/ischio-jambiers/périnée).
- Thoracique : hypercyphose (tension pectoraux/fascia profond), décyphose (excès d'activité extenseurs).
- Cervical : hyperlordose (tension trapèze supérieur), rectitude cervicale (traumatisme, contraction muscles antérieurs).
- Les scolioses sont des déviations en inclinaisons, parfois avec rotation vertébrale (gibbosité).
- Une "restriction de mobilité localisée" est souvent appelée "déplacement de vertèbre".
- Autres affections du rachis :
- Lésions traumatiques : fractures, entorses vertébrales.
- Affections dégénératives : favorisées par l'âge, surcharge pondérale, troubles statiques, microtraumatismes.
- Atteintes discales : pincements, tassements, hernies discales (lumbago, sciatique).
- Lésions arthrosiques : usure des cartilages, ostéophytes, douleurs au mouvement, enraidissement.
Les atteintes lésionnelles résultent souvent de déséquilibres fonctionnels. La régulation des tonus musculaires peut limiter l'évolution vers une pathologie structurelle.
Marcher : Membre Inférieur - Appuis
Les membres inférieurs sont porteurs, leur fonction essentielle est la locomotion. Ils se sont adaptés à la bipédie et à la verticalisation.
- Le pied humain a perdu sa fonction de préhension pour devenir un élément d'appui.
- Le membre pelvien s'allonge et se déplie, favorisant les extensions.
- L'organisation articulaire passe d'un plan sagittal dominant à une succession de rotations (mouvements spiralés).
- La verticalisation a nécessité des remaniements structurels (élargissement du bassin, horizontalisation du sacrum, courbures vertébrales) et le développement de la puissance des extenseurs.
- Les membres inférieurs assurent des fonctions antigravitaires, de soutien postural, de redressement vertical et de locomotion.
Pied et Cheville
Ils assurent le rapport direct avec le sol, avec une grande adaptabilité et richesse proprioceptive.
Pied
- Garantit le contact au sol, base de construction et de mobilisation du corps.
- Assure la prise d'appui active, nécessitant adaptabilité et proprioception.
- Permet l'adaptation aux caractéristiques du sol pour l'équilibration et les ajustements posturaux.
- Rappels anatomiques :
- Plan osseux : tarse, métatarse, phalanges. Organisation en arrière-pied et avant-pied, pied interne et pied externe.
- Niveau articulaire : trentaine d'articulations, dont subtalaire et transverse du tarse.
- Plan musculaire : muscles intrinsèques (mobilités fines) et extrinsèques (mouvements de base).
- Organisation des contacts et des arches du pied :
- Le contact au sol se fait par la plante, avec des zones d'appui (calcanéus, têtes des 1er et 5ème métatarsiens).
- Trois arches : interne (la plus marquée, pied interne), externe (moins haute, pied calcanéen), antérieure (transversale).
- Ces arches agissent comme des ressorts, ajustant les forces musculaires. L'arche interne est plus active pour l'amorti et la propulsion.
- La chaîne cinétique principale du pied concerne la cheville, le tarse et l'arche interne.
- Deux mouvements globaux principaux :
- Inversion : flexion plantaire, adduction, rotation latérale. Donne une arche médiale haute. Confère dynamisme de propulsion. Son excès est le "pied creux".
- Éversion : flexion dorsale, abduction, rotation médiale. Donne une arche médiale basse. Confère souplesse d'amorti. Son excès est le "pied plat".
Ces mouvements réalisent une torsion entre arrière-pied et avant-pied. Le pied doit concilier souplesse et solidité. Le chaussage doit respecter la mobilité du pied.
Les affections du pied
- Pied plat : arche médiale affaissée, cheville en valgus. Souvent dû à un manque de tonicité musculaire plantaire ou à une mauvaise gestion de la gravité.
- Pied creux : plus rare, dû à une trop grande tonicité des tendeurs de l'arche, rendant le pied rigide et moins efficient à l'amorti.
- Hallux valgus : déviation du gros orteil, souvent chez la femme, favorisé par des chaussures inadaptées.
Cheville
Carrefour entre l'axe vertical du corps et l'axe horizontal du pied. Répartit le poids du corps.
- Rapports osseux : talo-crurale et tibio-fibulaire inférieure (pince malléolaire).
- Mouvements principaux (plan sagittal) :
- Flexion ("flexion dorsale") : rapproche le dos du pied de la jambe.
- Extension ("flexion plantaire") : éloigne le dos du pied de la jambe.
- Les fléchisseurs plantaires et extenseurs de cheville sont plus nombreux pour la propulsion.
- La cheville a un rôle de charnière, transmettant et répartissant les contraintes. Sa stabilité est ligamentaire et musculaire.
- Dysfonctionnements :
- Fonctionnels : diminutions de mobilité dues au raccourcissement du triceps.
- Traumatiques : entorse (souvent externe), étirement ou déchirure du ligament latéral externe.
Genou
Articulation intermédiaire du membre inférieur, assure les variations de distance entre le corps et le pied.
- Rapport articulaire : fémoro-tibiale et fémoro-patellaire.
- Les mouvements de flexion/extension induisent une rotation tibia/fémur, se transformant en "spirale".
- Faible congruence articulaire, facteur de fragilité.
- Le genou travaille en compression. Les alignements du fémur et du tibia sont cruciaux.
- Alignements :
- Plan frontal :
- Alignement coxo-fémorale/cheville.
- Angle entre fémur et tibia ("valgus physiologique").
- Modifications : genuvalgum (genoux "en dedans"), genuvarum (genoux "en dehors").
- Plan sagittal :
- Position d'allongement : coxo-fémorale, genou, cheville alignés verticalement.
- Non alignement : flexum (perte d'extension complète), recurvatum (excès d'extension).
- Plan frontal :
- La stabilité du genou est assurée par la capsule, les ligaments et la musculature.
- Le "verrouillage" en extension complète assure la stabilité mais limite l'adaptation.
- La musculature du genou est constituée de muscles longs (quadriceps, freinateur).
- Mouvements :
- Flexion / extension : roulement/glissement des condyles, avec micro-rotations.
- Rotations : petites rotations du tibia sous le fémur, possibles en flexion, ou automatiques avec flexion/extension.
Le genou absorbe et équilibre les forces descendantes de la hanche et montantes du pied.
Pathologies du genou
- Arthrite, arthrose.
- Atteintes des structures articulaires : rotule, ménisques, ligaments.
- Douleurs fonctionnelles dues à des compromis de fonctionnement entre hanche et pied.
Hanche
Complexe fonctionnel à la racine du membre, incluant lombaires, bassin et fémur. L'articulation coxo-fémorale relie l'os coxal et le fémur.
- Sa conformation favorise la stabilité, et sa forme sphérique permet une grande amplitude de mouvements.
- Les lignes de forces de la gravité suivent le chemin de la connexion entre membres inférieurs et tronc.
- L'équilibre des coxo-fémorales garantit la position du bassin et l'harmonisation de la colonne vertébrale.
- La position de fonction de la coxo-fémorale combine flexion moyenne, rotation latérale et abduction.
- Musculature : nombreux muscles puissants. Le psoas relie le membre inférieur à la colonne lombaire. Les pelvi-trochantériens (obturateurs, rotateurs latéraux) ajustent la suspension du bassin et compensent la rotation médiale. Les adducteurs réalignent les appuis.
- L'aisance de mouvement est conditionnée par la liberté de cette articulation.
- Mouvements : flexion/extension, abduction/adduction, rotations médiales et latérales.
- La flexion du fémur sur le bassin entraîne une rétroversion du bassin et une délordose lombaire.
- L'extension du fémur sur le bassin entraîne une antéversion du bassin et une hyperlordose lombaire.
- Les abductions/adductions éloignent ou rapprochent le fémur de l'axe du corps.
- Les rotations orientent la cuisse dans le plan transversal.
Pathologies de la hanche
- Coxarthrose (usure).
- Fractures du col du fémur (personnes âgées).
- Dysplasies acétabulaires, coxa-vara, coxa-valga (malformations).
- Tensions musculaires fréquentes (quadriceps, ischio-jambiers, adducteurs, psoas) entraînant une perte d'amplitude.
Bassin
Anneau osseux, centre de mouvement et carrefour de la dynamique corporelle. Formé des deux os coxaux et du sacrum.
- Les lignes innominées relient la symphyse pubienne aux sacro-iliaques.
- La ceinture pelvienne lie le haut et le bas, ainsi que les deux côtés du corps.
- Le sacrum et les sacro-iliaques sont à la croisée de deux axes de mobilité.
Physiologie "externe" du bassin
Mouvements de l'ensemble du bassin par rapport aux éléments adjacents (L5/S1, coxo-fémorales).
- Les mouvements du bassin nécessitent la coopération des lombaires.
- Antéversion : flexion de hanche, extension lombaire. Générée par psoas iliaque, droit fémoral, paravertébraux.
- Rétroversion : extension de hanche, délordose lombaire. Générée par ischio-jambiers, fessiers, abdominaux.
- Inclinaison latérale : abduction de hanche homolatérale, adduction controlatérale, inclinaison lombaire controlatérale.
- Rotation : rotation médiale de hanche homolatérale, rotation latérale controlatérale, rotation lombaire opposée.
Physiologie "interne" du bassin
Mouvements entre iliaques et sacrum, impliquant la symphyse pubienne et les sacro-iliaques.
- Le sacrum réalise un mouvement de balancier avant/arrière ("flexion" et "extension").
- L'os coxal réalise des mouvements combinant les trois paramètres (rotation antérieure/postérieure).
- Facteurs de mobilité des sacro-iliaques :
- Muscles du périnée (moteurs directs), dont la contraction rapproche les ischions et le coccyx du pubis.
- Mobilisation indirecte par les muscles du membre inférieur (iliaque) et de l'axe (sacrum).
- Mouvements globaux :
- Nutation/contre-nutation : mobilisation symétrique des deux iliaques.
- Contre-nutation : ouverture du grand bassin, fermeture du petit bassin (rotation antérieure d'iliaque, flexion du sacrum).
- Nutation : fermeture du grand bassin, ouverture du petit bassin (rotation postérieure d'iliaque, extension sacrée).
- Mobilisation asymétrique : un iliaque en rotation antérieure, l'autre en rotation postérieure. Le sacrum s'adapte par une torsion.
- Nutation/contre-nutation : mobilisation symétrique des deux iliaques.
Physiologie globale du bassin
Les physiologies interne et externe s'inter-influencent. Toute mobilité est "relative".
- Le bassin sert de relais entre le haut et le bas du corps, avec convergence de forces montantes (appuis) et descendantes (tronc).
- La mobilité sacro-iliaque est essentielle pour les interactions haut/bas.
- Le bassin est un centre de stabilité et de mobilité.
Dynamique Globale du Membre Inférieur
La chaîne cinétique complète du membre inférieur comprend hanche, genou, cheville, sacro-iliaques et subtalaires.
- Les pieds sont le plus souvent en appui, mais la marche entretient une fonction globale asymétrique.
- La marche est une alternance de cycles (pas), décomposés en phase portante (triple extension) et phase oscillante (triple flexion).
- Ces mouvements sont spiralés, avec rotations des segments.
- La spirale de la marche se transmet au bassin (inclinaisons, rotations, antéversions/rétroversions) et à la colonne (mobilités compensatoires).
- L'ensemble des coordinations spiralées vise à économiser le déplacement du centre de gravité et à fluidifier le mouvement.
- La marche est un mouvement rythmique, avec alternance de propulsion (extension) et de réception (flexion).
- La marche s'acquiert par maturation neuromotrice et apprentissage.
- Chez la personne âgée, la diminution de souplesse articulaire rend la marche moins fluide, avec des stratégies de stabilisation (écartement des pieds, flexion des genoux).
- La marche est une signature de la façon personnelle de bouger.
Agir : Ceinture Scapulaire - Membre Supérieur
La ceinture scapulaire et le membre supérieur représentent un "axe horizontal" de mise en relation avec l'extérieur, offrant des fonctions de préhension, manipulation, sensorialité et expressivité.
- L'épaule assure la stabilité et l'orientation globale du bras.
- Le coude règle la longueur du membre.
- La main est dédiée à la préhension et au toucher.
Épaule
La ceinture scapulaire (scapula, clavicule) participe au complexe de l'épaule et établit la relation entre le tronc et le membre supérieur. Elle est au service de l'orientation globale du membre.
- L'épaule a été libérée de ses fonctions d'appui pour servir la préhension, augmentant son espace de capture.
- Constituée de plusieurs liens articulaires interdépendants :
- Ceinture scapulaire avec le thorax (sterno-claviculaire, scapulo-thoracique).
- Interne à la ceinture (acromio-claviculaire).
- Ceinture scapulaire avec le membre supérieur (scapulo-humérale).
Ceinture scapulaire-Thorax
- Articulation sterno-claviculaire : mobilité de la clavicule en élévation/abaissement, avancée/recul, rotations. Guide de mouvement pour la scapula.
- Relation en glissements de la scapula sur les côtes :
- La scapula épouse la courbure du thorax.
- Mobilité rendue possible par les glissements des plans musculaires.
- Peut bouger dans presque toutes les directions, permettant l'orientation libre de la glène et l'augmentation des amplitudes de mouvement de l'humérus.
- Mouvements préférentiels : élévation/abaissement, adduction/abduction, sonnettes médiale/latérale.
La mobilité de l'épaule confère une grande liberté d'orientations au membre supérieur. La stabilité de la scapulo-thoracique est active. Les muscles adducteurs sont plus nombreux que les abducteurs pour stabiliser la scapula vers l'arrière.
Les tensions dans les trapèzes supérieurs sont fréquentes, limitant la liberté des bras et la mobilité cervicale. La physiologie de la ceinture scapulaire et du thorax est liée à la respiration.
Scapulo-humérale
Articulation de la tête humérale avec la glène de la scapula, peu stable. Centre de mobilité du bras.
- Mouvements du bras selon les trois paramètres de base :
- Flexion (antépulsion) : grande amplitude.
- Extension (rétropulsion) : moins ample.
- Abduction : ample.
- Adduction : doit être précédée de flexion ou extension.
- Rotation latérale et médiale : amplitudes équivalentes.
- La glène est orientée légèrement vers l'avant, entraînant des mouvements non purs.
- Prédominance des mouvements de flexion, abduction et rotation médiale pour guider la main dans un champ d'action antérieur.
- Les mouvements en grandes amplitudes sont complétés par ceux de la ceinture scapulaire et du tronc.
Problèmes affectant les épaules
- Traumatismes (fractures, luxations).
- Rhumatologiques : arthroses rares, périarthrites et tendinites plus fréquentes.
- Dysfonctionnements dus à des postures non équilibrées (malposition haute et en avant des épaules, rotation interne de l'humérus), entraînant des pertes de mobilité et d'ajustement.
Coude
Articulation intermédiaire du membre supérieur. Adapte la distance de la main au corps et participe à son orientation.
- Articulation entre humérus, ulna et radius, avec deux composantes fonctionnelles :
- Articulation huméro-cubitale (charnière) : flexion (rapproche main du tronc), extension (éloigne main du corps). Mouvements spiralés.
- Articulations radio-cubitales et huméro-radiale : rotation latérale (supination), rotation médiale (pronation).
- Les coordinations préférentielles dépendent du geste. Les associations confirment la forme spirale du mouvement.
- La position de fonction du coude est la flexion moyenne et une légère pronation.
- Sa mobilité est souvent problématique par des contraintes à distance ou des pertes d'élasticité musculaires.
Poignet - Main
Complexe articulaire indissociable pour la préhension et l'outil premier de l'homme. Fonctions motrices et sensorielles, forte qualité symbolique.
Poignet
- Relais de l'épaule et du coude, participe à l'orientation et aux mobilités de la main.
- Stabilisation de la main pour une action fine.
- Formé du rapport articulaire entre radius/ulna et les huit os du carpe.
- Mouvements : flexion/extension, abduction/adduction.
- Position de fonction : légères extension et inclinaison ulnaire. Stabilité active.
Main
- Main sensitive : rôle sensoriel essentiel (tactile, thermique, douloureuse, proprioceptive). Innervation riche, représentation somatotopique étendue.
- Main expressive : impliquée dans l'expression, gestuelle accompagnant la communication verbale et non verbale.
- Main active : fonctions de préhension et manipulation. Grande liberté de mouvement.
- Organisation osseuse : carpe, métacarpe, phalanges. Concavité antérieure pour la prise d'objet.
- Mouvements : flexion/extension, abduction/adduction, opposition du pouce.
- La préhension combine flexion et opposition du pouce, permettant une grande adaptabilité et diversité de prises.
- Développement ontogénétique : de la main du nouveau-né à la dissociation du pouce et aux prises en pince.
- La saisie valorise la flexion, le lâcher l'extension.
Dysfonctionnements du complexe main/poignet
- Arthrose, rhumatismes.
- Syndrome du canal carpien : compression des nerfs par fibrose du ligament annulaire, entraînant des paresthésies.
Dynamique Globale du Membre Supérieur
Les schèmes de mouvements privilégiés du membre supérieur dépendent du projet d'action.
- Projet moteur et qualité requise :
- Gestuelle globale (lancer) ou fine (manipulation).
- Coordination dans l'espace : "aller vers pour attraper" (antépulsion-abduction, extension coude, pronation main), "ramener à soi" (flexion coude, supination main).
- Complémentarité de travail des deux mains : latéralité (main dominante pour précision, l'autre pour support).
- Le double mouvement d'allongement/pronation et de repliement/supination constitue un schéma de mouvement spiralé.
- Le mouvement dessine une lemniscate (∞) dans les trois plans de l'espace.
- Relation "directe" de la main au sternum par une chaîne musculo-fasciale.
- Les tensions de l'épaule (élévation, antériorité) entraînent une attitude de reploiement, limitant l'ouverture et la liberté d'action.
Respirer - Être en Relation : Thorax et Physiologie de la Respiration
La respiration est une fonction vitale, au carrefour des fonctions physiologiques et psychiques. Elle est une interface entre spontané/volontaire, inconscient/conscient, dedans/dehors, locomoteur/viscéral, action/relâchement.
Physiologie de la Respiration
Mouvement respiratoire : alternance déploiement d'inspire / reploiement d'expire, concernant les espaces thoracique et abdominal.
- Se déroule selon des dynamiques "de repos" ou "amplifiée".
- La liberté d'adaptation est basée sur la disponibilité tonique et articulaire, et la finesse des coordinations musculaires.
- Le mouvement met en jeu actions musculaires, différentiels de pression, contraintes intra-osseuses et élasticité des poumons.
Inspiration
Ouverture thoracique, entrée de l'air. Essentiellement active sur le plan musculaire.
- Dynamique "de repos" : amplitude modérée, action essentielle du diaphragme.
- Phase "abdominale" : contraction du diaphragme, abaissement du centre phrénique, poussée des viscères, expansion abdominale.
- Phase "thoracique" : le centre phrénique devient point fixe, élévation des côtes basses, ouverture en largeur de la partie inférieure du thorax.
Le diaphragme fonctionne en "opposition / synergie" avec la sangle abdominale. Une efficacité réduite du diaphragme peut être due à des abdominaux trop contractés ou relâchés, ou à son hypertonicité.
- Dynamique "amplifiée" : action du diaphragme relayée par les inspirateurs accessoires (grand pectoral, grand dentelé, scalènes, SCOM).
- Amplification des ouvertures costales moyenne et basse, et de la partie haute du thorax.
L'utilisation permanente des inspirateurs accessoires pour compenser un diaphragme inefficace entraîne des tensions et une perte de mobilité des régions cervicale et scapulaires.
Expiration
Reploiement de l'espace thoracique, sortie de l'air. Deux phases : détente ou active.
- Expiration détente : "de repos" (passive), volume d'air expulsé modéré. Relâchement des muscles inspirateurs, abaissement des côtes, repliement passif du thorax par élasticité pulmonaire et costale, gravité. Le diaphragme se relâche.
- Expiration active ou profonde : augmente le volume ou la puissance de l'expire. Requiert des actions musculaires.
- Reploiement actif du thorax : contraction des expirateurs costaux (intercostaux intimes, transverse du thorax, dentelés postéro-inférieurs, obliques externes, carrés des lombes).
- Resserrage de la sangle abdominale : action des obliques et du transverse, repoussant la masse viscérale vers le haut, augmentant la pression intrathoracique.
La synchronisation des phases doit être modulée. Le travail de "musculation" abdominale doit respecter la physiologie du muscle, notamment l'activation de l'expiration profonde.
Toutes ces musculatures agissent sur le "contenant respiratoire", faisant varier les volumes thoracique et abdominal. Leur régulation tonique est essentielle pour la liberté du souffle.
Le "Contenant Respiratoire"
Constitué du thorax (ossature et musculature) et de l'abdomen (ossature lombo-pelvienne et musculature abdominale).
Aspect osseux du thorax
Constitué des vertèbres thoraciques, des côtes et du sternum.
- Vertèbres thoraciques : apophyses épineuses obliques (limitant l'extension), facettes articulaires pour les côtes.
- Côtes : os longs, aplatis, courbés, obliques. Leur élasticité intervient dans la dynamique respiratoire. 12 paires, reliées aux thoraciques et au sternum.
- Sternum : os plat, 3 parties (manubrium, lame, appendice xiphoïde). Jonction "souple" entre lame et manubrium.
Mécanique articulaire du thorax
Les mobilités de la cage thoracique sont associées à celles du tronc et de la colonne, au service de la fonction respiratoire.
- Mouvements globaux de la ventilation :
- Déploiement de l'inspiration : augmentation du volume thoracique (vertical, antéro-postérieur, latéral), élévation/écartement des côtes, élévation du sternum.
- Reploiement de l'expiration : diminution du volume thoracique, abaissement/rapprochement des côtes, abaissement du sternum.
- La mobilité des côtes se fait par rapport aux vertèbres, influencée par l'orientation de l'axe de mouvement.
- La présence des cartilages sterno-costaux permet une élasticité de l'ensemble.
- La mobilité des côtes est liée à celle de la colonne thoracique.
Musculatures du thorax
Les muscles de la respiration sont indissociables de l'ensemble fonctionnel du tronc.
- Muscles inspirateurs :
- Inspirateur principal : le diaphragme. Grand muscle en coupole, essentiel à la respiration. Sa contraction abaisse le centre phrénique, entraînant l'étirement pulmonaire et l'expansion abdominale. Fonctionne en "opposition / synergie" avec la sangle abdominale.
- Inspirateurs accessoires : intercostaux latéraux, dentelés postéro-supérieurs, scalènes, SCOM. Élévateurs des côtes, permettant une inspire ample par le haut.
- Muscles expirateurs :
- Muscles thoraciques : intercostaux intimes, transverse du thorax, dentelés postéro-inférieurs. Abaissent les côtes.
- Muscles abdominaux : obliques, transverse, droits de l'abdomen. Carré des lombes. Travaillent en synergie pour un mouvement de "centration abdominale", resserrant le thorax et l'abdomen, repoussant la masse viscérale vers le haut.
Morphologies thoraciques
Les morphologies du thorax peuvent être "déployées" ("en inspire") ou "reployées" ("en expire").
- Les variations individuelles sont liées à la posture de la colonne dorsale, aux chaînes musculaires horizontales, aux organisations toniques et à la coloration psychoaffective du mode respiratoire.
- Ces formes déterminent des "espaces respiratoires" spécifiques, valorisant l'ouverture ou la fermeture.
- Problèmes et pathologies : affections cardio-pulmonaires, déséquilibres toniques et posturaux (scoliose, cyphose), traumatismes.
Les muscles inspirateurs et expirateurs s'appuient sur la structure de l'axe. Les lombaires jouent un rôle prépondérant. Les abdominaux ont un rôle majeur dans la relation entre mouvement respiratoire et fonction posturale.
Les temps d'inspire/expire ne sont pas réguliers, l'expiration étant généralement plus longue. Les apnées constituent des suspensions dans le rythme de la respiration.
La "complicité" entre le diaphragme et le transverse est essentielle à l'acte respiratoire. Le mouvement de la respiration concerne la globalité du corps et représente le premier échange avec l'environnement. Tout mouvement du corps peut s'originant dans celui de la respiration, acquérant une qualité plus profonde et organique.
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