Analyse financière : Bilan et Compte Résultat
20 cardsCe document détaille les principes fondamentaux de l'analyse financière, en se concentrant sur la structure et l'interprétation du bilan et du compte de résultat. Il couvre les méthodes de retraitement, de reclassement, ainsi que les ratios clés pour évaluer la liquidité, la solvabilité, la rentabilité et la structure financière d'une entreprise. L'analyse aborde également la capacité d'autofinancement et le financement interne comme indicateurs de performance et de santé financière.
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Analyse Financière Détaillée: Concepts, Méthodes et Objectifs
L'analyse financière est une discipline essentielle qui vise à étudier la situation économique et financière d'une entreprise, que ce soit à un moment précis ou sur une période donnée. Elle s'appuie sur une compréhension approfondie des états financiers tels que le bilan, le compte de résultat et les annexes. Son rôle est de guider la prise de décision et d'améliorer la gestion en répondant à des questions fondamentales sur la valeur de l'entreprise, sa capacité à créer de la richesse, sa rentabilité, sa solvabilité et l'adéquation de sa stratégie à ses ressources.
L'analyse financière peut être effectuée de deux manières :
- Interne : Pour la gestion, le marché des affaires, et l'amélioration des performances de l'entreprise.
- Externe : Pour répondre aux attentes de divers acteurs comme les investisseurs, les banques, les clients, les bailleurs de fonds et les autres partenaires.
Elle se pratique soit ex post (basée sur des données historiques et présentes), soit ex ante (basée sur des prévisions). Les comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexes) constituent la base de cette analyse, mais leurs données brutes nécessitent souvent des retraitements et reclassements pour être exploitables. Les résultats de cette analyse intéressent une multitude d'acteurs, des dirigeants aux concurrents.
Les Trois Grands Objectifs de l'Analyse Financière
- Dégager des résultats et indicateurs caractéristiques, des ratios et les apprécier. Un ratio est un rapport chiffré entre deux données financières servant à évaluer la santé ou la performance d'une entreprise.
- Donner des informations sur l'évolution de l'activité, la structure financière et les besoins d'investissement.
- Effectuer des comparaisons entre le passé, le présent et le futur, ainsi qu'avec d'autres entreprises du même secteur.
Chapitre 2 : La Présentation des Comptes
2.1 Les Bases Légales et Principes Fondamentaux
L'obligation de tenir une comptabilité et de présenter des comptes en Suisse découle de l'article 957 du Code des obligations (CO). Les entreprises individuelles et les sociétés de personnes ayant un chiffre d'affaires supérieur à 500'000 francs, ainsi que les personnes morales, sont concernées. Le droit comptable en place depuis le 1er janvier 2013 module les exigences comptables en fonction de la taille de l'entreprise.
Les règles fondamentales de l'établissement des comptes incluent :
- Continuité d'exploitation (958a CO) : Les comptes sont établis en supposant que l'entreprise continuera ses activités. En cas de fin d'activité, la valeur de liquidation est utilisée.
- Délimitation périodique et rattachement des charges aux produits (958b CO) : Les charges et produits sont comptabilisés dans la période où ils se produisent, grâce à des méthodes comme les ajustements de comptes de situation et de régularisation.
Les principes pour l'établissement régulier des comptes sont :
- Clarté et Intelligibilité : Pour une présentation compréhensible du patrimoine et des résultats.
- Intégralité : Toutes les transactions doivent être enregistrées.
- Fiabilité : Information fidèle, neutre et vérifiable par des pièces comptables (factures, tableaux d'amortissement, etc.).
- Importance relative : Les informations significatives doivent être communiquées.
- Prudence : Évaluation prudente des postes du bilan sans masquer la réalité (création de réserves latentes autorisée, mais encadrée).
- Permanence de la présentation et des méthodes d'évaluation (958c CO) : Cohérence des règles d'un exercice à l'autre pour faciliter les comparaisons temporelles.
- Interdiction de compensation : Actifs et passifs, charges et produits doivent être présentés séparément.
En Suisse, il n'y a pas de plan comptable obligatoire, sauf pour certains secteurs. Des normes reconnues comme les RPC (Recommendations suisses) et les IFRS (International Financial Reporting Standards) peuvent être exigées, les RPC étant les plus utilisées en Suisse.
2.2 Le Rôle de l'Organe de Révision
L'organe de révision (OR) contrôle la santé, la fiabilité et la justesse des états financiers, ainsi que l'efficacité du système interne de l'entreprise. Son obligation dépend de la taille de l'entreprise. Il existe trois types de contrôles :
- Contrôle ordinaire : Pour les sociétés ouvertes au public, les grandes sociétés (dépassant 2 des 3 critères suivants sur deux exercices successifs : Total du Bilan > CHF 20 millions, CA > CHF 40 millions, Effectif > 250 emplois à plein temps), et les sociétés qui ont l'obligation d'établir des comptes de groupe. L'OR délivre une attestation positive.
- Contrôle restreint : Pour les sociétés non astreintes au contrôle ordinaire. L'OR délivre une attestation négative, confirmant l'absence d'éléments concluant à la non-conformité.
- Pas de contrôle : Pour les sociétés non astreintes au contrôle ordinaire, avec moins de 10 emplois à plein temps et le consentement de tous les actionnaires (opting out).
L'opting up permet de choisir le contrôle ordinaire même sans obligation, tandis que l'opting out permet de se retirer du contrôle si les conditions sont remplies.
2.3 La Structure des Comptes Annuels
La structure des comptes annuels varie selon l'obligation d'un organe de révision :
- Sans organe de révision : Bilan + Compte de résultat + Annexe.
- Avec organe de révision : Bilan + Compte de résultat + Annexe + Tableau de flux de trésorerie.
Les sociétés soumises à un contrôle présentent leurs comptes dans un rapport de gestion, qui inclut également un rapport annuel.
Composants des Comptes Annuels :
- Bilan (959a CO) : Présente la situation à un instant donné. L'actif est classé par ordre décroissant de liquidité, le passif par ordre décroissant d'exigibilité.
- Compte de Résultat (959b CO) : Retrace l'activité sur une période, montrant les produits et les charges. Il peut être établi par nature ou par fonction des charges.
- Annexe (959c CO) : Complète et commente les informations du bilan et du compte de résultat. Elle est obligatoire sauf pour certaines sociétés de personnes et raisons individuelles. Elle doit contenir les principes comptables, informations complémentaires, montants globaux de dissolution des réserves latentes et de remplacement, et autres informations légales (engagements conditionnels, événements postérieurs au bilan, postes exceptionnels, détails sur les participations importantes, etc.).
- Tableau de Flux de Trésorerie (961b CO) : Présente les flux liés aux activités d'exploitation, d'investissement et de financement.
- Rapport Annuel (961c CO) : Expose la marche des affaires, les perspectives et les risques.
- Comptes Consolidés (963 CO) : Obligatoires pour toute personne morale contrôlant d'autres entreprises. Ils regroupent les éléments des bilans de toutes les sociétés du groupe pour présenter une situation financière cohérente de l'ensemble.
Chapitre 4 : Le Bilan Comptable
Le bilan ordonné est une structuration logique du bilan. Pour l'actif, le classement se fait selon le degré de liquidité (capacité à être transformé rapidement en argent). Pour le passif, il repose sur le degré d'exigibilité (échéance des dettes).
4.1 Le Bilan Synthétique (structure minimale art 959a CO)
Il doit présenter au minimum cinq grandes masses :
- Actif circulant (AC)
- Actif immobilisé (AI)
- Capitaux étrangers à court terme (CE, CT)
- Capitaux étrangers à long terme (CE, LT)
- Capitaux propres (CP)
4.2 L'Actif du Bilan
L'actif représente les emplois de fonds de l'entreprise. Un élément peut y figurer s'il résulte d'événements passés, apporte des avantages économiques futurs et peut être estimé de manière fiable.
Actifs Circulants (art 959 al.1 ch. 1 CO) :
Biens et valeurs transformables en liquidités dans les 12 mois ou durant le cycle d'exploitation. Incluent :
- Trésorerie et titres à court terme (caisse, banque, titres cotés rapidement).
- Créances clients et autres créances à court terme.
- Stocks et prestations non facturées.
- Actifs de régularisation (produits à recevoir, charges payées d'avance).
Actifs Immobilisés (959 al. 1 ch. 2 CO) :
Valeurs destinées à être utilisées ou détenues à long terme (plus de 12 mois). Incluent :
- Immobilisations financières (placements à long terme).
- Participations (détention d'au moins 20% des droits de vote).
- Immobilisations corporelles (biens matériels, mobiliers et immobiliers).
- Immobilisations incorporelles (brevets, marques, licences, goodwill).
- Capital social ou capital de la fondation non libéré.
4.3 Le Passif du Bilan
Le passif représente les ressources financières de l'entreprise, divisées en capitaux étrangers (dettes) et capitaux propres.
Capitaux Étrangers (959 al. 2 ch. 1-2 CO) :
Dettes de l'entreprise, liées à des faits passés, entraînant un flux probable de sortie d'avantages économiques et évaluables de manière fiable.
- À court terme (< 12 mois) : Dettes fournisseurs, dettes bancaires à court terme, autres dettes (impôts, charges sociales, TVA due), passifs de régularisation/provisions.
- À long terme (> 12 mois) : Dettes à long terme (bancaires, obligataires, hypothécaires), provisions à long terme.
Capitaux Propres (art 959a al. 2. ch. 3 CO) :
Fonds appartenant aux propriétaires, mis à disposition de façon permanente. Incluent :
- Le capital (capital-actions, capital-participation).
- Les réserves légales et facultatives (primes d'émission, réserves issues du bénéfice).
- Le résultat reporté (bénéfices ou pertes accumulées) et le résultat de l'exercice.
- Les actions propres (en déduction des capitaux propres).
Les capitaux propres ne sont exigibles qu'en cas de liquidation.
4.4 L'Évaluation du Bilan
L'évaluation doit être prudente mais refléter une image fidèle de la situation :
- Réserves latentes : Autorisées si elles ne masquent pas la réalité.
- Évaluation individuelle : Chaque élément est évalué séparément.
- Actifs avec prix courant : Peuvent être évalués au prix du marché si supérieur au coût d'acquisition.
- Actifs immobilisés : Inscrits à leur coût d'acquisition, amortis et corrigés.
- Amortissement indirect : Compte d'"amortissement cumulés" au passif.
- Corrections de valeur : Pour les actifs perdant de la valeur (titres, créances, stocks, immeubles).
- Provisions : Dettes probables pour couvrir des charges ou pertes futures incertaines (impôts, procès, réparations, garantie). Elles se distinguent des comptes de régularisation qui concernent des événements certains et calculables.
| Comptes de régularisation passif | Provisions | |
| Événements certains et montants connus | X | |
| Événements certains et montants inconnus (ou approximativement calculables) | X Provisions pour charges (Capitaux étrangers à court ou à long terme) • Provision pour impôts • Provision pour grosses réparations |
|
| Événements incertains et montants inconnus | X Provisions pour risques (CE à court ou à long terme) • Provision pour litiges • Provision pour garantie |
Chapitre 5 : Le Bilan Analytique
Le bilan comptable ne reflète pas toujours la réalité économique en raison des réserves latentes (différences entre valeur réelle et valeur comptable). Le bilan analytique corrige ces valeurs pour une image plus fidèle.
5.1 Le Retraitement des Comptes du Bilan
Le retraitement vise à corriger les plus-values (valeur réelle > valeur comptable, ex: amortissement excessif d'un immeuble) et les moins-values latentes (valeur réelle < valeur comptable, ex: stocks abîmés, créances irrécouvrables).
- Plus-values : Augmentent l'actif, diminuent le passif, augmentent les capitaux propres et le résultat.
- Moins-values : Diminuent l'actif, augmentent le passif, diminuent les capitaux propres et le résultat.
5.2 Le Reclassement des Comptes du Bilan
Après les corrections, certains postes sont reclassés :
- Actifs de régularisation : Intégrés aux créances à court terme.
- Part des dettes à long terme remboursable <1 an : Reclassée en dettes à court terme.
- Acomptes reçus des clients : Déduits des stocks si la livraison est certaine, sinon restent en dettes à court terme.
- Part non libérée du capital-actions : Déduite des capitaux propres à l'actif.
Chapitre 6 : L'Analyse du Bilan du Point de Vue des Liquidités
Cette section se concentre sur les ratios de liquidité pour évaluer la capacité de l'entreprise à faire face à ses dépenses à court terme, condition essentielle à sa survie et son équilibre financier.
6.1 Le Ratio
Un ratio est un rapport chiffré entre deux données financières, exprimé en pourcentage ou en quotient. Il sert à analyser la situation, l'évolution et à comparer l'entreprise.
6.2 La Situation Initiale
Avant de calculer les ratios, il est crucial d'analyser les bilans analytiques sur plusieurs années (ex: 3 ans) pour identifier les tendances des actifs, dettes et capitaux propres.
6.3 Liquidité et Capacité de Paiement
6.3.1 Le Ratio de Solvabilité Générale
Mesure la capacité d'une entreprise à rembourser la totalité de ses dettes.
| Ratio | Interprétation |
| < 100% | Surendettement, plus de dettes que d'actifs (Art. 725 al. 2 CO). Risque de faillite. |
| = 100% | Actifs couvrent juste les dettes, plus de capitaux propres. Risque imminent de faillite. |
| > 100% | Actifs supérieurs aux dettes, présence de capitaux propres. Indique une solidité financière. |
Un ratio > 100% n'est pas toujours suffisant. Une perte importante peut affecter les capitaux propres, nécessitant des mesures d'assainissement (Art. 725 al. 1 CO).
6.3.2 Le Fonds de Roulement Net (FRN)
Indicateur fondamental de l'équilibre financier, montrant si l'actif immobilisé est financé par des capitaux permanents. C'est une marge de sécurité financière.
Deux méthodes de calcul :
- (Actif circulant - Dettes à court terme)
- (Capitaux propres + Dettes à long terme - Actif immobilisé)
Un FRN positif indique une marge de sécurité (AC > DCT, ou CP > AI). Un FRN négatif (DCT > AC, ou AI > CP) est dangereux. Les entreprises de distribution (ex: Migros) peuvent avoir un FRN négatif grâce à leur pouvoir sur les fournisseurs et paiements comptants des clients.
Opérations influençant le FRN :
Pour améliorer le FRN : se concentrer sur les investissements indispensables, se séparer des actifs non productifs, renforcer les capitaux propres, augmenter les DLT, envisager d'autres sources de financement.
6.4 Trois Ratios de Liquidités (Analyse de la Trésorerie)
Cash Ratio (Ratio de Trésorerie Immédiate)
Mesure la capacité de l'entreprise à payer immédiatement ses dettes à court terme. Un ratio de 30% est souvent suffisant. Un ratio trop élevé nuit à la rentabilité.
Quick Ratio (Ratio de Trésorerie Totale)
Évalue la capacité à payer les dettes à court terme sans vendre les stocks. Il est considéré comme le chiffre caractéristique central pour évaluer la liquidité statique. Une valeur proche de 100% est un minimum souhaitable.
Current Ratio (Ratio de Liquidité Générale)
Montre dans quelle mesure les dettes à court terme sont couvertes par l'actif circulant. Un ratio de 100% indique un équilibre financier minimum. Les supermarchés peuvent avoir des ratios inférieurs en raison de leur pouvoir de négociation.
6.5 Gestion des Stocks
Une vitesse élevée de rotation améliore les résultats en immobilisant moins de capitaux. La gestion des stocks est un compromis entre le coût d'un stock important et la nécessité d'une production ininterrompue. Des méthodes comme le "just in time" visent à réduire les stocks au minimum.
6.6 Les Clients et les Fournisseurs
Les Clients :
Indique le temps moyen de paiement des clients. Un délai trop long impacte négativement la trésorerie. Les délais sont souvent de 30 à 60 jours.
Les Fournisseurs :
Indique le délai moyen de paiement des fournisseurs. Des délais trop longs peuvent améliorer la trésorerie à court terme mais risquent de détériorer la relation avec les fournisseurs.
Chapitre 7 : Le Besoin en Fonds de Roulement et la Trésorerie Nette
Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) est lié au cycle d'exploitation et représente l'argent que l'entreprise doit avancer pour son activité quotidienne (stock, créances). Il surgit parce que l'entreprise paie souvent avant d'encaisser.
Le BFR se décompose en :
- BFRE (BFR d'exploitation) :
- BFRHE (BFR hors exploitation) :
Le FRN doit être égal ou supérieur au BFR. Trois cas sont possibles :
- BFR positif : Emplois d'exploitation > ressources d'exploitation. L'entreprise doit financer ses besoins avec son FRN.
- BFR nul : Encaissements couvrent exactement les décaissements (rare).
- BFR négatif : Dettes à court terme (hors bancaire) > besoins de financement. L'entreprise se finance grâce à ses fournisseurs (ex: distribution).
7.1 La Trésorerie Nette (TN)
La Trésorerie Nette (TN) est le troisième élément de la partition du bilan, elle réalise l'équilibre financier à court terme entre le FRN et le BFR.
Ou, plus simplement :
Elle est active (positive) si , passive (négative) si . Une TN proche de 0 indique un équilibre, mais une TN trop élevée peut nuire à la rentabilité.
Si la TN est négative, des mesures sont nécessaires : augmenter le FRN (par CP ou emprunt LT) ou diminuer le BFR (augmenter la vitesse de rotation des stocks, réduire les délais clients, allonger les délais fournisseurs).
7.2 L'Équation du Fonds de Roulement
7.3 Les Difficultés Financières de l'Entreprise
Les causes sont multiples : rotation lente des stocks, crédit client trop long, mauvaise structure financière, sous-amortissements, financement excessif d'immobilisations, pertes de marchés, marges faibles. Les trois plus importantes sont :
- Surstockage : Immobilise l'argent, génère des coûts (financiers, détérioration), déséquilibre le financement.
- Surexpansion : Croissance trop rapide du chiffre d'affaires par rapport aux capacités financières, entraînant un besoin de trésorerie excessif.
- Trésorerie et exploitation : Les difficultés se traduisent par un manque de trésorerie (retards de paiement) et une détérioration du résultat d'exploitation.
Chapitre 8 : L'Analyse du Bilan du Point de Vue de sa Structure
Les ratios de structure du bilan mettent en évidence l'importance relative des grandes masses du bilan. La structure est conditionnée par le secteur de l'entreprise (industrie lourde ou légère, commerce, services) et sa forme juridique.
8.1 La Structure de l'Actif
L'actif représente les emplois de fonds (actif immobilisé et actif circulant). Deux ratios principaux :
- Intensité de l'actif immobilisé :
- Intensité de l'actif circulant :
Ces ratios donnent des indications sur la productivité et le degré d'utilisation des capacités. L'absence de stocks indique une entreprise de services, la présence de stocks de matières premières une entreprise industrielle. Un actif immobilisé important entraîne des charges d'amortissement et d'intérêt élevées, réduisant la souplesse de l'entreprise.
8.2 La Structure du Passif
Détermine comment les sources de financement sont structurées.
- Degré de financement étranger :
- Degré de financement propre :
- Coefficient d'endettement : . Montre la part relative des capitaux étrangers par rapport aux capitaux propres.
- Structure de l'endettement : . Indique la quote-part des dettes exigibles à court terme.
Ces ratios sont des indicateurs de risque si l'endettement est trop élevé. Le degré de financement propre dépend fortement de la branche et de la stratégie. Les sociétés industrielles sont généralement moins endettées que les sociétés de services.
8.3 La Règle d'Or du Bilan
L'actif immobilisé doit être financé par des capitaux permanents (capitaux propres et dettes à long terme). Le ratio doit être supérieur à 100% pour assurer une concordance des échéances.
Lorsque cette règle est respectée, le fonds de roulement de l'entreprise est positif.
Degré de Couverture des Immobilisations par les Capitaux Propres
Ce ratio montre le degré de couverture des actifs immobilisés par les capitaux propres. Un ratio élevé évite une charge fixe d'intérêts excessive. Il est conseillé de financer les investissements risqués par des capitaux propres.
Chapitre 9 : Le Compte de Résultat
Le compte de résultat est un document comptable qui indique si une entreprise réalise un bénéfice ou une perte sur une période donnée en comparant les produits et les charges.
9.1 La Structure Minimale
La loi (959b al. 2 CO) impose une structure minimale, avec des éléments obligatoires et un ordre précis : produits nets des ventes, variation de stocks, charges de matériel, charges de personnel, autres charges d'exploitation, amortissements, charges et produits financiers, hors exploitation, exceptionnels, impôts directs, et bénéfice ou perte de l'exercice.
Le principe de l'imparité est appliqué : une charge probable est comptabilisée immédiatement, tandis qu'un produit futur n'est comptabilisé qu'une fois réalisé, ce qui assure la prudence et la fiabilité des comptes.
9.2 Le Compte de Résultat par Nature
Il peut être présenté en compte en T ou sous forme de liste, souvent avec plusieurs niveaux de résultats intermédiaires pour une meilleure analyse.
Les Résultats Intermédiaires de Gestion :
Permettent de décomposer le résultat final et de comprendre sa construction. On retrouve notamment :
- Marge brute
- Résultat brut d'exploitation après charges du personnel
- EBITDA (Résultat d'exploitation avant intérêts, impôts et amortissements)
- EBIT (Résultat d'exploitation avant intérêts et impôts)
- EBT (Résultat d'exploitation avant impôts)
- Résultat de l'exercice avant impôts
- Résultat de l'exercice (après impôts)
9.3 Le Compte de Résultat par Fonction
Cette méthode, courante dans la comptabilité anglo-saxonne, analyse les coûts par département (production, commercial, administration, R&D), permettant de mieux évaluer les performances de chaque fonction.
Chapitre 10 : L'Analyse du Résultat
L'objectif est d'étudier la rentabilité de l'entreprise, c'est-à-dire le ratio entre le bénéfice et les moyens utilisés pour l'obtenir. La rentabilité peut être analysée sous plusieurs axes : les marges, la rentabilité financière, la rentabilité économique, l'analyse boursière et l'amélioration de la productivité.
10.1 La Marge Brute
Elle sert à couvrir les charges d'exploitation et à générer un bénéfice. Ses variations peuvent être dues à des hausses des coûts, des baisses des prix de vente ou des décisions de l'entreprise.
10.2 La Marge Opérationnelle (Marge Économique ou EBIT)
Représente le résultat lié uniquement à l'activité principale, indépendamment du financement et de la fiscalité.
Un taux élevé indique une bonne capacité à générer des revenus. Cet indicateur facilite les comparaisons internationales et temporelles.
10.3 L'Intensité en Travail
Mesure la productivité du personnel en rapportant le chiffre d'affaires aux charges de personnel. Un ratio élevé indique une bonne efficacité. Ce ratio est particulièrement pertinent pour les entreprises de services.
Chapitre 12 : La Capacité d'Autofinancement (CAF)
La Capacité d'Autofinancement (CAF) mesure les ressources générées par l'entreprise grâce à son activité, utilisables pour financer les investissements, rembourser les dettes ou renforcer sa situation financière. Elle se distingue du cash-flow qui justifie la variation de trésorerie.
Le bénéfice ne reflète pas toujours la réalité financière car il inclut les amortissements et les provisions, qui ne sont pas des sorties d'argent.
12.1 Le Principe
La CAF est calculée en ajustant le résultat net des éléments non monétaires (amortissements et provisions), qui constituent une forme d'épargne pour l'entreprise.
12.2 La Méthode Directe de Calcul de la CAF
La CAF correspond à la différence entre les produits monétaires et les charges monétaires. Les analystes financiers la préfèrent au résultat net car elle est plus difficile à manipuler.
12.3 La Méthode Indirecte de Calcul de la CAF
C'est la méthode la plus utilisée. Elle part du bénéfice de l'exercice et y ajoute les charges non monétaires (amortissements, certaines provisions) et soustrait les produits non monétaires.
Les provisions sont distinguées selon leur caractère monétaire ou non monétaire. Les charges et produits exceptionnels ou hors période (ex: plus-values sur vente d'actifs) ne sont pas inclus car ils ne reflètent pas l'activité normale.
12.4 Le Financement Interne
Le financement interne est la part de la CAF que l'entreprise conserve réellement après distribution des dividendes et tantièmes.
Il est essentiel pour financer les investissements, rembourser les dettes et renforcer le FRN, garantissant l'indépendance et le développement de l'entreprise.
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